Parfois, le froid lui mordait les os et aucun soleil, aucun feu de cheminé, aucune couverture ne pouvait le réchauffer. C'était le cas chaque fois que les morts se comptaient par centaines, chaque fois que les ombres de la guerres étendaient leur doigts noirs au dessus de lui, chaque fois qu'il enterrait un ami ou recevait l'ordre d'en tuer un.
Personne ne pouvait comprendre alors les choses qui défilaient dans son esprit. Lui le dernier. Et il ne pouvait qu'hanestésier le froid pour un moment, avant Iruka, l'alcool avait été sa seule solution.
Il redoutait ces moments où le spectre du croc blanc lui rappelait l'homme qu'il aurait pu si facilement devenir. Combien facile il aurait été de cesser la lutte contre la glace ou de se tourner vers l'alcool comme son père l'avait fait. Voir Iruka dans ce lit d'hôpital était si douloureux que n'eut été de Gene et son air dévasté, l'appel de la bouteille aurait peut-être triomphé. Mais son fils avait besoin de lui, et il ne serait pas un autre père alcoolique dont l'enfant aurait à compétitionner son attention avec le prochain verre. Il s'y refusait, tout ce qu'il était au plus profond de son être était dégoûté par cette seule idée.
Aussi se trouvait-il sobre et geler dans une chambre d'hôpital. Assit dans une chaise inconfortable réserver au visiteur, avec le plus grand mal à contrôler les émotions qui se succédaient en lui, tentant néanmoins de faire bonne figure pour l'enfant contre lui.
Son fils, les jambes autour de sa taille et ses petits bras autour de son cou avait blottit sa tête contre son épaule, blottit si étroitement contre lui que pas même une feuille de papier n'aurait su se glisser entre eux.
"Est-ce que papa va mourir comme maman, il va dormir pour toujours?"
D'instinct, les bras de Kakashi se sérrèrent autour de Gene, tentant inconsciement de faire ce qu'il savait être impossible, le protéger de la réaliter à laquelle il faisait face. Il tenta de parler, mais le noeud dans sa gorge était si sérré qu'il ne parvint qu'à ouvrir et fermer la bouche.
Naruto plaça une main sur son épaule, la pressant gentiment dans un rare geste de réconfort silencieux.
"On ne sais pas, Gene, souffla-t-il avec une douceur qui rappelait douloureusement Iruka. Personne ne sait pour le moment."
"Mais tante Shizune est medecin! Elle devrait savoir elle!"
"Ce n'est pas si simple, Gene, souffla Kakashi en lui caressant les cheveux. Papa n'a pas juste une blessure, il en a beaucoup, et les médecins l'ont soignés, mais ils ne savent pas s'ils l'ont soigné assez vite."
La pression de la main de Naruto sur son épaule augmenta briévement avant de se relâcher et c'est dans ce geste de soutiens, dans la présence de ce jeune homme si exeptionnel, qu'il trouva la force de dire les mots qu'il n'aurait même pas voulu avoir à penser.
"Papa peut mourrir, mais pour le moment il peut aussi vivre et sur le fait qu'il peut vivre que nous devons nous concentrer pour le moment. Il va falloir attendre demain pour savoir s'il va guérrir."
Couché sur un futon dans la salle des employé de l'hôpital, entre Naruto et Gene, il n'arrivait pas à trouver le sommeil, la valse des "et si" le gardait bien éveillé malgré qu'il nait jamais été aussi épuisé que maintenant. Avec un soupir, il se redressa précautionneusement afin de ne pas réveiller les garçons et se dirrigea à pas de loup vers la porte, il avait besoin d'air. Juste avant de sortir, il pensa à laisser un mot.
L'air frais du soir balaya ses cheveux et il se sentit plus calme, bien que loin d'être apaisé.
Ils avaient toujours su, lui et Iruka, que Gene risquait un jour ou l'autre de grandir avec un seul père. Mais dans absolument tous les scénario, Iruka lui survivait. Il était celui avec les missions dangereuses, le Junin, celui qui courrait au devant du danger et vivait d'adrénaline et de risques calculés.
On aurait dit une mauvaise blague du destin: "Un instituteur passe devant un échaffaudage pendant ce temps le Junin se bat avec des ninja d'un autre pays, devinez qui s'en sort sans une égratignure."
Un boulon. De la rouille. Était ce réellement tout ce à quoi tenait la vie de son amant? Alors que lui même affrontait feu et acier jour après jour! Voilà qu'un simple échaffaudage allait lui voler la seule personne qui... Avec une grande inspiration il se forçat à chasser ce train de penser. Iruka allait vivre, c'est ce en quoi il devait croire, pour Gene et aussi pour lui-même.
"Quoi qu'il arrive tu n'es pas seul."
Kakashi sursauta. Il n'avait pas eu concience de trembler avant que les mains ferme et chaude de Rin presse les siennes, parcourut de faible tremblement entre les siennes. Il perdait la main s'il n'était pas conscient de sa présence...ou alors l'épuisement le rattrapait.
"Non, j'ai Gene, et c'est une part de ce qui me terrifie. Je ne sais pas comment j'arriverais à me lever le matin sans Iruka, et je n'ai plus l'option de partir aussi loin que possible pour tenter de ne pas le voir dans tout les recoins de la ville."
"humm."
Rin passa un bras autour de sa taille, et la familiarité de sa force et de sa chaleur lui donnat l'envie de se retourner, de se blottir contre elle et de pleurer comme un enfant. Elle était le seul refuge qui ne lui était pas fermé pour le moment. Qui ne lui avait jamais été fermé.
"Iruka m'avait dit que l'une des choses les plus perfide que la vie nous fait, c'est que c'est toujours quand nous sommes sur le point de mourrir qu'on réalise à quel point on veut vivre. Et soyons honnête, il existe peu d'être en ce monde plus têtu qu'Iruka. Alors si c'est une question de volonté, rien ni personne ne retiendra Iruka sur ce lit très longtemps."
Kakashi ravala un sanglot.
"Et si ce n'est pas une question de volonté, si il... s'il meurt Rin, je ne sais pas comment... Je ne sais pas continué sans lui."
"Une heure à la fois, et quand ce sera trop, une minute à la fois. C'est ce que tu m'as dit pour Hayate, et tu avais raison. Qu'est-ce que tu as besoin de faire, là, maintenant?"
Kakashi ferma les yeux et se forçat à prendre une grande inspiration.
"Je veux aller voir Iruka, et ensuite retourner auprès de notre fils."
"Veux-tu que je vienne avec toi?"
"Ce n'est pas juste de te demander ça."
"Tu vois mon visage, ça c'est l'air que j'ai quand tu dis une connerie plus grosse que toi. Aller bouge Junin, on a pas toute la nuit."
Kakashi s'executa et passa devant, ouvrant la porte de l'hôpital avec ce même frisson d'horreur qui ne l'avait jamais quité depuis l'enfance.
"Il t'arrive de me détester Rin? Pour... pour ne pas avoir les mêmes sentiments que toi?"
Rin leva les yeux au ciel, sérieusement, maintenant, maintenant il voulait savoir, il n'y avait donc aucune limite à ses tendance masochiste. Rin savait qu'il allait lui poser la question un jour, Iruka l'avait prévenu. Il lui avait dit que s'était une chose qui préoccupait Kakashi, parce qu'Iruka était un vrai ami et il ne voulait pas qu'elle se retrouve avec un bombe émotionnelle sur les genoux comme seul Kakashi savait leur en présenter, sans même avoir eu le temps de s'y préparer. Mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui pose la question alors qu'il était peut-être en train de vivre les moments les pires de son existence.
"Je ne te déteste pas, c'est même tout le contraire, crétin. Depuis le temps, je sais bien que tu ne me regardera jamais de la façon dont tu regardes Iruka. Ça ne veut pas dire que je n'ai pas un pincement de jalousie de temps en temps, mais en général je suis juste heureuse de pouvoir être à tes côtés, de partager ta vie comme tu partage la mienne. Hayate m'a fait voir que le coeur n'est pas un receptacle à place unique, je peux t'aimer et aimer d'autre personne à la fois. Avec la même intensité et les mêmes désirs. l'amour c'est plutôt égoiste comme sentiment, ça n'a pas besoin d'être réciproque pour exister, et ça n'as pas besoin d'être rendue pour être un sentiment positif."
Kakashi pinça les lèvres.
"Je ne suis pas sûr de comprendre."
"Bin voyons, toi qui vie tes sentiments de façon tellement ouverte? Qui es passé maître dans l'art de comprendre tes propres émotions, tu n'es pas sur de comprendre comment je vis la plus complexes du monde? Tu m'étonnes. Je suis sans voix devant ce manque de compréhension."
"Et ça c'est l'air que tu as quand tu te moque de moi, pas vrai?"
"Un Junin avec un vrai sens de détective! Comment ne pas tomber sous le charme?"
