Notes: Bonjour, bonsoir. Voici une nouvelle histoire, concernant cette fois, un de mes chevaliers d'Argent préféré. Je vous souhaite une bonne lecture.
Merci à Athena pour ta lecture.


Nouvelle vision

Être considéré comme l'un des chevaliers d'Argent les plus forts, presque craint par ses ainés dorés, avoir été battu en un combat violent et mortel face à un chevalier de Bronze. Tout cela était relativement honorable pour Algol.

À l'époque, il n'accomplissait que sa mission de protéger le Sanctuaire et Athéna, quand bien même tout ce qu'on lui avait raconté n'était pas la vérité. Tout ce qu'il retenait, c'était son rôle de protecteur de la déesse, et il semblait agir pour une noble cause.

Il était le chevalier de Persée, fier de ses capacités et de ce bouclier de la Méduse qui pouvait effrayer ses adversaires, jusqu'à les pétrifier littéralement sur place.

Il avait donné sa vie pour défendre son idéal et n'avait aucun regret désormais.

La clémence d'Athéna confirmait que quelque part, il n'était pas en tort, et que ce conflit interne au sein du Sanctuaire était un malheureux caprice du destin. À son retour à la vie, il avait demandé pardon à la jeune fille qui incarnait la divinité sur terre et avait à nouveau juré de la protéger et de l'accompagner dans sa mission.

Il avait même sympathisé avec Shiryu du Dragon, son mortel adversaire, un jeune homme intelligent et à la gentillesse aussi grande que la noblesse de son cosmos.

Dans le quartier réservé aux chevaliers d'Argent, il découvrait une nouvelle façon de vivre: tel un futur adulte dans une époque paisible où les entrainements surhumains et dangereux avaient fait place à des séances de sport quotidiennes avec ses amis, quand bien même le niveau et les techniques étaient bien supérieures à la normale. Il riait avec ses compagnons, discutait de choses futiles et saluait avec respect et admiration autant les ainés d'Or que les Bronze divins.

Son dortoir, il le partageait avec Asterion du chien de chasse, son meilleur ami. De part la proximité de leurs lieux de formation pour devenir protecteurs d'Athéna, au cœur de l'Allemagne, ils se connaissaient depuis bien des années et Algol avait l'habitude du don de son frère de cœur. Aussi, il dissimulait souvent très bien ses pensées les plus secrètes pour éviter de subir un interrogatoire dans les règles, parfois plus inquisiteur que Misty et ses tendances pipelettes.

Enfin, jusqu'à présent, il y arrivait sans problème. Cependant, depuis peu, il évitait de croiser le regard d'Asterion, et préférait rester dans l'obscurité, plutôt que de profiter des beaux paysages qu'offrait le Sanctuaire, la nature s'éveillant avec l'arrivée du printemps et toutes les belles couleurs qui illuminaient le domaine.

Il supportait encore moins le parfum des fleurs ou celui avec lequel s'aspergeait le chevalier du Lézard.

Le seul moment où il se sentait bien, c'était à la tombée de la nuit, quand les étoiles dansaient dans le ciel et apaisait cette migraine de plus en plus violente au fil du temps.

Tout en observant les astres, Algol respirait plus calmement, essayant d'oublier le tambourinement incessant, cherchant la constellation de Persée, alors qu'une présence s'assit tout près.

« T'es vraiment une tête de mule, déclara Asterion, qui s'était imposé à côté de lui sur le banc de pierre.

-A quel propos?

-Tu le sais. Je ne t'ai pas embêté avec ça, parce que je sais que tu détestes que je lise tes pensées et que je te dise quoi faire, mais là, ça relève de ton cosmos. Tu souffres, de je ne sais quoi, mais si tu ne peux même plus sortir de jour, c'est qu'il y a un vrai problème.

-... Je prends des cachets contre le mal de tête.

-Et...

-... tu connais la réponse...?

-Demain je te sors du lit et tu viens avec moi à l'hôpital du Sanctuaire. Tu n'as pas le choix. S'il le faut, Moses et Algheti seront là pour t'embarquer de force.

-Non mais...

-Pas de mais! Algol, je m'inquiète, franchement. Je te connais depuis bien plus longtemps que les autres, et je t'ai jamais vu aussi éteint. On a eu la chance que notre déesse nous offre une nouvelle vie, et quand bien même on vit dans un lieu austère, et qu'il faille malgré tout se maintenir en forme si un danger survenait, on est en paix. On a le droit de profiter de tout sans se prendre la tête et toi tu en souffres.

-...D'accord... ça se tente...

-T'as pas le choix. C'est pas ton style d'être aussi abattu, et j'aime pas ça. Alors, on va se coucher et demain, tu vois un docteur. »

メガネ

Le jour suivant, Algol connut l'origine de ses maux de tête. Il était victime de la puissance de sa constellation et du bouclier de la Méduse. Une souffrance propre à la plupart des chevaliers de Persée, qui, depuis le début de leur apprentissage devaient maitriser le pouvoir puissant de la gorgone qui changeait les personnes en statue de pierre.

Selon le médecin du Sanctuaire spécialisé dans les pathologies propres aux protecteurs d'Athéna, Algol avait eu de la chance de ne souffrir ''que'' de maux de tête. D'après les archives, d'anciens chevaliers de Persée qui avaient survécu aux guerres ou même qui avaient vécu leur vie jusqu'au bout avaient fini aveugles, fous, ou les deux. À cause de la tête de la Méduse sur le bouclier.

La légende disait que c'était le monstre de la mythologie qui avait été fixé sur cette partie de l'armure, d'où l'incroyable puissance d'un tel chevalier d'Argent. Cependant, les effets secondaires en étaient tout aussi terribles.

En attendant l'ordonnance du docteur, le jeune homme patientait, lorsque Misty vint à sa rencontre.

« Qu'est-ce que tu fais là, demanda Algol. Me dis pas que c'est Asterion qui t'a dit de me surveiller.

-Pas du tout, répondit le Lézard. J'accompagne un ami qui... Ah ben il arrive!

Cet ami était Aphrodite, le chevalier d'Or des Poissons, qui, depuis la résurrection, aidait à l'hôpital, grâce à ses connaissances en plantes. L'on racontait qu'il aimait bien aussi parler avec les patients, pour en retirer des potins... Le chevalier de Persée en déduit alors la raison de cette amitié entre lui et Misty, la pipelette nationale argentée...

-Algol, te voilà, fit Aphrodite qui tenait une tasse fumante. Bois cette infusion, ça devrait te soulager. Je t'ai fait un sachet pour que tu en prennes au moins trois fois par jour. Et sans faute. Ce sont des plantes bénies par notre déesse, donc d'ici un bon mois, tu devrais te sentir mieux. Quand tu n'en auras plus, n'hésite pas à m'en redemander.

Le jeune homme but le liquide au goût délicat et en effet apaisant.

-Merci beaucoup.

-Autre chose: le docteur a du te dire que ton mal durerait à vie malgré tout, n'est-ce pas?

-Oui, en effet...

-Alors tu viens avec moi, on part de suite en ville, imposa le chevalier des Poissons en tendant un papier manuscrit. Direction un opticien pour te choisir des lunettes de repos.

-Maintenant?

-Oui.

-Je peux venir, demanda Misty le regard pétillant.

-Bien sur!

-Non, répondit Algol.

-Mais si. »

En vérité, il n'avait pas envie de se chamailler avec son ami et le chevalier d'Or. Autant se débarrasser de tout ça et revenir au Sanctuaire.

メガネ

Le soir tombait, et pour la première fois, Algol put profiter du magnifique coucher de soleil derrière une des douze Maisons du zodiaque sans être perturbé par le tambourinement de ses migraines.

Il avait eu raison d'écouter ses amis et d'accepter de se faire soigner. Et même ses fines lunettes ne lui pesaient pas sur le nez.

« Alors, cette expédition en ville, demanda Asterion.

-Epuisante.

-T'as encore mal à la tête?

-Oui, mais pour une autre raison: Misty et Aphrodite qui m'ont pratiquement tué chez l'opticien. On a du mettre plus d'une heure avant que je choisisse moi, ma propre paire de lunettes.

-A ce point, rit le chien de chasse.

-Ces deux ensemble, ce sont des monstres! J'étais une poupée entre leurs mains, ils m'ont malmené en me posant toutes sortes de lunettes sur le pif! Des culs de bouteilles, des trucs en forme de triangle, d'étoile, de cœur même – Misty voulait que je prenne ça, franchement – des montures horriblement épaisses avec des motifs tous plus bizarres les uns que les autres dessus, et j'en passe et des effrayantes. Même le vendeur avait du croire que sa boutique allait s'effondrer, avec ces deux ouragans...

-Et comment tu t'en es sorti?

-J'ai profité que les deux soient au fond du magasin, rayon marques de luxe, pour demander conseil au gars qui m'a proposé ces lunettes et elles me conviennent très bien. Et je suis fatigué...

-Je peux l'imaginer. Mais tu as une meilleure mine.

-Merci.

-Demain on va sur la plage avec les autres, tu viendras?

-Bien sur.

-Content de l'apprendre. Et bon retour parmi nous, Algol. »

Le chevalier de Persée sourit franchement à Asterion. En effet, il retrouvait peu à peu courage et désormais il affronterait cette maladie des porteur du bouclier de la Méduse. Parce qu'il était fort, et qu'il voyait enfin le monde en paix... au travers de ses lunettes.


notes de fin: Merci d'avoir lu. Cette idée de voir Algol avec des lunettes vient d'un vieux délire avec une connaissance du fandom avec qui on imaginait très bien le chevalier avec des lunettes. Et puis je l'avais déjà exploité dans un autre OS, plus long, plus romance, intitulé Histoire d'un paysan et d'un bigleux. J'ai repris ce thème ici, entre chevaliers d'Argent.
Les caractères d'interlude sont megane, lunettes.
Le prochain arrivera en temps voulu, mais je ne sais quand.
Je vous fais des bisous et à la prochaine