Bonjour à tous ! Me voici de retour avec le chapitre 18, j'espère que l'attente n'aura pas été trop longue et le résultat à la hauteur de vos attentes ! Je vous souhaite une bonne lecture et vous dit à bientôt !
Il n'y avait que sa respiration qui résonnait comme des millions d'orage dans ce dédale de couloir. La magicienne était pressée et effrayée de rejoindre ses compagnons car les dizaines d'étages qui lui fallut descendre lui permirent de réfléchir pleinement à la situation. Même si son cœur lui disait de courir dans leurs bras, sa raison lui rappelait la triste vérité : la Sorcière Noire n'avait pas totalement disparu. Tôt ou tard elle referait son apparition et Nessa se refuser de faire du mal à sa famille. Leur sécurité ainsi que celle des habitants des Peuples Libres passaient avant tous. Il n'y aurait pas retrouvailles chaleureuse… pas tant que la menace serait toujours présente.
Nessa ralenti sa course lorsqu'elle vit la lumière du jour filtrait à travers la porte principale de la tour. Ils n'étaient maintenant qu'à quelques mètres d'elle et c'est le cœur battant qu'elle sortit enfin de la Tour d'Isengard.
Elle essaya d'arborer un visage passif, mais sa prochaine action lui demanda beaucoup d'effort. Legolas était devant elle, à quelques pas. Sa respiration était saccadée et elle jura presque voir les yeux de l'elfe au bord des larmes. Malgré son envie de se jeter dans ses bras Nessa savait que ce n'était pas la chose à faire. Elle du rassembler toutes ses forces pour se détourner de lui, avant de se dirigeait vers Gandalf. Elle était heureuse de voir ce dernier en vie et même si de nombreuses questions se bousculer dans sa tête pour savoir comment cela été possible, elle ne prononça que quelques mots brefs.
« Je représente un danger, Gandalf… commença-t-elle. Si vous souhaitez toujours de moi parmi vous, il vous faudra m'enfermer.
- Non ! S'exclama Legolas, perdu.
Il n'y a pas d'autre solution, le risque est trop grand… repris Nessa sans détourner son regard de celui du magicien. Je ne suis pas sûre de pouvoir contrôler cette part sombre en moi trop longtemps, j'ignore quelles sont mes forces. »
Après un silence pesant Gandalf déclara :
« Qu'il en soit ainsi. »
Alors qu'elle observait les alentours de sa nouvelle cellule, les images de sa captivité lui revenaient en tête et la douleur qu'elle avait ressentie aussi. La magicienne eu l'impression de sentir le venin du Serpent d'Argent s'écouler de nouveau dans ses veines, lui arrachant un frisson de peur soudain. Puis la voix chaude de Legolas derrière elle la ramena à la réalité.
« Tu ne mérites pas d'être enfermer ici… clama-t-il. »
Malgré la situation, Nessa ne put empêcher un sourire d'apparaitre sur son visage, entendre la voix de l'elfe lui faisait un bien fou. Elle se tourna vers lui et pu observer les traits de son visage comme si elle les découvrait pour la première fois.
« C'est la seule solution… lui répondit-elle tout en s'approchant des barreaux qui les séparaient.
- Je refuse de te voir ici, après tout ce temps à te chercher ! Tu… tu es la victime dans cette histoire, tu n'as pas à te retrouver ici ! S'emporta-t-il.
- Legolas, écoute-moi… dit-elle en posant une main sur la sienne, posée sur les barreaux. Ce n'est pas aussi simple. Je n'étais plus moi-même, tout ce qui fait de moi celle que je suis avait complètement disparut. J'ai oublié qui j'étais, j'en ai oublié ton visage… cette chose en moi que je ne contrôle pas, elle ne laisser que ma haine dicter mon chemin…
- Je ne vois aucune noirceur en toi, Meleth-nîn…
- Elle est encore là, je crois qu'elle fait partie de moi à présent… reprit-elle, bien que très heureuse de l'entendre l'appeler ainsi de nouveau. Je ne sais pas quand la… la Sorcière… reprendra le dessus, mais elle le fera. Ce n'est qu'une question de temps… »
Ne sachant que répondre, ils se perdirent tous deux dans les yeux de l'autre. Beaucoup de choses étaient dites dans ce regard, les mots n'étaient plus importants en cet instant. Puis, comme si cela leur fut aussi important que de respirer, ils scellèrent leurs lèvres dans un baiser plein de souvenirs et de tendresse. Nessa senti son cœur explosait, ce baiser fut comme une délivrance, comme s'il lui avait été vitale pour vivre. Ils ne se séparèrent que pour se laissait le temps de reprendre leur souffle et de mesurer toute l'ampleur de cet acte. Après quelques secondes d'un silence reposant, Legolas prit la parole :
« Je refuse d'être séparé de toi une seconde de plus…
- Alors que fais-tu de l'autre côté de cette porte ? Lui demanda-t-elle simplement, d'une voix à peine audible. »
Le regard de l'elfe vint accrocher celui de la jeune femme, comprenant la demande muette de cette dernière. Il essaya de chercher dans ses yeux s'il s'agissait d'une ruse, il voulait s'assurer que ces paroles étaient bien celle de Nessa et non pas de la Sorcière. Mais il ne voyait qu'elle, que cette femme qu'il aimait plus que n'importe qui d'autre, plus que sa propre vie. Alors, Legolas se saisit de la clef du cachot et en ouvrit la porte. Nessa recula de quelques pas, le laissant s'approcher d'elle, fermant la porte derrière lui.
Les mots n'étaient pas nécessaires, ils savaient tous deux ce dont ils avaient besoin. Après ce qui sembla être un moment interminable, Nessa se rapprocha de Legolas et le prit dans ses bras. Elle sera fort, ne souhaitant ne plus le lâcher. Sans qu'il ne s'y attende, et elle non plus, la jeune femme laissa échapper un sanglot. L'émotion était trop forte pour être contenu et cette proximité fit remonter des souvenirs trop longtemps mit à l'écart. Inquiet, Legolas se détacha légèrement, attrapant le visage de la magicienne et en y plongeant son regard dans le sien.
« Qui a-t-il Meleth-nîn ? Demanda l'elfe, essuyant les larmes sur ses joues.
- C'est juste que… articulât-elle. Tu m'avais manqué… ce qu'on avait me manque… et maintenant tu es là…
- Oui je suis là… et plus jamais je ne partirai. »
D'un geste du pouce, Legolas enleva la dernière larme qui avait roulé sur les lèvres de la magicienne. Il ne put résister plus longtemps à l'envie de l'embrasser une nouvelle fois et c'est ce qu'il fit. Nessa reprit ses esprits, elle n'avait plus envie de pleurer sur ce qu'elle avait perdu. Legolas était là, à ses côtés, malgré la peine qu'elle lui avait affligée il y a déjà très longtemps, et c'était le principal. Elle ignorait ce à quoi demain ressemblerait mais en cet instant, la chose la plus importante était la seconde chance qui lui était offerte et elle ne la gâcherait pas.
Il n'était pas encore l'aube lorsque Legolas ouvrit les yeux. Il laissa ses derniers s'habituer à la pénombre de la pièce avant de baisser son regard sur la jeune femme qui s'étendait à ses côtés, toujours plongeais dans le sommeil. Des brides de ce qu'il s'était passé il y a peu de temps lui revenait en mémoire et il ne put s'empêcher d'afficher un sourire heureux en regardant l'objet de ses désirs. Il n'arrivait toujours pas à croire ce qu'il avait devant les yeux. Elle était juste là, paisiblement endormi, ses cheveux noirs corbeaux couvrant légèrement son visage de porcelaine et tombant négligemment sur ses épaules dénuder que le drap ne recouvrait pas. Il en était d'ailleurs reconnaissant au roi pour avoir accepté de faire venir un véritable lit dans ce cachot, le rendant plus accueillant. Après tous, malgré l'influence de la Sorcière, la jeune femme rester Nessa, leur amie. Aucun des membres de la Communauté n'aurait accepté de l'enfermer dans cette humide cage sans qu'elle ne soit convenablement installée.
Alors qu'il l'observait, Nessa se mit à bouger, toujours enfermer dans le pays des rêves. Il prit cela comme un signal pour bouger à son tour, il avait besoin de prendre l'aire. Attrapant partiellement ses affaires au sol, il n'enfila que son pantalon et sa chemise de lin. Il se couvrit de sa cape pour ne pas prendre froid et sortie du cachot non sans faire grincer la porte de fer. Mais heureusement cela ne sembla pas réveiller la belle endormie. Il laissa son regard glissait sur les draps une dernière fois alors qu'il finit par se détourner.
En arrivant dans la grande salle, Legolas s'attendait à voir de la vie, des hommes et des femmes s'amuser et rigoler. Il avait imaginé que Gimli serait attabler, entourer des chopines de bières vides, rigolant de sa grosse voix. Seulement, il n'y avait plus âme qui vive dans cette grande pièce. L'elfe se demanda alors combien de temps s'était écouler depuis qu'il avait rejoint sa belle. Il se souvenait être parti alors que la fête en la mémoire des morts de la bataille du Gouffre de Helm ne faisait que débuter. Ce que le temps pouvait être rapide, se dit-il alors. Se rappelant de son objectif, Legolas reprit sa route et déboucha sur le parvis extérieur. L'aire frais acheva de le réveiller alors que ses yeux se perdaient sur un ciel couvert de nuage. Malgré la légèreté et le calme de la nuit, il n'arriva pas à se détendre. Quelque chose le pesait.
Après plusieurs minutes de solitude, Legolas entendit les pas léger d'Aragorn qui s'avançait vers lui. Même les yeux fermer il aurait pu reconnaitre le son et la cadence des pas de l'homme, après toutes ces années passer à ses côtés cela était d'une simplicité enfantine. C'est pour cela qu'il n'eut pas besoin de le regarder pour savoir de qui il s'agissait.
« Les étoiles sont voilées… chuchota-t-il presque.
- Comment va Nessa ? Demanda sans cérémonie Aragorn.
- Elle se repose… elle a besoin de récupérer. Ce qu'elle a subi semble l'avoir marqué profondément, elle est effrayée, expliqua-t-il, conscient que l'état de la magicienne était également très important pour le rôdeur.
- Je ne pensais pas que ma mère était capable d'avoir peur, rigola-t-il tendrement. Pour moi elle a toujours été une force de la nature…
- Elle l'est toujours, voulut rassurer l'elfe, il lui faudra seulement un peu de temps pour redevenir elle-même. »
Pendant quelques instants, les deux hommes se plongèrent dans leurs pensées et leurs souvenirs. Ils ignoraient encore de quoi demain serait fait mais en cet instant ils semblaient tous deux légers. C'est alors que Legolas fut pris d'un étrange sentiment. Il se tourna vers Aragorn et ajouta d'un ton grave :
« Sauron… il est ici. »
Sans attendre une seconde de plus le duo retourna dans la bâtisse, sur leurs gardes. Ils entendirent alors les cris et les voix des hommes dans une pièce près d'ici. Aragorn s'y précipita, il savait qu'elle y renfermer leurs compagnons de route. Le rôdeur fut le premier à se ruer sur Pipin, qui se roulait de douleur au sol. Il tenait dans ses mains une palantír, objet de malheur qui fut la propriété de Saroumane il y a encore quelques temps. Lorsque le rôdeur voulut s'en saisir pour aider Pipin, il fut à son tour la victime d'une terrible douleur. Il ouvrit la bouche comme pour hurler mais la douleur était tellement grande qu'aucun son n'en sortis. Des images passèrent devant ses yeux à une vitesse hallucinante. Il voyait un grand œil nappé de flamme et un horrible son lui brisant presque les tympans mais, ce qui le toucha le plus fut la vision de Nessa, se tordant de douleur a même le sol. Et alors qu'il s'écrouler à son tour, retenu par Legolas, il finit par lâcher la palantír des mains et cette dernière vint rouler au pied de Gandalf. Le magicien ne perdit pas une minute pour se saisir d'un tissu épais et en recouvrir l'instrument, brisant pas la même occasion l'enchantement qui pesait sur eux.
Gandalf se tourna vivement vers Pipin, souhaitant lui passer un savon pour sa curiosité maladive qui les avaient tous mis en danger. Seulement, devant le corps inerte du hobbit il se tut instantanément. Se rendant compte de la situation il se précipita sur le semi-homme et se mit à réciter une incantation. Il n'y avait plus aucun son dans la pièce jusqu'à ce que Pipin se remette à respirer bruyamment. Il était sous le choc mais vivant.
« Regardez-moi… demanda le magicien.
- Gandalf… pardonnez-moi…
- Regardez-moi, qu'est-ce que vous avez vu ?
- Il… il avait un arbre blanc, dans une cour pavée. L'arbre était mort ! La cité était en feu.
- Minas Tirith, c'est ce que vous avez vu ?
- J'ai vu… je l'ai vu lui ! J'ai entendu sa voix dans ma tête.
- Que lui avez-vous dit ? Répondez.
- Il a demandé mon nom, mais je n'ai rien dit. Il m'a brutalisé.
- Que lui avez-vous dit à propos de Frodon et de l'anneau ?
- Rien… je n'ai rien dit, affirma Pipin. »
Profondément soulagé, Gandalf sembla reprendre soudainement son souffle, comme s'il était resté sous apnée. Il savait que Pipin disait vrai et ils avaient été terriblement chanceux.
Aragorn ne partageait pas la même joie, ce qu'il avait vu en flache ne lui disait rien de bon. Il chercha le regard de Legolas.
« Il nous faut aller voir Nessa de toute urgence, déclara-t-il. »
L'elfe fronça les sourcils, soucieux. Il ne demanda pas d'explication plus précise avant d'hocher la tête d'un mouvement bref et de partir d'un pas décider. Il ne ralenti pas la cadence alors qu'il descendit les dernières marches qui le séparaient des cachots.
Arrivant devant la cellule de la magicienne, il découvrit cette dernière à terre, se tordant de douleur.
« Nessa ! S'écria-t-il avant d'ouvrir la porte et d'accourir vers elle. »
Il l'entoura de ses bras, s'écroulant à ses côtés. Il ne savait que faire pour arrêter ses souffrances, il ne savait guère ce qui les déclencher. Il ne pouvait que la serrer fort dans ses bras et lui partager tous l'amour qu'il pouvait lui porter en cet instant.
« Je suis là Meleth-nîn… chuchota-t-il, alors que la magicienne semblait se calmer.
- Legolas… articula-t-elle difficilement, sort moi d'ici…
- Ne t'en fait pas, je ne te laisse pas ici… je te le promet. »
Legolas attrapa les draps qui tombaient négligemment sur le sol et entreprit d'entourer le corps nue de la magicienne. Puis, difficilement Nessa vint entourer de ses bras le coup de l'elfe qui n'attendit pas un seul instant pour la soulever. Sans demander l'avis ou la permission de qui que ce soit, Legolas emmena sa belle en dehors de sa cage dorée. Aragorn ne l'empêcha pas de faire cela, aveugler lui aussi par l'amour qu'il portait à la jeune femme.
Bercer par les mouvements de la marche de l'elfe, la magicienne ouvrit les yeux. Un léger voile obscurcissait le bleu de ses yeux, leur donnant une teinte légèrement plus foncer qu'à l'accoutumer. Elle esquissa un sourire, heureuse que son subterfuge est fonctionner. Car la venue de Sauron à travers la palantír, à défaut de lui avoir permis d'obtenir des informations sur le détenteur de l'anneau, lui avait permis de réussi un tour de force. Celui de reprendre possession de la Sorcière Noire.
