10 _ Premier péché : Sombres révélations
Ren serra les poings, le regard assombrit. Il comprenait le désespoir de Shiho, tellement… Il voulait repousser ses souvenirs les plus récents loin, très loin. Et encore, Shiho n'avait pas eut l'énorme chance d'être droguée et donc de ne rien comprendre sur le moment. D'avoir simplement l'impression d'avoir fait un mauvais rêve lointain, noyé dans le coton. Elle avait dû subir de plein fouet les assauts d'un détraqué, véritable marteau-piqueur pilonnant sans relâche, blessant, déchirant en hurlant de rire… Une bile âcre lui remonta dans la gorge.
Mais ce n'était pas le moment de penser à ça. Plus tard, peut-être, il aurait le temps d'y songer.
Pour le moment, il devait raconter son histoire à Sae. C'était important, très important. Il inspira et regarda la jeune femme assise face à lui, tiraillée entre sa rage de la vérité qui lui convenait le mieux, et le dégout que lui inspirait celle qu'il lui révélait.
_ Je vous disais donc que pendant que Shiho Suzui se faisait violer sans que personne ne soit au courant, j'ai emmené Ann dans un diner où nous nous sommes assis à une table à l'écart.
»Elle était stressée, déchiquetant sa serviette en papier en tout petits morceaux. Elle m'avait dit n'avoir rien à me dire, et pourtant elle restait assise, les larmes au bord des yeux.
_ Ils se trompent tous…
_ Ceux qui disent que tu as une liaison avec Kamoshida ?
_ Oui… Ils ont tout faux ! Jamais je ne laisserais un type pareil me toucher ! Jamais ! Il n'y a que Shiho qui me croit quand je le dis !
_ Non. Moi aussi je te crois.
»Takamaki a relevé les yeux vers moi, visiblement surprise. C'était à croire qu'elle pensait que je l'avais attiré dans ce diner pour lui faire des propositions indécentes.
_ C'était lui au téléphone, n'est-ce pas ?
_ Oui… J'ai évité de lui donner mon numéro aussi longtemps que possible, mais il a finit par trouver le moyen de le récupérer… Il m'appelait pour me demander de passer chez lui ce soir… Pas besoin de te faire un dessin pour t'expliquer pourquoi. Et bien sûr, pour être sûr que j'y aille, il menace de vire Shiho de l'équipe de volley.
»Ce qui en soit était ce qui pouvait lui arriver de mieux, mais je me suis abstenu de lui dire. De toute façon, même si je l'ignorais encore, il était déjà trop tard.
_ Je hais Kamoshida, il me dégoute ! Mais Shiho… Elle est ma meilleure amie, tout ce que j'ai dans cette maudite école ! Je ne peux pas l'abandonner ! Amamiya, qu'est-ce que je dois faire ?!
»Les larmes se sont mises à ruisseler le long de ses joues, et je ne pouvais rien faire d'autre que serrer les poings.
_ Je suis désolée… Je ne devrais pas t'embêter avec tout ça, on ne se connait même pas…
_ C'est pour ça que tu peux m'embêter avec ça, justement. Tu n'as rien à perdre.
_ C'est vrai… Tu es gentil, Amamiya… les rumeurs te décrivent comme un meurtrier en puissance, mais je n'y crois pas. Je sais bien que les faits divers des journaux sont remplis de salops que leurs voisins décrivent comme des gens biens qui disaient toujours bonjour, mais… Non, décidément, toi tu es quelqu'un de gentil.
_ Je pensais pourtant avoir la tête d'un vrai bad boy !
»Takamaki a esquissé un pâle sourire. J'avais plutôt une tête de premier de classe que de bad boy, n'importe qui le dirait.
_ C'est peut-être pour ça que j'ai su que je pouvais te parler… tu es comme moi. C'est comme si tu n'avais pas ta place, que personne ne te laisserais en avoir une… J'étais comme ça, je le suis toujours d'ailleurs. Il n'y a eut que Shiho pour me tendre la main. Je dois l'aider… Mais… Bah, ne t'inquiète pas, je trouverais un moyen de repousser Kamoshida. Je vais lui dire que ce soir, ça n'est pas possible sans le braquer.
_ Si tu repousses simplement l'échéance, il continuera d'insister.
_ Je sais, mais au moins il permettra à Shiho de rester dans l'équipe aussi longtemps qu'il pensera avoir une chance de… enfin tu vois, quoi.
_ Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, Takamaki…
_ Moi non plus, mais c'est la seule que j'ai. Il ne va pas m'oublier du jour au lendemain et devenir un autre homme.
»Takamaki s'est levé et a prit le gobelet en carton contenant un café qu'elle n'avait pas touché. Le sourire qu'elle m'a adressé n'atteignait pas ses yeux.
_ Merci de m'avoir écouté, Amamiya, ça m'a fait du bien de parler. Tu… ne diras rien, n'est-ce pas ?
_ Non, ne t'inquiète pas.
»Elle a hoché la tête et est partie. Je l'ai imité après avoir vidé mon propre gobelet de café. Il était mauvais, bien différent des aromes riches de ceux préparés par Sojiro. Je n'avais jamais aimé le café, mais celui de mon logeur m'avait fait changer d'avis.
»Mon train ayant était annulé pour je ne sais quelle raison, je me suis mit à errer dans le quartier, attendant le suivant. Je n'ai pas été bien loin, simplement jusqu'à la statue du chien Buchiko, où je me suis assit sur un banc avec mon livre. Encore une fois, je me suis révélé incapable de me concentrer, mais au moins je n'avais pas l'air d'un crétin fixant le vide. C'est peut-être pour ça que les gens ont toujours les yeux rivés sur leurs téléphones, pour ne pas avoir l'air de ne rien faire lorsqu'ils se perdent dans leurs pensées…
_ Puis-je te croquer, jeune homme ?
»Niveau question étrange, je n'avais jamais entendu mieux ! J'ai relevé les yeux pour dévisager celui qui m'avait interpelé. C'était un beau garçon de mon âge, avec un visage pâle aux traits fins et des cheveux bleus sombres sagement coiffés d'une raie sur le côté droit, une mèche ombrant son front vers la gauche. Ses yeux gris me fixaient avec attention, en attente de ma réponse. Mes yeux à moi devaient être tout simplement totalement largués.
_ Tu veux me… manger ?
_ Non, pas te manger ! Quoique, ça ne serait pas une mauvaise idée dans un certain sens… Ce que je veux dire par ''te croquer'', c'est faire un croquis de toi. Te dessiner !
»Je l'ai dévisagé de ce que je supposais, et que je suppose être encore aujourd'hui, l'air le plus stupide de toute la Création. Ce n'est pas tous les jours que quelqu'un vous fait cette demande ! Et à moi encore moins, je suis le type le plus banal qui soit, alors inspirer un artiste me paraissait être totalement invraisemblable. Mais qu'est-ce que j'en savais ? Il devait peut-être dessiner un binoclard, et j'étais le seul qu'il ait trouvé !
_ Si tu veux.
_ Splendide ! Alors regarde-moi… baisse un peu le menton… voilà, ne bouge plus ! C'est parfait ! Magnifique !
»Je venais de faire la rencontre d'un sacré phénomène !
_oOo_
Sae fronça les sourcils. Cette rencontre avait l'air anodine, mais compte tenu de ce que contenait son dossier… Elle regarda l'air un peu absent de Ren alors qu'il se remémorait ce souvenir, regardant avec un léger sourire le tatouage sur son avant-bras gauche, l'effleurant du bout des doigts.
_ Oui… un sacré phénomène…
_ Et ce… phénomène, ne s'agissait-il pas de Yusuke Kitagawa, dont le nom est mentionné pour une autre affaire de mon dossier ?
_ Vous êtes attentive. Oui, c'était bien lui. Notre rencontre devant la statue n'était qu'une coïncidence. Quant à l'affaire dont vous parlez, je vous en parlerais plus tard. Je vous l'ai déjà dis, Sae, faites preuve de patience. Laissez-moi finir celle de Kamoshida avant de vous parler de Madarame.
»J'ai laissé ce drôle de jeune homme examiner mon visage avec attention tout en jetant parfois un trait de crayon sur le carnet posé sur ses genoux. Ses doigts étaient chauds lorsqu'il les a posés sur mon menton pour me relever doucement la tête, et son regard ne lâchait pas le mien.
»Le charme s'est rompu à cet instant, lorsque l'alarme que j'avais mit sur mon téléphone pour ne pas manquer le train suivant s'est mise à sonner. Je me suis levé précipitamment en ramassant mes affaires.
_ Désolé, il faut que j'y aille !
»Je suis parti en courant, le cœur battant plus qu'il ne le devrait. Que voulez-vous, nos chers palpitants sont plus clairvoyants que nos esprits ! Ce que notre tête met des mois à comprendre, notre cœur le sait instantanément. Avouez-le, ça en jette comme réplique pour un bouquin à l'eau de rose, hein ?
»Je me suis retourné pour regarder le jeune homme et ai sourit pour le saluer avant de disparaitre dans les entrailles de la gare.
»Durant tout le trajet qui me ramenais au Leblanc, je n'ai pas été capable de m'ôter son visage de la tête. Un très beau visage, il faut bien l'admettre.
»Mon menton me brûlait là où il m'avait touché…
»Sojiro m'a regardé renter d'un air sévère, ses doigts pianotant sur le comptoir avec impatience.
_ Désolé d'arriver si tard, mon train a été annulé, alors j'ai dû attendre le suivant.
_ Au moins tu as conscience de l'heure. J'ai mieux à faire que de t'attendre, tu sais. Tu n'as pas trainé avec des gens louches, j'espère. Nous en avons déjà parlé, il me semble, de te fréquentations.
_ Non. J'ai croisé un garçon un peu loufoque, mais pas mauvais.
_ Je n'ai aucune envie de t'entendre me raconter ta journée. Aller, je rentre chez moi.
»Sojiro ne s'est pas attardé, me laissant seul au Leblanc. Il était peut-être bourru et tout sauf accueillant, mais la portion de curry qu'il avait laissé à mon intention dans le frigo était plus que généreuse. Et délicieux, surtout accompagné de café ! Mais vous le savez ça, puisque vous êtes déjà venue au Leblanc. Ah, mais c'est vrai que vous n'avez jamais prit la peine d'y rester plus de quelques minutes, persuadée que vous étiez de détenir la vérité absolue sur Sojiro.
»Après mon repas et ma toilette de chat dans le lavabo, songeant de plus en plus à chercher des bains publics à la première occasion, je suis monté dans mon grenier. Ai-je besoin de vous raconter ma soirée ? Oui, vous êtes du genre à vouloir les détails. Alors, j'ai fait sagement mes devoirs, fait un peu de rangement, enfin réussi à terminer mon chapitre et me suis couché. Voilà Sae, êtes-vous satisfaite ?
»Le lendemain, le vendredi 15 avril était un jour gris. Pas de pluie, mais de gros nuages obscurcissait le ciel. C'est curieux comme certains détails vous marquent… Nous n'étions pas en cours depuis très longtemps lorsqu'un élève de ma classe s'est levé en criant, mettant le professeur Ushimaru en colère.
_ Silence, et rasseyez-vous !
_ Mais monsieur, une fille va sauter du toit !
»A cette annonce, une marée d'élève s'est précipitée vers les fenêtres. Pensez-vous, un suicide en direct, il ne fallait surtout pas en manquer la moindre miette ! Les téléphones se sont braqués vers le toit d'en face, où une silhouette solitaire se détachait dans le gris du ciel, ses cheveux noir attachés en queue de cheval haute glissant dans le vent.
_ Mon Dieu ! Shiho !
»Takamaki a appuyé ses mains sur la fenêtre, les yeux écarquillés, impuissante. Et elle a hurlé.
»Nous avons regardé la silhouette se laisser tomber du haut du toit. Ce n'était pas comme dans les films, pas de ralenti visuellement esthétique pour prolonger le drame, pas de musique poignante qui vous arrache des larmes. Non. Juste la chute, rapide, et l'atterrissage, brutal. Et les cris des élèves qui n'avaient jamais prit le temps de s'interroger sur la nature des blessures de cette fille et se mettaient à pleurer comme des hystériques comme si c'était leur meilleure amie qui venait de faire le grand saut. Je déteste les gens et leur hypocrisie. La seule à rester silencieuse, finalement, c'était Takamaki. Elle regardait le corps gisant dans la cour du lycée. Puis elle est partie en courant, repoussant les élèves se trouvant sur son chemin. Les professeurs avaient beau s'égosiller pour nous renvoyer en classe, personne ne voulait s'éloigner des fenêtres. Un certains nombres d'élèves se dirigeaient vers la cours pour voir de plus près. Qui sait, il y avait peut-être du sang !
»Je suis mal placé pour les critiquer puisque j'ai fait exactement la même chose. La cour était bondée, mais j'ai put me frayer un passage. Par je ne sais quel miracle, Shiho était vivante. Salement amochée, mais vivante. Son bras droit se retrouvait plié en trois endroit différent, dont l'un n'était ni le coude, ni le poignet. Un os blanc saillait de la peau, grossier point d'intérêt général de tous les appareils photos se trouvant dans les parages. Takamaki pleurait toutes les larmes de sont corps, agenouillée à côté de Shiho sans oser la toucher. Cette dernière a murmuré quelque chose et Takamaki s'est redressée avec une expression horrifiée. Elle a secoué la tête comme pour nier ce qui ne pouvait l'être.
»Les secours sont arrivés très vite, et puisqu'aucun professeur ne semblaient vouloir assumer son rôle, Takamaki a accompagné elle-même son amie à l'hôpital. Le principal, toujours aussi énorme et arborant son costume jaune le faisant ressembler à une motte de beurre, a prit la parole, nous renvoyant tous en classe avec interdiction de quitter l'établissement jusqu'à nouvel ordre.
»Je remontais les escaliers pour rejoindre la mienne lorsque j'ai aperçut Mishima s'arrêter sur un palier, pâle comme un mort. Il s'est appuyé contre le mur et a vomit sans que personne ne viennent se soucier de lui. Juste des regards dégoutés.
_ Ça va, Mishima ?
_ Amamiya…
_ Viens, on va discuter.
»Il n'était pas en état de protester, et m'a laissé l'emmener dans un couloir plus calme qui ne donnait sur rien d'autre qu'un placard à balais. Mishima s'est laisser tomber par terre, enfouissant son visage entre ses mains.
_ C'est de ma faute… Suzui… c'est de ma faute…
_ Ce n'est pas toi qui l'a poussée à sauter que je sache.
_ Non.. Mais c'est moi qui… Kamoshida voulait la voir, hier, et c'est moi qui lui ai transmis le message ! Je savais qu'il lui ferait du mal, il avait sa tête de mauvais jours… Mais je voulais pas qu'il me frappe encore une fois, alors je lui ai obéis en lui envoyant Suzui… Je ne suis qu'un ignoble lâche ! A cause de moi, il a dû lui faire pire que d'habitude ! Je voyais bien qu'il était encore plus énervé que les autres jours ! Il… les filles… il…
»Mishima s'est écarté d'un bond de moi pour vomir à nouveau. Des larmes dégoulinaient le long de son visage, s'écrasant sur le sol souillé.
_ On le sait tous… Les mecs, on a de la chance, il se contente de nous tabasser… Mais les filles… Il les prend en photo dans les vestiaires lorsqu'elles se changent, les filment dans les toilettes… Je… une fois… une fois je l'ai surprit en train de regarder ses vidéos… il… tu vois, quoi, ce qu'il faisait en regardant… Il m'a cassé un doigt pour s'assurer que je parle pas, ce jour-là…
»Mishima me brisais le cœur. Il avait l'air de tellement s'en vouloir…
_ Amamiya… c'est… c'est à cause de moi si Suzui a été… Et aussi… c'est moi qui ai parlé à tout le monde de ton casier judiciaire… j'ai tout mit sur le site du lycée…
_ Kamoshida t'a demandé de le faire, c'est ça ?
_ Oui… Il disait que je n'avais pas le choix… je suis… désolé…
_ Ce n'est pas de ta faute.
_ Bien sûr que si ! J'ai totalement pourri ton avenir !
_ Mon casier est là, il ne disparaitra pas par enchantement, que j'en taise l'existence ou non. Ne t'en veux pas pour ça, Mishima, vraiment pas. Pas plus que pour Suzui. Ce n'était pas de ta faute. Tu m'entends ? Ce n'était pas de ta faute ! Le seul coupable ici, c'est Kamoshida. Ce type est une ordure, il manipule les gens comme des pions, les blesse, les brise, et lui s'en sort toujours. Pire, il casse la jambe de Ryuji et le lycée entier le vénère comme un héros ! Et la, il va s'en sortir aussi tu crois ? Suzui a tenté de se suicider et tu peux parier qu'il jouera le professeur éploré qui a tout tenté pour la sauver…
_ Mais on ne peut rien faire, Amamiya, strictement rien ! Même nos parents ne disent rien ! Quand ce salopard m'a cassé le doigt, mon père m'a dit que les hommes ne geignaient pas pour si peu ! Que je devais serrer les dents si j'en étais un ! Tu veux faire quoi contre ça, hein ?! On est que des lycéens !
»Je ne pouvais pas lui parler de Morgana, mais le voir dans cet état a balayé mes hésitations. Je ferrais subir cette métanoïa à Kamoshida. Et s'il devait mourir dans la manœuvre… ce ne serait pas une grosse perte. Oh et, Sae, avant que vous ne disiez quoi que ce soit sur le peu de remords que m'inspire la mort éventuelle de cet enfoiré… rappelez-vous que votre sœur l'a côtoyé aussi. S'il s'en était prit à elle, l'avait violée comme il l'a fait avec Suzui, n'auriez-vous pas ravalé tous vos beaux principes pour lui arracher les yeux vous-mêmes ?
»Cela dit, les évènements se sont quelque peu précipités avant même notre retour dans notre salle de classe. Ryuji m'a envoyé un message pour me dire qu'il comptait parler à Kamoshida de la tentative de suicide de Suzui et lui soutirer des aveux. Je n'avais pas encore eut le temps de lui raconter ce que venait de me dire Mishima, mais il n'était pas stupide au point de ne pas comprendre qu'une fille du club de volley qui se jette du toit après tout ce que nous avions découvert sur Kamoshida, ce n'était pas une coïncidence.
_ Merde, ça va mal finir cette histoire… Mishima, où se trouve le bureau de Kamoshida ?
_ Au premier étage… mais qu'est-ce que tu comptes faire ?
_ Empêcher Ryuji de faire une bourde plus grosse que lui.
_ Je vais t'y emmener.
»J'ai suivi Mishima à travers les couloirs du lycée. Le bureau de Kamoshida n'était pas très loin, mais j'ai eut l'impression de mettre une éternité à y arriver.
»La voix de Ryuji, furieuse, résonnait depuis l'autre bout du couloir, maudissant Kamoshida, tentant de le forcer à avouer pourquoi une fille venait de se jeter du toit. Je me suis mit à courir et je suis entré sans frapper dans le bureau, empoignant le bras de Ryuji alors que celui-ci s'apprêtait à frapper un Kamoshida tout sourire. Il n'attendait que ça, ce porc.
_ Ren !
_ N'entre pas dans son jeu, Ryuji. Il n'attend que ça pour te faire renvoyer.
_ Je n'ai pas besoin d'une nouvelle affaire de ''légitime défense'' pour faire renvoyer des fauteurs de troubles dans votre genre. C'est ce que je vais faire, d'ailleurs. Au prochain conseil d'administration, vous dégagez. Maintenant disparaissez de ma vue.
»Ryuji ne l'entendait pas de cette oreille, mais je ne l'ai pas laissé protester. Je l'ai entrainé hors du bureau en le trainant derrière moi. Si nous étions restés, la situation aurait dégénéré, et la vague chance que nous avions de nous en sortir serait partie en fumée. Je n'y tenais pas, parce que si je me faisais renvoyer du lycée, j'étais bon pour la maison de redressement.
Je n'ai pas put m'en empêcher, il fallait que je fasse apparaitre Yusuke un peu plus tôt que dans le jeu, même brièvement ! En écrivant ce chapitre, j'avais tellement hâte qu'il arrive pour de bon dans l'histoire ! Mais je n'avais pas envie de bâcler le début pour y arriver plus vite. J'espère que vous serez toujours là à ce moment-là :)
