Bonjour à tous ! Cette fois, c'est Persona 5 Royal qui m'a inspirée ! Comme j'en ai l'habitude avec mes fanfictions longues, toute l'histoire est déjà intégralement écrite, vous êtes donc assurés d'avoir la fin ^^ Je posterais les chapitres au rythme de deux par jour. Oui, deux, et non un comme je le fais d'habitude pour ceux qui me connaissent déjà… j'ai un peu explosé mon record de chapitres, donc… 95 chapitres, autant vous annoncer la couleur… Bref, j'espère que vous n'avez pas peur de lire des pavés ! (Eh quoi, le jeu est hyper long après tout, je voulais lui faire honneur !) Donnez au moins sa chance au premier, s'il-vous-plait ^^

Petits avertissements d'usages, au court de l'histoire, il est fait mention de viol, de drogue, de torture, de suicide et autres sujets graves et sombres. Cette fanfiction est également une histoire d'amour entre deux hommes. Donc si quelque chose dans ces avertissements vous dérange (c'est votre droit, naturellement !), levez les yeux vers le haut de votre écran. Vous y êtes ? Le coin droit, la petite croix rouge ! Elle sert à quitter la page !

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que cette histoire vous plaira autant que j'ai aimé l'écrire ! N'hésitez pas à me laisser des commentaires !


1 _ ? ? : ?

Il faisait sombre. Pas totalement noir, mais sombre.

Et ça empestait.

Dans un coin de la pièce, parce qu'il savait se trouver dans une pièce, il voyait une petite loupiote rouge clignoter par intermittence.

Allumée.

Eteinte.

Allumée.

Eteinte.

Mais il faisait décidément bien trop sombre…

C'était sans doute dû à ses paupières boursoufflées.

Il voulut lever les mains pour toucher son visage, mais se rendit compte à cet instant qu'elles étaient attachées dans son dos, par-dessus le dossier d'une chaise sur laquelle il était assit.

Oui, c'était ça, il était assit sur une chaise. Menotté sur une chaise lui paraissait être plus précis. Et ça lui faisait mal d'être assit. Tout son corps lui faisait mal.

L'acier des menottes lui rentrait dans la chair.

Il était assit là depuis des heures, des jours peut-être. A vrai dire, il avait perdu la notion du temps.

Il avait soif. Sa langue collait à son palais et lui paraissait anormalement gonflée. Et en plus, il avait dessus un goût désagréable.

Son propre sang.

Il passa cette langue si bizarre sur ses lèvres pour les humecter, mais sentit surtout celle qui été fendue. Méchamment fendue, et ça lui faisait un mal de chien. Il grogna de douleur, ce qui provoqua un élancement brûlant sur tout son visage.

Si sa lèvre était fendue, et ses paupières gonflées au point d'obstruer sa vision, il devinait que le reste de son visage n'était guère plus présentable. Ça aurait dû être le cadet de ses soucis, mais il se disait surtout qu'il ferait un bien piètre modèle… Il ne voudrait pas d'un bien piètre modèle…

La porte s'ouvrit soudainement, et la peur qui l'avait un bref instant quitté l'envahi à nouveau. Des rires gras lui parvinrent.

_ Tiens donc, elle est réveillée, notre brebis égarée ! T'as prit ton temps !

_ Faut dire que la dose que tu lui as injectée aurait assommé un cheval.

_ Il ne se laissait pas faire, ce con ! Pas vrai que tu te laissais pas faire ?

Il sentit qu'un homme lui empoignait les cheveux, et c'était douloureux. L'homme lui flanqua un coup de poings en plein visage et quelque chose craqua. Son nez peut-être, mais il avait déjà si mal…

Un autre coup d'expédia au sol avec sa chaise, le dossier lui écrasant le bras. Un pied percuta son estomac, expulsant d'un coup tout l'air de ses poumons. Il tenta de reprendre son souffle en crachotant du sang, mais ses agresseurs ne lui en laissèrent pas le temps.

Il se rappelait la façon dont il attendrissait la viande avec un marteau de bois quand il cuisinait. Il aimait bien cuisiner… En ce moment, il avait l'impression d'être ce pauvre morceau de viande sur lequel le marteau s'abattait sans relâche jusqu'à ce qu'elle cède. Et indubitablement, quelque chose céda en lui avec une succession de craquement qui lui arracha un sanglot étranglé.

_ Regarde un peu ma petite brebis égarée, comme elle est mignonne à pleurnicher !

_ Tu vas pas encore recommencer tout de même ?

_ Hé quoi, je suis interdit de passage à Shinjuku, faut bien que je me soulage ! Et franchement ce mioche, personne ne va le pleurer !

Oui, pour ça, il était d'accord avec son agresseur. Personne ne le pleurerait. Il pouvait bien mourir, quelle importance ?

_ Fais-lui au moins signer sa déposition, comme ça on sera tranquille.

_ Mouais… t'as raison !

Il se retrouva redressé, un liquide poisseux au gout métallique s'échappa de sa bouche pour dégouliner sur son menton et ses vêtements. Ses menottes lui furent enlevées et, par le peu de visibilité qu'il avait à travers les choses énormes qui lui servaient de paupières, il put voir que l'acier avait arraché sa peau, mettant sa chair à vif. Il passa doucement ses doigts sur son poignet gauche, celui qui avait le moins souffert.

Heureusement. Il y tenait, à ce bras-là…

_ Bon, signe ça. Entrave à la justice, chantage, diffamation, détention d'armes… et même homicide. Beau CV la brebis ! Pas étonnant que ton complice t'ait vendu !

Vendu… Oui, il se souvenait. Il savait. S'il était là, c'était parque qu'il avait été trahi. Déçu, encore une fois. Rien de bien surprenant, finalement. La même inlassable routine. Il avait l'habitude.

Une feuille et un stylo apparurent sous son nez, flous.

S'il signait, est-ce que tout s'arrêterait ? Est-ce qu'il aurait moins mal ? Sans doute que oui, pour quelques heures, quand le contenu de la seringue qui apparut également devant ses yeux aurait fait effet.

Il avait déjà été piqué et le savait, une autre seringue, vide cette fois, trainait sur le sol. Ce qu'il ne savait pas, feignait surtout de ne pas savoir, c'était ce qu'il s'était passé pendant qu'elle faisait effet… La nausée retourna son estomac douloureux, mais il avait déjà vomit son contenu. Il en était certain, c'était ça cette odeur affreuse qui empoissait l'air.

_ T'es sourd ma brebis, je t'ai dit de signer ça !

Un coup l'atteignit à la tempe, lui faisant voir trente-six chandelles en l'envoyant heurter le sol, une nouvelle fois. Son regard se posa sur la petite loupiote rouge qui clignotait.

Une caméra.

_ Qu'est-ce que tu regardes ?! Tu crois peut-être que ça va te sauver ?

Non, il était certain que non. Elle ne devait pas enregistrer, sinon ces hommes ne l'aurait pas passé à tabac, ne l'aurait pas drogué… ne l'aurait pas…

Il ravala une bile âcre et sanglante, la seule chose que son corps soit en mesure d'expulser en l'état actuel des choses.

Un pied se posa durement sur son genou droit et commença à peser. Ça lui fit affreusement mal.

_ Signe je te dis. T'as besoin que de tes mains pour ça, et moi j'ai pas besoin de tes jambes après.

Après.

Il allait encore le…

_ Non.

C'était sorti tout seul. Il ne voulait pas. Son genou commença à craquer, et une plainte s'échappa de ses lèvres fendues.

Il n'avait pas le choix. Il devait signer cette… déposition ? Déposition de quoi, au fait ? Il avait peut-être était drogué, mais il savait qu'il n'avait rien dit.

C'était la résolution qu'il avait prise, parce qu'il savait que tout risquait de mal tourner. Ne rien dire, quoi qu'il arrive.

Quoi qu'il lui arrive.

Pas avant que…

Le seul moyen de les protéger, tous. Ceux qui ne le pleureraient pas. Qui pourrait pleurer quelqu'un comme lui, de toute façon ? Mais il les aimait, et il les protégerait. C'était sa faiblesse.

C'était sa force.

Il serra les poings et prit le stylo. Les hommes n'avaient pas les noms, rien que le sien. Cette déposition, elle ne devait être qu'à charge uniquement contre lui.

C'était parfait.

Il signa, d'une écriture rendue malhabile par la douleur. Deux de ses doigts étaient tout tordus. Et noir. Ils avaient dû être cassés, mais quand exactement, il ne saurait le dire.

Ses bourreaux se redressèrent, satisfaits, et la pression sur son genou disparu.

_ Ça m'aurait ennuyé de te le briser, j'aime quand tu es agenouillé devant moi.

_ Quel pervers tu fais mon vieux, pas étonnant qu'on t'ait interdit les bordels de Shinjuku !

Les deux hommes partirent d'un nouveau rire gras. Ce fut la porte se rouvrant qui les interrompit.

_ Quoi ?! J'ai dit que je voulais personne pendant que je voyais le prisonnier !

Le prisonnier… Oui, ce n'était pas faux. C'était ce qu'il était.

Ce qu'il avait toujours été.

Ce qu'il serait peut-être toujours. Il ne briserait pas ses barreaux seuls, après tout. Mais il était toujours seul… Non, ce n'était pas vrai. Il ne l'avait plus été depuis…

_ Monsieur… Une femme, une procureure, veut l'interroger.

_ Fait chier ! Elle pouvait pas attendre, cette pétasse !?

_ C'est que… son patron nous a appelés pour nous donner son aval en personne… Il ne vaut mieux pas nous y opposer…

_ Je me la taperais bien aussi, cette pute… mais puisqu'elle y tient… Ma petite brebis égarée, tu as de la visite. Mais rassure-toi je reviendrais m'occuper de toi une fois l'autre poufiasse partie.

Le moins qu'il puisse dire c'était qu'il avait beaucoup de vocabulaire pour décrire une femme, injurieux certes, mais très fourni en synonymes ! Ça lui arracha un rire nerveux.

Il ne devait plus tourner très rond pour rire dans un moment pareil, mais c'était incontrôlable.

Son rire lui faisait mal, à son visage tuméfié, mais aussi aux côtes. Elles devaient être cassées. Et le son sifflant de sa respiration saccadée indiquait que ces fractures ne s'étaient pas fait sans occasionner d'autres dommages.

C'était quoi le nom, pour un poumon perforé, déjà ? Il l'avait lu dans un livre oublié au café par la médecin…

Pneumothorax ! Oui, ça devait être ça.

Il devait avoir un pneumothorax, et ça le fit rire avec plus d'hystérie encore.

Et voilà, ses côtes étaient cassées, mais lui aussi l'était.

Ses bourreaux le regardèrent avant de hausser les épaules et de s'avancer vers lui. Ça calma net son rire.

Il fut trainé jusqu'à une table qu'il n'avait pas vu jusque là et assit derrière, face à une chaise vide. Elle ne le resta pas longtemps, une femme en élégant tailleur noir s'avança vers lui. Elle était belle, malgré son visage sévère, avec des yeux d'un carmin remarquable, et de longs cheveux gris. Elle avait un rouge à lèvres couleur framboise.

Il la connaissait, cette femme. La procureure Sae Niijima. Elle aussi le connaissait, et son regard se durcit en le découvrant.

_ Je ne m'attendais pas à ce que ce soit toi… Tu m'entends ? Bon sang, ils ne t'ont pas loupé. Navrée, mais cet endroit échappe aux règles, personne ne peut rien faire pour t'aider.

Il n'avait pas besoin qu'elle le lui dise pour le savoir, et son mépris dû se voir dans son regard parce que Sae se redressa en pinçant ses lèvres framboise.

_ Je n'ai que peu de temps, alors répond à mes questions sans trainer, puisque tu as l'air d'avoir de l'énergie à revendre.

_ En quoi ça vous intéresse ?

_ Sale petit… Je veux la vérité pour boucler mon enquête, et je me fiche bien de savoir si ce que tu diras pourra être retenu contre toi ou non au tribunal.

_ C'est vrai… la ''justice'' avant tout, c'est ça ?

Malgré la douleur affreuse irradiant en bas de son dos, il se renversa sur le dossier de sa chaise, toisant son interlocutrice. Il n'avait plus rien à perdre de toute façon.

Il avait déjà tout sacrifié.

_ Dis-moi tout. Parle moi de cet ''autre monde''. Quand l'as-tu découvert ? Par quel moyen ? Comment fonctionne-t-il ? Comment permet-il de pousser un individu à se repentir en public comme tes victimes l'ont fait ? Je veux connaitre ta version des faits, aussi folle soit-elle. Raconte-moi tout depuis le début.

Il passa sa main sur son poignet gauche, retroussant doucement sa manche.

Malgré les ecchymoses violacées, il pouvait voir l'encre noire couvrant son avant bras, entrelacs délicats de chaines se brisant pour laisser s'enfuir un papillon aux ailes magnifiques.

Il l'aimait, ce tatouage. Il y tenait tant…

A cet instant, il aurait voulut être comme ce papillon, détruire ses chaines et s'enfuir loin, très loin…

Mais il ne devait pas le faire. Il ne pouvait pas le faire. Il ne devait pas le faire.

Il était là, et il savait pour quoi.

_ Vous voulez vraiment tout savoir ?

_ Je viens de te le dire, ne me fais pas perdre mon temps, et le tien.

Il soupira et s'avança vers la table, croisant ses mains abimées sur le plateau froid. Il plongea son regard dans celui, si remarquable, de la procureure. Il avait déjà vu de tels yeux chez une autre personne.

Encore une personne qui ne le pleurerait pas.

Mais ça n'avait pas d'importance.

_ Très bien, je vais tout vous raconter. Mais à la fin, je vous demanderais de respecter une requête.

_ Tu n'es pas en état de négocier.

_ Vous la voulez mon histoire, oui ou non ?

Il esquissa un sourire. C'était un drôle de sourire, sanglant et déformé par sa lèvre fendu, et il devait être effrayant pour que la procureure recule sur sa chaise.

_ Très bien… Si, et seulement si, ton histoire m'a paru sincère, et si ta requête n'est pas déraisonnable.

Il laissa alors son esprit dériver, bondir d'un souvenir à l'autre comme le vol erratique d'un papillon. Comme celui tatoué sur son bras. Il le caressa du bout des doigts, rêveusement.

Comment tout lui raconter ? La drogue embrumait encore son esprit, il avait du mal à organiser sa mémoire.

Il finit par émettre une sorte de soupir amusé. Oui… c'était un bon point de départ.

_ Tout a commencé il y a sept mois. A cause d'un chat…