Réponses aux review :

Noona

Bienvenue à toi, j'espère que tu vas rester. Je crois que mon point de fort c'est vraiment le développement de lien entre les personnages et comment les relations se tissent, et si j'en crois ce que tu dis, je me débrouille en effet pas trop mal. Pommedapi fait un travail excellent, elle comprend ce que j'essaie de faire, même quand ce n'est pas très clair et le rendu et souvent satisfaisant. Merci d'avoir pris le temps de me laisser un mot.

Mio

Coucou ! Tu le dis bien, les personnages sont humains, j'espère que tu t'en rappelleras jusqu'à la fin de cette histoire. C'est vrai que je veux vraiment faire en sorte de montrer des personnes avec leurs failles, leurs défauts et leurs qualités. Je dépeins au début Sirius parfois comme quelqu'un d'imbuvable et Regulus comme quelqu'un qui a le don de se mettre dans de drôle de situation, je parle un peu de James et Peter dans ce chapitre. Je vois tout ces personnages en gris, pas de méchant, pas de gentil. Des gens authentiques qui font des mauvais choix, ou sinon il n'y aurait pas d'histoire :)

Contente que tu apprécies Regulus, j'avais peur d'en avoir fait n'importe quoi, je sais tellement peu de chose sur lui ! Merci pour ton commentaire.

Du coup merci à Noona, Mio et AngeLunaBlack pour leurs commentaires.

Chapitre écrit avec l'aide de ma bêta, merci à toi.

Bonne lecture à tous.


Chapitre 12 :

A l'approche du bal

Le mardi matin, Sirius se leva avec un sentiment étrange. Il se sentait lessivé, apathique et il se demanda s'il n'était pas malade. Il y avait du bruit dans le dortoir et il devinait être le dernier encore au lit. Sans trop y penser, il se leva finalement et fila sous la douche. James pénétra alors dans la salle de bain et commença à lui parler. Encore fatigué et à cause de la mauvaise articulation de son ami – quelle idée de parler la bouche pleine de dentifrice – Sirius ne comprit pas grand-chose mais ne chercha pas à approfondir pour autant.

Contrairement à son habitude, il ne s'attarda pas. Il se sentait vraiment étrange, comme s'il ne maitrisait pas totalement ses gestes, ses pensées. James avait quitté l'endroit et comme Sirius ne l'avait pas écouté, il ignorait où se trouvait son meilleur ami. Il se brossa les dents et cracha l'excèdent de dentifrice de manière mécanique. Soudain, son regard se posa sur une espèce de truc plus ou moins vert marronné dans le lavabo. Sirius jura.

Il venait de cracher sa feuille de mandragore ! Il avait fait plus de la moitié de sa tâche et il avait échoué bêtement par manque d'attention !

Le Maraudeur se rinça la bouche et descendit dans la grande salle dans un soupir. Il était énervé mais avait envie de se remplir la panse maintenant qu'il n'avait plus à faire attention à ne pas avaler par mégarde sa feuille en même temps que son jus de citrouille.

Devant les escaliers qui faisaient face à la salle commune des Gryffondor, Sirius tomba sur James qui l'attendait encore. Ils rejoignirent ensemble la Grande Salle.

-Les tableaux n'ont rien donné et les fantômes ne veulent pas nous parler. Enfin, peut-être qu'on aurait plus de chance en entrant directement dans leur salle commune, débita son ami.

Sirius comprit que son ami lui parlait depuis tout à l'heure de leur mission spéciale. Il se concentra alors pour pouvoir lui répondre et suivre enfin convenablement la conversation.

-Ouais mais je ne sais pas comment faire, se désola-t-il.

-Hum…

James s'apprêta à dire quelque chose avant de se rétracter puis de soupirer.

-On verra plus tard, décida-t-il finalement.

A la table des Gryffondor, Lily, Dorcas, Marlene et Alice étaient déjà en pleine discussion. A propos du bal bien évidemment. C'était vendredi et tout le monde ne parlait que de ça, comme tous les ans à vrai dire. Frank exprima d'ailleurs un tel soulagement en voyant les deux garçons apparaitre que cela les fit rire.

-Tu as une cavalière pour le bal, Black ? lui demanda Marlene.

Comme d'habitude entre eux, ils demeuraient en froid un moment avant de se reparler comme de bon vieux amis sans que personne n'y comprenne quoi que ce soit.

Pour garder le suspense – et surtout pour ne pas avouer qu'il n'avait pas encore cherché – Sirius se contenta de sourire. La Serdaigle leva alors les yeux au ciel, amusée. Elle parla ensuite de son propre cavalier qu'elle avait dû inviter elle-même parce qu'il avait été trop timide pour le faire.

Dorcas quant à elle n'avait pas encore de cavalier. Elle avait espéré se faire inviter pour au final rejeter toutes les propositions qu'elle avait reçues. La Gryffondor pouvait se montrer parfois très timide avec les garçons qui voulaient plus qu'une simple amitié avec elle. Ses amies trouvaient ça adorable mais elle aurait préféré être plus sûre d'elle. Cependant, dès qu'il s'agissait de sentiment amoureux, Dorcas doutait beaucoup et avait peur de mal faire. Sa précédente relation qui datait de sa cinquième année s'était assez mal finie et ce même si elle s'était séparée de Smith d'un commun accord.

-Si tu veux, Severus aussi est seul, proposa James.

Lily lui fit les gros yeux sans qu'il ne sache pourquoi. Sa copine avait toujours le sentiment que tout ce qui sortait de sa bouche et qui concernait son meilleur ami devait forcément être méchant ou au moins un brin moqueur. Ce qui n'était pas systématiquement le cas, heureusement.

-J'énonce simplement un fait, lui fit-il remarquer.

-J'ai plutôt l'impression que tu exposes sa situation avec amusement.

Elle souriait car elle se rendait compte que James avait raison mais qu'il aimait juste la taquiner à se sujet.

-Tu veux aller au bal avec la chauve-sou…

Sirius se racla la gorge et poursuivit en espérant que personne n'avait prêté attention à lui.

-Tu veux y aller avec Snape, Dorcas ?

-Pourquoi pas ! répondit celle-ci pour les surprendre.

Elle n'avait rien contre Severus. Il n'était pas spécialement bavard mais restait intéressant.

Lily fut surprise de la réponse de son amie, comme les autres.

-Eh bien, je n'aurais pas pensé ça de toi, Do' ! s'exclama joyeusement Alice.

-Si tu comptes aller jusqu'au bout, fais-le vite. On raconte qu'il est plutôt proche d'Alton ces derniers temps, lui apprit alors Marlene.

-Vous pensez qu'ils vont vraiment y aller ensemble ?

Lily avait toujours du mal à comprendre l'amitié qui liait ces deux-là. Elle avait d'ailleurs plutôt l'impression que son meilleur ami lui cachait quelque chose à ce sujet.

-Moi j'irais avec Alton à sa place ! Avoir une si belle fille à son bras, Snape devrait profiter du bal pour s'en vanter ! fanfaronna Sirius.

-Les femmes ne sont pas des trophées et encore moins des objets ! s'insurgea Marlene qui fut approuvée par ses amies.

James et Frank lancèrent également des regards mauvais à leur ami : ils ne voulaient pas se brouiller avec leurs copines par sa faute.

-Sinon, je n'ai personne, avoua-t-il ensuite pour changer de sujet. On pourrait y aller ensemble ?

Dorcas haussa un sourcil alors qu'un fin sourire se dessinait sur ses lèvres.

-Non.

Sirius haussa les épaules et continua à manger : il se remettait déjà de ce râteau. Que Dorcas lui préfère Severus, ce n'était clairement pas un problème.

-Tu vas avoir du mal à trouver quelqu'un si tu te montres si difficile, rigola James.

Dorcas l'ignora. Ce matin, tout le monde semblait s'être donné le mot pour l'embêter quant à son manque de cavalier. Elle ne comprenait pas ce qu'il y avait de dramatique dans le fait d'y aller seule. Ce n'était pas forcément ce qu'elle souhaitait mais elle se disait parfois que si elle avait tant de mal à accepter les propositions de ces messieurs, c'est qu'elle n'en avait pas envie ou que la bonne personne ne se manifestait pas.

Pendant quelques secondes, le regard de Dorcas se perdit alors sur les autres tables jusqu'à s'arrêter sur Remus, assis à côté d'Isabel.

-Il me semble que Lupin n'a pas de cavalière. Peut-être que je devrais l'inviter, réfléchit-elle à voix haute.

-Quoi ?! Remus n'a pas de cavalière, comment ça se fait ?!

Sirius était sincèrement surpris. Il observa ainsi à son tour le Poufsouffle qui rigolait avec ses amis.

-Quand je lui ai demandé, il a dit qu'il y allait avec Peter, entre amis, leur apprit Lily.

Sirius rigola et s'empêcha de divulguer le fond de sa pensée à la rousse.

Bientôt, il fut temps pour eux d'aller en cours et ils abandonnèrent le sujet du bal. De toute façon, bien avant cette soirée, Sirius avait son entretien avec Jedusor.

xXx

Encore perché sur son balai, James se contenta de saluer ses coéquipiers qui quittaient le terrain avant de reprendre son propre entrainement. Les Gryffondor avaient un match en janvier deux semaines après la rentrée et cette fois, le capitaine était bien décidé à gagner. Le match précédent contre les Poufsouffle, ils l'avaient perdu uniquement par sa faute et James en prenait l'entière responsabilité. Il était donc déterminé à donner une meilleure prestation pour ne pas trahir une nouvelle fois la confiance de ses amis. C'était sa dernière année, sa dernière fois en tant que capitaine et il ne voulait pas laisser un mauvais souvenir.

Bientôt déjà, il passerait à la nouvelle année et sans qu'il ne s'en rende compte, il serait déjà temps de bosser pour les Aspics. James était toujours autant incertain quant à son avenir. Il avait voulu prendre rendez-vous avec le psychomage qui avait aussi une formation comme conseiller d'orientation mais il s'était vu refoulé. Ça ne l'avait pas vexé : Jedusor avait déjà assez de travail comme ça et son cas n'était pas forcément urgent. Il avait quand même été sacrément surpris quand Sirius lui avait annoncé qu'il avait un rendez-vous obligatoire mais il avait été listé comme prioritaire alors c'était logique.

James pouvait se débrouiller seul, ses problèmes n'étaient pas bien graves.

Il était populaire, bon élève et apprécié des professeurs malgré les tours qu'il pouvait parfois jouer. Il avait également des amis incroyables, il était capitaine de son équipe de Quidditch en plus d'être attrapeur et bon sang, il sortait avec la fille la plus merveilleuse au monde !

Il était certain qu'il n'y avait que lui pour réussir à ne pas être heureux dans une situation si idyllique. Enfin, pour être tout à fait juste, ce n'était pas qu'il n'était pas heureux, c'est qu'il n'était pas serein. James s'était en effet rendu compte avec effarement qu'il avait tout simplement peur. Incroyable pour quelqu'un appartenant à la maison des braves et courageux lions ! Mais en vérité, il avait peur de l'après. De tout perdre en dehors de Poudlard.

Qu'il commence à penser de cette manière était sans aucun doute le signe qu'il grandissait et qu'il devenait plus mature. James avait ainsi depuis un moment arrêté d'agir comme un adolescent insouciant qui n'avait à s'inquiéter de rien. C'était souvent un reproche qui lui avait été fait par le passé. Il n'avait jamais rien vécu de vraiment difficile jusqu'ici : tout ce qu'il voulait, ses parents le lui offrait et il arrivait toujours à s'en sortir grâce à des facilités incroyables. Alors si James n'avait trop rien dit avant, conscient de la véracité de ces propos, aujourd'hui était plus douloureux. Était-ce sa faute s'il avait la vie qu'il avait ?

Mais se plaindre n'aurait pas été juste, pas pour ceux qui vivaient des situations plus compliquées. Ne serait-ce que pour Sirius ou même Severus. Même si pour ce dernier, il ne connaissait pas dans les détails ses problèmes. Lily lui en avait parfois touché quelques mots et c'est pourquoi le Préfet de Gryffondor savait que le père du Serpentard était dur avec lui. James s'était souvent demandé si Severus connaissait une situation similaire à celle de son meilleur ami. Il n'avait cependant jamais demandé : il n'était pas sûr que le Serpentard apprécie. Et au-delà de ça, les deux hommes n'étaient pas suffisamment proches pour se faire ce genre de confidences.

Il en parlerait probablement avec le psychomage s'il avait la possibilité de le faire. Ceux qui avaient déjà eu leurs premières séances avaient tous donné un avis similaire : Jedusor était très gentil et à l'écoute, ils n'avaient pas eu l'impression d'être devant un professionnel. Ça enlevait la sensation d'être un élève fragile ou encore de quelqu'un ayant besoin d'un suivi ou d'un soutien. Avoir recours à un professionnel n'était pourtant pas forcément quelque chose de péjoratif mais les gens avaient toujours peur d'être jugé et de dévoiler leurs faiblesses.

Sirius était réticent par exemple et James espéra que ça se passerait bien pour le brun.

Il soupira ensuite et se concentra davantage. Il faisait froid et en décembre, la nuit tombait affreusement tôt. Il avait neigé dans l'après-midi mais ça n'avait pas tenu. Les températures étaient cependant si basses qu'il était certain que cette nuit, les flocons tomberaient encore et que le lendemain matin, les élèves de Poudlard auraient droit à un magnifique paysage blanc.

S'entrainer dans les jours à venir serait donc compliqué et James n'avait pas envie d'imposer ça à ses coéquipiers même s'il n'était guère sûr que le climat soit meilleur lors du match. Il en discuterait plus tard avec son équipe. Pour l'instant, il devait se concentrer pour retrouver le vif d'or.

James vola ainsi plus haut et frissonna à cause de la chute de température. Il avait l'impression que le bout de ses doigts gelaient. Il lui avait semblé apercevoir le vif d'or par là mais il n'était pas simple d'avoir une bonne visibilité avec ce temps. A se demander comment James faisait pour y voir quelque chose avec sa mauvaise vue… Celui-ci redoutait en fait de casser ses lunettes à chaque match. Heureusement, ça n'arrivait jamais ou en tout cas, ça n'était pas encore arrivé.

Le capitaine vola pendant près de dix minutes avant d'enfin refermer ses doigts sur la petite balle. Ses doigts étaient engourdis, son visage rouge à cause du froid et sa respiration erratique mais il était heureux. Lorsqu'il descendit au sol pour ranger son matériel, il eut cependant la mauvaise surprise de tomber sur Evan Rosier.

Il sentit immédiatement que ça n'allait pas lui plaire. Peut-être parce qu'il n'appréciait pas vraiment le Serpentard.

Rosier était en tenue de sport comme lui et James se demandait bien ce que le batteur faisait-là. Les Serpentard n'avaient pas de match avant le moi de mars, contre les Gryffondor plus exactement.

-Tu fais preuve de beaucoup de sérieux, t'entrainer alors qu'il fait déjà nuit…

James ne sut dire s'il s'agissait d'un compliment ou non et après hésitation, il décida que ça n'en était pas un. Severus avait la même façon de parler lorsqu'il disait parfois que Sirius avait eu une bonne idée et tout le monde savait qu'il n'en pensait pas un mot. De toute façon, le blond n'était certainement pas là pour lui faire la conversation et encore moins pour le féliciter. La dernière fois, l'enflure l'avait titillé sur son « incroyable prestation » contre les Poufsouffle alors que les Gryffondor s'étaient plus ridiculisés qu'autre chose. James s'était alors promis de ne plus jamais faire preuve d'entêtement. Quand il avait tort, il avait tort. Tester un stratagème bancal en plein match parce que ça lui semblait le bon moment n'était pas l'attitude responsable d'un capitaine.

Pour autant, Rosier lui avait fait péter un plomb ce jour-là et le blond n'avait pas intérêt à la ramener encore sur ce sujet.

-J'ai fini, le terrain est à toi si tu veux, répondit-il alors en reprenant sa respiration.

Il s'avança avec son balai, transpirant et satisfait. Il ne désirait qu'une chose, prendre une douche chaude et aller manger, mais Rosier n'avait pas l'air d'accord. Il se mit sur son chemin et l'observa avec toujours ce même détachement, ce même sourire froid.

-Déjà fatigué ? Un petit duel, ça ne te dirait pas ?

-Tu me proposes un affrontement pour le vif d'or ? rigola James, toujours tenté par les défis. Je sais que tu es bon mais je ne pense pas que tu puisses me battre. C'est mon boulot d'attraper cette petite balle dorée après tout !

-Je pensais plutôt à un basique affrontement devant les buts. Avant de devenir attrapeur, tu étais poursuiveur comme moi.

Rosier laissa apparaître la mallette où était rangé le souaffle : il attendait juste que James accepte son jeu et ce dernier hésita. Rosier était un manipulateur, il ne faisait jamais rien sans raison et il ignorait encore pourquoi le vert et argent voulait faire une partie avec lui.

-Je présume que ce petit jeu n'aura rien d'amical ? demanda-t-il, mine de rien.

-Depuis quand une partie de Quidditch est amicale ? Si tu penses comme ça, rien d'étonnant à ce que ton équipe ait perdu contre les Poufsouffle ! Les blaireaux, s'il te plait ! Et vous vous dites des lions ?

James serra les poings. Il s'en voulait de n'avoir rien à répondre. En effet, il avait toujours été plus un homme d'action que de mots. Pour sa part, Rosier était un tel serpent qu'il était capable de rebondir et de lui répondre quelque chose qu'il ne capterait pas du tout. Mieux valait donc ne pas se ridiculiser et le laisser s'agiter tout seul.

Le Gryffondor avait l'impression de comprendre de plus en plus ce qui poussait le blond à lui chercher querelle et il en eut d'ailleurs confirmation juste après.

-Je souhaiterais parier avec toi. Si je marque plus que toi, j'aimerais que tu fasses quelque chose pour moi. Bien sûr, si je perds, je me plierais aux mêmes exigences. C'est entendu ?

James esquissa un sourire. Rosier avait un tel besoin de se rassurer face à lui qu'il s'exposait inutilement. Et on le disait rusé ? Le Gryffondor accepta aussitôt : l'occasion était trop belle pour qu'il passe à côté. Il allait gagner et exiger du blond qu'il lui montre ses souvenirs concernant le Serment Inviolable ! Il ne faisait pas preuve d'une trop grande confiance en lui, il savait simplement qu'il pouvait battre Rosier et il était déterminé à y arriver. Avec les autres, ils s'étaient donnés un objectif et avaient tâtonné jusqu'à présent. Il n'avait pas le droit de lâcher.

-Je ne te savais pas si jaloux, Rosier.

Le blond lui lança un regard surpris alors qu'ils s'élevaient tous les deux dans les airs, Evan ayant récupéré le souaffle précédemment.

-Y a-t-il une raison pour laquelle je devrais t'envier ?

Il jouait clairement les ignorants mais James avait envie de le provoquer un peu pour qu'il perde de son si précieux calme et contrôle. Il n'allait pas se contenter de gagner, il désirait également rabattre son caquet au blond. Qu'il redescende de son piédestal et qu'il comprenne qu'on ne pouvait pas ainsi jouer avec les gens.

-Par exemple, le fait que Regulus ait des sentiments pour moi alors que toi, tu ne lui inspires que du dégout.

Sur ces mots, James s'éloigna, allant se poster près des buts sans prendre la peine d'observer le visage crispé de colère du blond. Il avait bien réfléchi à ce sujet. Evan avait forcément commencé à tisser sa toile autour de Regulus quand ce dernier s'était dévoilé devant lui et puisqu'il avait été maladroit au point que celui-ci se sente obligé de lui mentir concernant ses sentiments, le Serpentard en avait profité.

Chaque jour qui passait, il regrettait d'avoir agi comme il l'avait fait face aux sentiments du brun. Il avait sans doute été plus apeuré que lui encore et il l'avait rejeté avec un manque de tact incroyable.

James secoua la tête pour se concentrer. Il allait gagner.

Mais alors qu'il arrivait tout juste devant son but, le souaffle passa près de sa tête et alla au centre du cercle.

-Ça fait 1 point pour moi.

C'était de la triche mais James savait qu'il ne servait à rien de protester. Rosier pouvait profiter : il n'en marquerait pas tellement d'autres.

En effet, James aimait le Quidditch et comme pour chaque chose qu'il appréciait, il s'investissait à fond, surtout lorsqu'il s'agissait d'une bonne cause. Et il ne voulait pas laisser Regulus plus longtemps avec le Serpentard. Le jeune Black avait eu le courage de demander de l'aide à son frère et James ne voulait pas le laisser tomber.

Il voulait que Regulus devienne de nouveau son ami.

Et vraiment cette fois-ci.

Rosier marqua trois points en tout puis James se positionna à son tour dans le rôle du tireur. Lui ne comptait pas tricher mais gagnerait sans faute.

Il n'avait pas occupé ce poste depuis sa cinquième année. Son but avait toujours été d'être poursuiveur mais avant d'être capitaine et que la précédente personne occupant ce poste ne quitte Poudlard, il n'en avait pas eu la chance. Pour ne pas que les autres pense qu'il n'était pas fait pour être attrapeur - après tout, il s'était attribué le poste alors qu'il n'avait jamais pu l'avoir lors des sélections - James s'était entrainé d'arrachepied. Il n'était pas mauvais mais les autres lui avaient toujours dit qu'il était si bon en poursuiveur que ça aurait été un gâchis de le mettre à un autre poste.

Et il allait dès à présent se charger de rappeler ses talents au blond.

Il commença donc doucement, volant près du but et jaugeant la distance et le vent. Rosier arrêta ses deux premiers tirs mais ça ne perturba pas le brun. Il avait encore 8 chances qu'il comptait utiliser comme il se devait.

Il faisait froid et la visibilité n'était pas excellente : s'il feintait suffisamment bien, il pouvait en mettre un paquet. Ni lui ni Rosier n'était goal, ils n'avaient certainement pas la capacité d'arrêter des tirs compliqués et si James avait pu en bloquer autant, c'était parce qu'il avait été aidé par la trajectoire bancale de ceux du blond. Rosier n'avait pas fait attention au vent.

Et lui ne comptait pas faire les mêmes erreurs.

Plus tard, alors qu'ils se posaient au sol, James ne put s'empêcher de sourire victorieusement. Cependant, le sourire qu'arbora également Rosier lui mit la puce à l'oreille.

-Tu es bon perdant, lui fit-il remarquer.

Rosier haussa légèrement les épaules.

-Tu as gagné et un marché est un marché. Je te laisse choisir entre deux choses.

-Comment ça ? Tu n'avais pas précisé ça avant ! Je pensais que j'étais celui qui décidait ce que je désirais !

James serra les poings. Il sentait venir l'entourloupe. Lui qui avait pensé qu'il pouvait exiger d'avoir les souvenirs du blond concernant le serment qu'il avait passé avec le petit frère de Sirius, il s'était fait bien avoir !

-Mon offre est vraiment équitable, crois-moi.

Rosier leva sa main gauche pour énoncer le premier choix.

-J'autoriserais Regulus à te parler. Il réside chez toi avec son frère, ne pouvoir parler à personne l'empêcherait de passer un bon Noël, le pauvre.

James sentit sa mâchoire se crisper sous l'effet de l'agacement.

-Ou alors…

Rosier leva son autre main, souriant toujours.

-J'arrêterais de le toucher.

James se jeta sur lui pour l'empoigner par le col de son haut. Il ne savait pas ce qui le retenait de lui en mettre une ou plutôt, de lui jeter un mauvais sortilège ! Il en mourrait d'envie ! Il comprenait beaucoup mieux à présent pourquoi Sirius n'avait pas pu se contrôler lorsqu'il avait vu Regulus et Rosier ensemble dans la Grande Salle il y a des semaines !

-Quoi, ça t'énerve que je te dise ça ?

Et il demandait sérieusement en plus ! James essaya de se calmer et s'éloigna du blond, le fusillant du regard. Rosier était trop satisfait. Il avait sans doute voulu cette situation dès le départ et cette constatation lui fit froid dans le dos.

-Il ne faut pas, voyons. Tu sais, il aime ça. Son corps en redemande.

Rosier passa une main dans ses cheveux, les ordonnant un peu, puis décida d'arrêter de torturer le Gryffondor.

-Tu ne peux pas choisir, n'est-ce pas ? Le laisser dans sa solitude ou lui offrir une sorte de tranquillité à mes côtés, cruel dilemme…

-T'es vraiment un sale enfoiré.

-Je dirais plutôt que je suis malin. Parce que si tu acceptes de faire un truc pour moi, tu n'auras plus à choisir entre ces deux choix, je les réaliserais tous les deux. C'est équitable, n'est-ce pas ?

James savait que ce ne serait pas le cas. Ou peut-être que si ? Il se rendait compte à présent qu'il n'avait jamais eu la main. Mais qu'est-ce qui l'empêchait de l'envoyer bouler et de ne pas rentrer dans son jeu ?

Regulus évidemment.

Savoir que Rosier l'obligeait à… Bon sang !

Dans quoi s'était embarqué le cadet des Black ? Et lui-même, jusqu'où était-il prêt à aller pour ce jeune homme aux yeux bleu-gris ?

xXx

Remus quitta la Grande Salle dans l'idée d'aller bosser encore un peu à la bibliothèque. En fait, il voulait surtout faire quelques recherches concernant la folle épopée dans laquelle il s'était lancé avec Sirius, James et Severus. Sa collaboration avec Severus s'était bien passée : ils ne se fréquentaient pas vraiment mais les deux hommes s'entendaient bien malgré tout.

Le Poufsouffle était surtout déçu de ne pas avoir encore avancé concernant le problème de Regulus. Il était vraiment remonté contre l'attitude de Rosier et le piège que le blond avait refermé sur son cadet. Il voulait trouver quelque chose, et vite. Severus avait dit qu'il était impossible de briser un Serment Inviolable et il n'avait pas tort, à moins qu'il réussisse à contraindre d'une manière ou d'une autre Rosier à annuler cette magie. Et encore, il ne savait pas si cela était possible… Mais Remus était celui qui avait redonné espoir à tout le monde et qui leur avait fait penser qu'il pourrait détourner le problème s'il n'arrivait pas à le résoudre.

Il ne voulait pas échouer, pas après avoir entrainé ses camarades à lui faire confiance.

Remus avait vraiment beaucoup travaillé, reproduisant son travail d'investigation alors que Severus s'occupait de laisser trainer ses oreilles dans la salle commune des Serpentard. Il n'avait pas spécialement eu de nouvelle du duo de Gryffondor mais de ce qu'il supposait, James et Sirius n'avaient pas plus avancé que Snape et lui. C'était bien dommage. Avoir un autre indice de la part de Regulus pour dévoiler ce qui le liait à Rosier auprès de Severus aurait été le bienvenu.

Enfin, Remus n'était pas du genre à se laisser abattre pour si peu même si sur ce coup-là, la difficulté était assez grande…

-Moony !

Remus s'immobilisa pour laisser le temps à Sirius de le rejoindre. Une petite partie en lui se surprenait à se reconnaitre dans ce surnom qu'il ne comprenait pas. Il se demandait même s'il était affectueux ou non. S'il le décortiquait, il pouvait isoler le mot lune pour moon et la terminaison en « y » devait sonner affectueux ou joli.

Le Poufsouffle ne voyait pas quel rapport il pouvait bien y avoir entre la lune et lui, ou même la pleine lune. Discrètement, il toucha alors son collier avec la dent de loup-garou. Sirius avait-il finalement toujours su ce que c'était ?

Malheureusement, le châtain n'eut pas le loisir de s'interroger plus que ça quand Sirius arriva à sa hauteur et passa son bras autour de ses épaules pour l'entrainer il ne savait où.

-Bonsoir, le salua Remus.

Ils ne s'étaient pas vus ni parlés de la journée alors c'était sans aucun doute la meilleure manière de commencer une discussion.

-Remus, j'ai appris quelque chose de très grave aujourd'hui, attaqua le brun d'un ton étonnamment sérieux. Tu n'as pas de cavalière pour le bal !

-Tu… Oui, c'est vrai.

Remus était désarçonné. Il s'était attendu à quelque chose de plus important... En tout cas, ça avait l'air de l'être pour le Gryffondor.

-Mais c'est un drame ! Comment peux-tu être aussi calme ? Je ne comprends pas pourquoi tu es seul en plus, tu ne vas pas me dire que personne ne voulait de toi ! Tu étais 7ème sur la liste des meilleurs coups au pieu de Poudlard ! Enfin, t'étais loin de la première place, mais quand même !

-C'était une liste concernant les plus beaux garçons de l'école, le corrigea-t-il.

Sirius le regarda comme s'il était fou. Il avait l'air de préférer la première appellation qu'il trouvait bien plus marrante même si elle avait apporté bien des déboires aux filles qui l'avaient créée. En réalité, Sirius n'y accordait pas beaucoup d'importance et il ne comprenait pas pourquoi tant de monde s'était offusqué. C'était un délire entre filles, pas la peine de les fustiger parce qu'elles parlaient de mecs qu'elles appréciaient à Poudlard !

Mais peut-être était-ce facile pour lui de dire ça comme il occupait la première place ? Sirius ne se posait pas la question. Comme Remus l'avait souligné, il avait été question de beauté, rien de méchant.

-Pourquoi tu es seul ? reprit le brun. Ne me dis pas que tu es trop timide pour inviter une fille ? Ou un garçon… ? ajouta-t-il après quelques secondes dans un sourire.

Comme à chaque fois que le sujet de sa supposée attirance pour la gente masculine revenait sur le tapis, Remus leva les yeux au ciel et ne répondit pas. Il ignorait si en agissant ainsi il nourrissait les questionnements du Gryffondor ou alors si à force, celui-ci allait enfin se décider à passer à autre chose.

-Je n'y vais pas seul. Peter et moi y allons ensemble, rétorqua-t-il en se détachant plutôt brusquement du bras du Gryffondor.

-Et tu dis que tu ne sors pas avec lui ! plaisanta-t-il. Enfin, tu me diras, je comprends que tu n'aies pas forcément envie de le crier sur tous les toits…

-Black !

Sirius l'observa, franchement étonné par son soudain éclat de voix et Remus soupira. Il pouvait l'engueuler, lui rappeler combien il n'appréciait pas la manière dont il parlait de son ami et son dédain envers tous, mais il avait l'impression que ce serait inutile. Sirius n'avait pas l'air de comprendre qu'il y avait des choses qui ne se faisaient pas et qui pouvaient blesser bien plus qu'il ne le pensait. Il avait pourtant cru qu'il avait changé… Son attitude envers lui n'était plus du tout la même après tout.

-J'avoue ne pas avoir cherché qui que ce soit pour m'accompagner, tenta-t-il alors de lui expliquer avec calme. Et comme Peter n'a personne, je me suis dit que par solidarité, je pouvais bien m'en passer. On passera une bonne soirée entre amis et c'est ce que j'ai envie de retenir de ce dernier bal de Noël à Poudlard.

Sirius le regarda étrangement et Remus se demanda s'il n'avait pas dit quelque chose d'étrange.

-Si je trouve une cavalière pour Pettigrow, tu consentiras à y aller accompagné ?

Remus s'apprêtait à répliquer mais Sirius le fit taire en posant son index sur ses lèvres. Ils étaient tous les deux immobiles dans les couloirs du château qui, à cette heure-ci, étaient peu fréquentés, la plupart des élèves étant encore à trainer dans la Grande Salle.

-Peut-être que toi ça ne te gêne pas, mais mon petit doigt me dit que Pettigrow lui ne serait pas contre.

Remus garda le silence. Il savait que Sirius n'avait pas tort mais il n'était pas prêt à le reconnaitre. Surtout qu'il ignorait encore pourquoi le brun faisait tant preuve d'insistance.

-A deux jours du bal, ça m'étonnerait que tu y arrives. Mais je t'en prie, fais-toi plaisir.

Le Poufsouffle haussa les épaules et s'en alla. Sirius ne chercha pas à le suivre.

xXx

Padfoot rigola et observa Regulus sautiller sur place parce qu'il s'était cogné le doigt de pied sur le bord d'une malle qui ne lui appartenait même pas.

-Ne te moque pas ! s'énerva le plus jeune.

L'esprit continua à sourire. Au moins ne riait-il plus de ce son similaire à des aboiements. Il se déplaça dans la chambre vide et alla léviter au dessus d'un des lits d'un partenaire de dortoir du Serpentard. Ils étaient tous les deux plutôt chanceux que les autres Serpentard ne passent pas tout leur temps libre dans la chambre. Ils pouvaient donc y discuter autant qu'ils le désiraient. Regulus avait peu d'autres endroits où il pouvait parler si librement avec Padfoot.

-Tu ne regrettes pas ton choix ? lui demanda Black.

-Non. Je n'ai pas envie de mêler mon frère à ça. Cette action me vise moi alors je dois être capable de m'en sortir seul. Lui a toujours fait comme ça alors… Je ne veux pas être capable de moins.

-Je n'ai pas confiance en Rosier.

Regulus garda le silence, le regard de Black – de Sirius, son frère – le fixant avec intensité.

-Je pourrais essayer de supporter ça plus longtemps, me défendre encore et encore en espérant que ça finisse par cesser. Mais je ne m'en sens pas capable. Je ne suis pas aussi fort que Sirius… Que mes parents me fassent ça, peu importe leurs raisons, ça m'atteint bien plus que je ne veux le laisser paraitre. Je ne suis pas habitué comme lui à subir. Je ne sais pas si je pourrais le supporter très longtemps…

-Tu pourrais, essaya de le convaincre le fantôme.

Regulus secoua la tête, défaitiste.

-Je n'en suis pas aussi certain que toi. Être avec Rosier est le meilleur choix. J'avoue aussi ne pas forcément avoir envie d'en baver pendant des mois…

Padfoot soupira. Il ne savait pas quoi dire. Il avait déjà – et à plusieurs reprises – essayé de le faire changer d'avis sans que ça ne marche. A son époque, il n'avait pas tant connu le Serpentard que ça. Rosier était ami avec Snape et pratiquait la magie noire en plus d'être un apprenti Mangemort. Pas quelqu'un de fréquentable en soit.

Mais cette réalité, ce monde n'était pas le sien. Les choses étaient différentes. Les Maraudeurs tels qu'il les avait connus n'existaient pas, Remus et Peter n'étaient même pas amis avec James et lui. Remus n'était pas un loup-garou et était un Poufsouffle. James et lui ne cherchaient pas à devenir Animagus pour les mêmes raisons. Son meilleur ami était sorti plus tôt que prévu avec Lily Evans et celle-ci était restée amie avec Snape. Et tant de choses encore.

Il était également difficile de se prononcer quand les choses commençaient à se mélanger dans son esprit.

-Méfie-toi quand même de lui, soupira-t-il.

-Je n'y manquerai pas mais… Il a dit qu'il m'aimait, chuchota-t-il comme si le dire lui était étrange. Je ne pense pas qu'il me ferait quelque chose de mal, ça ne collerait pas.

Padfoot observa la mine songeuse de son petit frère et se demanda si le brun pensait à James. Cette histoire le mettait dans une situation inconfortable. Il aurait aimé le soutenir, qu'il soit heureux avec la personne pour qui il avait le béguin. Mais James avait Lily et James et Lily, c'était aussi évident que Gryffondor était la meilleure maison de Poudlard !

-Un Serment Inviolable, ce n'est pas rien, Regulus.

-Je sais tout ça ! Mais justement, au moins avec ça, il n'y aura pas de surprises, que des règles bien établies.

Black ajouta quelque chose mais le son était tenu, la voix à peine perceptible. Regulus sembla plus triste et se leva alors brusquement lorsque Rosier pénétra dans la chambre. Quelqu'un était derrière lui et l'ambiance s'alourdit, semblant plus néfaste et sombre.

La scène s'accéléra et les mains du « couple » se serrèrent alors qu'ils procédaient au Serment.

xXx

Sirius se réveilla brusquement. Il avait du mal à respirer, sa tête lui tournait et il avait chaud. Il suffoquait. Il tenta de prendre de grandes inspirations mais il ne parvint pas à chasser la douleur dans sa poitrine. Il était terrifié et envahi par un pêle-mêle de sentiments qu'il avait du mal à reconnaitre.

Il faisait une crise de panique !

Le Gryffondor essaya de reconnaitre son environnement. Il comprit qu'il se trouvait dans son dortoir mais il faisait tellement de bruit qu'il était certain qu'il allait réveiller tout le monde. La panique l'envahit de plus belle à cette pensée. Il avait pourtant réussi à cacher ses peurs nocturnes jusqu'ici et il n'avait plus fait de cauchemar non plus alors il ne comprenait pas ce qui provoquait cette réaction chez lui.

Un éclair de douleur le transperça et il ne prit pas conscience qu'il avait cessé de respirer. Son corps tentait de s'y efforcer mais c'était peine perdue. C'était si violent qu'il avait l'impression qu'il allait mourir ! Comme dans le couloir…

Remus. Remus l'avait aidé…

Perdu dans son brouillard, Sirius le chercha désespérément des yeux mais ne le trouva nulle part. A force de s'agiter, il finit par tomber, se cognant les bras et le dos de manière douloureuse.

Sa raison vacilla. Tant pis pour ce que les gens penseraient, il allait mourir si on ne venait pas à son secours ! Il tenta d'appeler son meilleur ami mais sa propre voix lui parvint à peine. La panique enfla de plus belle et il sentit ses yeux s'humidifier.

Dans un éclair de lucidité, il ferma ensuite les yeux, essayant de se rappeler ce que Remus avait fait la dernière fois mais son esprit était tellement perturbé qu'il était incapable de se concentrer. Avant, il subissait ses crises dans la solitude et comptait, essayait de se focaliser sur quelque chose d'autre. Mais quand elles arrivaient ainsi et qu'il n'avait même pas le temps de les anticiper, il perdait tous ses moyens.

Sirius sentit soudain quelqu'un le toucher et il ouvrit les yeux pour tomber sur le visage apaisant de Frank. Plus loin, James sortait difficilement de son lit, sa couverture s'étant emmêlé étrangement et avec ténacité entre ses jambes. Frank s'agenouilla devant lui et il comprit que les deux autres personnes avec qui il partageait le dortoir étaient parties chercher l'infirmière.

Sirius sentit la panique s'éloigner. Être entouré lui faisait du bien. Lui qui avait toujours refusé de montrer ses faiblesses se rendait compte que ne pas être seul lui permettait de mieux supporter les ténèbres.

Mais habituellement, ses cauchemars et ses crises de panique avaient des rapports avec son enfance et les sévices qu'il avait subis. Là, c'était autre chose.

Il n'avait pas tout compris et n'était même pas sûr que ce soit vrai. Ça ne pouvait pas l'être. Comment pouvait-il se souvenir d'une scène à laquelle il n'avait pas assisté ?

Mais était-ce un hasard si les images ayant précédé le Serment Inviolable qu'avait fait son frère s'étaient imposées à lui ? Pire que ça, il avait eu l'impression que ses souvenirs lui appartenaient, de les avoir vus de ses propres yeux. Pourtant, c'était impossible.

Perturbé et épuisé par sa crise de panique, allongé sur un des lits de l'infirmerie, Sirius essaya de ne pas trop y penser. Le Gryffondor écouta ensuite attentivement Pomfresh lui faire toutes ses recommandations et but avec bonheur la potion de sommeil sans rêve. Il savait qu'il allait trouver Jamie à son réveil, à s'inquiéter pour lui. Son ami s'attèlerait probablement à lui changer les idées, lui redonner le sourire. Cependant, Sirius savait qu'il n'échapperait pas aux questions. Et s'il rechignait à confier ses peurs à son ami, ce rêve étrange, il voulait bien le partager avec lui.

xXx

Peter Pettigrow était un adolescent banal avec une vie tristement morne. De famille, il ne lui restait que sa mère, une sorcière qu'il aimait beaucoup et se montrait autant protectrice que dure envers lui. Elle aurait certainement apprécié que Peter soit plus doué, plus beau, plus fort, plus intelligent, et tellement de choses encore. Peter aussi le désirait ardemment, il ne pouvait donc blâmer sa mère pour ses propres désirs. Elle au moins l'aimait alors que lui avait du mal à se voir autrement que comme un incapable.

Son père les avait très vite abandonnés. Il était simplement parti alors que Peter n'était encore qu'un petit garçon. Ces souvenirs étaient douloureux pour le jeune homme et il se rappelait de cette époque avec tristesse. C'était toujours bouleversant pour un petit garçon de voir sa famille s'entredéchirer. Il ignorait encore aujourd'hui pourquoi son père n'était pas resté. La vie qu'il menait ne devait plus le satisfaire.

Sa famille était pauvre mais lorsqu'ils s'étaient retrouvés à deux, la vie était devenue plus supportable. C'était triste à dire. Sa mère avait refait sa vie rapidement, à croire qu'elle se fichait bien de cet homme qui l'avait engrossé et avec qui elle avait essayé de vivre plus par obligation que par réel amour. Peter avait l'impression que les hommes défilaient auprès d'elle, comme s'il en voyait un différent à chaque vacances. Mais il se refusait à la juger. Il s'agissait de sa mère, il l'aimait et elle avait bien le droit de mener la vie qu'elle désirait. Et puis, elle était discrète.

Si elle trouvait du réconfort ainsi…

Sa mère était belle en plus, alors que lui était à peine potable. Peter était en surpoids et subissait des moqueries à cause de son physique. A l'âge où la popularité, le physique et l'identité personnelle étaient si importantes, tout était compliqué pour lui. Il n'y avait qu'à voir comment Sirius Black l'avait affabulé d'un surnom si méchant pendant des années.

Venir à Poudlard avait été effrayant. Peter se savait peu talentueux en magie et pensait plutôt vivre chez les moldus à l'âge adulte. Au moins, là-bas, on le jugerait moins grâce à sa magie. Il pourrait même être plus performant, plus fort. Il serait alors enfin au-dessus de quelqu'un et plus celui qu'on rabaissait.

Mais il y avait Remus et Isabel, ses deux piliers à Poudlard grâce à qui il avait pu appréhender l'école de magie différemment. Il ne comprenait pas pourquoi il n'appartenait pas à la maison Poufsouffle avec eux. Malheureusement, cette maison n'avait même pas été envisagée pour lui. Serdaigle non plus mais c'était logique : il n'y avait qu'à voir ses résultats peu glorieux et son manque d'assiduité et de curiosité. Concernant Serpentard, le Choixpeau avait hésité avant de déclarer que Gryffondor serait moins pire pour lui. Le Choixpeau avait-il pratiqué la Legilimancie sur lui et découvert l'esprit tordu et torturé qui l'habitait ?

Peter regrettait parfois de ne pas avoir été envoyé à Serpentard finalement, il y aurait été mieux. Gryffondor était un supplice quand on n'avait pas d'amis, quand on n'était pas intégré parmi les lions. Mais était-ce si étonnant ? Il n'avait aucune des qualités requises ! Pire que ça, au cours des années, son cœur s'était assombri et sa bonhomie, sa timidité et son innocence avaient révélé une lâcheté dont il n'arrivait pas à se débarrasser. Lui, un lion ? Il préférait être un serpent et mordre sa proie pour lui transmettre son venin avant de la gober !

Peter était en colère. Et plus les jours passaient, plus sa colère le dévorait.

Elle s'était même cristallisée sur une seule et même personne, Sirius Black. Peter admirait l'homme autant qu'il le détestait. Il avait ainsi d'abord voulu être son ami et aussi celui de James. Il avait pensé que sa vie changerait à leur côté. Il les avait trouvés fascinant, merveilleux parce qu'ils représentaient tout ce que lui n'était pas.

Mais malgré ses efforts, Black et Potter n'avaient pas voulu de lui.

Alors il s'était contenté d'amis bien plus gentils et qui, au moins, voulaient bien de lui. Ensuite, les brimades étaient apparues. Peter aurait pu se rebeller s'il n'était pas connu pour ne pas être bon en magie et pouvoir à peine se défendre. Et puis, à deux contre lui, Sirius et James étaient si impressionnants qu'il s'en était senti incapable.

Et même si aujourd'hui la situation avait en apparence changé, tout était identique en réalité. Peter n'aurait ainsi jamais pensé dire ça un jour, mais il préférait les brimades à la solitude et à l'indifférence. Les excuses auraient dû suffire mais il avait secrètement espéré que Black et Potter feraient également un pas vers lui, ce qui ne s'était pas produit. Vouloir faire partie de leur bande ne l'avait jamais quitté, s'était-il aperçu.

Car désormais, même si on le laissait tranquille, personne ne venait lui parler ni ne se mettait avec lui pour les travaux ou encore ne l'aidait pour les cours alors qu'il avait du mal. Il était simplement transparent.

Pourtant, il y avait quelqu'un qui le voyait. Une personne magnifique qui avait décelé quelque chose chez lui alors que peu avait d'espoir le concernant. Il était gentil et souriant, pas méprisable ou plein de jugement comme pouvait l'être McGonagall. En effet, Peter entendait et surtout voyait ce que sa directrice de maison pensait de lui : elle était souvent dure, plus qu'avec ceux qui faisaient des bêtises. Elle ne devait pas le juger digne de sa maison. Qu'elle se rassure, il ne voulait plus en faire partie.

Des fois, il lui arrivait même de ne plus vouloir faire partie de ce monde.

Mais à cet instant, Jedusor souriait, le rassurait et lui redonnait confiance en lui.

-Vous pouvez me parler encore de lui, Peter.

-Vous n'en avez pas marre ? Je le fais à chaque fois !

Jedusor sourit et cela réconforta le Gryffondor.

-Bien sûr que non. Si c'est que vous désirez, cela me va parfaitement. Je veux vous aider, que vous ayez assez confiance pour vous exprimez à ce sujet. Et puis, je comprends que ce soit un sujet épineux et très important pour vous, Peter.

-C'est… Je ne sais pas pourquoi je parle autant de lui, je le déteste…

-Peter, avez-vous déjà réfléchi à l'éventualité d'avoir des sentiments pour Sirius Black ?

Le blond ouvrit grand les yeux de stupeur et de dégout. Il secoua vivement la tête, atterré par cette idée mais son cœur tambourinant dans sa poitrine.

-Non, je… Je sais que ça a l'air étrange mais…

-Pas du tout.

Peter relava la tête avec espoir.

-Vos sentiments sont confus mais quoi que vous ressentiez pour lui, Sirius occupe une grande place dans votre vie. Il en a rythmé une grande partie et a été responsable de bien des déconvenues et d'espoir. Vous l'aimez - l'adulez – et le détestez à la fois. Peu importe les sentiments qu'il évoque en vous, le fait qu'il soit dans votre tête vous perturbe.

-Des fois, je souhaiterais qu'il soit mort, qu'il n'ait jamais existé, murmura Peter, culpabilisé par la gravité de ses pensées.

-Et vous concernant, avez-vous eu d'autres idées suicidaires récemment ?

-Un peu mais pas... Enfin, c'est juste que je suis morose. Le bal arrive vendredi et encore une fois, je serai seul. Ça me peine qu'aucune fille ne veuille de moi… Mais au moins, Remus sera là. Je passerai une soirée moins mauvaise avec lui. C'est vraiment quelqu'un de génial…

-Vraiment ?

-Oui. Enfin, c'est Remus, il est si gentil !

Le regard de Jedusor se fit plus insistant.

-Puis-je vous poser une question, Peter ?

L'élève sembla hésitant puis hocha finalement la tête.

-Vous êtes toujours si élogieux au sujet de Remus et pourtant, il est sans arrêt question de Black avec vous. Il est celui à qui vous voulez ressembler, que vous appréciez et avec qui vous voudriez être ami. Etes-vous proche de Lupin seulement parce qu'il est gentil, parce que c'est plus simple ? L'appréciez-vous vraiment ?

-Bien sûr !

Peter était choqué que Jedusor puisse même sous-entendre le contraire. Il ne connaissait pas le Poufsouffle, sinon il ne dirait pas ça. Tellement gentil, aimable et souriant ! Il s'était dressé contre Black et Potter pour lui ! Tout était toujours simple avec Remus. Même s'il était maintenant moins présent car de plus en plus avec Sirius... La personne qu'il avait tant désiré avoir comme ami…

Le regard sombre, presque rouge, de Jedusor le dissuada alors de mentir plus longtemps.

-Je considère vraiment Remus comme un ami. C'est juste que des fois, je me demande pourquoi tout va si bien pour lui alors que moi je galère, admit-il alors.

-Vous ressentez de la jalousie.

-Pas tout le temps ! le détrompa t-il. C'est juste que lui, il arrive à supporter ce qu'on lui fait alors que moi, ça me détruit ! Il m'a défendu tandis que moi, je suis lâche et je détourne les yeux quand il a besoin d'aide ! En plus, il a même réussi à devenir ami avec Sirius et James…

Peter soupira.

-C'est vrai, je me sens trahi et abandonné. Et en même temps, je m'en veux ! C'est mon ami ! Si je perds Remus, je n'aurais plus rien ! prit-il conscience, au bord des larmes. J'ai honte de moi…

-Vous n'avez pas à l'être, Peter, répondit tranquillement le psychomage. C'est très courageux ce que vous faites. Oser vous livrer ainsi, peu des élèves que je reçois y parviennent aussi bien. Ce que vous vivez n'est pas facile et je trouve que les affronter chaque jour fait de vous quelqu'un d'exceptionnel. Ne vous dénigrez pas autant alors que d'autres s'en chargent déjà.

Jedusor se leva de son fauteuil, fit quelques pas dans la pièce pour ensuite aller se poster derrière son siège. Il posa alors ses mains sur les épaules de Peter qui n'osa pas bouger.

-Vous n'êtes pas obligé de rester une victime. Les choses peuvent changer et je peux vous y aider.

Lorsque Peter quitta le bureau du psychomage quelques instants plus tard, il repensait encore encore à ces mots qu'il avait chuchotés à son oreille. Pouvait-il réellement inverser la tendance ? Jedusor le lui avait affirmé et il le croyait. Cet homme savait ce qu'il faisait et il était tellement fort et puissant, à un niveau qu'il ne soupçonnait probablement pas.

En prenant le couloir le menant à son dortoir – il était tôt, Peter avait eu sa séance avant les premier cours – il croisa Dorcas Meadowes. Elle aussi avait des entrevues avec Jedusor et Peter se demandait bien ce qui se passait dans sa vie pour qu'elle ait besoin de le voir. A moins qu'il soit plus question de son avenir.

Mais alors qu'il se faisait cette réflexion, la brune s'arrêta à sa hauteur et lui sourit.

-Peter, quelle surprise de tomber sur toi ! Ta séance s'est bien passée ? lui demanda-t-elle.

Peter lui jeta un coup d'œil étonné. Ce n'était pas comme si la jeune femme lui parlait d'habitude. Il acquiesça cependant, incertain. Il s'attendait déjà à une quelconque blague de la part de la Gryffondor… En effet, il y en avait eu des gens qui avaient eu l'air sympa mais qui s'étaient finalement avérés être tout le contraire. Malgré tout, il ne connaissait pas vraiment Dorcas mais elle n'avait pas l'air de perdre son temps avec ce genre de stupidité. Pourtant, elle trainait avec les deux Maraudeurs…

-Je voulais te demander, tu n'as pas de cavalière pour le bal ?

Peter eut honte d'avouer que non mais à quoi bon mentir ? Ce n'était pas un secret.

-Tu n'aurais pas envie d'y aller avec moi ?

Le Gryffondor la dévisagea franchement cette fois.

-Avec moi ? Mais… Pourquoi ?

-Eh bien, quelqu'un m'a soufflé l'idée et je me suis dit pourquoi pas ? J'ai refusé la proposition de tellement de gars sans vraiment de raison ! J'ai envie d'y aller et de m'amuser, ne pas me prendre la tête. Ce sera notre dernier bal après tout.

-Et tu veux y aller avec moi ? répéta Peter, incapable de penser que c'était autre chose qu'une blague.

-Eh bien, oui ! Pourquoi tu as du mal à y croire ? Contrairement à James, Sirius et bien d'autres encore, je ne t'ai jamais rien fait. Et surtout, je n'ai jamais fait comme Marlene : me contenter d'aller voir si tu allais bien en souriant une fois que tout le monde s'était bien moqué. Je ne suis pas d'accord avec Sirius et James mais ces deux là se fichent bien de ce que je dis !

Elle leva les yeux au ciel, excédée par cette réalité, tandis que Peter rougissait de honte, se demandant si Dorcas savait qu'il éprouvait quelque chose pour la si talentueuse sorcière.

-Enfin, tu fais ce que tu veux, je peux encaisser un refus, rit-elle ensuite. J'avais juste pensé que comme on ressemblait tous les deux à des chatons abandonnés sur le trottoir par nos amis, on pouvait se serrer les coudes ! Mes amies seront toutes accompagnées et j'avoue ne pas vouloir y aller seule. Et puis, si tu dis non, je serais obligée d'y aller avec Sirius ! Quelle horreur ! rit-elle encore.

Peter rit aussi, amusé par les exagérations de la brune. Elle avait l'air honnête et ne lui faisait pas croire qu'elle craquait pour lui. Elle se cherchait un partenaire pour ne pas être seule et on lui avait soufflé son nom, c'était crédible. Qui avait pu faire ça ? Remus ? Avec cette occasion, Peter pourrait avoir un beau dernier bal à Poudlard. Un beau souvenir de sa scolarité.

Il acquiesça alors et Dorcas plissa les yeux.

-J'espère que tu danses bien. Il faudra au moins ça pour me faire oublier la galère que ça a été de t'inviter !

Elle le salua ensuite et partit rejoindre le bureau de Jedusor. De son côté, Peter espéra sincèrement que ce n'était pas un mauvais coup de la lionne.


Prochain chapitre - Nuit d'ivresse partie 1 - le 14/03

Désolé si c'est un peu long, je croule sous le boulot en ce moment, mais je pense que le prochain chapitre devrait plaire à ceux qui attende un rapprochement plus concret entre Sirius et Remus.