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Chapitre 7 – Harry
Harry laissa la chaleur du soleil réchauffer sa peau.
Lucius était infernal. Beau et infernal. Un combo parfait. Il repensa à la sensation des mains de l'homme sur sa gorge, à la force contenue dans ses doigts, et frissonna. Il savait que le jeu auquel ils jouaient était dangereux, mais c'était précisément ce qui le rendait si irrésistible.
Il observa un instant le ciel partiellement couvert.
Harry savait qu'il devait jouer intelligemment. Malfoy était un adversaire redoutable, mais il avait ses faiblesses. Il avait remarqué la façon dont ses yeux s'assombrissaient lorsqu'il était défié, la manière dont il réagissait à chaque provocation.
C'était jubilatoire.
Un bruissement discret dans les cailloux le tira de ses rêveries.
« Harry. »
Ah. Cette voix. Qu'est-ce qu'il foutait là ? Harry se retourna lentement. Il ne s'était pas trompé. Dean Thomas se tenait devant lui, dans le jardin.
« Comment es-tu entré ? » La voix d'Harry était sèche, coupante comme du verre.
Dean se tortilla sur lui-même, mal à l'aise. « Je ne voulais pas croire que tu étais chez les Malfoy… J'avais besoin de vérifier. Harry, viens avec moi. Je saurais mieux te réconforter que Drago. »
Il s'était encore approché et se tenait maintenant à quelques centimètres à peine de lui. Il laissa sa main frôler le bras d'Harry et ce dernier se dégagea brusquement.
« Mieux me réconforter ? » C'était un sifflement guttural.
Dean avança encore. Il était hors de question qu'Harry fasse un seul pas en arrière. Hors de question qu'il lui laisse ce pouvoir sur lui. Il ne détestait pas grand monde, mais Thomas faisait exception…
« Malfoy est… c'est un homme mauvais. Tu ne le supportais déjà pas quand tu étais à l'école, tu te souviens ? Il a été le premier à courir rejoindre son père quand… quand Tu-Sais-Qui est monté au pouvoir. Tu ne peux pas rester ici. Ce n'est pas bien. »
Harry sentit tout son corps se tendre de haine : « Pas bien ? Dean Thomas, tu veux que je te dise, ce qui est mal ?… »
« Puisqu'on parle de ma famille et qu'on s'introduit sur mes terres sans autorisation, le minimum serait que je sois inclus à cette si passionnante conversation. » Lucius venait de couper Harry d'une voix douce, terriblement douce, et elle s'insinua dans les deux garçons comme un poison.
Dean recula d'un pas, l'air terrifié. «Monsieur Malfoy… je… »
« Vous étiez donc en train de dire que mon fils était une petite enflure… J'attends la suite de l'histoire avec impatience. »
« Je… »
Cependant, Lucius n'en avait pas encore fini : « Oh. Et vous étiez aussi en train de dire à mon compagnon que vous sauriez mieux le satisfaire que moi. Permettez-moi d'émettre quelques réserves sur ce point. - Il saisit entre ses longs doigts le menton de l'intrus et ce dernier tenta de se débattre – Non, vraiment, aucune chance, vous m'en voyez navré. »
Il le relâcha avec dégoût, essuya sa main sur son pantalon et se tourna vers Harry : « Un petit côté chevalier servant extrêmement déplaisant… C'est ton type d'homme ? Il a l'air de le croire en tout cas. »
Oh. Harry sentit un sourire effleurer ses lèvres, alors la jalousie pouvait être un facteur de tutoiement. Intéressant.
« Votre… compagnon ? » Le regard abasourdi de Dean passa d'Harry à Lucius. Il avait pâlit.
« Compagnon. » Répéta Lucius en laissant le mot rouler dans sa bouche, presque vulgairement.
Harry haussa un sourcil moqueur : « C'est encore en discussion. »
Mais Lucius ne l'entendait visiblement pas de cette oreille : il passa un bras possessif autour de sa taille et le rapprocha brusquement de lui. « En discussion ? » Il se pencha sur lui et sa langue effleura un instant, juste un tout petit instant, son oreille. Un grondement sourd monta dans la gorge d'Harry.
Avant que quiconque n'ait pu réagir, un éclair rouge fusait dans l'air avant de s'écraser sur Lucius. Ce dernier recula d'un pas, étonné et légèrement sonné par la douleur. Harry le vit porter la main à son épaule. Du sang. Une fleur écarlate éclosait lentement sur sa chemise blanche.
Un sourire carnassier apparut sur ses lèvres : « Si je le tue maintenant... pure légitime défense, n'est-ce pas ? »
Dean, la baguette dans sa main tremblante, hurla : « Harry ! Ne me dit pas que ce type te… ce type… il te manipule ! Tu es sous son emprise. Tu es trop faible. Viens vers moi, je saurais te protéger ! Je peux te sauver ! »
Mais Harry n'écoutait pas : son poing s'écrasa sur la mâchoire de Dean dans un craquement sec. Le garçon tomba à terre, choqué : « Harry, je fais ça pour toi ! Ce type est une mauvaise personne ! C'est contre ça qu'on s'est battus ! Tu as déjà oublié ? »
Harry ne lui laissa pas le temps de finir, un nouveau coup s'abattit sur lui. Sa voix n'était plus qu'un murmure venimeux : « "On", Thomas ? Quel "on" ? Dis-moi, où étais-tu le 02 mai, quand Voldemort est mort ? »
Dean se replia sur lui-même, tentant de se protéger : « Ce n'est pas... »
Mais Harry continua, implacable : « Où étais-tu quand nos amis tombaient, les uns après les autres ? Il est où, ce 'on' dont tu me parles ? »
Lucius haussa un sourcil amusé : « Il n'a pas combattu ? »
Harry répondit sans détourner le regard de Dean : « Il s'était arrangé avec le ministère... évacuation des civils. »
Mais pour tout dire, ce n'était pas ça qui attisait la haine d'Harry. Après tout, chacun gérait bien la peur comme il le pouvait et personne n'avait envie de participer à une guerre. Évacuer les civils était aussi une tâche nécessaire.
Ça, il pouvait encore comprendre.
Non, ce qui rendait Harry si furieux, c'était les enfants.
Il serra les poings et ne put retenir un sifflement sournois : « Voir ta sale gueule tous les jours me rend malade, tu sais ? Tu n'imagines pas à quel point je dois me retenir, chaque fois que tu passes la porte de ma salle de classe, pour ne pas t'encastrer dans un mur. Dis-moi, Dean, tu pensais vraiment que ça ne se saurait jamais ? »
Dean essuya d'un revers de manche le sang qui gouttait de son nez : « Je ne sais pas de quoi tu parles. »
Mais Harry, lui, savait tout dans les moindres détails. Plusieurs sorciers lui avaient raconté ce qu'il s'était passé ce jour-là. Il y avait tellement de témoignages qu'il avait cru, quand on lui avait rapporté les faits, qu'il allait commettre l'irréparable. « Quel mot tu n'avais pas compris, exactement, dans 'évacuation des civils ?' Est-ce que tu as seulement eu des remords, dis-moi, quand tu as laissé les enfants derrière toi, alors que tout était en feu ? »
Dean tenta de se relever, ses yeux suppliants cherchant ceux d'Harry : « Harry, je... »
« Tu les as abandonnés ! - hurla Harry en empoignant le col de son t-shirt - Des gamins qui comptaient sur toi pour les protéger, et tu les as laissés seuls face à la mort ! Et tu oses venir ici, la bouche en cœur, sans même douter une seule fois de toi, me dire que tu vas me protéger ? Que tu sais ce qui est bon ? Mais Dean, tu sais ce que faisaient Drago et Lucius quand toi, tu sauvais ta pauvre misérable petite vie en sacrifiant celle des autres ? Ils sauvaient la mienne. Ils combattaient Voldemort. Ils risquaient tout ce qu'ils avaient pour permettre à notre société, à ces enfants que tu as abandonnés, d'avoir un futur. Et tu sais comment on les a récompensés ? On les a poursuivis, on les a méprisés. Et toi, tu t'en tire sans rien ? Tu vis ta petite vie merdique comme si tu avais fait les bons choix ? Tu veux que je te dise ? La justice a peut-être estimé que tu ne devais rien à personne, mais nous autres, on sait. On saura à tout jamais. »
« Mais… ce sont des mangemorts… »
La colère d'Harry retomba soudainement.
Il se sentait épuisé. Il relâcha la chemise de Dean Thomas. C'était comme parler à un mur. Il ne comprenait pas. Il ne comprendrait probablement jamais. Comme le reste de la société, après tout. Ce n'était pas grave d'abandonner des enfants à la mort si vous étiez du bon côté de la barrière. Peu importaient tous les crimes que vous pouviez commettre, tant que vous étiez contre Tom.
Quant aux mangemorts, ils resteraient à jamais des mangemorts. Même s'ils se sacrifiaient pour sauver l'humanité toute entière.
C'était ainsi que le monde tournait.
« Tu as mal ? » Harry regardait toujours Dean et ce dernier cru qu'il s'adressait à lui.
« Un peu, je… » Mais Harry se détourna pour jeter un coup d'œil à Lucius.
Un sourire narquois naquit sur les lèvres du blond : « Ce n'est qu'une égratignure. »
Harry l'observa de longues secondes en silence. Ce n'était clairement pas qu'une égratignure. Il pouvait voir les chairs ouvertes dans la balafre qui lui lacérait l'épaule. Mais Lucius était comme ça, impassible et probablement aussi un poil masochiste.
« Je reviens. Attends-moi. »
Il s'empara du bras de Dean Thomas et les deux hommes disparurent dans un craquement sec.
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Chapitre 7 – Lucius
Lucius grogna d'agacement en s'asseyant sur le rebord de son lit. Qui saurait jamais à quel point il s'était contenu pour ne pas laisser exploser sa rage ? Dean Thomas… un nom à retenir. En tirant quelques ficelles il pourrait faire de sa vie un enfer.
« Dibsy. - L'elfe apparu dans un 'pop' sonore. – Apporte-moi de quoi nettoyer cette blessure. »
L'elfe s'inclina et revint quelques instants plus tard avec le matériel nécessaire. Le sort avait déchiré sa chemise et des fibres s'étaient logées dans la plaie. Il devait les retirer pour éviter l'infection. Une nouvelle vague de colère le traversa : non seulement on s'introduisait chez lui sans son accord, on l'attaquait, mais on essayait en plus de lui voler ses possessions.
Heureusement, Potter lui avait apporté une distraction intéressante.
Une voix sérieuse le coupa dans ses pensées : « Laisse. Je vais le faire. »
Potter. Quand on parlait du loup… Lucius releva les yeux pour voir le héros s'approcher calmement de lui. « Monsieur Potter, je ne me souviens pas vous avoir donné l'autorisation de pénétrer dans ma chambre. »
Harry lui offrit un sourire arrogant en plaçant une main sur un pan de sa chemise abîmée : « Ah ? Tu ne me tutoie plus ? Enlève ça. Ça gène les soins. »
Lucius obéit avec lenteur, sans quitter des yeux d'Harry. Le sang avait déjà emprisonné les tissus et il dut forcer un peu pour se libérer du vêtement. Il vit le jeune homme se figer un instant pour laisser ses yeux glisser sur son corps. Puis, semblant se reprendre, Potter avança à nouveau et ses jambes se logèrent entre celle de Lucius qui ne put s'empêcher de placer une main dans le creux de son dos pour l'attirer plus près encore.
« C'est une sale blessure. Je suis désolé. » Harry, légèrement penché sur son épaule, avait commencé, très sérieusement à retirer les fibres textiles de la plaie. C'était une douleur exquise et Lucius sentit le désir monter petit à petit en lui.
« Désolé pour quoi ? »
Les yeux d'Harry se posèrent un instant sur les siens, puis il détourna à nouveau le regard pour se reconcentrer sur son travail : « Pour Dean. Il a dépassé les bornes. C'est ma faute. J'aurais dû le recadrer dès le début. »
Mmmh. Un sourire carnassier effleura les lèvres de Lucius : « J'attends avec impatience de voir comment vous allez dédommager mon préjudice. » Il laissa une de ses mains glisser sous le t-shirt d'Harry qui le repoussa d'un geste agacé.
« Je ne suis pas d'humeur. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je suis un peu énervé. Arrête de gigotter, je vais finir par te faire mal. »
Ah. C'était parfait alors.
Lucius raffermit sa prise sur Harry et, d'un mouvement brusque, le déstabilisa pour le faire chuter sur le lit. Il atterrit sur le matelas avec un hoquet de surprise, mais avant qu'il ne puisse réagir, le blond se positionna sur lui, le bloquant en plaçant ses mains autour de sa tête.
En tombant, Harry s'était retenu à ses épaules et la blessure s'était rouverte. Lucius grimaça légèrement, mais la douleur attisa encore plus son désir.
« Espèce de crétin ! Si je te dis de ne pas bouger… »
« Et à quel moment vous ai-je laissé penser que j'écouterai vos ordres, Monsieur Potter ? Vous vous êtes rendu de votre plein gré dans ma chambre, alors j'ai supposé que vous étiez prêt à en subir les conséquences… »
Harry, loin de se laisser intimider, releva légèrement la tête pour que leurs visages soient à quelques centimètres l'un de l'autre. « Je suis venu te soigner. Pas répondre à tes fantasmes sadiques. »
Lucius répondit par un sourire froid et carnassier. Il fit glisser une main le long des côtes d'Harry, ses doigts effleurant la peau avec une possessivité prédatrice. « Vous êtes arrogant. Peut-être même stupide. »
Harry ne recula pas, ses yeux brûlant de défi. « Ce n'était pas ce que tu disais devant Dean, tout à l'heure. Quel mot tu as employé déjà ? Ah oui… compagnon ? »
Lucius raffermit encore sa prise, ses doigts s'enfonçant légèrement dans la chair tendre. « Juste pour le spectacle. »
« C'est marrant que tu dises ça, parce que je suis presque certain d'avoir senti ton érection frotter contre moi, tout à l'heure. » Puis, il laissa glisser sa main sur la blessure encore sanglante et Malfoy ne put retenir un grognement sourd. « Espèce de taré psychopathe… »
Il tenta de le renverser, mais Lucius anticipa le mouvement et le maintint fermement en place, ses genoux encadrant les hanches d'Harry. « Que pensez-vous donc faire, Monsieur Potter ? »
Un sourire provocateur se dessina sur les lèvres du héros et il enroula ses bras autour du cou du blond : « Te donner une bonne leçon ? »
Lucius se pencha encore plus près, ses lèvres frôlant presque celles de Harry. « Et comment comptez-vous vous y prendre ? »
Harry tira sur ses bras pour rapprocher encore leurs corps. « Tu ne vas pas le regretter ? Tu es sûr de toi ? »
Lucius, acceptant l'invitation, appuya davantage son poids contre Harry, ses doigts s'enfonçant dans les mèches de ses cheveux bruns pour maintenir sa tête en place. « Je regrette depuis notre toute première rencontre. » murmura-t-il avant de capturer ses lèvres dans un baiser brutal et possessif.
Harry y répondit avec une passion égale, refusant de céder la moindre once de terrain, puis il rompit soudainement le baiser avant d'envoyer une grande bourrade dans l'épaule déchirée du blessé.
Lucius se laissa rouler sur le côté avec un râle furieux et Potter en profita pour se redresser et inverser leurs positions. « Tu es toujours trop sûr de toi, Lucius. C'est ça qui te perd à chaque fois. »
Les mains du blond se crispèrent sur les hanches d'Harry et il allait tenter un autre mouvement quand il senti le bois glacé d'une baguette contre son cou : « Ne fais pas l'idiot, Malfoy. Je t'ai déjà dit que je n'étais pas d'humeur. »
Lucius se fendit d'un sourire carnassier : « Tu n'oserais pas. »
« Vraiment ? » Et la voix qui résonna tout contre son oreille était plus venimeuse que le pire des vices.
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