Coucou !
Quelques heures de retard, ça ne compte pas vraiment comme du retard non ? ^^
Mio: Parfait ? A ce point là ? C'est super gentil mais maintenant il faut que le reste soit à la hauteur ! Alors je ne sais pas si on peut dire que Sirius est vraiment un frère formidable, un ami formidable est en or oui, mais il a quand même vachement failli avec Reg. Et Regulus aussi, il n'a jamais prit sa défense contre sa mère pour aider Sirius. Mais les deux s'améliore et veulent retrouver ce qu'ils avaient avant Poudlard, quand ils étaient tout l'un pour l'autre. Mais ou sinon on est d'accord que l'acte de Sirius pour son frère est sublime, dommage que Regulus ne sache pas tout. L'avenir moins sombre... Le présent est lumineux dans ce chapitre et on a envie d'avoir de belle perspective d'avenir, mais et bien ce n'est pas tout à fait vrai. Il y'aura des chapitres tout aussi sympa et d'autre plus déprimant ou rageant. Honnêtement, Regulus aura du mal à passer à autre chose, Rosier avait quand même un certain emprise sur lui. Mais qui sait, il saura peut-être également soutenu dans cette épreuve !
Merci à Mio et Amlie B pour leurs commentaires !
Merci à ma bêta pour l'aide apporter sur ce chapitre et bonne lecture à tous.
Chapitre 16 :
Trouble sentimental
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Le 27, lorsque Remus rentra chez lui après avoir passé l'après-midi chez son amie Isabel, il fut aussitôt frappé par les rires d'enfants et les bruits de courses dans le salon. Le Poufsouffle ne mit pas longtemps à comprendre que sa famille avait des invités et le grand nombre de chaussures à l'entrée le lui confirma. Il y avait celles de ses parents, plus deux autres paires d'adultes et celles de plusieurs enfants. Il sut alors rapidement qui ils recevaient.
Il enleva son manteau et ses chaussures avant de mettre ses chaussons et s'annonça. Le châtain salua ses parents et les invités. Son père lui demanda comment s'était passé l'après-midi avec Isabel et Remus lui répondit en quelques mots à peine, les enfants lui demandant déjà de l'attention. Malgré tous ses efforts, il croisa ensuite bien malgré lui le regard d'Arthur Weasley. Ce fut bref mais ça le remua un peu. Lorsqu'il discutait seul avec le collègue et ami de son père, il n'y avait pas de problème mais cela se compliquait pour Remus lorsque d'autres personnes rentraient dans l'équation. Sa honte ressortait inévitablement : il avait cette impression horrible que les gens pouvaient lire en lui comme dans un livre ouvert et que ses sentiments passés n'étaient alors plus un secret pour personne.
Le sortant de ses pensées, Molly haussa le ton sur ses deux ainés, Bill et Charlie, pour qu'ils se tiennent mieux. Son attitude fit sourire le Poufsouffle. Les deux enfants étaient joyeux et énergiques. Seul Percy restait bien sagement dans les bras de sa mère, sans doute un peu gêné par son ventre rond.
Molly Weasley avait déjà été enceinte trois fois et n'avait eu que des garçons. Elle n'arrêtait pas de parler de son envie d'avoir enfin une fille à chouchouter et avec qui elle pourrait partager d'autres choses. Quant à Arthur, il se fichait bien du sexe du bébé : il aimait surtout gâter ses enfants. Il travaillait pour eux, pour leur offrir une vie et un avenir décent, même si les bouches à nourrir qui se rajoutaient ne rendaient pas leur vie facile. Après cette grossesse, Molly envisageait donc de reprendre également son travail au ministère, pour de bon cette fois. Après qu'elle ait eu sa petite fille, répétait-elle en souriant.
Pour chaque grossesse, le couple avait fait le choix de garder le sexe du bébé secret et de le découvrir seulement le jour de l'accouchement. Ils s'amusaient alors à essayer de deviner, pariant sur qui aurait raison, même si en ce qui concernait les enfants, Arthur laissait volontiers la main à son épouse, se trouvant un peu gauche. Il avait ainsi beaucoup de mal à être autoritaire avec les deux plus grands, ayant cette impression horrible que s'il le faisait, ses enfants se méprendraient sur son affection et son amour pour eux. Être parent n'était pas facile, surtout pour Molly et lui qui a même pas 30 ans, attendaient déjà leur 4ème enfant.
Le roux avait tout de même fait comprendre à sa femme qu'elle n'était pas obligée de reprendre d'emblée son travail à la fin de son congé maternité mais c'était quelque chose que Molly souhaitait vraiment. Elle aimait autant être mère et élever ses enfants que travailler et occuper son poste au Service des détournements de l'artisanat moldu.
Molly et Artur formaient donc un couple touchant et très beau, envié par beaucoup. Mais derrière leur bonheur apparent, il y avait une ombre au tableau, l'infidélité d'Arthur. Au début de leur mariage, l'agent travaillant à la régulation des créatures magiques avait ainsi eu plusieurs aventures avec différents hommes avant d'arrêter à la naissance de Bill. Il en avait à chaque fois parlé à Molly qui, bien que douloureusement, l'avait accepté et lui avait pardonné. Arthur se disait incapable de se passer d'hommes parce qu'il aimait les deux sexes et choisir quelqu'un avec qui s'établir définitivement lui avait semblé difficile. Mais il aimait Molly et s'était engagé avec elle. C'est pourquoi il regrettait sincèrement de la faire souffrir. Il était simplement le genre de type qui n'arrivait pas à dire non et qui finissait toujours par s'en mordre les doigts au final.
Il était pourtant un père impliqué dans sa vie de famille et toujours soucieux de bien faire. Surtout, il aimait réellement sa femme. Et si Molly avait abandonné l'idée de le quitter, c'était parce qu'avec le temps, elle avait malheureusement fini par s'y faire. Tous les deux s'étaient mariés jeunes, à leur sortie de Poudlard, et ils avaient plus vécu en tant que famille qu'en tant que couple. Pourtant, à la naissance de sa petite fille, leur vie serait différente pensait Molly. Ils prendraient du temps pour eux. Dans trois ans, Bill entrerait à Poudlard et les autres seraient également plus grands et plus débrouillards.
Les choses allaient changer pour eux deux, elles changeaient déjà. C'est tout du moins ce que croyait Molly qui ignorait que peu de temps auparavant, son époux avait encore dû refuser les avances éhontées du Poufsouffle.
Elle n'était au courant de rien et Remus espérait de toutes ses forces que cela reste ainsi. Au final de toute façon, il ne s'était jamais rien passé et lui-même avait fini par s'y résoudre et passer à autre chose. Que Arthur le rejette lui avait fait beaucoup de mal, à l'époque surmonter cette peine de cœur lui avait semblé impossible. Environ deux ans plus tard, son comportement et la manière dont il avait réagit lui semblait toujours surréaliste.
Même si ses parents avaient vite compris que Remus ne se sentait pas bien dans sa peau, ils avaient eu du mal à le mettre suffisamment en confiance pour qu'il se confit. Arthur étant plus jeune, Remus avait rapidement supposé qu'il devait être plus tolérant. Jeune adolescent, il avait toujours plus ou moins su que les filles ne l'attiraient pas beaucoup, sans pour autant comprendre ce que cela voulait dire, ni s'il ne fallait pas qu'il se prenne la tête avec ça. Et puis un jour il avait entendu parler du secret d'Arthur et alors il s'était enfin poser les bonnes questions.
Il ne s'était pas confié au sorcier lors de leur discussion, mais il avait pu trouver quelqu'un pour répondre à certaines interrogations. Se confier à ses parents avait été plus simple après. Il s'était juste accordé le temps de se chercher avant. S'il y réfléchissait bien maintenant, c'était probablement à ce moment-là qu'il avait lentement arrêté de voir Arthur comme l'ami et jeune collègue de son père, mais quelqu'un comme lui. Une personne différente. Il venait d'avoir 14 ans, et même s'il n'était plus un enfant, il n'en était pas pour autant un adulte. Ce qui pouvait probablement expliquer ses maladresses et ses nombreuses tentatives de mauvais goût pour attirer l'attention de l'adulte. Et cela ne s'était pas amélioré en grandissant. Heureusement à 16 ans, Arthur l'avait rejeté fermement, ce qui lui avait permis de se faire une raison et de passer à autre chose.
Malgré son malaise, Remus resta finalement au salon et joua avec les enfants. Il aimait beaucoup Bill et Charlie. Lui qui était enfant unique éprouvait beaucoup de joie à partager quelques moments avec les enfants de Molly et d'Arthur et s'il s'était senti étrangement coupable en étant avec eux pendant un temps, aujourd'hui, ce n'était plus le cas. Ne restait que cette gêne persistante.
Remus avait longtemps eu honte de lui. Découvrir qu'on était attiré par une sexualité différente de celles des autres n'était pas facile. Pourtant, ses parents l'avaient accepté et même sa mère, une moldue, n'avait pas fait mine de le renier alors que le monde non magique était moins tolérant sur ces sujets-là.
Se savoir gay avait été une chose, découvrir qu'on avait le béguin pour le collègue et ami de son père en avait été une autre. Remus avait vraiment fait n'importe quoi pour séduire Arthur, allant même jusqu'à devenir Animagus pour capter son regard et son admiration. A la place, il s'était pris une soufflante et avait eu encore plus honte.
Pour le repousser, Arthur avait en effet d'abord déclaré préférer les personnes plus matures et plus expérimentées. Remus avait alors fait en sorte de le devenir mais lorsque le roux l'avait appris, il avait décidé de ne plus lui parler. Heureusement, Remus s'était rendu compte tout seul de la stupidité de ses actes et s'était obligé à passer à autre chose : Arthur avait beau aimer aussi les hommes, il était un homme marié à une femme charmante et un merveilleux père de famille. Il aurait pu tout gâcher. Il s'était d'ailleurs accroché parce qu'il avait eut l'impression que l'homme aussi le désirait, même si finalement il c'était complètement tromper. Ce n'était pas quelque chose dont il était fier mais il savait que ce qui s'était passé l'avait aidé à grandir.
Après avoir joué une heure avec les enfants, Remus jugea qu'il était temps pour lui de s'éclipser et de laisser les adultes à leur conversation. Il monta donc dans sa chambre et s'allongea sur son lit, étrangement fatigué. Il avait mal dormi ces derniers jours.
Hier encore, il avait rêvé de Sirius.
Il se sentait si honteux, pour ne pas changer. Il s'était conduit comme une personne sans dignité auprès du Gryffondor et Sirius avait eu raison de le repousser : Remus aurait regretté le lendemain que sa première fois avec quelqu'un qu'il aimait vraiment se passe ainsi.
Remus avait déjà couché avec des hommes, mais aucun qu'il avait aimé. Troublé et inquiet de sa sexualité, il avait en effet simplement cherché à se rassurer, à comprendre et aussi à plaire à Arthur qui ne voulait pas d'un pauvre adolescent innocent mais d'un homme expérimenté. Même si plus tard, il avait compris qu'il n'avait jamais eu l'intention d'être avec lui… Enfin, c'était une autre histoire.
En attendant, ce qui s'était passé avec Sirius le rendait terriblement mal à l'aise et il avait décidé de s'excuser mais il doutait de pouvoir se montrer devant le joueur de Quidditch sans rougir de honte. Celui-ci voudrait-il au moins encore de lui comme ami ? Lui-même le désirait-il encore ?
Il était en train de tomber amoureux d'un type qui préférait les filles et qui cachait une bien trop grande souffrance, même pour lui et son grand cœur.
Remus espérait juste que le brun ait passé de bonnes vacances malgré ce qui arrivait à Regulus…
D'un coup, il se leva précipitamment de son lit : il venait de trouver le moyen parfait de prendre des nouvelles de l'ainé des Black, de s'excuser sans avoir à lui faire face – il aurait ainsi moins honte en le voyant en janvier et pourrait lui redire ces mots de vive voix – et également de savoir si l'enquête qu'ils avaient amorcée à 4 avait bien avancé !
Remus s'installa à son bureau et prit sa plus belle plume pour envoyer sa lettre.
Il termina en souhaitant bon courage à Sirius et à James, la pleine lune étant dans trois jours.
xXx
Cela faisait presque une heure que Sirius observait l'enveloppe dans ses mains sans oser l'ouvrir. La buse blanche et grise de Remus attendait toujours sur le perchoir au salon et picorait tranquillement en attendant la réponse du Gryffondor.
James observait le manège de son ami, se demandant bien pourquoi Sirius hésitait à lire cette lettre.
-Qu'est-ce qu'il y a ? s'étonna-t-il finalement.
-C'est juste… Enfin, je ne m'attendais pas à une lettre de sa part. Je me demande ce qu'il dit…
-Le meilleur moyen de le savoir est d'ouvrir sa lettre si tu veux mon avis, le taquina son ami.
Sirius se mit à rire et s'allongea de tout son long sur le canapé.
-Pourquoi tu hésites ? reprit James.
Sirius se mordilla les lèvres et ferma les yeux.
-J'ai failli coucher avec lui lors de la soirée du bal.
Pour une surprise, c'était une surprise, et James était content d'être déjà assis et de ne pas être en train de boire. Il se serait étouffé à coup sûr !
-A cause de la potion désinhibante ?!
-Non, je ne crois pas… J'ai très peu bu. Enfin, même si c'était le cas, je l'ai finalement repoussé alors je me dis que je ne devais pas être sous l'influence d'une potion. Mais lui, je ne sais pas. Il n'agissait pas comme d'habitude.
-Alors c'est certainement une bonne chose que tu ne l'aies pas fait.
James s'assit sur son dos et Sirius grogna sous son poids.
-Est-ce que vous… Enfin, vous êtes ensemble ou quelque chose comme ça ? demanda-t-il après un instant de silence.
Sirius émit un bruit étrange que James eut bien du mal à comprendre. Il se leva alors, comprenant qu'il écrasait son pauvre ami.
-J'en sais rien, articula enfin le batteur. De toute façon, je ne sais pas si Remus en a envie et moi, ce n'est pas vraiment ce que je cherche. J'aime bien ce qu'on a, c'est un bon ami.
-Hum.
James n'insista pas. Si Sirius était confus, c'était plutôt logique. Il était toujours peu dégourdi lorsqu'il s'agissait de sentiments et ayant peu fait attention à lui lorsqu'il était avec Remus, James ne pouvait pas l'orienter.
- Ca ne te gêne pas que j'aime aussi les hommes ? voulut soudain savoir Sirius. Enfin, potentiellement je veux dire. A part Moony, j'ai jamais trop regardé les autres en fait...
-Bien sûr que non, répondit son meilleur ami, étonné. Je vois pas pourquoi j'accepterais Regulus et pas toi…
-Regulus est gay ?!
James écarquilla les yeux. Accoudé contre le bras du fauteuil, il croisa le regard de son ami qui venait de se redresser. Il sut alors qu'il venait de faire une bourde et fit la grimace mais ne pensa pas à échapper au regard surpris de Sirius.
-Tu… ne le savais pas ?
-Non, répondit honnêtement Sirius.
C'est vrai que si James y pensait, le fait que Regulus accepte le marché de Rosier ne signifiait pas qu'il préférait les hommes mais le baiser qu'il lui avait donné dans les vestiaires après le match mettait la puce à l'oreille. Pourtant, il ne pouvait pas révéler cet épisode à Sirius. Et puis… pourquoi pas en réalité ? Sirius lui avait bien parlé de ce qu'il s'était passé avec Remus après tout…
-Eh bien, maintenant tu le sais, lui fit-il remarquer dans un petit rire nerveux. Mais ce n'est pas moi qui te l'ai dit ! s'empressa-t-il d'ajouter.
Sirius semblait indécis.
-Attends, est-ce que ça veut dire que Regulus et Rosier ont vrai-
-Non !
James était horrifié que Sirius puisse penser que son frère ait désiré une seule fois le Serpentard. Sirius ne savait pas toute la vérité mais James ne pouvait pas le laisser penser ça. Cela créerait une situation gênante si jamais un jour Sirius décidait d'en parler avec Regulus.
-Je ne savais pas que Regulus se confiait autant à toi mais c'est pas plus mal, nota Sirius après une seconde de réflexion, les yeux rivés au plafond. On pourra davantage l'aider s'il en a besoin de cette manière. Pour en revenir à Lupin…
Sirius soupira et se rallongea sur le fauteuil tandis que James soufflait de soulagement. Son ami ouvrit ensuite l'enveloppe et comme il la tenait bien haute, il la lut aussi. Remus prenait de ses nouvelles, parlait de ses vacances et abordait aussi le sujet délicat du Serment Inviolable. C'est vrai que maintenant que c'était fini, Sirius et lui devaient au moins en informer Lupin et Snape. Remus terminait sa lettre en parlant de ce qu'il s'était passé la nuit du bal, remerciant Sirius et s'excusant pour son attitude, affirmant qu'un autre que lui en aurait sans doute profité ou s'en serait servi contre lui plus tard.
Sirius sourit tout le long de sa lecture, touché par les mots du châtain. Remus trouvait qu'il était quelqu'un de bien et ça lui fit plaisir.
Le Poufsouffle n'avait pas évoqué ce que lui avait proposé Sirius et le brun se doutait qu'il était gêné. Avait-il pris une décision à ce sujet ? Lui-même ignorait quoi faire : il l'avait suggéré dans le feu de l'action, sans vraiment réfléchir. Avoir envie de Remus, Sirius ne doutait pas de le ressentir de nouveau dès qu'il le verrait mais oserait-il sauter le pas ? Finalement, peut-être que Remus ne serait pas le seul à rougir bêtement lors de leurs retrouvailles…
Comme la buse attendait toujours, Sirius se leva pour répondre. Il parla de ses vacances, des cadeaux qu'il avait reçus et de la situation nouvelle de Regulus. Il termina sa lettre en écrivant qu'il pensait à lui et il se demanda comment Remus interprèterait ses mots.
Il sourit en imaginant le blaireau lire sa lettre, allongé sur son lit, souriant de ses blagues et de sa remarque. Remus aussi pensait à lui, il en était sûr, et certainement de la même façon que Sirius pensait à lui.
Il donna sa lettre à l'oiseau qui s'envola enfin.
Le reste de l'après-midi, Sirius la passa à bricoler sa moto avec James. Le temps fila et il fut surpris quand Euphemia vint les chercher pour le diner. Les deux amis avaient longuement discuté sur le programme des blagues qu'ils comptaient mettre en place rien que pour le mois de janvier, histoire de se rattraper du mois de décembre qui avait été bien trop calme à leur goût.
De son côté, Regulus avait passé une journée bien plus tranquille : il s'était mis à tenir un journal depuis le 25 et passait son temps à écrire dessus. Pendant le diner, Sirius le taquina encore en affirmant qu'il devait écrire le nom de son amoureux avec des cœurs ou ce genre d'idioties. Regulus resta cependant stoïque alors qu'avant, il se serait énervé ou muré dans le silence. Comme quoi, il commençait visiblement à comprendre l'humour un peu lourd de son frère. Malgré tout, parmi les rires, ils évoquèrent également un autre sujet plus sérieux : la visite prochaine de Regulus au Square Grimmaurd.
xXx
-Severus ? s'étonna Lily.
Le Serpentard stoppa son rangement des rayons de la librairie dans laquelle il avait été embauché pendant les vacances. Il se retourna et observa son amie, surpris de la croiser ici après la manière dont ils s'étaient quittés.
-Bonjour, murmura-t-il.
Il se détourna ensuite rapidement, reprenant le vieux réflexe de se cacher derrière ses cheveux qui avaient déjà commencé à repousser.
-Bonjour, répondit Lily, toujours aussi surprise. Je ne savais pas que tu étais rentré chez toi… Tu n'es pas venu à la maison pour Noël alors je pensais que tu étais resté au château.
-Tu pensais vraiment que j'allais venir après…
Severus n'osa pas terminer sa phrase.
Du monde entra dans la boutique de livres mais heureusement, le patron arrivait à gérer seul à la caisse pour l'instant.
-Oui, c'est sûr, convint Lily en baissant les yeux. Mais tu aurais pu m'écrire…
-Tu ne l'as pas fait, toi.
-Je… n'osais pas, admit-elle après un instant. J'avais peur de ne pas obtenir de réponse de ta part. Je déteste qu'on soit fâché, Severus. Tu es mon ami e-
-Non, Lily.
Il se tourna à nouveau vers elle pour lui faire face, ne cachant plus le bleu qu'il avait sur la joue et la griffure sous l'œil. Lily eut un hoquet de stupeur.
-Severus…
Elle tendit instinctivement sa main vers lui mais il se déroba.
-Que tu n'envisages pas une autre relation entre nous possible est ton droit mais s'il te plait, ne minimise pas mes sentiments. Maintenant que je sais que tu les connais, être avec toi est trop difficile et je n'ai pas envie de souffrir inutilement.
-Je-je suis désolée, souffla-t-elle.
Elle ne savait pas quoi dire d'autre.
Lily perdait son ami et ne savait pas comment faire pour l'empêcher.
Severus la quitta ensuite sans un mot pour continuer son travail et comme elle ne voulait pas lui créer d'ennuis, Lily ne chercha pas à le retenir. Elle se demanda simplement si sa relation avec Severus se terminerait ainsi : dans la douleur et l'incompréhension.
Elle acheta son livre, suivant des yeux le Serpentard, et quitta le cœur lourd la librairie moldue.
Au fond d'elle, la Préfète en cheffe était déçue d'apprendre que Severus avait préféré subir les atrocités de son père que de trouver refuge chez elle. Ils en étaient donc là ? Leur relation était encore plus brisée qu'elle ne l'avait pensé. C'était pour cette raison qu'elle avait souhaité ne jamais entendre la confession du brun : si Severus avait gardé le silence ou aimé une autre fille, tout serait encore merveilleux entre eux. Lily s'en voulait tout de même de penser de cette manière, se trouvant égoïste. Severus avait raison. Ses sentiments aussi comptaient. Ils avaient même plus d'importance que ce qui était arrangeant pour elle.
Après son achat, Lily rentra chez elle, toujours pensive et triste. Elle sentit la bonne odeur des cookies que sa mère préparait et si habituellement ces derniers lui redonnaient le sourire, ce ne fut pas le cas cette fois-ci. Sa sœur Pétunia était sortie et devait encore être chez son copain. Quant à son père, il était sûrement en train de terminer l'abri à oiseaux qu'il avait commencé il y a plus d'un mois déjà.
La Gryffondor décida alors d'aller rejoindre sa mère en cuisine : peut-être qu'elle pourrait lui donner un coup de main et se changer les idées en même temps. Elle embrassa donc sa mère et lui proposa de l'aide. Celle-ci la détailla longuement en silence, un sourire soucieux aux lèvres.
-Ça n'a pas l'air d'aller, ma puce…
Lily se retourna et s'appuya contre le plan de travail. Elle essaya ensuite de se soustraire au regard de sa mère mais très vite, elle sentit ses yeux s'humidifier.
-Maman, je ne sais pas quoi faire…
La mère de famille laissa sa pâte à cookie de côté, se lava rapidement les mains et vint faire face à sa fille.
-Qu'est-ce qu'il se passe, Lily?
-Je suis dans une situation vraiment compliquée... Deux garçons sont amoureux de moi et je ne veux pas en blesser un en le rejetant…
-Oh, ma pauvre… Ce sont des choses qui arrivent malheureusement. Tu n'as pas à te sentir mal, tu as le droit de ne pas rendre ses sentiments à quelqu'un. C'est vraiment dur de se voir rejeter mais on finit toujours par s'en remettre, sourit affectueusement sa mère. Et puis, comme tu es déjà en couple, je ne pense pas que ce soit une grande surprise pour cet autre garçon qui t'aime. Enfin, tu es toujours avec ce garçon de ton école, James Potter ?
-Oui mais nous nous sommes un peu disputés dernièrement et j'en suis venue à douter de moi, avoua-t-elle doucement. Il est merveilleux, vraiment, mais je me demande si je suis celle qu'il lui faut. On est très différent et j'ai souvent l'impression qu'on n'est pas sur la même longueur d'onde... Je pense aussi qu'une fois en couple, tout s'est passé très vite. J'étais comme dans une bulle, j'étais bien. Et lentement, j'ai oublié comment il était vraiment, avant qu'on ne soit ensemble.
Lily serra les lèvres pour retenir ses larmes et se tourna vers sa mère.
-Il a commencé à se projeter trop loin, à vouloir faire évoluer notre relation et ça m'a fait un choc ! C'est comme si je remettais brutalement les pieds sur terre. Je me suis alors rappelée pourquoi j'avais eu du mal avec lui…
-Tu n'es pas heureuse d'être avec lui ?
-Si, je crois… J'en sais rien en fait... C'est juste que je sais comment est James et même s'il a un peu changé pour moi, je trouve quand même à redire. Mais surtout, je me sens coupable ! Je ne veux pas qu'il change pour moi, je devrais l'accepter comme il est ! Je n'apprécierais pas qu'un garçon me demande d'être une autre !
Il y eut un silence pendant lequel Lily eut le temps d'avoir l'impression d'être une mauvaise personne au moins une dizaine de fois. Sa mère la prit ensuite par l'épaule et l'invita à s'asseoir sur les chaises de la cuisine.
-Cette histoire te tracasse beaucoup et c'est normal d'avoir des doutes en amour. Tout comme de devoir faire des compromis dans un couple. L'amour, c'est difficile, parfois décevant, et ça n'a souvent rien à voir avec ce qu'on lit dans les livres.
-C'est bien dommage…
-C'est vrai, lui accorda sa mère. Mais ce n'est pas pour autant que ça ne vaut pas le coup de le vivre et de se battre pour lui. Dis-moi, qui est l'autre garçon qui a craqué pour toi et qui te met dans un tel état ?
-Ce n'est pas…
Comme sa mère connaissait Severus, Lily ne souhaitait pas lui dire qu'il était celui qui s'était déclaré. Elle n'était pas certaine non plus que son meilleur ami apprécie que cette histoire s'ébruite. Ce qu'il détestait plus que tout, c'était être le centre de l'attention et de lire la pitié ou la compassion chez les autres. Lily ne l'avait pas clairement rejeté mais elle était loin d'avoir répondu positivement à sa confession et Severus, comme tout le monde, avait une fierté qu'il souhaitait préserver. Lily pouvait le comprendre.
-Qu'a-t-il de particulier pour que tu en viennes à douter de ton couple ?
-Non, ce n'est… Enfin, ce n'est pas lui qui me fait douter de mon couple, c'était déjà le cas avant. Mais comme c'est aussi un ami précieux qui a fait le choix de s'éloigner de moi comme je ne lui rends pas ses sentiments, c'est dur. C'est injuste, maman… Parce que je ne l'aime pas, il ne veut plus qu'on soit amis !
-Lily…
Elle soupira et prit sa fille dans ses bras.
-Je comprends que ce soit difficile mais c'est certainement le mieux à faire, au moins le temps qu'il passe à autre chose.
-Mais je ne veux pas le perdre !
-Et James ?
Lily se tût. C'est vrai qu'elle n'avait pas vraiment pensé à lui et elle s'en voulut une nouvelle fois.
-Je ne veux pas le perdre non plus mais j'ai l'impression que je dois faire un choix.
-Les deux sont-ils forcément liés ? Tu disais que la déclaration de cet autre garçon n'avait pas de rapport avec tes doutes concernant James.
-C'est vrai mais dans les deux cas, je dois faire un choix. Si je choisis James, mon ami s'éloignera forcément de moi et si je veux conserver son amitié, je devrais me séparer de James…
- Pose-toi les bonnes questions alors. Qu'est-ce qui t'empêche d'être avec l'un d'eux ? Qui veux-tu garder auprès de toi et qui refuses-tu de perdre ? Que veux-tu réellement, ma fille ? Et n'oublie pas que si tu ne veux pas choisir, rien ne t'y oblige. Tu peux très bien décider de prendre simplement du recul.
Sa mère lui embrassa la joue et retourna à ses cookies. Lily mangea ensuite des bouts de pâte crus sous le sourire de sa mère.
La Gryffondor repensa à Severus et à ce qu'il lui avait certifié. Son ami lui avait affirmé que si elle ne voulait pas de lui, c'était parce qu'elle avait honte, parce qu'il était trop moche. C'était faux, elle n'était pas du genre à porter autant d'importance au physique. Certes, le Serpentard n'était pas aussi beau que James ni aussi populaire mais il était son meilleur ami. Il avait toujours été là pour elle et elle s'amusait avec lui. Elle aimait passer du temps en sa compagnie. De plus, Severus avait beau avoir ses défauts, il n'avait jamais fait quelques choses de répréhensible envers elle.
Elle le connaissait depuis toute petite, ils étaient amis d'enfance. Allait-elle vraiment prendre le risque de le perdre pour une histoire qui durait depuis tout juste un an ? Surtout qu'avant de se mettre avec James, elle l'avait trouvé idiot, immature et horriblement arrogant. Ce dernier avait changé pour elle, mais était-ce suffisant ?
Pourquoi devait-elle choisir ? Pourquoi chercher les défauts de l'un pour faire ressortir les qualités de l'autre ? James avait fait beaucoup d'efforts pour elle, il était courageux et brillant lorsqu'il étudiait sérieusement. Il était un ami fidèle et gentil. Il avait participé à unir encore plus la maison Gryffondor.
Le soir même, Lily prit la plume, décidée à mettre tout ça au clair.
xXx
-Tu mens.
-Non…
James embrassa son cou et Regulus se mordit l'index pour ne pas faire de bruit. Il ferma les yeux, essayant de juguler la vague de désir qu'il ressentait. Les mains de James qui le touchaient étaient incroyables et irréelles. Son amant murmura son nom et Regulus passa ses bras autour de son cou, le rapprochant de lui. Nus l'un contre l'autre, James se fit une place entre ses jambes, bougeant contre son corps pour le plus grand bonheur du Serpentard.
-A quel point m'aimes-tu ?
Regulus fit la moue. Il refusait de répondre car James aimait l'entendre dire ces mots. Ca gonflait son égo – entre autres.
-Arrête de parler.
-Pourquoi ? Tu n'aimes pas ma voix ?
Juste pour l'embêter, le Serpentard acquiesça.
-Vraiment ? Et si je te dis que je vais embrasser chaque centimètre carré de ta peau, caresser ton corps et te faire sensuellement l'amour, est-ce que tu la détestes toujours ?
Regulus sourit et James, bien décidé à le faire céder, s'attaqua à réaliser toutes ces choses qu'il lui avait promises. Le cadet des Black soupira de désir.
Soudain, James le retourna brutalement sur le ventre, embrassa son dos et colla son sexe dur contre ses fesses rondes. Mal à l'aise, Regulus se raidit et essaya de se retourner mais étrangement, son amant ne bougea pas. Il le plaqua mêmedavantage sur le lit, l'immobilisant totalement. Il ne semblait plus penser à ce qu'ils partageaient ni à son partenaire, mais bien à son seul plaisir. Regulus se contorsionna contre le matelas et lui demanda franchement de se pousser mais James ne l'écoutait pas.
Lorsqu'il sentit des doigts s'immiscer entre ses fesses, il se figea. Quelque chose de dur et de chaud prit ensuite place près de son intimité, frottant de manière obscène. Le cœur de Regulus se mit à battre à toute allure. Il avait envie de vomir.
-Ja-James… Arrête !
-James ? susurra la voix d'Evan. Tu te trompes de nom, Regulus…
Pris d'effroi, le jeune Serpentard essaya à nouveau de se dégager mais toujours sans succès. Il supplia alors Rosier de le laisser tranquille.
-Ne mens pas, Regulus. Nous savons tous les deux que tu aimes ça…
-Non, c'est faux !
-Bien sûr que si. Tu veux que je te touche toujours plus. Tu es excité avant même que je ne commence. Regarde-toi.
Rosier passa sa main sous son ventre et toucha son sexe. Malgré sa peur et sa révulsion, Regulus était encore excité et cela plus que les doigts du blond sur lui le dégouta.
Il demeura alors immobile, attendant que Rosier ait fini alors que les larmes coulaient sur ses joues.
-C'est parce que tu aimes les hommes, Regulus, lui susurra-t-il à l'oreille tandis qu'il bougeait sur lui. Tu ne connaitras jamais rien de normal. C'est tout ce que tu auras toujours : juste du sexe sale, comme ton amour pour James Potter…
Regulus se réveilla en sursaut, les larmes aux yeux et cette envie de vomir encore bien présente en lui. Hébété, il se dirigea vers la salle de bain et s'aspergea d'eau froide. L'histoire avec Rosier était terminée, il ne comprenait pas pourquoi il avait fait un tel cauchemar. Cet épisode était derrière lui. Mais peut-être la perspective de revoir ses parents aujourd'hui le rendait-elle confus ?
Il était presque l'heure de se lever alors Regulus se prépara et fit de son mieux pour ne rien laisser paraître lorsqu'il retrouva les autres en bas. Padfoot le salua et il esquissa un sourire à son attention. L'esprit l'accompagnerait et cela le rassurait. Le père de James quant à lui le déposerait et viendrait le chercher deux heures plus tard. Il ignorait de quoi voulait bien lui parler ses parents : la lettre d'Orion ne lui avait fournie aucun indice.
Regulus était aussi impatient qu'inquiet.
Au petit déjeuner, Sirius essaya de convaincre son meilleur ami d'enfin ouvrir la lettre que lui avait envoyée par Lily un peu plus tôt mais James craignait de recevoir une mauvaise nouvelle. Regulus, encore perturbé pas son cauchemar et par ce qui l'attendait, n'y prêta pas plus attention que ça. Il fut vite l'heure et Sirius lui souhaita bonne chance alors que Fleamont le faisait transplaner.
Se retrouver devant chez lui fut étrange. Il ressentit de la nostalgie. Le père de James resta avec lui un instant, le temps de s'assurer qu'il allait bien, et Regulus prit sur lui : il ne voulait pas laisser paraitre que ce n'était pas le cas. Il remercia l'homme puis entra dans ce qui était son ancienne demeure lorsqu'il vit son gardien le rejoindre. Il fut accueilli par son vieil ami et revoir Kreattur lui fit plaisir. L'elfe se courba devant lui et l'inspecta doucement comme pour s'assurer qu'il allait bien. Et enfin, il vit ses parents.
Il y eut alors un silence étrange. Regulus n'osa pas parler face au regard dur de sa mère et la stature imposante de son père. Il avait toujours aimé ses parents mais d'aussi loin qu'il s'en souvienne, il en avait toujours également eu peur. Il n'avait à aucun moment craint pour lui, sauf une seule fois. Lorsque plus jeune, il avait été surpris avec les chaussures de l'une de ses cousines. Regulus savait mieux que quiconque de quoi étaient capables ses parents. En effet, le cadet des Black avait été le premier spectateur des sévices infligés à son grand frère, la personne qu'il admirait tant petit.
Le Serpentard ne savait pas comment appréhender la rencontre du jour. Cette lettre, il l'avait vue comme une volonté de renouer avec lui et il espérait ne pas s'être trompé. Ses parents allaient sans aucun doute lui donner des réponses mais lui doutait de pouvoir en fournir qui les satisferait. Pas sans évoquer Padfoot.
-Toujours aussi accueillant, ceux-là. Fais attention à ce qu'ils ne finissent pas par t'enfermer dans le placard ou dans n'importe quelle pièce de cette maison maudite, renifla Black.
Regulus ne sut pas comment prendre la pique. La maison avait besoin de rafraichissement et n'était certes pas très moderne et rayonnante, mais il l'aimait. Elle baignait dans la magie et ici, tout avait toujours semblé extraordinaire à l'enfant qu'il avait été. Même s'il admettait que les tableaux qui commentaient ses tenues chaque matin, il s'en serait bien passé.
-Mère. Père, lança-t-il en guise de salutation.
Walburga hocha la tête et il ne sut comment interpréter ce geste d'autant qu'elle s'en retourna au salon. Ce fut Orion qui lui indiqua la marche à suivre.
-Suis-moi.
Un instant plus tard, ils étaient tous les trois au salon, assis sur des fauteuils différents. Le silence était toujours présent et Regulus entendait les tic-tacs de l'horloge magique. Il sut que ça allait être long. Il faillit même sursauter lorsque sa mère appela Kreattur. L'elfe de maison leur servit du thé et des petits gâteaux que Regulus doutait pouvoir avalé : son cauchemar et l'angoisse de cette rencontre lui nouaient encore l'estomac.
-Pourquoi être parti ?
Apparemment, sa mère était bien décidée à entrer dans le vif du sujet et ce n'était pas plus mal. Une fois les sujets compliqués abordés, il serait plus facile de bavasser.
-Tu as toujours été bien traité, nous t'avons donné plus qu'à Sirius. Mais ça ne t'a pas empêché de nous remercier de la même manière que lui. Petit ingrat !
Regulus encaissa la rudesse des propos de Walburga sans broncher. Il les comprenait.
-Je suis désolé. Je comprends votre colère, d'autant plus que vous avez raison, je n'avais pas de raison de partir. Vous m'avez toujours bien traité et je sais avoir été favorisé par rapport à Sirius. Mais je sais aussi que je l'étais seulement parce qu'il vous a déçu. Je n'avais pas le droit à cette affection, à ce piédestal sur lequel vous l'avez mis même si je me pliais à vos exigences. Je ne vous jette pas la pierre, ajouta-t-il précipitamment quand il faillit être interrompu par sa mère. Si je suis là aujourd'hui, c'est bien grâce à vous.
-Tu nous remercies pour endormir notre vigilance et maquiller le venin caché sous tes propos. Ne joue pas au diplomate, Regulus, nous ne faisons pas de politique à la maison, lui rappela son père.
-Ecoute-le, l'autre, se moqua Padfoot. Ils n'en font pas pour ne pas s'exposer mais leur opinion politique n'a jamais été un secret pour personne !
-Je ne sais que vous dire quant à mon départ, continua Regulus, un peu perdu. Mais si je dois avancer des raisons, je l'ai surtout fait parce que Sirius était parti et que même si nous sommes différents, la liberté et l'aventure ont toujours été quelque chose que nous partagions. Même si c'est plus fort chez Sirius et que pour lui, partir était vital, murmura-t-il.
Il n'avait jamais osé défier ses parents pour son frère. Aujourd'hui, oserait-il enfin ? Sirius avait bien osé faire face à ses peurs pour lui. Il ne devait pas faire moins.
-Tu n'as que le nom de ce bon à rien à la bouche. T'es-tu soudain rendu compte qu'il pouvait t'être utile à quelque chose ? Pourtant, vous n'étiez pas si proches que ça. Walburga se faisait suspicieuse et ce n'était pas bon.
-Je… Ca ne date pas de maintenant. Je ne voulais pas le perdre alors je l'ai suivi. Je voulais aussi me prouver que j'étais capable des mêmes choses que lui. Que je n'étais pas moins bon, quoi que les gens pensent. Mais je ne pensais pas que le suivre fracturerait autant notre famille. Je ne veux pas choisir entre mes parents et mon frère. C'est vrai que j'ai déserté, mais puisque vous m'avez laissé sur la tapisserie, c'est que je suis toujours un membre de cette famille. Mes choix à partir d'aujourd'hui m'appartiennent et je ne vivrai pas pour vous contenter.
-Tu es simplement venu pour nous défier ? s'étonna Orion.
-Non !
Regulus fronça les sourcils. Il ne savait pas comment se faire comprendre.
-Si vous le voulez bien, nous pouvons encore être une famille. C'est ce que je veux en tout cas. De plus, je suis sûr que les Potter voudront bien m'amener de temps en temps ici. Je suis toujours votre fils et je ne veux pas devenir un inconnu. J'aime cette famille mais il est vrai que partir m'a permis de m'enlever les œillères que je pouvais avoir et ainsi voir ses terribles défauts. Le choix vous appartient. Je ne demande qu'à vous retrouver.
-Mais tu ne reviendras pas, comprit sa mère.
-Non, je suis désolé. C'était un choix précipité et fortement influencé par l'affectif sur le moment mais aujourd'hui, je sais qu'il me convient.
Regulus parlait plus de Black que de Sirius mais ses parents ne pouvaient pas s'en douter. L'esprit de son frère mort venu d'un autre monde était celui pour lequel il était parti. Celui qui lui avait demandé de lui faire confiance et qui lui avait dit que de belles choses l'attendaient à l'extérieur du Square Grimmaurd. Qu'il était temps de vivre pour lui et non plus pour ses parents. Mais surtout, de vivre tout court.
-Je ne regrette pas mon départ. Il peut être bon parfois d'agir comme un idiot de Gryffondor, plaisanta-t-il.
Ses parents firent la grimace et Regulus sentit le regard de l'esprit sur son profil gauche. Il avait tenu des propos tout autre à Padfoot plusieurs jours auparavant mais il n'allait certainement pas avoué à ses parents avoir douté. Il sourit et Black fit de même, rassuré. Maintenant qu'il s'était sorti d'une situation inconfortable et qu'il était plus ou moins en train de se réconcilier avec ses parents, les choses ne pourraient que s'améliorer.
xXx
A son retour chez les Potter, Regulus fut étonné de l'ambiance morose qui y régnait. La maison était toujours remplie de rires ou de bruits étranges à cause des deux Gryffondor mais à cet instant, James n'était pas visible et Euphémia, Fleamont et Sirius semblaient prêts à sortir.
-On va manger dehors ce midi, lui apprit Sirius.
Dès qu'il s'agissait de sortir, le jeune homme semblait ravi. Regulus pensa alors avec tristesse à Black pour qui 12 ans à Azkaban avait dû paraitre un véritable enfer. Lui, si épris de liberté…
-C'est gentil. Merci, madame et monsieur Potter, les remercia Regulus.
Il n'avait jamais fait ça avec ses parents. Et sans être aussi enthousiaste que Sirius, il était aussi heureux.
-James ne veut toujours pas sortir de sa chambre ? demanda Fleamont.
Euphemia secoua tristement la tête.
-Bon, tant pis, nous partirons sans lui. Ça lui passera.
Ils transplanèrent à l'entrée d'un restaurant chic et Regulus se demanda qui cuisinait. Encore des elfes ou alors étaient-ce des sorciers derrière les fourneaux ? Mais alors que les Potter allaient donner leur nom à l'hôtesse, Regulus se tourna vers son grand frère qui faisait défiler son regard sur la décoration de la salle.
-Qu'est-ce qui se passe avec James ? Il allait pourtant bien quand je suis parti.
-Ouais, mais depuis, il a ouvert la lettre de Lily, grimaça Sirius.
-C'était donc une mauvaise nouvelle, en conclut le plus jeune.
-Elle rompt avec lui.
-Quoi ?!
Regulus n'avait pas pu s'empêcher de crier, de même que Padfoot, choqués tous les deux par la nouvelle.
-Enfin, elle veut faire une pause parce qu'elle n'est pas sûre de ses sentiments. On sait tous comment ça va se finir.
-Je comprends mieux. Il doit être anéanti…
Regulus savait combien James était épris de la rousse et ne doutait pas que la nouvelle était difficile à gérer pour le Préfet.
-Il s'en remettra, trancha Sirius alors que les Potter revenaient vers eux. Les chagrins d'amour, c'est comme tout, ça passe avec le temps.
Bien que son ton soit détaché, son visage laissait transparaitre un certain désarroi. Sans doute que même son frère ne s'y était pas attendu. Qu'avait-il bien pu se passer pendant les vacances pour que Lily ne sache plus où elle en était ?
Malgré l'absence de James, tous les quatre firent de leur mieux pour passer un bon moment. Et alors que Regulus leur parlait de ses retrouvailles avec ses parents, il ne put s'empêcher de faire le parallèle entre la famille Potter et la famille Black. A bien des égards, la sienne était discordante et imparfaite. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de l'aimer.
Hum...j'ai envie de dire est-ce que vous vous étiez attendu à ça ? Remus et Arthur ainsi que la décision de Lily.
Il reste 6 chapitres avant le début de la 2ème partie. Et j'ai envie de dire, ce ne sera pas le même décor ! J'hésite encore à faire une petite pause avant la 2ème partie histoire de prendre un peu d'avance sur la relecture et la correction de la suite, pour publier un peu plus vite peut-être.
Pas de date pour le prochain, il est en correction, j'essaierai de ne pas trop vous faire attendre. Le titre c'est : Bouleversement.
Ceux qui aiment le Sirius x Remus seront probablement content. J'espère...
