Résumé des chapitres précédents :
Après l'évasion de dangereux prisonniers de la célèbre prison d'Azkaban, le Ministre de la Magie est dans la tourmente et est obligé de durcir sa politique sécuritaire pour ne pas risquer une élimination lors des élections qui arrivent. Il n'est d'ailleurs pas le seul qui se sent en danger. Marlene qui a joué un rôle important là-dedans se débat avec ses démons. Elle sent l'étau se resserrer autour d'elle et s'éloigne de ses amies. Poussé par Jedusor, elle ne se sent pas moins pour autant coupable. Elle a commis le pire pour libérer son frère injustement emprisonner il y'a des années pour avoir simplement fait partie d'un groupe d'extrême droite et avoir également participé à une manifestation qui s'est mal terminé avec la mort d'une personne.
De son côté Regulus à toujours autant de mal à faire face au départ de son gardien et ami, Padfoot. Néanmoins, il trouve une oreille attentive auprès de James, qui après avoir failli mourir, a changer. Ce changement a été remarqué par Regulus qui ouvre enfin les yeux sur le Gryffondor et commence à envisager quelque chose avec lui, du moins que James l'apprécie réellement.
Si les choses s'arrangent pour Sirius, il tombe des nues en apprenant la vérité sur le désastre d'Azkaban et l'implication de Marlene. Celle-ci au pied du mur, s'enfonce encore plus et menace de dévoiler le secret de Remus. Sirius est déçu par son attitude mais est décidé à enquêter après les révélations de la Serdaigle. Jedusor aussi est impliqué. Malgré sa bonne volonté, Remus, James et lui restent bloqués, aucun d'eux ne veut risquer la liberté du châtain.
Suite à l'agression de Marlene, Dumbledore se décide enfin à contacter les aurors et dans une mauvaise interprétation de la situation, pense que l'agression de Marlene et Pamela sont liées. Pamela aussi du coup, qui voit là une raison de se rapprocher de Marlene.
C'est dans ce contexte que débute le plus grand évènement d'Angleterre : Le Grand Tournoi de duels.
Chapitre 35
Le grand tournoi de duels
Partie 1
.
Lorsque Dawlish arriva au bureau des Aurors et vit dans son espace personnel ses ordres de mission, il sut que ce serait une journée bien remplie pour lui. Il ne perdit pas de temps et s'installa à son bureau pour les consulter. En arrivant pour prendre son service quelques minutes plus tôt, il n'avait croisé que quelques-uns de ses collègues qui travaillaient de nuit. Ces derniers temps, comme il effectuait des missions solos, il n'avait pas vraiment de temps pour se sociabiliser ni pour entretenir de quelconques relations amicales. Il commençait d'ailleurs à être fatigué de cette charge de travail conséquente qu'il devait abattre et il savait qu'il n'était pas le seul.
Heureusement pour les Aurors en fonction, le ministère avait annoncé une série de recrutements. Devenir Auror n'était pas facile et la plupart des postulant se retrouvaient à rater l'examen, d'où le taux faible d'agents. Il n'était pas question de diminuer la difficulté du précieux sésame, mais une formation alternative avait été lancée pour pouvoir recruter des agents de bureau et des agents de niveau 1 et 2 qui ne pouvaient pas accomplir d'actions de terrain mais pouvaient se charger des classifications ou du regroupement de témoignages. Ça n'avait pas l'air de grand-chose, mais ça signifiait beaucoup pour les agents déjà en fonction. Ils espéraient tous que des Aurors plus qualifiés seraient également amenés à les rejoindre plus tard.
Dawlish s'était déjà occupé de former des nouveaux arrivants et c'était une tâche qu'il appréciait assez. Le dernier qu'il avait formé était Maugrey et même si ça n'avait pas été simple, l'homme ayant son caractère, il était plutôt fier de voir ce qu'il était devenu.
-Voyons voir ce qui m'attend aujourd'hui, lança-t-il comme pour se motiver.
Sur sa table, il y avait un ordre de mission concernant une suspicion de réseaux illégaux de baguettes. Une autre lettre parlait du récent démantèlement de trafic d'animaux magiques et la dernière concernait Poudlard. Dawlish la garda dans sa main un moment, s'inquiétant de ces étranges évènements dans laquelle la célèbre école de magie était impliquée dernièrement. Il y avait étudié et avait apprécié cette école. Elle l'avait aidé à développer ses capacités et à devenir un talentueux sorcier qui, plus tard, avait pu devenir Auror.
-Que se passe-t-il à Poudlard, bon sang, soupira-t-il.
Il ouvrit la lettre assez simple et courte. Agression à Poudlard, deux victimes féminines, pas de suspect. Il ne possédait pas beaucoup d'éléments mais c'était normal. Pour avoir le dossier complet de l'affaire, si tant qu'il y en ait un, il devrait aller le récupérer. Il était intrigué alors il décida de commencer par cette affaire.
Dawlish sortit de son bureau, son papier à la main. Dans les couloirs, il croisa Maugrey qui sortait tout juste de son propre bureau, un air sérieux sur le visage. Il décida de s'arrêter pour lui parler.
-Est-ce une bonne journée qui s'annonce ? lui demanda-t-il.
Maugrey sembla réfléchir sérieusement à la question.
-On peut dire ça, je suis réquisitionné pour m'occuper de la sécurité du tournoi de duels.
-Tu es plutôt chanceux, ou malchanceux, ça dépend comment on voit la chose. Ça reste un long travail fastidieux où tu te dois d'être en alerte constante. De plus, tu ne pourras pas vraiment profiter du spectacle.
-Ce n'est pas un problème, je préfère m'assurer que tout se passe bien. J'ai entendu dire que Lucius Malfoy y participait ainsi que certains membres de la famille Carrow. Je n'ai pas pu avoir la liste complète mais le peu de noms que j'y ai vu ne m'ont pas rassuré.
Dawlish esquissa un sourire. Il n'était pas du tout étonné par le discours que tenait le jeune Auror.
-J'ai entendu dire que ton protégé y participait également. Le vois-tu aller loin ? lui demanda-t-il.
-Je ne sais pas. Il a des capacités mais c'est un concours prestigieux. Tous ceux qui y participeront seront très forts.
Dawlish acquiesça. L'Auror avait par le passé déjà pu participer 2 fois au tournoi de duels. Cela avait été une bonne expérience pour lui mais il savait que ce n'était pas simple.
Comme ils avaient tous les deux du travail, Dawlish salua Maugrey avant de continuer son chemin. Il récupéra ensuite rapidement le dossier détaillé de la mission et fut encore plus troublé en le lisant. Il s'agissait là d'agression sexuelle et d'agression physique… Il n'y avait pas beaucoup d'éléments et on ignorait même si les deux agressions avaient un lien. Déterminé, l'Auror expérimenté se mit en route pour Poudlard. Il devait commencer sans plus tarder son enquête.
xXx
Marlene McKinonn avait, dans toute sa scolarité, fait trois apparitions à l'infirmerie de Poudlard. La première fois pour une potion calmante à cause de ses menstruations. La suivante à cause d'une réaction allergique lors d'un de ses cours de potion, un de ses voisins ayant fait exploser son chaudron dont elle avait été la victime collatérale. La dernière fois qu'elle avait dû voir Pomfresh, ça avait été pour emmener un de ses camarades à cause d'une mauvaise chute que celui-ci avait eu du mal à expliquer.
Marlene n'avait pas souvenir que l'infirmerie soit à la fois si calme, pesante et anxiogène. A moins que ce ne soit son sentiment de culpabilité qui la rongeait et la faisait se sentir si mal… Elle avait avoué son horrible secret et le dire à voix haute, le reconnaitre, l'obligeait à prendre conscience de ce qu'elle avait fait. Elle avait franchi la ligne. Pas qu'elle ait décidée de se mettre des œillères avant, mais la tâche d'aider son frère l'avait tenue si occupée qu'elle n'avait pas eu le temps d'y faire face. A présent, allongée sur un lit depuis jeudi au petit matin, elle ne pouvait faire que ça.
La Serdaigle avait sommeillé une bonne partie de la journée de la veille, se réveillant seulement aux alentours de 15h. Elle n'avait jamais autant dormi de sa vie et pourtant, elle avait eu la sensation d'être plus fatiguée encore. Parfois, sa tête lui faisait un peu mal, mais c'était supportable.
Pomfresh lui avait dit ce matin qu'elle pourrait rentrer chez elle demain en fin de matinée. Autant dire qu'elle avait hâte. Elle s'ennuyait tellement en plus de s'inquiéter pour son frère… L'attaque subie dans la forêt et le sauvetage bienvenu des Maraudeurs et de Lupin étaient le dernier souvenir clair de la jeune femme. Le reste était flou. Elle avait menacé de révéler le secret de Lupin si James et Sirius livraient son frère, ça aussi elle s'en rappelait. Elle n'était pas fière d'elle d'ailleurs, et sans doute que les garçons ne sauraient jamais qu'elle ne l'aurait pas fait. Mais elle avait besoin qu'ils y croient pour qu'ils tiennent leurs langues concernant son frère.
Où était Dorian d'ailleurs ? Allait-il bien ? Elle n'en avait aucune idée. Aucun des trois garçons n'était venu la voir pour la tenir au courant. La Serdaigle n'était pas sûre qu'ils le fassent.
Ses amies étaient venues la voir rapidement avant d'aller en cours et avaient promis de revenir plus tard. Ça laissait le temps à la jeune femme de préparer ce qu'elle allait dire. Elle ignorait quel genre de bobard les garçons avaient bien pu inventer, ni même s'ils avaient réellement inventé quelque chose. Heureusement, grâce à son coup à la tête, elle pouvait toujours feinter une quelconque amnésie. Cela inquièterait Pomfresh, mais tant pis.
L'infirmière avait vraiment été aux petits soins. A chaque fois qu'elle s'occupait d'elle, elle avait ce regard particulier, étrangement compatissant. Marlene faisait semblant de ne pas le voir car elle n'avait pas très envie de parler. Elle espérait un peu naïvement qu'elle n'aurait pas à le faire jusqu'à ce qu'elle puisse enfin rentrer chez elle. Dumbledore n'était pas encore venu la voir depuis qu'elle était réveillée et en état de tenir une conversation mais elle n'était pas pressée qu'il le fasse.
Marlene se sentait piégée. Elle ignorait ce qu'elle devait faire à présent. Une partie d'elle ne voulait plus avoir à gérer tout ça. Elle se rendait bien compte qu'elle avait besoin d'aide. Quelqu'un qui puisse tout entendre, l'aider avec sa culpabilité, à sauver son frère et à ne pas sombrer.
Le nom du psychomage s'imposa à elle un instant et elle fut réellement tentée d'aller le trouver. Il était au courant de ce qu'elle avait fait. Il était celui qui lui avait soufflé l'idée et l'avait aidé à faire évader son frère. Grâce à lui, elle n'était pas du tout soupçonnée de l'avoir fait volontairement. Jedusor lui avait bien dit qu'ils ne devaient plus en reparler, ne plus avoir de contacts, ou le moins possible. Mais peut-être que malgré tout, il l'aiderait tout de même ?
Marlene était si fatiguée. Parfois, elle se demandait ce qui lui avait pris. Et puis, une petite voix en elle lui rappelait que Jedusor était celui qui lui avait soufflé cette idée justement. Ça ne durait jamais longtemps et à chaque fois, elle s'empressait de balayer cette idée de sa tête. Ce mécanisme lâche qui la faisait rendre responsable le psychomage de sa situation.
Elle ne pouvait pas regretter, Dorian n'avait rien à faire en prison. On ne pouvait pas enfermer quelqu'un pour ses idées, aussi immondes soient-elles. Et puis, son frère avait changé. Il avait évolué et regrettait sincèrement d'avoir participé à ces manifestations. Il avait payé, lui et d'autres, pour que des politiques assurent leurs places aux prochaines élections. C'était affreux.
A qui pouvait-elle bien se confier ? Le nom du psychomage revint encore. Mais elle se souvenait également que l'adulte assistait à un séminaire. Elle n'était pas sûre qu'il soit déjà revenu. D'un autre côté, il était hors de question qu'elle en parle avec ses amies, ce serait les mettre en danger. Elle avait également du mal à l'avouer mais elle ne voulait pas être jugée. Elle savait qu'aucune d'entre elles ne comprendrait son geste et c'était normal.
Potter, Black et Lupin savaient déjà mais elle s'imaginait mal leur parler de ce qu'elle ressentait, surtout après les avoirs menacés. A moins que… Lupin n'était pas comme les deux Gryffondor. Il était gentil et tolérant. Peut-être qu'il l'écouterait ?
La porte de l'infirmerie s'ouvrit soudain et Marlene jeta un coup d'œil curieux à travers les rideaux blancs de son lit. Malheureusement, elle fut tout juste capable de distinguer une ombre qui s'approchait d'elle. Les rideaux furent ensuite saisis et bougèrent lentement.
-McKinonn ? raisonna la voix fluette de Pamela Alton.
Marlene était surprise. La 6ème année et elle n'échangeaient pratiquement jamais. Elle lui répondit tout de même par un petit bruit de gorge, signifiant qu'elle était réveillée. Cela sortit plus comme un geignement horrible et elle en eut honte. Elle se demanda depuis combien de temps elle n'avait pas parlé. Elle s'était tue bien trop longtemps apparemment, mais son silence était ce qui la sauvait pour l'instant.
Avec hésitation, Pamela tira partiellement les rideaux et esquissa un sourire timide à l'attention de la Serdaigle alitée. Marlene la salua, bien incapable de trouver quelque chose à dire. Elle invita ensuite la blonde à poser ses fesses sur le lit, juste à côté d'elle.
-J'ai hésité à venir. Je pensais que ce serait bizarre et ça l'est à vrai dire, grimaça Pamela.
-Un peu, mais c'est quand même sympa d'être là, répondit Marlene.
-C'est normal, il faut qu'on se soutienne.
Pamela baissa la tête, pas très à l'aise. Marlene n'était pas sûre de l'avoir déjà vu ainsi : timide, presque fragile. C'était réellement très gentil de la part de la 6ème année de venir la visiter à l'infirmerie. Marlene était pratiquement sûre que si les rôles avaient été inversés, elle n'aurait pas fait le déplacement.
-Qu'on se soutienne ? lui demanda-t-elle, intriguée.
-Par rapport à ce qui nous est arrivé. Dumbledore m'a dit ce qui s'est passé, murmura-t-elle.
Marlene en fut troublée. Elle ignorait de quoi la blonde pouvait bien parler, n'ayant pas été briefée sur ce qui lui était supposément arrivé. Mais ce qui l'interpelait était qu'apparemment, Dumbledore avait jugé utile de parler de sa situation à une personne qui ne faisait même pas partie de son cercle proche.
Elle fronça les sourcils, cherchant à comprendre ce qui se passait. Il était question de ne pas se compromettre non plus.
-Ce qu'il m'est arrivé ? Pourquoi te l'avoir dit ? lui fit-elle remarquer, espérant que Pamela se livre un peu plus.
Un sentiment étrange sembla passer sur le visage de Pamela et Marlene se sentit bizarre lorsqu'elle constata que Pomfresh avait souvent adopté la même expression à son sujet.
-Ah oui… Tu ne sais pas pour moi, c'est normal.
Elle sembla vouloir ajouter quelque chose, mais les mots n'arrivaient pas à sortir. Pamela baissa de nouveau la tête et elle serra ses mains entre elles. Encore une fois, la blonde montrait cet aspect fragile que Marlene ne lui avait jamais connu avant. Peut-être que c'était le vrai visage de la Serdaigle en fin de compte. Elle avait souvent pensé que Pamela était une fille un brin superficiel avec peu de morale. Elle ne prétendait pas avoir raison. Elle savait avoir jugé trop vite la Serdaigle, mais celle-ci ne lui avait jamais montré que ce visage-là. Elle n'avait eu aucune raison de chercher plus loin. Elle ne l'avait également pas souhaité.
A cet instant, sa discussion avec Lily lui revint en tête. Son amie lui avait fait part de ses regrets concernant la jeune fille. Elle regrettait ses jugements hâtifs, les mêmes qu'avait déjà eu Marlene. Même si la Serdaigle était allée dans son sens, elle avait surtout cru que c'était la bonté bien connue de son amie Gryffondor qui avait parlé. Aujourd'hui, elle comprenait en substance qu'il ne s'agissait pas que de ça. Les gens avaient des secrets, des failles, des faiblesses, des choses qu'ils ne souhaitaient pas voir exposés, et Marlene savait de quoi elle parlait.
Des semaines auparavant, elle n'aurait jamais pensé reprendre contact avec son frère, faire évader des prisonniers d'Azkaban, mentir à ses amis, mettre la vie de personnes en danger. Elle avait l'impression d'être une autre personne. Elle avait honte d'elle et c'était probablement pour cette raison qu'elle éprouvait autant de difficultés à se confier. Elle avait également la crainte que quelqu'un la raisonne, lui dise d'arrêter, de se rendre. Elle aurait alors eu l'impression d'avoir agi pour rien et ses mains sales devaient avoir une justification, c'était nécessaire.
Le silence entre les deux sorcières continuait de s'étirer et Marlene observa la plus jeune. Qu'était-il arrivé à la blonde ? Elle prétendait qui leur était arrivé la même chose. Marlene était blessée physiquement et franchement pas dans un bon état. Il était donc probablement arrivé quelque chose à Pamela qui l'avait amenée à l'infirmerie pour des blessures physiques. Cela devait être quelque chose qui nécessitait de nombreux jours de repos. La 6ème année avait dû être absente un moment mais Marlene ne s'en rappelait pas. Elle n'avait jamais fait attention à elle. Pourtant, Pamela était à ses côtés à cet instant. Et elle se sentait visiblement tellement mal. Marlene ressentit alors un élan de chaleur se propager dans son cœur.
De manière maladroite et comme pour se rattraper, elle prit la main de sa visiteuse. A travers ce geste, elle tenta de la réconforter mais elle ignorait si elle s'y prenait bien.
-Je sais que ça doit te paraître étrange que Dumbledore m'ait mise au courant. Je comprends même que tu en veuilles au directeur de me l'avoir dit et à moi encore plus de savoir. C'est quelque chose qui t'appartient, d'intime et de douloureux. Tu avais le droit de décider qui mettre au courant. Je dis que je suis là pour qu'on puisse se soutenir mais je ne sais pas si c'est la bonne chose à faire ni si c'est ce que tu souhaites. J'ai eu du mal à en parler, à l'accepter. Je sais par quoi tu es en train de passer et je me suis dit que peut-être, tu pourrais avoir besoin de parler à quelqu'un qui comprendrait. Moi aussi j'ai… été violée, souffla finalement la plus jeune d'une voix douloureuse.
Marlene fut tentée de relâcher brusquement sa main, comme brûlée, mais elle s'en empêcha. Pamela venait de lâcher une bombe et elle se sentait comme une usurpatrice, une mauvaise personne d'avoir entendu un secret si intime alors que jamais elle n'aurait dû en avoir le droit. Elle ne savait pas quoi dire. Elle ignorait même ce que les gens désiraient entendre après avoir dit quelque chose d'aussi grave. A présent, elle avait l'impression de comprendre bien des choses. Les mots de Lily, ses regrets, le comportement de Pamela mais surtout la force et la détermination de la jeune fille.
Elle était cependant sûre d'une chose, elle ne pouvait pas laisser cette fausse vérité se répandre.
-Je n'ai pas été violée, Pamela, murmura-t-elle avec douceur.
Elle ne pouvait décemment pas la laisser croire qu'elle partageait son fardeau, ce n'était pas honnête.
-Je sais, sourit maladroitement la blonde. Le directeur m'a dit que Lupin t'a trouvé avant. Tu as de la chance, il n'y avait personne pour moi.
-Tu… Lupin a raconté ça ? s'horrifia la Serdaigle. Elle ne pouvait pas croire que le Poufsouffle ait inventé une histoire aussi terrible.
-Non, enfin, il a juste dit qu'il t'avait trouvée dans un couloir.
Marlene ne put s'empêcher de soupirer de soulagement.
-Ne t'inquiète pas, seul le directeur et l'infirmière savent pour nous.
Le regard que portait Pamela sur elle était sincère, innocent et plein d'espoir. La Serdaigle en ressentait toute la force qui se dégageait de la 6ème année et le courage qu'il lui avait fallu. Elle se sentit alors incroyablement plus mal encore.
-Pamela, hésita-t-elle. Je ne me souviens pas bien de ce qui s'est passé mais je ne pense pas qu'on ait essayé d'abuser de moi…
-Mais si !
Pamela serra sa main dans la sienne.
-C'est normal de ne pas vouloir voir la vérité en face, ça n'est jamais facile au début. Mais ne t'inquiète pas, on sera là l'une pour l'autre ! Le directeur fait tout pour l'arrêter. Cette fois-ci, il a prévenu le bureau des Aurors. On sera enfin vengé et Poudlard redeviendra un endroit sûr !
Marlene n'osa pas l'interrompre. Pamela n'était pas prête à entendre la vérité et peut-être même ne le désirait-elle pas. La pauvre avait l'air soulagé d'enfin avoir quelqu'un capable de la comprendre, de ne plus être seule. Sans doute que les mots que la blonde avait prononcés à son intention étaient pour elle-même en réalité.
Quelque part, elle savait ce que Pamela ressentait. Elle aussi avait souhaité plus tôt avoir quelqu'un pour l'aider à traverser son épreuve.
Malheureusement, elle ne pouvait être cette personne pour la 6ème année. Mais pour quelques heures encore, elle pouvait la laisser croire.
xXx
-J'ai vu les Aurors arriver tout à l'heure, lança Sirius.
Depuis plusieurs minutes déjà, les élèves se pressaient de partir du château pour attraper le Poudlard Express. Comme chaque fois pour le début des vacances, le château se vidait, ne laissant à l'intérieur que quelques élèves. Les semaines précédentes avaient été très éprouvantes et Sirius était soulagé de pouvoir bénéficier de cette petite coupure. En plus, avec les Potter et son petit frère, il allait voir le tournoi.
De bons jours en perspective. Et le plus important de tout, il allait enfin inaugurer officiellement sa moto volante ! Il avait dû repousser maintes fois mais cette fois-ci, c'était la bonne. Sirius savait déjà qu'il passerait probablement ses vacances dessus ou à s'en occuper.
Il espérait également convaincre Remus de faire un tour avec lui. Ce serait une manière de continuer à se voir pendant les vacances car malheureusement, pendant le tournoi, le Poufsouffle aurait peu de temps à lui accorder.
-Tu penses qu'ils voudront te voir ? continua Sirius après un instant.
Remus haussa les épaules et le Gryffondor lui prit la main. Remus sourit et baissa la tête, touché par le geste.
-Je ne pense pas. J'ai déjà tout dit à Dumbledore et je ne savais pas grand-chose.
-Tant mieux, il faut vite qu'on se sorte de cette histoire. Que McKinonn se débrouille seule avec ses emmerdes !
Sa colère n'était toujours pas retombée.
-On ne va vraiment rien faire pour…
Le Préfet-en-chef prononça le nom du frère de la Serdaigle du bout des lèvres.
-Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? C'est les vacances, le château sera pratiquement vide. Si on essaie de s'y balader la nuit, on sera loin d'être discret. Quand on est peu nombreux, une absence se remarque très vite.
-Je sais. J'ai été voir McKinonn tout à l'heure, juste pour savoir si elle se souvenait de ce qu'il s'est passé. Elle sait toujours pour moi, malheureusement, mais n'arrivait pas à se souvenir où on les avait emmenés. Je lui ai dit alors maintenant, c'est à elle de jouer comme tu dis.
-C'est le mieux.
Sirius caressa la joue du châtain. Il voulait le voir sourire, arrêter de se prendre la tête. Le tournoi allait l'inquiéter assez comme ça. L'ainé des Black avait hâte de le voir à l'œuvre. Demain, c'était l'ouverture du tournoi, une journée de fête où les différents concurrents pourraient parader et se faire plaisir avant le début des duels. Participants et spectateurs se mélangeraient pour les festivités, l'occasion pour certains fans d'essayer d'approcher les plus grands duellistes dans le but d'avoir une photo ou un autographe.
-Les gens nous regardent, Sirius, souffla Remus qui tenta de lâcher la main du brun.
-Je m'en fiche.
Le Poufsouffle fronça les sourcils et afficha un sourire un peu tremblant.
-Qu'est-ce que tu racontes ? lui demanda-t-il finalement.
-Que je m'en fiche, répéta le batteur.
-Tu dis n'importe quoi. Tu sais ce que les gens vont penser en nous voyant aussi proches ?
-Qu'ils le pensent. Moi, ça ne me gêne pas.
Sirius haussa les épaules, jouant la désinvolture.
-Et puis, ils n'auraient pas vraiment tort...
Sirius put voir que ses mots troublèrent son ami. Sans doute qu'il ne les avait plus attendus ces mots, qu'il n'arrivait pas vraiment à croire qu'effectivement, l'idée que les gens les pensent en couple ne déplaisait pas à Sirius. Le Gryffondor aurait aimé être capable d'agir ainsi bien plus tôt. Il ne pouvait blâmer le Poufsouffle de ne pas être tout simplement enthousiaste. Cela semblait d'ailleurs être le contraire car Remus finit tout de même par lâcher la main du brun, mal à l'aise.
Sirius comprit peu à peu qu'il venait de faire une bourde. Empli de bonne volonté, il faisait de son mieux pour simplement vivre sa relation avec le Poufsouffle mais à force de tenter de faire table rase du passé sans retenir ses défauts, ne risquaient-ils pas de les reproduire ? Ils n'avaient pas vraiment défini leur relation ni ce que chacun désirait. Ils devraient probablement parler de cette nuit où tout avait basculé, où quelque chose s'était cassé entre eux. Ce ne serait pas agréable mais ça leur permettrait de construire des bases solides, d'avancer.
Sirius avait envie de s'ouvrir plus encore à Remus, peut-être même de lui parler du danger que représentait Jedusor. Le Préfet-en-chef l'avait également soutenu à de nombreuses reprises lorsque ses cauchemars l'avaient tant inquiété qu'il en avait fait des crises de panique. Pour ce dernier point, il ne savait pas encore s'il serait capable de le faire mais il avait dans le but de lui parler de sa famille, de son enfance, de ce qui faisait qu'il était devenu le Sirius d'aujourd'hui. Ce serait déjà un bon début.
Sirius et Remus avaient voulu croire que leurs retrouvailles émouvantes après l'arrestation du Gryffondor seraient suffisantes mais leur relation ne pourrait pas marcher sans vrai dialogue. Sirius ne pouvait même pas réellement dire que le Poufsouffle était son petit-ami parce l'étiquette de copain n'avait pas encore été validé ni par l'un ni par l'autre.
La situation commençant à devenir gênante, Sirius pensa à s'excuser mais Remus préféra enchainer sur un autre sujet.
-Est-ce que tu… Enfin, est-ce que ça te dirait te venir à la maison après la journée de lancement du tournoi ? lui proposa soudain le Préfet-en-chef.
-Ouais, ce serait génial ! s'enthousiasma le Gryffondor.
-Super, sourit Remus. Ce serait bien que tu puisses amener des fleurs.
-Oh, pourquoi ? Tu vas m'en offrir aussi ?
Remus étouffa un rire.
-Ce n'est pas pour moi, c'est pour ma mère. C'est ce que tu fais quand tu es invité chez quelqu'un.
-Ah bon ? s'étonna-t-il. Je n'ai jamais entendu parler de cette tradition.
-Hum, c'est ce que font les moldus, Sirius. Ma mère est moldue, précisa le blaireau.
Sirius acquiesça. Il aurait aimé pouvoir discuter plus longtemps avec Moony mais il devait partir maintenant s'il ne voulait pas rater le train. Remus restait au château et partirait le lendemain matin avec le reste des participants de Poudlard pour le tournoi. Ils pourraient passer plus de temps ensemble après cette journée de lancement puisqu'il était invité chez le Poufsouffle. Une douce chaleur se propagea alors dans la poitrine du brun. Ce serait le moment idéal pour discuter à cœur ouvert.
L'ainé des Black s'éloigna lentement de son ami, marchant à reculons pour pouvoir le voir le plus longtemps possible. Quand ce ne fut plus possible de le faire sans gêner les gens derrière lui, il fit un signe à Remus et se détourna.
Il courut ensuite retrouver James, déjà confortablement installé dans un wagon. Il se posa à côté de lui et fut étonné de voir que Regulus aussi était présent. Généralement, son frère trainait avec Severus et un autre gars de Serpentard. Mais tout comme Remus, Snape devait rester au château.
-Tu n'es pas avec Edmont Court ? lui demanda-t-il.
-Non, je crois que c'est assez évident, lui fit sèchement remarquer Regulus.
Sirius ne s'était pas attendu à autre chose.
Son petit frère l'ignora ensuite superbement, se plongeant de nouveau dans la lecture de son livre. Sirius se tourna alors vers James qui se retenait de rire.
-Il est avec sa copine et Regulus ne voulait pas avoir l'impression d'être de trop, lui expliqua son ami.
-Comme c'est mignon, se moqua Sirius. Tu te rends compte que tous tes amis sont en couple, Reg ? Bon, en même temps, c'est pas difficile vu qu'ils ne sont que deux, se moqua-t-il.
Il se reçut un regard noir de son frère.
-Tu comptes rester célibataire le reste de ta vie ? insista pourtant Sirius.
-Ce ne sont pas tes affaires ! se braqua Regulus.
-Moi, je dis ça pour toi. Au fait, ça en est où votre histoire ? continua-t-il à l'attention de James.
-Ça avance, se contenta de répondre son ami, soudain timide.
-Vraiment ?! s'exclama l'aîné des Black, surpris.
-Non ! s'agaça Regulus.
Le Serpentard était heureux d'être dans une cabine et de ne pas avoir à s'inquiéter que n'importe qui entende cette conversation.
Sirius se mit à rire : c'était toujours aussi simple de faire sortir son petit frère de ses gonds, il ne s'en lasserait jamais !
xXx
Dumbledore reçut l'Auror qui avait été dépêché par le bureau pour enquêter sur les différentes affaires d'agression qu'il y avait eu précédemment dans le château. Ils avaient fait vite et le directeur était soulagé d'accueillir l'agent qui allait prendre le relais. C'était quelqu'un de formé qui aurait le sang froid nécessaire et surtout l'intégrité et le sens de la justice indispensables pour aller jusqu'au bout. Faire ce qu'il fallait. Cela ne plaisait pas à Dumbledore de l'admettre mais il avait failli concernant cette histoire.
Dès le début, il n'avait pas fait le bon choix, présumant de ses forces dans le but sincère de protéger la réputation de l'école. Ensuite, il avait été trop tard pour revenir en arrière : il était déjà pleinement impliqué et pouvait risquer des sanctions. Il avait intégré un psychomage avec une réputation sulfureuse et des zones troubles dans son passé, mais un cv impeccable. Il le savait, il avait cédé à la facilité et aux sirènes de l'homme.
L'agression de Marlene McKinonn avait été comme un coup de massue. Jusqu'à il y a quelques jours encore, il avait pensé que Jedusor était coupable. Il avait surveillé l'homme et lui avait fait savoir qu'il n'aurait pas l'opportunité d'exercer l'année prochaine. Il pensait que cela suffirait et que ce renvoi qui ne disait pas son nom entacherait le CV si parfait de l'homme. Il éloignerait également l'individu des élèves qu'il devait protéger. Et cela en préservant Poudlard.
Mais voilà que Dumbledore était obligé de reconnaitre que Jedusor n'était peut-être pas le criminel qu'il pensait qu'il était, ou du moins qu'il n'était pas la seule pomme pourrie du panier.
A présent, le directeur était obligé de se dépêtrer avec ses fautes. Il cherchait à tout prix à se rattraper. Il tenait à être là pour McKinnon, une sorcière brillante et exceptionnelle, et tentait de faire ce qu'il aurait dû faire depuis le début pour Pamela. Il savait que celle-ci n'avait plus confiance en lui et se demandait même s'il prenait tout cela au sérieux. Il n'était pas impossible qu'elle s'interroge même sur sa légitimité à participer à un concours si prestigieux qu'était le tournoi de duels. Elle pouvait penser que Dumbledore ne l'avait choisie que pour soulager sa conscience. La Serdaigle n'aurait pas tort car le vieux sorcier espérait que cette expérience l'aiderait à se reconstruire.
Mais malgré ce qu'on pouvait penser, son choix n'avait pas été motivé que par la volonté de se racheter une conscience. Le directeur savait la jeune fille capable de se dépasser, elle avait sa place dans le tournoi. Elle n'était pas aussi forte et puissante que ses camarades, mais elle avait une volonté et une énergie qui impressionnaient le vieux sorcier.
Leroy et lui avaient été en désaccord sur plusieurs noms : le blond n'avait pas retenu Severus Snape, ne lui trouvant pas le mental nécessaire pour une compétition aussi rude. Lily Evans, Remus Lupin, Regulus Black et James Potter, tels avaient été ses choix. Leroy avait déclaré que les lacunes trop grandes de Pamela l'empêcheraient de passer les premiers tours. Le manque d'imagination et le non-respect de l'éthique des duels mettaient également Rosier hors course. Quant à Sirius Black, il avait les capacités mais son manque d'implication et de sérieux n'étaient pas quelque chose que le français pouvait louer. Pas quand certains semblaient en avoir plus envie que lui, travailler plus dur que lui. Isabel McDougal quant à elle n'était tout simplement pas encore suffisamment mûre. Dans deux ou trois ans, elle irait plus loin.
Les critères de sélection de Dumbledore avaient été très différents.
Le directeur ne s'attendait pas à ce que tous ses choix soient acceptés ou même compris. Tenter de les justifier serait vain. Il espérait sincèrement ne pas voir de jugement dans le regard de l'Auror quand il aurait à répondre à des questions qui ne lui plairaient pas. Mais il y ferait face.
Dawlish recueillerait son témoignage. Un excellent élément. Le vieux sorcier se rappelait très bien de lui : il avait étudié à Poudlard et avait été si brillant qu'il avait obtenu des Optimal à toutes ses matières en Aspic.
L'Auror s'installa face au directeur et celui-ci le salua.
xXx
Le jour de l'ouverture du tournoi, tout le monde se leva relativement tôt. C'était une compétition très célèbre en Grande-Bretagne et beaucoup l'attendaient avec impatience chaque année. Chacun était très excité dans la résidence de Godric's Hollow. Les Maraudeurs furent levés bien avant tout le monde, évidemment. Sirius alla réveiller son frère et se fit accueillir par un maléfice qu'Euphémia accepta bien volontiers de lever lorsqu'il alla à sa rencontre. Il ne pouvait pas se présenter avec des pustules sur le visage devant les parents de Remus après tout !
Le petit-déjeuner fut mouvementé et malgré sa réserve, le Serpentard dut admettre que lui aussi était impatient. Sirius était heureux qu'il arrive à dépasser sa peine pour pouvoir apprécier ce qui allait se passer. Vers les coups de 10h, ne pouvant plus modérer l'entrain des plus jeunes, les Potter décidèrent de sonner le départ. Son fameux bouquet de fleurs miniaturisé dans son sac, Sirius était prêt, tout comme James et Regulus.
Cette année, le tournoi se déroulait dans une région reculée d'Ecosse. Heureusement, à cette période de l'année, le temps était plus clément sur les plaines. L'endroit grouillait de monde et les Maraudeurs comprirent bien vite qu'il leur serait difficile de retrouver leurs camarades.
Les tribunes étaient gigantesques : elles avaient l'aspect d'une vieille arène avec en son centre, le terrain d'affrontements. Les sorciers commençaient déjà à prendre place et le lancement de l'évènement ne tarderait pas à être donné. Les favoris seraient dévoilés et le présentateur expliquerait comment les trois jours de tournoi se dérouleraient. Il semblait également à Sirius que les premiers combats seraient annoncés. Après, il serait enfin possible aux spectateurs d'aller se promener entre les différents stands où ils pourraient à loisir dépenser leur argent.
Euphémia et Fleamont observaient avec joie les enfants excités par l'évènement. James et Sirius n'avaient pas oublié de préparer une banderole aux couleurs des Gryffondor pour encourager leur amie, représentante des lions. Sirius avait également pris avec lui un petit drapeau des Poufsouffle pour encourager Remus quand celui-ci combattrait. Avec humour, James lui avait demandé ce qu'il ferait si jamais leurs deux amis devaient se battre l'un contre l'autre. Qui l'ainé des Black encouragerait-il alors ? Bien loin de se sentir piégé, Sirius avait répondu avec fierté qu'il serait toujours pour Gryffondor. De plus, Remus n'était pas obligé de savoir quel nom précisément il avait crié ! Cela avait fait rire son ami.
De longues minutes s'écoulèrent encore avant que le présentateur du tournoi, un certain Holly Coupon, n'amplifie sa voix pour saluer les spectateurs venus en nombre. La nouvelle de la présence de 4 élèves de Poudlard cette année en avait étonné plus d'un. Et s'ils étaient nombreux à se faire peu d'illusions quant à leur chance lors de ce tournoi, ils avaient tout de même à cœur de voir ce que ces élèves allaient bien pouvoir montrer.
A la première salutation, il y eut des applaudissements et des exclamations euphoriques et bruyantes. Holly Coupon leur rappela les règles et dates du tournoi. Il parlait tantôt vite, tantôt plus fort pour entretenir la fougue et l'excitation des spectateurs. Et puis, la première partie de son discours achevé, il présenta les favoris du concours.
Lucius Malfoy fit alors son entrée et Sirius grinça des dents. A cet instant, il regrettait profondément de ne pas pouvoir le combattre. Il aurait aimé pouvoir lui rabattre son clapet. Il espérait d'ailleurs que Lily ou Remus le ferait à sa place. Ou n'importe qui d'autre.
Lucius Malfoy avait épousé sa cousine Narcissa Black récemment. Il avait été obligé d'aller au mariage et s'il avait bien mangé, il s'y était profondément ennuyé. Pire que tout, il ne s'était pas senti le bienvenu, à se demander pourquoi il avait été invité. Andromeda avait depuis longtemps été bannie et sans elle, Sirius s'était senti encore plus seul dans cette famille de fous. Regulus s'était détourné, ayant trouvé des modèles plus acceptables et plus impressionnants en ses cousines et en ce prétentieux Lucius Malfoy.
Jamais Sirius n'aurait cru le revoir mais qu'il participe au tournoi de duels n'était peut-être pas si étonnant. La famille Malfoy aimait le prestige et cet évènement était une manière simple d'orienter les projecteurs vers eux. Sirius soupira et se fit la réflexion que si Lucius était là, il y avait de grandes chances que Narcissa aussi soit présente. Il espérait de tout son cœur ne pas les croiser.
Hugo Leroy fit ensuite son entrée et fut présenté. Il y eut de l'agitation à son entrée. Le tournoi de duels ne comportait généralement que des Anglais et voir un étranger était vraiment rare. Les frères et sœur Carrow furent aussi intronisés. Les quatre sorciers furent applaudis et se positionnèrent tous à la gauche de Holly Coupon. Le présentateur ne bouda pas son plaisir lorsqu'il fallut présenter le directeur de Poudlard et le Ministre de la magie en tant qu'invités spéciaux.
Ce fut un bon moyen pour évoquer les quatre élèves choisis pour participer au tournoi. Le présentateur les nomma rapidement et Sirius fut déçu de ne pas les voir également faire leur apparition sur le terrain. Enfin, Dumbledore et le Ministre de la magie furent chargés de tirer au sort les noms pour les premiers combats du lendemain. Ainsi, Lily serait la première à combattre contre une certaine Milly Nirish dont le Gryffondor n'avait jamais entendu parler.
-Oh non, marmonna James à ses côtés. Je suis sûr que ça va la stresser de passer la première…
Sirius ne pouvait être que d'accord avec lui. Pour autant, il ne savait pas si cette personne était forte, pas plus que les adversaires des autres élèves de Poudlard. Mais heureusement pour eux, ces derniers n'affrontaient pour l'instant aucun des favoris. Sirius ne savait pas encore si ce serait une bonne chose ou non que ses amis s'affrontent. Il n'en avait pas particulièrement envie mais plus ils iraient loin, plus les probabilités grandiraient.
La cérémonie d'ouverture se termina par la présentation de la récompense. On parla d'une somme énorme qui fit envie à Sirius. Sa situation précaire n'était pas très agréable et cette somme lui aurait permis, pendant un temps au moins, d'avoir moins d'inquiétude. La curiosité du Gryffondor fut piquée quand le maitre de cérémonie parla d'une autre récompense. Il comprit alors que le grand gagnant aurait le choix entre les deux et celle qu'il ne choisirait pas irait naturellement au vice champion du tournoi de duels.
Dumbledore s'avança à cet instant et siffla. Sirius en fut surpris : il ignorait le vieil homme capable de ça. Pourtant, le directeur de l'école de magie sembla siffloter une douce mélodie sans problème. Un oiseau apparut alors dans le ciel, attirant l'attention de tout le monde. Il était grand et majestueux, mythique même.
-Fumseck, souffla Regulus, subjugué.
Sirius lui jeta un bref coup d'œil avant de reporter son attention sur le phénix. Son frère en avait sans doute entendu parler par Padfoot. Encore une preuve que ces deux-là étaient vraiment proches. Qu'il s'agisse réellement de Fumseck ou non, il restait un animal magique d'exception et il faudrait être fou pour ne pas choisir d'avoir pour compagnie un être aussi mythique. Même dans le besoin, Sirius aurait pris sans hésiter l'oiseau. Cela aurait fait plaisir à son petit frère en plus.
-Maintenant que vous connaissez les récompenses, j'ose espérer que vous allez redoubler d'effort pour vous en saisir ! claironna Holly Croupon.
L'homme leva ensuite sa baguette en l'air et fit apparaitre dans le ciel des feux d'artifice qui émerveillèrent les spectateurs.
-Je déclare le grand tournoi de duels ouvert !
xXx
Après s'être baladé deux bonnes heures aux côtés de son petit frère et de la famille Potter, Sirius avait décidé de prendre congé : il était temps pour lui d'aller retrouver son copain. Ou en tout cas, la personne qu'il considérait comme tel. L'appellation le rendait plutôt timide et il savait qu'il ne devait pas trop s'avancer à ce sujet. Il serait néanmoins fixé dès aujourd'hui car il était déterminé à parler avec le châtain. Le Poufsouffle était spécial pour lui et Remus lui avait dit qu'il l'aimait alors...
A cette pensée, le cœur de Sirius fit une embardée. Il espérait de tout son cœur que les parents de son ami l'apprécieraient. Il sentait que c'était important pour le Préfet-en-chef. Tout comme James, Remus semblait entretenir une excellente relation avec ses parents. A croire que seul les Black étaient inaptes à avoir de bonnes relations de famille...
D'un geste hésitant, le batteur des Gryffondor vérifia que son présent était toujours à sa place et continua de zigzaguer entre les sorciers. Il y avait vraiment un monde fou ! Après la cérémonie d'ouverture du tournoi, James, Regulus et lui avaient finalement croisé bon nombre d'élèves de Poudlard. Ils avaient même eu la chance de tomber sur Leroy et celui-ci leur avait proposé un autographe. James et Sirius avaient accepté alors que Regulus avait décliné. Le Serpentard avait alors expliqué que ça ne lui servirait à rien, que cet autographe n'avait pas de valeur et qu'il en réclamerait un seulement si jamais il gagnait le tournoi. Leur ancien professeur de duels avait répliqué qu'à ce moment-là, il refuserait d'en donner un au Serpentard et James avait rigolé alors que Sirius avait simplement réfléchi à combien il pourrait revendre les duplicatas de cette signature.
Le gagnant du tournoi obtenait une notoriété sans pareille ainsi que du soutien pour accomplir ses différents projets. Comme Sirius aurait aimé en bénéficier, il se sentait très frustré à ce sujet. Il espérait que l'année prochaine, rien ne l'empêcherait de concourir. En tout cas, ni Dumbledore ni Hugo Leroy ne pourraient le lui interdire. Enfin, rien ne servait d'y penser pendant trop longtemps…
On lui avait dit que Remus était présent aux abords du terrain, probablement à admirer l'endroit où il allait se battre avec les plus grands sorciers de Grande-Bretagne. Si Sirius ne se dépêchait pas, il allait finir par le manquer. Ils auraient dû se mettre d'accord avec le Poufsouffle sur un endroit pour se retrouver. Malgré tout, dans le pire des cas, Sirius lui enverrait un patronus. En espérant qu'il puisse en faire un…
-Mais n'est-ce pas ce traitre de Sirius Black ? ricana soudain Lucius Malfoy quand l'ainé des Black faillit lui rentrer dedans.
Sirius s'arrêta et observa le blond et sa cousine à son bras. Lui qui avait souhaité ne pas les voir, il devait justement tomber sur eux… Il manquait cruellement de chance.
-Et voici donc ma très chère cousine Narcissa Malfoy et son époux, lança-t-il, moqueur. Oh, mais Abaraxas n'est pas là ? Je pensais que tu ne pouvais faire un geste sans l'approbation de ton père, Lucius ?
Il fut heureux de voir Lucius se battre pour garder son calme. Il y parvint d'ailleurs probablement grâce à la main apaisante que posa Narcissa sur son bras.
Sirius n'avait jamais pu deviner ce que pensait réellement sa cousine. Elle n'était pas comme sa sœur ainée, Bellatrix. Pourtant, elle n'était pas exactement non plus comme Andromeda. Il s'agissait plus d'un mélange, ou plutôt d'une sorte de compromis entre les deux femmes. Même si malheureusement, ses idéaux et son modèle de vie penchaient plus vers Bellatrix. Du moins, c'est ce qu'avait longtemps cru Sirius mais depuis son mariage avec Lucius, il avait compris que tout ce qui importait à sa cousine était le bien-être de sa famille. Peut-être que si elle avait grandi dans une famille plus tolérante, elle aurait été différente. Et puis, il se rappelait qu'Andromeda n'avait pas eu besoin de ça pour se rebeller, ni lui pour fuir le poison qu'étaient ses parents.
-Pourquoi me dévisages-tu ainsi, mon cousin ? Cela fait si longtemps que tu ne m'as pas vu que tu as du mal à t'en remettre ? le taquina-t-elle.
-Allons-y, Narcissa, nous avons encore du monde à saluer.
Sirius observa le fils Malfoy s'en aller mais sa cousine resta devant lui. Il fronça les sourcils, curieux de l'attitude de la jeune femme. Narcissa avait toujours fait tout ce que son idiot de mari attendait d'elle.
-Un instant, s'il te plait. J'aimerais encore discuter un peu avec mon cousin si tu le permets.
-C'est que nous ne sommes pas en avance, soupira Lucius.
-Tu n'as qu'à partir sans moi, je ne serai pas longue.
Sirius haussa un sourcil face au regard que Lucius posa sur lui. Il n'analysait pas sérieusement quel danger il pouvait représenter pour Narcissa. C'était aussi surprenant que déroutant. Il n'aurait jamais imaginé un seul instant que Lucius puisse avoir ce geste à l'égard de son épouse. Ni même que Narcissa n'ose un jour aller contre lui, si on pouvait appeler ça ainsi.
Et pourtant, Lucius s'en alla, les laissant seuls dans la foule.
-Tu as peut-être des choses à me dire mais je suis pressé, je n'ai pas vraiment le temps de t'écouter.
-J'ai entendu dire que tu ne possèdes plus la fortune qu'Alphard t'avait laissé en héritage.
-Je ne vois pas en quoi ça te regarde, se braqua Sirius.
Narcissa secoua la tête.
-Tu as assez prouvé que tu étais comme Andromeda, non ?
-Quoi ?
Sirius fronça les sourcils.
-Nous savons tous dans la famille que tu l'adores. Petit déjà, tu la prenais comme modèle. Ton départ du Square Grimmaurd était simplement pour l'imiter, n'est-ce pas ?
Sirius serra les poings.
-Tu sous-entends que ce n'est qu'un jeu pour moi, un caprice ?! Je suis parti parce que je ne pouvais plus supporter les doloris, les insultes et les coups ! Est-ce que tu sais ce que ça fait que d'être enfermé, battu à tout va, simplement parce qu'on n'est pas le parfait petit soldat qu'on attend de toi ? Je ne cherche pas à faire comme Andromeda, je cherche simplement à vivre sans avoir peur de la prochaine raclée que je pourrais prendre parce que j'ai ri un peu trop fort ! Ou alors parce que je ne veux pas dire que les Sang-pur ne sont pas meilleurs que les nés-moldus !
-Ce ne sont que des inepties !
-Pense bien ce que tu veux, ça n'a pas d'importance pour moi. Tu as toujours été choyée et protégée, qu'est-ce que tu peux comprendre de ma vie, de mes souffrances ?
-Tu discrédites la famille simplement pour expliquer ton horrible comportement ! Mais c'est toi qui mets la honte sur les Black, souffla Narcissa, perturbée.
-Sans blague ? Tu vas faire comme si ce n'était pas vrai ? Ignorer mes bleus et ma tristesse lors des réunions de famille est une chose, mais tu ne peux pas dire que ce n'est rien quand tu entendais mes cris alors que je me prenais des doloris.
Narcissa balbutia quelques mots incompréhensibles.
-Quoi, tu vas dire que c'était sans doute mérité ?
Sirius soupira et se détourna : il n'avait plus envie de lui parler. Ça le mettait de mauvaise humeur et il ne voulait pas faire la tête lorsqu'il retrouverait Remus.
-Si tu étais si malheureux là-bas, pourquoi avoir fait ça ?
Malgré lui, l'interrogation le fit se retourner. A moins que ce ne soit le ton de sa cousine. Il vit son regard et pendant un instant, Sirius se demanda si à travers toutes ses questions, Narcissa n'essayait pas de comprendre Andromeda à travers lui.
-Pourquoi j'ai fait quoi ?
-Avoir rendu l'argent de l'héritage. Tu aurais été tranquille. Que vas-tu faire une fois que Poudlard sera fini ? Tu ne vas pas vivre chez les Potter éternellement et tu seras de nouveau vite dépendant de tes parents. Alors pourquoi ?
-Rien ne me fera jamais retourner au Square Grimmaurd, ma situation n'est pas un frein à mes rêves de liberté.
Il se détourna, observant ensuite pendant quelques secondes l'agitation autour d'eux.
-Je l'ai fait pour Regulus, souffla-t-il finalement.
-Ne va pas me faire croire que tu te sacrifies pour lui !
-Et pourquoi pas ? Vous ne l'avez peut-être jamais estimé avec Bella, mais c'est mon petit frère, ma famille ! Et peut-être que je l'ai fait parce qu'il lui arrive parfois de me regarder comme il le faisait avant, comme si j'étais son héros. C'est quelque chose que même toi tu devrais pouvoir comprendre, n'est-ce pas ?
Sirius n'attendit pas de réponse de la part de sa cousine pour disparaitre dans la foule.
xXx
Remus observa Sirius, splendide dans son pantalon noir et sa chemise grise. Elle mettait ses magnifiques yeux en valeur. Le Gryffondor tenait son bouquet de fleurs à la main et affichait un sourire charmant. Remus était certain que le lion allait plaire à son père. Quant à sa mère, il espérait que le bouquet suffirait à lui faire baisser sa garde.
-Pourquoi tu es plus nerveux que moi ? lui demanda Sirius alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques mètres de la maison des Lupin.
-Je ne sais pas et je n'y peux rien, bouda-t-il.
-Si tu as peur que je fasse une bourde, tu devrais peut-être me briefer avant.
-Ce n'est pas ça. Tu es parfait, je suis sûr que tu t'en sortiras à merveille. C'est juste que je suis nerveux que mes parents rencontrent… Enfin, te rencontrent, termina-t-il, embarrassé.
Remus s'arrêta de marcher, se rendant compte qu'il ne savait pas comment présenter le Gryffondor à ses parents. Il n'emmenait que peu de gens chez lui. En fait, à part Isabel et Peter, personne n'était jamais venu. Avec un peu de retard, Remus se dit qu'il aurait dû d'abord éclaircir sa situation avec le Gryffondor avant de penser à le présenter à ses parents. Il n'avait pas pensé à quelque chose de formel, il avait juste tenu à inviter Sirius chez lui pour que le Gryffondor le découvre un peu plus.
-Remus ? s'étonna Sirius, inquiet de son immobilisme. Tu es stressé à ce point ?
-Ce n'est pas… J'aimerais te parler avant qu'on entre finalement.
Sirius acquiesça, pensant que Remus allait finalement le briefer.
De son côté, le Poufsouffle grimaça : il ne savait pas comment aborder les choses. Il regrettait de ne pas avoir saisi la perche que le brun lui avait tendue à Poudlard avant que celui-ci ne parte. Ça aurait été l'occasion parfaite de parler d'eux, de mettre les choses à plat.
Pourtant, il n'était pas difficile pour lui de savoir pourquoi il ne l'avait pas fait. Il avait simplement fait le choix de la facilité, se contentant de ce fragile équilibre qu'ils avaient tous les deux trouvé, espérant qu'il tiendrait.
-Je ne sais pas comment te présenter à mes parents, admit-il finalement. Et-et je me disais que si ça t'allait, je pourrais dire que… Tu, enfin te présenter comme… mon petit ami ?
Remus se détesta d'avoir la voix qui tremble, ça le faisait paraitre incertain et peu confiant. Il n'osa pas regarder Sirius avant de se sermonner et de braquer ses yeux mordorés dans les yeux expressifs du brun.
-Bien sûr que oui ! s'exclama ce dernier. J'avais l'impression qu'on était ensemble depuis ma libération… Enfin, bon, j'ai rien dit non plus parce que j'avais peur de passer pour un con si jamais tu me disais que ce n'était pas le cas !
Remus sourit, soulagé.
-Je n'aurais jamais dit quelque chose comme ça… Tu n'imagines même pas comment je suis heureux et soulagé ! avoua-t-il ensuite.
Malgré ses mots, le Gryffondor se renferma.
-Je…je me disais que tu aurais pu encore m'en vouloir pour ce qu'il s'est passé avant, soupira Sirius. J'ai couché avec ta meilleure amie et je t'ai complètement laissé tomber quand cette photo est sortie…
Remus eut un sourire contrit. Il n'aimait pas y repenser.
-C'était il y a longtemps, je suis passé à autre chose.
-Tu es sûr ? Personnellement, ce n'est pas mon cas. Je n'arrive pas à m'expliquer mon attitude, je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça et je ne sais pas comment tu peux me faire confiance…
-On est bien ensemble, je ne veux pas passer à côté d'une belle histoire à cause de cet incident. Et puis, ce qu'on vit aujourd'hui est différent de ce qu'on avait avant. Nos sentiments ne sont pas les mêmes et on veut la même chose. N'est-ce pas ?
Remus vit l'émotion chez le brun et celle-ci se propagea très vite en lui.
-On ne va pas tout bien faire au début, mais je sais qu'on y arrivera, reprit-il, ému. Je n'ai jamais été sérieusement avec quelqu'un avant et je pense que c'est également ton cas. Je suis heureux d'être ton premier et que tu sois également le mien, je ne pouvais pas rêver mieux. On devrait aller retrouver mes parents à présent, ils vont se demander ce qu'on fait sinon, ajouta-t-il ensuite.
-Ça me va.
Remus inspira un grand coup et en quelques enjambées, atteignit la porte d'entrée. Il voulait vite présenter le Gryffondor. Il garda donc la porte ouverte pour Sirius et la referma en la claquant légèrement, histoire de prévenir ses parents de son arrivée. Plus tôt dans la journée, le Poufsouffle les avait simplement informés qu'il viendrait avec un ami. Remus savait qu'ils ne s'attendaient pas à ce genre d'ami mais plus à Peter, ou à n'importe qui d'autre.
-Déjà rentré, mon grand ? l'accueillit son père.
Sa mère sortit de la cuisine et vint à sa rencontre à son tour. Elle s'essuya les mains contre son tablier alors que son père restait simplement debout dans l'entrée.
-Bonjour, monsieur et madame Lupin, je suis heureux de vous rencontrer, fit Sirius, aimable.
Il tendit son bouquet de fleurs à la mère de Remus qui adopta une expression ravie.
-Merci, elles sont magnifiques ! Je vais les mettre dans un vase.
Remus vit sa mère disparaitre de nouveau très vite dans la cuisine.
-Ne restez pas dans l'entrée ! fit Lyall. Remus, aide ton ami à se débarrasser de ses affaires.
Encore un peu nerveux, Remus se plia de bonne grâce aux exigences de son père. Bientôt, il serait temps de présenter véritablement Sirius. Celui-ci lui tendit la veste qu'il avait enlevée plus tôt et accompagna les Lupin dans le séjour. Remus le vit alors observer leur maison et espéra que le Gryffondor ne la trouvait pas trop misérable. Il savait que Sirius avait l'habitude du luxe et sa famille en était très loin. Les Lupin vivaient avec des revenus moyens et s'en contentaient très bien jusqu'à aujourd'hui. Remus n'aurait jamais pensé en être gêné.
Sirius ne fit pourtant aucun commentaire désobligeant. Il observa simplement jusqu'au retour de la mère de Remus les photos de famille et la décoration du séjour.
-Alors, comment t'appelles-tu, mon garçon ? fit le père du Poufsouffle, heureux d'accueillir le nouvel ami de son fils.
-Papa, maman, commença Remus, la voix mal assurée.
Esperance et Lyall fixèrent leur fils, inquiets de son angoisse palpable.
-Voici Sirius Black…
Remus jeta un coup d'œil au Gryffondor qui lui donna la main. Ce geste lui insuffla alors le courage nécessaire pour continuer.
-Mon petit-ami, murmura-t-il en rougissant.
Après tout, c'était la première fois qu'il l'admettait devant d'autres personnes.
-Oh, Seigneur ! gémit sa mère.
Elle chancela et son époux la prit dans ses bras pour la soutenir.
-Eh bien, c'est inattendu, commenta ensuite Lyall.
-Il est magnifique, souffla Esperance.
-Merci beaucoup, madame ! s'enthousiasma Sirius.
-Appelle-moi Esperance, je t'en prie.
-Très bien, Esperance. Vous et monsieur Lupin avez un fils formidable ! Remus est parfait et je comprends mieux pourquoi en vous voyant !
Remus haussa un sourcil. Il se demandait si Sirius était honnête ou si ce n'était qu'une habile stratégie pour se mettre ses parents dans la poche. Dans tous les cas, ça semblait marcher mais les fleurs offertes plus tôt avaient soudain l'air de trop. Avec son sourire, son bagou et sa beauté, Sirius faisait fondre tous les cœurs et ses parents succomberaient tout aussi vite que les autres.
Remus observa encore sa mère, attendant la suite de sa réaction.
-Oh, Lyall, il va détruire le cœur de notre petit Remus ! s'exclama-t-elle bientôt.
-Je… Je vous assure que non, protesta mollement Sirius, décontenancé.
Il n'avait pas l'air de comprendre grand-chose à ce qu'il se passait et Remus le comprenait. Il serra simplement plus fort sa main et lui sourit, une manière de lui assurer que tout allait bien. Remus était très proche de ses parents et sa mère avait toujours été une de ses plus grandes confidentes quant à ses histoires de cœur. Bien entendu, il avait su lui épargner bien des choses mais elle savait mieux que quiconque combien il avait un cœur d'artichaut et qu'il était souvent trop gentil avec les gens qu'il aimait. Que c'était facile de lui briser le cœur, Sirius l'avait d'ailleurs bien prouvé quelques mois plus tôt. Mais aujourd'hui était différent. Et sa mère n'était pas obligée de savoir le mal que le Gryffondor lui avait déjà fait.
-Ne t'en fais pas, mon garçon ! s'exclama Lyall à l'adresse de Sirius. Esperance a fait des gâteaux tout l'après-midi pour t'accueillir alors maintenant que tu es là, il est peut-être temps d'y gouter !
Le père fit un signe pour montrer la table déjà dressée et ils prirent place alors que la mère de Remus ramenait les gâteaux en question.
-Je suis désolée de me montrer si émotive, mais tu es le premier garçon que notre fils nous ramène, souffla Esperance.
-Vraiment ?
Remus pouvait clairement entendre la surprise dans sa voix.
-Eh oui, il est si timide, rit Lyall. En tout cas, nous sommes heureux de rencontrer son premier petit-ami !
Les parents de Remus exigèrent ensuite d'en connaitre le maximum sur Sirius Black. Enfin, Lyall en savait déjà pas mal sur l'ainé de Walburga et Orion Black, mais il voulait apprendre à connaitre plus personnellement le jeune homme qu'il avait devant lui et non pas ce qu'il s'en disait, ni même ce que cette famille signifiait. Sirius étant à l'aise avec les gens, il leur parla volontiers de lui et Remus resta en retrait. Il observait avec bonheur et satisfaction ses parents et son petit-ami, mangeant des gâteaux et parlant des hobbies du Gryffondor.
Bien entendu, à un moment, la conversation dévia sur l'évènement de ces derniers jours : les duels qui allaient enfin commencer demain. Sirius, qui n'avait pas eu l'occasion de recueillir les impressions du Poufsouffle, se fit alors un devoir de le questionner à ce sujet et Remus confia qu'il était si nerveux qu'il n'était pas sûr de passer une bonne nuit…
xXx
Sirius observa le paysage, assis dehors sur l'herbe fraiche. L'après-midi était passé incroyablement vite. La famille de Remus était géniale et aimante, même sa petite maison atypique était chaleureuse et amusante. Espérance et Lyall ne le connaissaient pas et pourtant, ils le traitaient avec bienveillance et gentillesse. Tout le long de l'après-midi, Sirius les avait ainsi observés avec leur fils et il ne savait pas pourquoi, mais il avait commencé à se sentir mal. Une espèce de colère et de jalousie avaient lentement éclos en lui. Cela ne lui avait que trop bien rappelé combien sa famille était défaillante.
Sa rencontre avec Narcissa avait déjà commencé à raviver de mauvais souvenirs et ensuite, ici, il avait eu la preuve de ce dont il avait manqué. Ses parents ne l'avaient jamais aimé. Ils avaient eu Sirius dans le but d'avoir un héritier mâle. Regulus avait été un accident pour sa part, mais leur mère l'avait aimé. Même si ni elle ni son père n'avaient fait mieux avec son petit frère. Certaines personnes n'étaient tout simplement pas faites pour être parents. Pourtant, ils s'obstinaient, rendant leurs enfants malheureux.
Sirius avait souvent regretté cette enfance heureuse et joyeuse dont ses parents l'avaient privé, mais c'était la première fois que ça l'atteignait autant.
Il se sentait triste et en colère. Il trouvait la vie injuste ! Qu'avait-il fait pour mériter des gens si horribles ? Des années perdues pendant lesquelles il avait été humilié, battu, insulté, méprisé, ignoré. Jamais ils ne pourraient les retrouver.
A cause de sa mère, il était même obligé de vivre avec un traumatisme qui le détruisait petit à petit.
Sirius avait joué la carte de l'assurance et de la détermination devant sa cousine lorsqu'il l'avait croisée plus tôt dans la journée mais la vérité était qu'il s'inquiétait pour son futur. Une chose était sûre néanmoins, jamais il ne retournerait au Square. Jamais. Narcissa n'avait qu'à aller se faire voir avec ses leçons de morale et ses insinuations. Que pouvait-elle savoir de la souffrance qu'il avait vécue ? Personne n'avait jamais rien fait pour l'aider. Andromeda avait été de son côté et l'avait soutenue mais en grandissant, Sirius l'avait de moins en moins vue pour finir par la perdre de vue totalement lorsqu'elle s'était enfuie. Et malgré sa bonne volonté, Andromeda n'était pas beaucoup plus âgée que lui, elle n'avait pas beaucoup de pouvoir dans la famille.
Il y avait bien eu l'oncle Alphard et même si n'était pas comme les autres membres de sa famille, il avait surtout commencé à agir pour lui après sa mort…
Sirius entendit soudain du bruit derrière lui. La porte d'entrée venait de s'ouvrir et il savait qu'il s'agissait de Remus qui, inquiet de ne pas le voir revenir, était venu le trouver. Il avait déclaré plus tôt désirer prendre l'air 5 minutes mais cela devait au minimum faire un quart d'heure.
D'un rapide geste de la main, il tenta d'essuyer l'humidité de ses yeux et d'effacer sa tristesse et Remus s'installa rapidement à côté de lui dans l'herbe.
-Est-ce que ça va ? J'ai remarqué que tu semblais ailleurs, assez triste même tout à l'heure, fit-il doucement.
-Ce n'est rien, répondit Sirius sans le détromper.
-Est-ce que c'est à cause de quelque chose que ma famille ou moi avons dit ou fait ? s'inquiéta Remus.
-Non, non, absolument pas !
Sirius se mordilla les lèvres. Il savait que pour le découvrir vraiment, Remus devait également connaitre son enfance et en savoir plus sur sa famille défaillante.
-J'ai croisé une de mes cousines dans la journée. Son époux, Lucius Malfoy, est un des favoris.
-Oh, répondit Remus. Ça ne s'est pas bien passé, devina-t-il alors.
-Oui mais ce n'est pas une surprise. Je ne m'entends bien avec pratiquement aucun membre de ma famille, ce sont des démons et des abominations. Réellement, je ne veux rien avoir à faire avec eux.
Ses mots étaient forts et Remus fronça les sourcils mais Sirius continua.
-Ce n'était pas facile pour moi, je n'ai jamais connu les surnoms affectueux, les gestes de tendresse, les sourires, les diners familiaux, les sorties,… En fait, tout ce qui fait qu'une famille est une famille. Si je devais mettre des mots sur ce que j'ai vécu, je dirais que ma famille était abusive avec moi.
Il lut la tristesse dans les yeux de Remus qui comprit pourquoi cela avait pu être délicat de voir la famille Lupin au complet. Il avait l'habitude des Potter mais avec les Lupin, il comprenait que sa famille avait été une exception, qu'il aurait pu avoir plus.
Lancé dans les confidences et en confiance, Sirius continua de lui parler et même s'il avait redouté ce moment, au final, cela lui fit du bien. Avec Remus, tout était simple. Il ne se sentait ni jugé, ni rabaissé et plus que tout, il n'y avait aucune pitié dans le regard du Poufsouffle. Sirius n'y lisait que de l'empathie et de l'admiration.
xXx
Il m'arrive parfois de penser aux mots de Padfoot. A ce qu'il m'a dit pour me faire quitter le Square Grimmaurd l'été dernier. Sa volonté était de me sauver, mais il ne m'a jamais réellement dit de quoi. Je sais bien qu'il voulait que je m'éloigne de ma famille et de ce qu'elle prônait parce qu'à terme, ça finirait soit par me faire du mal, soit par me détruire. Mais bien des choses m'intriguent. Padfoot a dit que dans toutes les réalités qu'il avait visitées, je connaissais toujours la même fin. Je meurs à mes 18 ans.
C'est étrange d'y penser à présent qu'il n'est plus là. Avant, c'est à peine si j'y accordais une quelconque importance. Je crois que je considérais que tant qu'il était à mes côtés, tout irait bien. Il était mon ange gardien… Mais il n'est plus là et je pense que je peux enfin dire que j'ai réussi à dépasser ma peine.
J'ai perdu un peu de poids parce que la nouvelle m'avait rendu si triste que j'en avais perdu l'appétit, mais ça va mieux. Je mange de nouveau correctement et surtout, je suis déterminé à faire en sorte que ça aille bien pour moi. Je ne veux pas que, où qu'il soit, il ait l'impression que tout ce qu'il a fait était inutile.
Je suis suffisamment mature pour prendre mes décisions par moi-même à présent. Je ne suis plus aussi seul et j'ai des ambitions.
Padfoot m'a confié ses rêves, sa vie, et j'ai cette impression étrange que j'ai hérité de sa volonté. Je ne sais toujours pas pourquoi j'étais le seul à le voir ici, mais je m'en sens encore aujourd'hui particulièrement chanceux.
Je n'oublierai jamais cette jeunesse brisée dont il m'a souvent parlé. De ses coups fumeux avec les Maraudeurs, de sa tristesse à la mort de ses meilleurs amis et de son emprisonnement. De ce sentiment injuste d'être traité comme un monstre, de souffrir tous les jours et de tenir seulement parce qu'on a encore quelque chose à accomplir. De cette vie de paix et d'amour qu'on ne lui a jamais accordée. Il s'est battu mais n'a jamais eu la reconnaissance qu'il méritait. Comme il l'a toujours dit, Poudlard a été l'époque la plus heureuse de sa vie.
-Qu'est-ce que tu fais ? l'interrogea James.
Regulus sursauta et referma précipitamment son journal. Assis à son bureau, il se tourna vers le Maraudeur qui était penché au-dessus de son dos et le fixa, le regard noir.
-Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre ?!
-Je venais voir ce que tu faisais.
-Et ça te donne le droit d'entrée sans frapper ?
James haussa simplement les épaules. La colère de Regulus ne l'atteignait pas vraiment.
-Je ne savais pas que tu avais un journal intime.
-Ce n'est pas un journal intime.
-Oh chouette, je peux le lire alors ?
Il tendit la main pour s'en saisir mais Regulus s'empressa de le ranger dans le tiroir de son bureau, l'ouverture étant protégée par un sort.
-Ce n'est pas un journal intime mais tu prends tout de même le soin de le protéger, c'est assez drôle. Enfin bon, tu n'as pas à t'inquiéter. Il pourrait être ouvert sur la table en plein milieu du salon que je ne le lirai pas. Il y a des choses qui sont faites pour rester privées. Et puis, je deviendrais tout timide si je lisais les petits fantasmes que tu as sur ma personne !
James se retenait de rire devant le visage affligé du Serpentard. Regulus continua à l'observer, se demandant pour quelles raisons il était venu le voir. Même si le Gryffondor adorait le taquiner, il venait très peu jusqu'à sa chambre. Peut-être s'ennuyait-il puisque Sirius n'était pas là ?
-Tu as besoin de quelque chose ?
-J'aimerais discuter de quelque chose d'important avec toi, approuva James. En fait, je suis censé avoir cette discussion accompagné de Sirius mais je pense que c'est mieux si c'est juste nous deux pour l'instant. Sirius cherchait à te cacher des choses pour te préserver et nos opinions divergent sur certains points… C'est mieux ainsi.
-Qu'est-ce qu'il se passe ? s'inquiéta-t-il.
James alla s'asseoir sur son lit et Regulus orienta sa chaise vers lui.
-C'est au sujet de quelque chose qui nous est arrivé il y a quelques jours. Cela confirme également des éléments qu'on avait fait que suspecter jusqu'à présent.
-A propos de Jedusor ? demanda Regulus, à la fois impatient et anxieux.
James acquiesça et Regulus se tourna vers lui, attentif. Il n'avait aucune idée de ce que les Maraudeurs avaient pu découvrir sur le psychomage qui avait pu lui échapper. Ces derniers jours, il avait eu l'impression de régresser dans l'enquête compliquée qu'il menait. Jedusor était intelligent, il ne laissait que peu, voire aucune trace derrière lui.
Si James et Regulus possédaient le moindre indice, ce serait éminemment bénéfique. Et puis, cela le conforterait dans l'idée que Padfoot avait eu raison et que Regulus pouvait faire quelque chose pour contrer l'adulte.
-Il y a quelques jours, Sirius, Remus et moi sommes sortis du château dans la nuit. On s'ennuyait et on cherchait juste à s'amuser. On serait d'ailleurs resté plus longtemps mais au bout d'un moment, Remus nous a convaincus de rentrer. C'est au moment où nous avons rebroussé chemin qu'on a entendu crier. On est parti voir et on est tombé sur Marlene et son frère.
Regulus écarquilla les yeux. Dorian McKinonn était un fugitif, comment la Serdaigle avait-elle pu se retrouver dans cette situation avec lui ?
-Il est entré en contact avec elle après sa fuite ou ils n'ont jamais perdu le contact ?
Il vit le visage de James se crisper et Regulus n'eut plus de doute.
-Elle l'a libéré ?! comprit-il. Mais pourquoi et comment ?!
-On ne sait pas. Elle n'était pas très cohérente et surtout convaincue d'avoir raison. Sirius m'a également dit qu'elle lui avait parlé de Jedusor, il était au courant de ce qu'elle comptait faire. Comme c'est lui qui a en partie organisé cette sortie à Azkaban, on peut penser qu'il a également grandement participé à cette fuite de prisonniers.
Regulus fronça les sourcils, accusant le coup et son esprit réfléchissant déjà à ce que tout cela impliquait. Il savait que la Serdaigle était à l'infirmerie parce qu'elle avait été retrouvée blessée. Il ignorait si elle avait pu retourner chez elle ou si elle était restée à Poudlard. Malheureusement, il ne pourrait pas avoir de discussion avec elle avant la rentrée. Si elle acceptait de témoigner auprès des Aurors, ceux-ci pourraient ouvrir une enquête officielle, tenter de savoir ce que le psychomage cherchait à faire et l'arrêter au plus vite.
Regulus tenta de refréner son enthousiasme. Il fallait aussi penser que peut-être, McKinonn ne souhaiterait pas parler aux Aurors pour préserver sa liberté. Si ce cas de figure se présentait, il faudrait la forcer. Il pourrait également directement confronter Jedusor, bluffer, tenter de voir si cela pouvait marcher.
-Elle ne vous a pas donné plus d'indication ?
James secoua la tête.
-Je vois bien que tu as l'air d'avoir repris espoir mais je vais devoir calmer tes ardeurs. Marlene ne souhaite pas parler et on ne doit rien dire sur ce qu'on vient d'apprendre.
-C'est complètement stupide ! Qu'elle ne veuille pas parler est son problème mais nous, rien ne nous y oblige !
-Justement, si. Elle nous fait chanter. Enfin, elle fait chanter Remus plus précisément.
Regulus haussa un sourcil, déboussolé. Il ne voyait pas ce que Remus avait pu faire de mal qui justifierait qu'elle puisse le faire chanter. Le Serpentard vit alors James hésiter. Le 6ème année avait envie de lui dire qu'il pouvait lui faire confiance, qu'il n'irait pas divulguer le précieux secret du Poufsouffle. Il appréciait beaucoup Remus et ils étaient amis, il ne comptait pas le mettre dans une situation qui l'embarrasserait. Cependant, Regulus ne pouvait pas forcer l'héritier de la famille Potter à le croire sur parole.
-Tu te souviens quand Remus et toi avez été attaqués par les centaures ?
Regulus acquiesça même s'il ne voyait pas le lien.
-Tu as dit que tu pensais qu'un puma t'avait sauvé. Hé bien, ce puma, c'était Remus…
-C'est un Animagus !? s'exclama Regulus, stupéfait.
-Un Animagus non déclaré. Marlene s'en sert pour qu'on garde le silence.
-Oh… Je ne la pensais pas capable de ça.
-Moi non plus. Sirius était assez énervé à ce sujet.
-Qu'est-ce que l'on peut faire ? interrogea le plus jeune.
-Je ne sais pas, c'est bien ça le problème. On continuera à en discuter avec Sirius après le tournoi.
-Très bien.
James lui sourit puis se leva pour partir.
-James, l'arrêta Regulus. Merci de me l'avoir dit.
Le brun faisait référence au secret de Lupin car il avait longtemps cherché à en savoir plus sur ce fameux puma. Il était content d'avoir enfin le fin mot de l'histoire. Que James lui fasse suffisamment confiance pour lui dévoiler un secret qui ne lui appartenait même pas lui faisait du bien.
Le Serpentard esquissa ensuite un sourire à l'attention de James. Quelques jours auparavant encore, il n'aurait jamais imaginé pouvoir discuter si calmement avec le 7ème année.
xXx
La soirée s'était incroyablement bien passée. Remus n'en avait pas attendu autant. Sirius et lui avaient proposé à ses parents de s'occuper du diner quand ces derniers avaient invité Sirius à prolonger son séjour jusqu'au lendemain et Esperance en avait été ravie. Sirius un peu moins quand, au final, il s'était rendu compte qu'il devrait faire sans sa baguette. Le Gryffondor avait néanmoins pris beaucoup de plaisir à découvrir tous les appareils moldu que possédait la famille. Et encore plus d'entendre les histoires du père. Les yeux plein d'étoiles de Sirius lui avaient rappelé les siens quand, plus jeune, celui-ci lui racontait ses aventures et le faisait rêver.
La journée avait été parfaite. Au diner, ils s'étaient régalés avec le plat que Sirius avait réussi à ne pas trop cramer. Suite au repas copieux, ils avaient ensuite joué à un jeu de société magique que sa mère avait été bien en peine de comprendre. Ça les avait tous fait rire et avait détendu suffisamment Remus pour que la perspective du lendemain soit moins angoissante. Le Poufsouffle avait également pu observer avec soulagement l'air plus serein de son petit-ami. Sirius et lui avaient eu une longue discussion assez profonde plus tôt et le Gryffondor lui avait confié beaucoup de choses douloureuses et sensibles. Cela témoignait de la confiance qu'il avait en lui et de l'envie qu'il avait que cela fonctionne entre eux. Il ne voulait rien lui cacher et Remus partageait son avis.
Il s'était toujours douté que Sirius avait grandi dans une famille assez stricte et dure, mais jamais il n'avait imaginé qu'il avait été maltraité. Cela le peinait et il avait l'irrésistible envie de l'intégrer à sa famille, que le brun s'y sente bien et la considère comme la sienne pour qu'il puisse oublier les Black et refermer les blessures du passé.
Au moment d'aller dormir, Lyall et Esperance préparèrent le canapé pour Sirius alors que le châtain avait eu dans l'idée qu'ils dormiraient tous les deux dans sa chambre. Honnêtement, il n'était pas sûr que le canapé soit suffisamment confortable pour le Gryffondor et au-delà de ça, il avait l'impression que c'était impoli de laisser son invité dormir au salon.
-J'espère que ça ne te dérange pas, Sirius ? s'enquit monsieur Lupin.
-Je me doute bien que Remus et toi aviez peut-être d'autres idées mais pour Lyall et moi, il est encore trop tôt pour vous laisser partager une chambre, ajouta sa femme. Vous n'êtes ensemble que depuis quelques semaines à peine et nous le découvrons seulement aujourd'hui.
-Il faut qu'on se fasse à l'idée, conclut le sorcier. C'est également une question de confiance. Nous t'accueillons sous notre toit pour ce soir alors nous espérons que tu respecteras notre choix.
-Bien entendu, je comprends, fit Sirius.
Et sur ces mots, tout le monde alla se coucher. Remus passa dans la salle de bain avant d'aller au lit. Il s'emmitoufla dans ses draps et pensa avec regret qu'il aurait aimé dormir avec Sirius. Il fixa la porte de sa chambre plongée dans la pénombre. Peut-être que Sirius viendrait quand même ? Après tout, il pouvait aussi bien se contenter de dormir dans les bras l'un de l'autre. Ils étaient de jeunes hommes débordant d'hormones mais le Poufsouffle ne doutait pas qu'ils soient capables de se retenir. Ses parents étaient dans la chambre au bout du couloir après tout.
Remus fixa longuement la porte. Les minutes passèrent et se transformèrent vite en une heure. Il s'endormit pour finir par se réveiller en sursaut. Avec dépit, il comprit que Sirius ne viendrait pas. Un peu déçu, il décida d'aller lui-même à sa rencontre. Il fit attention à ne pas faire de bruit lorsqu'il passa dans le couloir et encore plus quand il descendit les escaliers. Il fut si silencieux qu'il fit sursauter Sirius lorsqu'il le réveilla une fois près de lui.
-Bordel, Moony, tu m'as fichu la trouille !
-Désolé, s'excusa-t-il.
Sirius sourit et se frotta les paupières pour se réveiller un peu plus.
-Qu'est-ce que tu fais là ? lui demanda-t-il ensuite.
-C'est… Enfin, je pensais que tu monterais me rejoindre…
-Quoi ? Mais non, enfin, t'as bien entendu ce qu'ont dit tes parents. J'ai pas envie qu'ils soient déçus ou encore qu'ils s'imaginent que je saute leur fils sous leur toit en me fichant bien de leur avertissement !
Remus ne trouva rien à répondre. Sirius avait raison au fond. Aller contre les recommandations de ses parents serait le meilleur moyen de leur donner une mauvaise image de Sirius, de lui et de leur relation. Ce n'était qu'une nuit après tout.
-Tu as raison, désolé…
-Ce n'est rien, on aura bien d'autres occasions de se retrouver tous les deux. Les vacances ne font que commencer.
Le brun se redressa et embrassa Remus qui se laissa couler contre lui.
-Je t'aime, lui souffla-t-il, complètement conquis.
Sirius eut un sourire vacillant et baissa la tête
-Je t'aime aussi, Remus, hésita-t-il. Ca te va, n'est-ce pas ?
-Bien sûr. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivé depuis des années. Je ferai de mon mieux demain, j'espère que tu seras fier.
-Je le suis déjà. Allez, va te coucher avant que tes parents ne viennent et m'accusent de te dévergonder !
Remus rit doucement et consentit enfin à se lever. Demain, une longue journée les attendait.
On arrive dans les derniers chapitres de cette 2ème partie et je tiens à signaler que c'est le moment que j'attendais avec impatience parce qu'il y'aura beaucoup d'évènements et que j'espère vous surprendre.
Le prochain chapitre qui se trouve être la suite directe de celui-ci arrivera début avril.
A bientôt !
