Iruka alluma un lampion, puis un autre. Kakashi les compta tous, sa gorge se serrant à la vue de toutes ses âmes auxquels il fallait dire adieux. Tant de personnes aimés, d'être proches à jamais disparut.

Gene tira sur sa manche et il ravala comme il put la souffrance qu'il ressentait. La mort, disait toujours Iruka, faisait partit de la vie. Et qu'elle vienne trop tôt, ou trop violemment, ne voulait pas dire qu'elle enfreignait le cycle. Pour vraiment apprécier la vie, il fallait accepter la mort.

Kakashi voulait que Gene puisse être aussi serein dans sa peine qu'Iruka. Qu'il puisse faire ses deuils avec la même acceptante que lui. Alors il prenait garde à ne pas montrer à Gene combien il avait du mal à faire les siens, à lâcher prise et accepter la perte d'être chers.

Iruka croyait en un équilibre, au cycle de la nature et en l'âme. Il croyait aux liens entre toutes entités, que chaque chose avaient sa raison d'être et que rien n'étaient entièrement bon ou mauvais. Kakashi souhaitait que Gene puisse se rattacher à ses croyances. Qu'elle lui donne la force d'avancer dans la vie quels que soient les souffrances qu'il ait à traverser.

Parce que Kakashi ne savait pas en quoi il croyait. Il savait seulement ce en quoi il ne croyait pas.

« Pourquoi est-ce qu'on allume des lanternes?

- C'est pour les morts, répondit-il.

Gene fronça les sourcils.

- Mais les morts ils ont pas besoins de lampions, ils sont morts.

- C'est une tradition. Nous allumons des lampions que nous déposons dans l'eau afin qu'ils guident les esprits jusqu'à l'endroit où ils doivent se rendre. En suivant les lumières, ils se libèrent de nous.

- Mais comment les esprits savent qu'ils sont censés suivre les lumières?

Kakashi haussa les épaules, franchement il s'était toujours posé la même question.

- La plupart des choses que nous faisons sois-disant pour le repos des morts, c'est pour les vivants que nous les faisons, Gene. Ce sont des symboles. Des choses auxquels nous donnons un sens parce que nous avons besoins de croire en cette idée.

Iruka lui sourit, signe qu'il n'avait pas gaffé même s'il doutait beaucoup qu'Iruka aurait répondu quelque chose de si terre à terre.

- Chacun à sa façon de pleurer ses morts, continua-t-il. Chacun à ses croyances et ses convictions, et c'est ainsi que le monde doit être. Personne n'a le droit de te dire ce que tu dois penser tant que tu respectes les pensées des autres.

- Ça veut dire que je peux aller jouer si je pense différemment? demanda Gene.

Kakashi voulait lui dire non, lui dire que par respect pour Iruka il devait au moins être présent. Mais il avait peur d'outrepasser son rôle. S'était à Iruka de décider, c'est lui que cette décision affecterait vraiment.

- Demandes à ton père.

- Papa, je peux aller jouer avec Kinian?

Kinian, bien sûr. Il aurait dû se douter en voyant la jeune fille que Gene ne penserait qu'à aller la rejoindre dès qu'il en aurait ne serait-ce que l'ombre d'une opportunité.

- À condition que vous ne vous éloigniez pas trop, et seulement si les parents de Kinian sont d'accord!"

Iruka n'eut pas à le répéter deux fois, Gene avait fier dans la direction de Kinian avant qu'il n'ait refermer la bouche. L'instituteur sourit, secouant la tête avant de reprendre son travail.

"Pourquoi ne pas lui avoir demandé de rester? demanda Kakashi. Cette cérémonie est importe pour toi.

Iruka lui sourit doucement.

- Veux-tu aller jouer aussi? demanda-t-il taquin.

Kakashi n'avait pas vraiment le coeur à s'amuser et cela dû transparaître dans son regard... enfin dans ce qu'Iruka pouvait en voir. Son amant soupira, détournant le regard sur les lampions.

- C'est une tradition qui à un sens pour moi Kakashi. C'est important pour moi parce que mon père et ma mère posaient ces mêmes gestes, allumaient des lampions à chaque année. À chaque bougie que j'allume, c'est un peu comme si j'honorais leur mémoire. Et puis, même si je ne penses pas réellement que ses lampions guident les esprits vers l'autre monde, cela me permet de prendre un moment où je peux dire adieux à ceux qui sont morts et que nous avons aimés. cela me permet de trouver un sentiment de finalité.

Iruka se tourna de nouveau vers lui, un mince sourire sur les lèvres.

-J'ai toujours pensés que si tu venais à cette cérémonie avec moi chaque année, s'était davantage parce que tu voulais être présent pour moi que parce que ces lampions ont un quelconque sens pour toi. Je suis heureux que tu sois là, mais je ne t'en voudrais pas si un jour tu décidais de ne plus venir. Comme tu l'as toi même dit, chacun à droit à ses idées, et Gene ne croit pas à ses choses là. Et puis, pourquoi imposer le chagrin à un enfant? Notre rapport au deuil ne sera jamais le même que le siens. Il à été habitué très jeune à la mort, à ce que les personnes qu'il aimait ne soit plus là du jour au lendemain.

Kakashi soupira.

- Je ne veux pas qu'il ait du mal comme moi à... dire adieux.

Iruka saisit sa main, la pressant dans la sienne.

- Quoi? demanda kakashi en voyant son amant se mordre la lèvre inférieur.

S'était un tique qu'Iruka avait lorsqu'il savait quelque choses qu'il ne pensait pas pouvoir dire sans vexer son interlocuteur ou qu'il voulait simplement garder pour lui.

- Je ne crois pas que ce soit le bon moment pour en parler.

- Dit le, de toute façon si je ne veux pas l'entendre maintenant, je doute que ce soit plus agréable à entendre plus tard.

Iruka caressa sa joue à travers le tissus de son masque, serrant sa paume plus fort dans la sienne.

- Je ne suis pas psychologue. Je peux me tromper. Mais peut-être, juste peut-être que ta difficulté à dire adieux à ceux que tu as aimé viens du fait que tu ne t'ais jamais permis de faire le deuil de ton père.

Kakashi tressaillit et cela lui pris un grand effort pour ne pas arracher sa main à Iruka et tourner les talons. Il avait raison. Il n'y aurait pas eut de bon moment pour aborder la question.

Iruka ne dit rien, ne bougea pas, semblant s'attendre à se voir repousser d'une minute à l'autre. Kakashi eut besoin d'un moment pour repousser la colère et d'autre émotions qu'il préférait ne pas contempler.

- Je ne veux pas en parler.

Iruka hocha la tête, il comprenait.

Il ne lâcha pas sa main pour de longues minutes et Kakashi finit par comprendre que cette lueur étrange dans le regard de son amant était de la peur. Iruka avait peur de se voir rejeter pour avoir osé parler du plus grand tabou de Kakashi. Mais s'il y avait une personne, une seule personne en ce monde à qui il pouvait pardonner de franchir cette ligne, s'était Iruka. Aussi il pris une grande inspiration et expira avant de forcer sa mâchoire à se détendre.

Il n'eut pas besoin de faire un effort sur lui-même pour attirer son amant à lui et le serrer dans ses bras. Cela fut naturel, instinctif.

Il ne savait qui en fut le plus surpris, lui ou Iruka.