Mio : Je suis d'accord avec toi au sujet de Maugrey, surtout que plus j'écris à son sujet et plus je m'attache à ce personnage alors que ce n'était pas du tout prévu à la base. Les élèves de Poudlard ont été unis et ça a peut-être participer à la libération de leur amis. Sirius et James sont d'ailleurs très bien accueillis par leur amis, ils sont très appréciés après tout. Malheureusement cette histoire à fait des dégâts, notamment l'exclusion des Maraudeurs du concours ! Dumbledore est plus rapide à agir dans certaines occasion que dans d'autres. On a des indications concernant " l'enquête" du viol de Pamela dans ce chapitre.
Les couples étaient au rendez-vous dans le précédent chapitre. Celui de Lily et Severus ne va pas tarder à être officialiser, Remus et Sirius eux se rendent compte qu'il ets in utile de lutter. Quant à James et Regulus, je ne dirais rien. N'oublions pas Dorcas et Peter, même si on entend moins parler d'eux.
Encore merci de prendre le temps de commenter !
Bonne lecture à tous.
Chapitre 34 :
Amère déception
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-Ça fait longtemps qu'on n'a pas exploré le château la nuit, commenta James alors qu'il fixait le plafond lumineux de la chambre.
Sirius et lui s'étaient enfin remis de leur déception. Ne pas être choisis pour participer au tournoi de duel n'était pas grave. De toute façon, s'ils avaient participé, ils auraient gagné trop facilement. Du moins, c'est ainsi que le Préfet des lions voyait les choses. Au fond de lui, il savait bien que la vérité était toute autre mais pourquoi s'embêter avec des détails !
Après ce qui s'était passé au sujet de cette histoire de bracelet, les Maraudeurs avaient à cœur de reprendre leur vie d'avant. Il ne restait que quelques mois à peine avant qu'ils ne doivent quitter définitivement Poudlard. Aucun regret, s'étaient-ils promis. James voulait plus que jamais profiter à100% de la vie. Il n'était pourtant pas forcément en mesure de le faire, étant encore partiellement en convalescence. Le Gryffondor avait besoin de se coucher tôt, se fatiguant assez rapidement, et il n'avait pas repris tous ses cours. Il s'essoufflait plus vite que d'habitude et avait parfois du mal à se concentrer. Mais plus les jours passaient, mieux il se portait. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne récupère complètement. En attendant, il refusait de s'arrêter de vivre seulement parce que sa situation médicale l'en empêchait. Il ferait attention, c'est tout.
Il était avec Sirius de toute façon. Il avait l'impression que rien ne pouvait leur arriver lorsqu'ils étaient ensemble.
Demain matin, Dumbledore annoncerait la liste des participants au tournoi et James observerait le spectacle avec plaisir. Regarder n'était pas plus mal. Au moins, il ne passerait pas ses vacances à s'entrainer comme un fou. Il fallait voir le bon côté des choses. Il encouragerait à fond ses camarades. Être à la place du spectateur le changerait mais James était décidé à positiver. Echapper à la mort forçait à relativiser et à voir les choses autrement. Quelque part, il ne s'était jamais senti aussi apaisé que maintenant.
Par exemple, beaucoup de ses peurs s'étaient envolées ainsi que sa rancune envers Snape. En étant juste, il reconnaissait qu'il n'avait pas été tendre avec le Serpentard et qu'il avait manqué maintes occasions de se montrer plus mature que lui. Snape était le meilleur ami de Lily, il aurait dû faire plus d'efforts pour s'entendre réellement avec lui. Lui-même n'aurait pas supporté que Lily soit en guerre perpétuelle avec Sirius.
Tout ça était derrière lui cependant. Lily et lui, c'était fini. Il tournait la page sans regrets. Sa vie ne s'arrêterait pas après Poudlard. Un nouveau chapitre s'ouvrirait, tout simplement.
James observa son ami qui, plongé dans une activité bien mystérieuse, avait oublié de lui répondre. Ils étaient dans leur dortoir, normalement prêts à aller se coucher. Le couvre-feu était passé depuis un moment.
-T'as entendu Sirius ?
-J'ai entendu, lui répondit son ami.
James l'observa terminer de bricoler une carte.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-J'essaie de terminer mon cadeau pour Remus.
-Son anniversaire est déjà passé.
Sirius observa son œuvre, satisfait, puis la rangea dans le tiroir à côté de son lit. James suivit alors son ami des yeux quand celui-ci vint s'asseoir à ses côtés. Il esquissa ensuite un sourire face à l'air enjoué du brun.
-Je le sais bien, James, c'est pour le féliciter de sa nomination.
-Tu ne sais pas encore s'il sera pris ! lui rappela le plus jeune.
Sirius lui lança un regard entendu et James eut un sourire.
-J'avoue que c'est obligé que Remus soit choisi.
-On est bien d'accord !
Ils rigolèrent et Matt Gennins, qui occupait le lit en face de celui de Sirius, les supplia de faire moins de bruit. Lui et le reste de leurs camarades voulaient dormir !
-Quel rabat-joie, grommela Sirius.
James haussa les épaules et prit sa cape avant d'entrainer son ami hors du dortoir. Il n'avait pas sommeil, ayant fait une longue sieste de plus de 3h dès la fin des cours. Il devait d'ailleurs arrêter parce que cela déréglait complètement son cycle de sommeil. Il réfléchissait également à voir avec Pomfresh pour des potions de sommeil qui lui permettrait de faire des nuits complètes. Ou alors quelque chose qui le garderait éveillé plus longtemps et chasserait la fatigue journalière.
Au fond, s'il y réfléchissait bien, c'était à cause de ses insomnies qu'il bravait le couvre-feu et le règlement de l'école. Sirius et lui étaient bien décidés à s'occuper cette nuit. C'est ainsi que les Maraudeurs se mirent à la recherche d'élèves insouciants à embêter.
Sirius se cacha sous la cape pour ne pas être vu et James marcha lentement dans les couloirs vides du château. Ils tombèrent complètement par hasard sur un Serdaigle de 4ème année, les mains pleines de victuailles. Il avait apparemment eu une fringale nocturne, rien qui ne le dispensait d'attendre le lever du jour. James joua alors les Préfets stricts et rappela à l'ordre l'aigle. Celui-ci bredouilla de piteuses excuses avant de s'en retourner dans sa chambre. Une fois l'élève parti, le batteur enleva la cape et éclata de rire avec son ami. James l'observa ensuite imiter parfaitement le 4ème quatrième année, augmentant son hilarité.
-Pourquoi faites-vous donc autant de bruit ? les questionna soudain Remus dans leur dos.
James sursauta puis passa une main dans ses cheveux lorsque son cœur arrêta de battre la chamade.
-Tu m'as fait peur, Remus !
-Désolé, sourit le Poufsouffle.
-Qu'est-ce que tu fais dehors ? l'interrogea Sirius.
-Je n'arrivais pas à dormir, je stresse trop pour demain, avoua-t-il. Je me suis donc décidé à utiliser correctement mon temps en faisant une ronde.
Il soupira ensuite avant d'observer les Maraudeurs.
-Et vous ? Encore à jouer de mauvais tours !
-Mais non, on se baladait, c'est tout, lui assura Sirius.
-On voulait aller dehors, partir à l'aventure. Il n'y a rien d'intéressant dans le château, ajouta James, gardant le silence sur le 4ème année qu'ils avaient surpris plus tôt.
-Vous pensez vraiment que c'est le moment de faire ça ? soupira encore le châtain.
Sirius sourit et passa une main dans les cheveux de son amant avant de caresser sa joue de son pouce, son regard ancré au sien. James les observa un instant, troublé de les voir ainsi. Il n'avait jamais vu ses amis aussi proches. Sirius lui avait simplement raconté que ça allait beaucoup mieux entre le Poufsouffle et lui, et il en était heureux.
-Il n'y a pas de moment spécial pour ça ! Vivre, ça n'attend pas et encore moins l'aventure ! lui expliqua Sirius. Tu viens avec nous ?
-Je…
Remus hésita et balada son regard sur les deux Gryffondor.
James, tout comme Sirius, savait que le châtain allait céder. Remus était incapable de dire non à ses amis. Moins de cinq minutes plus tard, ils se faufilaient ainsi hors du château.
-Vous avez une mauvaise influence sur moi, leur fit remarquer Remus, dépité d'avoir cédé aussi vite.
-Si ça peut te consoler, dis-toi qu'au contraire, tu as une bonne influence sur nous, relativisa le fils Potter.
-Ça ne me console pas le moins du monde ! Et sincèrement, je pense que cette supposée influence dont tu parles n'est pas assez grande sinon on ne serait certainement pas là…
-J'aurais au moins essayé, s'amusa James.
Sirius s'approcha du Poufsouffle, frôlant ses doigts et derrière eux, James comprit que son ami essayait de prendre la main de Remus. C'était surprenant de voir son meilleur ami ainsi. Sirius n'avait jamais été timide et nerveux avec personne. Peut-être juste un peu lors de son entrée à Poudlard. En effet, le fait de ne pas avoir été réparti à Serpentard avait engendré beaucoup de stress, surtout que ses parents avaient été furieux. Mais finalement, le batteur en avait été soulagé. Une fois que les autres avaient décidé de l'intégrer pleinement à eux, il s'était ouvert.
Mais tout ça remontait à si loin.
James ne put empêcher un autre sourire de venir étirer ses lèvres lorsque Remus accepta le geste de tendresse du Gryffondor.
-Trouvons une licorne, décida-t-il soudain.
Il dépassa le couple qui lui lança un regard effaré.
-Q-quoi ? Mais d'où tu sors une telle idée ?! balbutia Remus.
-Ce n'est rien, Moony, le rassura Sirius. C'est juste que James n'a pas beaucoup dormi ces derniers temps alors il dit des trucs bizarres. Mais étrangement, ça a l'air sympa !
Aussitôt, les deux amis se tapèrent dans la main puis s'engouffrèrent dans la forêt interdite. Remus resta quelques secondes à l'arrière, sidéré. Il hésita à se lancer à leur poursuite mais les laisser seuls lui paraissait bien trop dangereux….
James passa un bras autour de ses épaules lorsqu'il les rejoignit.
-Il paraît que les licornes donnent l'immortalité et réalisent les rêves, lança Sirius.
-Ce serait trop cool si on en trouvait vraiment une, soupira l'autre Gryffondor.
-Ça a peu de chances d'arriver.
Remus était bien décidé à les ramener sur terre.
-Soyez prudents, la forêt interdite est interdite pour une bonne raison, insista-t-il. Un accident est vite arrivé.
James et Sirius devinaient que leur ami faisait référence à la mauvaise expérience qu'il avait vécue avec Regulus des mois plus tôt. Et parce qu'ils savaient les propos de leur ami vrais, ils décidèrent de faire attention. Sirius prit la tête de l'expédition, les guidant maladroitement à travers les bois. Remus quant à lui ressortait ce qu'il avait retenu de son cours sur ces merveilleuses créatures mais plus il parlait, plus il démoralisait les Gryffondor. Ceux-ci finissait par ce dire que jamais ils n'en verraient de leurs vies et que si par miracle cela arrivait, celles-ci ne se laisseraient pas approcher.
-Tais-toi, Moony, tu brises mes rêves, grommela le capitaine de Quidditch après un long moment de marche.
Remus ne put que sourire en réponse.
-Et si on rentrait ? proposa-t-il finalement. Demain, je vous montrerai le tourne disque qu'on possède dans mon dortoir.
-C'est vrai ?! s'enthousiasma James tandis que Remus hochait la tête.
-On fait demi-tour alors ? demanda Sirius, juste pour être sûr.
-Le dernier arrivé est une bouse de dragon ! lança James avant de s'élancer.
Sirius et Remus ne se pressèrent pas. Ils savaient qu'il le rattraperait suffisamment vite.
xXx
Dorian entendait à peine ce qui se passait autour de lui. Tout ce qu'il pouvait faire était courir et ne surtout pas s'arrêter. Il avait cette horrible impression que son sang bouillonnait et il sentait les battements de son cœur résonner comme des percussions à ses oreilles. Il tenait fermement la main de sa sœur et ne comptait pas la lâcher. C'était le seul moyen qu'il avait de s'assurer qu'elle était toujours là, vivante. S'il la lâchait, il savait qu'elle serait perdue. Et lui aussi car il ne pourrait pas la laisser seule face à ces créatures.
Lorsque le sorcier avait imaginé sa cavale, il s'était attendu à ça. Vivre dans la misère et la peur, fuyant perpétuellement pour sa vie. Ne jamais être totalement libre. Mais sa sœur lui avait assuré que ce ne serait pas le cas. Pire, elle s'était démenée pour que ça n'arrive pas. Mais au final, il se retrouvait confronté à son destin.
Ce soir, il allait peut-être mourir. Et sa sœur aussi.
-Ma-Marlene !
Ses cuisses le brulaient et il s'engourdissait. Il entendait juste ce tambourinement incessant. C'était l'adrénaline qui lui donnait la force de se dépasser, de faire taire la douleur qu'il ressentait face à l'effort qu'il imposait à son corps. Mais combien de temps pourrait-il tenir ainsi ?
Ces créatures étaient fortes et athlétiques en plus de posséder un véritable talent pour la chasse. C'était probablement ce qui était en train de se passer. Ils chassaient et Dorian et Marlene n'étaient que leurs proies.
Les Triswasker étaient connus pour toujours capturer leurs proies. Ils n'avaient aucune chance…
-Do…Dorian, j'en-j'en peux plus...
Les Triswasker se rapprochaient et Marlene et lui en déjà si peu d'avance… Il y eut soudain du bruit et lorsque les jambes du fugitif lâchèrent, ils comprirent que c'était le fameux chant que la tribu magique entamait avant de passer à l'action. Marlene, exténuée, n'eut plus la force de continuer sans son soutien. Les trois créatures furent devant eux en un clin d'œil, les observant avec curiosité et envie.
-Sauves-toi, Marlene, je t'en prie…
Dorian eut tout juste le temps de prononcer cette phrase qu'un des Triswasker fonça sur la jeune fille. Il cria avant de se saisir de sa baguette mais ne put rien faire. Ses yeux s'écarquillèrent avec effroi alors qu'ils se fixaient sur sa sœur.
Elle venait de recevoir un coup porté par une espèce de massue en bois au niveau de la tête et elle s'effondra. Son corps se mit à convulser. Dorian sentit des larmes lui échapper alors qu'il implorait celui qui s'approchait de lui. Cette créature avait une corne cassée sur le front et de petits yeux que le sorcier arrivait à peine à distinguer.
De vrais prédateurs. Etant encore dans le périmètre établi par l'école qui empêchait toute personne de transplaner, Dorian et Marlene ne pouvaient utiliser la magie pour fuir. Echapper aux Triswasker était mission impossible. Ils possédaient une endurance et une vivacité hors norme grâce à leur magie.
Le fugitif savait que ces créatures ne leur laisseraient pas la vie sauve. Il devait se défendre.
Avec rage et désespoir, il lança un premier sort qui envoya celui à la corne à quelques mètres. Mais tout aussi vite, un autre fonça sur lui. Dorian se releva en tremblant et invoqua une protection fébrile qui céda vite sous l'assaut du prédateur. Il fut alors projeté par terre, roulant avec le Triswasker. Celui-ci grogna au-dessus de lui mais Dorian détourna le visage pour tenter de voir sa sœur. Celle-ci, encore sonnée, essayait de se trainer à l'abri. Mais dans la forêt interdite, ils n'étaient à l'abri nulle part.
Un coup de griffe sur son torse ramena Dorian à ses propres problèmes. Il cria de douleur et sentit une larme lui échapper. Il allait mourir…
Le Triswasker bomba le torse et arma son bras pour un autre coup, peut-être fatal celui-ci…
-Everte Statum !
Son assaillant fut brutalement propulsé en arrière et Dorian en trembla de soulagement. Quelqu'un venait de le sauver ! Encore allongé par terre, du sang s'écoulait de son torse mais il se redressa tant bien que mal pour voir le visage de son sauveur.
Il s'agissait de trois jeunes adultes et pour Dorian, il ne faisait aucun doute que ces sorciers étaient des camarades de classe de sa sœur. Il cligna des yeux, la fatigue et la douleur l'assaillant d'un coup. Il se força néanmoins à rester concentré et conscient. Soudain, sous ses yeux, le plus grand des trois se transforma en puma avant de grogner et de foncer vers lui.
Dorian ferma les yeux, se préparant au choc. Lui qui pensait être sauvé… Il entendit alors un bruit de choc et des grognements, une lutte. Il rouvrit alors les yeux pour voir l'Animagus se battre férocement avec le Triswasker qui l'avait attaqué plus tôt.
-Moony ! cria celui à l'allure de playboy, visiblement inquiet pour son ami.
-Sirius, occupe-toi de Marlene ! lui intima celui qui portait des lunettes.
Dorian n'eut plus la force de se maintenir sur ses coudes et s'effondra par terre. Il regarda sa sœur et vit qu'effectivement, le dénommé Sirius lui portait secours. Il fut néanmoins interrompu par un des prédateurs. Baguette en main, celui-ci fit de son mieux pour le tenir éloigné mais Marlene était si mal qu'elle ne pouvait pas l'aider. Lui-même se sentit soudain bouger. Il croisa ainsi le regard marron de celui qui portait des lunettes avant de s'évanouir. Il ne fut cependant pas inconscient bien longtemps : la blessure sur son torse le brulait et la douleur le tenait partiellement éveillé pendant qu'on le déplaçait.
-Il faut les rassembler, j'ai une idée ! cria Sirius.
Engourdi par la douleur, Dorian les observa se battre, prendre des coups et faire face à la colère de la tribu. Et puis, les Triswarker furent enfin rassemblés. Le brun leva sa baguette et fit un signe à son ami. Le puma reprit alors forme humaine et serra sa baguette.
-Deprimo ! crièrent-ils en chœur.
Le sol s'affaissa puis se creusa pour former un énorme trou et les Triswarker s'effondrèrent dans un cri dans le piège.
Les élèves de Poudlard soupirèrent de soulagement et Dorian se sentit glisser vers l'inconscience.
-On a réussi, putain ! souffla James, visiblement épuisé.
Il se laissa tomber par terre et tenta tant bien que mal de reprendre une respiration régulière.
-Les cours de Leroy nous ont quand même bien servi, haleta-t-il ensuite.
-Oubliette, murmura l'Animagus.
-Remus ? s'étonna Sirius.
-Ils oublieront qu'ils chassaient une proie et également qu'ils nous ont croisés, répondit-il. Cela va les désorienter mais pour peu de temps seulement. Il faut vite partir avant qu'ils ne sortent du piège. Et il faut les emmener voir l'infirmière de l'école, ajouta-t-il en direction de ceux qu'ils avaient secourus.
Les Maraudeurs acquiescèrent.
Sirius aida Dorian à se lever et les secousses sortirent le jeune homme de sa torpeur. Ils échangèrent un regard. Dorian était certain que le jeune homme devait savoir qui il était. Le secret que lui et sa sœur s'étaient efforcés de garder venait d'être découvert…
-Qu'est-ce que tu fais, James ? On y va, lança Sirius.
-Je sais mais c'est elle, lui montra son ami.
-Pas l'infirmière, protestait mollement la jeune fille.
-Marlene, tu dois te faire soigner, tenta James.
-Peux pas…
Dorian croisa le regard de sa sœur et tout comme les autres, il sut pourquoi elle refusait. Si ces trois-là les emmenaient au château, Dorian serait renvoyé à Azkaban et Marlene aurait de graves problèmes. Peut-être même qu'elle le rejoindrait en prison.
-Tu blagues, j'espère ! gronda Sirius.
Il lâcha le châtain qui, surprit, s'effondra par terre. Il observa ensuite en silence le reste de l'échange. Le brun attrapa le bras de sa sœur, bien décidé à l'emmener de force.
-Sirius, fais attention ! s'alarma James.
-Il a raison, intervint Remus. Elle a reçu un coup à la tête, tu pourrais ag-
-Je m'en fous.
Moony sembla mal à l'aise.
-T'as fait des conneries, t'assumes. T'as de la chance qu'on t'aide, cracha Sirius au visage de son ex.
-Si Dorian est arrêté, articula-t-elle lentement. Je leur dirais pour ton secret, Remus.
Il y eut un silence atterré et Dorian comprit une fois de plus jusqu'où sa sœur pourrait aller pour lui. Très loin. Et le pire était qu'il n'était pas sûr de le mériter.
xXx
Sirius faisait les cent pas, ses pieds faisant grincer le vieux plancher de la cabane hurlante. Il jeta un regard noir à Dorian McKinnon, assis par terre, les mains liées et dans les vapes. Marlene était dans la chambre pour profiter du lit même si le Gryffondor se fichait bien de son état. Il souffla fort pour montrer son mécontentement. Il savait que s'énerver ne faisait pas avancer le débat mais il était trop en colère pour être lucide.
-On lui lance un sort d'oubliette, proposa James.
-Non, on ne peut pas.
-Pourquoi pas ? s'agaça Sirius. Ça arrangerait tout !
-Elle a reçu un coup à la tête, Sirius. Si on fait ça, on risque d'endommager encore plus son cerveau.
-Et ce serait grave ? demanda sérieusement James.
Remus lui renvoya un regard choqué.
-Ne me regarde pas comme ça, Moony. Elle a aidé des prisonniers à s'échapper de son plein gré ! On aurait tous pu mourir à cause d'elle ! lui rappela James.
Remus baissa les yeux, fatigué, et Sirius se sentit triste pour lui.
-Ça ne t'énerve pas, toi ? voulut-il alors savoir.
Le Poufsouffle releva la tête et lui lança un regard dur.
-Bien sûr que si ! Je n'explique pas et ne pardonne pas son geste. Mais il faut bien que l'un d'entre nous réfléchisse suffisamment pour ne pas faire n'importe quoi ! Vous croyez que j'ai envie de prendre soin d'elle après ce qu'elle a fait ? Après sa menace dans la forêt interdite ?!
Remus serra les dents, essayant de se contenir.
-Excuse-nous, Moony, souffla James.
-Ouais, pardon.
Sirius vint le prendre dans ses bras et fut heureux de voir qu'il le laissait faire.
-Qu'est-ce qu'on fait alors ? marmonna James.
Ni Sirius ni Remus ne furent capables de lui répondre. Et cette indécision dura plusieurs minutes. Sirius, dont la colère n'arrivait pas à retomber, tourna en rond avant de soupirer et de déclarer qu'il allait au moins s'assurer que l'état de la Serdaigle ne s'était pas dégradé.
Le Gryffondor entra donc dans la pièce, restant un instant à la porte avant de la refermer. Celle-ci grinça mais ne sembla pas pour autant perturber le repos de la jeune femme. En l'observant, Sirius comprit qu'elle souffrait tant que ce bruit était pour ainsi dire, un moindre mal.
L'ainé des Black n'avait rien laisser paraître devant ses amis mais à la colère s'ajoutait la déception. Sans doute était-elle-même plus forte encore. C'était si violent qu'il ressentait le besoin de s'effondrer et de souffler pour faire passer ce sentiment. La colère était une compagne qui lui seyait mieux.
Marlene et lui s'étaient fréquentés un temps et il la connaissait depuis presque aussi longtemps que ses autres amis de Gryffondor. Il avait essayé de l'aimer sans vraiment y mettre les formes, sans réussir à se projeter. Il lui avait probablement fait du mal mais malgré ce qu'il s'était passé entre eux, d'une certaine manière, ils compteraient toujours l'un pour l'autre.
Et cette fille qu'il avait pensé si bien connaître, avec qui il avait tant partagé, se révélait coupable des pires choses. Il n'arrivait pas à accepter cette idée et c'était peut-être ça qui l'énervait à ce point.
Lui aussi avait un frère dont il devait prendre soin, mais jamais il n'aurait mis la vie des autres en péril pour Regulus. Il aurait trouvé un autre moyen. Il y avait toujours une solution, il suffisait de mieux chercher. Et puis, Dorian McKinonn n'était pas un agneau blanc. Il avait commis des crimes, ce qui expliquait sa présence à Azkaban. Sa sentence était peut-être trop dure mais ce n'était pas à Marlene d'en décider.
Sirius soupira et s'approcha lentement du lit. Marlene gémit et essaya de fixer son regard brillant de larmes vers lui.
-Tu ne veux toujours pas voir Pomfresh ? lui demanda-t-il.
-Mon frère ? souffla-t-elle.
Sirius serra les dents et ne répondit pas.
Marlene esquissa alors un sourire douloureux.
-Je ne te demande pas de comprendre.
Elle grimaça et Sirius posa le dos de sa main sur son front. Il s'inquiéta en constatant qu'elle était chaude. Il plaça un linge humide sur son front et l'écouta marmonner des trucs incompréhensibles durant quelques secondes.
-Pourquoi ? demanda-t-il après un moment.
Il voulait tout de même avoir au moins un début de réponse.
-Il…
Marlene tenta de reprendre la parole.
-Azkaban est une erreur, les dé-détraqueurs sont une erreur. Ils font des procès… express et remplissent la prison histoire de rassurer les gens. Leur montrer qu'ils obtiennent des résultats… On ne mérite pas d'aller croupir en prison pour ses idées, cracha-t-elle finalement.
Sirius ne sut quoi répondre. Marlene ne voudrait certainement pas s'entendre dire qu'elle avait tort. D'autant que Sirius n'était pas sûr de pouvoir l'affirmer. C'était plus son acte inconscient qu'il jugeait que sa manière de voir les choses.
-Il m'avait… Je voulais le croire, souffla-t-elle encore alors que ses yeux se fermaient lentement.
Sirius fronça les sourcils. Il appela de nouveau la jeune femme et s'approcha d'elle pour mieux l'entendre.
-Je n'ai pas compris. De qui tu parles ? Dorian ?
Son regard se voila. Exténuée et affaiblie, Marlene ferma les yeux.
-Jedus…or.
Sirius sentit un froid immense le traverser. Il se rappela alors de ce que l'esprit leur avait révélé, de la raison pour laquelle James et lui s'étaient équipés du bracelet. De la vigilance qu'ils auraient dû avoir contre le psychomage et de la catastrophe qu'avait été cette visite à Azkaban.
-Marlene ?
Mais cette fois-ci, elle ne répondit pas. Sirius prit son pouls et fut heureux de le sentir battre. A priori, elle respirait toujours. Mais pour combien de temps encore ? Les trois amis devaient faire un choix à présent.
Le Gryffondor s'empressa de rejoindre ses amis qui n'avaient malheureusement pas réussi à faire avancer le débat.
-Il faut qu'on l'emmène maintenant, lança-t-il.
James fronça les sourcils.
-Et qu'est-ce qu'on fait de son frère ? lui demanda-t-il.
-On le laisse là. Ce n'est clairement pas notre plus gros problème dans l'immédiat.
James et Remus échangèrent un regard avant que le Poufsouffle ne soupire. Il donna tout de même son accord, se pliant à la décision commune. Il décréta cependant qu'ils devraient revenir plus tard pour s'occuper de Dorian : ils ne pouvaient pas le laisser attaché et livré à lui-même ici. Lorsque Marlene serait en état, elle viendrait s'en occuper et ainsi, ils pourraient sortir de cette affaire.
-Très bien, j'amènerai Marlene à l'infirmerie. Je dirai que je l'ai trouvée en faisant ma ronde, décida Remus.
- Ça va créer un sacré bordel, grogna Sirius.
-Ils vont surtout poser beaucoup de questions. Tu es sûr de pouvoir t'en charger, Moony ? Tu ne sais pas mentir, lui rappela le capitaine de Quidditch.
-J'y arriverai. Et puis, s'il décide d'utiliser la legimancie, je suis celui qui pourra le mieux protéger les souvenirs de cette nuit.
-Ils vont croire qu'il y a un détraqueur à Poudlard, souffla Sirius.
-Ou alors qu'un des prisonniers a réussi à pénétrer dans le château.
-Et il s'en serait pris à Marlene ? demanda James, dubitatif.
Remus haussa les épaules.
-Il faudra broder. Marlene ne peut plus attendre.
-Allons-y, trancha James.
xXx
Dumbledore avait l'impression de vivre un cauchemar. Peut-être était-il à un stade de sa vie où tout ne pouvait que mal tourner ? Il avait échoué sur bien des points, mais avait toujours agi pour le bien des autres dans le but sincère d'arranger les choses. Sa jeunesse tragique lui avait servi de leçon et le sorcier faisait de son mieux pour remplir les exigences qu'il s'imposait et qu'on lui imposait.
A une époque, faire le bien avait été son crédo, une manière de laver ses péchés. Mais en vieillissant, il avait découvert les arcanes du pouvoir et de la politique qui gouvernaient leur monde. Le bien et le mal était une notion bien trop abstraite qui changeait malheureusement suivant les circonstances. Blesser quelqu'un était mal mais si l'acte servait une cause juste, était-ce plus acceptable ? Lors de la dernière guerre des sorciers, bon nombre de batailles avaient fait des victimes collatérales. C'était regrettable, mais c'était logique lors d'une guerre. Albus Dumbledore avait dû faire de nombreux choix difficiles tout au long de sa vie. Et pour faire ses choix, il ne s'était pas contenté d'imaginer les conséquences immédiates mais aussi celles à venir. Parce qu'il fallait être capable de voir loin, avoir toutes les cartes en main, étudier les bénéfices et les risques. Cela ne voulait malheureusement pas dire que ses décisions étaient toujours justes.
Pour autant, le directeur de l'école de magie était certain d'une chose : la fin justifiait les moyens. Il le pensait déjà lorsqu'il était avec Gellert et ça n'avait pas changé aujourd'hui, si bien qu'il se demandait s'il avait réellement évolué. Si ce jeune homme plein d'ambition et d'ego qu'il avait été avait véritablement disparu.
Il était certainement plus difficile de changer sa nature profonde qu'il avait cru.
Le bon choix, il avait pensé le faire en confrontant Tom Jedusor. Mais il s'était trompé. Il y avait une autre victime et le directeur n'était plus si sûr que le psychomage soit coupable. Peut-être que le professionnel avait eu raison de dire qu'il avait d'abord pensé à ses intérêts en essayant de régler cette histoire en interne. Sans doute que s'il avait alerté les autorités compétentes dès le début, cette histoire aurait déjà pu être réglée. Et surtout, il n'y aurait pas eu d'autres victimes.
Aujourd'hui, il n'était plus sûr de rien. Le psychomage était absent de l'école depuis deux jours et ne devait rentrer que vendredi. Il était à un séminaire et Dumbledore était certain qu'il s'y trouvait.
A quel point s'était-il trompé exactement ?
Dumbledore posa une nouvelle fois son regard sur Marlene McKinonn. Il pouvait sentir derrière lui le regard et l'inquiétude de l'infirmière.
-Comment va-t-elle ? demanda-t-il d'une voix lasse.
-Bien maintenant. Mais son état…
Pomfresh soupira, s'approcha du lit et arrangea inutilement les draps. Elle garda le silence un moment, son regard ne pouvant se détacher de la Serdaigle.
-J'ai soigné en priorité le traumatisme qu'elle avait à la tête, le reste de ses blessures était minime.
-Dans combien de temps se réveillera-t-elle ? demanda le directeur de l'école.
-Pas avant deux voire trois jours, répondit l'infirmière. Il faut qu'elle se repose pour complètement se remettre.
-Très bien.
Albus baissa le regard, essayant d'affronter le visage fatigué et blessé de son élève. Il ne put le faire. Il était incapable de regarder en face la personne qu'il avait échoué à protéger. Marlene McKinonn était une élève talentueuse et il espérait simplement qu'elle ne garderait aucune séquelle. D'abord Alton et ensuite elle. Il était temps d'agir, de prendre les bonnes décisions.
-Avez-vous procédé à un examen gynécologique ?
Pomfresh posa sur lui un regard affolé.
-Albus, qu-que dites-vous ?
Lentement, le vieux sorcier vit l'incompréhension se dessiner sur ses traits.
-Mais non, cela ne peut pas arriver ! s'indigna-t-elle. Cela fait déjà des mois que la jeune Alton a été agressée, je ne peux pas croire que son violeur court toujours ! Que font les Aurors ?! s'énerva-t-elle ensuite. Ils ne considèrent pas cette affaire comme suffisamment importante pour mettre les moyens nécessaires ?!
-Il ne s'agit pas de cela, mon amie.
-N'essayez pas de leur trouver des excuses, Albus, ce qui se passe est inacceptable ! Nous sommes tout de même en train d'évoquer la possibilité d'une autre victime !
Rien qu'à cette évocation, Pomfresh se sentait défaillir.
-Où en est l'enquête ? voulut-elle savoir.
Dumbledore resta silencieux un instant, se préparant à l'amertume qu'il allait bientôt lire dans le regard de son amie. Il la connaissait très bien mais la réciproque était vraie et Pomfresh se tendit soudain.
-Y a-t-il une enquête des Aurors en cours, Albus ?
-Je crains que non, admit-il dans un souffle.
A ces mots, le visage de l'infirmière se ferma, la colère se mêlant à la déception.
-Je croyais que vous aviez fait le nécessaire ? C'est pour cette raison que j'ai accepté de me taire, de ne pas déclarer ce qui était arrivé !
-Je comprends votre désarroi. Je pensais également avoir bien agi mais je me suis trompé.
-Je ne suis pas bouleversée, Albus, je suis en colère ! La petite Alton a beaucoup souffert, elle a tenu chaque jour qui passait parce qu'elle avait la certitude que vous faisiez tout pour retrouver le coupable ! Et là, vous me dites qu'il a peut-être recommencé ?! Qu'avez-vous fait exactement pendant tout ce temps !?
Dumbledore ne sut quoi répondre à ses accusations. Il n'y avait rien à dire, tout simplement.
-J'ai pris la mauvaise décision et soyez sûre que je m'en veux. Chaque fois que je vois la jeune Pamela Alton, je me rappelle sa tristesse et je vois combien elle souffre.
-Vous n'en savez rien, Albus !
Le vieux sorcier baissa les yeux. Il n'avait jamais vu l'infirmière de l'école ainsi. Pomfresh aimait son métier et prenait soin de chaque élève, peu importe la manière dont ils se conduisaient. C'était elle qui s'était occupée de la Serdaigle après son viol. Qui l'avait gardée avec elle et qui l'avait écouté exprimer sa douleur des premiers jours. C'était encore elle qui la recueillait parfois lorsqu'elle avait besoin d'un endroit pour être seule, en sécurité. Elle qui lui avait fait confiance et accepté de ne pas divulguer l'information alors qu'elle savait combien la libération de la parole dans ce genre d'atrocité était importante. En taisant ce qu'Alton avait subi, Albus et elle ne préservaient pas la victime. Ils minimisaient le danger réel que les élèves courraient à Poudlard.
Avec une deuxième agression, c'était à présent prouvé. Ils laissaient une chance au monstre de recommencer. Mais plus que tout, il donnait l'impression à Alton qu'elle était celle qui devait se cacher et avoir honte.
-Que savez-vous vraiment de ce qu'elle ressent ?! Je suis moi-même une femme mais j'en suis pourtant incapable ! Ni vous ni moi n'avons eu un jour à subir ça !
-Vous avez raison, murmura Dumbledore d'une voix éteinte. Je suis désolé d'avoir été si maladroit dans mes propos. C'est vous qui aviez raison… Il est temps d'agir.
-Je… Si vous permettez, je dois procéder à un nouvel examen, décida Pomfresh, encore bouleversée. Mais j'espère sincèrement que vous vous trompez.
Le directeur de Poudlard hocha la tête et s'éloigna en silence. Il comprenait les craintes de l'infirmière mais il ne voyait pas qui d'autre aurait pu faire cela. Il osait espérer que Poudlard n'était pas rempli de monstres ou de criminels. Un était déjà bien trop. Le directeur sortit de l'infirmerie et observa Remus Lupin qui l'attendait encore. C'était lui qui avait trouvé la Serdaigle et qui l'avez emmené ici.
-Merci d'avoir attendu, M. Lupin.
-Comment va-t-elle ? demanda-t-il.
-Pomfresh s'occupe bien d'elle, ne vous inquiétez pas. Elle est entre de bonnes mains.
Le vieux sorcier tendit ensuite le bras, invitant le Poufsouffle à le suivre.
-Allons dans mon bureau, nous avons à discuter.
xXx
Il y avait beaucoup d'excitation en ce jeudi matin et Regulus devinait sans mal pourquoi. Aujourd'hui, après des jours, des semaines d'attente, les quatre participants au tournoi de duels seraient connus. Regulus n'avait pas beaucoup d'espoir. Il avait étudié sérieusement ses chances et pensait peu probable que son nom soit cité. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'y croire et se sentait terriblement nerveux.
Le Serpentard en avait brièvement parlé avec ses parents qui en avaient été très heureux. Walburga et Orion lui avaient dit que s'il participait, ce serait très bien pour leur famille. Regulus s'était senti étrange en lisant cette lettre. Il avait ensuite compris que c'était parce qu'il aurait souhaité d'autres mots de ses parents. Mais Walburga et Orion avaient toujours pensé en ces termes-là et pendant un temps, lui-même avait tenu ces propos. Il avait espéré maintes fois faire revenir Sirius à la raison avec ses arguments, sans jamais y arriver. Aujourd'hui, il comprenait pourquoi.
Pour une fois, il aurait voulu que ses parents se contentent de le féliciter, de dire qu'il croyait en lui. Pas de tout ramener au prestige de la famille Black. Il était vrai que le Serpentard l'avait bien terni en s'enfuyant avec son frère du Square Grimmaurd puis en entamant une relation avec Evan Rosier mais il aurait souhaité qu'enfin, tout ça soit derrière lui. Malgré tout, Regulus était bien conscient que ses parents ne changeraient pas tant qu'il n'oserait pas les confronter. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à le faire. Une part de lui avait peur qu'en agissant ainsi, ce qui s'était passé avec Sirius se répète. Que ressentirait-il s'il devenait détesté et source de déception ?
Il ne voulait pas y penser.
Il souhaitait simplement que l'annonce des élus tombe vite, que son stress disparaisse. Qu'il lise la déception de ses parents s'il n'était pas choisi et qu'il passe ensuite à autre chose. Malheureusement, le 6ème année n'avait aucune idée de l'heure à laquelle le directeur ferait son annonce. Il avait pensé au moment du petit déjeuner mais Dumbledore n'avait même pas été présent. Les élèves de Poudlard devaient donc se résoudre à ce que le suspense perdure jusqu'à ce soir. Les cours les tiendraient suffisamment occupés d'ici là de toute façon.
Regulus n'était pas sûr que ça marche mais il n'avait pas tellement le choix. Alors il fit de son mieux pour se concentrer sur son cours. Le professeur de soin aux créatures magiques avait décidé de leur parler des Sombrals aujourd'hui.
-Que connaissez-vous d'eux ? leur demanda-t-il.
Regulus s'empressa de lever la main avant de prendre la parole sans y avoir été invité.
-Les seules personnes qui peuvent voir les Sombrals sont celles qui ont vu la mort. Les Sombrals sont considérés comme un mauvais présage en raison de leur apparence effrayante alors qu'ils sont en réalité bienveillants et non agressifs.
-Vous en savez des choses, Black, approuva l'enseignant, visiblement impressionné.
-Je me suis documenté. J'étais curieux de cette espèce si secrète.
-Bien. 30 points pour Serpentard.
Regulus sourit, satisfait. Il écouta avec attention le professeur parler de l'histoire des Sombrals. A cause de leur mauvaise réputation, ceux-ci avaient été à plusieurs reprises chassés ou maltraités par la communauté magique, ce que le Serpentard regrettait beaucoup. Comme quoi Padfoot avait eu raison de lui dire que tout ce qu'avait fait les sorciers n'avait pas été bon. Que toutes leurs croyances n'étaient pas forcément fondées. Le ministère de la Magie les avait même classés comme dangereux !
Le professeur leur parla ensuite vaguement de leur origine, des pays où il était possible d'en trouver avant de leur en présenter un. Regulus, comme beaucoup d'autres élèves, fut déçu de ne pas pouvoir le distinguer. Tous furent cependant autorisés à approcher pour le toucher brièvement, histoire de se rendre compte de ce qu'ils avaient devant eux.
Le cours se termina finalement et c'est soulagé que le cadet des Black se rendit à son prochain cours. En chemin, il put entendre des élèves parler de Hugo Leroy, le professeur de duels. Le Serpentard n'y avait pas pensé avant mais le français allait bientôt partir. Il serait toujours en Grande Bretagne puisque qu'il participait au tournoi mais il quitterait l'école et Regulus se sentait déjà nostalgique des discussions qu'ils avaient souvent en fin de journée.
Au final, cela le perturba encore plus que l'annonce des résultats. A midi, il décida ainsi de s'arrêter à son bureau. Regulus fut alors heureux de constater que Leroy était toujours là : il se rendait toujours très tard dans la Grande Salle le midi.
-Regulus, quelle surprise de vous voir ici ! Une question peut-être ?
-Pas vraiment, enfin… Quand quittez-vous Poudlard ?
Le blond le regarda de longues secondes avant d'éclater de rire. En retour, Regulus soupira et croisa les bras sur son torse.
-Excusez-moi, je ne m'étais pas attendu à ça. Dois-je en conclure que malgré toutes vos plaintes, je vais vous manquer ?
-Je n'irai pas jusque-là...
-Ne soyez pas timide, j'avoue que quitter Poudlard prochainement me fait bizarre. C'est comme on dit dans les livres et plus encore !
Le Serpentard comprenait ce que voulait dire l'adulte. Ils continuèrent ainsi à discuter, Hugo lui parlant encore et encore de son si beau pays. Regulus s'en était plaint au début mais à présent, il était assez curieux de la vie que menait l'explorateur. A un si jeune âge, Leroy avait déjà vu et vécu tellement de choses. Quelque part, ça le faisait se sentir plutôt petit. Une part de lui avait envie de combler toutes ces zones d'ignorance qu'il possédait encore. Au détour d'une conversation, il avait même laissé entendre que ça lui plairait de voyager en dehors de la Grande Bretagne. Leroy en était ravi. Selon lui, la curiosité poussait à faire de belles choses et il était dangereux de s'arrêter à ce qu'on connaissait déjà.
-Je vous écrirai après mon départ, vous n'oublierez pas de me répondre !
-Si j'ai le temps, répondit Regulus alors qu'ils rentraient dans la Grande Salle.
-Cela dit, je ne suis pas encore parti. J'ai encore le temps de vous mettre une raclée, ainsi qu'à tous vos camarades au tournoi de duels... Enfin, si vous y participez, s'amusa-t-il.
Regulus grimaça, son angoisse revenant à grands pas.
xXx
James essuya ses lunettes sur son pull puis les observa. Les jugeant assez propres, il les remit ensuite sur son nez. Il observa alors son meilleur ami assis devant lui sur un des fauteuils de leur salle commune. Les cours de la journée étaient finis et les quelques élus participaient à leurs derniers cours de duels. Mais de ce que Lily leur avait dit, cela n'aurait de cours que de nom. Ils avaient essayé d'avoir plus de détails mais Lily n'avait rien voulu lâcher à part que ce serait amusant. De quoi les déprimer légèrement…
Le cours se terminerait également plus tôt, libérant ainsi les élèves à temps pour la grande annonce de Dumbledore. James et Sirius ayant déjà été exclus, ils n'étaient pas dans la même attente et frénésie que les autres. A vrai dire, ils n'en avaient pas grand chose à faire. Malheureusement, leurs pensées étaient remplies de ce qu'il s'était passé la nuit dernière. Ils n'oubliaient pas que le frère de Marlene, un fugitif activement recherché, était toujours dans la cabane hurlante. Au moins n'était il plus attaché et ses blessures n'étant pas très graves, il ne nécessitait pas de soins urgents.
Mais dans les faits, ils avaient sauvé un criminel et le cachait des Aurors et Sirius et lui avaient déjà assez de déboires avec la justice pour s'en rajouter d'autres. Si jamais quelqu'un découvrait ce qu'ils avaient fait, ils pourraient avoir de sérieux ennuis. On pourrait les accuser de non-dénonciation de crime, de complicité et pourquoi pas même d'avoir participé à l'évasion des prisonniers d'Azkaban… Il n'était pas les seuls à risquer gros, Remus aussi pourrait avoir des ennuis. En plus d'être accusé des mêmes délits qu'eux, il pourrait perdre son insigne de Préfet-en-chef et sa nomination potentielle pour le tournoi. Sans parler de son statut d'Animagus non déclaré. C'était un délit gravement puni. On chercherait également à savoir comment il avait réussi cet exploit et les raisons qui l'avaient poussées à ne pas se régulariser. James connaissait suffisamment le Poufsouffle pour savoir qu'il n'avait pas du tout envie de ça.
Bien sûr, Marlene aussi aurait de graves problèmes. Elle en avait déjà d'ailleurs beaucoup. Mais James était peu sensible à son cas. Il ne comprenait toujours pas ce qui avait poussé la jeune femme à se comporter comme elle l'avait fait puisqu'à présent, il était évident qu'elle n'avait pas agi sous imperium.
Plus tôt dans la matinée, les Maraudeurs s'étaient entretenus avec Remus loin des oreilles indiscrètes. Le Poufsouffle leur avait raconté ce qui s'était passé et plus précisément son entretien avec le directeur de l'école. Remus avait pour la première fois senti Dumbledore ébranlé. Il lui avait posé beaucoup de questions et au début, le Poufsouffle avait cru que c'était parce qu'il ne le croyait pas, que peut-être il y avait des incohérences dans ses déclarations. Mais Dumbledore l'avait simplement remercié à la fin. Le châtain leur avait confié qu'il avait trouvé le directeur étrange, atteint mais pas surpris.
James ignorait bien ce que ça voulait dire mais l'information du séjour de la Serdaigle à l'infirmerie avait déjà commencé à tourner et ce n'était qu'une question de temps avant que les Aurors viennent mettre leur nez dedans. Encore. Et pour être honnête, les Maraudeurs n'en avaient pas vraiment envie. Ils n'étaient pas sûrs que leurs mensonges puissent tenir très longtemps face à une enquête de grande envergure. Franchement, ils étaient tellement déçus par Marlene qu'ils se fichaient bien des sanctions qu'elle pourrait avoir. Pour autant, ils n'avaient pas envie de tomber avec elle. Ils ne pouvaient pas non plus la dénoncer anonymement, ça ne leur ressemblait pas. Et Marlene saurait forcément que ça venait d'eux.
Ils n'avaient aucune idée de la manière dont se sortir de cette situation…
Soudain, la porte de leur salle commune s'ouvrit avec fracas, sortant James de ses pensées. Frank s'arrêta au milieu de ses camarades et fit de son mieux pour reprendre sa respiration.
-Les gars, Dumbledore va annoncer les participants ! cria-t-il avant de ressortir précipitamment de la pièce.
Il y eut un moment de flottement puis tous les élèves se précipitèrent dehors.
-Viens, on y va aussi, déclara Sirius sans entrain.
James le suivit sans réfléchir.
Il n'était pas sûr d'arriver à faire semblant que tout ça l'intéressait vraiment. Heureusement, son visage maussade pourrait aisément passer pour de la déception, celle d'avoir prématurément été écarté de ce concours. Sirius arrivait bien mieux à faire semblant que lui et James ne savait pas s'il en était admiratif ou non.
La marée d'élèves se pressa rapidement dans la grande Salle. Ils prirent ensuite place, observant le directeur déjà debout derrière son pupitre.
James prit un instant pour observer Lily, assise un peu plus loin, pleine d'espoir. Devant lui, à la table des Blaireaux, Isabel et Remus se soutenaient. Peter Pettigrow quant à lui se faisait plus discret. Il osait à peine regarder ses amis en fait.
-Je demande votre attention, chers élèves, commença Dumbledore.
James s'obligea à le regarder puis écouta comme les autres son discours, le trouvant bien trop long. A croire que le directeur le faisait exprès, un moyen de faire du suspense ! Mais le Gryffondor devait bien le reconnaître, Albus Dumbledore restait un très bon orateur. L'écouter parler du prestige de ce concours, de l'honneur que cela représentait, le fit de nouveau regretter d'avoir bêtement gâché ses chances.
Et puis enfin, le directeur se décida à lâcher l'information que tout le monde attendait tant.
-Je vais annoncer les noms des sélectionnés. Lorsque vous entendrez le vôtre, venez me rejoindre, s'il vous plaît.
James le vit regarder la table des lions et sentit son cœur battre la chamade.
-Lily Evans !
La rousse bondit de joie et ses camarades la congratulèrent avec force. Elle se leva et rejoignit avec empressement le directeur pour se placer derrière lui, le sourire aux lèvres.
Le nom de Severus Snape fut ensuite cité et les Serpentard furent plus bruyants qu'eux, simplement pour ne pas avoir l'impression de perdre une quelconque bataille qu'ils s'étaient imposés seuls. James était pourtant sûr qu'habituellement, le futur potionniste n'était pas si populaire auprès des membres de sa maison. Alors que Snape allait prendre place à côté de son amie, James observa la table des Serpentard, et plus particulièrement Regulus.
Il lui restait encore deux chances.
-Remus Lupin !
Il y eut encore des applaudissements, des rires et des félicitations.
Plus qu'une place.
-Et la dernière place est pour Pamela Alton !
Quatre places, une personne de chaque maison. James se demandait si ça avait toujours été l'intention de Dumbledore. La déception de Regulus ne lui échappa pas mais elle disparut bien vite pour faire place à une expression neutre.
-Mince… Je pensais vraiment que Reg serait pris, lâcha Sirius.
James ne put qu'acquiescer.
-Il le méritait vraiment, j'avais pas l'impression que Alton était particulièrement douée.
-Si. Enfin, elle se débrouille mais c'était pas la meilleure du groupe. Mon frère la bat largement, déclara Sirius, un brin de fierté dans la voix.
Dumbledore continua son discours, encourageant les élèves choisis et leur rappelant qu'ils représentaient l'école. Qu'ils devaient tout faire pour ne pas avoir de regrets et ne pas oublier de vivre pleinement cette belle expérience. Il devait se battre pour eux, pour Poudlard, mais aussi et surtout pour ceux qui n'avaient pas eu la chance d'être choisis.
Après cela, Dumbledore les libéra. Le repas n'allait pas tarder à être servi alors la plupart des élèves restèrent à leurs places.
Regulus quant à lui s'empressa de quitter la Grande Salle et James se leva dans le but de le suivre.
-Qu'est-ce que tu fais ? l'interrogea Sirius.
-Je voulais aller lui parler, je ne sais pas… Ne pas le laisser seul en tout cas.
-Je ne suis pas sûr qu'il te laisse faire. Laisse-le seul pour l'instant, il sera trop énervé pour t'écouter.
-J'ai quand même envie d'essayer, souffla-t-il.
Sirius le regarda étrangement mais se contenta finalement d'hausser les épaules.
James se dépêcha alors de partir, n'ayant pas envie de perdre le cadet des Black de vue.
Après une dizaine de secondes, il aperçut Regulus au bout d'un couloir et bien vite, il comprit que le Serpentard se rendait dans le parc. A priori, il avait prévu de faire un tour de balai mais James n'était pas sûr que ce soit une bonne idée.
-Regulus ! Attends !
-James ?
Le 6ème année fronça les sourcils lorsque le Gryffondor parvint à sa hauteur.
-Qu'est-ce que tu veux ?
-T'arrêter. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de voler dans ton état.
-Mon état ? répéta-t-il. Je vais très bien !
-Regulus…
Il avait oublié combien le frère de son meilleur ami pouvait être buté.
-Ecoute, c'est normal d'être déçu et énervé mais on peut en parler.
-Je préfère voler !
James leva les yeux au ciel. Il ne s'était pas attendu à autre chose mais il était décidé à ne pas lâcher l'affaire. Ainsi, au moment où Regulus récupéra son balai, il s'interposa, attrapant le manche. Regulus ne voulut pas se laisser faire alors il tira, si bien qu'ils se retrouvèrent à tirer chacun de leur côté. James lâcha alors d'un coup et sous la surprise, le Serpentard tomba par terre. Il rougit d'embarras et posa sur le Gryffondor un regard énervé. James s'excusa finalement piteusement, se demandant comment il allait bien pouvoir arranger ça.
Regulus se releva et James crut qu'il s'en irait ou l'invectiverait mais il n'en fit rien. A la place, le Serpentard resta face à lui, son balai à ses pieds, incapable de le regarder. James le voyait sur le point de craquer. Padfoot n'était plus là et le Gryffondor savait qu'habituellement, c'était vers l'esprit que Regulus allait trouver du réconfort et du soutien. Pourtant, lui était bien présent et il ne laisserait pas Regulus seul. Le Serpentard n'avait pas à tout garder pour lui, il devait sentir qu'il pouvait se confier.
-Bien sur que je suis en colère et déçu. Je suis vraiment trop nul ! cracha-t-il finalement. J'aurais tellement aimé…
Il se mordilla les lèvres.
-Mais tu crois vraiment que j'ai envie que tu viennes me réconforter ? Là, j'ai juste envie d'être seul, de laisser tout ça retomber…
James comprenait très bien effectivement. Même si Regulus avait essayé de ne pas y croire, ça avait tout de même été plus fort que lui. Il avait espéré pouvoir montrer de quoi il était capable. Et il n'avait pas eu tort. De son avis, le 6ème année avait eu toutes ses chances. Mais le Gryffondor n'était pas sûr que lui confirmer que le choix de Dumbledore l'interrogeait également l'aide à être moins déçu…
James fit un pas vers lui et le prit dans ses bras, espérant ne pas se faire immédiatement repousser.
-Tu n'es pas nul, Regulus, c'est juste qu'ils étaient meilleurs que toi.
Regulus arrêta de bouger et souffla contre son épaule.
-Je n'arrive pas à voir les choses comme ça, avoua-t-il d'une petite voix.
-Je sais. C'est normal.
James le garda dans ses bras et même si le cadet des Black ne lui rendit jamais son étreinte, il eut tout de même l'impression que cela lui fit du bien.
xXx
Sirius se souvenait de sa discussion houleuse avec James au sujet de Padfoot à leur retour de Poudlard. Il avait enfin pu avouer son avis bien tranché sur l'esprit et son meilleur ami ne l'avait pas du tout partagé. Au final, ils n'avaient pas pu se mettre d'accord mais cela avait au moins permis à chacun de nuancer ses propos. Si Sirius y repensait aujourd'hui, c'était parce qu'il était en train de se dire que sans doute, il avait été trop catégorique sur Padfoot.
Il n'arrêtait pas de repenser à la discussion qu'il avait eue avec Marlene dans la cabane hurlante. La jeune fille avait laissé échapper des informations, dont une très intéressante : elle n'avait peut-être pas commis le délit seule. Cela tombait en quelque sorte sous le sens. Elle possédait bien trop d'informations sur la prison, l'emplacement des cellules. Il y avait aussi cette interrogation : pourquoi avoir libéré un autre prisonnier ?
Sirius ne pouvait pas croire qu'il s'agissait simplement d'une manœuvre pour brouiller les pistes. Elle avait libéré son frère, bien sûr qu'elle serait suspectée. Ce n'était pas le fait de brandir l'étendard de l'impérium qui allait la placer hors de tout soupçon. Elle avait donné un nom à Sirius, difficilement, mais elle l'avait fait. Cela paraissait cohérent et le jeune homme n'imaginait pas Marlene mettre en place un tel plan seule. Ni même se lancer là-dedans sans en avoir été longuement convaincue avant.
Il ne pensait pas ainsi simplement dans l'espoir de se dire que la Serdaigle n'était pas complètement perdue, qu'elle avait peut-être été manipulée… Il connaissait Marlene et personne ne pouvait se tromper autant sur une personne.
Padfoot leur avait communiqué son inquiétude au sujet de Jedusor et du fait que dans d'autres univers, il avait déjà fait évader des prisonniers d'Azkaban. Il semblait également à Sirius que c'était ce nom-là que Marlene avait soufflé. Il n'était pourtant pas sûr et ne voulait pas tout de suite en parler avec James et Regulus. Il avait d'abord des choses à vérifier.
Avec appréhension, il frappa à la porte et entra dans le bureau après qu'on lui ait donné l'autorisation.
-Monsieur Black ? s'étonna McGonagall.
Elle fronça les sourcils.
-Si vous venez vous plaindre parce que vous n'avez pas été choisi, je tiens à vous préciser que c'est inutile.
-Non, je ne suis pas là pour ça. Voyons, vous me connaissez !
Elle ne sembla pas y croire alors Sirius s'installa face à elle et esquissa un sourire.
-J'avais des questions et je me suis dit qu'en tant que directrice de maison, vous pourriez peut-être m'aider…
-Je vous écoute, fit-elle, méfiante.
-C'est à propos de la sortie d'Azkaban. Même si au final, ça s'est avéré être un fiasco, l'idée n'était pas mal. Je me demandais si d'autres sorties de ce genre étaient prévues ?
Elle soupira.
-C'est heureux que vous pussiez penser ainsi. Pour les sorties, si cela vous inquiète, il y aura toujours celles aux ministères ainsi que celle dans le Londres moldu.
-Pas de nouveautés ? Ce n'est pas à la hauteur d'Azkaban ! C'était une idée de qui, ça ne ressemble pas vraiment au directeur…
-En effet, admit-elle. Cela vient du psychomage.
-Oh… Il a dû se sentir responsable après ce qui s'est passé…
Elle croisa les bras et ne répondit pas. Sirius se racla alors la gorge, sachant que cette question avait été un peu osée.
-En parlant du psychomage, je me posais des questions. Les 7èmes années qui le voient pour des consultations pourront-ils continuer à le voir après avoir quitté Poudlard ?
-Ce sont des interrogations que vous devriez directement poser au psychomage. Si c'était tout ce que vous aviez à dire, j'ai du travail, Sirius.
-Oui, désolé.
Sirius quitta le bureau, troublé. Il n'était pas sûr de ce qu'il avait désiré obtenir. Au final, il n'était pas plus avancé. Mais il savait désormais de manière certaine que Marlene voyait le psychomage et que Jedusor avait organisé la sortie à la prison magique. Il avait donc forcément été briefé sur le plan et la sécurité pour pouvoir faire office d'accompagnant. Sirius possédait ainsi un faisceau d'indices concordants mais pas de réelles preuves…
Jedusor était bien trop intelligent pour laisser des preuves derrière lui. A ce stade, seule Marlene pouvait le faire tomber. Mais le ferait-elle ? Sirius ne le pensait pas. Pas tant que son frère serait dans la balance. James, Regulus et lui devraient trouver un moyen pour que cela arrive quand même.
xXx
Habituellement, lorsque Regulus n'avait rien de particulier à faire, il s'attelait à faire ses devoirs parce qu'il détestait perdre son temps. Alors même s'il n'en avait pas envie, il tentait de bosser ses cours. Il préférait largement aller voler mais ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait faire quand il le voulait.
Aujourd'hui, il avait néanmoins bien du mal à se concentrer et il n'était pas sûr que voler arrangent ses affaires. Il était au contraire probable que voler lui rappelle pourquoi il n'arrivait pas à se concentrer. Sa conversation avec James n'arrêtait pas de lui revenir en tête. Le Gryffondor avait réussi en quelques mots à l'aider à avaler sa déception et il n'aurait pas cru ça possible.
Regulus n'irait pas jusqu'à dire qu'il était passé à autre chose et que cela ne lui faisait plus rien, mais il n'était plus empli de rage. Il avait l'habitude de se déprécier quand les choses n'allaient pas comme il voulait. Le Serpentard savait qu'il manquait de confiance en lui, mais cela venait du fait qu'au lieu de voir ses propres qualités, il voyait celles des autres et à quel point lui n'était pas capable d'accomplir ce que les autres étaient en mesure de faire.
James avait réussi à le faire se recentrer sur lui-même, à relativiser les choses. Regulus savait qu'il devait monter les marches pas à pas. Essayer d'aller trop vite ne servirait à rien. Tout comme se comparer constamment aux autres. Il avait ses qualités et ses défauts, il devait faire avec.
Cela faisait partie de lui, tout comme son amour des études et de la connaissance, son intérêt pour la magie, son émerveillement pour les créatures magiques, son impatience, sa manière d'être facilement agacé et le fait qu'il ne soit pas très bavard. Il allait simplement devoir travailler sur ça.
Regulus ferma les yeux, repensant encore une fois à ce qu'il s'était passé après qu'il ait quitté la Grande Salle.
James l'avait enlacé.
Regulus sentit ses joues chauffer et serra sa plume qu'il avait toujours dans la main. Le Gryffondor aurait pu le laisser seul. Ce n'était pas la première fois que ce genre de choses lui arrivait et généralement, il finissait par se calmer après s'être isolé un peu. Mais non, James était venu le trouver et avait tenu à être là pour lui.
Tout doucement, l'idée que James n'ait pas menti en disant tenir à lui, qu'il était tout simplement sincère quant à ses sentiments, commençait à faire son chemin…
xXx
Pamela Alton avait rendez-vous avec le directeur de l'école. Celui-ci lui avait fait parvenir un courrier hier soir pour lui demander de venir à son bureau et elle en avait parlé à Severus, intriguée par cette demande peu ordinaire. Au début, elle avait cru que peut-être, le directeur souhaitait la voir pour la féliciter par rapport à sa sélection. Pamela elle-même n'en revenait toujours pas. Elle n'était pas la plus douée du cours. En tant que Serdaigle assidue, elle avait toujours plus brillé par la théorie que par la pratique. Segmentant sa vie en deux, fille studieuse aux notes excellentes d'un côté et de l'autre, fille plus libertine, se fichant du regard des autres pour pouvoir supporter les efforts qu'elle s'infligeait afin d'atteindre ses objectifs.
Elle ne savait pas ce que le directeur avait vu en elle ou ce que Leroy avait vu. Elle ignorait lequel des deux avait validé son nom en premier lieu. Pamela se doutait que sa nomination ferait parler mais elle devait avoir confiance en elle et montrer de quoi elle était capable. Comme les autres membres du groupe, elle avait été présélectionnée parce qu'Albus Dumbledore avait vu en elle les capacités pour potentiellement participer au tournoi.
Il ne fallait pas qu'elle prête attention à ce qui pourrait se dire sur elle. De toute façon, la majorité des élèves de l'école n'avait jamais été très élogieux à son propos. Elle ne s'attendait pas à ce que cela change soudainement. Elle notait néanmoins que faire partie du groupe de présélectionnés pour le tournoi de duels l'avait aidé à se rapprocher des élèves qui y participaient, à apprendre à les connaitre et elle-même à se dévoiler un peu plus.
Concernant sa relation avec Severus, la Serdaigle était heureuse que malgré leur discussion, rien n'ait changé entre eux. Severus semblait même vouloir prendre encore plus soin d'elle, visiblement inquiet. Elle n'aurait jamais cru cela possible. Ce n'était pas quelque chose qui lui ressemblait mais cela lui faisait du bien. Cela la rassurait également sur le lien qui l'unissait au Serpentard. Elle ne pouvait affirmer par contre que cela ne commencerait pas à l'agacer au bout d'un moment.
La Serdaigle avait l'impression d'avoir fait des progrès par rapport à ce qui lui était arrivé. Elle avait la possibilité de parler avec le psychomage et l'infirmière de l'école s'avérait également être une oreille très attentive et bienveillante.
Pamela s'arrêta avant de monter les escaliers menant au bureau du directeur. Elle n'y avait pas pensé avant, mais peut-être que Dumbledore voulait la voir à ce sujet. Durant des semaines, des mois, elle n'avait eu que très peu d'informations concernant l'arrestation de son violeur. Dumbledore, qui avait au début été assez présent pour elle, lui assurant qu'il ferait le nécessaire, s'était montré plutôt distant par la suite.
Pamela ne pouvait pas dire qu'elle n'avait pas douté, qu'elle ne s'était pas dit que Dumbledore se fichait bien d'elle, qu'il ne cherchait pas son agresseur… Oui, elle se l'était dit maintes fois mais avait assez vite balayé cette idée. Il s'agissait de Dumbledore, le sorcier le plus puissant de Grande Bretagne. Elle avait confiance en lui.
Et peut-être qu'aujourd'hui, il allait enfin lui annoncer une bonne nouvelle concernant cette histoire.
A la fois anxieuse et impatiente, la 6ème année franchit les quelques mètres qui la séparaient du bureau. Elle s'annonça et Albus l'accueillit avec un sérieux qui la fit hésiter à passer le pas de la porte.
C'était au sujet de son agression. A présent, elle en était sûre. Elle prit une inspiration et alla s'asseoir face au directeur.
-Merci d'être venue. Je tiens à vous féliciter une fois de plus pour votre sélection.
-Merci, dit-elle. C'est grâce à vous, souffla-t-elle ensuite. Je donnerai tout, je suis consciente de la chance que j'ai.
-J'en suis persuadé. Je n'ai pas assisté aux entrainements avec mon jeune ami mais il m'a toujours fait un rapport très détaillé. J'ai aussi pu me baser sur votre bulletin scolaire et je sais de quoi vous êtes capable. J'ai confiance.
Pamela sourit. Etrangement, elle ne parvenait pas à apprécier autant qu'elle aurait dû ses éloges.
-Je vous remercie mais je sais que vous ne m'avez pas demandé de venir pour me dire ça.
-C'est exact.
Albus continua de la fixer et l'intensité de son regard la rendit assez mal à l'aise. Elle y lisait quelque chose d'assez triste.
-Si je vous ai demandé de venir, c'est pour vous parler d'un fait assez fâcheux…
Albus lissa sa barbe et se réinstalla sur sa chaise.
-Ce n'est pas facile à dire car il s'agit de fait grave et je sais également que c'est quelque chose qui vous fera énormément de peine.
Pamela avait cru que le directeur l'avait faite venir pour lui parler de son violeur, lui annoncer ce qu'elle attendait tant. Mais elle voyait bien à la mine de Dumbledore qu'il ne s'agissait pas du tout de cela. C'était dur à accepter car pendant un instant, elle avait espéré, cru qu'elle pourrait enfin mettre cette histoire derrière elle. Mais comme d'habitude, elle se retrouvait à être déçue.
-Vous ne savez toujours pas qui m'a agressé, n'est-ce pas ? Il est toujours libre ? demanda-t-elle, la voix tremblante.
Albus acquiesça.
-Je suppose que vous connaissez la situation de votre consœur, Marlene McKinonn. Elle est à l'infirmerie depuis deux jours, elle a été agressée.
Pamela accusa le coup.
-On pense qu'il y a une chance pour que la personne qui s'en est pris à elle est la même qui vous a agressé. Ce n'est qu'une hypothèse bien entendu, Marlene McKinnon n'a pas subi d'agression sexuel mais à tout de même subi une agression physique violente. On ignore quel était le but de la personne qui s'en ai pris à elle. Cette histoire comporte beaucoup de zone d'ombre. Il fit une pause, laissant le temps à son élève de digérer tout ça. Je suis désolé de vous l'apprendre. Je tiens à vous prévenir que je vais dès aujourd'hui saisir les Aurors.
Dumbledore n'ajouta rien de plus. Il la regardait avec compassion et Pamela comprit qu'il essayait de deviner ce qu'elle ressentait, comment elle allait réagir. Il attendait qu'elle parle, qu'elle s'exprime. Mais Pamela ne savait que dire. Elle avait l'impression de s'être pris un doloris.
-Vous êtes en train de me dire que depuis des mois, je suis dans le même lieu que mon violeur ? Que je l'ai peut-être croisé, que je lui parle comme si de rien n'était ? Qu'il est libre alors qu'il m'a détruite et ce sans même être inquiété d'être poursuivi ! explosa-t-elle finalement. Il est simplement serein sachant que personne ne le cherche !
Une larme lui échappa.
-Je croyais que vous feriez le nécessaire ! Nous sommes des sorciers, on a des pouvoirs et avec… Ce genre de choses devrait pouvoir être réglé !
-Je comprends votre colère. Sachez que je n'ai pas de mots assez forts pour exprimer à quel point j'ai failli à ma tache et que cela n'aurait pas dû se produire. Si je confie cette affaire au bureau des Aurors, c'est parce que je sais qu'ils seront en cela beaucoup plus compétents que moi.
-Vous croyez que cela me rassure ?! Je croyais en vous ! Je ne suis plus sûre d'attendre grand-chose de cette enquête !
Elle hoqueta, se retenant d'éclater en sanglots.
-Si seulement je pouvais me souvenir… !
Dumbledore ne dit rien. Il n'était pas doué pour cela et elle ne l'aurait de toute façon pas supporté.
-Comment va Marlene ? voulut-elle savoir quand elle eut repris ses esprits.
-Elle était mal en point mais à présent, elle se rétablit bien.
Elle acquiesça. Cela ne la soulagea pas vraiment.
Le silence continua de s'étirer et Pamela, qui n'avait plus envie de parler ni de rester là plus longtemps, se leva pour partir. Elle qui était pourtant de si bonne humeur encore hier...
J'espère que vous ne détesterez pas trop Marlene après ce chapitre. Elle a ses raisons et sa manière de pensé que je mettrais au mieux en avant dans les prochains chapitre.
Mais grosse avancer pour Regulus non ? ^^
Le prochain chapitre - Le grand tournoi de duel partie 1 - arrivera vers le 16.
Prenez soin de vous et à bientôt !
