Chapitre 29 :
Gryffondor vs Serpentard
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James se sentit étrange : il avait l'impression d'être un idiot. Le Gryffondor avait les lèvres posées sur celles de Regulus et… c'est tout. Il ne bougeait pas. En fait, il n'osait même pas respirer et c'était un problème en soit parce qu'il allait finir par mourir d'asphyxie. Ou alors son instinct de survie allait se réveiller et il allait s'étouffer juste au-dessus de Regulus.
La vérité était qu'il était nerveux et attendait que Regulus le repousse. Pourtant, les secondes s'égrainaient lentement sans que celui-ci ne régisse. James se détendit doucement. C'est alors qu'il réalisa qu'il était en train d'embrasser Regulus Black. A nouveau indécis, il s'écarta légèrement, faisant néanmoins attention à ce que son corps soit toujours en contact avec celui du plus jeune. Il ne parvenait pas à se décider sur la conduite à tenir et en même temps, il ne voulait pas rompre la magie de l'instant.
Son regard capta finalement celui de Regulus et James observa sans pouvoir s'en empêcher les yeux bleus gris du plus jeune. Regulus avait des cils fins qu'on voyait peu habituellement mais de près, James pouvait admirer leurs courbes et affirmer à quel point le Serpentard avait un regard attirant. Sirius avait raison. Son frère était mince mais son corps était masculin, tout en souplesse et en muscles. Regulus sentait bon aussi et avant, James n'avait adoré que l'odeur de Lily, lui trouvant quelque chose de particulier, d'excitant et de réconfortant. Mais il avait certainement pensé ainsi parce qu'il avait été fou d'elle…
James voyait dans le regard du Serpentard qu'il était perdu, qu'il avait du mal à croire que le Gryffondor venait bien de l'embrasser. Le Préfet aurait aimé dire quelque chose, expliquer son geste, le rassurer et lui demander comment il allait. Une partie de lui se demandait si Regulus ressentait toujours de l'attachement pour lui. Après avoir été déçu maintes fois par le brun, son cœur avait peut-être déjà fait une croix sur lui. Cette attitude était logique et expliquerait le fait qu'il n'ait pas réagi lors du baiser.
Mais s'il n'avait pas désiré ce rapprochement, le cadet des Black l'aurait repoussé, non ? Ou peut-être que James essayait simplement de voir des signes là où il n'y en avait pas dans le but de se rassurer ? Le meilleur moyen d'être fixé était de demander directement au Serpentard mais James s'en sentait incapable. Ses lèvres ne voulaient pas bouger, ses yeux n'arrivaient même pas à quitter ceux de Regulus qui semblaient lui demander ce qu'il comptait faire. A ce sujet, le joueur de Quidditch en avait une idée très claire. Toujours aussi nerveux mais excité, James se rapprocha encore dans le but d'embrasser de nouveau Regulus. Sauf que cette fois-ci, il ne comptait pas simplement poser sa bouche sur celle du plus jeune et espérer ne pas s'étouffer. Il n'avait plus 12 ans, il avait un minimum d'expérience et n'avait pas envie que le Serpentard soit déçu et pense qu'il était aussi doué qu'un blaireau…
Il se pencha doucement, une manière de laisser une énième chance à Regulus de le repousser mais une fois de plus, celui-ci n'en fit rien alors James envoya balader toutes ses inquiétudes, réticences et interrogations. Il serra Regulus contre lui, ayant envie de fondre son corps dans celui du vert et argent. Son cœur fit une embardée lorsque Regulus gémit en retour. Il mordilla ensuite sa lèvre inférieure, la suça et gouta de nouveau pleinement à ses lèvres roses. C'est alors qu'il sentit Regulus commencer à lui répondre en pressant l'une de ses mains sur son épaule.
L'attrapeur ne savait pas ce que Regulus pouvait bien lui trouver. Il pouvait l'imaginer mais Regulus était-il intéressé par les mêmes choses que les filles folles de lui ? Il en doutait. Pour la simple et bonne raison que Regulus le connaissait probablement mieux que toutes ces filles qui se pâmaient devant lui. Il connaissait ses faiblesses, ses défauts et avait appris à faire avec, le supportait dans ses bons comme dans ses mauvais moments. Il partageait aussi sa passion pour le Quidditch et l'aventure. Les deux sorciers pouvaient discuter longuement ensemble et le plus jeune n'attendait pas de lui qu'il fasse le rigolo.
Lui-même s'était habitué à la présence du petit frère de son meilleur ami. Il appréciait la sensibilité de Regulus, son énergie, la manière dont il se battait pour ses convictions, sa susceptibilité, sa naïveté, son intelligence, son esprit de déduction, ses talents d'attrapeur et sa volonté de toujours s'améliorer. Tout cela et tellement plus encore.
Il aimait sa bouche, ses lèvres qui se mouvaient contre les siennes, sa voix, sa manière d'haleter contre lui. Ce qui était certain aussi, c'est qu'il ne résistait pas à son regard, que son parfum le rendait fou en cet instant et que son corps contre le sien faisait naitre des sensations extraordinaires en lui. Il avait chaud, il avait froid, il était excité et apeuré à la fois.
James caressa bientôt la joue de Regulus avant que sa main ne glisse jusqu'à son cou pour aller ensuite se perdre sur sa clavicule. Il délaissa alors les lèvres rougies du Serpentard et déposa des dizaines de baisers dans son cou. Il sourit quand il sentit le plus jeune retenir sa respiration, se tendre sous lui. Il suça sa peau claire avant de la mordiller.
-James…
En entendant Regulus prononcer son nom de cette voix rauque si sensuelle, le Gryffondor sentit l'excitation monter en lui. La sensation n'avait plus rien à voir avec celle du désir timide, romantique et un peu obsessionnelle du début. Le Préfet ressentit avec effroi cette intensité monter et se sentit presque instantanément à l'étroit dans son sous-vêtement. Il s'arrêta net, effaré. Il s'écarta ensuite légèrement de peur que celui-ci ne devine son état. Il se sentait mortifié. Il n'avait pas prévu d'aller si loin mais il s'était laissé happer, enivré par le moment. Il ne pouvait pas aller plus loin sans savoir ce que pensait Regulus, sans compter le fait qu'ils étaient dehors, à la vue et au su de tous.
Et surtout, qu'ils avaient un match à disputer très bientôt.
Malgré son raisonnement, James nota que son érection ne diminuait pas. Il se sentit soudain assez honteux, lui qui pensait avoir plus de contrôle sur lui-même.
-James ?
Regulus était inquiet de l'immobilité du Gryffondor et James dut faire face au regard perdu et bouleversé du 6ème année. Il vit également nettement ses lèvres encore humides, ses joues rosées, les marques sur son cou et cette peau qui lui faisait tant envie. Cela ne l'aida pas du tout à se calmer. Il ne comprenait pas bien pourquoi il réagissait aussi fortement. Il essayait encore de se comprendre et même s'il ne regrettait pas son geste, il avait l'impression que tout allait trop vite.
Il se releva précipitamment, essayant maladroitement de mettre ses mains de manière naturelle devant son entrejambe.
Regulus se redressa et fronça les sourcils.
-D-désolé… Euh… C'est que le match va bientôt commencer...
Il se retourna et fit deux pas, le cœur tambourinant. Il s'arrêta ensuite, soupira et se tourna de nouveau vers Regulus.
-Vraiment désolé de partir comme ça, c'est juste que j'ai encore plein de trucs à faire.
Il se racla la gorge et balada son regard sur le terrain.
-On est dehors, n'importe qui pourrait se pointer. Mais on en reparle, d'accord ?
James ne perdit pas de temps pour s'éloigner. A tel point qu'il courrait presque quand il arriva au milieu du terrain.
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Au moment où James s'était redressé, Regulus avait compris que quelque chose n'allait pas. Petit à petit, il était lui aussi sorti de la bulle d'euphorie et d'excitation qui l'avait parcourue lorsque James avait posé pour la première fois – volontairement - ses lèvres sur les siennes. L'impression avait été tellement différente de ce baiser avorté dans les vestiaires. Cette fois-ci, c'était James qui avait initié l'échange et ils avaient tous les deux voulus ce baiser.
Regulus en avait été totalement déstabilisé. Il en avait même été si surpris qu'il s'était d'abord trouvé incapable de réagir. Il avait mis plusieurs secondes à comprendre ce qui se passait et d'autres encore avant de décider ce qu'il devait faire ou non. Mais les sensations avaient été si agréables et magiques qu'il avait simplement suivi le mouvement, son instinct, ses envies.
Mais il s'était peut-être trompé…
Il observa encore un instant James s'éloigner de plus en plus vite jusqu'à ce qu'il quitte enfin le terrain. Regulus n'en revenait pas. Il soupira et se laissa de nouveau lourdement retomber par terre. Sa tête lui fit mal mais ce n'était pas le plus grave. Pourquoi était-il parti ? Si soudainement en plus. Regulus n'aurait pas dû s'écouter, il aurait dû réfléchir davantage. Ce n'était pas la première fois que James lui faisait un coup pareil. Bien sûr, ça n'avait jamais été aussi loin de manière intentionnelle mais la vérité était que le Gryffondor soufflait constamment le chaud et le froid…
Regulus ressentit soudain une profonde colère l'envahir. James s'était visiblement une fois de plus moqué de lui. Il ne savait pas ce qui lui avait pris et s'en fichait bien au fond. Cela pouvait être pour rigoler, se moquer gentiment de lui, expérimenter. Il avait également pu se laisser porter par l'instant ou pire, trouver une manière écœurante de le distraire pour qu'il ne soit plus dans son état normal lors du match. Regulus grogna et se leva. Il respirait fortement, ses épaules se levant et s'abaissant en rythme. Il ne se laisserait pas abattre. Il avait appris de ses erreurs et écouté le conseil de Remus. Il s'était blindé.
Il y avait néanmoins une chose que James avait dite et qui n'était pas complètement fausse : le match de Quidditch allait commencer et il n'avait pas une seconde à perdre. Il fallait qu'il se calme et qu'il se concentre sur l'évènement sportif à venir.
Il quitta rapidement le terrain pour rejoindre les vestiaires. Il devait encore se changer et se rafraichir aussi. Il avait chaud et avait volé bien plus longtemps que prévu. Regulus sentit une petite appréhension l'envahir alors qu'il était devant la porte. Il entendait du bruit à l'intérieur. Macnair aimait réunir son équipe assez tôt pour revoir les tactiques avec eux, s'encourager également. Son capitaine n'allait pas apprécier son retard, sans compter le fait qu'il n'était pas prêt.
Regulus pénétra effectivement dans le vestiaire des vert et argent sous le regard colérique du capitaine. Il s'y était attendu et réagit donc très peu. Ce serait le match de l'année, le capitaine des Serpentard était sur les dents et le 6ème année pouvait le comprendre.
-Black !
Regulus ouvrit son casier pour récupérer ses affaires et fit face à son capitaine. Il espérait que la remontrance serait rapide parce qu'il avait besoin d'une douche ou au moins de se rafraichir.
-T'es en retard ! T'es pas sérieux, t'as intérêt à assurer tout à l'heure !
-Ce sera le cas, affirma Regulus.
Il s'empêcha ensuite de lever les yeux au ciel. Il n'allait pas commencer à se disputer avec son capitaine. Juste avant un match, ce serait forcément dévastateur.
-Qu'est-ce que tu foutais ?! voulut savoir le 7ème année.
-J'ai été retenu par un prof.
Regulus mentait, Macnair le savait et probablement tous les autres membres de son équipe aussi. Mais le capitaine laissa tomber et Regulus put se changer rapidement. Il n'avait pas vu le suçon au niveau de son cou mais ses coéquipiers ne l'avaient pas manqué. Pourtant, personne ne fit de commentaire. Ils avaient un match dans quelques minutes et si au final tout le monde faisait son taf et était au top, il n'y aurait pas de raison de se plaindre.
Quelques instants plus tard, le casier de Regulus claqua comme la porte lui avait échappé des mains. Il alla se poser sur un des bancs et se fit discret. Il avait raté le discours d'avant match et tout ce que l'équipe attendait était le début du match. Les Serpentard feraient leur entrée avant les Gryffondor.
S'ils gagnaient, ils consolideraient leur première place. Pour l'instant, le classement les maintenait en première position avec les Poufsouffle, ensuite les Gryffondor, puis les Serdaigle. S'ils gagnaient, ils distanceraient les Poufsouffle. S'ils perdaient avec un faible écart de points, rien ne changerait. S'ils se faisaient anéantir par les Gryffondor, ils seraient deuxième parce qu'ils auraient perdu un seul match, comme les lions. Les blaireaux avaient gagné tous leurs matchs de leur coté. Les Serdaigle faisaient quant à eux une saison lamentable. Ils n'étaient plus très bons depuis deux ans, c'était dommage.
C'est ce que se répétait en boucle Regulus pour rester concentré sur ce qui allait arriver, pour se focaliser sur l'enjeu du match. Mais il avait du mal à ne pas laisser son esprit vagabonder. Il restait peut-être dix minutes avant le match, dix minutes interminables.
Entre les astuces de Quidditch qu'il se repassait en boucle dans la tête, son esprit revint malgré lui à Padfoot et à Potter.
Il ne voulait pas vraiment repenser à James ni à ce qu'il s'était passé tout à l'heure alors il préféra se centrer sur Padfoot. Ce n'en était pas moins douloureux mais il nourrissait plus d'espoir à ce sujet. James lui avait confirmé que l'esprit se trouvait toujours dans l'enceinte du château, ce qui était une bonne nouvelle. Mais alors pourquoi ne pas encore être revenu le voir ? Est-ce que, comme Regulus le craignait, il avait perdu la capacité de voir l'esprit ? Cela voudrait dire qu'il devait récupérer le bracelet pour pouvoir communiquer avec Padfoot.
Mais Regulus ne pouvait pas écarter l'hypothèse que peut-être, son ami l'évitait. Il n'oubliait pas que leur dernière discussion avait été assez houleuse. Néanmoins, Regulus savait qu'il n'aurait probablement pas de réponses avant d'avoir essayé le bracelet. Il avait déjà récupéré la partie de Sirius, il devrait faire avec. Cela l'angoissait un peu de se dire qu'il allait se confronter à l'esprit. Était-il prêt à entendre ce que Padfoot avait à lui dire, surtout si ce n'était pas des propos agréables ? Il n'avait guère le choix de toute façon.
Il allait devoir agir vite, histoire d'être fixé assez tôt. Il ne voulait pas se trimballer cette angoisse des jours durant encore. De plus, il aurait besoin de son ami pour convaincre James de lui redonner sa partie du bracelet. Le Gryffondor l'écouterait certainement plus que lui. Il pourrait également en parler à Sirius. Son essai avait été une catastrophe et Regulus n'était pas du tout tranquille de savoir que James avait encore le bijou, surtout durant le match.
Mais cela ne servait à rien de ruminer à ce sujet : le match allait commencer. Le 6ème année prit alors une grande inspiration pour s'encourager. Que James ait un supposé avantage ne signifiait pas qu'il allait forcément gagner. Il devait se concentrer, se dépasser. Il devait attraper le vif d'or avant son rival.
Malgré la bulle dans laquelle s'était retranché Regulus, il pouvait tout de même entendre les bruits qui provenaient du stade. Dehors, les encouragements pour les Serpentard retentissaient. Il était temps de se lancer. On fit bientôt signe aux vert et argent de se préparer pour faire leur entrée alors l'attrapeur se mit dans la file et enfourcha son balai. Il vola lorsqu'il entendit son nom et inspira un grand coup face à l'agitation ambiante.
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-Ça va ?
James sursauta, comme pris en faute. En revenant du terrain de Quidditch, il s'était senti si coupable qu'il avait souhaité s'isoler. Il avait malheureusement constaté que les vestiaires avaient déjà été investis par quelques joueurs et il n'avait pas voulu retrouver Sirius. Il se serait senti étrange de lui faire face après ce qu'il venait de se passer, surtout parce qu'il taisait la vérité à son ami depuis longtemps. Se confier devenait difficile quand on s'était tu depuis autant de temps. A court d'idées, le joueur de Quidditch était allé se réfugier dans le local où était rangé le matériel des Gryffondor, leurs balais, leurs protections,…
Il était resté assis là, soufflant et se demandant ce qu'il était en train de faire. Son excitation l'avait quitté dès qu'il s'était éloigné de Regulus et du terrain. Ce qui l'avait surtout occupé était le match à venir. Le Quidditch était un sport de passion, intense et rude si ce n'est dangereux. Il appréhendait sa confrontation avec Regulus. Pendant des mois, il avait attendu ce match, l'instant où il pourrait se mesurer à ce joueur talentueux. A l'époque, il n'avait pensé qu'à l'adrénaline, l'excitation, l'euphorie et la joie. Aujourd'hui, il ne pensait qu'au danger. Il y aurait peut-être des contacts car le temps était difficile à aborder en hauteur.
Malgré l'inquiétude de James, mal jouer ou faire en sorte de ne pas gêner Regulus n'était pas une option. Ce n'était pas fair play et le Serpentard n'apprécierait pas. De toute façon, si James jouait en dessous de son niveau, il n'aurait aucune chance face à Regulus. De plus, le capitaine avait des choses à prouver et une coupe à gagner.
A la fin de son long moment de solitude, James avait plus ou moins réussi à se remettre d'aplomb. Le match approchant, il était parti rejoindre son équipe dans les vestiaires. Il s'était changé et avait fait son habituel speech d'avant match. Il avait été si bon qu'il avait réussi à se transcender lui-même ! A présent, ils allaient bientôt entrer sur le terrain, les Serpentard se faisant déjà applaudir par leurs supporters.
Après, ce serait leur tour.
James esquissa un sourire à l'attention de son ami pour ne pas avoir à lui répondre. Ça allait. Son poignet lui faisait mal, sa tête était en vrac et il était à la fois nerveux et horriblement impatient. C'était la première fois de sa vie qu'il sentait qu'il pourrait bien vomir dès qu'il décollerait de son balai.
Mais à part ça, ça allait.
-La dernière fois qu'on a joué contre les Serpentard, on a perdu. C'est le moment de leur renvoyer la monnaie de leur pièce ! s'exclama Sirius.
-Ouais, ce n'était pas un souvenir très agréable, marmonna James.
-C'est le passé. Et ça ne donnera qu'une meilleure saveur à notre future victoire !
James sourit, il aimait bien l'idée.
-J'ai confiance en vous, les gars, fit-il alors à l'attention de son équipe.
Ses coéquipiers se tournèrent vers lui et Sirius fronça les sourcils.
-Tout se passera bien. Même si je n'arrive pas à attraper le vif d'or, je sais qu'on gagnera parce que vous aurez marqué suffisamment de points. J'ai confiance en vous, répéta-t-il.
Les joueurs regardèrent leur capitaine, plus ou moins sous le choc. Ce genre de déclaration n'était pas le genre de James Potter. Pas concernant le Quidditch en tout cas. Il était plutôt du genre à dire qu'il l'attraperait le vif d'or quoi qu'il se passe et que ses amis pouvaient donc voler avec confiance. Mais aujourd'hui, c'est lui qui n'avait pas l'air confiant et qui demandait à s'appuyer sur eux !
Il y eut soudain un grand bruit puis de la lumière rouge et or dans le ciel, le signal pour que l'équipe face son entrée. Les Gryffondor se prirent une dernière fois dans leurs bras puis chacun enfourcha son balai. Ils firent leur entrée dans une parfaite synchronisation.
James vint se positionner face à Macnair et ils se serrèrent la main alors que les cris d'encouragement ne faisaient qu'amplifier. Le Serpentard avait le regard dur, il était autant décidé que James à en découdre. Ils voulaient tous les deux gagner : c'était leur dernière année en tant que capitaine après tout.
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Aujourd'hui, Fillemine était accompagnée au commentaire par un Serdaigle qui semblait faire exprès d'écorcher le nom de Frank. La situation fit rire Sirius mais un peu moins le principal concerné.
Le match commença sur les chapeaux de roues et James se sentit légèrement frustré de ne pas pouvoir participer à cette bataille-là : il ne pouvait pas marquer de but. Malgré tout, il aimait le rôle de poursuiveur mais encore plus celui d'attrapeur. Ce rôle était quand même parfois frustrant car le vif d'or était assez capricieux, se montrant de manière aléatoire lors des matchs, allant parfois jusqu'à ne jamais montrer le bout de son nez. Les matchs pouvaient alors s'avérer être assez longs pour les attrapeurs. Ils devaient juste prendre leur mal en patience.
Le Gryffondor s'était mis à voler, attentif. Il devait également surveiller Regulus, ne pas le perdre de vue au cas où celui-ci trouverait le vif avant lui. Pour sa part, celui-ci ne faisait pas du tout attention à lui et d'où il était, James pouvait voir à quel point il était sérieux et concentré.
Les yeux du Gryffondor continuèrent de scanner le terrain mais il avait beau chercher, une partie de lui avait le sentiment que le vif d'or n'avait pas encore fait son apparition. C'était étrange de ne ressentir aucun doute à ce sujet, comme une intime conviction. Il pensa un instant à la conversation qu'il avait eue avec Regulus qui lui avait dit qu'il avait un avantage avec le bracelet. Il n'avait pas voulu le croire à ce moment-là mais au final, le 6ème année avait quand même réussi à insinuer le doute en lui puisqu'il y repensait.
James ne voulait pas y croire, et rien ne le prouvait d'ailleurs. Il avait juste un sentiment, une intuition. Ca ne voulait rien dire. Il avait toujours eu du nez, cela pouvait tout aussi bien être l'explication. James ne voulait pas parasiter son esprit en plein match, un match si important. Trouver le vif d'or n'était qu'une partie du travail, le premier pas à accomplir. Il fallait ensuite le poursuivre puis l'attraper et tout cela sans le perdre de vue. C'était là que le travail et le talent des attrapeurs ressortaient, c'était là qu'on pouvait différencier les bons attrapeurs des excellents.
Le temps continua à défiler. Les autres joueurs se livraient une bataille redoutable. Le score avait été ouvert un instant auparavant et les points étaient marqués d'un côté comme de l'autre. James continua d'être attentif au cadet des Black qui faisait des tours de terrain, comme dans sa bulle. James lévitait quant à lui sur une même zone et bougea juste à temps pour éviter un cognard. Quelques secondes plus tard, Sirius passa à vive allure à côté de lui, le rire joyeux.
-But des Gryffondor ! Waouh, comme c'est intense ! s'écria Fillemine. Les rouge et or mènent 32 à 12 et après bientôt 12 minutes de jeu, toujours aucun signe du vif d'or !
-Nous avons la chance aujourd'hui de pouvoir assister à un festival de figures de haute performance, continua l'invité de la commentatrice.
Le Serdaigle devait parler de la feinte qu'avait effectuée l'équipe de Serpentard deux minutes plus tôt et qui n'avait malheureusement pas marché, le but marqué à l'instant en résultant.
A cet instant, un des poursuiveurs avait saisi le souafle puis zigzagué entre les défenseurs Gryffondor avant de passer la balle à un autre joueur qui avait volé en chandelle pour échapper à ses poursuivants et relâcher la balle pour son coéquipier en dessous de lui. Mais Alice l'avait vu venir. Cette fille était un monstre de génie, tellement douée. Bien sûr, James s'était beaucoup entrainé avec elle, il l'avait aidé à s'améliorer, mais il n'allait pas dire que c'était grâce à lui que la Gryffondor était si forte. Alice ne devait sa réussite qu'à elle-même.
-Serpentard a passé la défense des lions, mais que font les batteurs des Gryffondor ?!
Sirius et Riff essayaient justement de rattraper les vert et argent pour éviter qu'ils ne marquent un but. Au micro, Fillemine s'était levée et le Serdaigle essayait inutilement de la contenir. James vola près d'eux, voulant être le plus près possible de l'action en jeu.
Frank, qui venait en renfort, glissa soudain de son balai lorsqu'un cognard manqua de le toucher.
-Sirius ! cria James, peu sûr que son ami l'entende.
Il y avait trop de vent, trop de cris, trop de distance entre eux. James vola alors plus haut, le cœur battant. Il avait cette sensation étrange que son sang bouillonnait. Il se concentra sur l'action.
-Macnair réceptionne une magnifique passe, il feinte… et marque ! s'écria la commentatrice.
La tribune des Serpentard se mit à chanter et James serra les dents.
Il était temps que le vif d'or se montre. Le capitaine avait un œil sur le jeu mais il savait qu'il ne devait pas relâcher sa vigilance. Il avait conscience qu'une fois le vif d'or repéré, tout pouvait aller très vite. Il eut alors une nouvelle sensation étrange. C'était le vif d'or, il était là quelque part. James observa autour de lui mais ne le vit pas. Il vola, les yeux se baladant sur le terrain. Concentré qu'il était à ne pas laisser la petite balle dorée lui échapper, il faillit percuter Regulus, aussi peu attentif à son environnement que lui. Le Serpentard ne dit rien, ne s'excusa pas et le regarda à peine. Il continua simplement sa route. Après tout, ils étaient en plein match.
James entendit soudain quelqu'un crier son nom mais le son semblait venir de nulle part. Au même instant, le bracelet se rappela à lui par une sensation de picotement pas aussi désagréable que d'habitude et comme pour l'altercation avec Regulus, il agit d'instinct. Il dévia la trajectoire de son balai et évita le cognard qui lui fonçait dessus par derrière. Les spectateurs soufflèrent de soulagement et James avec eux. Même s'il n'avait rien vu, il était certain que ce satané Rosier avait été à l'œuvre. Qu'il ait des preuves ou non, c'était toujours lui.
Le match continua, chacune des équipes ayant dépassé les 70 points : les Serpentard avaient fait une remontée plutôt spectaculaire. Ce fut là que le Gryffondor le vit. Le vif d'or. James se rua vers lui, comme aimanté. Il vola avec aisance et rapidité, obligeant pratiquement les autres à s'écarter car une collision à cette vitesse pouvait être dangereuse pour tout le monde.
Regulus comprit qu'il était en chasse et le poursuivit. Il arriva à sa hauteur et le colla, leurs épaules s'entrechoquant à intervalles réguliers. Ils durent alors s'écarter pour éviter quelques obstacles, dont encore un cognard dirigé vers Potter. James savait que ça commençait à devenir dangereux pour lui. Normalement, les batteurs n'avaient pas le droit de viser les attrapeurs mais il pouvait arriver que ceux-ci en reçoivent malencontreusement. James avait néanmoins le sentiment d'être visé mais comme les arbitres n'avaient rien signalé, ça ne devait pas être évident pour tout le monde. Qu'à cela ne tienne, cela ne l'empêcherait pas de faire son boulot !
Il savait également qu'il pouvait compter sur son équipe, ses batteurs plus particulièrement qui étaient chargés d'éloigner si nécessaire le danger. Ceux-ci étaient encore loin de lui et semblaient malheureusement bien occupés. James et Regulus se trouvaient dans une zone dangereuse, le vent soufflait fort et il n'était pas facile de voir les cognards arriver. James aurait préféré s'éloigner mais se serait abandonner le vif à Regulus. Celui-ci devait d'ailleurs se dire la même chose.
Le Gryffondor ressentit brutalement un sentiment d'urgence : un danger approchait. Probablement un nouveau cognard. Pourtant, une voix en lui lui soufflait d'attendre. Encore un peu, juste quelques secondes. Et puis, quand le cognard fut presque sur lui, il sauta de son balai, chuta de quelques mètres à peine avant de le rappeler à lui. Il l'enfourcha alors en un éclair et releva la tête juste à temps pour voir ce qui se passait.
Regulus était toujours en chasse du vif d'or et il avait presque mis la main dessus. Il avait gagné du terrain avant que James ne saute mais le cognard qu'avait évité James continuait sa route et il percuta l'attrapeur des vert et argent à la jonction de l'épaule et du cou. La collision fut brutale. Regulus, proche de la victoire, n'avait pas fait attention à la manœuvre de James ni à ce qu'il se passait autour de lui.
Il chuta comme une pierre et James ouvrit grand les yeux d'effroi. Il retint automatiquement son souffle, comme la plupart des spectateurs, alors que d'autres criaient, paniqués. Un sort jaillit soudain de la tribune des professeurs pour récupérer le corps du Serpentard et James souffla de soulagement. Il ignorait qui avait agi mais cela avait probablement sauvé la vie de Regulus : une chute à cette hauteur ne pardonnait pas, sans compter que la collision avait déjà dû bien l'abimer...
L'arbitre siffla pour suspendre le match. Regulus fut évacué et les Serpentard tentèrent de prendre de ses nouvelles. James sentait toute l'agitation autour de lui et il avait cette sensation étrange d'être au cœur de tout cela sans l'avoir voulu. Il observa l'évacuation de Regulus, espérant de tout cœur qu'il se remettrait vite. Le Gryffondor n'avait pas bien compris ce qu'il s'était passé. Il avait agi vite sans savoir exactement ce qu'il faisait ni ce que cela allait bien pouvoir donner. Il savait maintenant.
Regulus quitta le terrain inconscient et le silence fut entrecoupé de commentaires murmurés. James ressentit alors avec plus d'intensité encore les regards sur lui. Le capitaine se sentit accablé : il était certain que les gens disaient que c'était de sa faute.
C'était le jeu même si en théorie, il n'avait rien fait de mal. Il ignorait que le cadet des Black se prendrait le cognard et il n'aurait jamais cherché à le blesser intentionnellement. L'arbitre fit ensuite cesser les discussions en relançant le jeu.
-Vous avez vu ça !? James Potter vient-il d'inventer le plus stylé des coups ?! lança le commentateur, plein d'euphorie.
Et comme si ça avait été le signal que certain avaient attendu, il y eut d'autres commentaires dans le même sens. Qu'ils valident ou pas, la plupart des spectateurs étaient d'accord pour dire que ce qu'ils avaient vu était impressionnant. Tous ne furent pas pour autant enthousiastes. Ce qui s'était passé n'en était pas moins choquant et certains ne comprenaient pas qu'on puisse reprendre le match. La tribune des Serpentard en particulier protesta et les joueurs firent entendre leur revendication auprès de l'arbitre : ils voulaient obtenir des points bonus ou qu'un handicap soit donné aux lions. Mais ils n'obtinrent pas gain de cause et l'arbitre les menaça de leur imposer une pénalité s'ils continuaient de se plaindre. Les vert et argent devraient continuer le match à 6, Regulus n'étant plus en état de jouer.
James observa l'échange de loin, sachant que les Serpentard seraient plus revanchards que jamais et que probablement, il serait assez bousculé dans les jours à venir. Les Gryffondor avaient intérêt à gagner parce qu'il n'allait pas passer une bonne semaine alors autant que ça en vaille la peine… Il détourna finalement le regard pour tomber sur celui de Sirius qui volait un peu plus haut que lui. Il n'eut aucune envie de lire la désapprobation dans le regard de son ami et se détourna. Celui-ci pourrait lui en vouloir après tout. C'était son frère qui avait fait une chute impressionnante.
Le capitaine de l'équipe de Quidditch se remit à la recherche du vif d'or. James avait besoin que ce match se termine très vite. Il vola, scruta les horizons et repéra assez vite la petite balle dorée. La reprise du jeu fut sifflée et James croisa le regard de Sirius, étonnamment sérieux, avant de se remettre à la poursuite du vif d'or qu'il attrapa quelques minutes plus tard sans grandes difficultés. Seul à le chercher, cela ne relevait plus du même exploit et le départ de Regulus avait bien ébranlé les Serpentard : il n'avait eu affaire qu'à très peu de cognards…
-Gryffondor gagne !
La tribune des lions était en liesse mais James n'arrivait pas à en profiter. C'était un match à oublier pour le capitaine. Il avait la sensation de ne jamais avoir été si mauvais et surtout, d'avoir manqué de fair play. A la fin du match, alors que les confettis et les jeux de lumière aux couleurs de l'équipe gagnante coloraient le ciel, les joueurs descendirent sur le terrain terrestre. Les deux capitaines se firent fasse. L'arbitre hocha la tête et ils se serrèrent la main. Macnair affichait un visage neutre mais il lui broya la main et James tenta de rester impassible. Les joueurs quittèrent ensuite rapidement le terrain.
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James se fit silencieux dans les vestiaires et son équipe ne se montra pas plus loquace que lui. Sirius se changea rapidement et ne prit pas la peine de se laver. C'était étonnant le connaissant, lui qui n'aimait pas transpirer et sentir mauvais ni être décoiffé. Dès qu'il fut prêt, il claqua la porte de son casier, s'excusa car il semblait que c'était un geste volontaire, et quitta les vestiaires. James ne savait pas comment prendre le fait que son meilleur ami ne l'ait pas attendu. Sirius était-il en colère contre lui ? Il refusait d'y penser mais c'était possible.
-Bonjour l'ambiance, on ne croirait pas qu'on vient de gagner, marmonna un joueur.
-En même temps, soupira Frank. J'ai eu une frousse pas possible quand Black a chuté…
-Pareil, je pensais que le match serait interrompu, confia Alice.
-C'était impressionnant, admit l'autre batteur. J'avoue que j'osais plus trop envoyer de cognard de peur de blesser un joueur de la même façon.
-C'est compréhensible, j'avoue que je suis contente que le match se soit vite fini, j'arrêtais pas de redouter d'être touchée de la même manière…
Ses coéquipiers continuèrent à discuter entre eux et James s'en agaça. Peut-être qu'ils faisaient des messes basses et qu'ils n'arrêtaient pas de pointer la dangerosité de ce qu'il venait de se passer ? D'un geste nerveux, il toucha le bracelet qu'il avait au poignet, le déplaça, et laissa la douleur habituelle marquer sa peau. Il ne se sentit pas mieux et se demanda même à quoi il jouait. Finalement, tout comme Sirius, il ne désirait pas s'attarder. Il ramassa ses affaires et referma son casier.
-Le Quidditch est un sport dangereux, des gens se blessent parfois gravement. C'est parce que c'est risqué qu'on s'entraine autant, pour éviter de se prendre un mauvais cognard, un mauvais coup ou alors pour ne pas être largué lors des duels et des affrontements. Si vous commencez à avoir peur, ne montez plus sur votre balai parce que vous vous blesserez à coup sûr.
James n'attendit pas de voir la réaction de ses amis et quitta le vestiaire. Il vit au loin que les gradins se vidaient lentement. Il pressa alors le pas, n'ayant pas envie d'être le centre de l'attention ni de recevoir des félicitations. Mais il sut que c'était fichu quand il vit Fillemine courir dans sa direction. Elle semblait avoir attendu non loin de leur vestiaire pour ne pas rater la sortie des joueurs et James n'était pas certain qu'elle ait le droit de faire ça mais il était sûr qu'elle s'en fichait bien.
-Potter ! Je suis trop contente de tomber sur toi, j'espère que tu seras plus bavard que Black !
-C'est que je suis pressé, bredouilla-t-il.
-Non, attends tu ne peux pas me faire ça, j'ai trop de questions à te poser ! Tu sais bien que j'ai le bilan du match à rédiger pour ce soir !
-Mais tu étais là, tu n'as pas besoin de moi pour dire ce qui s'est passé.
-Bien sûr que si ! Il faut que tu m'expliques comment tu as fait pour berner l'attrapeur adverse et te débarrasser de lui !
-Me débarrasser de lui ?
James ouvrit grand les yeux, choqué. Le terme de la commentatrice lui faisait le même effet que s'il s'était pris le Magicobus de plein fouet.
-Mais oui ! Cette figure, le style, l'audace, la technicité, tout y était ! On aurait dit que tu avais des yeux dans le dos ! C'est une figure qui va rentrer dans l'histoire de ce sport ! Pas sûr que quelqu'un arrive à la reproduire d'ailleurs !
-Je n'ai pas envie d'en parler et encore moins de m'en vanter. Je ne sais même pas dans quel état est Regulus.
-Oui, bien sûr... Mais, enfin tu réalises quand même l'exploit que tu as accompli ?! Tu as le droit d'être un peu fier ! Tu n'as pas fait exprès de le blesser en plus, tu pensais qu'il allait l'éviter, non ?
James eut du mal à la regarder droit dans les yeux lorsqu'il répondit.
-Bien sûr.
Mais il n'en savait rien. Il aurait dû savoir que la possibilité que ça se termine mal était grande. Comme il l'avait dit à ses coéquipiers, le Quidditch était un sport rude et exigeant. Il entendit alors la porte des vestiaires des lions s'ouvrir et il profita de la présence de ses coéquipiers pour faire faux bond à Fillemine.
xXx
Marlene était essoufflée et elle trouvait ça pitoyable. Elle ne savait pas si elle était si peu endurante ou si c'était juste le stress auquel elle était confrontée ces derniers temps. Parcourir la forêt en pleine journée était vraiment fatigant pour les nerfs mais le match de Quidditch était une bonne distraction car personne ne faisait attention à quoi que ce soit d'autre. Marlene s'y était montrée plus longtemps que prévu et elle avait eu du mal à s'éclipser, retenue par ses amis. Mais heureusement, elle avait pu aller voir son frère. Qu'elle parte avant la fin n'avait étonné personne, elle avait fait semblant d'être plongée dans les bouquins ces derniers jours. Elle avait juste eu à dire qu'elle devait bosser pour que les gens soupirent mais la laissent tout de même s'en aller en souriant.
Dorian tenait le coup pour l'instant. Le polynectar que la Serdaigle brassait était en bonne voie et la potion serait prête juste avant le tournoi de duels prévu le 21 mars. Marlene accompagnerait alors son frère chercher une baguette. Cela permettrait à Dorian d'avoir une vie et des journées moins compliquées. Si tout se passait bien, Marlene espérait faire quitter la grande Bretagne à son frère au début du mois d'avril.
Y penser la rendait néanmoins affreusement nerveuse. Parfois, elle se demandait même comment elle faisait pour tenir.
-Marlene ?
La Serdaigle sentit son cœur battre plus vite mais son visage resta en apparence plutôt calme. Elle savait que Lily l'avait vue sortir de la forêt interdite. Elle avait été négligente, le match était déjà fini et les élèves devaient pour la plupart se balader dans le château. Enfin, tous les élèves sauf la maison gagnante qui devait fêter la victoire comme il se devait dans leur salle commune.
-Tu reviens de la forêt ? Qu'est-ce que tu y faisais ? lui demanda la Préfète-en-cheffe.
Marlene soupira, attrapant le bras de son amie et l'entrainant vers le château avec elle.
-J'ai dit que je voulais bosser mes cours mais dès que j'ai lu une ligne de celui de métamorphose, ça m'a donné mal à la tête. Alors je suis parti prendre l'air. Je bosse tellement ces derniers temps que j'ai juste l'impression d'en faire trop…
-Mais tu revenais de la forêt, tu n'y vas jamais d'habitude.
-Je voulais changer, essayer de voir si croiser des créatures magiques et me promener dans la nature me changeraient les idées. J'ai eu raison car j'y ai vu des choses intéressantes.
Marlene n'avait pas l'impression de mentir, ou alors pas complètement. Il était vrai que ces derniers temps, elle n'avait plus une minute à elle et l'angoisse qu'elle essayait de refouler lui usait les nerfs. Mais elle s'accrochait. Pour son frère, pour sa famille, elle savait que ce qu'elle faisait en valait la peine. Elle aurait aimé pouvoir se confier à ses amies, pourquoi pas même bénéficier de leur aide, mais elle ne pouvait pas. Justement parce qu'elle tenait à elles, la Serdaigle ne pouvait pas les entrainer dans une telle histoire. Elles risqueraient trop gros. Elle n'oubliait pas non plus ce qu'elle risquait si jamais elle se faisait attraper.
Au loin, le château se dessinait de plus en plus clairement. Des groupes clairsemés d'élèves en sortaient, voulant probablement se détendre dans le parc. Les autres devaient sans aucun doute festoyer à l'intérieur. En passant à côté d'élèves, Marlene les entendit parler du match. C'est vrai qu'elle était partie bien avant le dénouement et ignorait le résultat. En l'abordant, Lily n'avait laissé tomber aucun indice. Cependant, Marlene était convaincue qu'une fois qu'elle le saurait, on n'arrêterait pas de lui rabattre les oreilles avec ça. Elle allait simplement profiter de ces quelques minutes de calme.
La Serdaigle observa discrètement son amie, silencieuse depuis un moment maintenant. Lily avait l'air plutôt soucieuse. Marlene se demanda d'ailleurs ce que Lily faisait non loin de la forêt interdite.
-Tu allais où ? lui demanda t-elle finalement. Je t'emmène au château avec moi mais tu avais peut-être déjà à faire ? voulut-elle savoir.
Lily sembla surprise par sa question.
-Je rentre avec toi, s'amusa-t-elle.
Marlene sourit.
-Non, tout à l'heure. Ne me dis pas que tu avais besoin de t'éloigner et de prendre l'air comme moi ?
-Un peu, avoua-t-elle avant de soupirer.
-Qu'est-ce qui se passe, Lily ?
Marlene entraina la rousse sur un banc, décidant que rentrer immédiatement n'était pas une bonne idée. Le visage de la Gryffondor était toujours aussi soucieux. Lily avait des problèmes et la Serdaigle s'était tellement éloignée de ses amies qu'elle ne l'avait même pas remarqué.
-Je... C'est juste que j'ai toujours fait au mieux, appliquant les valeurs que mes parents m'avaient enseignées tout en essayant de m'adapter à ce monde. Je ne négligeais personne et étais gentille avec tout le monde. Enfin, je ne dis pas que je me pensais parfaite m-
-Lily, j'ai compris l'idée ne t'inquiète pas. Et si tu me disais simplement ce qui te tracasse ?
Lily lui sourit, reconnaissante. Marlene avait toujours eu cette franchise, on pouvait se confier à elle sans crainte. Elle ne prenait pas de gants mais était toujours sincère. Une amie merveilleuse. Toutes les deux studieuses et douées, elles avaient vite sympathisé mais n'étaient devenues de vraies amies que bien plus tard.
-J'ai parlé avec Pamela Alton après le match et nous nous sommes en quelque sorte disputées, soupira-t-elle.
-Comment ça ?
Marlene était perdue. Elle n'était pas au courant que les deux filles se parlaient. Enfin, elles avaient les cours de duels en commun, mais c'était tout. Alton était la copine de Dorcas même si Marlene s'était toujours demandée comment ces deux-là pouvaient être amies. Elles étaient des opposés parfaits.
-Elle était avec un garçon, ils s'embrassaient et je croyais… Enfin, je pensais qu'elle était en difficulté… Du coup, j'ai repoussé le garçon. Il est parti en courant et je pensais que c'était parce qu'il avait eu honte d'être pris sur le fait…
Lily fit une pause, Marlene l'écoutait avec attention, à présent impatiente de savoir ce qui se cachait derrière cette histoire.
-C'est là qu'elle a commencé à m'engueuler et j'ai compris que je m'étais trompée.
-Bah oui, pourquoi avoir imaginé qu'il lui faisait du mal ? lui fit remarquer Marlene qui sentait que quelque chose lui échappait.
-C'est compliqué, éluda Lily. Même si j'avoue que j'ai manqué de réflexion à cet instant, je n'ai pas apprécié qu'elle me crie dessus alors que mon action partait d'une bonne intention.
-Je peux comprendre, lui sourit Marlene. Mais si c'est ça qui te chagrine tant, Lily, il ne faut pas. De toute façon, Alton est bizarre, lança la Serdaigle en agitant sa main droite comme si ça expliquait tout.
Lily se crispa.
-Ce n'est pas vraiment ça. Elle m'a rapproché d'être gentille avec elle seulement parce que j'avais pitié, que je ne l'appréciais pas vraiment et que mon attitude n'était faite que pour conforter une image que je voulais donner... Elle a dit qu'au fond, je suis comme tous les autres, à la traiter de fille facile et à la juger. Que je dois penser que ce qui lui ait arrivé était prévisible…
Lily avait évoqué la dernière phrase si bas que Marlene n'en comprit pas le sens. Elle fronça les sourcils et essaya de comprendre ce qui perturbait autant son amie.
-Et alors, on a le droit de penser ce qu'on veut ! Jusqu'à présent, ça n'avait pas l'air de la gêner. Et elle peut te reprocher ça mais tu es loin d'être la seule. Au cas où elle ne l'aurait pas remarqué, y a pas grand monde qui l'apprécie. Beaucoup parlent dans son dos et sans vouloir être méchante, elle tend souvent le bâton pour se faire battre. Elle couche avec n'importe qui, forcément ça fait parler ! Penser ça d'elle ne fait pas de nous de mauvaises personnes.
-Justement, contra Lily. On n'avait pas à la juger, ni nous, ni les autres. Et aujourd'hui, j'ai enfin compris que tout ça l'atteignait. Ce n'est pas parce qu'on ne laisse rien paraitre qu'on ne ressent rien.
Marlene ne répondit pas, comprenant soudain ce que Lily essayait de lui dire. Elle soupira, se sentant elle aussi assez mal. Elle n'avait pas eu conscience d'avoir mal agi. Ce que pouvait bien faire Alton de son corps, elle s'en fichait au fond. Alors pourquoi parler dans son dos ? C'était méchant et ce n'était pas ce qu'elle était, ni ce qu'elle voulait devenir.
-Tu as gagné, maintenant je me sens aussi mal que toi ! s'exclama Marlene en donnant un coup d'épaule à son amie.
Lily sourit et posa sa tête sur l'épaule de son amie.
-Désolée mais si ça peut te rassurer, te parler m'a fait du bien. Je suis contente de passer du temps avec toi. Tu nous manques, tu sais.
Marlene posa sa tête sur celle de son amie à son tour.
-Vous aussi, souffla-t-elle.
-Comment ça va depuis ce qu'il s'est passé à Azkaban ? Ta famille et toi tenez le coup ?
Marlene prit quelques secondes. Devait-elle dire la vérité ou mentir ?
-C'est dur mais on s'accroche, dit-elle avec sincérité.
-Je sais bien qu'il n'y a pas grand-chose qu'on puisse faire mais on peut au moins te soutenir. Ne nous fuis pas, s'il te plait, la pressa Lily en se redressant.
Marlene sourit. Elle n'en avait pas eu conscience avant mais ces mots, elle les avait attendus.
-Promis.
Elle se jeta ensuite dans les bras de son amie, profitant de cette étreinte réconfortante. Elles rigolèrent alors, étant sûres d'avoir l'air ridicule et mirent quelques minutes pour se calmer. Quand ce fut les cas, elles reprirent le chemin du château.
-Au fait, qu'est-ce qu'a donné le match ? Je suis partie avant la fin.
-Ah…
-Gryffondor a perdu contre Serpentard ? s'étonna Marlene. C'est vrai que les vert et argent avaient bien remonté quand je suis partie.
-Non, on a gagné, lui apprit Lily.
-Wow, cache ta joie, plaisanta-t-elle.
Elle fronça néanmoins les sourcils quand elle vit que Lily n'avait vraiment pas l'air heureux.
-Lily ?
-Oui, c'est juste qu'étant donné qu'un joueur a été gravement blessé, personne ne se sent trop de faire la fête.
-Quoi ?!
La Serdaigle n'en revenait pas.
-Qui est-ce ? C'est un Gryffondor ou un Serpentard ?
-Un Serpentard, Regulus Black.
-Oh… Comment est-ce qu'il va ?
-Je ne sais pas, on aura des nouvelles plus tard, je suppose.
Lily semblait vraiment secouée, ce qui était compréhensible. Marlene n'avait jamais été fan de Quidditch, un sport qui créait un engouement disproportionné et dangereux où le spectacle, le risque et la brutalité étaient encouragés. Ce n'était que son avis mais elle était bien contente d'avoir manqué ça.
xXx
Remus soupira lorsque le couple de Serdaigle s'empressa de partir après ses remontrances. C'était quelque chose qu'il n'aimait pas vraiment faire en tant que Préfet mais il n'avait pas le choix. Il fallait parfois savoir sévir et rappeler les règles et même si tout cela ne l'aidait pas à passer pour quelqu'un de cool, il s'en remettrait. Être Préfet était très bénéfique et sur un CV, ça faisait aussi bon genre.
Le Poufsouffle continua à se balader dans le couloir, faisant attention aux élèves qu'il croisait. Par expérience, le Poufsouffle savait que c'était toujours très animé après les matchs de Quidditch. Les Gryffondor notamment en faisaient toujours des tonnes et aimaient festoyer après les victoires comme s'ils avaient remporté la coupe. Remus savait que Lily ferait tout pour tempérer leurs ardeurs mais encore fallait-il que ce soit suffisant. De toute façon, Remus pouvait difficilement se montrer trop dur, du moins tant qu'ils n'embêtaient personne et ne faisaient pas entrer de l'alcool dans le château.
Cependant, contrairement à ce à quoi il s'était attendu, le château semblait assez calme. Enfin, il y avait bien quelques euphoriques ici et là, mais c'était assez gérable. Cela ressemblait à un jour avec de légers débordements, pas à un après-match. Cela étonna assez le Préfet-en-chef. Au loin, il vit soudain Sirius descendre les escaliers et prendre le couloir de droite pour se rendre dans sa salle commune. Le batteur n'avait pas l'air très enthousiaste et Remus comprit vite pourquoi. Peut-être que si tous les lions avaient la victoire modeste, c'était pour la même raison.
Sans se poser plus de questions, il partit à la poursuite du Gryffondor.
-Sirius !
Il pressa le pas et l'appela une nouvelle fois. Ce fut au bout de la troisième que Sirius l'entendit. Il se retourna alors et s'arrêta le temps qu'il le rejoigne.
-Remus…
-Est-ce que ça va ?
Sirius fronça les sourcils comme s'il ne voyait pas de quoi le Poufsouffle parlait.
-Par rapport au match de Quidditch.
-Oh, ouais. J'ai connu mieux, c'était pas un grand match. T'en as pensé quoi, toi ?
Remus fut pris au dépourvu. Pendant un instant, le Préfet-en-chef eut l'impression que Sirius faisait tout pour ne pas parler de Regulus et de ce qu'il ressentait.
-Tu sais, je n'y connais pas grand-chose en Quidditch, répondit-il prudemment. C'est sympa mais la plupart du temps, je n'y comprends pas grand-chose. Isabel et moi y étions avec Peter mais j'étais assis derrière Terrence Hill. Autant te dire que je n'ai pas vu grand-chose.
Sirius eut un sourire et cela fit plaisir au blaireau.
-Est-ce que tu sais comment va Regulus ? lui demanda-t-il après une hésitation.
Sirius détourna le regard et mit ses mains dans ses poches.
-Ça va, je crois. Je n'ai pas pu le voir.
-Comment ça, il n'est pas à l'infirmerie ?
-Si mais il y avait déjà trop de monde et Pomfresh était en train de s'occuper de lui.
-Trop de monde ? Mais tu es son frère, je crois que tu es quand même un peu prioritaire ! s'indigna Remus.
Remus observa le Gryffondor. De près, il était évident qu'il n'allait pas très bien. Il n'était pas aussi énergique, loquace et rayonnant que d'habitude. Il n'était pas simplement inquiet, il était triste et préoccupé. Il ne le regardait pas beaucoup et faisait des réponses assez courtes. Le châtain se sentit mal de voir Sirius ainsi. C'était tellement loin de ce qu'il montrait habituellement.
-Tu n'as pas l'air bien… Ca te dit qu'on aille discuter dans un coin un peu plus tranquille ?
Sirius le regarda quelque secondes avant d'esquisser un discret sourire.
-Je veux bien.
Il souffla.
-J'ai des interrogations et je pense que ta clairvoyance me serait bien utile.
-Très bien, je te suis.
Sirius se retourna et commença à marcher. Remus resta pour sa part légèrement en retrait et lui jeta quelques coups d'œil peu discrets. Il arrêta quand il comprit que cela ne rimait à rien. Il se demandait ce qu'allait lui dire Sirius et s'il pourrait l'aider. Contrairement à ce que beaucoup pensaient, il ne faisait pas toujours les bons choix et n'était pas forcément de bons conseils. Si ça avait été le cas, il se serait tenu à ses décisions et n'aurait pas fait autant de bêtises : les sentiments qu'il avait eus pour Arthur, l'idée farfelue de devenir Animagus non déclaré, ses aventures d'un soir qu'il regrettait, son histoire avec Sirius…
Remus observa la silhouette du brun, ses cheveux longs qui bougeaient au rythme de sa démarche pressée. Non, peut-être que cette histoire là, il ne la regrettait pas. Son histoire avec le Gryffondor ne s'était pas forcément bien finie et n'avait sans doute pas commencé pour les bonnes raisons, mais Remus avait eu beaucoup de bons moments. De plus, il savait que si l'article de Rita n'était pas sorti, il n'aurait pas eu le courage d'y mettre fin à de lui-même.
Ils continuèrent de marcher et alors qu'ils avançaient en silence, Remus se demanda si Sirius comptait l'emmener dans la salle sur demande. Après tout, c'était là qu'ils avaient l'habitude d'aller avant. C'était tranquille et isolé. Mais Remus se rendit vite compte qu'ils se rendaient finalement dans la salle commune des Gryffondor, peut-être même dans le dortoir de Sirius. C'était mieux ainsi.
Remus entra sans problème chez les lions : il n'y avait pas grand monde et c'était loin de l'ambiance à laquelle le châtain s'était attendu plus tôt. Cela confirmait donc ce qu'il pensait : les Gryffondor ne se sentaient pas forcément de faire la fête après la fin de match qu'ils avaient connue.
Une fois assis sur le lit de Sirius, celui-ci s'assit juste à côté et Remus observa le dortoir du brun. C'était la première fois qu'il y mettait les pieds. Il trouvait l'endroit chaleureux et agréable. Il aimait la salle commune et les dortoirs des Poufsouffle mais il aurait également pu se plaire ici.
-Ce qui s'est passé lors du match me préoccupe assez et j'ai vraiment peur pour Regulus mais… Il y a également un truc que je n'arrive pas à me sortir de la tête. Je me pose des questions sur James en fait...
-James ? fit Remus, surpris. Mais c'est ton meilleur ami !
Remus n'aurait jamais pensé que les deux Maraudeurs puissent se disputer un jour ni avoir un quelconque différend. Ils avaient tellement l'air d'être en constante symbiose ! En même temps, tout pouvait arriver et lui-même n'aurait jamais pensé se brouiller avec Isabel et Peter. Il se demandait d'ailleurs si c'était pour cela que le Gryffondor désirait se confier à lui. Sirius ne se livrait pas beaucoup, préférant souvent renvoyer l'image d'un garçon infaillible et blagueur. Qu'il accepte de se montrer vulnérable devant lui démontrait la confiance qu'il avait en lui. Cela troubla le châtain et en même temps, cela lui fit plaisir de compter pour Sirius, au moins à ce niveau-là.
-C'est vrai que je n'ai presque rien vu du match, que je n'étais pas très attentif. C'était loin d'être mon match préféré, il y avait beaucoup de bruit et je me suis fait écraser les pieds deux ou trois fois…. Mais je n'ai pas besoin d'en avoir la preuve pour savoir que ce qui s'est passé était un accident. De toute façon, ce n'est pas James qui lance les cognards, il est attrapeur, lui fit-il remarquer.
Sirius fronça les sourcils.
-Non, ce n'est pas… Enfin, je n'ai pas de doutes là-dessus. Jamais James n'aurait cherché à blesser intentionnellement Regulus. Il était impossible de prévoir ce qui allait se passer, lui-même a eu de la chance et du talent d'échapper à ce cognard.
-Oh, excuse-moi, grimaça Remus, confus de s'être mépris.
Le Préfet en chef garda le silence et attendit que Sirius se confie mais il semblait avoir du mal. Finalement, le Gryffondor soupira et se détourna pour ouvrir son tiroir. Il en sortit une lettre qu'il tendit à Remus. Le châtain s'en saisit avec hésitation et la lut en silence.
-En as-tu parlé avec James ou Regulus ? lui demanda-t-il à la fin de sa lecture, surpris par son contenu.
Etrangement, même si la personne qui avait écrit cette lettre affirmait n'avoir que de bonnes intentions, Remus avait du mal à en être convaincu. Pourquoi garder l'anonymat et pourquoi même se sentir obligé d'informer Sirius d'une affaire si personnelle dans ce cas ? Au final, cette histoire ne concernait que Regulus et James. C'était leur vie privée et ils avaient droit de ne pas vouloir en parler.
Cela pouvait également être faux, de simples calomnies. C'était juste des informations balancées sans preuves sous couvert d'anonymat. Il fallait se méfier.
-Non… Tu vas rire mais je n'y arrive pas. J'arrête pas de me dire que c'est stupide, impossible. Mais après j'arrête pas de revoir ces instants qui peuvent me faire douter. Quand Regulus a commencé à se montrer distant avec James l'année dernière ou le fait qu'il ait refusé de venir pour les vacances de la Toussaint par exemple. Les rapprochements qu'il y a eus par intermittence, ces instants de gêne, les trucs qu'ils semblaient partager muettement et que je n'arrivais pas à comprendre…
-Tu penses que ça pourrait être vrai ?
-Je n'en sais rien…
-Ça te ferait quoi si c'était le cas ? Tu n'aimerais pas que ton petit frère et ton meilleur ami soient ensemble ?
Sirius fit la moue et pendant un instant, Remus crut qu'il allait encore lui dire qu'il n'en savait rien.
-Je ne sais pas si ça me ferait plaisir, soupira alors le Gryffondor. C'est peut-être cliché mais je vois encore Regulus comme un gamin. Avant d'entrer à Poudlard, on était très proches mais ensuite, on a commencé à se conduire comme des étrangers pour diverses raisons. Il a grandi sans que je le vois, sans que je puisse l'accompagner ni en prendre conscience. On s'est de nouveau rapproché cet été et c'est parfois compliqué pour moi. J'ai manqué des années avec lui. Parfois, j'ai l'impression que je ne le connais pas vraiment… C'est quelque chose qui change doucement malgré tout. Il n'est plus le même et moi non plus, c'est bien normal. Mais si je mets ça de côté, je ne peux qu'être content. James est génial et après Rosier, Regulus mérite d'avoir quelqu'un qui le traite bien. Et puis, même pour James, il était si abattu par sa rupture avec Lily alors qu'il puisse passer à autre chose aussi vite est génial. Ça veut dire que Regulus lui fait du bien et vice-versa. Enfin, de toute façon, rien ne me dit que c'est vrai…
-Tu devrais directement leur demander.
-Ouais…
Sirius se déplaça et s'installa confortablement contre ses coussins. Il ramena ses genoux contre lui et y posa son menton. Il regarda longuement Remus et celui-ci ne put s'empêcher de le trouver magnifique dans cette espèce de fragilité qu'il montrait, sans cette fausse assurance. Sirius avait toujours été beau mais à présent, Remus avait l'impression de voir au-delà de ce personnage.
-Je n'arrête pas de me dire que si c'était vrai, ils m'en auraient parlé. C'est pas moi qui irais les juger, je serais mal placé pour ça.
Remus compris sans mal qu'il parlait de leur relation et choisit de ne pas relever. Il n'arrivait pas à être à l'aise sur le sujet, surtout parce qu'il avait encore des sentiments pour le Gryffondor.
-Il y a peut-être des raisons qui les en empêchent. Ou alors, c'est compliqué entre eux. Peut-être qu'ils préfèrent que tu fasses le premier pas aussi… Il y a des choses qui sont difficiles à dire.
-Ouais.
Sirius grimaça et enfouit sa tête entre ses genoux.
-Tu dois me trouver débile de m'en faire pour un truc comme ça…
-Bien sûr que non et j'avoue que cette histoire m'intéresse également. Aucune idée de qui t'as envoyé ça ?
Sirius secoua la tête.
-Ça doit être un Gryffondor, réfléchit Remus.
-C'est sûr que c'est plus facile pour un lion d'avoir accès à mon dortoir mais je n'ai pas vraiment d'ennemi.
-Ce n'est pas forcément un ennemi, la personne prétend t'informer pour ton bien.
-J'ai du mal à y croire. Quelqu'un qui te fait du bien ne se cache pas comme ça. Je ne comprends toujours pas le sens de cette mascarade…
Remus ne dit rien. Lui non plus ne comprenait pas très bien. Sirius le remercia ensuite de l'avoir écouté et le Poufsouffle ne put que sourire : il n'avait pas l'impression d'avoir fait grand-chose mais si Sirius se sentait plus serein, il en était satisfait. Il remarqua alors la main de Sirius posée sur le lit non loin de la sienne et hésita à la prendre, se demandant si cela n'allait pas envoyer un mauvais message. Il décida néanmoins qu'ils avaient convenu d'être amis et qu'il pouvait donc se le permettre. Sirius réagit bien à son geste car il la serra en retour.
xXx
-Ça ne t'énerve pas, toi ? OK, ils sont furieux mais de là à agir ainsi ! Je suis sûr qu'ils en rajoutent exprès juste parce qu'ils nous détestent ! s'agaça James.
Depuis son lit, Sirius observait son ami sans rien dire. Cela faisait tout juste 24h depuis le fameux match de Quidditch. Demain, les élèves reprendraient les cours et peut-être que tout le monde arrêterait de parler du match. Le petit article de Fillemine qui résumait le match avait incroyablement bien marché. Sirius n'avait pas souhaité le lire pour autant. Depuis sa mésaventure à cause de l'article de Rita, il lisait beaucoup moins de journaux et surtout, n'avait plus cette soif d'information et cette curiosité qui accompagnaient habituellement les lecteurs à la découverte de nouveautés ou de faits surprenants.
Frank lui avait assuré que l'article était bon et juste mais Sirius n'avait pas changé d'avis. Il avait été présent au match, il n'avait pas besoin que quelqu'un vienne lui dire comment cela s'était passé.
L'état de son frère le préoccupait davantage, d'autant plus qu'on l'avait plus ou moins empêché de le voir la veille. Rassuré par les paroles de Remus, il avait tout de même tenté sa chance à nouveau aujourd'hui. James, comprenant ses intentions, avait demandé à l'accompagner. Sirius l'avait alors regardé longuement sans répondre, repensant à la lettre, aux conseils du Poufsouffle et à la possible relation entre son frère et son meilleur ami. Surtout, il s'était demandé comment il pourrait en discuter avec son ami. La question de l'identité de l'expéditeur revenait assez souvent : il ne comprenait pas l'utilité d'une telle démarche. Cela ressemblait plus à de la délation qu'à autre chose. Ses amis ne seraient pas passés par lui mais en auraient directement discuté avec James. Ses connaissances et camarades seraient également venus le voir pour en parler. Chez les Gryffondor, on ne faisait pas ce genre de stratagème étrange.
Sirius en était venu à la conclusion qu'il s'agissait d'une personne avec qui il avait très peu de liens. Le Gryffondor savait donc qu'il lui serait presque impossible de connaitre l'identité de l'expéditeur alors même si ça le turlupinait, il avait décidé de ne pas user ses neurones sur ce mystère.
Son silence avait interrogé James qui avait ressenti le besoin de s'expliquer. Il avait pointé que Regulus était aussi son ami et qu'il avait envie de savoir comment il se portait. Sirius s'était alors senti un peu bête : il était normal que James s'inquiète.
La veille, Pomfresh avait été contre toute agitation auprès de l'attrapeur et Sirius n'avait pas bénéficié de passe droit malgré sa filiation avec le patient. Aujourd'hui, c'était un autre problème qu'il avait rencontré : les Serpentard s'étaient eux aussi de nouveau présentés à l'infirmerie et sur le chemin, James et Sirius avaient failli en venir aux mains avec certains à de nombreuses reprises. Arrivés à destination, Severus et d'autres membres de la maison des ambitieux leur avaient carrément refusé l'entrée. James et lui n'avaient alors eu d'autres choix que de rebrousser chemin. A 2 contre 8, c'était perdu d'avance.
Sirius était énervé mais contrairement à d'habitude, il gérait ça autrement. Personne ne l'empêcherait de voir son frère : il repasserait plus tard ou même le lendemain. Les Serpentard n'allaient pas faire le guet devant l'infirmerie indéfiniment. Il était d'ailleurs plus probable que Sirius ait joué de malchance jusque-là.
James par contre gérait son ressentiment plus bruyamment. Il se plaignait et s'attelait également à mettre en place des farces contre les Serpentard. Son ami était convaincu qu'il pouvait trouver dans ses manuels magiques un sort, un piège ou même une potion qui forcerait Snape à dire des grossièretés tout au long de la journée suivante. Sirius consentait que s'il y arrivait, ça promettait d'être marrant. Mais même si l'idée était intéressante, le batteur n'était pas vraiment enthousiaste. Il n'était tout simplement pas d'humeur à faire des blagues.
Cela ne faisait pas longtemps qu'il avait pris la décision de parler à James et pourtant, il en était déjà venu à la conclusion qu'il ne trouverait jamais le moment parfait pour aborder le sujet de la lettre. Il avait même peur qu'en pensant ainsi, il se rétracte et repousse indéfiniment le moment. Parler avec James lui avait pourtant semblé la solution la plus simple et appropriée. Au-delà du fait que Regulus était alité et qu'il ne pouvait pas le voir, Sirius avait la certitude que Regulus ne voudrait pas lui parler. Déjà, quand il avait tenté une première approche « innocente », celui-ci lui avait confirmé qu'il ne comptait pas parler de sa vie amoureuse avec lui.
James aurait également plus de mal à lui mentir.
Il était la personne qui le comprenait le mieux au monde, et l'inverse était vrai aussi. Le lien qui les unissait était très fort et Padfoot avait même déclaré que peu importe toutes les vies qu'ils vivraient, ils seraient toujours amis. Sirius ne serait pas celui qu'il était sans James Potter et ce dernier ne serait probablement pas la moitié de ce qu'il était sans Sirius. Parfois, ils pouvaient même, s'ils se concentraient, se comprendre sans avoir besoin de parler. Ils avaient une confiance absolue en l'autre.
Pourtant, cette année, les choses avaient changé. Pas de beaucoup car au fond, leur relation était toujours aussi belle, mais Sirius taisait ses peurs à son meilleur ami et James… James ne lui disait pas tout non plus. Était-ce parce qu'il sentait que son ami n'était pas totalement honnête avec lui que le Gryffondor avait décidé de faire de même ? Remus lui avait dit de ne pas voir une sorte de punition dans le silence de son ami à son égard, mais cela restait difficile pour Sirius. D'autant plus que c'était quelque chose qu'il pouvait comprendre. Il n'avait pas été très discret sur son mal-être et il était quasiment impossible que James n'ait pas senti qu'il y avait un problème. Il partait du postulat que son ami lui répondrait honnêtement mais que ferait-il si James lui renvoyait ses mensonges et ses silences à la figure ?
Le cœur de Sirius s'emballa et il regretta de ne pas avoir demandé à Remus de l'accompagner. Oh, il aurait eu l'air stupide mais au moins, il aurait osé aller au bout. Il n'arrivait pas à croire qu'une fichue lettre le mettait dans un tel état…
-Sirius !
Le brun sursauta et releva brusquement la tête. James était debout devant lui et le regardait d'un air inquiet. Sirius comprit alors que son ami avait dû l'appeler plusieurs fois mais que, trop pris dans ses pensées, il ne l'avait pas entendu.
-Ça va ? lui demanda-t-il.
-Ouais, j'étais ailleurs, désolé.
James fronça les sourcils et Sirius comprit que son mensonge était découvert. Il soupira et se leva. James haussa alors un sourcil, de plus en plus perdu. Sirius allait se lancer, il allait arrêter de réfléchir et peu importe qu'il regrette plus tard. Il n'avait que trop tarder : il ne pouvait plus gérer sa détresse seul et voulait retrouver son lien fusionnel avec l'autre Maraudeur. James devait également sentir qu'il pouvait tout lui dire.
-Est-ce qu'il y a quelque chose entre Reg' et toi ?
James ne put cacher son embarras. Il voulut ensuite lui répondre mais il bégaya et son regard se fit fuyant. Il baissa finalement les yeux et soupira avant de passer une main dans ses cheveux. Il semblait redouter la réaction de l'ainé des Black.
-Tu peux me parler, Jamie, souffla-t-il.
-Je suis désolé, Sirius, vraiment… Je ne sais pas ce qui s'est passé et j'accepte tout juste l'idée que ton frère ne me laisse pas indifférent…
-Tu tiens à lui, comprit Sirius.
Il ne s'agissait donc pas d'un truc de passage, d'une curiosité ou de personnes qui s'amusaient ensemble sans se prendre la tête.
-Je n'arrive pas à ne pas penser à lui et à vrai dire, je n'en ai pas envie, continua James.
Sirius pensa à lui parler de la lettre mais il sentait que ce n'était pas le moment. James lui-même ne paraissait pas intéressé par la manière dont il avait appris la nouvelle. C'était le temps des confidences et celui des questionnements nécessaires pourrait toujours venir plus tard. James n'arrêtait pas de s'excuser et Sirius le rassura sur le fait qu'il ne lui en voulait pas. Il n'était pas énervé ou vexé que son ami apprécie son petit frère. Il n'avait simplement rien vu venir et ne comprenait pas encore comment ça avait pu se passer mais après tout, cela ne le regardait pas.
-Vous êtes ensemble ? Ça dure depuis longtemps ?
Parler s'avérait plus facile que ce qu'il avait craint. Sirius se rendit d'ailleurs compte que ça l'intéressait vraiment et que James avait besoin de cette conversation. Il avait l'air de se libérer d'un poids, de la culpabilité de ses non-dits.
-Pas vraiment. Je ne suis pas célibataire depuis très longtemps mais si je dois être honnête, ça fait depuis le premier match de Quidditch de cette année scolaire que je m'interroge et que j'ai du mal à considérer Regulus comme simplement ton frère. Les sentiments sont venus bien plus tard.
-Ah, d'accord, fit Sirius qui n'avait rien trouvé de mieux à dire. Mais vous êtes ensemble ? répéta-t-il.
James grimaça et passa à côté de son ami pour aller s'effondrer sur son lit. Sirius alla le rejoindre et s'allongea à ses côtés. Il observa ensuite le plafond, attendant que le brun parle.
-Pas exactement. On s'est embrassé quelques fois mais c'est vraiment ultra récent, admit James après quelques instants.
Sirius rigola. La légèreté de la conversation et la gêne de son ami le détendaient autant qu'elles l'amusaient.
-Pourquoi tu ne m'as rien dit ? voulut-il savoir après un court silence.
James se renfrogna et Sirius se demanda si ça avait été la question de trop.
-Je craignais ta réaction, je crois, avoua le Préfet. A ta manière, tu es assez protecteur avec Regulus alors je ne sais pas, je me suis dit que tu ne verrais pas d'un très bon œil le fait que ton meilleur ami supposé être 100% hétéro commence une histoire avec ton petit frère qui se remet tout juste de l'histoire douloureuse qu'il a vécue avec ce connard de Rosier…
-C'est pour ça que vous ne pouvez pas vous blairer avec Evan ?
-Aussi, mais c'est surtout parce que c'est un connard arrogant.
-Totalement d'accord.
Sirius sourit doucement. Il sentait que James avait autre chose à lui dire et une fois encore, il attendit que cela vienne de lui. Il pressentait qu'à partir de maintenant, la suite serait beaucoup plus dure.
-En fait, murmura James. Je minimisais la chose, je ne voulais pas me focaliser là-dessus. Il y avait plus important pour moi. Je pensais à Lily, à nos cours, à Padfoot, à Azkaban et à ces détraqués dehors, mais surtout, Sirius, je pensais à toi. A toi et à tes cauchemars. Je m'inquiète pour toi et… ça me blesse que tu ne partages pas ce qui te ronge avec moi.
Sirius garda le silence. Il n'était pas étonné, il s'y était attendu. Il n'avait par contre pas réalisé que cela travaillait autant son ami. Pourtant, il aurait du s'en douter : celui-ci l'avait interrogé à de nombreuses reprises après tout. Sirius eut honte soudain. D'avoir été un mauvais ami et de ne pas avoir remarqué que son ami souffrait de son silence.
Son secret, il avait pensé pouvoir le garder enfoui au fond de lui pendant une éternité peut-être, s'illusionnant encore et encore. Mais plein d'indices étaient venus mettre à mal sa théorie. Ses cauchemars, ses crises de panique, son angoisse, ses peurs, son manque d'envie, sa difficulté à gérer ses relations. Tout cela l'empoisonnait et il était temps de le reconnaitre. Il n'avait pas envie d'avoir recours à un psy. La vérité lui faisait peur et il craignait également de ne pas pouvoir s'en sortir.
-Je me doute bien que ça doit être difficile pour toi. Je veux juste que tu saches que quand tu seras prêt, je t'écouterai sans te juger, ajouta doucement James.
Sirius savait qu'il était sincère. Il ferma les yeux et sentit James tenter de se redresser. Il lui attrapa alors le bras et lui intima de ne pas bouger. Son ami se réinstalla. Sirius n'était pas sûr de pouvoir le regarder dans les yeux mais il avait besoin de sa présence rassurante.
-Je… Je vois les Sombrals.
Il n'en avait jamais parlé parce qu'il avait vite remarqué que pratiquement personne n'avait cette capacité. Il en avait cherché plus tard la signification, curieux et terrifié à la fois. Leur professeur avait également fait un cours au sujet de ces créatures magiques quelques années auparavant, James savait donc ce que signifiait cette révélation. Sirius avait été tellement alarmé par cette différence étant petit qu'il avait enfoui ça au fond de lui, refusant cette vérité. Mais depuis son rendez-vous avec Jedusor, il avait essayé de s'interroger sérieusement, de comprendre ce qui lui arrivait. Ses cauchemars n'étaient pas des cauchemars mais bien des souvenirs.
-Jamie… t'es le meilleur ami que j'ai toujours voulu avoir, t'es même le seul que j'aurais souhaité, souffla-t-il.
-Sirius, murmura James, touché par sa déclaration.
-Je te remercie de ne jamais me juger et d'être toujours là pour moi.
James prit son ami dans ses bras et Sirius étouffa un sanglot avant de s'accrocher à lui. Il avait fait la moitié du chemin, il pouvait le faire. Il était seul avec son meilleur ami, son frère, il pouvait le faire, se répéta-t-il comme un mantra.
Peu importe que le fait de le dire à haute voix rende l'évènement plus réel encore. Il allait devoir y faire face à présent.
-Je crois que… ma famille cache un sombre secret...
James le fixa, les sourcils froncés.
-Je pense que quelqu'un est mort au 12 Square Grimmaurd, qu'il a été assassiné. Et je crois que si je fais des cauchemars, c'est parce que je l'ai vu mourir, murmura Sirius d'une voix tremblante.
Voilà. Vous vous y attendiez à celle-là ? x)
J'adore terminer mes chapitres comme ça mais je suis sur que ça doit être rageant pour vous pauvres lecteurs et lectrices. Je me dis que ce chapitre à dû autant vous frustrez que vous contentez, en effet, encore beaucoup de trouble du côté de Regulus et James, mais rapprochement mignon et délicat pour Sirius et Remus. Mais on avance du côté intrigue principal.
Bon malheureusement je dois vous annoncer que pour tout le mois de décembre, et au moins le début de janvier, les publications risques d'être incertaine. J'ai vraiment beaucoup de boulot, ce qui est normal avec les fêtes ^^'. Il y'aura encore un chapitre sur et certain en décembre, il est en correction, pour le reste je vous informerais au fur et à mesure. Je devrais reprendre après la mi-janvier à un rythme normal entre 10 jours si je suis optimiste et 14 jours entre chaque chapitre.
Alors prochain chapitre - Secret de famille - entre le 16 et le 19.
