« Quel genre d'enfant tu étais?
La question lui avait échappé, trop captivé par les traits d'Iruka pour réussir à la retenir. Il fut surpris de voir le regard de son amant s'assombrir légèrement. Il ne croyait pas que s'était une question qui pourrait être embarrassante ou rappeler de mauvais souvenirs.
Le professeur observait sa main qui tenait toujours sa plume et finit par décrisper la prise qu'il avait sur elle. Avec douceur il la reposa sur la table et commença à ranger ses papiers pour se garder les mains occupés.
- Du genre livré à lui-même. Oh! Bien sûr il y avait toujours Sarutobi qui s'enquérait de moi de temps à autre. Mais en règles général… personne ne faisait grand cas d'un orphelin de plus où de moins. Le quatrième venait de mourir… ce n'était pas une époque très plaisante. Quand j'ai vu que personne ne voulait s'occuper de Naruto, je me suis porté volontaire et ensuite j'avais trop de responsabilité pour voir les jours et les semaines passer.
Kakashi se rappelait sans peine de la haine des villageois pour le gamin renard. De sa propre rancœur envers cette petite chose qui avait volé la vie de son maître. Bien sûr, après coup, il avait réussit à relativiser, et en l'ayant eut comme élève il était définitivement tombé sous le charme de cette petite boule d'énergie. Mais à cette époque, cela avait été difficile de regarder l'enfant sans y voir un rappel d'une profonde blessure. Il ne comprenait pas comment Iruka, qui venait de perdre ses parents à cause du démon renard, avait pu vouloir sciemment la garde de son porteur.
- Comment as-tu réussis à regarder Naruto sans penser à… à ce qu'il était à l'époque, sans voir ce que les autres y voyaient.
Iruka releva un regard ou l'on pouvait lire sa fragilité à cet instant.
- Mon père était un homme admirable et un shinobi encore plus grand, je n'ai jamais eut son talent en tant que ninja, mais j'ai toujours fait de mon mieux pour honorer ses enseignements. Et l'un d'entre eux disait qu'un homme ne se laisse pas dominé par son impression des choses, il s'efforce de les connaître et réserve son jugement pour le moment où il saura vraiment ce qui ce cache derrière les apparences.
Kakashi le dévisagea, surpris, ce qu'Iruka venait de dire était l'exacte formulation du code d'honneur samouraï.
- Je suis un shinobi, et je ne suis qu'un chunin. Mais je peux te citer le code bakushin du début à la fin. Mon père y a veillé, sourit-il.
- J'ignorais que ton père était un ancien samouraï.
Iruka eut un sourire triste. L'un de ses sourires qui ne monte pas jusqu'aux yeux et laisse un goût de larmes plutôt que de rire.
- Beaucoup était ceux qui l'ignoraient. Il a renié la voie du samouraï, mais pas ses enseignements, et toute mon enfance à été bercé par eux. Peut-être est-ce pour ça que ce que j'ai vu en Naruto n'était pas le démon renard, mais juste un autre orphelin, tout aussi seul que moi.
- Je n'aurais pas dû te poser cette question, pardonne moi.
Cette fois, le regard d'Iruka était rempli de chaleur.
- Non, c'est bien. Il y avait longtemps que je n'en avais pas parlé, mais je suis heureux que tu me poses des questions. Tu as le droit de le faire, et surtout…
Iruka saisit sa paume en travers de la table et serra doucement sa main dans la sienne.
- … Cela me rassure.
Il vu sans doute sa perplexité, car il précisa :
- Cela me montre que tu t'intéresses à moi.
- Je croyais que s'était évident.
Le professeur hocha la tête avec un petit sourire, comme s'il ne parvenait pas à croire qu'un petit géni comme lui pouvait être si néophyte sur les relations humaines.
- Parfois, il ne suffit pas de sous entendre les choses. Parfois j'ais besoin de l'entendre, ou de le voir.
- Tu es la seule personne à qui je me sois jamais autant intéressé. »
Iruka resserra la prise de ses doigts, son regard s'éclairant de cette lueur de bonheur brute qu'il prenait quand il entendait les « je t'aime » que ses lèvres refusait de souffler. Sans un mot et sans détourner son regard du siens il se leva. Puis il l'entraîna vers ce qui était devenu leur chambre.
oOo
Bonjour! Alors pour ceux qui ce le demandait, il s'agit plus de petites séquelle que d'une réelle suite, mais bon, comme on continue de lire, je continue d'écrire. Bise à tous, et un énorme merci à ceux qui me laisse des reviews. C'est toujours très apprécié et motivant.
