L'opinion publique est un tyran

Proverbe français


"T'as pas l'impression d'avoir pris de la drogue un peu ? J'ai des pensées qui défilent à toute vitesse dans mon cerveau depuis que je bouffe ces trucs !"

Severus avait dit ça d'un ton guilleret alors qu'il mangeait son dixième bonbon anti-fatigue d'affilée, assis en tailleur au bout du lit de Remus. Ce dernier pouffa puis plongea à son tour sa main dans le paquet. Il devait avouer que Severus avait raison. Il était habitué à respecter les doses prescrites et, jusque-là, l'effet de ce genre de friandise lui avait toujours paru ténu. Mais, maintenant qu'il venait de s'enfiler le quart du paquet, il se sentait complètement survolté. Même boire une cafetière entière n'avait jamais réussi à autant le secouer.

Est-ce qu'il allait réussir à dormir ce soir ? Est-ce que ça lui porterait préjudice pour sa prochaine transformation, le soir d'après ? Remus s'en moquait. C'était la première fois qu'il se sentait aussi bien un soir précédant la pleine lune. S'il fallait que son cœur cogne aussi vite que celui d'un lapin pour que l'effet perdure, il était prêt à prendre ce risque.

"Franchement, ouais", répondit-il en continuant de dévorer les bonbons par poignées. "Mais j'm'en plains pas. J'adore ça en fait ! Merci "J.B"!"

Severus rit en lisant de nouveau le mystérieux mot attaché au paquet.

"Merci "J.B", ouais. Je sais pas ce que cette personne te veut, mais, apparemment, c'est ton dealer maintenant ! En plus ça coûte une blinde ces merdes ! Par contre, calme-toi un peu sur les doses. Je te vois t'empiffrer depuis tout à l'heure. Tu vas finir par faire une crise cardiaque à force d'en manger."

Remus haussa les épaules en continuant de mâcher les dragées. En fait, il les haussa plusieurs fois à la suite comme s'il avait été pris d'un tic nerveux, se dandinant dans son lit comme jamais. Si Severus n'avait pas été là, il se serait mis à courir autour de la rangée de lits.

"Franchement, je veux bien courir le risque si ça me permet d'enfin me sentir en forme. C'est la première fois depuis des années que je me sens aussi réveillé ! Je crois que je suis en train d'ouvrir mon troisième œil là !"

"Faudrait qu'on joue aux échecs après en avoir mangé", suggéra Severus. "Je suis sûr qu'on ferait des coups dignes de Kasparov !"

"On deviendrait Grand Maître, oui ! Ils contrôlent le dopage aux tournois d'échecs ?"

"Au pire, on pourra devenir champions de cyclisme. Ils sont pas très vigilants en général."

"Putain, t'as raison. Il nous faut un tandem."

Severus, visiblement aussi surexcité que lui, se marra comme une hyène en se balançant brusquement d'avant en arrière.

'J'aime beaucoup comme t'as pensé direct' au vélo le plus moche qui puisse exister ! Mhh… J'accepte si on y ajoute un panier" ajouta-t-il après réflexion. "Faut bien mettre Lily quelque part."

"Excusez-moi, j'ai pas bien compris ! Faut me mettre où ?", demanda la dite Lily en sortant des toilettes de l'infirmerie.

Elle s'y était enfermée pour enfiler son costume et Remus devait avouer que ce dernier lui allait à ravir. Elle s'était déguisée en ange, avec une jolie robe blanche et des petites ailes accrochées dans le dos. Au-dessus de sa tête brillait une véritable auréole.

Quand James la verra, il sera ravi. Les Maraudeurs en entendront parler au moins jusqu'à Pâques !

Severus aussi sembla ravi. Il s'arrêta pour la fixer pendant un temps que Remus, même en étant complètement défoncé, jugea beaucoup trop long, avant de répondre d'un air faussement déçu :

"Mince, les cornes étaient déjà prises…"

Pour toute réponse, Lily se saisit du coussin le plus proche pour le lui balancer au visage.

"Fais gaffe à ce que tu dis toi ! Les anges ça punit aussi, je te rappelle !"

"Ah bah, j'vois ça, tu nous punis déjà d'ta présence !"

"Mais il est complètement enragé celui-là !", s'écria Lily. "Et pourquoi il parle vite comme ça ? Qu'est-ce que vous avez… Oh ! Sérieux ? Vous avez mangé presque tous les bonbons ? Mais vous êtes des malades ! C'est pas juste des sucreries ces trucs-là ! Ça agit comme des médicaments ! Donnez-moi ça !"

"Non !", répondirent en chœur Severus et Remus.

Ils se jetèrent comme un seul homme sur le paquet alors que Lily tentait de leur retirer des mains, le tirant de toutes ses forces vers elle.

"Mais vous allez… Lâcher ça !", cria-t-elle. "Lâchez ça ou je vous lance un sort de Stupéfixion ! Je… Oh, vous l'aurez cherché !"

Elle se jeta sur eux comme dans une mêlée de rugby, donnant des coups de coude pour se frayer un chemin jusqu'au précieux paquet. Ce faisant, elle appuya par mégarde, ou en le faisant exprès, Remus ne le sut pas, sur l'un des bandages de Severus qui se redressa en mugissant :

"Putain, ça fait mal ! Ça brûle !"

"Bien fait", rétorqua Lily en se redressant avec les bonbons, insensible à ses jérémiades. "Brûle en enfer, Satanas. Allez. Maintenant, levez-vous. Il est temps d'y aller. La fête a déjà commencé. Remus, tu veux un fauteuil pour aller jusqu'à la Grande Salle ou tu peux marcher ?"

Mince, c'est vrai que c'était pour ça qu'ils s'étaient bourrés de bonbons anti-fatigue. Célébrer Halloween. Ils avaient fini par se motiver pour y aller avec Severus. À moins que ce ne soit Lily qui avait réussi à leur retourner le cerveau à force de leur en parler. Il ne savait plus. Lily était forte pour fourrer des idées dans la tête des gens. C'était elle qui avait convaincu Madame Pomfresh que ce serait une bonne idée de les laisser participer.

"Mais demande-moi si je peux marcher, moi !", hurla Severus derrière elle. "Tu vois bien que tu m'as estropié !"

"Et ouais. Encore une victoire de la Lumière sur les Ténèbres. Ça t'apprendra à te droguer", se contenta de répondre la rouquine, qui en avait visiblement marre, en rangeant les précieux bonbons dans son sac.

Ses sourcils se froncèrent et elle en sortit en retour deux petites boîtes en métal :

"Tenez. Vous étiez tellement insupportables que j'avais presque oublié de vous donner ça. C'est de la part de Mary. Elle avait peur que vous ne puissiez pas venir ce soir alors elle vous a offert des trucs."

Elle leur tendit tour à tour les cadeaux. Remus sourit en regardant la boîte.

"Des meringues. C'est vraiment attentionné de sa part. Il faudra qu'on la remercie."

Severus, qui s'était automatiquement arrêté de gémir à la vue du coffret, leva la boîte au-dessus de lui pour lire l'inscription.

"Moi ce sont des réglisses. Mes préférées. Je pensais pas qu'elle m'en offrirait aussi. Je croyais qu'elle pouvait pas me blairer…"

"Je savais que tu faisais exprès d'avoir mal…", murmura Lily entre ses dents. "Espèce de fourbe. Pour Mary, je sais pas. Peut-être que te voir chuter du deuxième étage l'a fait changer d'avis sur toi. J'imagine qu'on s'attache plus aux gens qu'on a failli voir mourir."

"Cool", répondit Severus d'un air enjoué. "Plus qu'environ… Mmh… 800 autres élèves à conquérir ?"

"Vu le peu d'amour que certains te portent, t'arriverais même pas à les convaincre en faisant un salto arrière depuis la tour d'astronomie. Maintenant, levez-vous, les deux diables. Il est temps d'y aller. La fête a déjà commencé. Bon, Remus, tu peux marcher ou pas ?"

Elle dégageait une soudaine autorité avec ses mains sur ses hanches et son auréole qui éclairait son visage par le haut, laissant dans l'ombre ses yeux et le bas de son menton.

En fait, c'était elle qui avait l'air diabolique en cet instant précis.

Remettant ses cheveux en arrière, Remus déglutit :

"Heu… Oui."

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Le trajet jusqu'à la Grande Salle avait été bien plus court que prévu. En fait, lui et Severus s'étaient mis à cavaler dès qu'ils avaient pu quitter leur lit, trop heureux d'enfin retrouver l'extérieur. Ils avaient fini par remonter tous les couloirs en courant, zigzaguant dans tous les sens en ricanant comme une armée de gobelins et Lily avait dû se mettre à sprinter pour les rattraper.

Une légion de chauve-souris passa au-dessus de leurs têtes quand ils entrèrent dans la Grande Salle. La pièce avait été recouverte de décorations en tout genre, dont de grosses citrouilles suspendues aux plafonds qui chantaient de leurs voix gutturales des comptines pour enfants. Au milieu de la salle, le professeur Flitwick avait installé une armoire contenant un Épouvantard et apprenait aux élèves à utiliser le sortilège d'expulsion. Serpent, énorme araignée ou clown aux chaussures bariolées sortaient tour à tour du vieux meuble en bois sous les cris des élèves et se retrouvaient un Riddikulus plus tard à faire l'objet de tous les rires de la salle. Une pratique plutôt intelligente de la part de leur professeur de sortilège, mais, au vu de la plus grande peur de Remus, il ne risquerait pas de se prêter au jeu.

Comme d'habitude, les cochonneries pullulaient sur les tables, et, pour une fois, Remus sentit son estomac gronder à la vue des montagnes de chocolats et des tartes à la citrouille. Finies les portions de nourritures ridicules juste pour se maintenir en vie, il allait se faire un festin ce soir !

Se saisissant de la première barre de chocolat qui passa à sa portée, il mordit dedans à pleines dents, savourant le concentré de sucre qui se déversait dans son corps. L'endroit était noir de monde et il peinait à reconnaître des visages familiers. Il n'avait pas dit aux autres Maraudeurs qu'il venait ce soir, désirant leur faire une surprise. Ah, c'était sûr que ça allait changer de le voir debout au milieu d'une fête étudiante, et non pas agonisant au fond de son lit ! Il avait envie de les prendre au dépourvu. De leur montrer qu'il n'était pas juste un poids mort. Les voir continuer leur quotidien sans lui le peinait de plus en plus. Il était temps qu'il y remédie…

Un petit groupe de premières années, composé d'enfants déguisés en lutins, épouvantails et morts-vivants, lui passa devant avant de marquer un soudain arrêt devant Severus et Lily.

"Toi !", cria l'un des lutins devant Severus, "C'est toi qu'on a vu en bas des escaliers ! Tu étais tombé !"

Severus qui était tranquillement en train de se servir du jus d'orange, jeta un coup d'œil nerveux à Remus et Lily avant de répondre, peu sûr de lui, "Heu… Oui. C'est moi… "

"Tu es vivant !", hurla de nouveau le lutin avant de se retourner vers le reste du groupe, "Il est vivant !"

"IL EST VIVANT !", entonnèrent en chœur les autres petits monstres.

"Et t'es déguisé en momie comme moi !", ajouta une petite fille, en observant les bandages de Severus, "On était sûr que t'étais mort ! Comment t'as fait pour tomber des escaliers ?"

Mal à l'aise, le Serpentard était déjà prêt à prendre la poudre d'escampette, mais Lily lui coupa l'herbe sous le pied :

"Il a survécu parce qu'on connaissait de bons sortilèges pour le sauver ! Vous savez, c'est très important de bien suivre les cours dispensés à Poudlard ! Ça peut sauver des vies ! D'ailleurs, j'organise un projet d'aide aux devoirs pour les premières années ! Vous avez des soucis dans certaines matières ?"

"Sérieux ? Tu m'instrumentalises comme ça ? Sans vergogne ?", demanda Severus d'un air blasé.

Lily lui fit signe de se taire alors qu'elle se penchait vers les enfants.

"Alors ?"

"Bah moi, je comprends rien en potion !", lança l'un d'eux après une hésitation.

Le sourire de la rouquine se fit presque carnassier.

"Oh, ben ça tombe bien ! Parce que Severus et mon autre ami", dit-elle en désignant Remus, "sont justement tous les deux très forts en potion et participent au projet !"

Okay. C'était un traquenard. Lily essayait de l'embrigader de force dans son programme, et Remus avait bien mieux à faire ce soir que de parler de potions et autres devoirs. Prétendant avoir reconnu quelqu'un au loin, il s'éloigna l'air de rien de Lily avant de prendre ses jambes à son cou pour traverser la salle et se cacher derrière une pile de gâteaux à la table des Gryffondor. Se saisissant de l'un deux, il chercha du regard ses meilleurs amis, sautillant quasiment sur place tant il avait envie de les voir. Peu importe le retour de bâton qu'il se prendrait demain, il était prêt à s'amuser ce soir !

"Tiens ! Remus Lupin ici ! Je pensais pas qu'il existait en dehors de l'infirmerie !"

La joie qui envahissait Remus jusque-là fut écrasée par un grand sentiment de lassitude. Henri Ferguson s'était installé en face de lui, arborant fièrement son insigne de préfet comme une étoile de shérif. Il avait tenté de plaquer ses épais cheveux frisés en arrière, les barbouillant de gel, mais, déjà, des boucles rebelles commençaient à émerger en haut de sa tignasse. Entre sa chevelure et ses dents de lapin, il rappelait à Remus le roquet acariâtre de sa grand-mère. Comme d'habitude, les deux idiots qui le suivaient partout étaient assis à ses côtés, gloussant comme des dindes.

Ce n'était pas la première fois que ces trois-là l'emmerdaient. Déjà en première année, ils se moquaient quand il était forcé de quitter les cours pour se rendre chez Madame Pomfresh. D'ailleurs, ils ne s'en prenaient pas qu'à Remus. Tout élève isolé socialement ou présentant un physique hors norme était une cible potentielle. Ce qui était ironique, vu leurs faces de rats.

Si la "célébrité" des Maraudeurs les tenait généralement à l'écart, ils continuaient de lancer des piques à Remus dès qu'il se trouvait seul avec eux. En tant normal, ce dernier était juste trop fatigué pour trouver quoi leur répondre.

Cette fois-ci, par contre, il ne se laisserait pas faire.

"Tiens. Ferguson. T'as fait un sacré effort pour ton costume cette année. C'est le meilleur déguisement de connard de tout le château."

L'air s'expulsa des poumons de Ferguson comme s'il avait reçu un coup de poing dans le ventre. Ses gorilles aussi affichèrent un air choqué, s'observant du coin de l'œil sans trop savoir que faire.

"Répète ça un peu pour voir ?", finit par demander Ferguson, rouge de rage, "T'es déguisé en quoi toi ? En anémique ? Tu passes ta vie à attirer des emmerdes à notre maison avec ton groupe de potes et tu te permets de faire des commentaires comme ça ? Tu crois qu'on le sait pas que c'est à cause de vous qu'on est dans le négatif pour la coupe des Maisons ?"

L'accusation fit lever un sourcil à Remus. Ils avaient perdu autant de points que ça ? Sirius et Peter avaient fini par lui expliquer ce qu'il s'était passé le jour où il avait fait sa crise et il supposait que c'était à cause de ça qu'ils étaient aussi en retard. N'empêche, personne ne lui avait dit qu'ils étaient passés en dessous de la barre du zéro. Pour ne pas le brusquer sans doute…

L'intention était louable, néanmoins il commençait à en avoir marre d'être surprotégé et de toujours se sentir à côté de la plaque.

Ceci dit, ce n'était pas le moment de perdre la face.

"Je suis déguisé en préfet, figure-toi. D'ailleurs, pour finaliser mon déguisement, il faudrait que tu me rendes mon insigne. On m'a de nouveau proposé le poste et j'ai accepté. Tu vis ton dernier moment de gloire ce soir. Après, tu dégages."

Ce n'était qu'à demi vrai puisque seul le professeur Slughorn avait renouvelé cette proposition, mais Remus s'en fichait. Voir Ferguson avec une insigne de préfet relevait de l'hérésie. Il se demandait même si Dumbledore ne l'avait pas fait exprès pour le forcer à accepter. Si c'était son plan, il avait fonctionné. Peu importait à Remus s'il n'était pas de taille face au travail colossal que le poste de préfet impliquait. Il préférait crever la gueule ouverte durant l'exercice de ses fonctions que de voir cet idiot continuer de se pavaner.

En face de lui, le visage de Ferguson avait viré du rouge au blanc. Il resta là à fixer Remus avec des yeux ronds comme des soucoupes avant de se redresser, bégayant sous la colère :

"N-non… Mais, tu te… Tu te fous de ma gueule ? Toi, préfet ? T'es tout le temps malade ! Comment tu pourrais assumer toutes les fonctions liées au poste ? C'est encore un coup de Dumbledore, hein ? Comme vous êtes ses p'tits préférés avec les autres Maraudeurs", il cracha presque le mot avant de reprendre avec dégoût, "il cède à tous vos caprices ! J'ai de bien meilleures notes que toi, parce que j'vais en cours, moi, et je m'échine à avoir d'excellentes relations avec tous nos profs ! Ce poste compte pour moi ! Ils peuvent pas juste m'enlever mon titre car ça te pète d'un coup de devenir préfet ! Surtout que t'as déjà refusé en début d'année !"

"Je parie qu'ils te l'enlèveront quand je leur parlerai de la dizaine d'élèves que tu as harcelés", répondit sobrement Remus, "Je suis peut-être tout le temps malade, mais, moi, je ne passe pas mon temps à me payer la tête des autres."

"C'est ça ! Tu traines avec les plus grosses brutes de Poudlard, toutes maisons confondues, mais t'es pas du tout dans ce genre d'histoires ! C'est vrai que pendre des gamins par le slip aux lustres du château, ensorceler des assiettes pour qu'elles renversent leur contenu sur les autres ou piéger les sacs de cours pour qu'ils explosent, c'est pas du tout de l'intimidation ! Vous êtes bien plus cruels que nous ! C'est juste, comme vous tapez que sur les Serpentard, tout le monde vous prend pour des héros ! C'est pour ça que tu veux devenir préfet, hein ? Pour mieux vous couvrir ?"

Ce fut au tour de Remus d'avoir le souffle coupé. Ferguson était peut-être un enfoiré, mais il venait de marquer un point. Enfin, lui n'avait rien fait techniquement, c'était surtout Sirius et James les responsables. La plupart du temps, Remus se contentait de faire le guet.

Mais bon, ça l'impliquait aussi, non ?

"T'es qu'un hypocrite, Lupin !", reprit Ferguson, "Tu fais toujours semblant d'être tout gentil, tout fragile, mais tout le monde le sait que tu traines avec des cons. Vous faites rire les autres sur le coup, mais, crois-moi que ça parle bien dans votre dos. Et ça vient même pas de moi. Le plus triste dans cette histoire, c'est qu'il aura fallu attendre que vous nous fassiez perdre tous nos points pour que les gens commencent à gueuler contre vous. Ils auraient dû le faire depuis longtemps. J'suis peut-être un enfoiré, mais j'ai toujours agi à petite échelle. Vous, vous êtes carrément le niveau au-dessus. Mais, bizarrement, ça passe toujours quand c'est vous. Si j'avais fait la moitié de vos conneries, j'aurais déjà été viré du château."

Si Remus comprenait bien le problème, c'était surtout la jalousie qui faisait rager l'autre Gryffondor. Un motif peu louable, mais, dans le fond, il avait raison. Ils ne pouvaient pas continuer à passer entre les mailles du filet et laissaient les autres payer les pots cassés. Ils étaient en cinquième année maintenant. Ils avaient grandi, ce n'étaient plus des enfants. Les BUSE les attendaient d'ailleurs en juin. Un examen important qui allait déterminer la suite de leur vie professionnelle. Avec tout ce qu'il s'était déjà passé et les risques qu'ils avaient encourus, peut-être était-il plus sage d'enfin faire profil bas et de se concentrer sur leurs études…

"Tu as raison", finit par dire à regret Remus, "Nous avons abusé de la sympathie de nos professeurs et nous n'aurions pas dû. Je sais que c'est à cause de nous si Gryffondor est en train de perdre la coupe des Maisons. Nous n'avons pas perdu de points à cause d'une blague ou autre, au contraire, on a agi pour calmer plusieurs situations tendues, mais, il n'empêche que cela reste notre faute. En acceptant de devenir préfet, je m'engage à mettre un terme aux actions des Maraudeurs et à rattraper tous points perdus, même si je dois y laisser ma santé. Je contiendrai le reste du groupe. Je te le promets."

Il leva les yeux vers Ferguson, espérant l'avoir convaincu, mais ce dernier se contenta de cligner plusieurs fois des yeux avant de se redresser, un sourire désabusé collé sur le visage.

"Wow, c'était beau, Lupin", répondit-il finalement, sarcastique, "Un vrai ramassis de conneries, mais très bien emballé. Tu devrais faire de la politique, tu aurais du succès. Je crois pas un traître mot de ce que tu dis, mais, eh, je suppose que j'ai pas le choix. Après tout, Dumbledore est de ton côté, donc c'est toi qui décides… Tu sais quoi ? J'aimerais bien profiter de ma dernière soirée en tant que préfet pour te passer le flambeau. On pourrait apprendre à mieux se connaître toi et moi… "

Il claqua des doigts et ses deux gorilles se levèrent comme un seul homme, contournant la table pour se placer de part et d'autre de Remus.

"C'est marrant", reprit Ferguson d'une voix mielleuse en se tournant vers l'armoire au milieu de la Grande Salle, "Chasser les Épouvantards, c'est un truc de base qu'on nous apprend dès les premières années en Défense Contre les Forces du Mal. Pourtant, je t'ai jamais vu prendre part à cet exercice. T'as toujours été dispensé, comme si t'avais quelque chose à cacher. C'est bête, j'me dis que ça pourrait être important de connaître la plus grande peur de notre futur préfet. Peut-être que ce soir, on pourrait y remédier ? Je vois que Flitwick vient de s'absenter… "

Remus se sentit devenir si pâle qu'il crut faire un malaise. Avant qu'il ne puisse protester, les deux grandes brutes l'empoignèrent pour le trainer sans attendre vers le centre de la pièce. Le pauvre se débattait comme un diable, mais ce n'était pas suffisant, les garçons le tenant d'une main de fer.

Autour d'eux, les têtes se tournèrent. Quelques élèves hilares se rapprochèrent même du petit groupe sans pour autant intervenir. Ils devaient probablement trouver ça tordant de voir un type se faire trainer de force devant un Épouvantard. Après tout, qu'est-ce qu'il pourrait mal se passer ? Un coup de Riddikulus, et le cauchemar serait vite maîtrisé.

Sauf que ce ne serait pas n'importe quelle vision des Enfers qui s'échapperait du vieux meuble. Au mieux, Remus devrait faire face à la pleine lune et son secret serait révélé. Au pire, il verrait en sortir Greyback. Et, là, qui pouvait savoir ce qui se passerait ? Remus en était sûr, s'il devait une fois de plus se confronter à ce monstre, il en mourrait.

"Lâchez-moi ! Putain, lâchez-moi !"

"Relax !", plaisanta Ferguson qui marchait à ses côtés, "De quoi t'as peur, dis-moi ? Qu'est-ce qu'on va voir sortir de cette grosse armoire ? Un truc stupide ? Une phobie à deux balles ? Ton papa qui t'a un peu trop "aimé" ?"

Remus ne lui répondit pas. Il avait commencé à hyperventiler et soufflait comme un bœuf à la vue de l'armoire. Son visage s'était recouvert de sueur et il n'arrivait plus à distinguer le visage de ceux qui l'entouraient. Qu'on le lâche. Il fallait qu'on le lâche. C'était tout ce qu'il demandait. Qu'on le lâche, putain. Qu'on le lâche, ou il allait crever !

"Lâ…chez-moi… S'il vous… plaît… Je… Merde… Lâchez-moi… LÂCHEZ-MOI !"

Les deux Gryffondor qui le tenaient volèrent dans les airs pour atterrir sur le carrelage dur de la Grande Salle sous les cris des autres élèves. Remus aussi criait. Il grondait plutôt, comme un fauve. Ferguson n'eut même pas le temps de faire quoi que ce soit que Remus avait déjà brandi sa baguette sur lui.

"Ça te fait rire, hein, pauvre tocard ? Ça te fait rire de me mettre dans des états comme ça ! Connard, j'vais t'étriper, tu m'entends ? Tu veux te battre, vas-y ! Affronte-moi !"

"Mais, comment t'as fait ça ?", s'écria Ferguson, complètement pris au dépourvu.

C'était lui qui était blanc comme un linge maintenant. Observant ses amis gémir sur le sol, il se retourna ensuite vers Remus, abasourdi.

"Comment t'arrives à lancer des sorts sans baguette ? On apprend pas ça avant la sixième année ! Ou alors c'est ta magie qui a fait ça ? Tu l'as laissé exploser ? T'es censé la contenir, mec ! T'es dangereux, putain !"

"Hé ! Qu'est-ce qu'il se passe ?"

Sirius avait fendu la foule, James et Peter dans son sillage, et Remus se sentit soulagé à leur vue. Il n'était plus seul, à présent. Il n'aurait pas à endurer la bêtise de Ferguson plus longtemps.

"Remus ? Qu'est-ce que tu fais là ?", demanda Peter d'un air surpris.

À ses côtés, James avait déjà sorti sa baguette, prêt à foncer sur leurs ennemis.

"Hé… Surprise", répondit Remus avec un maigre sourire, "Je vous l'avais pas dit, mais je comptais vous rejoindre ce soir… "

"Ce taré a failli tuer mes potes !", se dépêcha de hurler Fergsuon, faisant en sorte d'ameuter le plus de personnes possible.

Il pointa un doigt accusateur sur Remus avant de désigner l'un de ses sbires qui se relevait en geignant, le nez en sang. "Il leur a même pété le nez ! On voulait juste lui faire une blague et l'emmener voir l'Épouvantard, c'est tout !"

"Toi, tu parles encore et je te claque la tête entre les portes de l'armoire", le coupa Sirius, "Le problème, ce sera plus l'Épouvantard, ce sera moi."

"Oh, ta gueule !", s'insurgea Ferguson, "T'en as pas marre de jouer les gros bras ? Tu crois pas que tu pourrais un peu remettre en question les actes de ton pote au lieu de gonfler tes bice- AAARGH ! ME TOUCHE PAS ! ME TOUCHE PAS !"

Si voir Sirius tentait d'étrangler Ferguson à main nue était des plus rafraîchissants, l'acte ne manqua pas d'attirer encore plus d'élèves. En fait, c'étaient surtout les Gryffondor qui s'étaient pressés autour de la scène. Si certains riaient devant le spectacle, la plupart dardaient les Maraudeurs du regard, commençant à murmurer entre eux. Remus avait suffisamment l'ouïe fine pour entendre ce qu'ils se disaient : "On va encore perdre des points à cause de ces gars.", "Putain, on va finir la coupe des Maisons avec moins 500 points… ", "En plus, y en a un qui est dans l'équipe de Quidditch, s'il se fait priver de match, on va encore se faire défoncer", "Ils sont drôles d'habitude, mais là, ils commencent un peu à me saouler."

Merde, même s'ils échappaient à la vigilance de leur professeur, c'étaient leurs propres camarades qui allaient les massacrer… Ferguson avait définitivement raison. Il allait devoir calmer le jeu.

"Sirius", appela doucement Remus, "Je pense que tu devrais le lâcher... "

Sirius, qui avait réussi à coincer la tête de l'actuel préfet sous son bras et qui s'apprêtait à le trainer vers l'armoire pour mettre ses menaces à exécution, s'arrêta pour le regarder comme s'il avait dit une énormité.

"T'es pas sérieux ? ", finit-il par demander, "Après ce qu'il t'a fait ?"

"Je suis on ne peut plus sérieux, lâche-le."

"Wé, laffe-le !", ordonna soudainement le sbire de Ferguson à qui Remus avait cassé le nez. D'ailleurs, il n'avait pas dû lui casser que ça, visiblement. Le choc avait dû lui faire sauter une ou deux dents. Il avait sorti un mouchoir de sa poche pour le coller sur son visage ensanglanté et menaçait de sa baguette le grand Gryffondor.

"Laffe-le ou che te fais foler dans les fairs !"

"Pour fa faudwait que tu puiffes parwer cowectement", l'imita Sirius en grimaçant, Ferguson toujours coincé sous son coude.

Le pauvre continuait d'ailleurs de crier comme un goret et Remus se sentit complètement démuni. Merde, Sirius n'en faisait qu'à sa tête. La situation lui échappait totalement. Peut-être qu'en convainquant James, il -

"Tu ranges ta baguette dans ta poche ou c'est moi qui te fait valdinguer", menaça ce dernier en dirigeant à son tour sa baguette vers l'éclopé.

Dépité, Remus se cacha la tête dans les mains. Merde. Voilà que James s'y mettait aussi ! Ils allaient se faire lyncher !

"POUSSEZ-VOUS, JE SUIS PRÉFÈTE !"

La tête rousse de Lily peinait à se frayer un chemin dans la foule et c'est en sueur qu'elle arriva au beau milieu de la scène, flanquée de Mary et Severus. Ce dernier écarquilla les yeux en se pinçant les lèvres à la vue du bordel.

"QU'EST-CE QU'IL SE PASSE ICI ? REMUS, JE T'AI LAISSÉ SEUL DEUX MINUTES À PEINE ! POURQUOI C'EST DÉJÀ LE BRONX ?", hurla Lily, hors d'elle.

Pour toute réponse, Remus avala sa salive avec difficulté en tirant sur le col de sa chemise. Encore une fois, Lily avait beau être déguisée en ange, elle ressemblait plutôt à une Banshee. Voire même à Godzilla. Si elle avait pu lancer des lasers par les yeux tout en rugissant, elle l'aurait probablement fait.

"TOI !", vociféra-t-elle face à Sirius qui continuait de tenir le préfet en étau, "TU LE LÂCHES TOUT DE SUITE ! ET VOUS, VOUS RANGEZ VOS BAGUETTES !", continua-t-elle de beugler sur James et l'autre sbire de Ferguson. "TOUT LE MONDE RANGE SES BAGUETTES ET RESTE CALME ! SINON, JE VOUS BOTTE LES FESSES, C'EST COMPRIS ? C'EST… Argh… J'arrive plus à crier, j'vais m'casser la voix si je continue. Bon, calmez-vous tous ! Et tous les autres, dispersez-vous ! Y a rien à voir ! Ça ne vous concerne pas !"

"Bien sûr que si ça nous concerne !", lui répondit une jeune Gryffondor, "Ils sont encore en train de nous attirer des embrouilles ! On a déjà perdu 250 points à cause d'eux et ils continuent de se faire remarquer !"

"À tous les coups, ils vont nous faire interdire de jeu pour le Quidditch !", lança un autre.

"C'est des fous ! Le nabot a même balancé un gars dans les escaliers à ce qu'il paraît !", cria encore quelqu'un d'autre, perdu dans la foule.

La déclaration déclencha une vague de colère et ce fut tous les Gryffondor qui commencèrent à parler en même temps, accusant entre eux, voire directement, les Maraudeurs de tous les maux qui leur étaient tombés dessus ces derniers temps.

Remus resta debout, droit comme un i alors qu'il lançait un regard excédé à Sirius. En réponse, le grand brun relâcha lentement Ferguson avant de croiser les bras derrière son dos, tentant comme il le pouvait de se faire tout petit, ce qui n'était pas gagné, vu sa taille de titan. James n'avait rien dit, mais son visage avait pris une teinte cramoisie et il semblait chercher du regard quelqu'un dans la foule, probablement la personne qui l'avait insulté sur son physique. Remus craignit d'abord une offensive de sa part, mais il s'avoua finalement vaincu et vint se coller au flanc de Sirius, tête basse. Peter de son côté alla pour s'éloigner de leur groupe et se fondre dans la masse, mais changea finalement d'avis en voyant Remus se tenir seul au milieu de cris et partit le rejoindre, complètement mortifié par la situation. Remus l'en remercia par une tape affectueuse sur l'épaule.

"Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?", lui demanda Peter à voix basse. Il tremblait à présent.

"Je sais pas trop", répondit Remus, "Le mieux est d'attendre que ça se calme puis de s'excuser… "

"T'as plutôt l'air de bien vivre la situation…"

Remus aurait aimé lui répondre qu'il avait l'habitude des actes de malveillance et des huées collectives depuis son enfance, mais ce n'était pas le bon moment.

Au milieu d'eux, Lily, aidée par Mary, s'efforçait comme elle le pouvait d'apaiser la situation. Les mains levées devant la foule, elle s'était mise à crier à son tour, essayant de faire taire les provocations. Malheureusement toutes ses tentatives furent vaines. Désemparée, elle lança un appel à l'aide à Severus qui, après avoir longuement contemplé le désastre, poussa un long, très long soupir, puis se racla la gorge.

"Excusez-moi !", finit-il par crier en levant la main.

Voyant que personne ne l'écoutait, il roula des yeux avant de se planter au milieu du cercle qu'avait formé les élèves, aux coudes à coudes avec Remus.

"HÉ !", commença-t-il à brailler, "C'EST MOI LE GARS QU'IL A BALANCÉ PAR-DESSUS LA RAMBARDE !"

Il avait gueulé ça en désignant James du doigt et tous les autres se turent. James lui paraissait avoir été frappé par la foudre. S'il ne s'était pas tenu à Sirius, il aurait sûrement fini les fesses par terre. Ses grands yeux écarquillés contemplaient Severus avec une expression d'horreur et Remus craignit lui aussi ce qu'il allait se passer. Un silence de mort planait dorénavant sur eux, si pesant qu'il en donnait des frissons.

"Mais, j'te reconnais, toi ! T'es le type qui a pris feu en potion et qui a rampé cul-nu !", s'exclama une voix.

La tension fut rompue aussi rapidement qu'elle s'était installée. Une marée de rire se déversa sur lui, mais Severus ne se démonta pas. Avec un rictus, il répondit en direction de là où la vanne avait fusé.

"Ouais, c'est ça, fous-toi de ma gueule pendant que j'essaie de sauver tes fesses ! Ça nous fera bien avancer ! Mais, oui, t'as raison, c'est aussi moi. J'ai pris feu puis je suis tombé de deux étages. Y a des semaines comme ça… Je sais que Potter a été puni pour ça, mais, je peux vous l'assurer, c'était un accident. Je l'ai… ", il marqua une hésitation et Remus crut le voir souffler avant de reprendre, "pardonné.".

James tremblait tant, blotti contre Sirius, que Remus se demanda s'il n'allait pas fondre en larmes. Le leader de leur petite bande était méconnaissable. Ses yeux restaient ancrés dans ceux de Severus qui marqua une pause plus longue que prévu. Voir James dans cet état semblait lui avoir ôté les mots de la bouche. Ce ne fut que quand Sirius posa sa large main sur la tête de James pour la cacher au public qu'il retrouva ses esprits et reprit son discours :

"J'irai voir le professeur McGonagall pour m'expliquer avec elle. Je clarifierai la situation et je lui demanderai de vous rendre une partie des points qu'elle vous a enlevés."

Des hurlements satisfaits explosèrent de toutes parts suite à cette déclaration. Seul Remus put entendre le "Pas tous quand même, faut pas déconner… " que Severus murmura entre ses dents. Il devait vraiment aimer Lily pour faire tout ça. S'exposer ainsi devant tout le monde, pardonner ses actes à James, demander l'ajout de points dont le retrait avait pourtant été bien mérité… En fait, l'amour qu'il éprouvait pour elle crevait les yeux en cet instant précis.

L'amour… Remus n'y avait jamais réellement pensé. Cela avait toujours été une notion vague pour lui. Quelque chose d'inatteignable à cause de sa condition. Il se surprit lui-même à se sentir tout à coup aussi envieux de leur situation.

Ça devait être agréable d'être aimé par quelqu'un à ce point…

"J'aimerais aussi rajouter", continua Severus en se rapprochant de Lily et Mary, "Que je n'aurais pas survécu sans l'aide de ces deux Gryffondor qui se sont battus becs et ongles pour me maintenir en vie. Je demanderai donc aussi à ce qu'elles soient récompensées. Comme ça, vous aurez d'autres points. Voilà, vous êtes contents ?"

Cette fois, ce fut une myriade d'approbations qui déferla sur Severus et il se força à sourire en regardant les Gryffondor avant de susurrer un "Mais quelle bande de bouffons…" qui fit cette fois-ci exploser de rire Remus.

Lily s'élança dans les bras du Serpentard, laissant échapper une longue tirade de remerciements qu'il n'écouta que d'une oreille. Ses traits s'étaient durcis alors qu'il fixait intensément James. Ce dernier, toujours planqué derrière Sirius, avait réussi à reprendre contenance, arborant sa posture habituelle de défiance. Les deux échangèrent un regard en apparence indifférent. Cependant, durant un instant fugace, presque imperceptible, Remus cru discerner une lueur de douleur sur les visages des deux garçons.

"Mais, qu'on nomme ce type préfet !", hurla quelque part la même voix qui s'était moquée de Severus un peu plus tôt.

La proposition parut ranimer Ferguson qui s'était tenu jusque-là à l'écart, trop occupé à se masser la nuque après la prise de catch de Sirius.

"Hé ! C'est moi le préfet !"

"Non. C'est moi", répondit Remus, "C'est d'ailleurs pour ça qu'on s'est battu", ajouta-t-il à l'adresse de Lily, "Il n'a pas supporté que je reprenne mon titre et il a cherché à me foutre devant l'Épouvantard."

"TU AS ACCEPTÉ DE DEVENIR PRÉFET ?", hurla Lily dans les bras de Rogue, si fort que ce dernier fit un pas en arrière, complètement sonné.

La rouquine n'y fit pas attention et se précipita cette fois-ci sur Remus pour le prendre par les épaules et le secouer comme un prunier. "Oh, merci ! Merci ! Tu me sauves la vie ! Tu vas voir, on va faire une super équipe, toi et moi !"

"Non mais, c'est vraiment comme ça que ça va se finir ?", s'insurgea Ferguson, "Il a quand même pété le nez de mon pote ! On a rien fait pour mériter ça !"

"Déconne pas !", répondit une fille, "Tu l'as sûrement cherché ! Depuis que t'es préfet , t'es insupportable ! T'arrêtes pas d'abuser de tes pouvoirs !"

"C'est vrai !", déclara un sixième année, "Il m'a fait du chantage en me menaçant d'enlever des points à notre maison si je lui filais pas mes devoirs de l'année dernière !"

"Moi, il m'a fait du chantage pour boire un verre avec moi !", s'exclama une autre élève, la plus jolie de sa promo.

"Je l'ai vu agressé Remus !", s'exprima à son tour Calvin Hooper, l'un des nouveaux potes de Sirius, d'après ce que ce dernier lui avait raconté, "Il était assis tranquille à une table et Ferguson est venu l'emmerder ! Le deux autres l'ont empoigné de force, il n'a fait que se protéger !"

"T'es un tyran, Ferguson ! Dégage !" cria un autre.

La foule semblait avoir changé de cible et c'est avec horreur que Ferguson la vit se retourner contre lui. Lily tenta de monter au créneau pour empêcher de nouveaux éclats de violence et Remus fit de même cette fois, faisant taire Sirius du regard quand ce dernier commença à ricaner avec Calvin et à lâcher des "Bien faits !" enthousiastes.

Pendant que les deux préfets se démenaient pour calmer les choses, du vert se mêla aux uniformes rouges et or des Gryffondor. L'attroupement avait fini par attirer les Serpentard, et pas le meilleur groupe. Les frères Lestrange se tenaient maintenant dans les premiers rangs de la foule, accompagnés des sœurs Black et tout le reste de la "joyeuse" bande. Le grand Mulciber fit un timide coucou que Remus pensa lui être destiné avant de réaliser qu'il s'adressait à Lily et Mary. Enfin, surtout à Mary en fait, à en juger par la façon dont les joues de la jeune fille avaient rosi.

Avery remarqua leur échange et donna un violent coup de coude dans les côtes du blond qui rabattit immédiatement son bras contre lui, tête basse. Comment se faisait-il que Fabius Mulciber, le géant bête comme ses pieds de Serpentard, et Mary MacDonald s'appréciaient ? Remus avait visiblement encore raté un épisode…

"Tiens, tiens, tiens ! Apparemment, les Gryffondor aiment aussi se taper entre eux quand ils manquent de cibles… Stupide, vraiment…", déclara Rodolphus Lestrange avec un grand sourire.

Sourire qui ne présageait rien de bon, puisqu'il avait déjà sa main dans sa poche, prêt à dégainer sa baguette.

Et voilà. Juste quand ils pensaient avoir enfin réglé la situation, les vrais problèmes venaient d'arriver.


Salut à Toi qui suis cette fic depuis le début ou qui viens juste de la découvrir et de finir de lire tous les chapitres d'affilée ! Si tu as aimé ce que tu as lu, laisse un petit commentaire. Ça prend même pas une minute et ça me maintient durant des mois dans un profond bonheur!