Stiles n'avait pas embrassé grand-monde dans sa vie. A vrai dire, il y avait juste eu Lydia et Malia. Deux jeunes femmes séduisantes qui faisaient partie de son cercle d'ami. Deux jeunes femmes avec qui il était brièvement sorti mais pour qui, finalement, il n'avait pas de véritables sentiments. C'était plus autre chose, de l'amour… Amical. En tout cas, il n'avait jamais embrassé Lydia ou Malia de la manière dont il dévorait la bouche de Liam. Et inversement. Le louveteau, que toute forme de pudeur avait quitté, l'embrassait à en perdre haleine. Le pire dans tout ça ? Il ne faisait pas que ça. Et Stiles non plus. Il y avait des caresses, des étreintes, des choses… A la limite de la décence. Des choses qui frôlaient de plus en plus ladite limite. Stiles pensa brièvement au fait que Liam était aussi un ami. Un ami récent. On n'embrassait pas ses amis, ou du moins pas de cette manière. Pas avec autant de passion. Il connaissait des gens qui, parfois, faisaient un léger smack à leurs amis, en des occasions exceptionnelles, mais… Ce n'était jamais rien de plus qu'un contact léger et bref.

Avec Liam, c'était fort et prolongé.

Le blondinet s'arracha de sa bouche pour aller plonger la sienne dans son cou, qui lui faisait de l'œil depuis un moment. Stiles ferma les yeux, laissa échapper un soupir de contentement, avant de se crisper. Il ne fallait pas qu'il fasse de bruit, ils n'étaient pas seuls. Et en même temps, il ne devrait pas être en train de laisser Liam le dévorer ainsi, encore moins participer. Non, il n'était pas censé crisper sa main dans les cheveux si doux du louveteau et exercer une petite pression sur l'arrière de son crâne pour qu'il ne s'arrête pas. Qu'il continue de maltraiter sa peau si sensible. En cet instant, Stiles était… Complètement à la merci de Liam qui, lui-même, était l'esclave de l'hyperactif. Deux jeunes hommes soumis à une envie incontrôlable qui les dépassait tous les deux.

- Fais-moi ce que tu veux, murmura péniblement Stiles, plus vraiment lui-même.

Par instinct, il se mit à onduler doucement des hanches contre le loup-garou qui se mit à suçoter sa peau avec plus d'ardeur. Une ardeur électrique. L'une de ses mains partit se balader et explorer le torse de l'hyperactif après avoir relevé son t-shirt, qui n'allait pas faire long feu. La preuve en était que quelques secondes plus tard, il se retrouvait déchiré et envoyé dans un coin de la pièce. Les deux jeunes hommes, pressés l'un contre l'autre, étaient si sévèrement atteints qu'ils étaient incapables de se déshabiller correctement, incapables de se séparer juste le temps de le faire. Leurs mouvements étaient brouillons mais empreints de cette envie dont il n'était pas possible de nier l'intensité et ils avaient littéralement oublié que l'on pouvait rentrer à tout moment dans la pièce. Leur lucidité était morte.

Un temps plus tard, leur configuration avait légèrement changé. Liam s'était péniblement glissé sur le côté pour s'adosser au mur et avait ramené Stiles de sorte à ce que celui-ci, entièrement nu, offert, s'assoie à califourchon sur lui, à qui il manquait juste le t-shirt. Le regard brûlant d'excitation de Liam mata sans équivoque le corps de l'hyperactif dont l'envie n'était pas moins grande et ne se voyait pas que dans le regard ou les gestes. Liam releva les yeux pour les planter dans ceux de son vis-à-vis et se mordit la lèvre inférieure malgré lui. A nouveau, il fondit sur ses lèvres et caressa Stiles sans retenue aucune. Ses mains allaient partout. L'hyperactif, lui, tremblant d'envie, ne put que faire de même en se collant le plus possible contre lui.

- Pourquoi j'ai envie de toi ? Souffla Liam tout contre ses lèvres, le regard débordant d'un désespoir qui serait bientôt comblé.

Il posait la question sans réellement attendre de réponse. Il savait juste que dans cet état, il se retrouvait dépourvu de cette timidité qui le caractérisait parce que… Ce qui l'avait contaminé détruisait toute ses défenses, exposant de manière brute celui qu'il pouvait être sans ladite timidité.

Le souffle tremblant que poussa Stiles si proche de lui le fit complètement déraper – plus que c'était déjà le cas. Il passa un bras autour de la taille de l'hyperactif, et le colla contre lui dans une étreinte tout juste assez ferme. Sa main libre malaxa un instant ses fesses avant que l'un de ses doigts ne décide de se glisser entre les deux et de frôler un endroit qui fit bruyamment hoqueter Stiles. Dans son état, toutes les sensations étaient décuplées. De son côté, Liam s'électrisait au moindre bruit que poussait Stiles. Ainsi, l'hyperactif n'attendit pas longtemps avant de sentir l'intrusion qu'il accueillit d'ailleurs à bras ouverts. Plus que ça : il sauta dessus, mima l'acte sur les doigts – il en avait rajouté – de Liam.

Un temps infiniment rapide plus tard, il ne s'agissait plus de doigts, mais d'une hampe fort dure qui pénétrait sans vergogne un hyperactif des plus extatiques. Stiles ne put retenir aucun des bruits qui sortirent plus naturellement que jamais de sa bouche. Une bouche que Liam ne cessait de lorgner, hypnotisé, en se mordant fortement la lèvre inférieure. Il modifia quelque peu leur position. Stiles se retrouva par terre, enlaçant un Liam au regard vitreux et empli de désir dont la vigueur n'était pas à prouver. Il baisait Stiles avait une passion impossible à restreindre, tenant ses jambes d'une certaine manière de façon à aller et venir en lui toujours plus profondément. Parce que c'était bon, parce que c'était vital. Il avait besoin de ça. Stiles aussi. Alors, il émit à son tour des bruits sans équivoques. C'était comme si… Il n'y avait plus de gêne à avoir. Comme si Liam devait laisser exploser son désir sans que cela ne doive gêner qui que ce soit, en partant du fait que ce « qui que ce soit » était parfaitement oublié, mis de côté. La meute n'existait plus. La soirée non plus. Il n'y avait plus rien à part Stiles et lui. Stiles, qu'il remplissait de tout son être. Stiles, qui lui griffait le dos avec ses ongles coupés à ras. Stiles, qui gémissait tout contre son oreille, comme s'il voulait l'exciter davantage… De faire en sorte qu'il le prenne plus fort que c'était déjà le cas.

D'un point de vue extérieur, tout était brouillon. Les gestes l'étaient plus particulièrement encore que tout le reste car ni l'un ni l'autre n'avait de réelle expérience dans le domaine. C'était nouveau et fait avec instinct, exécuté par la force du désir qui les étouffait, qui les oppressait, qui les enfermait dans cette bulle de luxure. Ils étaient fichus… Sans savoir qu'ils n'étaient pas les seuls.

Stiles ne sut pas trop comment, mais les mains de Liam se dédoublèrent. On lui caressait le dos, les cheveux, le torse, les bras. Il y avait… Beaucoup de mains qui le touchaient. Il ouvrit les yeux, laissa son regard on ne peut plus vitreux aller et venir sur les différentes silhouettes au-dessus de lui. Il vit tout autant qu'il sentit Isaac éloigner Liam de lui, l'embrasser avec une passion étrange. Stiles se sentit vide et seul, alors même qu'on le caressait, qu'une main un peu plus audacieuse que les autres venait de s'emparer de sa fierté. Il se cambra, en demanda plus malgré lui sans prononcer un seul mot : ses gémissements suffisaient à eux seuls à faire comprendre sa pensée. Pensée que Peter Hale exécuta en le positionnant de sorte à pouvoir lui faire plaisir… Tout de suite.

De sa vie, jamais Stiles n'avait été aussi… Aussi peu présent. Son corps fonctionnait en obéissant à des envies et pulsions qu'il ne comprenait pas, qu'il n'était même pas capable de comprendre à l'heure actuelle. De toute façon, son corps était là, mais pas son esprit. Esclave des sensations, il ne pouvait pas réfléchir, n'arrivait pas à imaginer que l'on puisse stopper sa jouissance comme lui aidait à celle des autres. Tantôt objet de plaisir, tantôt trésor de leurs mains, Stiles était choyé, on faisait tout pour lui arracher les gémissements les plus forts, les plus grisants : et il ne le savait pas, mais il n'était pas le seul. Dans tout le loft, on s'embrassait, se touchait, se faisait l'amour avec une ardeur peu commune. Sans doute aurait-il été choqué s'il avait pu aller voir ce qu'il se passait dans le salon : Lydia sautait sur Derek qui la bouffait du regard en grognant son bon plaisir, Isaac laissait Jackson le posséder… Et d'autres. C'était une orgie incroyable par sa grandeur et incontrôlable. Par chance, la drogue qui voletait dans l'air n'avait pas suffisamment de capacité volatile pour contaminer l'extérieur. Mais le loft étant un espace fermé, personne ne pouvait couper à la contamination.

Personne, à part Scott, qui regardait tout ce petit monde faire, à la fois perplexe et… Satisfait. Au moins, on n'irait pas le déranger dans sa propre affaire. Et même s'il était plus que mécontent de savoir que l'on était en train de toucher son hyperactif, il n'en avait cure : il allait le posséder, lui, aussi, sans doute plus profondément que tous les autres. Il allait le marquer, faire de lui sa chose, parce que… Stiles était à lui, à personne d'autre. S'il était conscient du fait qu'il allait devoir être patient pour récupérer son dû sans qu'on essaie de l'en empêche, Scott n'en était pas moins excité. C'était ce soir ou jamais. Après cela, Stiles se rendrait compte qu'il ne pourrait plus se passer de lui. Scott n'imagina pas un seul instant qu'il serait à l'origine d'un mal-être certain chez lui et à vrai dire, même si on le lui disait, cela lui importerait peu. Après tout, il serait là pour lui, deviendrait son monde.

Son monde.

Scott eut un rictus mauvais et son regard arbora une lueur inquiétante. Il adorait cette idée.