Merci pour les mises en follow et en favoris de cette histoire. Merci à Jiminie-chou pour son commentaire. Je pense publier tout les dix jours ou toutes les deux semaines, ça dépendra.^^
Voici la suite après être passé entre les mains de ma bêta. Bonne lecture !
Chapitre 1 : Une vie meilleure ailleurs
-Tu me vois !? s'étonna stupidement Sirius.
Il était euphorique et ses lèvres se tordaient de joie sans même qu'il puisse le contrôler. Il s'approchait déjà de Regulus quand celui-ci le menaça de sa baguette. Il s'arrêta, désarçonné par la méfiance du plus jeune.
-Tu ne vas pas me lancer un sort ! s'exclama-t-il comme si c'était évident. Je suis un fantôme, lui fit-il remarquer dans un soupir. Ou un spectre. Je ne sais pas trop en réalité, mais ce n'est pas très important.
Il esquissa ensuite un sourire qu'il espéra rassurant mais le visage de Regulus restait fermé. C'était assez perturbant, surtout qu'il était évident qu'il avait pleuré cinq minutes auparavant à peine. Et puis, il n'avait pas l'air de vouloir lâcher cette baguette. Sirius espéra sincèrement qu'il n'allait pas lancer de sort. Techniquement, il ne risquait rien, mais techniquement aussi, il n'était pas censé pouvoir parler à qui que ce soit alors…
Il n'avait aucunement envie de tester avec le jeune Black les nouvelles aptitudes dont il était affublé.
-Qui êtes-vous ? Vous êtes un esprit vengeur ? Un ancêtre qui hante la maison ?
-De quoi ? Mais est-ce que tu m'as bien regardé ? s'agaça Sirius qui se rapprocha de quelques centimètre.
-Vous avez peur de ma baguette, s'étonna Regulus.
-Non !
Sirius s'approcha encore, simplement pour lui donner tort. Il toucha ensuite le bois du lit, s'émerveillant de pouvoir le traverser sans problème.
-Non, répondit-il, plus confiant.
-Qui êtes-vous ? répéta Regulus.
-Tu m'as appelé par mon prénom pas plus tard que tout à l'heure.
La surprise se peignit sur le visage du plus jeune. Cela rappela de bons souvenirs au fantôme, des instants de leur jeunesse où son frère avait encore été capable de faire preuve d'innocence.
-Vous dites n'importe quoi. Mon frère est en bas en train de penser que personne ne sait ce qu'il prépare. Et puis, si vous êtes un fantôme, c'est que vous êtes mort. Et enfin, vous êtes trop vieux.
-Tu as raison, je ne suis pas le même Sirius que celui qui, dans cette réalité là, est ton frère.
Regulus baissa sa baguette. Sirius le savait intrigué. Mais même si parler avec lui était agréable, il n'avait pas échangé de manière courtoise avec son frère depuis de trop nombreuses années pour les compter, sans parler du fait qu'il parlait enfin à quelqu'un d'autre ! Il ne savait pas combien de temps il serait visible. Il devait faire vite. Il avait longtemps espéré pouvoir agir, aider cet adolescent qui à force de mauvais choix, avait fini par en mourir.
-Enfuis-toi, Regulus. Si tu restes, tu mourras.
Le choc fut évident pour le jeune sorcier. Mais la méfiance apparut tout aussi vite.
-Pourquoi je croirais un fantôme qui se fait passer pour mon traitre de frère et qui me parle de réalité divergente ?! Ou multiple ? pointa-t-il. Et puis, tout le monde meurt un jour ! termina-t-il pour le simple plaisir de montrer qu'il n'avait pas peur.
-Depuis quand es-tu si confiant, Reg' ? Descends de ton lit et prépare-toi. Malheureusement, je ne t'attendrai pas.
L'appellation l'étonna et pendant un instant, Regulus fut perdu.
Sirius comprit qu'il devait lui donner plus. De son vivant, il avait déjà essayé d'aider son frère, avec plus ou moins de volonté. Regulus était resté sourd à ses demandes. Ce n'était pas la prédiction de sa mort qui allait le décider. Par Merlin, Regulus devait le prendre pour une mauvaise incarnation de Trelawney.
-Je suis Sirius Black, ton frère, sans l'être vraiment. Je viens d'une autre réalité, une réalité où j'ai été tué par cette folle de Bella. Je suis tombé à travers le voile et depuis, je me balade. J'ai voyagé dans plusieurs univers et dans tous sans exception, tu meurs, Reg'. Et si je suis là aujourd'hui, c'est pour te dire que la vie peut être meilleure ailleurs. Qu'en cet instant, tu as le choix de vivre.
Il lui tendit alors une main qu'ils savaient tout les deux qu'elle ne pouvait être saisie.
-Ou de mourir.
-Qu'est-ce qui me prouve que c'est vrai ? Que ce n'est pas une stupide blague de mon frère ?
Regulus semblait vouloir y croire mais demeurait indécis.
-J'ai déjà voyagé dans cette réalité, je crois…
Sirius observa la chambre, les changements sur ce Regulus par rapport à son réel frère.
Son petit frère était beau, mais peu importe les différentes réalités, Sirius restait plus beau. Tellement plus. Et il comprenait à quel point c'était dur à vivre, cette comparaison. Son frère était beau, il n'y avait aucun besoin de les comparer, c'était simplement les confronter encore plus. Mais ce Regulus là était un faux fort. Il semblait sûr de lui, confiant et studieux. Pourtant, Sirius voyait la part de fragilité qu'il avait. Ce désir ardent qu'on lui laisse enfin être qui il était, sans oser tourner le dos à ses parents parce qu'il les aimait quand même.
Il pouvait trouver quelque chose, une preuve pour son frère. Il se souvenait, peu importe les voyages, les vies qu'il avait vues. Certaines l'avaient marqué plus que d'autres. Et celle de ce Regulus qui faisait semblant d'être fort alors qu'il se retenait de craquer la nuit, celui qui regardait parfois son frère avec envie et colère… Ce Regulus là était l'adolescent mal dans sa peau parce qu'il était différent. Celui qui ne trouvait pas sa place dans ce monde mais qui le cachait du mieux qu'il le pouvait, comme tout ce qui le peinait. Il gardait tout pour lui parce qu'il n'avait confiance en personne pour partager ses secrets. C'était le Regulus qui était amoureux d'un garçon. Ça avait été étrange pour Sirius Black d'observer un Regulus en plein émoi amoureux, il ne l'aurait sans doute pas remarquer s'il n'était pas arrivé à la bonne année. C'était lorsqu'il avait chercher en vain une vie ou son frère ne s'éloignait pas de lui, ne faisait pas les mauvais choix.
Il avait aimé cet univers là, il était différent du sien, mais en bien, du moins il le croyait. Il avait sourit en voyant Regulus observer à la dérober le garçon qui lui plaisait comme si de rien était, essayer de l'impressionné sans même s'en rendre compte et même reproduire certaine de ses mimiques, persuadés que ça le rapprochait de lui, d'une certaine manière.
Et puis Black avait dû se rendre à l'évidence que son petit frère suivrait le même chemin que d'habitude. Il prenait déjà la même direction, se renfermait et parlait de chose étrange avec les autres Serpentard. Il n'avait pas voulu être déçu, alors il était parti avant le dénouement. Mais il était revenu, parce que l'espoir ne meurt jamais vraiment. Quelque chose chez lui était convaincu que s'il avait fini par atterrir dans cet univers, c'était pour qu'il continue de se battre.
Et c'est ce qu'il ferait maintenant qu'il pouvait agir.
-Tu es amoureux de James Potter.
Sirius laissa son regard couler sur le vif d'or sur la table de chevet de l'adolescent, James avait un model similaire. Regulus l'avait copié et avait dû se dire que personne ne le remarquerait jamais.
La baguette le pointa si vite que Sirius leva les mains par réflexe avant de les baisser et de soupirer. Il leva les yeux au ciel.
-Okay, on n'est pas obligé d'en parler.
-C'est faux ! marmonna tout bas le sorcier.
Pourtant, Regulus se redressait déjà. Il récupéra sa malle et Sirius lui lança encore ce fameux regard.
-Tu penses vraiment avoir le temps de préparer tes affaires ? Tu ne pars pas en vacances Reg, tu t'enfuis ! Par Merlin, dépêche-toi !
-La ferme ! s'énerva-t-il.
Mais il s'exécuta tout de même.
Le cadet des Black se demandait pourquoi après avoir entendu les aberrations d'un esprit, il se retrouvait à préparer sa malle en plein milieu de la nuit. Se sentait-il si seul pour qu'il ressente le besoin d'écouter le premier venu ? Peut-être. Personne ne faisait jamais attention à lui, Black semblait le connaitre et ne pas être méchant. Et puis il ne lui demandait pas la lune, juste de suivre son idiot de frère. Cette idée le rendit tout de même un peu nerveux. Il adorait Sirius, il avait vraiment apprécié son frère et sa vie n'avait jamais été aussi heureuse que lorsque Sirius et lui était encore proche, avant Poudlard. Peut-être qu'il n'avait pas envie de le perdre, son frère n'était pas perdu, Sirius avait beaucoup de défaut, mais il pouvait s'améliorer, Regulus ne désirait rien de plus que sa famille s'entende bien.
Mais au-delà de ça, l'esprit semblait avoir à cœur ses intérêts et c'était bon signe. Regulus croyait au miracle, au signe et au protecteur. Il ne savait pas si Black en était un, mais il en avait l'air. Quelqu'un qui veillerait sur lui, avec qui il ne serait plus jamais seul.
Regulus emporta avec lui seulement les objets auxquels il tenait le plus. Il prit une photo de ses parents, un vif d'or, un livre bien trop gros pour être intéressant aux yeux de Sirius et sa baguette. Et enfin, ils purent descendre les escaliers. Quelques tableaux se réveillèrent à son passage et le regardèrent avec scepticisme. Regulus les ignora. Il trouva son frère alors que celui-ci poussait la porte.
Sirius se retourna précipitamment vers lui, le menaçant de sa baguette. Il était évident pour lui que son frère était seulement là pour l'empêcher de partir.
-Il ne me voit pas et ne m'entends pas, je pense, supposa très justement le plus vieux des deux. Ne me réponds pas, s'empressa-t-il d'ajouter quand il vit Regulus ouvrir la bouche. Il va penser que tu es fou sinon.
-Je viens, lança alors Regulus au Sirius qui lui faisait face.
Son frère et lui n'étaient plus proches depuis longtemps, pas la peine d'essayer de l'amadouer.
-C'est ça oui, répondit celui-ci avec agacement. Retourne te coucher, Regulus. Peu importe le stratagème que tu as mis en place pour me piéger et te faire une fois de plus bien voir par Walburga, je ne tomberai pas dedans. Ce soir est mon premier jour de liberté ! Je me casse de cette maison de fous !
Les tableaux dans le couloir commençaient à chuchoter et il était certain que bientôt, leurs parents débarqueraient. Sirius avait trop attendu, il ne pouvait pas se permettre d'échouer.
-Dis-lui quelque chose, Reg' !
-Arrête de m'appeler comme ça ! s'énerva ce dernier.
Sirius le regarda d'un air soupçonneux.
-Quoi ? s'agaça Regulus.
Le fantôme de son frère se pencha à son oreille.
-Je ne te fais pas confiance, il faut que tu joues sur la corde sensible.
Regulus avait envie de lui répliquer que ça n'allait pas marcher mais le fantôme de Sirius devait se connaitre mieux que lui. Tout le monde sur cette terre connaissait mieux son frère que lui.
-Tu vas juste partir et me laisser ici ? Tout seul ? lança-t-il alors.
-Et quel est le problème ? Je croyais que tu n'avais jamais été malheureux. Ce n'est pas ce que tu disais? Mère n'a jamais levé la main sur toi. Toi, les parents t'aiment, tu n'as jamais été une honte pour qui que ce soit et ça te va très bien, répliqua Sirius.
-Je me suis trompé, avoua soudain Regulus.
Il se tut et le fantôme de son frère lui fit les gros yeux. Sirius attendait visiblement la suite, pris au dépourvu.
-Tu as toujours été meilleur que moi en tout, expliqua-t-il alors à son frère en se mordant les lèvres. L'amour et la fierté des parents, je pensais que je n'aurais jamais que ça. Et si je me rebellais, si je prenais ta défense, si je m'émancipais, que me resterait-il ? Je ne suis pas comme toi, Sirius, on me l'a assez répété comme ça…
A cet instant, le fantôme vit en même temps que ce Sirius plus jeune, Regulus tel qu'il était réellement : un ado de 16 ans mal dans sa peau qui souffrait de la comparaison avec son frère. Qui se raccrochait à ce qu'il pouvait, qui faisait de son mieux sans jamais réussir.
Il n'aurait jamais pensé qu'il ferait preuve d'une telle honnêteté envers lui. Au fil des ans, les deux frères étaient presque devenus ennemis après tout.
-Pourquoi avoir soudain changé d'avis ? voulut savoir Sirius.
Le jeune homme hésitait visiblement. Il regarda la porte derrière lui. Le temps pressait et il se demandait sûrement s'il ne faisait pas une erreur en prenant du temps qu'il n'avait pas pour une session de confession avec son jeune frère. Il devait penser que Regulus cherchait à gagner du temps en discutant avec lui.
-Parce que tu pars, répondit alors le plus jeune, et le fantôme approuva sa décision de ne pas le mentionner. J'ai toujours pensé que malgré nos divergences d'opinion, on resterait ensemble. Qu'on finirait par se retrouver ici, au Square Grimmaurd.
Cette fois, le fantôme pensa que le jeune sorcier faisait preuve d'honnêteté.
-Dépêche, je pense que Walburga et Orion ne vont pas tarder à se réveiller et les tableaux à crier…
Il était certain que si aucun des tableaux n'avait donné l'alerte, c'était parce que le fils bien aimé était là et qu'ils se demandaient encore pourquoi. Peut-être pensaient-ils à une ruse ? Il leur était difficile d'entendre exactement le sujet de la discussion, ce qui jouait en la faveur des frères.
-Si tu pars, je serais seul…
-Ne me laisse pas t'abandonner, murmura le fantôme alors qu'un tableau s'était enfin décidé à donné l'alerte.
-Ne m'abandonne pas ! le supplia alors Regulus en écho aux mots du fantôme de son frère.
Une larme lui échappa tandis que la tristesse qu'il avait ressentie plus tôt affluait.
Le fantôme comprenait. A force de l'observer, il avait compris que la vie pour Regulus ici avait été supportable, parfois agréable, simplement parce que son frère était là. A l'idée d'être seul, toutes ses angoisses se réveillaient. Et s'il devenait un paria à son tour ? Ne pouvait-il pas réussir en restant là ?
Sirius Black observa ces deux frères, si différents et semblables à la fois. Qui n'arrivait pas à s'aimer sans se détester.
Mais il les connaissait. Peu importe que ce jeune Sirius ne soit pas vraiment lui. Il avait souvent rêvé que son frère ouvre les yeux, qu'enfin il comprenne. Il avait trop attendu pour passer à côté de ce premier pas fait en sa direction.
Le Sirius de 17 ans attrapa la main de son jeune frère et ouvrit la porte d'entrée. A l'étage, leurs parents s'éveillaient enfin.
Mais il était trop tard. Sirius Black s'enfuyait et emmenait dans son sillage son jeune frère Regulus.
Alors qu'ils courraient dans les rues de Londres, les pieds de Regulus foulant le trottoir dans un rythme saccadé, entrainé par la main ferme de son frère sur son poignet, il souriait. Il avait peur, il était certain de regretter son choix, mais pour la première fois depuis toujours, il se montrait égoïste. Il eut tout de même une pensée triste pour ses parents. A leurs yeux, certainement qu'il ne valait pas plus que Sirius à présent.
Mais au fond, aurait-il existé si Sirius avait été le fils parfait qu'il aurait dû être ? La réponse lui fit peur et il refusa d'y répondre.
Tout ce qui comptait, c'était que le fantôme derrière lui, lui assurait avoir fait le bon choix.
Et puis, il semblait sincèrement tenir à lui.
Son l'euphorie disparut cependant rapidement lorsqu'il sentit la baguette de son frère appuyer contre son cou.
-J'espère sincèrement que tu ne me feras jamais regretter mon choix. Je t'ai emmené, Regulus, mais je ne te fais pas confiance.
Il le relâcha et ce dernier lui envoya un regard sévère alors qu'il réajustait ses vêtements. Le fantôme lui sourit comme pour s'excuser de son propre comportement. Il lui fallait être prudent, c'était comme ça.
-Où va-t-on ? Si tu me dis qu'on dort dehors, je rentre à la maison, se plaignit alors le plus jeune en regardant la rue emplie de poubelles où ils s'étaient arrêtés.
-Chochotte, se moqua son frère, le vrai.
-Chochotte, se moqua le fantôme en riant, ou plutôt en aboyant plus fort lorsqu'il entendit la réplique de son jeune lui.
-Désolé, Reg' mais cette information est secrète, répondit Sirius après un temps. Mais ne t'inquiète pas, j'ai tout prévu !
-On va chez Potter, c'est ça ?
Sirius s'étouffa avec sa salive sous la surprise.
-Je vois mal qui d'autre pourrait t'accueillir et qui aurait assez d'influence pour ne pas avoir peur des possibles représailles des Black, lui fit remarquer Regulus en soupirant.
-Tu m'énerves à être aussi intelligent. Enfin bon, allons-y.
Le Magicobus arriva et Regulus sentit le regard du fantôme sur lui alors qu'il montait. Il rougit alors qu'il se rappelait que celui-ci avait découvert son secret. Mais rien d'étonnant pour un fantôme. Il était certain que personne d'autre n'était au courant. Il emporterait ce secret dans sa tombe de toute façon.
-Nous allons certainement être retirés de la tapisserie, supposa Sirius tandis qu'il prenait place sur une couchette.
-Ne lui dis pas mais c'est ce qui va arriver, chuchota le fantôme à son oreille.
Geste inutile puisqu'il pouvait crier que son jeune lui ne l'entendrait pas.
-Par contre toi, je ne sais pas. Tu n'as jamais fui dans aucune autre réalité…
Regulus acquiesça et chacun des Sirius crut que c'était en réponse à sa remarque.
-Il est tard, dormons. Une fois chez James, on pourra réfléchir à notre nouvelle vie.
L'adolescent alla se coucher et s'endormit plutôt vite. Regulus lui repensait aux soupçons de son frère. Se faire retirer de la tapisserie familiale… Ça ne semblait pas faire grand-chose à l'autre enfant Black mais lui, d'un coup, il doutait. Il observa son frère dormir et aurait aimé qu'il le rassure. Lui était terrorisé. Ne comprenait-il pas combien c'était un geste fort d'être retiré d'une tapisserie ?
C'était triste.
On lui enlèverait son identité. Son droit d'appartenir à la très ancienne et noble famille des Black.
Et puis, la réalité le frappa soudainement. Sirius se foutait bien d'être un Black, la tapisserie n'était donc rien pour lui.
-Regulus, ça va aller.
Assis sur sa couchette bancale, celui-ci regarda le Magicobus et grimaça. Le lit bougea et il ne sut comment il fit pour ne pas chuter. Les autres passagers avaient l'air de bien dormir malgré le trajet mouvementé. Le jeune Black se couvrit alors un peu plus avec le drap et observa le fantôme, se demandant s'il était enfin libre de parler. Pour toute réponse, il secoua simplement de la tête.
-Bien sûr que si ! Ce que tu as fait est déjà énorme, le félicita t-il.
Regulus sentit son cœur s'emballer légèrement sous le compliment. Il n'était pas vraiment habitué à en entendre.
-Je doute de plus en plus que tu sois mon frère, murmura-t-il.
-Ne t'inquiète pas, tout le monde dort et personne n'écoute.
Regulus regarda encore une fois autour de lui et haussa les épaules. Il n'avait pas grand-chose à dire de toute façon.
-Regulus, commença Sirius, incertain. Je t'ai dit dans ta chambre que je voyage de réalité alternative en réalité alternative et ce soir, c'était la première fois que j'arrivais à établir un contact avec quelqu'un.
-Vraiment ?
Le fantôme hocha la tête.
-Je ne sais pas comment j'ai fait ni même si ça durera longtemps. Il se peut qu'à ton réveil, je ne sois plus là. Je peux aussi rester, et puis soudain disparaitre un beau jour et ne plus jamais te revoir. Je n'en sais absolument rien.
-Black, fit l'adolescent, incertain.
Sirius haussa un sourcil, pas ravi de l'appellation. Peu importe que pour une fois, il soit dit autrement qu'avec mépris.
-Sirius, c'est mon frère.
Regulus pointa du doigt l'adolescent qui dormait.
-Alors toi, tu es Black, c'est tout.
-Okay, c'est bon ! On ne va pas se disputer pour un nom.
-On ne se dispute pas, reprit le jeune sorcier.
Black secoua la tête et continua son récit.
-En tout cas, même si je pars, je veux que tu restes avec moi. Enfin, mon jeune moi. Ça ne sera pas facile, franchement j'ignore ce qui arrive à un Regulus qui n'est plus dans les bonnes grâces de la famille. Mais dis-toi que je serais toujours ton allié. Je ne serais pas toujours juste avec toi, après tout je suis encore un gamin de 17 ans, mais je t'aime, tu es mon frère et je suis juste trop fier pour dire certaines choses. Si tu doutes, dis-toi qu'on se ressemble plus que tu ne le penses et que j'en laisse beaucoup moins paraitre que je ne veux bien l'avouer. Quand je suis blessé, je cherche simplement à faire plus mal encore, je ne prends pas grand-chose au sérieux. J'aime m'amuser et si je fais du mal, je n'en ai malheureusement même pas conscience. Je cherche simplement à vivre la vie normale d'un ado de 17 ans enfin libre du joug de ses parents. Désolé, Reg', tu vas certainement avoir du mal avec moi. Ce sera ta sixième année en septembre, je te conseille sincèrement de commencer à te chercher de vrais amis.
Regulus le savait. Avec ce qu'il venait de faire, il allait se mettre beaucoup de gens à dos. Et à Serpentard, il n'avait malheureusement pas d'amis aussi fidèles que Sirius à Gryffondor. Mais il pourrait sans doute remédier à ce problème, c'était une question de survie après tout.
-Quoi qu'il se passe, ne laisse pas la haine des autres assombrir ton cœur. Hé, c'est vachement profond ce que je viens de dire ! se félicita alors Black.
-J'ai sommeil, soupira Regulus pour seule réponse.
Il s'allongea complètement, cachant sa tête sous le drap et espérant de tout cœur que Black serait encore là à son réveil. Quoi que Black en dise, il n'était pas certain de pouvoir s'en sortir sans lui. Ce monde où il ne contrôlait rien lui faisait un peu peur, sans compter cette décision de s'enfuir qu'il avait prise sur un coup de tête.
Ne pas laisser son cœur s'assombrir ? Mais c'était déjà le cas. Il était un Black et aucun Black n'avait le cœur pur.
-Bonne nuit, petit roi.
Les frères Black arrivèrent à Godric's Hollow le lendemain en fin de matinée. Comme Black s'en était douté, Regulus ne fut plus capable de le voir. Il se demanda néanmoins s'il était toujours là ou s'il était parti dans une autre réalité, s'il reviendrait même un jour. Regulus suivit donc son frère seul et en silence. Les Potter avaient une belle maison, c'était au moins le minimum quand on avait les moyens. Et Regulus devait l'avouer, la demeure était belle, plus accueillante que la maison au Square Grimmaurd. Il n'y avait qu'à voir les parents de James pour savoir qu'ils étaient gentils. Fleamont et Euphemia devaient même concourir chaque année à un concours aussi stupide que ceux des meilleurs parents au monde.
Les voir agaça Regulus. Quand Euphemia s'approcha de lui avec une tendresse maternelle qu'il n'avait que très peu connue – seulement pour ne pas dire jamais – il se montra sec. Cette femme n'était pas sa mère et il ne voulait pas être là. Il n'avait pas besoin que ces gens aient pitié de lui.
-Sois gentil, Reg', déjà qu'ils sont pas obligés de t'accepter, l'engueula Sirius.
Et Regulus savait qu'il avait raison alors il essaya d'être plus courtois, ce qui se traduisit par un silence froid de sa part. Il ne s'excusa pas non plus pour son précédent comportement.
James le salua et il lui jeta simplement un coup d'œil avant de continuer à observer la décoration.
-Ton frère vient de me fusiller du regard, rapporta alors James à son meilleur ami.
-N'importe quoi, c'est son regard normal.
Les deux amis rirent et Regulus fit de son mieux pour ne pas se vexer.
La conversation continua et le jeune frère n'écouta pas. Il cherchait Black des yeux sans le trouver. Il se sentait stupide de chercher ainsi un fantôme qu'il connaissait à peine et qu'il était sans doute la seule personne à pouvoir voir ici.
Euphemia – encore – lui proposa ensuite de lui montrer sa chambre. Il la suivit docilement, tout de même décidé à ne pas passer pour un goujat. Mais il savait, parce que son frère était resté en bas, qu'il allait discuter du pourquoi le plan avait changé. Les Potter s'étaient en effet préparés à accueillir un seul Black après tout. Lui ne serait qu'une épine dans leur pied.
Regulus resta donc dans la chambre qui lui avait été attribué et fut heureux de savoir qu'il n'aurait pas à la partager avec son frère. Il déposa ses faibles possessions sur la table de chevet avant de se rétracter et de les cacher dans sa malle. Qui sait comment pourraient réagir les autres en découvrant la photo ? Quoi qu'ils pouvaient tout aussi bien se décider à fouiller dans sa malle un jour où il ne serait pas là. Mais tant pis, il avait prit la photo, il devait assumer son choix.
Il demeura dans la chambre, seul, refusant de descendre manger. Son frère avait failli venir l'engueuler une seconde fois mais il avait été arrêté par Fleamont Potter. On ne lui reprocha rien et il put déjeuner tranquillement dans sa chambre. Une partie de Regulus comprenait mieux pourquoi James était parfois si imbuvable. Pas étonnant qu'il soit ainsi si ses parents faisaient si peu preuve d'autorité avec lui.
Enfin bon, ce n'était pas son problème.
Le soir, Sirius vint lui parler. Regulus se rappela alors avec force les paroles de Black. Il devait faire preuve de contrôle, faire en sorte que la dispute qui s'annonçait forcément avec son frère ne dégénère pas. Mais le Gryffondor n'était pas venu pour ça.
-A quoi tu joues, Regulus ? Il ne fallait pas venir si c'est déjà pour regretter. C'était ton choix, lui fit-il simplement remarquer avant de s'en aller tout aussi vite.
Regulus avait médité ses paroles une bonne partie de la nuit.
Sirius ne lui faisait pas encore confiance. Il l'avait à l'œil et malheureusement, ses actes n'étaient pas faits pour rassurer qui que ce soit, même pas lui.
Il pensa aussi à la tapisserie. Avait-il déjà été banni de la famille ?
Quoi qu'il arrive, Sirius hériterait de leur oncle Alphard, Regulus en était certain. Son oncle appréciait son frère et n'avait pas d'enfant. On le disait proche de la mort, toutefois Regulus ignorait si ces informations étaient véridiques ou non.
Sirius pourrait donc se débrouiller seul, mais lui ? Réfléchir à son avenir pathétique l'énerva et il essaya de dormir, sans succès. Le lendemain, il fut incroyablement fatigué. Et il n'eut toujours pas de nouvelle de Black.
Il essaya de se montrer moins mal poli que la veille. Il arriva à se montrer courtois avec les parents de James même s'il n'avait pas grand-chose en commun avec eux. C'était des pro-nés-Moldus et Moldus et ce n'était pas vraiment l'éducation qu'il avait reçue ni même ses convictions personnelles. Mais tant qu'il ne parlait pas politique, tout devrait bien se passer. De toute façon, qui voudrait parler politique avec un adolescent de 16 ans. En plus, chacun devait savoir que s'engager sur ce terrain là causerait plus de tort qu'autre chose.
Regulus se sentit malheureusement peu intégré au duo de Gryffondor. Il avait perdu l'habitude d'interagir avec son frère et n'avait jamais vraiment parlé avec James. Enfin, celui-ci lui avait déjà adressé quelques mots à Poudlard, mais rien d'exceptionnel, et il s'était toujours retrouvé trop impressionné pour répondre. Son manque de répartie passait pourtant pour du mépris.
En réalité, cette confiance excessive que Regulus arborait en permanence était simplement pour cacher combien il doutait de lui. Regulus était certain qu'il deviendrait la risée de sa famille si ceux-ci avait vent de ses penchants… Mais maintenant qu'il avait déserté, peut-être que ça n'avait plus tant d'importance que ça ?
Comment Regulus avait-il fini par tomber amoureux de James Potter de toute façon ? Déjà pour commencer, il n'était pas vraiment amoureux du Gryffondor à lunettes. Ils se parlaient à peine, bon sang ! Et il n'était certainement pas une de ces nombreuses midinettes à l'aimer pour une raison stupide comme sa popularité, son physique ou son sens de l'humeur pitoyable.
James avait malgré tout une aura, c'était indéniable. Au début, ça avait commencé par de la curiosité. Son frère – qui était encore un modèle à l'époque – n'avait d'yeux que pour le fils Potter. James avait détourné son frère de lui et pris petit à petit sa place. Qu'y avait-il de si bien chez ce sang pur qu'il n'y avait pas chez un autre ? Il voulait savoir, alors il l'avait observé, encore et encore, jusqu'à se rendre compte qu'il le regardait beaucoup trop. Et que ne plus le faire, il en était incapable.
Mais ce n'était pas de l'amour.
Il avait simplement fini par lui aussi être gagné par l'effet James. Il avait un rire communicatif et était charismatique. James Potter réussissait l'exploit d'être à la fois machiavélique et innocent. Il était sûr que Sirius avait influencé en mal son ami, mais que celui-ci n'avait pas dû être beaucoup poussé pour se décider à jouer des mauvais tours. Il aimait bien trop ça !
Et cette innocence devait bien évidement être due à ses parents. Protégé dans un cocon confortable, il ignorait tout de la dureté de la vie.
Mais c'était plaisant d'être avec quelqu'un qui croyait encore qu'il suffisait de demander pardon pour l'être.
En vérité, Regulus ne le connaissait pas beaucoup, son cœur avait simplement décidé de battre plus vite sans son accord.
C'était de l'admiration, de l'envie et de l'attirance.
Mais pas de l'amour. Il ne voulait pas tomber amoureux. Il n'avait aucune chance de toute façon.
Les vacances d'été avaient débuté peu de temps auparavant, elles risquaient d'être à la fois longues et courtes pour lui.
Mais peut-être ne se serait-il pas plaint s'il avait su qu'après une semaine seulement chez les Potter, Walburga et Orion se présenteraient à Godric Hollow, devant la maison des Potter, plus énervés que jamais.
-Restez là, les enfants ! avait crié Fleamont.
Regulus le savait inquiet. Qui sait de quoi étaient capables ses parents en effet.
Euphemia regarda alors son époux partir sans sa baguette. Elle ne jugeait pas cela prudent, mais l'avoir aurait été considéré comme un affront par les Black.
-Ne vous inquiétez pas, je suis sûr que tout va bien se passer.
Elle essaya de les rassurer et autant Sirius que son frère se demandèrent si ça marchait sur quelqu'un ici.
-Je suis sûr qu'ils ne se seraient pas déplacés si Regulus n'avait pas été là, soupira Sirius.
-Voyons, mon petit, se désola la mère de James. Il ne faut pas dire ça.
Euphemia lança ensuite un regard à Regulus qui baissa la tête.
Il ne savait pas si Sirius lui rejetait la faute ou s'il énonçait une simple vérité sans jugement. Il ne savait pas non plus si Euphemia lui reprochait de dire ça devant lui. Ni même si elle espérait leur faire croire qu'ils étaient autant aimés l'un que l'autre par leurs parents.
Pas qu'il soit sûr de grand-chose ces derniers temps.
Il n'était même pas certain que rester au salon soit une bonne idée. Ne devait-il pas sortir de là avant qu'un drame n'arrive ? Peut-être qu'il pouvait encore se faire pardonner… Avec l'absence de Black, sa résolution se faisait la malle. Black n'aurait pas dû croire en lui. Il ignorait ce qu'il avait vu en lui, ce qu'il lui avait fait croire qu'il pouvait faire quelque chose d'aussi fou seul ! Peut-être même avait-il inventé ce fantôme pour réaliser quelque chose dont il avait eu envie sans pouvoir se l'avouer.
Pris de panique, il se leva brusquement et sortit de la maison. Il entendit alors quelqu'un le suivre. Il s'arrêta sur le perron et observa ses parents et Fleamont Potter se faire face. Il croisa soudain le regard de sa mère, un regard dur qu'elle ne lui avait jamais adressé.
Fleamont fut surpris de le voir et cria à son frère de le ramener à l'intérieur. Ainsi donc c'était Sirius qui l'avait suivi. Il sentit ainsi les bras forts de son frère le ceinturer.
-Qu'est-ce que tu fais ?! paniqua-t-il.
-Regulus ! cria la voix de sa mère.
Regulus était certain que Walburga n'avait qu'une seule envie, faire tomber les protections de la maison et le tirer par la peau du cou pour le ramener.
-Mère…
Sa voix trembla bien malgré lui.
-Ne l'écoute pas ! lui intima Sirius.
-Je suis désolé, murmura son frère, la gorge nouée.
Parce qu'il devait au moins ça à ses parents. Les raisons du départ de Sirius étaient évidentes, mais lui ? Il avait toujours été choyé et aimé, il n'avait eu aucune raison de partir. Et maintenant, il jetait la honte sur sa famille, crachait sur tous les efforts qu'avaient fait ses parents pour qu'il devienne quelqu'un. Tout ça pour les trahir au final.
Il devait au moins leur dire en face et ne pas s'enfuir comme un lâche. S'excuser d'avoir lui aussi été une déception. Voir dans leurs yeux, le moment où il ne serait rien de plus qu'un sale cancrelat, à peine plus important pour eux que tous ces autres êtres inférieurs.
Mais sa mère l'ignora. Elle préférait se voiler la face encore un peu.
-Sirius, sale traitre ! En plus de nous déshonorer et de trainer le nom des Black dans la boue, tu te décides à enlever ton jeune frère ! Viens, Régulus, ne reste pas plus longtemps à côté de lui ou tu pourriras tellement vite qu'il te sera impossible de le voir !
-N'importe quoi, râla Sirius qui ne s'adressait pas vraiment à sa mère.
Mais il lâcha pourtant son frère.
Il le testait, il voulait que Regulus lui prouve qu'il ne regrettait pas son choix. Qu'il pouvait lui faire confiance.
C'était le moment de vérité.
Regulus observa son frère avant de se tourner vers sa mère et son père. La mère de James s'était approchée également et avec son mari, ils ne disaient rien. Le testaient-ils eux aussi ? N'y avait-il donc personne pour lui faire confiance ici ?
Black lui avait dit qu'en partant, qu'en s'émancipant de ses parents, il pourrait être heureux. Qu'il pourrait peut-être vivre, mettre fin à ce cycle funeste qu'il semblait toujours vivre. Regulus n'aimait pas penser à sa mort mais apparemment, il devait faire des choix en conséquence. Il n'avait que 16 ans pourtant. Il aurait aimé ne penser à rien d'autre qu'à comment faire pour se débarrasser de son béguin stupide.
Il avait fui parce que Black l'avait convaincu, mais aujourd'hui il n'était pas là et il allait devoir faire ses propres choix.
Il n'était pas question d'interrogation et d'avoir des regrets plus tard.
Avec difficulté, il fit alors le choix de la vie et de la liberté. Parce que comme Black l'avait dit, Sirius et lui étaient pareils. Il voulait voir ce que la vie lui réservait, savoir ce qu'il était capable de faire en tant que Regulus, pas en tant que cadet des Black, la pâle copie de son frère, le fils aimé appartenant à une famille adepte de la magie noire. Juste Regulus.
Adolescent de 16 ans à Serpentard.
-Je ne reviendrai pas mais ça ne veut pas dire que je vous trahis pour autant. Je reste un Black.
Il se détourna, ne voulant pas rester plus longtemps que nécessaire.
Il sentit ensuite la main de son frère sur son épaule et il ne sut pas s'il en était heureux ou non. Il resta dans le salon avec Euphémia et James Potter, son frère à côté de lui dans un soutien silencieux. L'attente à l'intérieur sembla interminable mais à un moment, le père de James refit enfin son apparition. Euphémia en fut soulagée. Pendant un moment, elle avait sûrement craint que son époux ne revienne pas.
-Ils sont partis sans qu'on ait eu besoin de se lancer dans un duel. Et franchement, j'en suis le premier surpris, rigola l'homme.
-Est-ce que c'est vraiment réglé ? s'étonna Sirius.
-Je ne sais pas, tu connais mieux tes parents que moi, mon garçon.
-Est-ce qu'on a été enlevé de la tapisserie ? voulut savoir Regulus.
-De ce que j'ai compris, ça a été le cas pour Sirius le soir même de son départ. Mais comme ils pensaient que tu avais été enlevé…
-J'arrive pas à croire qu'ils aient pu me prêter des intentions aussi machiavéliques ! s'horrifia Sirius.
Fleamont lui apporta un doux sourire réconfortant.
-Tu es toujours sur la tapisserie, Regulus, termina-t-il.
-Mais pour combien de temps ? soupira ce dernier.
La conversation s'acheva ainsi.
Les jours suivants, Regulus fit comme si rien n'était, comme s'il n'avait pas délibérément tourné le dos à sa famille. Il se montra encore plus courtois et Sirius et James firent un effort pour l'inclure dans leur duo. Tout le monde fit comme si l'équilibre construit durant les vacances d'été tiendrait bon, même à Poudlard.
Regulus n'eut pas de nouvelle de Black durant tout l'été. Il décida de ne plus espérer. Il ferait néanmoins de son mieux pour ne pas gâcher la chance que ce frère qu'il avait toujours désiré – aimant et protecteur – lui avait donné. Qu'il l'ait rêvé ou non.
Prochain chapitre : Quand je te vois
