Chapitre 3 : Criminel, métier à risques

Thanatos, privé de son jeu favori qui est de tuer des humains, crée un Death Note. Son but est de le confier à un humain et à l'inciter à commettre des meurtres à sa place.

Manque de bol, c'est Seiya qui découvre son Death Note. Seiya l'agace non seulement par son manque d'intelligence, mais aussi en tuant des criminels ! Seiya en a tués lors d'une prise d'otages au manoir Kido. Mais Thanatos, lui, aime les criminels.

Lors du dernier chapitre, nous apprenions que Marine était la mère de Seiya. Aucun des deux ne semble pourtant heureux de cette distribution des rôles.


Le lendemain matin de la prise d'otages, Seiya secoue le Dieu de la Mort qui s'était évanoui de désespoir.

- Hé, t'es mort ? lui demande Seiya.

Thanatos ouvre lentement un oeil et répond tristement :

- Si seulement...

- C'était cool hier. Pas vrai ?

- Quoi donc ?

- On a tué des méchants !

- En fait, c'est TOI qui les as tués. Pas moi.

Une règle du Death Note revient à l'esprit de Thanatos : "L'humain peut, à tout moment, rendre le Death Note au Dieu de la Mort". Reste à convaincre Seiya. Thanatos se dit qu'il peut y arriver en le dégoûtant.

- Il y a autre chose de cool que tu ignores sur le Death Note.

- Ah oui ? s'intéresse Seiya.

- Si tu écris un nom sur une page retirée du cahier, ou sur un bout de page arraché, cette personne fait tout ce que tu dis pendant 24 heures ! raconte Thanatos. Il est ton esclave, quoi !

- Ah bon ?

- Oui !

- T'es sûr ?

- Absolument ! N'est-ce pas moi qui ai créé le Death Note ? Donc, je sais de quoi je parle !

Après un instant de réflexion, Seiya répond :

- Ok, allons-y !

Je l'ai eu ! pense Thanatos en souriant. Lorsque son camarade mourra, il s'en voudra tellement qu'il lui rendra le Death Note !

Seiya arrache un bout de page et écrit un nom.

- C'est pas un personnage imaginaire ? vérifie Thanatos.

- Non.

- Il est pas déjà mort non plus ?

- Non. Dis, tu me prendrais pas pour un idiot ?

- Bien sûr que non ! ment Thanatos, faussement choqué. T'écris qu'un seul nom ?

- Oui, on va déjà voir ce que ça donne aujourd'hui.

Thanatos, impatient, suit Seiya jusqu'à son école. Quelle tête il va faire quand il apprendra que son ami est mort ! se réjouit-il déjà d'avance.

Dans la cour de récréation, Seiya retrouve son pote préféré :

- Salut Shishi !

- Seiya ! répond Shiryu, les larmes aux yeux.

Thanatos jubile. Apparemment, on sait déjà qui est mort.

- Ben qu'est-ce qui t'arrive ? demande Seiya à Shiryu.

- T'as déjà oublié ? Tu m'as sauvé la vie hier !

- Ah oui !

Fausse joie pour Thanatos.

- Au fait, ma punition de 1000 lignes ? demande Seiya.

- Tiens, la voilà, lui donne Shiryu. J'ai parfaitement imité ton écriture !

Ensuite Seiya semble chercher quelqu'un du regard. Ce qui rend Thanatos heureux car c'est sûrement la personne que Seiya a tué ce matin !

- Je ne vois pas le fils à maman... s'interroge Seiya.

- Oedipe ? interprète Shiryu. Il pionce dans le frigo qui est dans la cour depuis hier.

- Sacré Hyoga !

Encore une déception pour Thanatos.

- Et je vois pas monsieur Cheval-de-Princesse... cherche Seiya.

Alors que le visage de Shiryu s'assombrit, celui de Thanatos s'illumine. Shiryu répond :

- Il ne viendra pas aujourd'hui.

- Pourquoi ?

Il est mort, tu l'as tué ! ricane intérieurement Thanatos. Shiryu annonce la mauvaise nouvelle :

- Jabu ne portait pas ses genouillères hier, quand il a fait le cheval pour Saori. Il s'est écorché les genoux. Il est à l'hôpital.

Le sourire de Thanatos s'évanouit aussitôt. Puis il se dit que ce n'est pas grave. Seiya a écrit un nom, donc il a forcément tué quelqu'un !

Seiya va ensuite trouver Shun et Ikki. Shun le prend immédiatement dans ses bras.

- Seiya ! Je suis si content de te revoir !

La routine. C'est tous les jours comme ça.

- Notre héros ! ajoute Shun.

- Héros ?

- Oui, t'as sauvé Shiryu hier ! N'est-ce pas, Ikki ?

- Ouais... marmonne l'intéressé.

La cloche sonne, c'est l'heure d'aller en classe. Seiya jette soudain son sac aux pieds d'Ikki.

- Porte-le, ordonne-t-il.

Ikki, qui porte déjà Shun sur ses épaules et leurs deux sacs, lui répond d'un regard assassin.

- Porte, je te dis ! insiste Seiya.

Shiryu, d'abord sidéré par ce qu'il vient de voir, tente de faire revenir Seiya à la raison :

- Arrête ! Tu veux mourir ou quoi ?!

Mais Seiya est têtu :

- Porte mon sac ! C'est un ordre !

Une minute plus tard, Seiya est à l'infirmerie avec les deux yeux au beurre noir. S'il s'en tire si bien, c'est parce que Shun a retenu son frère avant le deuxième coup de poing double.

Lorsque Seiya est seul avec Thanatos, il l'engueule :

- Tu m'avais dit qu'il ferait tout ce que je dirais !

Le Dieu, quant à lui, est complètement confus.

- C'était ce Ikki là, que tu as écrit ?

- Pourquoi ? T'en connais d'autres ?

Thanatos n'y comprend rien. Ikki aurait dû mourir ! Sauf si...

- Sauf si quoi ! m'apostrophe sèchement Thanatos.

Sauf si Ikki du Phénix a gardé sa capacité immortelle ici.

- Enflure ! Tu m'as arnaqué ! fulmine Thanatos.

- C'est toi qui m'as arnaqué ! lui rappelle Seiya.

- Non ! C'est la faute du narrateur !

- Plus un mot ou je brûle le Death Note !


Les morts des criminels de la veille au manoir Kido interpellent bien évidemment les autorités qui demandent aux forces de police de s'occuper de l'affaire. Une unité spéciale a été affectée à cette enquête.

Le chef de la police de Tokyo, Sion Aries, se présente devant ses troupes, vêtu de son inséparable gilet pare-balles en laine dorée.

- Messieurs ! commence-t-il. Et madame, ajoute-t-il en voyant Aphrodite.

- Je suis un homme ! déclare ce dernier.

- Ah ? Désolé. Bref ! Votre unité a été désignée pour enquêter sur les morts mystérieuses des six "Spectres" !

Moue générale de l'unité.

- Oui, je comprends, compatit Sion, personne ne voulait de cette enquête, et c'est tombé sur vous.

Parce que toutes les autres unités les ont désignés pour cette enquête ingrate. Parce que l'unité en question a été salie par l'un d'eux.

Sion reprend la parole :

- J'ai quand même une bonne nouvelle : dans la vie, les autopsies prennent du temps, mais dans les fanfics comme à la télé, on peut les accélérer ! Ainsi, j'ai déjà reçu les rapports d'autopsie des Spectres morts hier. Morts par crise cardiaque. Tous ! D'après les témoins, ils se sont écroulés chacun leur tour, à quelques secondes d'intervalle. Ce qui est vraiment très étrange !

Si étrange que la bonne nouvelle ne fait pas du tout progresser l'enquête.

- Oui hem... reprend Sion. C'est pourquoi j'ai consulté le médium de la police. Je vous ai déjà parlé de lui, n'est-ce pas ?

- Celui qui dort tout le temps sur sa fleur de lotus ? raille Milo.

- Arrête de parler de Shaka comme ça ! se fâche Mû.

- Oui, le soutient Sion, un peu de respect, Milo ! Shaka est très doué pour ressentir le paranormal, il l'a déjà prouvé plusieurs fois. Il a les sens vraiment très développés.

Shura lève les yeux au ciel.

- À tel point qu'il se prend pour un Dieu !

- En parlant de Dieu, enchaîne Sion, Shaka affirme en avoir ressenti un ici, à Tokyo. Depuis hier.

En fait, c'est la présence de Thanatos que Shaka a ressentie.

- Et puis, qu'a-t-il dit d'autre ? s'enquiert Aldébaran.

- Euh... répond Sion, gêné. Eh bien, comment dire... Il s'est endormi juste après...

- M'étonne pas ! rit Aior.

- Lors de la prise d'otages, tu étais sur place, Aioros. Quelque chose à ajouter ?

- Nous avons interrogé plusieurs otages, mais rien n'explique la mort des Spectres.

- J'ai vu Mitsumasa Kido et sa petite-fille personnellement. Aucun indice non plus. C'est une enquête vraiment très spéciale qui vous est confiée. Donc je vous laisse vous y prendre comme vous le souhaitez.

- En fait toi-même tu sais pas comment t'y prendre, souffle Camus.

- C'est vrai, avoue Sion, mais notre tortionnaire, le narrateur, ne nous donne aucune piste non plus.

- Bien sûr, on n'est que ses jouets... se plaignent-ils tous.

Sion se lève de son siège.

- Bien ! Formez des équipes de deux comme vous en avez l'habitude, puis au boulot ! Cette enquête doit être bouclée dans les plus brefs délais ! C'est ce que m'a dit le grand chef. Rompez !

- Je dois encore faire équipe avec lui ? demande Saga-bleu en se montrant.

- Oui, je dois encore faire équipe avec ce boulet ? renchérit Saga-gris.

Bien sûr, personne ne veut faire équipe avec ce fou... Et puis de toute façon, ils sont déjà deux !

- Patron, faites équipe avec moi ! le supplie presque Saga-bleu. D'ailleurs vous êtes déjà prêt, vous portez déjà votre gilet pare-balles.

- Mais non, s'étonne Sion, c'est mon gilet habituel !

Les équipes se forment : Saga avec lui-même, Milo avec Camus, Mû avec Aldébaran, Aior avec son frère Aioros, et Shura avec Aphrodite.

Au départ, personne ne voulait faire équipe avec ce dernier. Non seulement il est efféminé, mais en plus il se promène en permanence avec plusieurs roses dans les cheveux. Jusqu'au jour où Shura, sans équipier, s'est vu attribuer Aphrodite. Et heureusement pour lui d'ailleurs ! Le même jour, alors qu'il était à la merci de deux bandits armés, Aphrodite leur a à chacun décoché une rose rouge dans la main et les a désarmés.

Les membres de l'unité spéciale n'oublient évidemment pas leurs armes avant de partir : un pistolet à clous pour Milo, un à glace pour Camus, une épée pour Shura...

- Excalibur ! corrige-t-il.

... ses roses pour Aphrodite, un pistolet hallucinogène pour Saga et Saga, un pistolet à filets pour Aior, un arc à flèches pour Aioros, un bouclier pour Mû et un pistolet normal pour Aldébaran. Ce dernier se fait huer par les autres.

- Quoi ?! demande le Taureau.

- Tu nous fais honte... soupire Mû.


Lorsqu'il rentre chez lui après l'école, Seiya est consolé par sa mère. BAF !

- Aïe ! crie Seiya. Mais pourquoi ?! C'est moi la victime dans cette histoire !

- Et t'aurais pas provoqué Ikki ?!

- Oui mais euh...

Seiya cherche en vain une excuse sans mentionner le Death Note.

- Je le savais ! clame Marine. T'es privé de dessert ce soir !

- Oh non !

- J'ai pas fini ! Privé de consoles aussi ! Et de téléphone ! Et de télé !

- Oh non !

- Et privé de goûter !

- Non pas le goûter ! la supplie Seiya.

Quelle sévérité !

- Sévère, moi ? s'étonne Marine. (puis se retournant vers Seiya) T'es pas privé de devoirs, alors monte les faire !

Seiya monte les escaliers, les larmes aux yeux.

- Et range ta chambre ! crie Marine.

- Je l'ai déjà fait hier !

- Ben refais-le aujourd'hui !

Seiya se retrouve seul dans sa chambre.

- Je suis là aussi, fait remarquer Thanatos.

- C'est ta faute tout ça... se plaint Seiya.

- Je voulais pas que ça se passe comme ça.

Ce qui est vrai, puisqu'il pensait que Ikki allait mourir.

- Tais-toi, dit Seiya.

- Si tu veux, puisqu'il te porte malheur, tu peux me rendre le Death Note.

- Tais-toi, insiste Seiya.

Sale ver de terre insignifiant, tu oses me donner des ordres ! enrage Thanatos. Attends un peu que je récupère mes pouvoirs !

Au soir, Seika vient de nouveau aider son frère à étudier.

- T'es fou d'avoir provoqué Ikki !

- Hé ! T'es venue m'aider ou pour en rajouter ?!

- Te fâche pas ! J'essaie de comprendre. Provoquer Ikki est suicidaire ! Tu t'en tires bien !

- On l'a déjà dit !

- Oui mais il faut le souligner ! Tu es le premier à énerver Ikki sans finir à l'hôpital !

Disons que le narrateur a encore besoin du personnage principal, donc il faut pas trop l'abîmer... pour l'instant.

À la fin de leur heure de révision, Seika lui demande :

- Et ta liste de méchants, elle avance bien ?

- Ah oui ! Bonne idée ça. Tu peux encore m'aider ?

- Qui d'autres t'as trouvé ?

- Euh...

- Personne ?!

Silence.

- T'as pas trouvé d'autres noms ?!

Seiya lance un regard de travers au Dieu de la Mort et répond :

- J'écrirais bien Thanatos...

Mais ça se retournerait contre lui, se rappelle Seiya.

- Mais c'est un personnage imaginaire, complète Seika.

- Mais je suis bien réel ! proteste l'intéressé.

- Alors t'as rien trouvé tout seul... résume Seika.

Silence gêné de Seiya.

- Tu pourrais par exemple regarder les infos à la télé.

- Maman m'a privé de télé.

- Seulement de télé ? s'étonne sa soeur.

- Non, de tout. Sauf de devoirs.

- Ah, c'est bien maman ça.

Seika trouve une solution :

- Alors, viens regarder les infos dans ma chambre.

Seiya se lève et va vers la porte.

- Et ton cahier ? lui demande sa soeur. Prends ton cahier aussi !

- Ah oui ! Le Death... Le cahier !

Ils suivent le journal télévisé dans la chambre de Seika. On y parle du Pape...

- C'est un méchant, lui ? demande Seiya.

- Mais non !

Puis on y parle du Dalaï-lama...

- Et lui, c'est un méchant ?

- Mais non ! Tu le fais exprès ou quoi ?!

Puis vient un reportage sur un incendie, qui semble être l'oeuvre d'un pyromane récidiviste, dont le nom et la photo sont diffusés à l'écran.

- Et lui, commence timidement Seiya, c'est un méchant ?

- Bien sûr ! T'as noté ?

- Non, je vais le faire.

Mais le nom et le visage disparaissent de l'écran. Ce qui soulage Thanatos.

- J'ai pas eu le temps de noter son nom. Il s'appelait comment ?

- T'avais qu'à suivre.

- Allez ! Il s'appelait comment ?

Silence.

- S'te plaît !

- Sho Cho, qui se fait appeler le "Chevalier des Flammes".

Seiya écrit son nom dans le Death Note, sous le regard rassuré de Thanatos.

- S-H-O, C-H-O, lui épèle Seika.

Seiya corrige et cette fois, Thanatos manque de piquer une nouvelle crise.

Vient ensuite un reportage sur les 3 "Chevaliers des Abysses", alias "Serpent", "Requin" et "Pieuvre" qui coulent au moins un bateau par jour.

- Leurs noms nous sont encore inconnus, précise le journaliste.

Soulagement de Thanatos. Mais soudain...

- Non ! se lamente Thanatos.

... le journaliste annonce qu'on a découvert les noms des trois vilains !

Et Seiya, sans pitié, les écrit quand ils apparaissent à l'écran.


Dix heures du soir. Seika entre dans la chambre de son frère sans prévenir.

- Mais pourquoi il fait tout noir ? s'étonne-t-elle.

- Maman trouvait que j'étais pas assez puni alors elle m'a envoyé au lit plus tôt, répond la voix de Seiya.

- Ça semble logique...

- Que se passe-t-il ?

- Tu te souviens des méchants dont on parlait tout à l'heure ?

- Le chow-chow ?

- Non, Sho Cho. Et les trois autres.

- Oui. Et ?

- Eh bien, ils ont tous été retrouvés ! Morts !

- Ah...

- Ça n'a pas l'air de t'étonner.

Il est vrai que Seiya devrait s'en étonner pour ne pas attirer les soupçons !

- Ils sont vraiments morts ?! fait-il semblant de s'étonner.

- Oui.

- VRAIMENT VRAIMENT morts ?!

- Oui.

- Incroyable !

- Je trouve aussi !

- Incroyable ! répète Seiya qui ne sait pas quoi dire.

- Bon, sur ce, je te laisse puisque tu es puni. Bonne nuit !


Thanatos passe la nuit ailleurs, loin des ronflements de Seiya. Mais loin de Seiya, il ne peut plus surveiller ses faits et gestes.

- Que peut faire cet idiot pour me nuire pendant qu'il dort ?! se moque Thanatos.

Lorsqu'arrive le matin, il revient et tente de faire la paix avec Seiya. Il pourra mieux le manipuler ainsi.

- C'était bien joué, hier, Seiya !

- Quoi donc ?

- Les méchants que tu as tués ! Un coup de maître !

- Ah oui ?

- Oui ! Si tu veux, je te cherche des noms de méchants. Tu n'auras plus qu'à les écrire. Ce sera plus simple pour toi !

- T'essaie pas encore de m'arnaquer ?

- Mais non voyons ! répond Thanatos, faussement vexé. Dorénavant, tu peux me faire confiance !

Seiya le regarde, méfiant. Thanatos lui dit :

- Comme preuve, je te donne le nom d'un méchant : Django Gogo.

- Qui ça ?

- Le chef de l'île de l'Âme Morte. Un terroriste bien connu !

- Ah oui ?

- Demande à ta soeur !

Ce que fait Seiya, et Seika confirme, contente.

- Tu as enfin trouvé un nom de méchant tout seul !

Le Dieu de la Mort aussi est content.

- Tu vois que je suis réglo avec toi, maintenant ! Tu peux me faire confiance !

Seiya écrit dans le Death Note. Thanatos a perdu un méchant, mais s'il peut manipuler Seiya par la suite, ce sera tout bénéfice !

Arrivé à l'école, Seiya reste caché de tous.

- Salut Seiya ! lui tape sur l'épaule Shiryu.

Sursaut et panique de l'intéressé.

- Chuuuuut ! ! ! Pas si fort ! Je veux pas que Ikki sache que je suis là !

- Aucun risque. Après t'avoir cogné, il a écopé de trois jours de renvoi.

Seiya est rassuré. Il peut enfin rejoindre tout le monde dans la cour.

- Pourquoi Hyoga fait la gueule ?

- Parce que le frigo qui était dans la cour a été ramené.

- Et je vois pas Shun.

- Dépression. Comme à chaque fois que son frère est renvoyé.

La première heure de cours est exceptionnellement interrompue par la voix du principal, qui résonne dans toutes les classes :

- Hé les djeuns et les profs ! Il s'est passé quelque chose cette nuit ! Quelque chose d'énorme ! ÉNOOOOORME ! C'est du lourd, je vous préviens !

Accouche ! crient mentalement tous les auditeurs.

- Des dizaines de criminels sont morts cette nuit ! Si, c'est vrai ! C'est pas des craques ! Vous pouvez vérifier ! Je vous autorise à utiliser tout machin pour !

Chacun sort sa tablette, son smartphone ou sa boule de cristal. L'actualité est en effet entièrement dominée par des décès de criminels. De nombreux criminels qui purgeaient de longues peines d'emprisonnement pour leurs graves méfaits, ainsi que de dangereux criminels recherchés, ont été retrouvés morts.

Immédiatement, Thanatos fusille Seiya du regard. Mais ce dernier ne le remarque même pas, trop occupé à faire semblant d'être surpris.

- INCROYABLE ! s'ébahit Seiya.

La voix du principal ajoute :

- La journée commence fort ! Ça me met de si bonne humeur que j'ai décidé que les cours étaient annulés aujourd'hui !

YOUPI ! ! ! général.

- Vous êtes libres de rentrer chez vous fêter cette superbe nouvelle ! Sauf les enfants de criminels, évidemment. Et sauf les criminels, s'il y en a dans mon établissement... Ce serait bien de me le dire au fait.


Lorsque Seiya rentre de l'école...

BAF ! Marine le gifle.

- Mais pourquoi ?! se plaint Seiya, souffrant.

- Hier tu provoques une bagarre et aujourd'hui, tu te fais renvoyer ?! Quelle honte !

- Mais j'ai pas été renvoyé !

- Alors que fais-tu déjà ici, à cette heure ?!

Lorsque Seiya lui explique, Marine s'excuse :

- Désolée. Pour te dédommager, t'as droit à deux goûters aujourd'hui.

Lorsque Seiya rejoint sa chambre, Thanatos le toise, les bras croisés et le regard sévère.

- C'est quand même incroyable, tous ces criminels morts, se contente de lui dire Seiya.

Thanatos lui lance un regard encore plus dur et grogne.

- T'as pas l'air d'aller bien, remarque enfin Seiya. T'as avalé quelque chose de travers ?

- Fais pas l'innocent ! s'énerve le Dieu de la Mort.

- De quoi tu parles ?

- C'est toi qui as tué tous ces criminels !

- Non, pas du tout.

Thanatos prend un air outré.

- Petit effronté ! Comment oses-tu ?! Oser se moquer d'un Dieu ! C'est l'Enfer qui t'attend !

- C'est pas moi, je te dis. Et même si c'était moi, où est le problème ? Ce sont des criminels qui sont morts !

C'est que Thanatos aime les criminels, lui ! Bien sûr, il ne peut pas l'avouer.

- C'est moi qui devais te fournir des noms ! On était d'accord là dessus ! Mais t'as commencé sans moi !

- Je te répète que c'est pas moi le tueur !

- Impertinent !

Thanatos veut vérifier le Death Note, mais une règle imposée par le narrateur l'empêche d'interagir dans le monde des humains, sauf avec Seiya.

- Feuillette le Death Note ! ordonne le Dieu de la Mort.

- Pourquoi ?

- Fais-le ! Fais tourner les pages !

Seiya le fait pour prouver son innocence.

- Où as-tu noté leurs noms ?! s'impatiente Thanatos.

- C'est pas moi !

Thanatos ne trouve rien.

- Je sais ! Tu les as effacés après les avoir écrits !

- Hein ?! répond Seiya, confus.

Un point pour Seiya. Thanatos ne pense pas qu'il aurait été assez intelligent pour écrire puis effacer les noms.

- Jure que c'est pas toi !

- Je le jure !

- Jure-le sur ta vie !

- Je le jure !

- Jure-le sur ta famille !

- Je le jure !

- Jure-le sur ton goûter !

- Lequel ? J'en ai droit à deux aujourd'hui.

- Qu'importe ! Jure-le sur tes goûters !

- Je le jure !

Thanatos est confus. Si Seiya n'a pas tué tous ces criminels, alors qui ? Un autre Dieu de la Mort ?

- Je suis le seul Dieu de la Mort ! proclame Thanatos.

Mais alors, comment est-ce possible ?

Thanatos réfléchit à une explication. Comme il n'était pas là cette nuit, puisqu'il ne voulait pas entendre Seiya ronfler, il a peut-être manqué quelque chose. Et tout à coup lui vient une hypothèse : Seiya est somnambule et dans cet état, son intelligence est décuplée. Il a retiré une page du Death Note, a écrit les noms des criminels et caché la page quelque part. Une hypothèse vraiment farfelue, en fait.


Au même moment, à la prison.

Celui qui est à l'origine de la bavure policière de l'unité spéciale dirigée par Sion n'est autre que Masque-de-Mort.

À l'époque, il était le partenaire de Shura. Un jour, la police a reçu un appel leur disant que plusieurs personnes, qui dînaient à l'extérieur, s'étaient évanouies. Shura et Masque-de-Mort ont été désignés pour aller sur place. Shura ayant d'abord besoin d'aiguiser son épée, Masque-de-Mort a été le premier sur les lieux.

Lorsque Shura est arrivé deux heures plus tard, parce que Excalibur mérite le plus grand soin, Masque-de-Mort était seul dans la maison. On a alors cru que l'appel était une mauvaise blague.

Le lendemain, un voisin a signalé que du sang avait coulé derrière la maison. Les secours sont arrivés, ont inspecté l'intérieur et ont découverts les corps... décapités.

D'abord c'est Shura qui a été mis en détention préventive, jusqu'à ce qu'on ait fini d'examiner ses épées. Aucune trace de sang n'a été retrouvée dessus.

Puis les enquêteurs se sont intéressés à Masque-de-Mort. Il a été pris en flagrant délit lorsque ceux-ci sont entrés chez lui. Car Masque-de-Mort décore sa maison ici comme dans le manga.

Masque-de-Mort a ensuite expliqué qu'ils étaient tous morts lorsqu'il était arrivé sur les lieux, qu'il a pris les têtes après. Les autopsies ont révélés que les victimes étaient toutes mortes de crise cardiaque. Mais autant de personnes ne pouvant, logiquement, pas mourir de crise cardiaque en même temps, Masque-de-Mort a été accusé de les avoir tués. Alors qu'en fait c'est Thanatos qui s'amusait. Masque-de-Mort est en prison depuis.

- Pour des crimes que j'ai pas commis ! se plaint-il. Mais personne ne me croit ! Même mon avocat semble douter de moi !

Avocat commis d'office, on le comprend, personne ne voudrait côtoyer Masque-de-Mort !

- Ben pourquoi ? s'étonne celui-ci.

Le narrateur ne savait pas trop à qui attribuer le rôle de l'avocat. Alors comme "avocat", ça finit par "ca", il a décidé que ce serait CApella !

- Je suis maudit ! tremble Capella.

Parce qu'il va rendre visite à son client.

- Allez ! me supplie Capella. Je promets de plus jamais utiliser de disques coupants si tu me vires de la fanfic !

Mais le narrateur, Verseau, reste de glace.

- Je porterai plainte ! se plaint l'avocat.

Masque-de-Mort a déjà été emmené dans une salle où il est menotté aux mains, aux pieds et même à la tête. Il attend Capella. Allez, entre !

- Je veux pas... pleure l'avocat.

Entre ou tu remplaces Thanatos dans ses prochaines scènes !

Acculé, Capella entre en traînant les pieds. Masque-de-Mort l'accueille d'un grand sourire.

- Ah ! Enfin une tête familière ! Entre, mon frère !

- Je suis pas ton frère, grimace Capella.

- Bah, c'est comme si ! Tu es mon avocat ! Tu me défends ! Alors, quoi de neuf, mon frère ?

Silence. L'avocat ne sait pas comment annoncer la nouvelle.

- Allons, l'encourage Masque-de-Mort, fais pas cette tête ! Je sais que c'est triste de voir une tête innocente en prison, et qu'on veut me condamner à mort ! Mais p'tête qu'un jour, je serai enfin innocenté. Et toi, quelle tête de neuf ?

- Eh bien, il y a du nouveau, concernant votre affaire, annonce Capella d'un air morne.

Masque-de-Mort fronce les sourcils.

- À voir ta tête, ce sont de mauvaises nouvelles...

Ça dépend pour qui, voudrait répliquer Capella, qui se contente de dire :

- En fait, à mon avis, elles vous sont plutôt bonnes.

- Alors pourquoi cette tête d'enterrement ? s'étonne Masque-de-Mort.

Parce que, pour le bien de l'humanité, il NE faut PAS te libérer ! pense très fort Capella. Il explique plus posément :

- Avez-vous entendu parler des morts des six Spectres ?

- Tout à fait. J'ai la tête devant la télé tous les soirs.

- Ils se sont tous écroulés les uns après les autres, sans explication. Tous morts par crise cardiaque.

- Comme dans mon affaire ! comprend Masque-de-Mort. Le témoin prétend qu'ils s'étaient tous évanouis alors qu'ils étaient déjà morts quand je suis arrivé ! C'est ce que je m'entête à répéter !

- Comme un cas similaire au vôtre s'est produit, l'accusation aura plus de mal à prouver que vous les avez tués. Et il semblerait que d'autres personnes soient mortes de la même façon cette nuit.

Ces révélations rendent Masque-de-Mort heureux.

- En voilà des bonnes nouvelles ! Si j'étais pas attaché, je te prendrais dans mes bras, mon frère !

Sauvé ! pense Capella.

- T'inquiète pas, le rassure Masque-de-Mort. Dès que je serai libre, je te prendrai dans mes bras ! Et après, on dînera en tête-à-tête, promis !