Auteur : Bibi

Disclaimeur : rien à moi, comme c'est surprenant !

Allo ! Je vous ais manqué ? Désolé du temps que cela a pris. Je tiens à vous remercier tous de vos encouragements et de votre gentillesse et de la patience dont vous avez fait preuve. Sans vous cette fic n'aurait probablement jamais eut de fin. Mais voilà ! Grâce à vous c'est choses faîtes !

oOo

Kakashi tendit la main vers la table, mais Gene déposa le pot de colle dans sa main avant même qu'il n'ait jeté un œil dessus. Le petit n'avait pas dit un mot depuis qu'il s'était installé sur le plancher. Par contre il l'amusait grandement à observer chacun de ses gestes avec une attention quasi religieuse. Il ne faisait pourtant rien de bien intéressant : il réparait simplement une petite maison de poupée pour un enfant de l'hôpital.

« Merci, souffla-t-il tout bas. »

Il ne voulait pas réveiller Iruka qui s'était endormit sur les coussins du salon alors qu'il corrigeait les premiers devoirs de l'année. La reprise des cours était toujours une période particulièrement épuisante pour l'instituteur qui devait alors, en plus de ses tâches habituelles, rassuré les parents des nouveaux arrivants et créer de nouveau plans de classe. Il préférait donc le laisser dormir autant qu'il le pourrait avant qu'il ne se remette à travailler comme un forcené.

« À quoi va servir le petit bâton ? demanda Gene en pointant un morceau de bois qu'il voulait utilisé pour solidifier le plancher du deuxièmes étages ».

Continuant à appliquer la petite frange de papier à l'aide d'une pince à sourcil, il jeta un coup d'œil à ce qu'il lui désignait.

« Tu sais ce qu'est une solive ? »

Le jeune garçon fit non de la tête.

« C'est une poutre qui supporte le plafond au dessus d'elle, dans ce cas-ci, elle supportera le plancher du haut. »

Il releva la tête, observant son petit assistant en train d'hocher la tête positivement, pour montrer qu'il avait compris. Le garçon le regarda continué dans un silence contemplatif qu'il lui semblait de plus en plus en plus difficile à tenir. D'habitude si sage, il s'agitait et ne cessait de changer de position. Posant la colle et la pince, il lui sourit doucement. Gene ne pouvait voir que ces yeux, mais le petit compris qu'il pouvait posé la question qui le tracassait sans crainte.

« Est-ce que je pourrais aller avec toi, quand tu rendra sa maison à Kinan ? Tu crois que papa sera d'accord ? »

Les yeux de Kakashi exprimèrent un mélange d'amusement et de tendresse. Comme chaque fois où il pouvait se laisser aller à songer au sourire de son amant.

« Pourquoi ne le serait-il pas ? Ça ne met pas ta sécurité en jeu et tu seras rentré avant huit heures. Mais il va quand même falloir attendre qu'il se réveille pour lui poser la question. »

« Pourquoi ? »

« Mais parce qu'il faut toujours demander la permission à ton père! Répondit le Junin avec sérieux.»

« Non ! Toi, pourquoi tu ne peux pas me la donner ? T'es pas ma maman ? Pourtant tu couches dans le même lit que papa. Tu fais la cuisine quand papa rentre tard et tu t'occupes de moi quand il est très occupé. »

Parfois les enfants avaient un don pour poser LA question.

Toussotant, il fit un tour rapide de l'appartement du regard avant de revenir fixer Iruka comme s'il allait ce réveiller et le tirer de cette épineuse situation. Soupirant il dû se rendre à l'évidence, il était tout seul sur ce coup là. Question d'être sûr qu'il allait bien comprendre ce qu'il allait lui expliquer, il observa bien en face le petit garçon.

« Et bien, tu vois, je ne suis pas ta maman. Je suis un homme. »

Le petit garçon pencha la tête sur le côté, semblant analyser la réponse qu'on venait de lui donner.

« D'accord, mais t'es quoi alors ? »

Si seulement je le savais moi même.

« Par rapport à toi, je crois qu'on pourrait me considérer un peu comme un oncle. Peut-être que je deviendrais un jour, moi aussi, en droit d'agir en parent. Mais tant qu'Iruka san ne l'aura pas décrété ainsi, c'est à lui, et à lui seulement qu'il faut demander. »

Devant l'air un peu perdu du garçon il demanda doucement :

« Tu comprends ? »

Après un petit moment de réflexion, le garçon finit par faire signe que oui. Puis, fronçant les sourcils, il lui demanda avec plus de sérieux qu'il n'en ait jamais vu chez un garçon de son âge :

« Mais, est-ce que tu aimes vraiment beaucoup mon papa ? Parce que ma maman, avant de dormir pour toujours, bien elle avait un monsieur qui dormait dans le même lit qu'elle. Mais même s'ils étaient dans le même lit que maman… Elle disait sans arrêt qu'il l'aimait… mais moi je savais bien qu'il ne l'aimait pas. Ou alors pas beaucoup. »

Regardant gravement le jeune homme, et non pas le petit garçon, qui se tenait devant lui à cet instant, il se leva pour contourner la maison de poupée. Une fois devant lui, il s'agenouilla pour que se soit plus facile de lire dans son regard.

« Sur mon honneur, Gene, je jure que j'irais jusqu'à donner ma vie pour ton père. Il est la chose la plus précieuse qui existe pour moi et je l'aime au point de renoncer à mon devoir s'il me le demandait. Comprends-tu ce que je dis ? »

Le petit garçon l'observa un moment en silence, puis il lui sourit.

« Pas tout. Mais tu l'aimes beaucoup, alors je te permets de rester. »

Lui souriant toujours de son air innocent, il se leva et partit en direction de sa chambre.

« Il faut que je termine mes devoirs pour que papa dise oui. »

Souriant de son aplomb, Kakashi hocha doucement la tête. Les enfants le déconcerteraient toujours. Se retournant lui même pour se remettre à son propre travail, il surprit une larme qui coulait lentement sur la joue du professeur.

« Tu as tout entendu ? demanda-t-il gêné en se rassoyant devant la petite maison de carton. »

Iruka ne répondit rien, se contentant de sourire sans même ouvrir les yeux.

« J'ai entendu « je t'aime » souffla Iruka à son oreille. Je n'avais pas besoin de plus. »

oOo

« Bonjour Rin, j'ai amené quelqu'un avec moi aujourd'hui. »

Gene agrippa la manche de son uniforme jusqu'à ce qu'il se penche vers lui.

« Kakashi, murmura le petit garçon, tu sais qu'elle dort la dame, hein. »

Se retenant pour ne pas rire devant son air alarmé, il s'accroupit à la hauteur de l'enfant.

« Elle ne dort pas Genne, pas vraiment. En fait elle est dans le comma. C'est un peu comme si son esprit avait décidé d'aller se promener sans son corps. Certains pensent qu'elle nous entend. »

« Alors pourquoi on ne lui demande pas simplement de revenir ? »

Oui, pourquoi n'est-ce pas si simple, songea-t-il en observant les traits pâles de sa meilleure amie.

« Bonne question. »

Gene grimpa sur la chaise à côté du lit et observa la femme toute pâle étendue dans le lit d'hôpital.

« Tu crois que c'est parce qu'elle boude ? »

« Non, je crois qu'elle n'arrive tout simplement pas à retrouver son chemin. »

Alors qu'il observait à son tour son corps bien trop amaigri, il entendit la petite voix angoissée du garçon.

« Tu l'aimes beaucoup la dame, hein ! »

Il l'aimait oui, et plus que comme une simple amie. Elle était sa mère, sa sœur, une part de lui. Ils avaient tant traversés ensemble. C'était tout son passé qui reposait avec elle dans ce lit qu'il avait appris si jeune à haïr.

« Oui, je l'aime beaucoup. »

Voyant que cela troublait le jeune garçon, il lui sourit, ébouriffant ses cheveux.

« Elle est un peu comme ma maman. »

Soulagé, à l'idée que Kakashi ne l'aimait pas plus que son père de substitution, le petit garçon eut un sourire resplendissant.

« Et si on allait porter cette maison de poupée à Kinan ? proposa Kakashi en pointant le sac que l'enfant avait tenu à porter. Je suis sûr qu'elle sera heureuse d'avoir un compagnon de jeu. »

L'enfant sauta à terre et fila vers la porte avec une promptitude qui parlait d'elle-même. Souriant, Kakashi le suivit, ne s'immobilisant que sur le pas de la porte.

« Tu sais Rin, je viens de réaliser une chose importante. Tu as toujours été là quand les choses allaient très mal pour moi. Tu as partagé mon malheur sans rien demander en retour… alors il est important que tu reviennes maintenant pour partager mon bonheur. »

Refermant la porte tout doucement, il sourit en voyant Gene qui expliquait avec entrain à la petite Kinan ce qu'était une « Silive » et pourquoi le plancher du deuxième étage ne s'effondrerait plus.

Oui, il était très important qu'elle revienne.

Ayant refermé la porte, il ne remarqua pas ses doigts qui venaient de se refermer sur le drap blanc.

oOo

Ça y est, c'est terminé ! Vous n'y croyiez plus, et pourtant ! Un merci particulier à tout ceux qui m'ont laissé des reviews une nouvelle fois!