Mio : Coucou, c'est un vrai soulagement si James remonte dans ton estime ! Je sais que dans cette histoire il a l'air plein de défaut et plutôt immature, mais comme pour Sirius, j'accentue ces mauvais côtés pour mieux montrer l'évolution qu'il subit au fil des chapitres. Et puis, dans l'histoire, James et Sirius n'étaient pas des enfants de cœur contrairement à ce qu'Harry à cru pendant un moment. Cela permet de construire des personnages vrai et très attachant ! Quant à Regulus il a le don de se mettre dans des situations pas possible, le pire est qu'il s'obstine à vouloir affronter ça seul. Heureusement Padfoot est là. Remus et Sirius, c'est vraiment le couple que j'adore dans HP, alors je m'éclate vraiment à développer lentement leur relation amoureuse ou amicale. Merci beaucoup pour tes commentaires !

Merci à ma bêta pour son immense aide sur ce chapitre.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 15 :

Un magnifique Noël

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Rita Skeeter soupira devant l'énième refus qu'elle reçut et, agacée, referma la porte de la cabine en la claquant. Elle continua ensuite à chercher où elle pourrait s'asseoir alors que le train avait quitté le quai depuis une bonne demi-heure. Habituellement, elle avait sa petite place bien à elle où elle pouvait se poser et travailler sur ses prochains articles ou encore lire un livre. Malheureusement, des idiots de lions la lui avaient piquée et bien entendu, avaient refusé de partir. Elle se retrouvait donc dans une situation plutôt compliquée.

En effet, trouver une cabine vide n'allait pas être facile et elle savait bien que chaque élève de Poudlard la détestait tant qu'aucun d'eux ne voudrait d'elle. Il y avait bien les premières années qui se trouvaient être trop timides ou impressionnés pour lui dire clairement ce qu'ils pensaient. Cependant, ils trainaient aussi toujours en trop grand nombre, parlaient fort et mangeaient trop de sucrerie. Rita n'avait pas envie de s'infliger ça.

Son problème était que les gens n'appréciaient pas vraiment les journalistes, sauf le jour où ils en avaient besoin. Par exemple, le coup de la liste avait été un franc succès et la Serdaigle avait réussi à ne pas avoir de retombées négatives. Elle était juste celle qui avait rendu l'affaire publique. Bien sûr, elle avait apporté une petite modification, unique, mais ce n'était pas grave, l'article restait très honnête dans son ensemble. Davantage que la plupart qu'elle produisait. Cette histoire avait été très drôle et elle réfléchissait déjà à écrire autre chose.

Grâce à son petit gadget volant et ensorcelé, elle avait ainsi surpris une conversation concernant le grand prix du tournoi de duel organisé en mars. Bon, en vérité, elle n'avait pas tant d'infos que ça, mais la Serdaigle avait tout de même pu en apprendre énormément grâce à Dumbledore et à McGonagall. Notamment que cette année, 4 élèves de Poudlard participeraient. De quoi rendre la chose encore plus intéressante. Les meilleurs devaient être sélectionnés pour avoir une chance de rivaliser avec des adultes entrainés, des duellistes ou même des Aurors puisque le concours était ouvert à tous sous certaines conditions.

Rita avait hâte de finir ses études et d'être enfin considérée comme une adulte. Faire ce qu'elle appréciait, pouvoir en vivre et surtout, ne plus être critiquée pour ça. Le tournoi de duel étant un grand évènement dans le monde magique, de nombreux journalistes seraient là pour couvrir l'évènement des jours durant. Rita aurait aimé faire de même. Parler des candidats, de leurs secrets ou encore des épreuves et des chances de chacun. Et puis, des petits potins. Ça l'aurait changé de ce qu'elle avait l'habitude de faire.

Malheureusement, pour l'instant, les seules personnes à qui elles pouvaient faire parvenir ses papiers étaient des adolescents ignares qui critiquaient constamment son travail mais qui ne se privaient jamais de le lire ni de propager ses récits. Une belle bande d'hypocrites. Surtout qu'ils s'insurgeaient des papiers avec lesquels elle prenait parfois quelques libertés stylistiques mais qui restaient néanmoins ceux qui marchaient le plus. Alors qu'au contraire, ceux qui lui demandaient un travail plus complexe et dont elle se contentait d'énoncer les faits n'obtenaient la moitié du temps que des bides. Les sujets trop sérieux, trop hors des préoccupations adolescentes, ne les intéressaient pas. Evidemment.

Rita n'était pas dupe. Les potins et les histoires graveleuses, c'était ça qui attirait le plus, qui faisait vendre. Elle-même n'était pas différente : les gens étaient des voyeurs et se réjouissaient toujours du malheur des autres. Elle était journaliste – presque – alors son devoir était de dévoiler la vérité. Pas forcément sous sa forme la plus nette mais sous celle qui ferait parler et retiendrait l'attention.

Et le tournoi promettait d'être intéressant, surtout si le prix était réellement un animal magique. Elle supposait que ce serait une créature grandiose, donc pas une chouette, un crapaud ou encore un serpent car tout le monde pouvait s'en procurer un.

La Serdaigle n'avait pas pris le cours de soins aux créatures magiques mais peut-être pouvait-elle y fourrer son nez histoire d'en savoir plus sur les animaux susceptibles de rentrer dans cette liste. Un animal trop dangereux ou difficilement domptable qui n'était pas fait pour vivre avec les hommes était à proscrire. La taille aussi pouvait jouer. Tous les sorciers ne possédaient pas une demeure immense ni un jardin de plusieurs hectares comme les Malfoy. L'animal devait pouvoir s'adapter à différents environnements.

Rita souriait de plus belle alors qu'elle ouvrait le wagon où se trouvaient Regulus Black et Edmont Court, un Serpentard de 5ème année. La blonde fit la moue, s'attendant à tout moment à être dégagée manu militari, mais Edmont dormait et Regulus semblait bien se ficher d'elle alors elle laissa sa malle en haut et prit place à côté du jeune Black.

-Tu n'étais pas au bal hier, commenta-t-elle.

Regulus, qui ne faisait rien d'autre que regarder le paysage, porta son attention sur elle.

-Non. Tu me cherchais peut-être ? ironisa-t-il.

Rita pinça les lèvres. Regulus et son grand frère Sirius Black avaient beau être très différents, elle les trouvait aussi détestable l'un que l'autre. Cette manière de se croire supérieur – même si c'était surtout visible chez le plus jeune – et ce dédain pour les gens qu'ils ne considéraient pas dignes de leur cercle... A se demander pourquoi ils ne s'entendaient pas mieux alors qu'ils avaient autant de points communs.

-Ne rêve pas. En tout cas, Rosier s'est bien amusé, lui. Beaucoup l'ont vu quitter le bal au bras de Marlene alors que ce n'était pas sa cavalière.

Elle n'obtint aucune réaction de la part du brun. Seul Edmont commença à s'éveiller sur son siège et Rita décida qu'elle s'occuperait de lui si jamais ses piques concernant l'attrapeur ne donnaient rien. Sa rupture avec Bhavana Patel avait un peu fait parler suite à la publication de la fameuse liste. Edmont était du genre sentimental, tellement qu'il aurait pu aller à Poufssoufle. Pourtant, le 5ème année s'était retrouvé à Serpentard parce qu'il était motivé et qu'il pensait également que la fin justifiait les moyens. Il l'avait d'ailleurs prouvé à de nombreuses reprises lors des matchs de Quidditch. Il avait ainsi intégré l'équipe un an plus tôt et montrait un véritable talent en tant que poursuiveur.

Mais elle verrait ça plus tard. Pour l'instant, elle souhaitait en apprendre plus sur le brun.

-Alors c'est vrai ce qu'on raconte ? Il y aurait de l'eau dans le gaz entre Rosier et toi ?

Regulus soupira.

-Ton silence est comme un aveu en soi.

-Je ne réponds pas parce que de toute façon, quoi que je dise, mes propos seront déformés. Tu te fiches bien des réponses à tes questions.

-Non. Si elles sont intéressantes, je les prendrais en compte.

Regulus préféra se taire et continua à regarder le paysage. La Serdaigle soupira, consciente que le Serpentard ne parlerait pas facilement. Plus jeune, il avait été facile d'obtenir de lui ce qu'elle voulait mais les années passant, il avait pris en maturité et tombait moins souvent dans les pièges qu'elle lui tendait. Elle abandonna étonnamment vite. Finalement, elle se rendait compte qu'elle se fichait éperdument de son couple avec Rosier. Elle était juste dégoutée de ne pas avoir flairé la nouvelle avant pour l'exposer au grand jour.

La journaliste en herbe laissa donc le cadet des Black tranquille et essaya tant bien que mal de tenir une discussion intéressante avec Edmont. Cependant, le Serpentard se révéla être plus ennuyeux que prévu, ce qui l'agaça. Pour ne pas avoir l'air de perdre plus de temps encore, elle commença donc à noter les informations qu'elle avait déjà concernant les scoops en sa possession. Pour elle, le trajet fut calme.

xXx

A l'inverse, le temps s'écoula bien trop vite au goût de Regulus. Il n'était pas sûr d'être prêt à affronter plusieurs jours en présence de son frère, de James et de ses parents. Il avait eu hâte de pouvoir partir de Poudlard, de pouvoir profiter de ses vacances, mais surtout d'échapper à la présence de Rosier. Malheureusement, il n'avait pas pris en compte le fait que dans la demeure des Potter, il lui serait compliqué de se cacher des Gryffondor et de ne pas avoir au moins une discussion sérieuse avec eux.

-Ne fais pas cette tête, mon petit roi. Ca ira, tu verras, le rassura Padfoot.

Le Serpentard récupéra sa malle et tout comme les autres, se dirigea vers une des sorties du train. L'esprit semblait bien plus confiant que lui. Pourtant, rien dans sa situation n'avait changé. Malgré tout, la jovialité de l'esprit lui faisait du bien et lui donnait envie de positiver même s'il n'y arrivait pas vraiment.

En descendant du Poudlard Express, Edmont le salua, lui souhaitant de passer de bonnes vacances et de joyeuses fêtes. Le 6ème année lui rendit la pareille. Il avait discuté avec le plus jeune alors qu'ils arrivaient bientôt à destination et le blond étant quelqu'un de plutôt sociable, les deux Serpentards avaient vite sympathisé. Jusqu'alors, Regulus n'avait échangé que lors des entrainements avec lui mais avoir passé le trajet à ses côtés lui fit en quelque sorte comprendre que s'il y avait mis du sien bien avant, ils auraient pu être de bons camarades, ou même amis.

-Ne reste pas planté là, voyons ! Essayons vite de trouver les autres.

-Euh… Oui, répondit-il sans y penser.

Rita lui jeta alors un drôle de regard avant de s'éloigner mais Regulus n'y fit pas attention.

Il fit de son mieux pour éviter la foule qui se pressait pour sortir, presque agglutinée au quai. Il chercha autant les Potter que Severus. Il s'était inquiété hier en ne le voyant pas revenir même si finalement, Padfoot l'avait rassuré en lui apprenant après être parti faire un tour que Severus avait retrouvé Lily et qu'ils semblaient en avoir pour un moment. C'était potentiellement une bonne nouvelle. Le 7ème année ne l'avait pas dit mais Regulus le savait, Severus aurait aimé aller au bal avec la rousse. Néanmoins, ce matin, alors qu'il n'avait aperçu que brièvement son ami, l'attrapeur avait tout de même pu constater que celui-ci ne semblait pas dans son assiette. Il ne savait pas s'il devait prendre de ses nouvelles lors des vacances. Il craignait d'être maladroit et ne savait pas vraiment ce qu'il pouvait écrire. Cela dit, il espérait trouver le moment venu.

Après quelques minutes d'efforts, le Serpentard trouva enfin Euphémia et Fleamont Potter. Padfoot alla jusqu'à eux, traversant plusieurs corps sans se préoccuper de ce qui l'entourait. Personne ne remarqua rien, comme d'habitude. Padfoot était un fantôme et que Regulus le voit était déjà un miracle que lui-même n'avait pas encore élucidé.

Il salua les parents de James, heureux d'être le premier à les trouver.

Les Potter l'embrassèrent et il se crispa, peu habitué à ce genre d'affection. Il répondit assez brièvement à leurs questions et se tint en arrière lorsque son grand frère et le préfet en chef des Gryffondor arrivèrent. Les deux lions eurent droit à la même démonstration d'affection et après un long moment gênant, ils purent rentrer chez les Potter.

Parce qu'il ne se sentait pas encore capable de faire face à son frère et à James, Regulus prétexta une migraine persistante pour aller se reposer dans sa chambre. Inquiète, Euphémia proposa de s'occuper de lui mais il déclina l'offre : il avait juste besoin de dormir un peu.

-Qu'est-ce que je vais faire ? soupira-t-il une fois la porte fermée.

-Profiter. Tu n'as pas besoin d'être constamment dans le contrôle. Tu ne vas pas tenir sinon, Regulus. Tu es ici chez toi, tu peux faire ce que tu veux.

-Ce n'est pas aussi simple que ça…

-Vraiment ? Je pensais que Rosier avait lâché du leste et que tu avais réussi à t'éloigner de lui ?

Regulus fit la moue, se demandant bien comment il pouvait avouer ce qu'il ressentait à son gardien.

-Je ne peux pas retourner leur parler comme ça, comme si rien ne s'était passé. Ce serait bizarre.

-Mais non.

-Bien sur que si ! Ils voudront des explications et c'est normal mais je ne me sens pas de me confier, de leur expliquer. J'ai déjà suffisamment honte comme ça…

Padfoot resta silencieux, méditant les paroles de son protégé.

-Si tu ne veux pas leur parler de ça, ne le fais pas. Tu le feras seulement si tu en as envie et quand tu te sentiras prêt. Tout ce que je veux, c'est que tu arrêtes d'affronter la situation seul.

Regulus sourit, rassuré. Comme souvent, l'esprit arrivait à trouver les mots justes pour lui mettre du baume au cœur.

-Je n'étais pas seul, tu étais avec moi, souffla-t-il alors.

xXx

James observa Regulus terminer d'écrire sa lettre. Il hésita à aller le voir mais il n'avait pas le choix. Il avait dit à Sirius qu'il le ferait. Son ami venait de partir et c'était à son tour de jouer. Malheureusement, il n'était pas vraiment à l'aise. En vérité, il aurait mille fois préféré accompagner son meilleur ami au Square Grimmaurd car ça ne le rassurait pas du tout de le savoir seul avec ses parents dans cette maison qui avait abrité bien des souffrances pour lui. Mais même devant son insistance, l'ainé des Black avait refusé. Sirius lui avait dit que ses parents refuseraient de discuter s'il était là et James voulait bien le croire, même s'il trouvait ça injuste. A la place, le batteur lui avait demandé de faire sortir Regulus, de lui changer les idées.

Depuis que les vacances avaient commencé, Regulus était en effet resté plutôt en retrait, presque discret, ne sortant pas une seule fois.

Alors essayer de lui changer les idées et le faire sourire était une bonne idée mais James n'était pas sûr de pouvoir regarder le Serpentard en face. Il se sentait mal et avait peur d'avoir constamment en tête ce qu'il savait de lui. Ce que Rosier lui avait fait.

Pourtant, il allait bien devoir y arriver. Il avait promis.

Le Gryffondor se donna de petites tapes sur les joues comme pour s'encourager et alla voir Regulus qui envoyait tout juste sa lettre. Sans doute à Snape. James ne voyait pas à qui d'autre il pouvait bien écrire. Pour éviter tout malaise, il devait agir normalement, c'était encore le mieux à faire, et il prit une grande inspiration.

-Prépare-toi, nous sortons, lança-t-il en s'asseyant au salon aux côtés de Regulus.

Il passa ensuite la main dans ses cheveux, les décoiffant un peu, et attendit que le brun acquiesce, se lève et aille se préparer. Bien sûr, le concerné ne bougea pas.

-Pardon ?

Regulus n'avait pas l'air d'apprécier l'attention pour une raison que James ignorait et lui-même était toujours autant de mauvaise humeur à cause de ce qui s'était passé avec Lily. Il n'avait donc pas envie d'être patient avec le Serpentard.

-On va acheter nos cadeaux de Noël. Je n'ai pas encore acheté les miens et j'espère bien que tu comptes au moins en offrir à mes parents.

Il fit les gros yeux au jeune Black et celui-ci sembla hésiter. Comme quoi, Sirius connaissait bien son frère. Son meilleur ami avait été certain que cette approche marcherait, même s'il ne lui avait pas tout à fait indiqué d'agir comme ça.

Pour sa part, il manquait à James seulement un cadeau pour Regulus et celui de Lily qu'il comptait lui envoyer par hibou en espérant que ça leur permettrait de se réconcilier.

De son côté, le Serpentard sembla méditer ses paroles, réfléchir à leur pertinence, et James l'observa, soudain amusé par son manège. Regulus se tourna ensuite vers lui, croisant son regard, et comme il s'y était attendu, James fut mal à l'aise. Il fit cependant de son mieux pour le cacher. Il n'allait pas commencer à être timide ou gêné avec Regulus. Il ne devait pas reculer s'il voulait en apprendre plus sur lui.

Il arrivait souvent à James de repenser à la conversation qu'il avait surprise dans le couloir. Pas à cause de son contenu mais plutôt pour la manière étrange dont cela s'était déroulé. Regulus avait discuté seul, persuadé de tenir une conversation avec une quelconque entité. Et puis, il y avait aussi ce qui était arrivé à Sirius, cette sorte de possession... S'agissait-il du même esprit ? Sirius lui avait parlé de ce qu'il avait vu. Il ne s'agissait pas de ses souvenirs, c'était certain. Ca ne pouvait pas non plus être ceux de Regulus, le point de vue ne correspondait pas. Il devait s'agir de ceux de l'esprit, le fantôme qui suivait Regulus partout. C'était la solution la plus logique et aberrante à la fois. James avait pourtant vraiment envie de trouver une explication plus réaliste, quelque chose de plus concret et de moins déstabilisant.

Depuis cette histoire de pseudo possession, le Gryffondor était devenu presque parano et observait son meilleur ami comme s'il allait se mettre à léviter ou encore comme si son corps allait se tordre et se mettre à marcher au plafond. Même pour lui, ça devenait trop effrayant.

Sirius ne semblait pas en être conscient et comme ça n'était arrivé qu'une fois, James ne savait pas trop comment aborder le sujet avec lui. Il pouvait tout aussi bien se tromper ou avoir imaginé. Les autres gars du dortoir n'avaient rien vu. Il pensait avoir plus de chance avec le Serpentard, qui lui avait conscience d'échanger avec un esprit ou un quelconque être invisible.

Mais Regulus ne montrait aucun signe de possession et c'était en soi une bonne nouvelle. L'entité avec laquelle il semblait échanger ne paraissait pas maléfique. Il ignorait par contre pourquoi seul le cadet des Black la voyait et non pas Sirius ou lui-même. En plus, Regulus se conduisait tout à fait normalement. Il imaginait donc que le plus jeune n'allait pas se mettre à bavasser seul en plein milieu du jardin.

L'esprit pouvait-il le suivre en dehors du château ?

James n'en avait aucune idée. A vrai dire, il ne savait rien du tout et le pire était que Sirius ne semblait pas convaincu par ses hypothèses abracadabrantesques d'esprit qui protégerait les héritiers Black.

Pourtant, ça ne pouvait pas être par hasard que Sirius avait découvert comment aider son petit frère. Même lui le reconnaissait mais ne voulait pas s'attarder là-dessus. Selon son ami, le principal était qu'ils y parviennent et en ça, il n'avait pas tort.

Alors Sirius s'occuperait de cette partie là et James s'occuperait du mystère autour de Regulus.

-Tu peux aussi y aller comme ça. Tu es comme Sirius, toujours impeccable. J'aimerais en dire autant de mes cheveux, reprit James dans une tentative de détendre l'atmosphère.

Il tritura encore ses mèches, essayant de les dompter. Regulus avait fait du bon travail avec Severus, pouvait-il faire un truc pour lui ? Même son père s'était montré impuissant. En même temps, Fleamont n'avait jamais réussi à dresser ses propres cheveux alors ceux de son fils… James pressentait que s'il avait un jour des enfants, les pauvres auraient ce même nid d'oiseau sur la tête. A moins qu'ils ne soient plus chanceux. Des fois, la génétique pouvait aussi se montrer sympa.

-Alors on y va ? Tu ne veux pas que je dise à mes parents que tu ne veux pas leur faire de cadeaux quand même ? menaça-t-il finalement en prenant cet air badin qu'il utilisait parfois pour clouer le bec à certains.

Regulus soupira et se leva, apparemment pour passer des vêtements plus chauds. Il neigeait abondamment et le paysage blanc de Godric's Hollow était magnifique, même si ce n'était pas là que James avait prévu de faire ses emplettes.

Quand Regulus descendit quelques minutes plus tard, apprêté et avec ses sous, James passa ses bras autour de ses épaules pour transplaner.

Ils arrivèrent dans une petite ruelle d'une ville anglaise moldue. Ils pouvaient entendre les chants de Noël et le bruit du marché en plein air ainsi que les rires des enfants.

-Un marché moldu, commenta Regulus.

James n'arrivait pas à savoir si Regulus était déçu ou non mais il était certain que le Serpentard aurait préféré un village magique avec des cadeaux de sorciers.

-J'ai prévu d'acheter le cadeau de Lily ici, tu devrais bien trouver ton bonheur également.

Regulus pinça les lèvres et cela fit sourire James. Mais alors qu'il commençait à sortir de la ruelle, le cadet des Black l'arrêta.

-Nous n'attendons pas Sirius ?

-Sirius ne vient pas. C'est juste nous deux aujourd'hui.

Regulus fut surpris et ne put le cacher. Il était mal à l'aise et James pouvait le comprendre. Ils n'avaient jamais été seuls, pas aussi longtemps en tout cas. Généralement, Sirius était toujours là. Il était celui qui faisait le lien entre eux. Souvent, leurs échanges étaient assez courts, dans un environnement connu et chacun était libre de partir n'importe quand si la situation ne lui convenait pas. Là, ce n'était pas le cas. Si James pouvait aller où bon lui semblait, le Serpentard en était incapable. Il ignorait où il se trouvait, n'était pas dans son monde et n'avait pas la possibilité de partir s'il en avait le désir.

C'était l'inconnu et il devait donc entièrement se référer au Gryffondor. Ce qu'il n'appréciait pas trop. James n'avait sans doute pas pensé à ce qu'il ressentirait en choisissant cet endroit, Regulus en était certain.

Même si effectivement James n'avait aucune idée de ses tourments, en revanche, il n'avait pas choisi cet endroit au hasard. Il avait en quelque sorte coincé Regulus avec lui. Ainsi, il permettait à Sirius de faire ce qu'il avait à faire sans prendre le risque que Regulus ne rentre précipitamment à Godric's Hollow et ne se pose de plus en plus de questions sur l'absence prolongée de son frère. En plus, le marché de Noël était un endroit magnifique et il était impossible que Regulus ne soit pas touché par la beauté de l'endroit et de l'instant.

James entra donc tout excité dans le marché et Regulus le suivit difficilement, peu habitué à ce genre d'endroit. Le monde moldu lui était totalement inconnu. James, lui, avait déjà fait une excursion lors d'une sortie organisée par le professeur d'étude des moldus en cinquième année. Il en avait également entendu parler par Lily. Il était loin d'être un expert mais aimait parfois le penser.

Il alla au stand des chocolats chauds et en prit deux, en fourrant un dans les mains de Regulus qui le remercia maladroitement. Il entraina ensuite le plus jeune vers les sucreries si bien que Regulus dut lui rappeler la raison de leur présence : les cadeaux. Enfin, James avait aussi un autre objectif.

-Dis, je me demandais si ces derniers temps, tu ne faisais pas des rêves bizarres ?

-Je ne rêve pas de toi si c'est ce que tu veux savoir, l'arrêta Regulus.

James ne s'était pas du tout attendu à cette réponse là. Pourtant, il convenait que « rêve bizarre » pouvait sonner un peu ambigu, surtout qu'il avait déjà fait l'erreur de parler de plaisir charnel à Regulus après un de ses match de Quidditch. Il observa alors le frère de son meilleur ami qui se contenta de rester impassible. Il était donc capable de parler d'un tel sujet sans avoir l'air embarrassé ? Regulus ne l'avait pas vraiment habitué à ça. Son visage si sérieux le fit brusquement rire et il détourna le regard, sentant qu'il ne pourrait pas se calmer s'il continuait de fixer ainsi le brun.

-Quoi ? marmonna le Serpentard.

-C'est ta tête ! répondit James qui reprenait doucement son calme.

Regulus esquissa un petit sourire, content que l'ambiance entre eux soit moins tendue. James le vit et pensa avec amusement que le Serpentard pouvait aussi faire ce genre de tête. Il n'aurait jamais cru qu'un jour, le 6ème année se conduise ainsi avec lui !

Au début, Regulus et James s'étaient pourtant très bien entendu lorsque les Black avaient emménagé à Godric's Hollow. Leur relation s'était dégradée seulement après le baiser. Et cela, le Préfet le regrettait assez. Malheureusement, il ne savait comment faire pour arranger les choses. Il avait l'impression d'avoir trop attendu et de ne plus pouvoir se sortir de cette situation avec une simple discussion. James essaya de ne pas y penser. Cela allait l'amener à penser à autre chose, comme à la situation du jeune Black. Notamment au marché qu'il avait passé avec Rosier et au fait que James en savait bien plus sur la situation du plus jeune qu'il ne pouvait l'avouer.

Qu'il était difficile de converser avec lui en faisant semblant de ne rien savoir, de ne pas interpréter les paroles ou les actions de Regulus…

-Tu es bien catégorique. Tout le monde me dit que c'est une bonne chose de me voir, même la nuit, plaisanta-t-il maladroitement.

-Ta tête est bien trop gonflée, James.

Cette fois-ci, ce dernier bouda. Il n'était pas arrogant ! Ou s'il l'était, il avait des raisons de l'être…

Quelque chose attira alors son attention et il en oublia complètement la remarque de Regulus. Il sourit devant le stand de peluches, soudain inspiré.

-Ce serait parfait pour Lily, non ? demanda-t-il à Régulus.

-Je ne sais pas. Evans est ta copine, tu la connais mieux que moi, répondit laconiquement le plus jeune.

James soupira. Il n'avait aucune idée de quoi offrir à la rousse. Il voulait un cadeau capable de les ressouder mais s'il lui achetait un cadeau cher, Lily trouverait le moyen de se plaindre. Un cadeau inutile ou de mauvais goût serait mal reçu. En plus, il voulait quelque chose d'original qui la ferait sourire et que lui seul pourrait lui offrir.

Cependant, il n'avait pas d'idées et cela le désolait. Lily et lui étaient ensemble depuis un an. La connaissait-il si mal pour ne pas trouver un seul objet qui lui ferait plaisir ? Était-il un si mauvais petit-ami ? C'était comme si ceux qui disaient qu'ils n'avaient rien en commun avaient raison…

Le constater l'agaça et sa mauvaise humeur du début d'après-midi revint bien vite.

-A mon avis, on offre des doudous aux enfants. Mais peut-être qu'Evans aime ça, souffla Regulus qui ne voulait pas offenser le joueur de Quidditch.

James reposa avec dépit la peluche sur l'étal et continua son chemin, fendant la foule compacte sans même s'assurer que le Serpentard le suivait.

xXx

A Londres, loin des marchés de Noël et de la magie des fêtes de fin d'année, Sirius s'apprêtait à vivre un moment difficile. Il n'aurait jamais pensé un jour revenir dans cette maison mais quelques mois à peine après son départ, il était déjà de retour. De son plein gré en plus. Il avait lui-même du mal à croire. Tout ça l'angoissait mais s'il se débrouillait bien, il n'aurait pas besoin de s'attarder. Sirius prit une grande inspiration et avant de se décourager, sonna au 12 Square Grimmaurd.

Ce fut Kreattur qui lui ouvrit la porte. L'elfe de maison voulut la refermer tout de suite en voyant le traitre à son sang mais Sirius mit son pied, bloquant ainsi la porte.

-Je viens pour Regulus, articula-t-il froidement.

Sirius n'avait jamais apprécié cet elfe de maison impoli et irrespectueux. Kreattur passait son temps à grommeler et avait toujours rapporté toutes ses bêtises à ses parents. Il ne comptait plus le nombre de punitions qu'il s'était prises parce que ce maudit elfe de maison avait cafté. Kreattur ne l'appréciait pas et l'avait toujours considéré comme une honte pour la noble famille des Black. Même s'il avait été correct durant son enfance et s'était occupé de lui, à l'adolescence, alors que Sirius commençait sa phase de rébellion, l'elfe de maison s'était fait un malin plaisir de le voir se faire punir.

La première fois qu'il avait tenté de s'enfuir de chez lui, Sirius avait 15 ans. Il s'était fait attraper alors qu'il n'avait pas atteint le hall car Walburga avait débarqué, alertée par les cris des tableaux. Au moins avait-il pensé à les ensorceler l'été dernier pour s'éviter une nouvelle déconvenue. Sa punition avait été impressionnante de cruauté et alors qu'il avait imploré l'elfe de l'aider, celui-ci avait refusé. Il aurait pu mourir sous les doloris de sa très chère mère ce jour-là. Regulus lui avait une fois de plus apporté de la nourriture en cachette tout en lui ordonnant d'arrêter de s'opposer à leur mère.

Mais à part ça, Regulus n'avait jamais rien fait. Il l'avait soutenu dans l'ombre, de peur de se faire également punir. Sirius n'avait jamais compris pourquoi Regulus s'était montré si lâche à l'époque. Il était le préféré, le fils parfait. Walburga et Orion n'auraient jamais rien fait contre lui. Alors pourquoi une telle crainte que ses actions se retournent contre lui ?

Enfin, il était trop tard pour y repenser. De plus, Sirius n'était pas là pour ça. La maison lui rappelait de trop mauvais souvenirs, surtout ce gros placard dans le fond du couloir où il avait été enfermé bien trop de fois. Ou alors cette pièce en haut, sans fonction, dans laquelle il se rappelait avoir passé des heures angoissantes accompagné, sans avoir plus de souvenirs.

Il secoua la tête et fit face à Kreattur.

-Appelle tes maîtres, j'ai un marché à leur proposer.

L'elfe hésita quelques secondes mais s'exécuta quand même et Sirius l'entendit l'insulter tout le long du chemin qu'il fit pour aller au salon. Les tableaux à l'entrée le lorgnaient avec méfiance et dédain. Le Gryffondor les ignora. Le 12 Square Grimmaurd était toujours aussi lugubre et empestait la magie noire. Être ici était désagréable. La maison à Godric's Hollow des Potter était bien plus accueillante.

Cinq minutes plus tard, Kreattur revint le chercher et l'emmena au salon. Il fit alors face à ses parents et garda la tête haute. Il avait envie de les insulter mais se garda bien de le faire. Il était là pour négocier, il ne devait pas compromettre ses chances. Venir ici n'avait pas été un choix facile, il ignorait même dans quel état ses parents le laisserait repartir.

C'était pour ça qu'il n'avait pas souhaité que James l'accompagne. Il avait raconté ses sévices à son meilleur ami mais James n'y avait jamais assisté et il ne voulait pas qu'il voit l'horreur de l'acte un jour. C'était quelque chose qu'il pouvait et devait assumer seul. Mais plus que tout, il craignait que ses parents s'en prennent à son meilleur ami. Il doutait qu'Orion et Walburga aient des scrupules à le faire.

Dès qu'il arriva au salon, Sirius les vit. Froids et sombres. Sa mère ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit et lui cria dessus, visiblement heureuse de ce plaisir retrouvé.

-Voilà donc notre fils indigne. Parle avant que je ne décide de te lancer le sortilège de mort !

Walburga sortit sa baguette et Sirius recula d'un pas. Pourrait-elle le faire ? Il avait cette impression bizarre qu'elle l'avait déjà fait, mais pas sur lui.

Sur le fauteuil à la droite de sa femme, Orion observait la scène d'un air stoïque. L'homme avait été beau. Sirius et Regulus avaient autant hérité de sa beauté que de celle de leur mère durant sa jeunesse mais la méchanceté et l'aigreur n'avaient pas réussi à conserver ses jolis traits. Orion était souvent silencieux, si bien que parfois, on pouvait préjuger qu'il était moins extrême que Walburga. Pourtant, s'il avait réussi à supporter aussi longtemps la femme, c'était qu'il pensait comme elle. Ces deux-là s'étaient bien trouvés. Un duo qui marchait mais qui n'arrivait pas à construire une famille aussi solide que leur couple pourri.

-J'ai entendu parler de l'argent que vous avez promis à n'importe qui vous ramènerait Regulus ici, lança Sirius.

Walburga et Orion serrèrent les dents et Sirius esquissa un sourire, sentant qu'il avait l'avantage.

-C'était inutile, cette pourriture de Rosier offre sa protection à Regulus, cracha Orion. On se demande bien pourquoi d'ailleurs !

Sirius sentit clairement que toute cette histoire les agaçait beaucoup.

-Je...

Sirius serra les poings et décida finalement que c'était le moment idéal pour parler de ce qui l'amenait ici.

-Vous pouvez très facilement le mettre hors jeu.

Sirius ne savait pas si ses parents connaissaient la nature de la relation entre les deux Serpentards et dans le doute, il préférait ne pas l'évoquer.

-Regulus a fait un Serment Inviolable avec Rosier qui fait office de contrat entre eux. Et même si aujourd'hui il souhaite s'y soustraire, il ne peut pas. Pas tant que vous faites planer cette menace sur lui.

Bien qu'Orion et Walburga ne considéraient pas leur offre de récompense pour quiconque ramènerait Regulus à la maison comme une menace, ils surent de suite de quoi parlait l'ainé.

-Pourquoi ferait-on ça ? grogna Walburga.

-Parce que la conserver ne sert à rien, à part vous engager dans une bataille rangée contre la famille Rosier. Et puis, peut-être que ça vous importe de savoir que Regulus souffre de cette situation et que vous êtes les seuls à pouvoir l'aider. Il vous apprécie vraiment. Essayer au moins de ne pas décevoir ce fils là.

Sirius faisait de son mieux pour contrôler sa voix et il ajouta le poids de son regard sur ses parents.

-J'ai quelque chose qui peut aussi peser dans la balance.

-Tu n'as rien qui peut faire pencher la balance, minable veracrasse ! cracha sa mère. Orion sourit, heureux de le voir humilié, et Sirius se retint de répondre. Il y était presque, il devait juste rester calme un peu plus longtemps.

-Si vous le faites, je renoncerais à l'héritage de mon oncle Alphard. Je vous donnerais tout et je n'aurais plus rien.

Comme il s'y était attendu, à cette mention, Sirius obtint tout l'intérêt de ses parents. Car même s'il ne doutait pas de l'affection qu'ils avaient pour son petit frère, même si c'était étrange et qu'il doutait que de telles personnes soient capables d'aimer sincèrement, il y avait une chose dont il ne doutait pas : Walburga et Orion aimaient plus que tout le voir souffrir et être misérable. Et là, il le leur offrait sur un plateau d'argent.

Sirius était conscient qu'il aurait du mal à s'en sortir après Poudlard s'il renonçait à l'héritage de son oncle. Il ne pourrait pas rester chez les Potter indéfiniment. Et au-delà de ça, il avait aussi un peu l'impression de trahir le seul membre de sa famille – à part Regulus - qui l'avait souvent soutenu en secret et qui n'avait certainement pas souhaité que ses biens soient légués à des gens qui ne l'avaient jamais estimé.

-Tu es décidément toujours aussi bête et effronté. Tu aurais dû commencer par là, jubila Orion.

Sirius soupira de soulagement. Il pouvait enfin commencé à négocier.

xXx

Regulus se sentait observé. Il fallait dire qu'il n'avait pas vraiment l'habitude de se retrouver dans ce genre d'endroit entouré de moldus. Il avait l'impression d'être épié, étudié, et que sa différence se voyait beaucoup trop. Sous sa cape que les gens devaient prendre pour un manteau, il serrait fortement sa baguette entre ses doigts. Il aurait tellement aimé que Black soit avec lui… L'esprit l'aurait rassuré et lui aurait dit quoi faire. Dans cet environnement qui lui était étranger, il ne se sentait pas rassuré.

Plus tôt dans la journée, quand Padfoot lui avait dit aller faire un tour dehors, il n'avait rien trouvé à y redire. Cela arrivait parfois à l'esprit. Même s'il passait la majorité de son temps avec Regulus, il avait également besoin de flâner un peu, d'aller voir comment c'était ailleurs dans cet univers. Mais à cet instant précis, Regulus aurait aimé le retenir sous n'importe quel prétexte et ainsi l'avoir à ses côtés. Suivre James avait été une mauvaise idée. Il fallait dire que le Gryffondor avait eu de bons arguments en plus de ne pas vraiment lui laisser le choix. Regulus ne s'était pas méfié, pensant que Sirius aussi serait là. D'ailleurs, il se demandait bien ce que pouvait faire son frère. Les deux Gryffondors étaient rarement l'un sans l'autre.

Regulus soupira. A présent, il se demandait si James n'avait pas eu l'intention de le perdre depuis le début…

Parce qu'hélas, les faits étaient là : il était perdu et ne savait pas quoi faire.

Après le stand de peluches, il avait très vite perdu le sorcier de vue. Il avait bien essayé de le suivre mais il y avait tellement de monde et dans l'euphorie de Noël, les gens étaient pressés d'acheter leurs derniers cadeaux. Personne n'avait fait attention à lui ni ne l'avait laissé passer, encore moins proposé son aide. Il se sentait ridicule, debout et seul au milieu d'un marché moldu. Avait-il réellement quitté sa famille pour ça ?

Il espérait bien que non, qu'il avait fait le bon choix. Car il le regrettait de plus en plus.

Il n'avait pas bougé, espérant que James allait le retrouver plus vite mais à priori, toujours aucun signe du Gryffondor. Regulus commençait sérieusement à se dire qu'il ne s'était pas perdu mais bien que James l'avait semé. A tous les coups, il avait dû vouloir se débarrasser de lui. Regulus lui en voulait : il était celui qui l'avait entrainé ici et le Serpentard ne pouvait pas rentrer seul. Il n'avait pas encore passé le permis de transplaner et n'avait pas d'argent moldu pour rentrer ni pour acheter quoi que ce soit ici. Une information que James avait dû oublier, sinon il l'aurait tout d'abord emmené changer son argent.

C'était n'importe quoi. Agacé, Regulus décida finalement de bouger. Il observa les différents stands, repérant des bricoles qui pourraient peut-être intéresser les Potter. Un magnifique cadre photo ou encore des bouteilles de vin ou des vêtements de Noël plus ou moins beaux. Enfin, le cadet des Black était certain qu'il aurait trouvé encore mieux dans le monde magique mais le lion l'avait amené ici seulement pour faire plaisir à Lily dont il peinait à trouver un présent.

A un moment, Regulus se fit bousculer par un homme un peu enrobé et assez imposant. L'homme ne s'excusa pas et continua son chemin, pressé. Regulus se tassa un peu plus sur lui-même. Il ne pouvait pas utiliser la magie puisqu'il n'était pas encore majeur et se sentait incroyablement vulnérable. Il n'était pas à l'aise et un peu craintif dans ce monde qu'il ne connaissait pas. Et contrairement à ce que pouvait penser les amoureux des moldus, si Regulus se sentait si méfiant vis-à-vis de cette population, c'était bien pour une raison.

Les moldus étaient dangereux pour eux. Ils les restreignaient et leur imposaient de vivre cachés. Les sorciers étaient les seuls à devoir faires des efforts et à apprendre cette culture qui ne leur appartenait pas. Les moldus n'avaient rien d'intéressant. Ils étaient faibles mais soumettaient pourtant les forts, eux, les sorciers. Ils n'étaient pas tolérants et tellement arriérés.

Regulus avait entendu parler par des Serpentards plus âgés lorsqu'il résidait encore au Square Grimmaurd de la folie du monde des moldus. La première puis la seconde guerre mondiale. Tellement de gens tués pour un idéal décrété par des extrémistes mégalo. Eux ne feraient jamais ça. On n'éradiquait pas bêtement son propre camp. Mais les humains n'étaient pas bienveillants et n'acceptaient pas la différence.

Ils avaient peur des sorciers alors qu'eux essayaient de les comprendre. Il suffisait de voir la diversité des cours qu'ils avaient à Poudlard. Et même si contrairement à Rosier ou Severus, Regulus n'utilisait pas la magie noire, il pensait que l'apprendre pouvait être nécessaire, ou au moins instructif.

Cependant, les utilisateurs de cette magie étaient mal vu car il s'agissait d'une magie interdite. Pourtant, tout n'était pas à jeter. De grands sorciers en étaient adeptes et n'avaient pas forcément mal tournés.

Depuis la guerre contre Grindelwald, les choses étaient devenues compliquées dans le monde magique. Les responsables actuels se sentaient obligés de multiplier les lois en faveurs des nés-moldu et des sang-mêlés comme pour montrer qu'ils n'étaient pas d'accord avec les agissements du précédant mage noir. Ou alors cherchaient-ils à se racheter une conscience ? Regulus doutait que ça se termine bien.

Le Serpentard regarda partout autour de lui, ne sachant pas vraiment ce qu'il cherchait. Il regrettait vraiment que Black ne soit pas là. Sa présence lui aurait été incroyablement bénéfique. A force de tourner en rond, Regulus commença soudain à paniquer. S'il avait été seul, il aurait certainement pleuré mais il n'était plus un gamin et n'allait pas s'humilier de la sorte.

Plus jeune, ses trois cousines et son frère l'avaient autorisé à les accompagner dehors un jour. Tout ça pour lui jouer un mauvais tour et le regarder pleurer seul, pensant qu'il ne rentrerait jamais chez lui. Andromeda et Sirius s'étaient ensuite vivement excusés mais Regulus avait quand même boudé. Bien entendu, Bella s'était moquée de lui en le traitant de bébé. Lorsqu'elles avaient joué le même tour à Sirius, l'enfant n'avait pas pleuré lui. Il s'était montré digne, comme un vrai Black. De quoi rendre encore plus honteux, l'enfant.

Mais là, qui viendrait le trouver et le réconforter ?

Il avait déjà 16 ans, il était grand temps qu'il arrête de compter sur qui que ce soit.

-Est-ce que ça va, mon garçon ?

Une femme posa sa main sur son épaule et Regulus sursauta. Il lâcha sa baguette et se morigéna avant de la ramasser en vitesse. La femme, une bikeuse aux longs cheveux noirs et en veste de cuir, lui fit un sourire encourageant. Elle n'avait pas dû voir sa baguette ou alors, elle s'en fichait et pensait que c'était un truc étrange d'adolescent.

-Oui, répondit-il clairement.

-Tu es sûr ? Tu n'es pas perdu ? lui demanda-t-elle. C'est la deuxième fois que je te vois passer par là en regardant partout.

Regulus hésita puis décida qu'il était inutile de mentir.

-Je ne suis pas d'ici et je ne connais pas l'endroit. Je cherche mon ami.

Le mot sonna étrange, même pour lui, mais expliquer la situation réelle qui le liait à James aurait été trop compliqué.

-Mon pauvre, se désola-t-elle en lui ébouriffant les cheveux, et Regulus fut étonné de sa familiarité. On peut passer une annonce si tu veux.

-Une annonce ?

La bikeuse lui montra une espèce de mégaphone accroché à certains stands.

-On va dire à ton ami où te trouver pour qu'il te rejoigne. Comme ça, pas besoin de te fatigué à le chercher partout.

-Merci, madame.

Regulus se sentit soudain intimidé devant la bienveillance de la femme. C'était une moldue et il s'en voulut de l'avoir englobée dans le cercle des gens intolérants et inférieurs. Certains étaient bons, comme des sorciers pouvaient être mauvais, il le savait. Mais son idée générale restait la même.

Elle lui demanda son nom puis lui donna le sien, Rose. Regulus trouvait que ça n'allait pas avec son allure mais se garda bien de le lui dire. Il ne voulait pas vexer la seule personne qui acceptait de lui venir en aide. Rose l'accompagna pour faire son annonce et même si Regulus se fit l'effet d'un petit garçon, il espéra que James viendrait vite le chercher. Il voulait rentrer. Cette sortie était une catastrophe.

Rose lui proposa ensuite de rester avec lui mais Regulus se considérait assez grand pour attendre seul. Elle le salua donc et alla vers sa moto stationnée juste à côté. Regulus observa l'appareil, plutôt curieux. Il n'en avait jamais vu et sans pouvoir s'en empêcher, il s'approcha. Rose vit son intérêt et cela l'amusa. Elle fit alors vrombir le moteur et Regulus sursauta. Ca la fit rire et elle l'éteignit pour lui parler de son bijou. Elle fut étonnée que l'adolescent n'ait aucune connaissance des merveilleux bolides qu'étaient les motos.

-Je n'en ai pas vu au marché, est-ce que ça coûte cher ?

-Ça ne s'achète pas ici, mon petit ! Et puis, je suis désolée, mais je pense que tu es trop jeune pour en conduire.

-Ce ne serait pas pour moi mais pour mon grand frère.

Regulus se rappelait encore des histoires que lui racontait Padfoot et de cette moto volante avec laquelle il avait fait tant de choses et vécu beaucoup d'aventures. Il avait dû l'abandonner avec tristesse lorsqu'il avait été enfermé à Azkaban. Dans cette vie là, Sirius aurait-il la possibilité d'avoir un tel engin et de réaliser toujours plus de frasques ?

Un instant, Regulus imagina que oui, qu'il pouvait faire quelque chose dans ce sens. Padfoot avait tant fait pour lui, il pouvait au moins le remercier de cette manière. Ce serait comme un geste envers son frère.

Le Serpentard était conscient d'avoir crée un fossé entre eux et que Sirius faisait tout pour le sortir de la situation compliquée dans laquelle il s'était fourré. S'il réussissait, ce serait le meilleur cadeau de Noël que recevrait Regulus. Alors il voulait également quelque chose de bien pour son frère.

Devant son regard déterminé, Rose abdiqua et lui indiqua qu'il pouvait en trouver dans des garages ou concessionnaires mais que ce n'était pas donné.

-Ça m'a l'air compliqué, murmura-t-il.

Pourrait-il revenir dans cette ville pour faire un tel achat ? Quoiqu'il n'aurait pas le choix, il n'avait pas d'argent moldu sur lui.

-Regulus ! cria soudain James à quelques mètres.

-Ton ami est là, lui indiqua Rose.

Elle mit son casque et s'en alla lentement. Regulus se tourna alors vers le Gryffondor, un peu anxieux. Il espérait ne pas se faire engueuler : s'il s'était perdu, ça n'avait pas été de sa faute.

Mais contrairement à ce qu'il avait cru, les reproches ne vinrent pas et James le prit brusquement dans ses bras. Il le serra si fort qu'il en eut mal et pourtant, il désira que ça ne s'arrête jamais.

-Je suis désolé, s'excusa-t-il.

-Moi aussi, je suis désolé. Vraiment, je suis désolé !

Regulus était troublé. Il ne savait même pas pourquoi ils s'excusaient tous les deux et il sentait une drôle d'émotion l'étreindre. Il n'avait jamais discuté avec Severus des sentiments du Serpentard pour Lily Evans parce qu'il était certain qu'ils se disputeraient. Rester ami avec la personne qu'on aimait était stupide. Etre proche d'elle et ne pas pouvoir l'avoir ne faisait que nous rendre malheureux. Et ce que faisait Severus se résumait à ça, se rendre malheureux pour quelques minutes de bonheur par-ci par-là. Mais alors que Regulus avait enfin toute l'attention du brun et qu'il était dans ses bras, peut-être changea-t-il d'avis.

Avoir ça au lieu de rien, n'était-ce pas déjà beaucoup ?

S'il devenait aussi stupide que Severus à ce sujet, c'est que vraiment, il était perdu.

xXx

Malgré la mésaventure lors du marché de Noël, James et Regulus purent finaliser leurs achats. Passer chez un concessionnaire ne fut pas simple. James parlait beaucoup et Regulus se rendit compte que le Gryffondor pouvait être de très mauvaise foi : ils s'étaient perdus et le brun avait refusé de l'admettre, se vantant à tort de son sens inné de l'orientation ainsi que de la manière dont il se débrouillait. Heureusement, ça avait plus fait rire le cadet des Black qu'autre chose.

Parler avec James restait en effet agréable. Le poursuiveur s'était montré curieux arrivé à destination et Regulus avait au début refusé net de lui dire quoi que ce soit. James le répèterait à Sirius, il en était certain. Malheureusement comme l'avait indiqué Rose, tout son argent y passa si bien qu'il dut demander une aide financière au Gryffondor. Cela ne lui plu pas et il dût en plus lui donner quelques indications sur son cadeaux. Ils étaient chez un concessionnaire, difficile de garder le secret de toute façon. Regulus avait eut de la chance que les cadeaux des Potter aient coûtés une maigre somme et qu'il n'avait jamais dépensé l'argent donné par Sirius pour une des sorties à Pré-au-Lard.

Une fois la moto en sa possession, le problème du transport c'était posé. Regulus l'avait caché sous une house de protection pour garder un minimum de mystère. James n'avait pas les capacités de faire voyager un appareil si gros, alors ils avaient dû faire appel au Potter.

Ceux-ci avaient volontiers accepté, heureux d'une telle générosité de la part du si discret petit frère de Sirius. Ils avaient dissimulé la moto à l'arrière de la maison.

En rentrant de leurs emplettes, le Serpentard avait eu la surprise de découvrir son frère et Padfoot à Godric's Hollow. En voyant son ami, James s'était désintéressé de Regulus pour aller discuter avec Sirius. Celui-ci avait alors tenté d'attirer l'attention de l'esprit pour pouvoir l'interroger : savoir ce qu'il avait fait de sa journée mais également lui parler de la sienne. Il trépignait et n'avait qu'une seule envie, lui parler de la moto.

-Tu es bien impatient, remarqua Padfoot, amusé.

Regulus ferma la porte de sa chambre et lui raconta tout. Il était fier et cela se voyait. L'esprit eu du mal à l'arrêter mais cela lui fit plaisir : cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu le jeune sorcier si bavard.

Une fois son flot de paroles tari, Regulus chercha à savoir ce que son gardien avait quant à lui bien pu faire. Et parce qu'il était très observateur, Regulus vit Padfoot hésiter. Il trouva ça étrange et se demanda bien pourquoi l'adulte mettait autant de temps à répondre.

-Je me suis promené et je ne sais pas trop pourquoi, j'ai fini par retourner au Square Grimmaurd, répondit l'esprit.

Regulus fronça les sourcils, sceptique.

-Pourquoi ?

-Je ne sais pas vraiment. Cet endroit représente beaucoup pour moi. Beaucoup de mauvaises choses en somme, mais c'est aussi là que cette nouvelle vie a commencé.

Le Serpentard resta silencieux, méditant longuement ses paroles.

-Je crois que je comprends, dit-il finalement.

Padfoot esquissa un pauvre sourire et Regulus ne chercha pas à en savoir plus.

Le 24 au soir, le diner chez les Potter fut grandiose. Le repas succulent et les cadeaux conséquents et précieux. James fut gâté par tant de choses qu'il lui était impossible de tout utilisé plus de deux fois jusqu'aux prochaines fêtes. Sirius et Regulus eurent également droit à des présents et cela fit plaisir à Sirius. Regulus aussi fut heureux mais il mesura un peu plus sa joie.

La soirée suivait son cours et il ne savait comment aborder Sirius pour lui parler de sa surprise. Alors qu'il avait été si excité auparavant, Regulus se sentait dorénavant nerveux. Sirius profitait de la fête sans faire attention à lui et il ne savait pas comment l'interpréter. D'ailleurs, il n'avait pas l'impression que son frère avait un cadeau pour lui. Il n'était pas vexé, c'était normal. Après la manière dont Regulus avait agi avec lui, il ne pouvait pas se plaindre. Il savait que Sirius essayait de l'aider et cela lui suffisait. Enfin, presque.

Un hibou frappa soudain à la fenêtre, surprenant tout le monde. C'était celui d'Orion, une chouette aux variations de roux qui faisait un peu mal aux yeux.

-Cybiline ! s'exclama Regulus, surpris.

Sur son siège, Sirius se crispa. James arrêta de jouer avec l'emballage de ses cadeaux et Fleamont et Euphemia se mirent debout. Tout le monde attendait de savoir ce que contenait la lettre que la chouette avait dans le bec.

Regulus ouvrit la fenêtre, faisant entrer le froid. Il prit la lettre, voulut caresser la chouette mais celle-ci se déroba puis s'empressa de s'en aller. Elle n'attendait visiblement aucune réponse.

Regulus observa la lettre, confus et inquiet. De quoi pouvait-il bien s'agir ? Depuis qu'il s'était enfui avec son frère, il n'avait plus eu de nouvelles de sa famille. Plus d'échanges agréables du moins. Il chercha le regard de Sirius, pensant que son frère aurait une idée de ce qu'il se passait, mais celui-ci le fuyait son regard.

-Qu'est-ce que c'est ? s'inquiéta la mère de James.

Regulus haussa les épaules.

-Ouvre-la ! le pressa James, impatient de voir le visage du plus jeune s'illuminer.

En effet, Sirius l'avait tenu au courant de son entretien avec ses parents même s'il lui avait caché la donation de l'héritage de l'oncle Alphard.

Avec anxiété, Regulus décacheta l'enveloppe.

Regulus Arcturus Black

Ta mère et moi avons été déçus d'apprendre par ton frère dans quoi tu t'étais engagé pour t'épargner un retour au domicile. Sache que tu es toujours l'unique héritier de l'honorable famille Black et qu'à ce titre, nous espérons que tu agisses enfin comme tel.

Ta mère et moi avons donc décidé de retirer notre récompense et nous attendons de toi que tu agisses avec la même responsabilité.

Nous t'attendrons au 12 Square Grimmaurd la veille de ta rentrée pour parler de la suite.

Orion Black

Son père, même dans ses lettres, restait toujours aussi concis et peu bavard mais Regulus comprenait deux choses : que ses parents l'invitaient à la maison et que donc, ils désiraient renouer avec lui. Et qu'enfin, il n'était plus engagé avec Rosier car le marché tenait seulement tant que ses parents maintenaient leur pression !

C'était merveilleux ! Euphorique et ne sachant comment le remercier, Regulus se précipita vers son frère pour le tirer par le bras et l'entrainer vers l'arrière du jardin. Les Potter les suivirent, James se demandant s'il allait enfin voir les deux frères se réconcilier.

-Qu'est-ce que tu fais ? s'étonna Sirius. J'imagine bien que ça te fait plaisir mais quand même…

Regulus était plus discret et sobre que ça habituellement. Ça devait vraiment être une libération pour lui d'enfin pouvoir se séparer de Rosier. Bien sûr, Sirius n'avait pas cru pouvoir cacher son implication là-dedans, James ne l'aurait pas laissé faire. Mais tant que chacun ignorait ce qu'il avait dû laisser pour y parvenir, ça lui allait.

-Moi aussi j'ai un cadeau pour toi !

-Tu… Mais je croyais… ?

Sirius ne termina pas sa phrase quand ses yeux s'arrêtèrent sur la moto noire, grande et splendide dans le jardin. Depuis quand était-elle là ? Il ne l'avait pas vue, bon sang !

-Elle ne vole pas mais je suis sûr que tu seras capable de te débrouiller !

Pendant peut-être deux secondes, Regulus fixa un point au dessus de lui en souriant et Sirius n'y fit pas attention, contrairement à James.

-Elle est sublime ! C'est une moto ?!

-Ouais, se contenta de répondre Regulus, fier de lui.

-Comme dans les magazines ?!

Les yeux de Sirius s'illuminèrent.

-Mais c'est génial !

Fou de joie, il se précipita dessus et actionna maladroitement des boutons et des manettes du guidon avant de tourner une clé alors que derrière lui, les autres tentaient de l'en empêcher.

Trop tard, il filait à toute allure dans le jardin, juché maladroitement sur l'engin.


Un chapitre qui parle un peu des frères Black, j'espère que la lecture à été agréable.

Prochain chapitre - Trouble sentimentale - 27/04