Mio :

Remus amoureux d'Arthur ? Et oui, franchement même moi je me demande encore comment j'ai eu cette idée. Mais une chose en entrainant une autre. Et puis c'est original, j'espère avoir rendu ça plausible ! Dans l'histoire et dans les fic plus en général, en parle plus des difficultés des enfants Weasley à vivre dans une famille si nombreuse, peut-être un peu trop envahissante et avec des revenus modeste, je voulais me centré plus sur le couple. Essayer d'en montrer un qui a des difficultés, des problèmes mais qui ne s'aime pas moins pour autant. Pas de bashing dans cette fic, même sur Rosier mdr, juste des gens qui ne sont pas parfaits, comme nous tous.

Lily est un personnage que j'ai parfois du mal à travailler parce qu'elle reste très flou pour moi, elle est décrite avec beaucoup de qualité et je suis du genre à me dire qu'on en apprends plus sur les gens avec leurs défauts, sans doute pour ça. En tout cas si la conversation était intéressante, c'est déjà ça. Mais oui James s'en remettra, sa rupture avec Lily n'est qu'une étape dans ce que j'ai prévu pour lui ! En attendant, il n'a pas été le plus intelligent en agissant comme il l'a fait avec Severus. Mais malheureusement James est très spontané, même trop impulsif parfois. Il aura le temps de regretter, ou pas. En attendant, Regulus lui a bien sauvé la mise à Severus. Merci pour tes deux commentaires.

Comme pour les autres chapitres, pommedapi m'a aider - et même plus encore - à retravailler ce chapitre. Bonne lecture à tous !


Chapitre 19

Non-dit

Regulus était dans le jardin de Poudlard. Il neigeait mais ça ne le gênait pas. Dans moins de deux semaines, le mois de janvier laisserait place à celui de février et le jour de la Saint-Valentin, Sirius serait encore chouchouté : il recevrait des lettres d'admiratrices par dizaine ainsi que beaucoup de chocolats. Habituellement, Regulus aussi en recevait mais après s'être affiché avec un garçon, il serait sûrement rangé dans la case « gay » même s'il n'avait jamais affirmé l'être. Peut-être que s'il n'avait pas échangé un tel baiser avec Rosier, les gens auraient encore des doutes… Enfin, tout ça pour dire qu'il n'était pas certain d'en recevoir, même si au fond il s'en fichait.

Il s'était toujours plaint de trop en avoir, il serait juste exaucé cette année.

S'il avait voulu sortir malgré le froid juste avant son cours de soins aux créatures magiques, c'était parce qu'il avait ressenti le besoin de s'isoler, de réfléchir un moment. Bien sûr, Black était avec lui. Depuis quelques jours, l'esprit le harcelait constamment pour savoir ce qui avait bien pu se passer avec Jedusor mais comme le psy le lui avait conseillé, Regulus avait gardé les lèvres closes. Il ne voulait plus en parler. Il était fort, il surmonterait cette épreuve. Il n'avait pas d'autre choix.

A l'heure actuelle, ce n'était pas ce qui l'inquiétait.

Il observa ainsi Black qui regardait avec nostalgie le château et ses environs.

-Je m'excuse, Padfoot, commença Regulus.

L'esprit l'observa, surpris.

-Je t'ai presque accusé d'avoir gâché ma vie en décembre…

-Mais non, Reg', t-

-Si. J'ai fait les mauvais choix et je t'en ai fait porter la responsabilité quand ça n'allait pas bien pour moi.

Padfoot sourit. Il savait qu'il n'était pas facile pour Regulus de s'excuser et même s'il aurait aimé le taquiner à ce sujet, il s'agissait d'une discussion sérieuse. D'une discussion à cœur ouvert. Et c'était agréable. Black n'avait pas le loisir de pouvoir communiquer avec grand monde ici. Le temps passait et Regulus était toujours le seul à le voir et à lui parler. Le seul à savoir qu'il existait et qu'un jour, lui aussi avait été à Poudlard et avait fait des frasques chez les Gryffondor accompagné des Maraudeurs.

Regulus était son ancre autant qu'il était la sienne. Il était celui qui lui permettait de ne pas devenir fou, lui qui se chargeait de veiller sur ce petit frère pour ne pas qu'il fasse n'importe quoi. C'était peu, mais il s'en contentait. Il n'avait pas le choix. Approcher le jeune Sirius était trop dangereux, même si ça devenait de plus en plus difficile de rester loin de lui-même.

-Tu sais, parfois, je pense à ce que serait ma vie sans toi. J'ai peur de me réveiller et de ne plus te voir nulle part. J'ai peur que tu sois là et que je sois incapable de te voir…

Padfoot s'approcha de Regulus. Malgré sa tristesse, il restait digne. Bravo à l'éducation des Black ! Son visage restait étonnamment neutre et seule sa voix laissait transparaitre son émotion. C'était la première fois qu'ils en parlaient alors que le phénomène s'était déjà produit durant l'été. Ils savaient donc tous les deux que ça pouvait recommencer. Que cette situation ne pouvait pas être éternelle. Et si Regulus redoutait que ça arrive, l'esprit était certainement celui qui en avait le plus peur.

Qu'adviendrait-il de lui si plus personne n'était capable de prouver qu'il existait ? Qu'il était encore là et qu'il voulait vivre…

Il ne voulait pas avoir à nouveau à retourner dans le voile et attendre encore et encore une fin qui n'arriverait pas. Les autres mondes n'avaient rien donné, il ne voulait pas avoir à partir de celui-ci. C'était la première fois qu'il pouvait ressentir de réelles et intenses émotions, il ne voulait pas y renoncer et retourner dans les ténèbres. Ici, il avait retrouvé son âme-sœur, son frère, son meilleur ami. Un monde où James n'était pas mort tué par Voldemort. Il voulait continuer à être avec lui. Il voulait Remus, son Moony avec qui il avait commencé une relation particulière. Un monde où Remus n'était pas brimé et mis au banc de la société à cause de sa lycanthropie, où il pouvait être heureux. Un monde où lui n'aurait pas à se méfier de ses amis, faire des mauvais choix et finir fou à la mort de James puis jeté à Azkaban.

12 ans enfermé et accusé injustement d'un crime qu'il n'avait pas commis. Pas une personne pour le croire. Mais il avait tenu, encore et encore, tout ça pour disparaitre quelques années plus tard sans avoir pu profiter de sa vie.

Poudlard avait justement été la meilleure période de sa vie et là, il avait l'occasion de recommencer.

Il pensa au jeune Sirius, à la façon dont ils pouvaient ne faire qu'un parfois, ses pensées se reflétant chez lui. Ils avaient même pu entrer en résonnance, presque faire partie de lui pour lui révéler l'intitulé du Serment Inviolable. En insistant, il pourrait peut-être… Non ! Il devait rester à sa place.

Auprès de Reg'.

-Même si ça arrive et qu'un beau jour je disparais pour toi, s'il te plait, ne m'oublie pas. Sache en tout cas que je garderai toujours un œil sur toi.

Regulus se leva. Son cours allait bientôt commencer.

-Merci.

xXx

Le professeur de soins aux créatures magiques était tout excité et Regulus espérait que c'était parce qu'ils auraient droit à une excursion dans la forêt interdite. Il avait tellement envie de croiser une licorne !

Dans ce cours, il y avait très peu de Serpentard : ils n'étaient que 3 et Regulus n'était pas proche des deux filles avec lui. Les Poufsouffle étaient quant à eux nombreux, de même que les Gryffondor. Il n'y avait par contre que 4 Serdaigle et cela le rassura. Il n'avait pas envie que sa maison soit vue comme celle qui faisait peu de cas des créatures magiques. Lui les préférait presque aux humains. Elles étaient tellement fascinantes et beaucoup moins compliquées que les gens.

-Des Botrucs sont présents dans la forêt. Quelqu'un pour me dire ce que c'est ? demanda le professeur.

Trois mains se levèrent. Une Serdaigle et deux Gryffondor.

Regulus quant à lui prit la parole sans même y avoir été invité.

-L'Arboresprit est un ami et gardien des arbres. C'est une petite créature et son corps est constitué d'écorces et de brindilles. Sa couleur, oscillant entre le marron et le vert, ainsi que son apparence, lui permettent de se cacher facilement dans les arbres.

Regulus sourit. Il savait qu'il venait de faire un sans faute. Les dix points qu'il prit pour sa maison le lui confirmèrent. Les Botrucs n'avaient rien de franchement fascinants et n'étaient pas très impressionnants mais c'était des créatures magiques formidables et ceux qui pouvaient en avoir devaient s'estimer chanceux car ils vivaient pratiquement cachés. Même s'ils étaient partout, peu les remarquaient.

-Eh bien, cette semaine vous aurez un devoir en commun avec des élèves de 7ème année avec qui vous devrez vous mettre en binôme. Votre travail sera de trouver une de ses créatures magiques dans la forêt et de me détailler la manière dont vous avez procédé. Bien entendu, il vous sera interdit d'en capturer. Il faudra juste prendre une photo. Des appareils vous seront remis une fois votre binôme formé.

-Qu'est-ce qu'il se passera si nous n'en trouvons pas ? demanda une Poufsouffle, visiblement embêtée.

-Vous n'aurez pas réussi votre devoir, répondit simplement le professeur.

-Professeur, il est très dur de trouver des Botrucs ! Et si personne ne réussit ? Nous allons tous avoir des mauvaises notes ?

-Non, ne vous inquiétez. Si vous ne réussissez pas, je me baserais sur la manière dont vous avez procédé pour vous mettre une note acceptable.

Le professeur continua de leur donner ses instructions et rappela bien entendu aux 6ème année qu'ils avaient interdiction d'aller dans la forêt interdite la nuit. Ils eurent ensuite droit à un cours approfondi sur les Arboresprit, histoire de pouvoir mieux appréhender cette « chasse » dans laquelle ils allaient se lancer.

xXx

James contempla sa chouette. Elle possédait un magnifique plumage blanc orné de reflets d'argent. Meniwille était la plus belle du monde, rien d'étonnant pour lui. Il venait d'envoyer une lettre à ses parents : ceux-ci s'inquiétaient pour lui car il n'avait pas été très loquace ni de bonne humeur à la fin des vacances. Maintenant, il allait mieux et voulait les rassurer. Il venait aussi de les informer que c'était acté : Lily et lui, c'était fini.

James aurait aimé se battre plus longtemps. Il le voulait, mais il savait que ce ne serait pas productif. Sans doute même qu'il envenimerait la situation. Cela ne lui ressemblait pas d'abandonner pourtant et il esquissa un sourire amer au souvenir des mois, des années qu'il avait passés à courtiser la rousse. Tout ça pour que ça se termine au bout d'un an à peine à cause d'une mauvaise action... Enfin, c'est ce qu'il aurait aimé dire, tout remettre une fois de plus sur le dos de Severus. Mais la colère passée, il se demandait si le Serpentard avait vraiment été le problème.

Lily avait voulu faire une pause et le lui avait annoncé par lettre. Ça lui était tombé sur le coin de la figure sans qu'il ne comprenne pourquoi. La Gryffondor n'avait pas été heureuse avec lui et ne lui en avait jamais parlé. Pourquoi ? Si elle lui avait parlé, peut-être qu'ils auraient pu essayer d'arranger les choses avant qu'il ne soit trop tard. Ou alors attendait-elle qu'il ait une révélation et comprenne de lui-même que ça n'allait pas ? Comment aurait-il pu faire ? Une semaine avant les vacances, Lily lui disait encore qu'elle l'aimait alors qu'il goutait son corps !

Il se sentait si bête. Il n'avait rien vu venir. Naïvement, il avait pensé que Lily et lui pourraient enfin bientôt sauter le pas. Mais s'il était honnête, son attention s'était sans doute plus tournée vers une autre personne que sa petite amie. James avait en effet plus pensé à Regulus Black qu'il n'aurait dû. Il fallait dire que le Serpentard avait été dans une situation difficile et en tant qu'ami, il s'était inquiété. De plus, les frères Black vivaient avec lui depuis les vacances d'été et forcément, Regulus avait commencé à faire partie de son quotidien.

Et Lily allait devoir en sortir.

Avec amertume, James se demanda alors en combien de temps on se remettait d'un chagrin d'amour…

Et s'il y avait une potion pour ça ? Non. Dommage, cela lui donnait presque une idée de vocation.

Concernant Lily, tout ce qu'il pouvait espérer, c'était qu'elle lui pardonne. Il n'en pouvait plus de la voir si fermée avec lui. Il l'avait déçu et ne pensait pas être pardonné, mais il savait aussi qu'elle l'aimait toujours. Peut-être avec du temps pourrait-elle passer outre et décider de rester au moins amie avec lui ? Il était perdu et ne savait plus quoi faire concernant cette histoire.

Lily lui avait reproché certaines choses avant leur rupture. Elle ne voudrait pas avoir quoi que ce soit à faire avec lui s'il ne se décidait pas à changer un minimum. S'il ne décidait pas d'enfin arrêter de vivre sa vie comme si elle était un spectacle. Chercher tout le temps la foule, les compliments.

James était populaire et la plupart de ses faits et gestes étaient épiés, étudiés, attendus. Son public exigeait toujours plus de lui et si ça lui avait plu avant de doucement commencé à l'user. Il s'était rendu compte un peu tard qu'il faisait souvent n'importe quoi lorsqu'il était en groupe, poussé par les cris et les acclamations de ceux qui exigeaient plus. Plus loin, plus dangereux, plus humiliant.

Ses parents lui avaient pourtant donné une éducation exemplaire, il avait juste été un peu pourri gâté. Mais Euphémia et Fleamont lui avaient appris à faire la différence entre le bien et le mal et surtout, ils lui avaient inculqué de bonnes valeurs. James savait lorsqu'il dépassait la ligne qu'il faisait quelque chose de mal mais d'année en année, en jouant avec la ligne jaune, il l'avait repoussée et sans s'en apercevoir, il s'était approché dangereusement de la rouge. Ce qu'il avait fait à Severus…

Il soupira. Il savait qu'il devait arrêter de se laisser aller, de laisser ses émotions négatives le guider.

Dans sa lettre, il se confiait donc à ses parents en espérant avoir des réponses. Il allait continuer sa vie en guettant les occasions de retrouver Lily, en tentant de sauver ce qui pouvait l'être. S'il y avait encore moyen de sauver quelque chose entre eux, il voulait au moins essayer.

Il quitta finalement la volière et s'apprêtait à descendre les escaliers lorsqu'il tomba nez à nez avec Regulus. Encore. Cela le perturba de le trouver là : avant, ils se croisaient à peine et James n'avait que peu d'intérêt pour lui. C'était juste le petit frère un peu hargneux de son meilleur ami.

Là, Regulus était devant lui et sa présence semblait emplir la pièce. Il n'arrivait pas à juste passer son chemin, à l'ignorer, à s'empêcher de se sentir étrange.

-Salut, Mini-Black. Qu'est-ce tu fais là ? lança-t-il, tout de même heureux de le voir.

Regulus s'emmitoufla un peu plus avec son écharpe et sembla hésiter à lui répondre. James se rappela alors que Regulus tirait un peu la tronche contre lui. La dernière fois déjà, il avait refusé son vif d'or trois jours plus tôt. Cela l'agaça et il ne put s'empêcher de le montrer. Le Gryffondor était quelqu'un d'entier et n'arrivait généralement pas à cacher ni ses sentiments, ni ce qu'il pensait.

Il avait l'impression que trop de gens lui en voulaient dernièrement. C'était drôle quand il pensait au fait que s'il était celui qui avait maintenu Snape et l'avait déshabillé, une vingtaine d'élèves l'avaient applaudi, encouragé et donné des idées. Le Serpentard lui avait déjà joué de mauvais tours aussi. Pas de ce calibre là, mais il n'avait jamais vu personne se fâcher avec Severus lorsqu'en 3ème année, il avait ensorcelé son balai. James avait eu un accident ce jour là et avait dû faire un tour à l'infirmerie pour que Pomfresh le remette en état.

Il fixa encore Regulus, se demandant s'il allait finir par lui répondre. Heureusement, c'est ce qu'il fit.

-J'ai une lettre à poster pour mes parents, expliqua le Serpentard.

-Ouais, logique.

James ne trouva rien à dire d'autre et Regulus passa à côté de lui pour accéder à la volière. James se retourna brusquement et lui attrapa le bras. Regulus chercha aussitôt à se dégager mais le Gryffondor raffermit sa prise. Cela rendit Regulus nerveux, mais James ne le remarqua pas.

-S'il te plait, ne m'évite pas toi aussi. J'en ai assez comme ça avec Lily qui ne veut plus me voir. C'est à cause de Snivellus en plus, c'est ça ?

-Severus. Ne l'appelle pas comme ça, c'est mon ami.

Le regard de Regulus était dur et James pensa qu'il avait encore manqué une occasion de se taire. Mais c'était fou ça ! Snape et Regulus étaient devenus proches en un temps record et à présent, le 6ème année prenait même la défense du plus vieux ! Et dire qu'il était celui avec Sirius à avoir aidé ces deux là à se rapprocher ! Il n'était pas sûr de ne pas le regretter aujourd'hui…

-Et après ce que tu as fait, bien sûr que je t'en veux. Tu n'avais pas à faire ça. Si ça allait mal entre Evans et toi, ce n'était pas de sa faute.

James serra les poings.

-Ça je le sais bien ! Et tu es obligé de me rappeler constamment à quel point je suis minable ? Tu crois que ça ne me fait rien tout ça ?

James relâcha Regulus mais fit un pas en avant, forçant le vert et argent à reculer dans la volière. Regulus se sentit alors acculé. James avait l'air à fleur de peau et il ne savait pas comment réagir.

-Ce n'est pas ce que j'ai dit, tempéra-t-il.

-Bien sûr que si et je ne sais pas pourquoi je parle de ça avec toi. Tout le monde se fout bien de ce que je ressens, on s'attend juste à ce que je sois toujours de bonne humeur et sympa ! De quoi je pourrais me plaindre avec la vie que j'ai de toute façon !

James secoua la tête et fit demi-tour mais cette fois-ci, ce fut Regulus qui le retint. Le Gryffondor se sentait stupide d'avoir craqué mais avec la lettre qu'il venait d'envoyer à ses parents, tout était encore trop présent dans sa tête. Et que Regulus aussi mette de la distance entre eux le blessait. L'été avait été formidable et il avait appris à découvrir le jeune frère de Sirius mais depuis septembre, Regulus n'était plus le même. Il ne semblait plus vouloir avoir affaire à lui.

-James, je…

Regulus ne savait pas quoi dire : il n'était pas vraiment habitué à réconforter les gens.

James esquissa un pauvre sourire en retour. Il s'en voulait déjà d'avoir crié sur le Serpentard qui n'y était pour rien dans ce qui lui arrivait. Il s'avança alors et prit la main du plus jeune. Regulus répondit maladroitement à son sourire et baissa la tête, gêné.

-C'est bon, t'inquiète… Je sais pas pourquoi je m'énerve comme ça. Excuse-moi.

-Je suis désolé que ça aille mal pour toi, répondit finalement Regulus.

James le devina peu à l'aise sur le sujet et il repensa aux sentiments que le 6ème année avait semblé avoir pour lui en début d'année. Il s'en voulut alors d'avoir l'air si pitoyable devant lui, de montrer combien il aimait Lily et qu'elle lui manquait.

Peut-être aurait-il dû arrêter mais il avait besoin de se confier. Sirius était étrange ces derniers temps. Il avait l'air pas mal occupé avec Remus et cela semblait lui faire du bien, même si James ne savait pas exactement ce qu'ils fabriquaient. En tout cas, le Gryffondor n'avait pas envie de l'embêter encore une fois avec sa tristesse. Toujours et encore par rapport à Lily…

Il devait arrêter et pour ça, il avait besoin d'un électrochoc. Il voulait que Regulus lui dise de se reprendre. Qu'il arrête de le ménager, ce que Sirius était incapable de faire. Il ne comprenait toujours pas pourquoi le Serpentard ne l'avait pas fait. Ça ne l'agaçait pas qu'il lui parle de Lily, qu'il se morfonde à ce sujet ? Il l'avait oublié un temps, mais Regulus l'appréciait alors ça devait être dur pour lui de l'entendre tenir des discours comme ça devant lui, non ?

Pourtant, il arrivait à rester calme et lui sortait le baratin habituel.

-Tu devrais pas t'embêter avec moi, je sais que je mérite ce qui m'arrive.

-Je n'irai pas jusque là, l'arrêta Regulus.

James haussa les épaules.

-Lily m'a pas largué à cause de Snape, je le sais bien. Je suis con, immature, pas assez sérieux et plein d'autres choses encore. Mais surtout, je pense que c'est parce que je pensais trop à toi au lieu de me consacrer pleinement à elle.

Au moment où il se rendit compte qu'il se confiait trop, c'était trop tard. Regulus écarquilla les yeux et rougit légèrement. Le moment de gêne se prolongea ensuite et James ne sut pas quoi dire pour le dissiper.

-A cause de cette histoire avec Rosier, lâcha-t-il finalement dans le but de se rattraper.

-Tu dis que c'est de ma faute ? tiqua Regulus.

-Non, non ! le détrompa James. Je dis juste que j'ai réagi trop tard pour sauver mon couple et que je n'ai sans doute pas essayé assez fort puisque j'essaie déjà de me convaincre que c'est bel et bien fini…. Je crois aussi que Lily non plus n'a pas fait tous les efforts nécessaires pour qu'on passe ce cap compliqué.

James se mordilla la lèvre et observa le brun. Regulus avait croisé les bras sur son torse : cette conversation le mettait mal à l'aise et James le comprenait. Il se demanda alors une fois encore pourquoi Regulus ne le plantait pas là tout simplement. Il continua donc se demandant jusqu'à quand Regulus le supporterait. Une partie de lui était même en train de se convaincre qu'il avait imaginé les sentiments du Serpentard. Lorsqu'il l'avait confronté avant les vacances d'octobre, Regulus avait d'ailleurs grossièrement nié avoir un quelconque attachement envers lui.

Avait-il été honnête avec lui finalement ?

-Je me dis parfois que ça se serait passé autrement si je n'avais pas dérapé avec Snape…

-J'aurais aimé pouvoir t'arrêter avant.

-Je ne te crois pas, lâcha James dans un sourire.

Regulus se crispa.

-Pourquoi est-ce que tu dis ça ?

-Je ne sais pas, c'est ce que quelqu'un de normal penserait. Lily et moi, on n'est plus ensemble alors une partie de toi ne se dit pas que peut-être, tu pourrais avoir une chance ?

Regulus fut prit de court par les paroles du brun, James le vit bien. Il vit également le trouble, la nervosité et la honte que ses paroles déclenchèrent. Regulus se détourna ensuite vivement et s'éloigna pour aller trouver son oiseau et enfin envoyer sa lettre.

-Tu dis n'importe quoi !

-Je demande juste. Tu ne dis jamais rien, Regulus, j'ignore ce que tu penses, ce que tu veux.

-Ça n'a pas d'importance, le coupa-t-il.

-Bien sûr que ça en a ! Ça en a si tu m'écoutes me plaindre pendant des heures alors que ça te fait souffrir.

Regulus se tourna vers lui, perdu.

-Je ne comprends pas pourquoi on parle de ça. Quel est l'intérêt ?

-Aucun probablement. Je suis sans doute le dernier de qui tu veux recevoir des conseils… C'est juste que je ne te comprends pas. J'ai passé des mois, des années à courir après Lily pour être au final récompensé et avoir le droit d'être à ses côtés. Ca a à peine duré un an mais ça en valait largement la peine. Tu devrais te battre un peu plus pour ce que tu veux, Regulus, te montrer plus égoïste.

James soupira et s'éloigna à son tour. Il marcha à reculons, fixant toujours les yeux bleus gris de son cadet.

-Tu dois penser que je ne suis pas un bon exemple à suivre et c'est probablement vrai. Je sais que je peux parfois faire n'importe quoi. Je suis entier et mes sentiments dictent souvent ma conduite. Mais je ne veux pas que tu penses que j'ai mauvais fond, c'est juste que je ne sais pas toujours comment bien agir. J'essaierai davantage la prochaine fois. Bonne soirée, Mini-Black, conclut-il avant de partir.

xXx

En arrivant dans son dortoir, James aperçut tout de suite son ami. Allongé sur son lit, les mains derrière la tête et un sourire étincelant aux lèvres, Sirius n'avait pas bougé depuis son départ. A leurs bureaux, leurs deux autres compagnons de dortoir bossaient leurs cours et Frank était encore dans la salle commune. James l'avait croisé en revenant quelques minutes auparavant.

Depuis que les Gryffondor avaient gagné le match de Quidditch, Sirius semblait flotter sur un nuage. Etrangement heureux et apaisé comme son meilleur ami ne l'avait jamais vu. Il n'avait pas non plus échappé au Maraudeur que Sirius et Remus s'étaient beaucoup rapprochés, tellement que ça pouvait interroger. C'était étrange, surtout quand James repensait au fait que ces deux-là ne pouvaient pas se sentir encore peu de temps auparavant. Sirius n'avait pas du tout été tendre avec le Poufsouffle et à présent, James se demandait si ça n'avait pas été une manière très maladroite d'attirer l'attention du Préfet-en-chef. Lui-même avait titillé la belle Lily pour qu'elle ne puisse plus l'ignorer. Tout plutôt que l'indifférence.

Bien sûr, il pouvait se tromper. Sirius et James avaient embêté Snape au début de leur scolarité et le Serpentard leur avait rendu chaque coup bas mais par Merlin, aucun d'eux n'avait eu envie de quoi que ce soit avec l'autre !

Le Gryffondor ne l'avouerait pas à Sirius de peur de le paniquer totalement mais il avait envie qu'il se passe quelque chose entre lui et Remus. James avait en effet toujours souhaité que son ami puisse s'abandonner auprès de quelqu'un, qu'il ait envie d'abaisser ses barrières et de s'autoriser à aimer. Aucune des filles qu'il avait fréquentées n'avait déclenché cette envie et Remus était loin d'être un mauvais choix. La preuve, il semblait déjà faire tourner la tête du batteur.

-Pourquoi tu souris comme un débile? lui demanda-t-il après avoir sauté à ses côtés sur le lit.

Et comme si Sirius n'avait attendu que ça, il se tourna vers lui, son sourire plus grand encore. James se demanda alors pourquoi il avait attendu si longtemps pour lui parler. Sirius était heureux et semblait avoir attendu avec impatience le retour de son meilleur ami. Il n'avait probablement rien dit pour respecter la tristesse de James, ne pas étaler son bonheur devant lui, mais il était trop heureux pour réussir à le cacher à cet instant.

L'ainé des Black ferma les rideaux du lit et lança un sort de silence. James comprit alors que la discussion serait sérieuse et la curiosité le prit. Il fit ensuite de son mieux pour oublier Lily, Snape et encore plus Regulus.

-On est amis toi et moi, n'est-ce pas ? Quoi qu'il arrive ? voulut s'assurer Sirius.

Il était soudain fébrile et cela fit sourire James.

-Bien sûr, Sirius !

-J'ai… Enfin, avec Remus, on est plutôt proches ces derniers temps.

-Ça, j'avais remarqué, rigola-t-il.

-C'est pas ce que tu crois… On est un peu plus proche que des amis mais... Merde, j'ai envie de tout te dire mais je lui ai promis de ne pas le faire !

-Allez, Sirius ! De toute façon j'ai déjà une idée de ce qui se passe.

Sirius eut l'air étonné et le dévisagea, méfiant.

-Vous êtes ensemble, non ? tenta de confirmer James.

Après ce que lui avait raconté son meilleur ami sur ce qu'il s'était passé au bal et les lettres qu'ils s'étaient envoyées, il pouvait difficilement en venir à une autre conclusion.

-Mais non ! le détrompa Sirius et cette fois, ce fut James qui s'étonna.

-Ah ?

-On est amis avec avantages, expliqua alors le batteur.

James cligna des yeux. Qu'est-ce que c'était censé vouloir dire ? Il ne se priva pas de demander plus de détails à son ami à ce sujet et l'explication de Sirius le laissa perplexe.

-Pourquoi tu ne dis pas juste que vous êtes en couple ? Ce serait plus simple, lui fit-il remarquer.

-Mais, parce que ce n'est pas le cas !

James constata alors que son ami perdait peu à peu sa bonne humeur.

-Et ça lui va à Remus ? tenta-t-il encore.

-Quoi donc ?

Sirius se redressa et se tourna vers ses rideaux fermés. Le Préfet ne savait pas si son ami le fuyait lui ou cette conversation.

-Que vous couchiez juste ensemble, à l'occasion.

-Bah ouais, je l'ai pas forcé !

James n'ajouta rien. Il sentait bien que son ami se refermait. Il n'avait sans doute pas envie d'entendre ce qu'il avait à dire. Qui était-il pour lui faire la morale de toute façon ? Sirius n'était pas bête, il devait bien se douter de ce que James pensait. Son ami n'avait vraiment pas été tendre avec le Poufsouffle et voilà que d'un coup, ils se rapprochaient et acceptaient de débuter une relation cachée dans laquelle à terme, ils seraient certainement tous les deux perdants. Malheureusement, Sirius n'était pas prêt à envisager le fait que si Remus acceptait cette relation, c'était qu'il avait potentiellement des sentiments pour lui et que c'était la seule manière qu'il avait trouvé de se rapprocher de lui. Comme de nombreuses filles auparavant, le Poufsouffle acceptait simplement ce que Sirius voulait bien lui offrir, pensant que c'était un moyen comme un autre d'avoir un bout de l'inaccessible Gryffondor.

Parfois, James ne comprenait pas pourquoi Sirius s'entêtait ainsi. Il détestait ses parents et disait tout le temps qu'il se fichait de ce qu'ils pensaient, qu'il ne voulait plus rien avoir affaire avec eux et leurs idées immondes. Mais il s'obstinait souvent dans des croyances, simplement pour leur prouver qu'ils avaient tort, qu'il était libre. Et sans entraves, il n'y avait personne pour le blesser ni l'avilir.

James avait ainsi compris que le rapport à l'amour de son meilleur ami était compliqué. Pour Sirius, il était plus simple, plus fiable et plus fort de se fier à l'amitié. Ce lien ne décevait pas alors qu'en amour, une peine de cœur pouvait détruire. Pour lui, l'amour était truffé de concessions, de tact obligatoire et de démonstrations d'affection. Sirius était certain de ne pas savoir comment garder quelqu'un avec lui.

Concernant l'amitié, c'était différent. James avait été son premier ami à Poudlard et le Gryffondor avait été chanceux. James était un ami formidable et il lui avait appris à faire confiance, à se laisser porter. Il lui avait fait découvrir ses trésors et l'avait aidé à se révéler.

Concernant l'amour, personne ne lui avait jamais appris. Ses parents, ceux qui en premier devaient normalement lui montrer de l'amour et de l'affection, n'avaient fait que le détruire, lui, l'enfant curieux qu'il avait été.

Sirius était désormais bourré de contradictions et cet aspect commençait à lui jouer des tours.

-C'est bien alors, voulut l'apaiser James. Alors comme ça, t'as couché avec un mec…

Sirius se tourna vers lui et afficha un sourire qui lui fit largement comprendre à quoi il pensait.

-Laisse tomber, je ne dirai rien… Sauf que c'était génial !

-Je ne veux rien savoir, rigola son ami. Laisse-moi garder en tête l'image d'un Moony gentil, innocent et souriant.

Sirius pouffa.

-Si tu savais, mon pauvre…

Ils se mirent à rire puis Sirius se leva et tira ses rideaux. James constata alors que Frank était revenu entre temps. Il enleva le sort de silence mais resta sur le lit de Sirius. Il devait bosser ses cours mais il n'en avait aucune envie.

-T'as pu poster ta lettre ? lui demanda Frank.

James acquiesça.

-J'ai croisé Regulus d'ailleurs.

-Laisse-moi deviner, il envoyait une lettre à nos chers parents ! grinça son meilleur ami.

-Je ne sais plus, je crois.

James ne se souvenait même plus s'il avait demandé.

-Il était seul ? s'étonna Frank.

-Bah oui, pourquoi ?

Frank hocha seulement la tête en retour et Sirius observa leur ami. Il s'accouda alors à la fenêtre près de son lit.

-Y a un truc avec mon frère ?

Frank hésita et James fronça les sourcils.

-Non, c'est… Enfin, y a des trucs pas très sympas qui se disent sur lui depuis qu'il n'est plus avec Rosier…

-Genre ? voulut savoir James.

Lui n'avait rien entendu et à voir la tête de Sirius, ils étaient dans le même cas. En même temps, comme ils étaient proches du Serpentard, les gens devaient éviter de parler près d'eux. James supposait que le principal concerné n'en savait rien non plus. Regulus n'avait pas eu l'air plus bouleversé que ça tout à l'heure. Enfin, jusqu'à ce que le garçon indélicat pour qu'il avait des sentiments lui reproche implicitement de ne pas se battre plus pour ce qu'il voulait… James avait probablement plus dit cela pour lui que pour Regulus mais le Serpentard avait le droit d'en faire ce qu'il voulait.

-Je sais pas si ça va vous plaire, soupira Frank.

Il jeta un regard appuyé à Sirius.

-Quoi ?

-C'est que t'avais tellement mal réagi avec Rosier…

-Rosier est un enfoiré, trancha Sirius. C'est par rapport au fait qu'il préfère sûrement les garçons, c'est ça ?

Frank grimaça.

-Vraiment ? s'étonna James.

Personne n'avait trouvé à y redire quand il s'était affiché avec Rosier pourtant. Pourquoi cela poserait-il un problème maintenant ?

Frank secoua la tête.

-Les gens disent que… Comme il est seul, il va vouloir vite se trouver un nouveau mec. Qu'il est affamé et qu'il va falloir faire attention dans les vestiaires. Qu'étant donné le temps qu'il a toujours passé dans la salle de bain et l'attention qu'il porte à son apparence, ça sautait aux yeux qu'il n'était pas un vrai mec. Y en a même qui disent qu'il se fait payer pour des trucs comme vos parents ne subviennent plus à vos besoins. Entre autres…

Frank se tût finalement, nerveux. Lui et sa grande bouche…

-Sérieux ?!

James paraissait furieux.

-Et sur Rosier, on dit quoi ?

-J'en sais rien. Rien je crois. Tu sais, comme il est déjà sorti avec des filles…

-On dit qu'il est pas vraiment gay, c'est ça ? marmonna Sirius.

-Désolé… Je sais pas tout, c'est Alice qui m'a raconté. Elle a entendu des Serpentard en parler avec d'autres Gryffondor. Je crois que c'est récent. Les rumeurs vont pas durer, tenta-t-il de les apaiser.

-Qu'est-ce que tu veux faire, Sirius ? éluda James en se tournant vers son ami.

-Rien.

Sa réponse l'étonna.

-Je peux pas toujours être derrière lui, il faut qu'il puisse s'en sortir sans moi, pointa-t-il. Et puis, tu sais comment marchent les rumeurs….

Oui, James savait que les rumeurs se propageaient toujours bien trop vite là où la vérité peinait à percer. Il était inutile de s'échiner à les détruire, il fallait avant tout que ceux qui les propagent se remettent en question, s'intéressent à la vérité et pas au sensationnel, à l'amusant. Mais surtout, il fallait qu'ils s'occupent de leurs affaires !

Sirius soupira et se dirigea vers la porte.

-Tu vas où ? s'enquit James. On doit bosser nos runes, lui rappela-t-il.

-Je vais faire un tour.

Il marqua une pause.

-Et demander à Remus de me passer ses notes.

-J'ai les miennes, lui proposa Frank mais Sirius l'ignora.

Malgré ses paroles, il était évident que Sirius avait surtout besoin de faire un tour pour se calmer.

xXx

Des rumeurs qui courraient sur lui, Regulus n'en avait rien remarqué. De toute façon, il avait autre chose à faire que s'intéresser à ce que pensaient les autres. Tant qu'on ne venait pas le confronter clairement, il pouvait tout aussi bien faire semblant que ça n'existait pas. Son plus gros problème pour l'instant était ses cauchemars.

Il n'en faisait pas toujours mais il les craignait tellement. Comme ce soir, immobile dans son lit. Il avait peur de s'endormir, de se retrouver confronté à ses démons et de ne pas pouvoir s'échapper, se raisonner. Sa séance avec Tom Jedusor était encore dans son esprit et le déstabilisait atrocement. C'était la quatrième personne qui lui disait que ses penchants malsains ne lui apporteraient rien de bon. Qu'on ne pouvait pas mener une vie équilibrée et satisfaisante de cette manière. Regulus ne supportait plus d'entendre ces phrases. Il avait besoin d'entendre d'autres mots, de savoir que des gens ne le jugeaient pas.

Il voulait rencontrer des gens comme lui, savoir qu'il n'était pas seul sur terre, se confier à quelqu'un qui pourrait le comprendre.

Padfoot était un bon soutien mais l'esprit avait tellement vécu. Il était sage et de bon conseil mais parfois, Regulus avait juste envie d'en parler à quelqu'un de son âge. Il avait fréquenté Rosier et cela ne voulait techniquement pas dire qu'il était gay, même si c'était vrai. Pourtant, tout le monde l'avait déjà étiqueté ainsi. Il avait bien vu lors de son dernier entrainement de Quidditch le malaise palpable dans les vestiaires. Son capitaine avait sommé aux joueurs de se dépêcher et de ne penser qu'au Quidditch et rien qu'au Quidditch.

Que pouvait-il bien faire à présent ?

Il savait que potentiellement, les homophobes pouvaient lui en faire voir de toutes les couleurs. Il devait s'y préparer mais il espérait sincèrement que rien ne se passerait, rien de trop direct en tout cas. Il désirait vraiment qu'on le laisse tranquille. Il était épuisé depuis trop longtemps déjà. Ses cauchemars, son mal être, son dégoût et ses peurs.

Regulus pensait de plus en plus à demander à changer de chambre. Il ne savait pas encore pourquoi il ne l'avait pas fait. Une fierté mal placée sans doute.

Allongé dans son lit, il entendit soudain un de ses camarades se lever et sentit son cœur battre plus vite. Il se saisit de sa baguette qu'il rangeait toujours sous son oreiller et attendit, observa les rideaux de son lit dans l'obscurité. Il tenta ensuite de voir si cette silhouette se dirigeait vers lui. S'il s'agissait de Rosier.

-Regulus.

Le Serpentard porta son regard sur l'esprit avant de revenir sur ses rideaux. Il fit ainsi plusieurs allers retours.

-C'est juste Avery qui va aux toilettes.

Regulus laissa échapper un soupir de soulagement et ferma les yeux. Il garda néanmoins sa baguette dans sa main.

-Dors, mon petit roi, je veille sur toi.

Et sur ses paroles, Regulus tenta de trouver le sommeil. Cette nuit-là, il eut de la chance : les cauchemars restèrent loin de lui.

xXx

Remus se décida à aller trouver Regulus Black en milieu de semaine car il avait envie de faire équipe avec le Serpentard pour effectuer le travail que le professeur de Soins aux créatures magiques leur avait donné. Il trouva l'attrapeur dans la serre de botanique après avoir demandé à une dizaine de personnes où il pouvait le trouver : contrairement à son frère, Regulus était assez discret et aimait la tranquillité.

Remus hésita à l'aborder. Regulus avait beau être plus jeune, il l'impressionnait. Il avait cette aura particulière, ce petit quelque chose qui le rendait inatteignable. Il ne souriait pas beaucoup et affichait souvent une expression neutre ou sérieuse. Son regard tranchant et profond en déstabilisait beaucoup.

Mais même si le Poufsouffle était nerveux, il devait avancer sur son devoir et pour ça, il devait parler à Regulus. Il s'approcha ainsi doucement de lui alors que le Serpentard s'essayait à des croquis d'une plante que Remus se souvenait avoir également étudié l'année dernière.

-Bonjour, Regulus.

Le Serpentard sursauta et releva immédiatement les yeux sur lui.

-Lupin ? Tu as quelque chose à faire ici ? lui demanda-t-il.

-Euh non, je venais te voir en fait.

Regulus fronça les sourcils.

-Je voulais savoir si tu avais déjà un partenaire pour le devoir sur les Botruc ?

Le brun secoua la tête et Remus s'enthousiasma.

-Super ! On pourrait faire ça ensemble si ça te va ?

-Pourquoi pas.

Regulus n'avait pas l'air plus emballé que ça mais Remus ne s'en vexa pas.

-Que fais-tu ? demanda-t-il même s'il connaissait déjà la réponse.

-Un croquis pour un devoir, répondit le Serpentard.

Remus se pencha vers lui et observa le dessin. Il le trouva très bien fait et releva la tête. Son regard accrocha alors celui de Regulus. Le 6ème année ressemblait beaucoup à son frère et Remus sourit. Il se demanda un instant à quoi pouvait bien ressembler le Gryffondor avant Poudlard. Il se rappelait d'ailleurs assez peu de la bouille qu'avait pu avoir l'ainé de la famille Black au début de Poudlard. Probablement plus rien à voir avec l'étalon qu'il était devenu.

Les pensées du Poufsouffle dérivèrent ainsi vers la relation intime qu'il entretenait avec Sirius, vers ce qu'il s'était passé entre eux après le match de Quidditch. Ou plus récemment encore, en début de semaine lorsque Sirius l'avait attrapé dans le couloir. Il l'avait embrassé puis ils s'étaient éclipsés aux toilettes et s'étaient enlacés avec passion avant qu'ils ne se consument grâce aux mains de l'autre. Ça n'arrivait pas aussi souvent que le désirait Remus qui avait l'impression d'avoir toujours envie du Gryffondor. D'ailleurs, avant aujourd'hui, il n'avait pas eu conscience de passer si peu de temps avec le lion. Mais c'était logique, ils ne faisaient pas partie de la même maison, n'avaient que quelques cours en commun et pas tout à fait le même cercle d'amis. Ils devaient s'organiser pour avoir plus de moments à deux, autant pour assouvir leur désir charnel que pour s'amuser et parler comme de bon vieux amis.

-Pourquoi tu me fixes comme ça ? l'interpella soudain Regulus.

Remus rougit aussitôt et réalisa trop tard qu'il s'était égaré dans ses pensées.

-Désolé, je pensais à autre chose.

Regulus fit la moue, dubitatif.

-Si tu as fini, ça te dirait qu'on aille manger ensemble ? lui proposa alors le Poufsouffle. J'ai pensé qu'on pourrait mettre nos connaissances en commun pour le devoir, établir des stratégies et ce genre de choses.

Regulus resta silencieux, étudiant la question. Il ferma alors son carnet et hocha la tête. Remus esquissa un sourire. Il était encore un peu tôt pour le repas du soir qui ne serait servi que dans quelques minutes mais ils pouvaient tout aussi bien commencer à prendre place et en profiter pour terminer leurs devoirs.

Sur le chemin, Remus se fit un devoir de parler pour ne pas laisser de blanc.

-Tu parles trop, lui fit soudain remarquer Regulus qui avait du mal à suivre la conversation.

-Désolé, j'ai tendance à le faire quand je suis mal à l'aise, admit Remus sans chercher à se cacher, les joues rouges.

-Mal à l'aise ? Avec moi ?

Cela semblait la nouvelle de l'année pour Regulus.

-T'avais pas l'air nerveux lorsqu'on a mangé ensemble à Pré-au-Lard la dernière fois, lui fit-il remarquer.

-Ce n'était pas pareil. Il y avait aussi Isabel et Peter. Je suis toujours plus à l'aise lorsqu'il y a aussi mes amis… Sinon je ressens le besoin de parler encore et encore…

-T'es bizarre, se contenta de dire Regulus.

-Et toi, tu manques de tact, rit Remus, plus serein. Je parle beaucoup parce que j'ai peur qu'on me trouve ennuyeux. Et puis, si je devais compter sur toi pour faire la conversation, on serait pas sorti de l'auberge !

Il y eut un silence et Regulus avoua ne pas comprendre l'expression, ce qui fit encore plus rire Remus.

Le malaise semblait quand à lui bien parti.

Ils arrivèrent dans la Grande Salle presque vide et Regulus refusa de s'asseoir à la table des Poufsouffle. Pour ne pas créer de problème, Remus consentit alors à s'installer à la table des Serpentard. Sa réputation s'en remettrait, si tant est qu'elle ait un jour risqué quelque chose. Parfois, il se demandait ce que pouvait avoir toutes les maisons à se moquer des blaireaux…

xXx

Cela étonna Sirius de voir son frère et Remus se parler et surtout manger ensemble. Qu'est-ce que ces deux-là pouvaient bien avoir à se dire ? Il les fixait depuis le début du repas et essayait vainement de lire sur leurs lèvres. Il n'avait jamais su et aucun don ne lui était venu lorsqu'il dormait.

Il ne savait pas si Remus et Regulus en avaient conscience mais ils étaient observés. Bien sûr, personne ne pouvait les accuser d'un quelconque acte tendancieux puisque le cahier qu'il y avait entre eux et les notes qu'ils prenaient venait renforcer l'idée qu'ils bossaient. Mais la logique n'avait souvent que peu d'attrait pour ceux qui répandaient les racontars. Sirius s'était ainsi déjà retourné une ou deux fois pour fusiller Rita Skeeter qui affichait un sourire bien trop grand. Ça énervait Sirius. Peut-être qu'au final, il aurait dû parler à son frère de ce qu'il commençait à se dire sur lui.

Mais que pouvait-il y faire maintenant ? Et puis, ça l'embêtait assez. Regulus ne faisait rien de mal même s'il n'appréciait pas trop le pseudo diner à deux que s'offraient Remus et Regulus. Ils étaient tous les deux gays, réalisa-t-il alors avec effarement. Est-ce que le fameux « gaydar » existait ? Regulus pouvait-il deviner que Remus l'était ?! Est-ce que son frère pourrait avoir envie d'un homme comme le Poufsouffle ? Il ignorait quels étaient les goûts de son petit-frère et espérait sincèrement qu'il n'avait pas les mêmes…

Et puis, l'idée de son frère avec des désirs et des goûts en matière d'homme le révulsait un peu. C'était pareil que de se dire que ses parents avaient couché ensemble pour le concevoir, des choses qu'on veut oublier aussitôt après l'avoir compris. En somme, c'était gênant. Il savait qu'il avait tort, mais Sirius voyait encore Regulus comme un enfant, voire un ado dans ses bons jours.

Il cessa finalement de fixer le duo, voulant s'enlever les images horribles qui avaient commencé à émerger chez lui. Il mangea en écoutant ce que disaient ses camarades : Lily n'était pas avec eux et rigolait plus loin avec Marlene et une autre fille à la table des Serdaigle. Frank, Alice, Dorcas et James parlaient du psychomage.

Comme si Dorcas n'avait attendu que ça, dès qu'elle croisa son regard, elle l'interrogea sur le sujet.

-T'as pas envie de reprendre de séance, Sirius ?

-Pour lui dire quoi ?

Dorcas haussa les épaules.

Au fond de lui, Sirius repensait aux cauchemars et aux crises de panique qu'il avait faits un temps. Ils s'étaient arrêté sans qu'il ne comprenne pourquoi et il imaginait que c'était parce qu'il se sentait mieux ces temps-ci. L'angoisse et toutes ces conneries devaient augmenter ce genre de situation négative.

Le Gryffondor espérait sincèrement que ça ne se reproduirait pas mais il n'était pas idiot. Il savait que ça reviendrait forcément un jour ou l'autre. Il n'avait pas réglé ses problèmes liés à ses traumatismes d'enfance et il ignorait quelles étaient les causes exactes de sa détresse.

-Pourquoi tu vas le voir au fait ? lui demanda-t-il.

Dorcas lui semblait être une fille équilibrée. Que pouvait-elle bien raconter au psychomage ?

Elle lui tira la langue avec malice.

-T'occupes !

-Je suis sûre que c'est une manière de te retrouver seule avec lui, la taquina Alice.

Dorcas sembla gênée et démentit dans un rire.

Sirius imaginait bien que c'était faux mais il fut évident que Dorcas n'était pas insensible au charme de Tom Jedusor.

-Il est vieux ! s'exclama James. Enfin, on dit que l'amour n'a pas d'âge... Ni de genre, ajouta-t-il après quelques secondes.

-Mais n'importe quoi ! Taisez-vous sinon un abruti va finir par croire vos conneries ! Et puis, il n'a même pas 40 ans, c'est pas vieux. Mais pour une relation avec une étudiante, certainement, avoua-t-elle.

-Tu sais que c'est le fantasme de beaucoup d'étudiantes ? fit Alice.

-De se taper le psychomage ? firent Frank et James, surpris.

-D'être avec un homme plus âgé, parfois même mur.

Les deux garçons grimacèrent et Sirius fronça les sourcils.

-Pourquoi ? demanda-t-il.

-Parce que généralement, il a plus de conversation et est plus mature que ceux de notre âge. Ils ont déjà une situation, de l'argent et moins de contraintes. Mais surtout, ils ont plus d'expérience au lit, ajouta Alice plus doucement.

Les trois Gryffondor échangèrent un regard.

-Pourquoi vous êtes choqués ? souffla Dorcas. On sait bien que chez les Sang-Pur, lorsqu'il y a des mariages arrangés, il arrive souvent qu'il y ait une grande différence d'âge entre les deux partenaires.

-Mouais, fit Frank.

-C'est spécial quand même. Moi, ça me viendrait pas à l'esprit de me taper quelqu'un de l'âge de McGo, lança James et l'élève de 4ème année assis non loin de lui lui jeta un regard.

-T'es bête, on parle pas d'une aussi grande différence d'âge, soupira Alice.

-Beurk, grimaça Sirius.

Frank, Alice et Dorcas rigolèrent.

-Généralement, les hommes plus âgés ont tendance à sortir avec des femmes plus jeunes que l'inverse. En tout cas, c'est ce que dit mon magazine Sorcely Feminisex.

La blonde leur tendit son magazine dans un sourire.

Frank râla et rappela à sa copine d'arrêter de leur parler de ses magazines. Sirius esquissa quant à lui un sourire. Il n'avait pas vraiment confiance dans les magazines pour lui parler de ses désirs ou de tout autre chose mais si Alice était branchée dessus... Et James, pensa-t-il en voyant son ami s'en emparer.

Mais il devait avouer que cette conversation avait été intéressante. Son regard se perdit alors de nouveau sur Remus et il repensa à leur première fois. Il s'était montré tellement gauche que Remus avait dû en partie le guider. Lui avait un minimum d'expérience. Il avait eu d'autres mecs et c'était étrange parce qu'il ne l'avait jamais vu avec qui que ce soit. Ils avaient dû être discrets. A moins que comme Alice l'ait mentionné, Remus était de ceux qui préférait les hommes plus âgés, ceux qui avaient de l'expérience. Était-ce ainsi que Remus avait appris à caresser un autre corps masculin ?

Sirius n'était pas sûr de vouloir savoir.

xXx

Le jour suivant, Regulus et Remus se rendirent dans la forêt interdite pour leur devoir en commun. Il était 15h et ils se trouvaient qu'ils étaient libres en même temps. Ils n'avaient pas beaucoup avancé même s'ils avaient tout consigné sur un parchemin. Ils devaient terminer pour vendredi et espéraient de tout cœur aboutir à quelque chose aujourd'hui, comme une magnifique photo de la créature par exemple.

Remus était celui qui était venu trouver le Serpentard et puisqu'il était bon élève Regulus avait pensé que c'était parfait. Parfois, ils se parlaient, apprenaient un peu à se connaître mais discutaient surtout des créatures de ce monde. Le père de Remus travaillant dans cette branche là, il avait pas mal d'anecdotes sur certaines affaires et créatures magiques. Regulus était très intéressé et époustouflé par ce que le Préfet-en-chef lui racontait.

-Je ne voudrais pas être pessimiste mais j'ai l'impression qu'on ne trouvera rien, bougonna-t-il après un moment.

Ils cherchaient depuis mercredi soir et ils n'avaient rien trouvé. Le Serpentard n'était pas connu pour sa patience et il avait du mal à garder son calme. Il avait pourtant été si excité au début ! Autant dire que son enthousiasme s'était fait la malle à la minute même où ses chaussures toutes propres avaient glissé sur une partie boueuse dans la forêt. A certains endroits, la neige avait fondu, rendant le sol moins praticable et comme la nuit tombait assez vite, la forêt interdite leur était justement interdite à partir de 18h. Regulus avait encore un cours à 17h alors ils n'avaient que deux heures pour trouver quelque chose.

-Ne sois pas défaitiste, tenta Remus.

-Ça se trouve, on est déjà passé devant au moins 5 fois sans même s'en rendre compte.

Remus évita de le dire, mais c'était également son avis.

-Nous devrions retourner à l'endroit où nous avons caché les fleurs, proposa le châtain.

-S'ils ont encore mangé les fleurs qu'on a galéré à trouver pour disparaître après, ça va m'énerver.

Remus rigola et Regulus pensa qu'il se moquait de lui.

-Quoi ?

-Rien, je te trouve drôle alors que quand on te regarde, tu as toujours l'air si sérieux que ce n'est pas facile à deviner !

Le compliment troubla Regulus qui préféra ne rien dire. Tandis qu'ils se dirigeaient un peu plus profondément dans la forêt, ils entendirent soudain un grand bruit.

-Qu'est-ce que c'est ? s'inquiéta Regulus.

-Ce ne serait pas les Centaures ?

Ils restèrent silencieux, écoutant avec plus d'attention encore le bruit des sabots frappant avec rage le sol et les cavalcades pressées des animaux. Alors que le bruit semblait se rapprocher, ils saisirent tous les deux leurs baguettes. Malgré tout, au moment où les centaures déboulèrent par dizaine, fonçant furieusement vers eux, ils ne purent rien faire.

Remus eut tout juste le temps de crier à Regulus de se décaler avant de trébucher à cause d'une branche mal placée et de la neige fondue. Regulus resta quant à lui pétrifié d'effroi lorsqu'un Centaure massif se cabra devant lui, visiblement furieux. Il fut incapable de bouger et put tout juste protéger son visage lorsqu'un sabot l'envoya au sol. La tête lui tourna mais il n'eut pas le temps de reprendre complètement ses esprits. Remus lui criait en effet quelque chose et il comprit trop tard que le Poufsouffle lui demandait de s'éloigner pour se protéger. Il hurla alors de douleur quand un coup puissant lui brisa une côte.

A partir de cet instant, il sombra peu à peu dans l'inconscience mais eut quand même le temps d'apercevoir une bête à quatre pattes, ses poils dorés et imposants essayant de le protéger. Il entendit ainsi longtemps les bruits de lutte et la course effrénée des Centaures.

Ces créatures étaient dangereuses, tout le monde le savait, mais il était inhabituel qu'elles se montrent si hargneuses envers des humains.

xXx

Regulus se réveilla après un temps indéfini. Pomfresh se rua immédiatement sur lui, à croire qu'elle s'était tenue à un mètre en attendant juste le moment où il se réveillerait. Il eut mal et sans qu'il n'ait besoin de parler, l'infirmière lui donna une potion.

Il la but sans protester. Sa tête bourdonnait et il avait l'impression qu'elle était plus lourde, pas seulement à cause du bandage mais aussi parce qu'il sentait qu'il avait une bosse énorme et une espèce de croute. Regulus savait ce que ça signifiait : il était défiguré et cette croute venait certainement d'une plaie en voie de guérison.

Regulus avait également le bras dans le plâtre et pouvait à peine bouger mais ça n'avait pas trop d'importance. Il ne savait pas si Pomfresh lui avait filé une potion de sommeil sans rêve ou autre chose mais il se rendormit bien vite après son premier réveil.

Il eut d'autres réveils brefs et il émergea complètement le samedi en milieu de mâtinée. Sirius et James vinrent le voir. Coïncidence ou malencontreux hasard, Severus avait choisi le même moment : i y eut alors un instant étrange pendant lequel James et lui se défièrent du regard avant que Severus ne rebrousse chemin.

-T'as l'air palot mais comme t'étais déjà blanc comme un cul, ça te change pas trop, Reg', lança son frère.

Regulus lui lança un regard noir alors que James rigolait.

-C'est incroyable ce qui vous est arrivé. On n'a toujours pas compris pourquoi les Centaures vous ont attaqués. En tout cas, Dumbledore était furieux. Comme d'habitude, ajouta James qui ne savait pas trop quoi penser de tout ça.

-Il a interdit l'accès à la forêt interdite jusqu'à nouvel ordre, expliqua Sirius. Les profs enquêtent je crois, mais il est pratiquement certain que quoi qu'ils découvrent, ils ne le partageront pas avec les élèves.

-Mais tu nous connais, on a les oreilles qui trainent, souffla doucement James.

Pomfresh était toujours à son bureau, classant des dossiers médicaux, et Sirius se pencha vers son frère pour continuer à parler.

-Il paraît que les Centaures étaient déchainés parce qu'on a essayé de leur voler quelque chose. Ils s'en sont juste pris aux premiers sorciers qu'ils ont croisés. T'es vraiment un malchanceux de première en fait, grimaça-t-il.

Regulus essaya de faire passer tout le bien qu'il pensait de ses réflexions dans son regard mais ne réussit qu'à augmenter son mal de tête.

-Laisse tomber, il dit n'importe quoi. On est super content que t'ailles bien.

James sourit et vint se saisir de sa main. Regulus croisa alors son regard quelques secondes avant d'observer son frère qui les contempla à son tour avant de passer à autre chose. De son côté, il détourna le regard mais décida tout de même de garder la main du brun dans la sienne. Ça n'avait rien de bizarre, probablement même que ça ne voulait rien dire. Il était juste fatigué…

Le Serpentard sentait l'épuisement le gagner de plus en plus et il avait du mal à écouter ce que les deux Gryffondor continuaient de lui dire. James et son frère faisaient tout un tas de suppositions et le cerveau éreinté de Regulus avait du mal à suivre. Il avait eu un traumatisme crânien et les potions que lui faisait prendre Pomfresh pour réparer tout ça le vidaient.

Il tourna finalement la tête et souffla de soulagement en voyant Padfoot à son chevet. Il avait à peine fait attention à l'esprit. Avait-il toujours été à ses côtés ou avait-il disparu et le voyait-il seulement maintenant ?

-Ne me laisse pas seul, murmura Regulus.

-Je te l'ai promis, non ? répondit l'esprit.

-Pas de problème, Reg', je suis sûr que Pomfresh accepterait de me laisser rester veiller sur mon petit-frère, répondit Sirius.

-J'ai eu peur, continua Regulus qui ne put cacher les trémolos dans sa voix.

Cette fois-ci, Sirius comprit qu'il ne s'adressait pas vraiment à lui. Regulus ne le regardait même pas et il échangea un regard avec James qui lui fit signe de ne pas intervenir : ils tenaient enfin l'occasion de vérifier sa théorie. Regulus était affaibli et vulnérable, pas en mesure d'être aussi prudent que d'habitude.

James s'en voulut de profiter de son état mais il devait savoir. Ce que voyait Regulus ne pouvait pas être normal. Ca n'était pas forcément dangereux mais encore fallait-il qu'ils sachent de quoi il s'agissait exactement.

Padfoot avait comprit les intentions des deux Maraudeurs et essaya de prévenir son protégé. Pourtant, il n'arriva pas à parler. Une partie au fond de lui voulait que James sache qu'il existe. Il savait néanmoins que c'était dangereux. Jedusor était là et menait un plan dont il ignorait tout. Il avait conscience que dans un monde où personne ne savait quoi que ce soit sur l'arche, avoir sa connaissance pourrait s'avérer dangereux. Surtout si son savoir tombait entre de mauvaises mains.

-Il m'a sauvé, souffla Regulus qui avait complètement oublié la présence des deux Gryffondor.

-Le puma m'a sauvé…


Avec l'Euro qui commence et la ré-ouverture totale des bars et restaurants et les magasins en générale, je me demande si vous aurez encore le temps de lire cette histoire mdr. En tout cas il reste 3 chapitres avant la fin de cette première partie. Aveu, Le pire de nous-même, Tes erreurs.

Prochaine publication le mercredi 23 ou le jeudi 24, s'il n'y a pas d'imprévu.