Merci à ma bêta pommedapi qui m'a aidé sur ce chapitre. Bonne lecture !
Chapitre 7 :
Chuchotements malveillants
Comme à son habitude, le jour de la reprise des cours, Sirius Black se pressait pour trouver Remus Lupin. Son rituel était très important et il ne comptait absolument pas faire l'impasse dessus. James Potter quant à lui le suivait de bon cœur, espérant ainsi repérer sa chère et tendre dans le train. Les Potter les avaient accompagnés comme pour chaque rentrée et avaient bien entendu inondé leur fils de baisers et de câlins, ce qui avait beaucoup fait râler James. Il avait 17 ans, bon sang ! Et après, tout le monde le regardait !
Les vacances avaient été fantastiques. C'était d'ailleurs toujours le cas quand les Maraudeurs les passaient ensemble mais les deux acolytes n'étaient pas peu contents de retourner à Poudlard. Pour des raisons bien différentes cependant.
-Notre match est dans deux semaines, babilla James qui semblait monter sur ressort. Il faudra qu'on s'entraine d'arrache-pied pour retrouver notre niveau.
Sirius observait les différentes têtes présentes dans le wagon qu'ils traversaient, peu intéressé par ce que disait son ami. Il avait droit au même discours avant chaque match.
-On s'est arrêté deux semaines seulement, Jamie. On n'a pas pu devenir aussi nuls en si peu de temps…
-Je le sais très bien, je suis toujours au top lorsqu'il s'agit de Quidditch, se vanta le capitaine tandis que Sirius souriait avec amusement. Et puis, je me suis maintenu à niveau pendant les vacances.
-Alors quel est le problème ?
-Eh bien, les autres !
Sirius leva les yeux au ciel, mais seulement parce qu'il était certain que son ami ne pouvait pas le voir. Quand James était lancé… Il pouvait être un peu chiant. Pourtant, il ne pouvait lui en vouloir de prendre son rôle de capitaine très au sérieux et pour sa dernière année, James voulait logiquement et à tout prix remporter la coupe. L'année précédente, les Gryffondor avaient manqué la première place de peu mais l'écart de points n'avait pas d'importance. Qu'il soit minime ou énorme n'y changeait rien : seule la première place était belle.
James commençait déjà à parler stratégie et comme Sirius savait qu'il se répéterait à l'entrainement, il pouvait se permettre de ne pas tout écouter. Et en ouvrant un des derniers wagons du Poudlard Express à moitié vide, Black trouva enfin ce qu'il cherchait. Et James aussi par la même occasion.
Assis ensemble se trouvaient Lupin, Pettigrow, Evans, Meadowes et MacDougal. Ils avaient tous l'air de bien s'amuser et Black en fut si étonné qu'il resta un moment à les observer. Le petit groupe semblait se divertir avec un objet moldu que le Sang-Pur ne connaissait pas mais qu'il adorait déjà. Curieux et fasciné, il observa le spectacle qui s'offrait à lui : des bulles de savon s'élevaient, s'envolaient lentement vers le toit et puis éclataient au bout d'un instant. Et le plus impressionnant, c'était qu'ils n'utilisaient pas la magie mais une espèce de petit flacon en plastique. Ils y plongeaient un petit bâton avec des trous puis soufflaient dedans.
-Salut, qu'est-ce que c'est ? demanda Potter en s'approchant.
James observa une bulle qui se dirigeait vers lui et s'écarta pour la laisser passer, incertain de ce qu'il pouvait se passer s'il y avait collision. Peut-être qu'elle pouvait exploser, le gratter ou même l'attaquer, qui sait ? Le préfet des rouge et or pensait peu probable que des élèves si sérieux fassent quelque chose d'aussi dangereux dans le train qui devait les mener au château mais il était normal de se méfier. Il ne savait rien de cette invention étrange après tout.
-Salut ! répondirent-ils tous en même temps même si la voix de Pettigrow s'était faite plus basse que les autres.
James se serra à côté d'Isabel et Sirius, qui avait enfin semblé comprendre qu'il devait bouger et respirer pour ne pas avoir l'air mort, s'approcha du banc d'en face. Dorcas était du côté de la fenêtre et Peter au centre alors que Remus était vers l'allée.
-Bouge, Petit Gros, tu prends toute la place.
-Sirius ! s'indigna Lily.
Mais il n'y eut qu'elle qui répliqua. Remus lui le fusillait du regard.
Peter se sentit mal : la plupart des regards étaient sur lui et il détestait être le centre de l'attention. Ça n'avait rien avoir avec Remus qui se sentait mal à l'aise de part sa timidité, lui c'était car il se sentait jugé. Le regard le plus dur à supporter était celui de Sirius. L'adolescent rondouillard avait l'impression de pouvoir entrer en combustion à tout moment face à l'intensité du regard de l'ainé des Black. S'il n'obéissait pas, il était certain que Sirius lui ferait payer d'une manière ou d'une autre. Forcément, à un moment, il serait seul sans Remus pour l'aider, et alors Sirius pourrait bien le bousculer un peu. Peter n'aurait pas à attendre longtemps pour qu'un tel évènement se produise. Malheureusement, Sirius ou même James Potter pouvait agir sans problème dans la salle commune des Gryffondor. Ils pourraient même lui faire un million de choses parce qu'il était fort probable que personne ne prenne la défense du faible lion.
Pettigrow était perdu dans ses pensées et ne savait comment agir. Pourtant, le coup de pied que James lui donna le décida à se lever mais avant qu'il n'ait pu faire un seul pas, Remus lui attrapa la main.
-Qu'est-ce que tu fais, Peter ? Tu étais là avant lui, il n'a pas à te dégager !
-C'est vrai, Sirius, ne sois pas aussi mauvais, le gronda la Préfète-en-cheffe.
Malgré ces prises de parole, Sirius Black était toujours décidé à se faire une place. Il soupira alors et s'approcha encore plus du blond. Peter était pétrifié et Remus tira sur sa main pour être certain qu'il ne céderait pas. Cela donna le courage nécessaire au Gryffondor de résister et donc de se rasseoir. Il se colla même volontairement à Dorcas pour échapper au possible courroux du Gryffondor, ayant de ce fait l'air d'un petit rat effrayé. Contrairement à ce que les autres auraient pu penser, Sirius ne fut pas vexé qu'on lui tienne tête. En fait, il préféra focaliser son attention sur Lupin : il était une distraction beaucoup plus appréciable.
Sans que celui-ci ne s'y attende, Sirius lui saisit ensuite brutalement la main pour le faire se lever et prit naturellement sa place avant de le faire s'asseoir sur ses cuisses.
Remus en fut d'autant plus énervé et chercha à se relever. Il en avait marre d'être constamment humilié par le Gryffondor ! Cette situation était assez gênante pour lui et il se savait déjà être tout rouge.
-Lâche-moi, Black !
-Tais-toi et profite. C'est pas aussi souvent que tu peux avoir un beau mec sous toi, commenta Sirius.
Il y eut quelques rires à ce commentaire et Remus s'agaça de plus belle. Sirius l'entourait de ses bras et ne semblait pas vouloir le lâcher. Néanmoins, le châtain ne comptait pas laisser cet idiot s'amuser ainsi à ses dépens.
-Arrête de bouger, tu vas finir par m'exciter.
Et comme si c'était les mots magiques, Remus ne bougea plus d'un poil. C'est vrai que maintenant que Black en parlait, Remus était assis pratiquement pile sur cet endroit-là… A vrai dire, il pouvait quasiment le sentir mais heureusement, les vêtements empêchaient d'accroitre la sensation.
-Tu l'as cassé, se moqua bientôt James.
Effectivement, Remus avait l'impression d'être cassé. Il écouta seulement ses amis parler et expliquer aux deux Maraudeurs comment marchait leur petit jeu. Ils étaient fascinés et Remus avait l'impression d'avoir avec lui des enfants. Mais pouvoir s'émerveiller d'un jeu aussi simple qui consistait à faire des bulles prouvait qu'ils ne pouvaient pas être si mauvais que ça même si Peter en doutait fortement. Remus ne pouvait le blâmer. Il était difficile de toujours leur trouver des excuses.
xXx
Un peu plus tard le même soir, Regulus se pressait dans les couloirs du château pour ne pas être en retard au diner. Il était accompagné de Padfoot qui avait passé quasiment toute les vacances collé à lui, surtout après les révélations d'Evan Rosier. Ils discutaient d'ailleurs une fois de plus de ce que le blond avait proposé à Regulus.
-Parles-en à mon jeune moi. Je me répète, mais rien ne nous dit que Rosier est sincère.
-Pourquoi mentirait-il ? demanda le 6ème année qui ne comprenait pas la méfiance de son ainé.
Il était compliqué pour le Serpentard d'avoir une discussion aussi importante avec celui qu'il considérait comme son gardien alors même qu'ils étaient en dehors de son dortoir. Pour être honnête, Regulus ne désirait pas à nouveau ramener le sujet sur le tapis, pas pour l'instant en tout cas. Son principal but était de ne pas être en retard, c'est pourquoi il se pressait autant que possible. Presque tous les élèves étaient déjà dans la Grande Salle et Regulus ne tenait pas à se faire remarquer plus que de raison. Ça avait déjà été le cas en septembre. Le Serpentard était un élève discret qui se distinguait davantage pour ses résultats que par son attitude et il tenait à ce que ce soit de nouveau le cas. Cependant, le cadet des Black était conscient que si Rosier n'avait pas menti, il risquait bien malgré lui d'être de nouveau le sujet de conversation numéro 1 à Poudlard. Qu'il accepte ou non l'idée du blond.
Heureusement, il n'en était pas encore là mais le Serpentard ignorait de combien de temps exactement il bénéficiait. C'était d'ailleurs pour cette raison que Padfoot le harcelait. Son gardien voulait à tout prix qu'il trouve de l'aide auprès des Maraudeurs.
-Tu as vu ce qu'il te demande ? s'emporta encore Padfoot. Ne serait-ce pas une manière de t'avoir tout simplement ? Après tout, tu n'as que peu de moyen de vérifier ses dires !
-Oui, je le sais bien ! s'agaça Regulus.
Il soupira et s'arrêta pour discuter plus sérieusement avec l'esprit. Il n'y avait personne dans le couloir, il considérait donc cela comme sans risque.
-Je comprends pourquoi tu me conseilles d'aller voir Sirius mais pour être honnête avec toi, je ne vois pas en quoi mon frère pourrait m'aider !
-Tu as un problème et les Maraudeurs ont des solutions pour tous les problèmes, déclara Padfoot dans un sourire.
-Je… Mère et Père détestent Sirius et il n'a plus aucune influence dans la famille Black. Il est devenu une honte pour la famille, comment peux-tu imaginer une seule seconde que ce qu'il dira pour me défendre aura un quelconque effet sur nos parents ? Toi aussi tu as fui la famille, tu connais donc sa situation mieux que personne, répliqua Regulus, la voix étrangement basse.
L'esprit l'observa, conscient du tourment qui l'habitait. C'était étrange et aussi très frustrant de ne rien pouvoir faire concrètement pour son frère. Padfoot soupira et vint se poser plus près du Serpentard. Celui-ci le regarda, ses yeux bleu gris lui demandant de lui donner une solution miracle.
-Tu as raison, Reg'… Mais il te permettra au moins de ne pas traverser cette histoire tout seul. Il te fournira le soutien dont tu as besoin, que Rosier ait dit la vérité ou non.
Regulus acquiesça, plus ou moins d'accord avec l'esprit. Il n'était pas sûr qu'au moment où il aurait besoin de son frère, il puisse mettre son ego de côté pour aller lui demander de l'aide. Même si sa relation avec Sirius s'était nettement améliorée depuis juin dernier, il n'en restait pas moins que Regulus souffrait d'un grand complexe d'infériorité envers le Gryffondor. Il ne voulait pas être moins capable que son frère. Ne pas être capable de s'en sortir seul était en effet un aveu de faiblesse et il allait devoir faire preuve de courage et de maturité au moment clé.
Regulus se remit en marche et se retint à grand peine de ne pas courir pour atteindre enfin la Grande Salle. Avant de pousser les portes, Regulus entendit tout de même Padfoot lui donner ses derniers conseils.
-En tout cas, quoi que tu fasses, ne fais pas trop vite confiance à Rosier.
Regulus acquiesça discrètement et poussa les portes pour entrer. Quelques regards se portèrent sur lui et il fit de son mieux pour les ignorer. Il était soulagé de ne pas être arrivé en plein milieu du discours du directeur. Il se hâta ensuite de rejoindre la table des Serpentard sans même faire attention à la table des professeurs. Il s'installa près de Severus qui avait l'air un peu morose en cette rentrée. Enfin, si le 6ème année devait être honnête, cela faisait déjà quelques jours que son ami était bizarre, distant et un peu en retrait. Avec ce qui lui était arrivé, il n'avait pas vraiment pris le temps de chercher à savoir ce qui se passait exactement. Il le regrettait assez aujourd'hui. Ils échangèrent ainsi quelques mots, Regulus essayant de comprendre ce qui rendait son ami si maussade.
Malheureusement, ils n'eurent pas le loisir de parler beaucoup, le directeur Dumbledore s'étant levé pour réclamer le silence. Tous les regards se tournèrent vers la table professorale et immédiatement, ils le virent. Un nouveau professeur peut-être ? Pourtant, aucun des précédents n'avait l'air de manquer à l'appel. Derrière Regulus, Padfoot aussi était curieux.
Le nouveau venu était brun, l'air d'avoir une trentaine d'années ou un peu plus. Il était grand et avait même l'air immense à côté du petit directeur de maison des Serdaigle. Plutôt mince et les traits fins, Regulus était certain que les chuchotements que lui et Padfoot entendaient se référaient à sa « beauté ». L'homme possédait en effet un regard plutôt envoutant. Ses yeux avaient des reflets rouges et le rendaient fascinant mais ce détail plus qu'un autre fit se tendre Black.
-Mes chers élèves, je vous souhaite une agréable rentrée, commença Dumbledore. J'espère avec sincérité que vous avez pu passer de bonnes vacances et que de ce fait, vous entamerez cette semaine de cours avec énergie et envie. Je sais que vous avez faim mais que vous êtes plus intrigué encore par notre ami présent alors je serai bref.
Dumbledore tendit le bras et l'homme s'approcha. Il observa la salle et les élèves sans que son regard ne s'arrête une seule fois sur quelqu'un en particulier. Il souriait et plusieurs filles se pâmèrent devant lui.
-Il s'agit de Tom Jedusor. Il officiera en tant que psychomage à Poudlard et occupera l'ancien bureau directorial du 3éme étage, expliqua Dumbledore. Il se promènera souvent dans les couloirs et dans vos salles de classe pour vous observer et essayer de vous connaître. Il me fournira ensuite une liste d'élèves qu'il souhaitera voir à la fin du mois et qui d'après lui, auraient besoin de soutien ou simplement de parler. Il possède aussi un diplôme de conseiller d'orientation alors les 7ème année seront amenés à le rencontrer. Mais s'il y a des élèves qui ressentent le besoin de s'entretenir avec lui sans être sur la liste, ils pourront sans aucun problème demander une entrevue. Monsieur Jedusor a déjà officié deux ans à Durmstrang et a eu des résultats fantastiques.
Dumbledore marqua ensuite une pause pour observer les différentes réactions.
-Je vous laisse néanmoins seuls juges. Sur ce, bon appétit !
Il y eut des applaudissements empressés et puis, la nourriture apparue.
A la table des Serpentard, Regulus n'en croyait pas ses yeux ni ses oreilles. Il jeta un coup d'œil discret à Padfoot et la mine déconfite de l'esprit ne le rassura pas le moins du monde.
xXx
A la fin du repas, Severus traina encore un peu à la table des Serpentard malgré le départ de Regulus quelques minutes plus tôt. Son regard s'attardait souvent sur sa meilleure amie assise presque devant lui à la table des rouge et or. La revoir aujourd'hui, même de loin, lui faisait encore plus ressentir à quel point Lily lui avait manqué pendant ces quelques jours de vacances. Ils ne s'étaient pas séparés en bons termes et Severus ne savait pas s'il pouvait aller lui parler ou s'ils étaient encore fâchés. Pourtant, il en avait envie et c'était cela le plus frustrant.
Lily lui avait envoyé une lettre au milieu des vacances. Il en avait été surpris et heureux mais au moment où il l'avait reçue, la colère avait été encore trop présente pour qu'il n'ose l'admettre. Il l'avait tout de même lu. La Préfète-en-cheffe avait commencé sobrement en lui demandant comment il se portait et si ses vacances à Poudlard n'étaient pas trop tristes et solitaires. Elle s'était ensuite excusée et avait continué en expliquant pourquoi elle avait finalement changé d'avis. La lettre s'était finie avec quelques anecdotes de la rousse et de ses vacances avec James et Sirius. De quoi démoraliser le Serpentard. Il avait donc fait le choix de ne pas répondre simplement pour attrister Lily et qu'elle comprenne la douleur qu'il avait lui-même ressentie lorsqu'elle avait décidé de l'abandonner plus tôt. Mais à présent que la reprise était là et que la colère était retombée, il le regrettait.
Il avait agi de manière puérile et ne savait pas comment rattraper le coup.
Et si à cause de sa jalousie, de ses sentiments qui le pourrissaient, il perdait son amie ? Il l'aimait pourtant profondément et il était certain que James Potter ne l'appréciait pas autant que lui. Malgré tout, c'était lui que Lily avait choisi. C'était comme ça. Lui n'aurait que son amitié et il allait devoir s'en contenter s'il ne voulait pas la perdre. Parce que c'est ce qui allait se passer s'il continuait, il le savait.
Severus, incapable de trouver le courage d'aller voir son amie, baissa alors les yeux sur son assiette encore presque pleine. Il soupira puis releva la tête. Pendant un instant, son regard croisa celui d'Alton. Elle esquissa un sourire avant de quitter la Grande Salle et le Serpentard sentit son estomac se tordre. Il était à présent évident qu'il n'arriverait pas à finir son assiette. En commençant cette relation avec la Serdaigle, il ignorait les rumeurs qui l'entouraient : ce n'était pas à lui qu'on disait ce genre de choses. Il n'avait pas tardé à les apprendre cependant mais cette réputation d'aguicheuse ou de fille facile ne l'avait pas arrêté. Les on-dit était une chose à laquelle il ne voulait pas prêter attention. De son point de vue, Pamela était sympathique même si elle restait un peu impressionnante pour le garçon inexpérimenté et introverti qu'il était. Elle se moquait un peu de lui lorsqu'ils étaient tous les deux mais jamais méchamment, et elle avait un beau rire qui plaisait bien à Severus.
Il aimait les moments qu'ils partageaient et Pamela avait raison : il prenait en expérience et avait un peu plus confiance en lui. Pourtant, Pamela était tellement différente de Lily. C'est pour cela qu'elle ne serait jamais plus pour lui que sa première expérience.
Les minutes s'écoulaient inexorablement et Severus en était toujours au même point tandis que Lily avait remarqué son manège : elle connaissait assez son ami pour savoir qu'il mourrait envie de venir la voir mais n'osait pas. Elle prit alors place elle-même à ses côtés quelques instants plus tard, la table des Serpentard étant pratiquement vide.
-Salut, dit-elle timidement.
-Salut.
-Est-ce que tu m'en veux encore beaucoup, Severus ?
Elle semblait vraiment peinée et cela attrista le Serpentard : c'était sa faute si Lily était malheureuse.
-Je suis vraiment désolée, je m'en veux beaucoup, continua-t-elle en baissant les yeux. Je sais combien c'est dur pour toi avec ton père et… tu es toujours là pour moi alors que j'ai l'impression que de mon côté, je fais une piètre meilleure amie…
-Non, ce n'est pas ça, la détrompa-t-il aussitôt. Tu es parfaite, Lily.
Il soupira pour se donner du courage.
-Tu sais, tu avais raison. Tu es en couple et c'est normal que tu aies moins de temps à m'accorder. Mais tant que j'aurais la certitude que je serais toujours ton ami, je pourrais l'accepter.
-Bien sûr !
Lily le prit dans ses bras, rassurée. Le cœur de Severus se brisa un peu plus.
xXx
Le lundi matin, Regulus fit en sorte d'être prêt de bonne heure : il devait trouver Sirius et avoir le temps de discuter avec lui. Il ne savait pas si c'était le bon choix car il doutait encore que l'avertir change quoi que ce soit à sa situation mais il se devait de le faire. Cette histoire était trop étrange pour qu'il ne la partage pas avec son frère et en quelque sorte, elle concernait leur famille.
Ses camarades de chambre furent ainsi surpris de le voir quitter le dortoir aussi tôt mais il n'y eut personne pour lui faire la moindre remarque. Rosier se fit aussi discret que les autres.
En parcourant les couloirs du château, Regulus eut la surprise de voir que Poudlard était déjà bien éveillé. Quelques élèves vaquaient déjà à leurs occupations et plusieurs professeurs utilisaient déjà leur salle de classe, se préparant sous peu à recevoir leurs élèves. Le Serpentard savait également que les elfes s'afféraient en cuisine pour préparer le petit-déjeuner.
Regulus mit un peu plus de cinq minutes à arriver devant le tableau de la Grosse Dame. Il la salua et demanda à voir son frère. La femme dans le tableau le jugea un instant avant de soupirer et de s'exécuter. Regulus n'appréciait pas beaucoup le tableau. La Grosse Dame pouvait souvent se montrer hautaine et plus encore capricieuse. Il lui arrivait même de ne pas laisser entrer les élèves même si ceux-ci avaient le bon mot de passe et tout ça pour qu'ils passent plus de temps encore avec elle.
Enfin, il ne pouvait plus vraiment la juger aussi durement aujourd'hui. Surtout s'il pensait à l'esprit. Il était sans doute tout à fait légitime qu'une personne qui avait peu d'interaction avec les autres, quasiment invisible et insignifiante, cherche à tout prix à se sentir exister. Mais il restait que la Grosse Dame en faisait quand même trop.
Regulus dut ainsi supporter son bavardage 10 minutes avant que son frère et James n'arrivent enfin. Regulus cacha sa gêne quant à la présence du fils Potter. Il n'avait demandé à voir que son frère mais comme d'habitude, ces deux-là ne pouvaient rien faire seuls…
Tous les deux n'étaient qu'à moitié habillés : les cheveux de James ne ressemblaient à rien du tout et la chemise de Sirius était mal boutonnée. C'était affligeant. Regulus n'aurait jamais osé se montrer devant qui que ce soit s'il n'avait pas fini de s'apprêter.
Le 6ème année se concentra pourtant pour leur raconter aussi simplement que possible ce qui l'amenait à les voir si tôt ce lundi.
-Rosier est gay ?! s'exclama Sirius.
-C'est la troisième fois que tu demandes, Sirius et je t'ai déjà dit que ce n'était pas le sujet, s'agaça son frère.
-Excuse-moi de tomber des nues ! rétorqua le joueur de Quidditch.
Il se tourna ensuite vers James, soudain souriant.
-Jamie, il faut qu'on le dise à Lupin ! Je suis en train de me transformer en cupidon !
-Je ne crois pas non, rigola son ami.
Il arrêta cependant subitement de rire en croisant le regard de Regulus. James se demanda alors sérieusement pendant combien de temps encore il serait gêné : ce baiser n'avait duré qu'une seconde, peut-être une seconde et demie, pourtant il n'arrivait pas à l'oublier. Le pire était que Regulus avait l'air d'être passé à autre chose plus facilement et plus vite que lui. C'était un comble sachant que le Serpentard était celui qui avait été repoussé !
-Mais quand même, il est gonflé celui-là ! Il ne peut pas te draguer normalement plutôt que d'utiliser ce genre de chantage ? soupira Sirius.
-Est-ce que cette histoire de mise à prix est vraie au moins ? voulut savoir James.
-Peut-être. Pas comme si les gens allaient juste me dire qu'ils allaient faire de ma vie un enfer en face.
La réponse du jeune Serpentard avait été un peu sèche et même Sirius le remarqua.
Il fronça alors les sourcils et son regard alla de son meilleur ami à son petit frère.
-De toute façon, même si c'est vrai, tu n'as pas besoin de lui pour te protéger, Reg'. Je ferai passer l'envie à qui que ce soit de s'en prendre à toi. Je suis le meilleur en sortilèges et j'ai plein de nouveaux sorts à tester !
-C'est pour ça que je ne voulais pas t'en parler, soupira ce dernier.
-Et pourquoi ça ? se vexa-t-il.
-Ce n'est pas comme ça que ça marche, Sirius et tu le sais très bien. Tu ne pourras pas être dans mon dos 24h/24…
Il ne voulait pas non plus dire à son frère que son aide aurait plus tendance à aggraver la situation qu'autre chose. Le Serpentard était certain que si Rosier n'avait pas menti, un tiers de ceux qui viendraient à lui serait là juste pour se venger des mauvais coups de Sirius. Maintenant qu'il s'entendait mieux avec son frère, les gens devaient penser que s'en prendre à l'un, c'était toucher à l'autre ou un truc similaire.
-Si vraiment Rosier a raison et que ça devient trop compliqué, je pense qu'accepter son offre serait le meilleur choix. Sa réputation et le pouvoir de sa famille seront dissuasifs, murmura finalement Regulus en détournant le regard.
Sirius ouvrit de grands yeux, choqué par les propos de son petit frère.
-Mais tu n'y penses pas, Reg' ! Tu sortirais avec un garçon simplement à cause de ce genre de pression ?!
-Tu préfères que je retourne au Square Grimmaurd peut-être ?! s'emporta son frère.
-Calmez-vous, les mecs, intervint James. C'est juste en ultime recours, n'est ce pas ? ajouta-t-il en se tournant vers Regulus.
-Rosier a dit qu'il voulait m'aider et qu'il tenait à moi. Je pense que si… Enfin, on pourrait faire semblant d'être ensemble et être discret. Je suis sûr qu'il serait d'accord.
Regulus n'en savait fichtre rien en réalité mais il espérait que ce soit le cas. Il ne se pensait pas capable d'entamer ce genre de relation avec le Serpentard.
-C'est n'importe quoi, ça va se savoir, c'est sûr ! Et alors là, t'auras tous les homophobes bien contents de se rajouter aux autres débiles attirés par l'argent de nos parents ! En plus, les Serpentards ne sont pas connus pour leur tolérance, grimaça Sirius.
-Tu peux bien parler d'intolérance, tu es celui qui a lancé la rumeur sur Lupin ! attaqua Regulus qui ne comptait pas le laisser s'en tirer si facilement à ce sujet.
-Je n'ai rien lancé du tout, se défendit le lion. J'ai juste émis une hypothèse comme ça et c'est ceux qui étaient autour qui en ont fait une rumeur ! Et c'était juste pour blaguer, toi ce sera pour te blesser. Tu ne peux pas comparer les deux ! Et depuis quand tu prends la défense d'un Poufsouffle ?!
Regulus ne répondit pas mais fusilla son frère ainé du regard. Sirius lui rendait la pareille car il n'appréciait pas vraiment qu'on lui rappelle les mauvaises choses qu'il avait faites. Surtout que concernant la rumeur de l'homosexualité de Lupin, il n'en était pas très fier.
-De toute façon, rien ne dit que c'est vrai, insista James, mal à l'aise devant la tension entre les deux frères.
-Ouais, reprit Sirius, plus calme. Essaie de rester avec nous autant que possible et ça devrait aller.
Regulus soupira et se détourna. Il ne souhaitait pas répondre. Son frère l'appela une fois de plus mais il commença à s'éloigner. L'attrapeur l'entendit grommeler quelque chose avant d'abandonner. Ce n'était pas que Regulus n'était pas reconnaissant mais il n'arrivait pas à se dépêtrer de la sensation d'humiliation de demander de l'aide à ce frère avec qui il s'entendait si peu quelques semaines auparavant encore. Ne pas être capable de se défendre seul le pointait comme quelqu'un de faible. Mais il était obligé de reconnaître que tout ça le dépassait et qu'il n'y arriverait pas seul. Il espérait que rien n'arrive parce que Rosier… Enfin, depuis qu'il l'avait embrassé, il avait du mal à affronter son regard.
Ce baiser avait été si différent de celui qu'il avait échangé avec James. Regulus aurait souhaité que ce soit son premier. Il avait été tellement meilleur. Il s'en voulait de l'avoir apprécié mais en même temps, Rosier avait fait preuve d'une telle douceur. Regulus n'aurait jamais cru ça possible. Il avait beaucoup d'interrogation quant au Serpentard de 7ème année. En effet, même à l'époque où il le fréquentait plus assidûment, il n'avait jamais eu un quelconque soupçon quant à l'orientation sexuelle du jeune homme. En fait, il avait l'impression de ne pas connaître grand-chose sur le blond alors qu'ils partageaient depuis toujours le même dortoir. Mais peut-être qu'il n'était pas gay. Certaines familles anciennes et nobles utilisaient ce genre de divertissement pour tromper leur ennui. A une époque très lointaine, les héritiers des grandes familles de sorciers bénéficiaient même de précepteurs pour les déniaiser.
Un instant, Regulus repensa au précepteur étrange venu enseigner à son frère avant que celui-ci n'entre à Poudlard. Cela le troubla. Ça remontait à si loin, et puis l'homme avait cessé de venir du jour au lendemain sans que cela n'agace ses parents. Sirius avait d'ailleurs paru étrange un temps avant de passer à autre chose. Regulus était certain que son frère avait oublié.
Cela dit, le Serpentard restait persuadé que l'homme n'était pas venu enseigner ce genre de choses. Ses parents étaient homophobes, pourquoi auraient-ils donc permis à une chose de ce genre de se produire sous leur toit ? Pour ce qu'il en était de Rosier, Regulus était bien incapable d'émettre la moindre hypothèse. S'il tenait tant à savoir, il devrait obligatoirement demander au 7ème année.
Alors qu'il s'éloignait de plus en plus de la salle commune des Gryffondor, Regulus entendit quelqu'un marcher à sa suite. Il pensa à son frère avant de comprendre qu'il s'agissait du capitaine de Quidditch des Gryffondor.
-Regulus, attends !
Le jeune Black aurait aimé l'ignorer mais il ne s'agissait que de retarder le moment où il devrait obligatoirement lui faire face.
-Tu ne crois pas qu'il faudrait qu'on parle ? tenta James en arrivant à sa hauteur.
Regulus se tourna vers lui et James remonta ses lunettes sur son nez. Le 7ème année passa ensuite une main dans ses cheveux et le Serpentard put clairement voir qu'il était nerveux. Lui resta silencieux. Il n'avait pas vraiment confiance en sa voix. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient seuls depuis cet incident dans les vestiaires.
-Tu es parti vite cette fois-là et enfin, c'était aussi un peu le bordel dans ma tête…
James Potter s'arrêta, se racla la gorge et chercha maladroitement ses mots. Il remonta encore ses lunettes sur son nez alors qu'elles n'en avaient pas besoin, pas plus que cette main qui mettait encore plus le bordel dans ses cheveux.
-Est-ce que… Enfin, Regulus est-ce que tu… éprouves vraiment quelque chose pour moi ? souffla-t-il finalement, définitivement agité.
Les mots avaient eu du mal à sortir et il les avait prononcés si doucement, comme si les dire trop fort, les rendraient bien réels. La question perturba grandement Regulus. Son cœur battait si fort qu'il avait du mal à entendre ce qu'il se passait autour. Heureusement, il n'y avait rien. Même pas la Grosse Dame pour commenter cette conversation pathétique.
Il observa James, si plein d'espoir et aussi troublé que lui.
Regulus avait toujours su qu'il aimait les garçons. Petit, il avait espéré comme ses grandes cousines qu'un merveilleux Sang-Pur l'épouserait, le couvrirait de gloire et d'argent pour le faire sourire tous les jours. Même si à cette époque il avait été trop petit pour voir que les sourires n'étaient que factices. Et puis, il avait compris que personne ne voudrait de lui. Les gens ne voyaient que son grand frère. Même ses parents.
Alors il avait voulu attirer leur attention en portant les chaussures à talon de sa mère. Mais le regard qu'elle lui avait lancé… Il avait tout de suite su qu'il avait fait une bêtise. Il s'était senti si mal. Elle l'avait attrapé durement, pointant sa baguette sur lui avec des yeux fous et les larmes avaient débordé du visage de Regulus.
Il avait vraiment pensé se prendre un doloris comme c'était déjà arrivé à Sirius. Mais Walburga avait baissé sa baguette, renonçant finalement à l'utiliser contre son fils préférer. Elle s'était agenouillée devant lui et de son regard, avait semblé fouillé son âme. Ses yeux avaient été durs et ne l'avaient pas lâché, respirer avait même été difficile.
Et puis, elle lui avait demandé si c'était son frère qui lui avait donné cette idée, s'il l'avait vu faire ou qu'il l'avait incité. Regulus avait gardé le silence, complètement perdu. Elle l'avait alors secoué si fort que sa nuque lui avait fait mal. Elle avait voulu une réponse et il avait nié. Il ne comprenait pas. Elle avait ensuite éructé de rage contre Sirius et la déception qu'il était déjà. Elle lui avait bien fait comprendre qu'il n'avait pas intérêt à les décevoir lui non plus. Elle lui avait demandé de ne pas lui faire honte. Et d'être normal.
Deux mois plus tard, Sirius avait eu droit à un professeur particulier et ce jusqu'à son entrée à Poudlard. Regulus quant à lui n'avait plus jamais rêvé de princes et de beaux vêtements.
-Non, James, répondit finalement le cadet des Black.
Sa voix était faible mais au moins, elle n'avait pas tremblé face au mensonge.
James soupira de soulagement. Il releva ensuite son visage et lui sourit.
-Merlin, merci ! Si tu savais comme j'ai eu peur ! Bon bah tout est réglé alors ! On fait comme si de rien n'était ?
Regulus hocha mécaniquement la tête.
James lui dit encore un mot ou deux mais Regulus ne l'écoutait plus. Le préfet n'avait pas attendu de réponse de toute façon et était retourné dans son dortoir.
Regulus alla directement dans la Grande Salle pour manger. Il mâcha avec difficulté ses tartines et eut du mal à terminer son jus, la boule dans sa gorge grossissant de plus en plus. Il ne s'attarda pas. Il avait envie de pleurer et n'était pas sûr de pouvoir se retenir. Il quitta le château pour aller dans le parc, s'asseyant sur un banc seul et affrontant le froid d'automne pour tenter de se ressaisir.
Regulus ne l'avait jamais expérimenté mais il le savait, il venait d'avoir le cœur brisé. Il était habitué à être déçu pourtant mais il s'était attendu à autre chose venant du Gryffondor.
James avait eu la pire réaction possible. Qui soupirait de soulagement lorsqu'on lui assurait qu'on ne l'aimait pas ? Était-il si horrible pour que James ne veuille de lui pour rien au monde ? Était-ce tellement honteux que le cadet des Black vous aime ? Ça lui fit vraiment mal et alors qu'une larme lui échappait, Regulus se promit de ne jamais prononcer ces trois petits mots. Comment le pourrait-il alors qu'il avait si peur d'être de nouveau rejeté ?
Potter venait de lui créer un traumatisme.
Un de plus.
xXx
La semaine n'était pas finie que Remus était déjà exténué. Il avait l'impression d'avoir croisé Sirius Black plus que d'ordinaire et donc, d'avoir dû dépenser beaucoup plus d'énergie pour l'ignorer et l'éviter. Mais Remus ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même, il le savait.
Le Préfet-en-chef pressa le pas et Sirius fit de même. Le Poufsouffle soupira et se maudit mille fois pour avoir cru que révéler quelque chose de si important que son statut d'Animagus à Black pouvait être sans conséquence. Cette course poursuite ne rimait à rien, elle avait juste l'avantage d'amuser et de motiver encore plus le Gryffondor. Le Poufsouffle était si préoccupé qu'il faillit d'ailleurs percuter le pauvre professeur Flitwick. Il s'excusa alors avec abondance mais l'enseignant continua à le regarder avec suspicion avant de partir sans demander son reste. Néanmoins, cet arrêt avait permis à Sirius de le rattraper et Remus pouvait l'imaginer sourire à côté de lui.
-Arrête de me suivre !
-Je n'aurais pas à le faire si tu ne me fuyais pas, répondit simplement le Gryffondor.
Remus serra les dents et se dirigea vers la bibliothèque, certain que Sirius ferait alors marche arrière mais ce ne fut pas le cas. En les voyant arriver, madame Pince leur jeta un regard courroucé, s'imaginant déjà tous les désagréments qu'allait causer le garnement. Remus essaya de se faire discret malgré l'éléphant qui le suivait et s'installa à une petite table. Bien entendu, Sirius s'assit face à lui.
-Tu me harcèles depuis plus de 4 jours ! Depuis le temps, tu n'as pas compris que je ne changerais pas d'avis ? Non, c'est non ! s'agaça Remus.
-Et pourquoi pas, tu l'as bien fait toi, murmura Sirius.
Leur discussion avait déjà attiré certains regards et surtout celui de madame Pince.
-Justement, c'est pour ça que je ne peux pas te laisser faire, chuchota le Poufsouffle en retour.
-Allez, s'il te plait, Remus, ça doit être génial !
C'était la première fois que Black ne l'appelait pas par son nom de famille et ça le perturba. C'était étrange d'entendre son prénom dans la bouche du brun.
-Ça l'est.
Remus n'arrivait pas à être autre chose qu'honnête mais cela ne l'empêcha pas de soupirer.
-Ce n'est pas pour ça qu'il faut le faire. Dans mon cas aussi c'était une erreur.
-Pourquoi ça ?
Sirius se pencha un peu plus vers la table et ses yeux fixèrent avec sérieux le Poufsouffle.
-Comment t'as fait de toute façon ? C'est hyper dur et pour le procé-
-Je l'ai subtilisé, avoua-t-il.
Et il s'en voulut. A croire que personne n'aurait jamais besoin d'utiliser de veritasérum sur lui…
Pourtant, il avait tout l'intérêt de Black et il voyait bien dans son regard qu'il ne comptait pas le lâcher. Et Remus savait malheureusement qu'il capitulerait avant lui. Il pouvait tout de même raconter sa propre histoire et comment il était devenu Animagus. Ca devrait contenter la curiosité du Gryffondor, assez peut-être pour qu'il oublie le reste et s'en aille. Jusqu'à revenir plus tard pour le harceler, probablement… Mais ce serait déjà ça de gagner.
Il emmena donc Sirius dans un coin plus discret puis lui parla de cet ami qu'avait son père, un agent de terrain qui travaillait à la régulation des créatures magiques. Remus le trouvait fantastique. Il était fort et très gentil, racontait toujours des histoires drôles et, contrairement à son père, acceptait de lui raconter ses missions. Il était devenu Animagus depuis peu et Remus avait été impressionné de le voir se transformer. A chaque fois que Remus lui disait vouloir l'accompagner en mission, il lui promettait que ce moment viendrait, mais « plus tard ». Et un jour, le plus tard s'était transformé en « si t'arrives à devenir Animagus » juste parce qu'il savait ça impossible. Il adorait l'adolescent mais ne pouvait pas le repousser chaque jour. Au moins cette tache le tiendrait-il occupé presque indéfiniment, jusqu'à ce qu'il abandonne. Pas qu'il puisse réussir un jour, avait naïvement pensé l'agent.
Mais Remus était intelligent et l'agent ne s'était pas attendu à ce qu'il vole le procédé, le copie et s'attèle à la tache. Remus avait ainsi mis presque deux ans pour y parvenir. Il avait fait quelques pauses, découragé, mais avait finalement réussi l'été avant d'entrer en 6ème année.
Il avait été si heureux qu'il ne s'était pas dit un seul instant que c'était interdit, qu'il aurait dû se déclarer et ne pas faire ça en cachette. Il n'avait sincèrement pas pensé à mal. Juste à accompagner son père et son coéquipier en mission. Et aussi les impressionner un peu…
Bien entendu, il s'était fait engueuler par l'ami de son père qui lui avait dit de garder ça secret. Remus n'avait pas été le seul responsable et lui-même avait été négligent avec le papier en promettant quelque chose comme ça à un adolescent. Il ne voulait pas de problèmes.
Alors Remus s'était tu. Il ne voulait en aucun cas créer de problèmes à qui que ce soit.
La joie d'avoir réussi avait en quelque sorte été gâché par la chute de cette histoire, si bien qu'il se transformait très peu. Il avait peur de se faire prendre et courir seul en forêt s'était vite avéré un peu ennuyeux.
-Trop cool ! T'es un rebelle en fait !
Sirius souriait et Remus n'était pas sûr que ce soit une bonne chose.
-Je crois que je t'aime bien en réalité !
Remus ignora sa remarque.
-Donne moi le papier, exigea ensuite Sirius.
-Je ne l'ai plus, répondit Remus, outré que le Gryffondor le lui demande.
-Mais je suis sûr que tu t'en souviens. T'as pas galéré pendant deux ans sans te souvenir parfaitement de chaque ligne !
Remus ne nia pas et Sirius sourit de plus belle.
-Je ne le ferai pas, affirma cependant le Poufsouffle.
Il contourna Black pour retourner à sa table mais celui-ci l'arrêta.
-Je ferai ce que tu veux !
Remus demeura immobile tandis que madame Pince continuait de les fixer.
-Tu ne peux pas être incorruptible, Lupin ! s'agaça-t-il après une minute de silence. Il y a forcement quelque chose que tu veux plus que tout ! Un truc qui te ferait du bien, te rendrait heureux, toi ou je ne sais qui !
Il grogna ensuite avant de s'excuser quand madame Pince menaça de le mettre dehors.
-Tout ce que je veux ? lui demanda finalement Remus avec un sourire.
Sirius hocha la tête, de nouveau tout sourire lui aussi.
-Dans ce cas, je veux que tu présentes des excuses publiques à Peter Pettigrew et que tu arrêtes de l'humilier constamment.
Sirius fronça les sourcils et sembla hésiter un peu avant d'acquiescer.
-Des excuses sincères, précisa Remus.
-Ne me demande pas l'impossible non plus, je ferai au mieux, marmonna-t-il. Mais de ton côté, est-ce que je peux compter sur toi ?
Il lui tendit la main et Remus la serra avec force.
-Tu peux.
Remus se releva alors et rangea ses affaires pendant que Sirius l'observait.
-Je te dirai quand ces excuses publiques devront avoir lieu et puis je te donnerai les instructions, ajouta le Poufsouffle.
-Très bien mais ne te fais pas trop désirer. Si je mets autant de temps que toi, il vaut mieux que je m'y mette maintenant.
Remus sourit avant de quitter la bibliothèque, content de lui. Il s'en voulait de céder mais pouvoir aider son ami était tout ce qu'il désirait. Et puis, il doutait fortement que Black y arrive. Il finirait par abandonner après le 3ème ou 5ème échecs maximum. Il n'avait rien de particulier ni de vraiment fort pour le pousser à s'accrocher. Il ne tiendrait pas. On ne devenait pas Animagus juste parce que ça avait l'air cool.
C'était compliqué et seuls les sorciers talentueux y arrivaient.
Remus venait d'obtenir des excuses pour Peter et la tranquillité pour lui. Il était ainsi certain d'être le gagnant de l'histoire, tout en oubliant que l'ami de son père avait pensé de la même manière lorsqu'il avait passé ce marché avec lui…
xXx
La première semaine de cours s'était déroulée sans encombres, si bien que Regulus avait fortement douté des dires de Rosier. Quelle ironie que ce soit justement à ce moment là que les choses avaient commencé à se dégrader. Il ne comprenait toujours pas pourquoi. Il avait baissé sa garde c'était certain, mais pourquoi n'agir que maintenant ? Les premiers mauvais tours avaient ainsi commencé le lundi suivant. Quelques personnes sans intérêt que Regulus avait vite repoussées. Malheureusement, tous n'avaient pas fait preuve d'aussi peu de force et de détermination. L'un d'eux était d'ailleurs la raison de la présence du 6ème année à l'infirmerie.
Regulus avait déjà eu l'occasion de s'y rendre quelques fois les années précédentes à cause de blessures minimes au Quidditch. Il connaissait donc le caractère de l'infirmière à s'emporter et à exagérer les soins. D'où son choix de ne pas écouter Mme Pomfresh lui donner ses indications. Enfin, ça ressemblait plus à un savon qu'autre chose mais peu importe puisqu'il n'écoutait pas. L'important était qu'elle pense qu'il était tout ouïe.
Son bras n'était pas si tordu que ça et l'entaille qu'il avait à la cheville était bien plus pénible, elle lui faisait encore mal alors qu'elle datait de jeudi et qu'ils étaient déjà samedi. Il n'avait finalement pas fallu longtemps à Regulus pour s'assurer de la véracité des propos d'Evan Rosier. En une semaine à peine, c'était déjà sa deuxième visite à l'infirmerie. Ce devait être pour ça que Promfresh s'agaçait.
Regulus s'en sortait pourtant assez bien. Il arrivait à se défendre contre ceux qui venaient l'affronter en face mais contre les attaques sournoises, c'étaient plus compliqué et c'était les raisons de ses visites à l'infirmerie. Heureusement, les blessures n'étaient pas visibles : cachées sous ses vêtements, cela permettait au jeune Black de donner le change. Il n'avait pas dit à Sirius ce qu'il en était. Pour l'instant, il pouvait gérer seul. Et puis à vrai dire, il voulait s'éloigner de son frère car s'éloigner de lui signifiait rester loin de Potter.
Mais ce n'était pas la seule raison. Quelques-uns l'avaient en effet bousculé seulement pour se venger de Sirius et de ses blagues qui les avaient blessés puisqu'il était plus facile de s'en prendre à lui qu'à l'ainé. Et si au passage il pouvait le faire céder et empocher la récompense, c'était la cerise sur le gâteau !
Ce n'était pas les plus nombreux mais Regulus se serait bien passé de ça. Il n'arrivait cependant pas à en vouloir à Sirius, se rappelant tout ce que son frère avait subi au 12 Square Grimmaurd sans qu'il n'intervienne. Il pouvait bien supporter un peu plus de souffrance, il n'était pas moins faible que lui.
Black était en désaccord avec lui et ils s'étaient disputés la veille à ce sujet. Depuis, le fantôme s'occupait ailleurs. Il avait décidé d'observer de plus près ce Tom Jedusor qu'il n'arrivait pas à appeler autrement que Voldemort. Regulus était assez occupé pour ne pas avoir le temps de s'en charger.
Il y avait donc des jours où tout allait bien, pendant lesquels il n'avait droit qu'à des regards ou à des tentatives de persuasion. Et d'autres pendant lesquels il devait être si vigilant que ça le laissait bien trop fatigué en fin de journée.
La pire attaque qu'il avait subie n'avait pas été si douloureuse physiquement mais le contexte l'avait été. A son plus grand étonnement, un groupe peu nombreux de Poufsouffle et de Gryffondor l'avait coincé dans un couloir pour discuter. Rosier était passé par là à cet instant et leurs regards s'étaient croisés. Regulus avait souhaité qu'il l'aide mais celui-ci avait simplement continué son chemin.
Il s'était senti trahi.
Evan Rosier lui avait pourtant dit qu'il l'aiderait, qu'il tenait à lui mais… ses actes n'allaient pas avec ses paroles.
Regulus y pensait encore lorsqu'il quitta l'infirmerie pour monter dans sa chambre. Il n'avait pas faim et ne voulait pas se rendre dans la Grande Salle. Peut-être que Severus lui amènerait quelque chose. Il ne savait pas combien de temps tout ça durerait. Comprendre à quel point ses parents étaient prêts à tout pour le faire revenir à la maison et avoir de nouveau un héritier était désolant. Ça l'attristait même plus qu'il ne voulait l'admettre.
En arrivant dans son dortoir, l'attrapeur fut ainsi étonné de tomber sur Rosier, nonchalamment assis sur son lit. Ou peut-être pas. Rosier semblait savoir où le trouver et quand le trouver. Juste quand il était assez fragile pour écouter ses murmures.
-Tu as l'air d'aller bien, commenta-t-il.
Regulus l'ignora et s'approcha. D'un regard, il lui fit comprendre qu'il voulait accéder à son lit.
-Tu es énervé et je le comprends.
-Tu m'as vu et tu n'as rien fait !
-Ils ne t'ont rien fait de grave, Regulus. Vas-tu le nier ?
Il se leva pour se trouver à sa hauteur et Regulus ne recula pas. Il ne voulait pas lui donner un seul avantage même si ça le gênait que son ainé se tienne si près de lui.
Pourtant, il finit tout de même par détourner le regard et serra les dents. C'était vrai que le groupe ne lui avait pas fait grand-chose, juste poussé un peu et il était mal tombé. De plus, deux d'entre eux avaient paniqué et avaient essayé de l'aider à se relever mais il les avait menacés de sa baguette. Regulus était parti à l'infirmerie seul et comme il s'y était attendu, ce qu'il avait n'était pas bien grave. Pomfresh avait arrangé ça en rien de temps.
Mais ce n'était pas parce que cela s'était passé ainsi que ça excusait Rosier.
-J'aimerais dormir, souffla-t-il.
-Tu ne vas pas accepter ma proposition, Regulus ? lui demanda une fois de plus Rosier.
-Je ne peux pas te faire confiance ! siffla-t-il en retour.
-Si je n'ai rien fait c'est parce que je ne pouvais pas. Officiellement, tu n'es rien pour moi. Nous ne sommes pas vraiment de bons amis et nous ne trainons pas ensemble. Je me serais mis dans une position délicate en t'aidant et ce sans aucune raison.
-Alors tu n'accepteras de te mouiller que si je sors avec toi ?!
Le jeune Black était désabusé. Bien entendu, Rosier pensait d'abord à ses propres intérêts. C'était ce qu'il voulait et jusqu'au bout, il essaierait.
-Accepte. Pour l'instant, tu te débrouilles bien mais ça va empirer. Quand les gens vont comprendre qu'ils peuvent s'en prendre à toi impunément, ça en motivera d'autres. Ou alors ça s'arrêtera avec le temps, qui sait ?
Il n'y croyait pas un seul instant et c'était flagrant.
-Regulus, reprit Rosier. Je ne te ferai jamais rien que tu ne veuilles pas.
Regulus baissa la tête, fatigué, alors que le blond passait ses bras autour de lui, l'emprisonnant dans une étreinte rassurante. Après le rejet de James Potter et la semaine compliquée qu'il venait de vivre, cela fit du bien à l'adolescent d'avoir une épaule sur laquelle s'épancher, même quelques secondes. Rosier était toujours calme et assumait ses choix. Beaucoup le critiquaient mais ça n'avait jamais semblé l'atteindre. Il arrivait notamment à tirer parti de situations compliquées et en sortait souvent grandi.
-Je ne comprends pas pourquoi tu veux à ce point… que je sorte avec toi. Tout le monde nous traitera d'homosexuels, chuchota le plus jeune.
Regulus trouvait que Sirius disait souvent des âneries mais il lui arrivait aussi parfois de dire des choses pertinentes. Et subir l'homophobie de certains s'il décidait de s'afficher avec le blond était inévitable.
-Pourquoi le feraient-ils ? Je ne suis pas gay ! lui apprit-il alors.
Cela surprit tant le brun qu'il s'éloigna lentement de Rosier.
-L'es-tu, Regulus ?
Regulus nia mais Rosier ne le crut pas, comme le confirma son sourire.
-Tu mens mais ce n'est pas quelque chose dont tu devrais t'inquiéter. Vois-tu, Regulus, je suis quelqu'un qui m'intéresse plus à la personnalité et aux qualités qu'au genre. J'ai très vite fait comprendre à mes parents qu'ils n'avaient pas à s'occuper de ça, ni même à s'en inquiéter. Je suis leur unique fils, l'héritier de la famille. Tant que je remplis mes exigences, tout va bien. Aujourd'hui, les gens apparentent ce mode de vie à de l'excentricité, ça passe mieux.
Le cadet de la famille Black n'arrivait pas à y croire. Quand Rosier parlait, tout semblait si simple et si clair. Il avait en quelque sorte réussi à se faire accepter et surtout à se dresser devant ses parents. Il avait trouvé un compromis pour mener la vie qu'il souhaitait. Lui n'était pas sûr de pouvoir un jour le faire. Comme il n'avait jamais pu défendre son frère lorsqu'il souffrait à cause de leurs parents, et ce même s'il l'avait souvent souhaité.
Regulus se sentit hésiter. Rosier était dans une situation similaire à la sienne. Il était à Serpentard, ils aimaient globalement les mêmes choses et surtout, leurs opinions politiques étaient similaires même si Regulus restait plus mesuré et moins tranchant que son ainé.
-Est-ce que… Est-ce qu'on ne pourra agir comme un couple que devant les autres ? tenta-t-il.
Regulus savait qu'une part de lui voulait être choyé et protégé par Rosier. Il se rappelait ses délires d'enfant et se disait que ce que lui proposait le Serpentard était certainement ce qu'il aurait de mieux dans la vie. Il n'était qu'une pâle copie de l'original qu'était son frère comme on le lui avait souvent répété. Il aurait donc aussi une pâle copie du bonheur auquel il avait rêvé enfant.
-Bien sûr. On a un marché alors ?
Après une hésitation, Regulus hocha la tête.
xXx
-Lily ! Lily Evans !
Lily s'arrêta et attendit que Rita Skeeter la rejoigne. Elle la salua, se demandant ce que la journaliste lui voulait. En fait, suivant sa demande, elle lui répondrait ou non et s'empresserait de rejoindre James. Il voulait l'emmener faire une balade dehors et elle s'attendait à quelque chose de romantique. Du moins, elle l'espérait.
-Merci…
Rita prit une minute pour reprendre sa respiration puis invoqua sa Plume à papote et Lily se tendit. Elle n'était pas certaine du tout de vouloir donner une interview. Une interview à quel sujet d'ailleurs ?
-Je ne répondrai pas à tes questions.
Etrangement, l'apprentie journaliste n'insista pas.
-Pas grave, je trouverai bien quelqu'un pour répondre à mon sondage sur le psychologue Jedusor.
Lily leva les yeux au ciel. Elle détestait ce genre d'articles sans intérêt.
-Pourquoi tu as cru que je le ferais ? s'étonna-t-elle alors.
-Par rapport à la liste.
-Quelle liste ?
La rousse fronça les sourcils, suspicieuse.
-Votre classement sur les mecs de Poudlard, précisa Rita dans un rire.
Lily se mordilla les lèvres, un peu gênée. Elle ne savait pas si elle devait nier ou non. Cette liste, elle l'avait faite parce qu'on l'avait convaincue que ce serait marrant. Juste un truc entre filles pour s'amuser. Elle avait aussi cédé parce qu'elle avait trouvé ça amusant pour une fois que ce soit les filles qui jugent les garçons et non pas l'inverse. Ce n'était pas méchant, plutôt bon enfant avec des commentaires se voulant drôles. Un truc qu'on fait à une soirée pyjama, distrayant mais compromettant.
-Alors c'est vrai ? Pourquoi on ne m'a pas invité à participer ?! s'agaça soudain Rita.
-Je ne sais pas, ce n'est pas moi qui décidais. Enfin, je n'étais pas seule.
-Donc tu confirmes.
-Oui, soupira-t-elle.
Lily s'était déjà compromise de toute évidence.
-Ne sois pas déçue, reprit-elle. Ce sont juste des bêtises pour s'amuser. Je dois vraiment y aller maintenant, Skeeter.
-Très bien. Merci, Evans.
L'apprentie journaliste regarda la rousse partir, le sourire aux lèvres. Elle tendit ensuite la main et sa petite bille qui était en fait un appareil photo miniature modifié se posa dessus. Un investissement très cher mais aussi très utile. Rita reprit son chemin. Elle avait un article à finir et elle avait tout ce qu'il fallait pour lâcher sa bombe lundi.
Prochain chapitre - La liste de la discorde - 20/12/20 si je ne suis pas trop prise avec mon boulot. En attendant, dites-moi ce que vous avez pensés de ce chapitre.
