9 _ Premier péché : Un monde immonde

«_ Qu'est-ce que tu veux à Kamoshida ?

»Pour être franc, je ne savais pas comment interpréter la question de Takamaki, et son ton neutre ne m'aidait pas. Ça aurait très bien put signifier ''vous voulez faire tomber ce porc de son piédestal'' que ''je vous empêcherais de faire du mal à ce saint homme''.

_ Mêle-toi de tes affaires, Takamaki.

»Non, ce n'est pas moi qui est lancé cette phrase sur un ton aussi mordant, mais Ryuji qui est arrivé à cet instant. Il n'avait pas l'air très heureux. Takamaki et lui se sont toisés avec froideur. Difficile de croire qu'ils aient été dans le même collège !

_ Ce sont plus mes affaires que les tiennes, Sakamoto. Amamiya est dans ma classe que je sache, alors que toi…

_ On a plus le droit de se faire des potes dans d'autres classes maintenant ?

»Takamaki s'est détourné de Ryuji pour braquer ses yeux bleus sur moi.

_ Alors ? Tu réponds à ma question maintenant ? Qu'est-ce que tu veux à Kamoshida ?

» J'ai laissé Ryuji répondre. Je ne suis pas un grand bavard. Je sais, ça ne ce voit pas en ce moment puisque je vous raconte cette histoire interminable.

_ En quoi ça t'intéresse, Takamaki ? Ah oui, j'ai comprit ! Tu vas aller tout répéter à ton petit copain ! Si tu savais ce qu'il fait dans ton dos, tu le larguerais direct.

_ De quoi est-ce que tu parles, Sakamoto ?

_ Tu pigerais pas. Maintenant va voir ailleurs si on y est.

_ Tu es franchement imbuvable, Sakamoto. Je voulais juste vous prévenir que les gens commence à bavarder à force de vous voir remuer la merde tous les deux. Personne ne vous aidera.

»Takamaki s'est éloignée sans rien ajouter de plus. Je n'aurais peut-être pas dû laisser Ryuji parler, finalement, il n'avait réussi qu'à la braquer.

_ Bah, ignore-la, Takamaki n'a jamais été sympa de toute façon. Toujours hautaine à regarder le monde de haut parce que Madame est modèle photo… T'as trouvé quelque chose sur Kamoshida, Ren ?

»J'ai résumé à Ryuji le résultat de mon enquête, c'est-à-dire rien du tout si ce n'était la terreur du joueur qui avait tenté d'interpeler la présidente du conseil des élèves.

_ Il a mentionné Mishima… On devrait essayer d'aller lui parler, il doit encore être à l'infirmerie vu le smash qu'il s'est prit.

_ On aurait peut-être dû commencer par lui… Mais il n'était sans doute pas en état.

»Nous sommes donc allé à l'infirmerie, où Mishima se trouvait encore, s'apprêtant justement à partir. Il était vraiment salement amoché avec son œil gauche tout gonflé virant au violet, son nez bouché par des cotons déjà imprégnés de sang et sa lèvre déchiquetée par un coup de dents. Qu'il ait réussi à toutes les garder tenait du miracle. Je dis ça, mais je ne dois pas être beaucoup plus présentable en ce moment…

_ Mishima, on doit te parler.

»Ryuji et son manque de tact…

_ Ce que Ryuji essaye de dire c'est comment tu te sens ?

_ Ah… ça va… J'ai l'habitude, je suis plus fort que j'en ai l'air !

_ L'habitude ? Tu veux dire… à cause de ce coaching spécial que t'inflige Kamoshida ?

_ Comment tu as entendu parler de ça, Amamiya ?

_ T'enflammes pas, Mishima ! Ren et moi on sait que Kamoshida vous tabasse, alors crache le morceau.

_ Silence Ryuji, tu vas lui faire peur. Désolé… C'est juste qu'avec tes blessures et le smash de tout à l'heure, on se pose des questions…

_ C'est rien ça ! Rien du tout ! C'est simplement que je suis nul et que je n'ai pas réussi à le renvoyer ! Et pareil à l'entrainement ! Je suis nul et maladroit alors je me blesse tout le temps !

»Ce garçon était vraiment un très mauvais menteur. Peut-être que j'aurais réussi à le faire parler ce jour-là, si Kamoshida ne s'était pas pointé. Son regard mauvais nous a fixés, Ryuji et moi, avant de se poser sur Mishima.

_ Je venais m'assurer que tu allais bien avant que tu reprennes l'entrainement.

_ Oh… je… je pensais rentrer chez moi, je…

_ Je comprends, je comprends ! Après une telle humiliation, c'est normal pour quelqu'un comme toi de vouloir prendre la fuite. De toute façon, tu ferais mieux de quitter l'équipe de volley si le moindre ballon te fait peur.

_ Non ! Non, je ne veux pas quitter l'équipe ! Je vais venir m'entrainer ! Maintenant !

_ Bien, j'aime mieux ça ! Ah, et tu devrais éviter de fréquenter des gens douteux si tu ne veux pas qu'il t'arrive des bricoles.

»J'ai retenu Ryuji par le bras avant qu'il ne se jette sur Kamoshida pour lui écraser son affreux nez. Kamoshida ne semblait attendre que ça, une raison pour le renvoyer définitivement du lycée alors qu'il avait tout fait pour lui donner une seconde chance après qu'il se soit déjà fait injustement agresser une fois par le fils violent d'un homme violent. Kamoshida m'a regardé et je lui ai adressé le plus beau sourire dont j'étais capable. Je suis assez moqueur, je sais. Il s'est détourné le premier.

_ Je t'attends au gymnase pour l'entrainement, Mishima. Le lycée Shujin est une institution pour les gens déterminés à réussir dans la vie, nous n'avons pas de temps à perdre avec des déchets dénués d'ambition.

»Mishima l' regardé partir avant de soupirer comme si tout le poids du monde reposait sur ses frêles épaules.

_ Ça ne servirait à rien…

_ Quoi donc ?

_ Que vous prouviez qu'il nous maltraite. Ça ne servirait à rien, parce que tout le monde le sait déjà. Le principal, les profs, même nos parents. Ils le savent tous, mais ils ne disent rien. Tu es bien placé pour le savoir, Sakamoto. Alors s'il-vous-plait, ne rendez pas notre situation encore plus intenable en voulant jouer aux héros… Je n'en vaux pas la peine de toute façon…

»Mishima a commencé à partir mais je l'ai retenu par le bras.

_ Ne le laisse pas te mettre ça en tête, Mishima. Jamais. Personne.

»Il a eut une expression bizarre, comme si c'était la première fois que quelqu'un lui disait ce genre de chose. Puis la culpabilité, une nouvelle fois, a rempli ses yeux. Il a arraché son bras à ma poigne et est parti en courant en direction du gymnase. Echec total sur toute la ligne. Ryuji et moi n'avions rien put faire, si ce n'était aggraver la situation en mettant Kamoshida sur les nerfs.

»Je suis rentré au café Leblanc ce soir-là avec un gout amer dans la bouche. Sojiro l'a remarqué et m'a laissé monter dans ma chambre sans prononcer un mot. J'ai essayé de lire, mais je ne suis pas arrivé à me concentrer sur le moindre mot, et après avoir relu dix fois la même phrase sans en comprendre le sens, j'ai préféré abandonner. J'ai dormi d'un sommeil sans rêve, comme si même le gobelin et les jumelles avaient comprit que je n'avais pas la tête à quoi que ce soit.

»Le lendemain, le lycée bouillonnait de conversations sur la prestation de Kamoshida lors du match de la veille. Les filles admiratives rêvaient d'avoir son autographe, indifférentes à une vague rumeur murmurée du bout des lèvres comme quoi d'étranges bruits s'échapperait du bureau de Kamoshida. Une simple tentative pour effrayer les équipe adverses, quoi d'autre ? Il était tellement parfait !

»En cours, Takamaki paraissait tracassée. Je la voyais devant moi s'agiter et regarder son téléphone en se mordant la lèvre. Elle n'écoutait rien de ce que racontait le professeur Kawakami, toujours aussi fatiguée, et si elle avait été interrogée, elle aurait sans doute répondu totalement à côté, du genre ''De quelle couleur est le ciel ?'' ''Rectangulaire !''.

»Elle discutait avec l'une de ses amies se trouvant dans une autre classe, une dénommée Shiho Suzui. Je ne regardais pas volontairement, pas au début du moins, mais quand j'ai vu les mots ''club de volley'' et ''Kamoshida'', j'ai commencé à lire leurs messages par-dessus son épaule. Suzui faisait parti du club de volley et s'inquiétait du championnat national à venir, de savoir si elle méritait d'être titularisée. Elle se disait douée uniquement en volley, elle ne voulait pas échouer. Takamaki s'inquiétait pour ses blessures, mais son amie lui répondait que c'était normal à l'approche d'un championnat.

»J'ai sut immédiatement que cette Shiho Suzui serait la prochaine personne à qui j'irais parler. Bon sang, si vous savez comme je m'en veux… si j'avais su la suite, je n'aurais pas été aussi indolent… Plus encore aujourd'hui, alors que moi aussi… Mais je n'ai rien fait, et je suis simplement allé la trouver à la fin des cours. Elle était blessée, pas autant que Mishima, mais suffisamment pour que ce ne soit pas un simple bleu dû à une maladresse. C'était une fille assez quelconque, ni laide ni jolie, avec des cheveux noirs attachés en queue de cheval haute et des yeux marrons qui semblaient aussi terrifiés que ceux de Mishima. Elle a eut l'air surprise que je lui adresse la parole sans la connaitre.

_ Ce n'est pas trop grave, tes blessures ?

_ Ah ? Oh… non, ça va… Je… Je crois que tu es dans la classe D, de deuxième année ? Avec Ann Takamaki ?

_ C'est ça, je suis assit derrière elle en cours.

_ S'il… S'il-te-plait, ne fait pas attention aux rumeurs qui circulent sur elle… Elle n'est pas comme ils le disent…

_ Je m'en doute. Les rumeurs n'en font toujours qu'à leur tête, je suis bien placé pour le savoir.

_ Oui… Merci, c'est ma meilleure amie alors… Ah, il faut que j'aille à l'entrainement, je ne dois pas être en retard.

_ Bon courage.

_ Merci.

_ Non, vraiment. Bon courage.

»Je voulais qu'elle sache que j'étais au courant, qu'elle n'était pas toute seule, qu'elle devait s'accrocher. Paroles creuses, stupides, ce n'était pas de mots qu'elle avait besoin, mais d'actes. Je ne savais pas encore à quel point… Suzui est partie, et j'ai rejoint Ryuji au distributeur.

»Il était frustré, en colère même, que nous ne puissions rien faire contre Kamoshida. Rien de rien.

_ Et si je vous disais qu'il y a un moyen ?

»Cette voix m'était familière, mais hormis un chat noir au museau blanc se prélassant au soleil, il n'y avait personne d'autre que Ryuji et moi. Il avait un collier jaune, ce chat, et nous fixait de ses yeux bleus… qui ne m'étaient pas inconnus non plus. Ce que j'avais accepté si facilement dans le Palais de Kamoshida était bien plus dur à avaler dans la réalité, mais j'ai tout de même tenté le coup.

_ Morgana ? C'est toi ?

_ Qui veux-tu que ce soit d'autre, bouclettes ?

_ Bah merde alors ! Mai tu disais pas que t'étais pas un chat ? Et comment t'as réussi à nous trouver ici !?

_ Ça n'a pas été facile, blondinet, crois-moi ! Et je ne suis PAS un chat ! J'ai perdu ma forme humaine, et c'est à cause de ça que j'ai cette apparence hideuse !

_ Moi je te trouve plutôt mignon avec tes pattes toutes blanches, on dirait des chaussettes…

_ Ne t'y mets pas, bouclettes, je te pensais moins bête que l'autre !

»J'ai préféré changer de sujet avant que la situation s'envenime. Bien m'en a prit, l'avenir m'a apprit que la forme de chat de Morgana était un sujet tabou dont il était difficile de se dépêtrer une fois lancé.

_ Tu disais qu'il y avait un moyen d'empêcher Kamoshida de continuer à nuire ?

_ Oui, et vous devriez le savoir aussi…

_ On devrait aller parler ailleurs, non ? Si quelqu'un débarque et voit un chat qui cause…

_ Oh, vous êtes les seuls à m'entendre, vous m'avez vu dans l'autre monde.

_ Ça sera encore pire si quelqu'un débarque et nous voit causer à un chat comme deux crétins ! Ren, fourre-le dans ton sac pour qu'il ne se fasse par remarquer et on monte sur le toit. Là au moins, on sera tranquille.

_ Et le jardinier ?

_ Quel jardinier ?

_ Les bacs de fleurs qui sont là-haut ne s'entretiennent pas tous seuls, Ryuji…

_ J'ai jamais entendu parler de jardinier de toit, ici. On avisera si on tombe sur quelqu'un.

»Ryuji a agrippé Morgana par la peau du cou et l'a mit d'autorité dans mon sac. J'ai préféré ne rien dire, parce qu'il avait en parti raison. Notre réputation n'était pas au beau fixe, mais si on nous voyait parler avec un chat… lui serait considéré comme taré, et moi j'aurais sans doute droit à une nouvelle rumeur toute neuve comme quoi je dépeçais des chats dans des rites sataniques.

»Le toit était désert, mais j'ai remarqué que la terre des bacs était mouillée, comme si quelqu'un les avait arrosés très récemment. Jardinier ou pas, quelqu'un d'autre venait bien ici. Je n'ai pas eut le temps de m'attarder là-dessus, Morgana a jailli de mon sac en feulant, littéralement. Il était furieux, et son côté chat n'en ressortait que plus. Ryuji à levé les yeux au ciel.

_ Arrête de geindre le chat, et dis-nous plutôt c'est quoi ton moyen d'arrêter Kamoshida.

»Morgana s'est assit sur l'un des bacs et a commencé à lécher sa patte blanche avant de réaliser que ça ne nous aiderait pas à le voir comme un humain transformé. Il s'est redressé et a braqué ses yeux bleus sur nous.

_ Le Palais de Kamoshida est l'incarnation de ses désirs pervertis, la façon dont il se voit, un roi, et voit le lycée qu'il considère comme son château. Le Kamoshida du monde réel n'a pas conscience de l'existence de ce Palais qui existe pourtant dans les tréfonds de son cœur. A contrario, le maitre du Palais à conscience de la réalité, mais ça on s'en fiche. Si le Palais incarne les désirs du cœur de Kamoshida, que se passerait-il à votre avis si nous détruisions ce Palais ?

_ Ses désirs pervertis disparaitront avec le Palais…

_ Exactement bouclettes ! Je savais que j'avais raison de fonder de grands espoirs sur toi.

_ C'est trop cool ! Kamoshida ne sera plus un enfoiré de première ! Ah… Mais il sera pas puni quand même pour toutes les horreurs qu'il a faites !

_ Il subira un brusque changement d'attitude, c'est ce que l'on appelle une métanoïa. Ses désirs disparaitront, mais pas les crimes qu'il a commit. La métanoïa fera peser tout leur poids sur sa conscience et il n'aura d'autre choix que d'avouer.

_ Parce que sans désirs pervertis, la culpabilité sera telle qu'il ne supportera pas ce qu'il a fait.

_ Oui. Et comme la métanoïa à lieu dans le métavers, nous ne laisserons aucune trace. De vrais fantômes !

_ Ça à l'air simple, dit comme ça. Mais concrètement, comment on provoque la destruction du Palais ?

_ Bonne question bouclettes, je savais que ce serait toi qui la poserais. Blondinet n'est pas assez intelligent pour s'intéresser aux détails…

»Ryuji a poussé un cri outré mais Morgana l'a ignoré pour poursuivre ses explications, luttant visiblement contre l'envie de se nettoyer derrière les oreilles.

_ Il faut voler le Trésor du Palais. C'est un peu comme le noyau central qui le maintien debout. Une dernière chose. Une fois le Palais détruit, les désirs disparaissent. Les désirs sont essentiel à l'existence d'un être humain, ils nous poussent à aimer, détester, mais aussi les besoins les plus élémentaires tels que manger ,dormir… ou vivre. Il faudra donc faire très attention, vous devrez m'écouter. Parce que le risque que Kamoshida meurt dans la métanoïa n'est pas exclu. Avant de vous embarquer dans le Palais, je veux savoir si vous êtes prêts à prendre ce risque.

_ Carrément !

» Ryuji n'a pas hésité une seconde. Il s'est tourné vers moi avec un air déterminé.

_ Si on écoute le chat, ça se passera bien. Normalement… De toute façon, il n'y a rien d'autre à faire. C'est soit on prend un risque, soit on le laisse continuer à torturer les autres. On peut pas rester les bras croisés alors qu'on peut l'arrêter !

_ C'est que… si on le tue, on ne vaudra pas mieux que lui…

_ On ne va pas le tuer ! Pas volontairement en tout cas. Pas vrai le chat ?

_ Blondinet a raison, bouclettes.

» J'ai soupiré avant de répondre du bout des lèvres.

_ Je vais y réfléchir…

_ Bon, bah je reviendrais vous voir plus tard moi. Quand vous aurez prit votre décision. A plus !

»Morgana s'est éloigné rapidement, comme n'importe quel chat, et Ryuji et moi sommes descendu du toit. Les quelques élèves restant dans le lycée nous regardaient de travers, s'attendant visiblement à ce que l'un de nous deux perde la tête et se mette à les trucider avec la machette que je cachais dans mon sac. Oui, nouvelle évolution, mon couteau est un véritable Pokémon !

»J'ai quitté le lycée et nous sommes parti chacun de notre côté à la gare, au moment du changement de ligne. Je me dirigeais vers mon propre quai quand j'ai entendu quelqu'un s'énerver. C'était une voix féminine.

_ Puisque je vous dis que je n'ai pas envie ! Arrêtez d'insister, je ne changerais pas d'avis ! … Quoi ?! Mais vous aviez dit que... Vous êtes professeur, c'est indigne de votre profession ! Laissez Shiho en dehors de tout ça ! Elle n'a rien à voir là-dedans !

»Je n'ai eu qu'à contourner le pilier pour découvrir Takamaki, fusillant son téléphone du regard. Son interlocuteur lui avait visiblement raccroché au nez. Elle m'a remarqué et les fusils dans ses yeux se sont braqués sur moi.

_ Tu m'écoutais ?

_ Toute la gare t'écoutait, Takamaki. Difficile de faire autrement.

»Ses yeux bleus se sont remplis de larmes qu'elle a tenté de ravaler. N'y parvenant pas, elle s'est détourné et s'est enfuit en courant, bousculant les gens sur son passage. Je ne pouvais pas la laisser partir dans cet état, alors je l'ai suivie.

_oOo_

_ Shiho Suzui… Son nom est remonté durant mon enquête. Elle a été admise à l'hôpital peu de temps après, n'est-ce pas ? Pour une…

_ Tentative de suicide, oui. Mais je vous en parlerais en temps voulut.

_ Pourquoi a-t-elle fait ça ?

_ Parce que pendant que je courrais après Ann dans la gare… parce qu'elle avait envoyé paitre Kamoshida, avait refusé ses avances… Pendant que j'emmenais Ann dans un diner pour discuter au calme, ce porc était en train de violer Suzui.

Sae se figea et dévisagea Ren. Ce n'était pas mentionné dans son enquête, ça ! Mais il ne mentait pas, elle le su en croisant ses yeux posés sur elle. Il ne mentirait jamais sur ça, et surtout plus maintenant, alors qu'elle savait qu'il venait de subir exactement la même chose, au point de ne même plus pouvoir resté assit correctement plus de quelques minutes sans grincer des dents.

Ses poings se serrèrent. C'était ça le monde juste pour lequel elle voulait se battre ? Un monde où des adultes violaient et tabassaient des lycéens pour leur bon plaisir ? Si c'était ça ce monde, alors elle le trouvait immonde.

Elle refusait encore de croire que cette histoire de Palais était vraie, mais si elle l'était… il n'y avait rien de bien étonnant à ce que les lycéens aient décidés d'agir là où les adultes sensés les protéger avaient échoués.