Dans le chapitre précédent :
Le Grand Tournoi de duels se poursuit et les élèves de Poudlard font de leur mieux pour continuer l'aventure. Severus est le premier à perdre face à Leroy, trop fort pour lui. Lily qui n'a pas pu assister à son duel, s'inquiète pour lui, malheureusement elle n'a pas le temps de trop pensé à lui, car elle reçoit la visite de la fille Carrow. D'abord surprise, une fois sa baguette cassée, elle comprend la raison de sa visite. Pamela et Remus sont déçus, mais déterminés à ne pas abandonner.
Marlene après avoir discuté avec son frère, relâche enfin la pression qu'elle s'était infligée et dans un souci de mieux faire à présent, décide d'aller voir Remus, espérant si ce n'est avoir du soutient de sa part, qu'il la comprenne et qu'elle puisse s'excuser de son chantage. Mais cela ne se passe pas comme prévu et les deux ressortent fâchés de cette discussion avortés.
James qui s'est complètement remis de sa rupture avec Lily, multiplie les attentions maladroites auprès de Regulus. Il aurait voulu pouvoir passer du temps seul avec le Serpentard, mais Sirius est déjà de retour de sa journée chez les Lupin. De bonne humeur et en paix avec lui-même, James souhaite tout le bonheur possible à Lily et Severus, ce qui surprend la rousse.
Le Tournoi continu et après Severus et Lily forfait, c'est au tour de Pamela qui n'a pas démérité lors d'un duel acharner contre la fille Carrow. Remus espère mieux s'en sortir, mais il est si épuisé par les jours précédents et les efforts déjà fournis, qu'il n'arrive pas à venir à bout de Lucius Malfoy. Sirius et les autres observent le duel avec attention, à la fin tous triste pour leur ami. Malgré ça lorsque Remus les rejoints, Sirius à du mal à l'accueillir convenablement, leur rencontre précédente avec Arthur Wesleay l'ayant perturbé. Le monstre de la jalousie se tapit dans le cœur du brun.
Tom Jedusor qui s'était longuement absenté est revenu à temps pour la finale. Il est intrigué par ce français étonnamment proche de Albus Dumbledore. Il se prépare à mettre en place un plan bien dangereux, convaincu qu'avec ce Hugo Leroy, Dumbledore ne sera pas une menace pour lui.
Merci à AngeLunaBlack pour son commentaire. Bonne lecture à tous !
Chapitre 37
Pourquoi je t'aime
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Regulus comprit vite en se levant ce matin-là qu'il se passait quelque chose. La maison était animée. De l'étage, il arrivait même à sentir la bonne odeur de gaufre, mais aussi celle de sirop d'érable, à son plus grand désespoir. Il détestait le sirop d'érable et son estomac se contracta. Il passa dans la salle de bain et entendit la voix de son frère crier joyeux anniversaire à James avant de refermer la porte. C'était donc la raison de cette effervescence. Le grand tournoi de duels venait tout juste de se terminer et voilà qu'un autre grand évènement allait bouleverser son quotidien…
Alors que le Serpentard n'avait pourtant pas participé au tournoi, il se sentait plutôt fatigué. Ces quelques jours avaient été assez intenses même si Regulus y avait assisté avec plaisir. De plus, les entraînements précédents pour espérer être sélectionné et son inquiétude pour James et Sirius qui s'étaient mis dans de beaux draps ne lui avaient pas laissé une minute de répit. Tout s'était enchaîné très vite et à présent que les événements s'apaisaient, son corps réclamait un repos bien mérité. Malheureusement, à cet instant, il continuait d'entendre son frère et James rire à gorge déployée…
Il n'avait pas fait attention à la date mais aujourd'hui, James avait 18 ans, tout comme son frère, Lupin ou encore Severus avant lui. Ils étaient tous majeur depuis longtemps déjà, alors que Regulus était impatient de l'atteindre. Il voulait avoir enfin 17 ans et être un adulte.
Après son bain, Regulus s'habilla d'une chemise noire et d'un pantalon court de la même couleur puis descendit rejoindre les autres.
Puisqu'il avait complètement occulté l'anniversaire de James, il n'avait évidemment pas de cadeau à lui donner. C'était également sans doute trop tard pour aller en acheter un, surtout que comme d'habitude, il devait se référer à Sirius pour tout ce qui était question d'argent. C'était également une des raisons qui le rendait impatient d'atteindre la majorité. À ses 17 ans, il pourrait accéder à son compte à Gringott's et devenir indépendant financièrement. Il détestait devoir dépendre de Sirius et lui demander de l'argent pour la moindre chose, c'était aussi humiliant que de demander à ses parents qu'il avait pourtant choisi de quitter.
Regulus soupira, ne sachant pas comment il allait pouvoir se sortir de cette situation. Tout le monde allait avoir un présent à offrir, sauf lui.
Dès son entrée dans la salle à manger, Euphémia vint l'accueillir et le serra contre elle avec un amour tout maternel. Regulus attendit que ça passe, ignorant la chaleur que les intentions de la femme suscitaient en lui. Depuis le temps, il s'était habitué à ses attentions, à cet amour et à cette générosité qui semblait qualifier les Potter. Il avait fini par l'accepter et remarquer que ses propres parents n'avaient jamais fait preuve d'une telle tendresse à son égard et encore moins envers Sirius.
Malgré tout, il ne se sentait toujours pas d'y céder, il trouvait ça malsain. Il avait peur de l'importance que les Potter pourraient prendre pour lui s'il abandonnait subitement toutes ses barrières. Même si ses parents n'étaient pas parfaits, ils restaient ses parents.
Le Serpentard alla ensuite rejoindre les autres membres de la maison autour de la table du petit déjeuner où un repas gargantuesque les attendait.
-Joyeux anniversaire, James, lança-t-il.
Celui-ci lui sourit, l'air particulièrement heureux, mais Regulus supposa que c'était parce que pour une journée, et sans que personne n'y trouve quoi que ce soit à dire, il serait le « roi » de la maison.
Le cadet des Black observa sans pouvoir s'en empêcher le Gryffondor. Il était si heureux, si lumineux. Il avait les cheveux en pagaille, signe qu'il n'avait pas pris le temps de se préparer convenablement avant de venir dans la salle à manger et contrairement à d'habitude, il n'avait pas ses éternelles lunettes ringardes sur le nez car elles reposaient à côté de son assiette. Une des branches avait l'air d'être de travers : James avait dû les abîmer en faisant une ânerie quelconque, probablement accompagné de Sirius. Heureusement pour le 7ème année, ses parents étaient très doués pour les réparer.
En tout cas, c'était bien la première fois que Regulus le voyait ainsi. Cela le changeait beaucoup mais en même temps, le Serpentard n'arrivait pas à savoir s'il était plus beau ainsi ou non. Il était habitué à un James Potter avec ses lunettes ringardes qui lui donnaient malgré tout un certain charme.
Ce dernier continua à lui sourire et lui fit même un petit clin d'œil. Regulus détourna aussitôt les yeux. Il l'avait regardé bien trop longtemps, bien sûr qu'il s'était fait attraper… Un peu gêné, il préféra ensuite ignorer le Maraudeur qui, heureusement, n'insista pas. Avant, il n'aurait pourtant pas hésité à le taquiner, voire à le mettre dans l'embarras. Aujourd'hui, c'était différent.
Depuis que James avait failli mourir, il était revenu changé de St-Mangouste. Regulus ne pouvait pas affirmer que c'était parce qu'il avait failli y passer et que le choc l'avait fait mûrir ou si c'était parce qu'il avait été confronté à de la magie noire. James était en tout cas revenu à la fois très différent et semblable.
Cela le perturbait parce qu'à présent, Regulus se prenait à penser qu'avec ce James là, il pourrait construire quelque chose. Le fait que James continue ses tentatives pour le séduire ne l'aidait pas non plus à ne pas l'envisager. Désirait-il encore tourner la page d'ailleurs ?
Plus le temps passait, plus Regulus se disait que s'il rejetait encore le Gryffondor, il pourrait se priver d'une belle histoire. Il était un jeune homosexuel dont le nom n'était pas facile à porter, quand l'occasion de sortir avec quelqu'un de bien se présenterait-elle à nouveau ?
Jusqu'à présent, Regulus n'avait rencontré qu'un seul autre homosexuel, Remus, avec qui il s'était lié d'amitié. Cependant, il ne ressentait rien pour lui et n'avait pas une seule fois imaginé quoi que ce soit. Pourtant, bien des fois, il s'était dit que cela aurait été plus simple s'ils avaient pu tomber amoureux l'un de l'autre. Sortir avec quelqu'un qui n'avait pas la même orientation sexuelle était quasi mission impossible. Malgré tout, avoir la même orientation ne voulait pas non plus dire se plaire forcément. La preuve.
Le problème était que James disait l'apprécier mais Regulus ignorait jusqu'à quel point exactement. Lui était amoureux, c'était différent. Cela n'allait-il pas créer un décalage entre eux et donc des problèmes si jamais ils décidaient de démarrer quelque chose ? De plus, le Gryffondor était un séducteur qui sortait d'une rupture compliquée. Il avait toujours été avec des filles jusqu'à présent…
D'un coup, le moral de Regulus fut au plus bas. À quoi pensait-il en plein petit déjeuner ?
-Tu ne manges pas, mon garçon ? l'interrogea d'ailleurs la mère de famille.
-Si, bien sûr.
Le Serpentard se saisit d'une gaufre et Euphémia, attentive, était déjà prête avec sa cuillère en bois à lui verser de son immonde sirop trop sucré.
-Non ! paniqua-t-il. Je n'aime pas ça !
-Oh, désolée, mon garçon. Tu veux autre chose peut-être ?
-Non, ce ne sera pas la peine.
-Laisse-le donc, ma chérie, et viens t'asseoir.
A ces mots, Fleamont Potter se leva et tira la chaise pour sa femme. Il pressa ensuite ses épaules avant de déposer un tendre baiser sur le haut de sa tête lorsqu'elle s'exécuta. Euphémia sourit, comblée. Regulus quant à lui ne parvint pas à détacher son regard d'eux malgré le boucan que faisaient son frère et James à ses côtés, toute son attention focalisée sur le couple.
Une fois encore, il pensa à ses parents. Il ne les avait jamais vus avoir ce genre de gestes tendres l'un pour l'autre. Il n'était même pas certain que ses parents s'aimaient. Comme souvent dans les mariages de sang-pur, il s'agissait d'arrangement, d'alliance. Ses parents devaient plus être des partenaires que des amoureux.
N'était-ce pas dur de passer toute sa vie avec quelqu'un pour qui on éprouvait seulement, au mieux, de la tendresse ? Il ne les avait jamais vus avoir l'air aussi heureux que Euphémia et Fleamont. Avec un brin de tristesse, Regulus repensa alors aux mots de son frère. Quand est-ce que lui allait se mettre en couple ? S'il continuait comme ça, il serait seul pour le restant de ses jours et Regulus avait peur de finir comme ses parents, de ne jamais pouvoir être heureux avec quelqu'un à ses côtés.
Le problème était qu'il n'était pas sûr d'être prêt à entamer une relation et à être en couple. Cela demandait beaucoup d'investissement et il n'était pas sûr de pouvoir donner autant. Se livrer à son partenaire, être honnête, lui laisser suffisamment de place dans sa vie et dans son cœur. Assumer ce qu'il était alors qu'il en était encore loin, dévoiler à quel point il était inexpérimenté et que cela le terrifiait. Il en avait même un peu honte. Il allait bientôt avoir 17 ans et n'avait jamais vraiment fréquenté quelqu'un… La seule expérience qu'il avait jamais eue était Rosier et il espérait sincèrement que personne d'autre n'était comme lui.
Il n'arrivait évidemment pas à en parler à James. Généralement de toute façon, il avait du mal à se confier. Seul Padfoot avait eu droit à ses confidences, mais seulement parce que l'esprit le connaissait déjà très bien. Regulus s'était toujours senti le droit de se confier à lui car il savait qu'il ne serait pas moqué ou jugé.
-Tout va bien, Regulus ? s'inquiéta Fleamont à son tour.
Regulus cligna des yeux, revenant peu à peu à l'instant présent. Quatre paires d'yeux le fixaient avec interrogation.
-Pardon, j'étais perdu dans mes pensées. Je pensais à mes parents, résuma-t-il. Cela fait longtemps que je ne les ai pas vus, je pense aller leur rendre visite aujourd'hui.
-Oh, mais tu manqueras la fête d'anniversaire de James !
-Maman, je t'ai déjà dit que je ne voulais pas de fête, soupira le jeune homme.
-Pourquoi ça ? Tu adores ça généralement, lui fit remarquer son père.
Regulus fixa le Préfet, curieux. Connaissant le Gryffondor, il s'était lui aussi attendu à autre chose, comme à des fanfaronnades à l'approche de sa fête d'anniversaire.
-Je n'en ai pas besoin, on a qu'à juste passer la journée tous ensemble, ça me va.
-Tu essaies de dire que tu es trop grand pour ça ? le taquina Sirius.
-On va dire ça. Et puis, je vous adore, papa et maman, mais lorsque vous m'organisez des fêtes, j'ai l'impression d'avoir encore 5 ans !
Ces derniers rirent, amusés par les réflexions du brun.
-Très bien. On mange quand même un gâteau ce soir ? voulut savoir sa mère.
-Bien sûr. Et on n'oublie pas les cadeaux ! Tu seras là, Regulus ?
Celui-ci termina de boire son thé et hocha la tête à l'attention du plus âgé. James, après un instant d'hésitation, lui renvoya un sourire ravi et partit ensuite dans une discussion intense avec son meilleur ami. Fleamont et Euphémia continuèrent pour leur part à manger tranquillement.
Regulus apprécia enfin son petit déjeuner et ses pensées se tournèrent vers les prochains jours. A présent que le tournoi de duels était terminé, la vie allait être plus calme. C'était les vacances et Regulus voulait les savourer. Retourner à Poudlard n'avait plus la même signification et ne développait assurément plus les mêmes sentiments d'impatience, de sécurité et de joie. Pas depuis que Jedusor exerçait en tout cas.
Regulus se remémora alors ce que Padfoot lui avait raconté sur Harry Potter, son filleul. A chacune de ses rentrées scolaires, l'adolescent avait craint ce qui pourrait lui arriver et la manière dont on essaierait probablement de le tuer. Regulus avait bien conscience que ce qu'il vivait était différent mais il avait l'impression de comprendre ce qu'Harry avait ressenti et ça ne le rassurait pas.
xXx
Regulus observa sa chambre. Il était étrange de voir avec quelle facilité il avait pu se référer à cette pièce ainsi. Sa chambre. Mais c'était vraiment le cas, il considérait la maison de Godric's Hollow comme chez lui alors qu'il n'y était que depuis quelques mois. Il fallait dire que c'était facile de s'y sentir à l'aise. C'était différent du Square Grimmaurd alors qu'il y avait pourtant toujours vécu. Bien sûr, les deux maisons étaient différentes et le Serpentard ne pouvait nier que le Square Grimmaurd avait commencé à devenir lugubre lorsque Kreattur avait eu l'ordre de délaisser certaines pièces du manoir et que les objets emplis de magie noire s'étaient multipliés. Mais les propriétaires y étaient également pour beaucoup.
Plus le temps passait, plus Regulus avait l'impression de trouver des défauts à ses parents. Il comprenait de plus en plus son frère qui l'avait tant détesté de ne pas voir à quel point ses parents n'étaient pas de bonnes personnes. Bien sûr, Regulus les condamnait pour ce qu'ils avaient fait à Sirius mais avec lui, ils avaient toujours été si bons ! C'était bien pour cela qu'il lui était impossible de les juger trop durement. Quoique le contrat qu'ils avaient posé sur sa tête pour le faire revenir à la maison avait fait vaciller cet amour qu'il avait longtemps pensé inébranlable…
Le Serpentard était donc à la fois pressé de voir ses parents et en même temps nerveux. Il espérait que tout se passerait bien. Il espérait également trouver par la même occasion un présent à offrir à James pour son anniversaire.
Finalement, comme il avait décidé qu'il se rendrait chez ses parents en début d'après-midi, il avisa qu'il avait encore un peu de temps et qu'il pouvait écrire dans son journal.
Alors qu'il s'apprêtait à enlever la protection du cahier cependant, on frappa à sa porte.
-Oui ?
James passa timidement sa tête dans l'ouverture avant d'ouvrir complètement la porte.
-Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit Regulus, curieux.
-Rien, je voulais juste te voir un peu avant que tu partes.
Regulus ne sut quoi répondre. Il regarda autour de lui pour ne pas avoir à affronter trop longtemps le regard intense de James. Sans ses lunettes, il pouvait voir à quel point ses yeux étaient foncés, ses cils fins et d'autres détails qu'il devait arrêter de remarquer.
-Tu sais, j'aurais voulu qu'on passe la journée ensemble, ça aurait été un super cadeau d'anniversaire, continua James. D'ailleurs, j'ai l'impression que tu vas voir tes parents pour ne pas avoir à passer trop de temps avec moi…
-Ce n'est pas le cas.
-Sûr ? D'où te vient alors cette subite envie d'aller rendre visite à papa et à maman ? insista-t-il.
-Cela ne te regarde pas. Je dois me préparer alors je n'ai pas vraiment le temps de discuter avec toi, répliqua le Serpentard.
-Mais tu n'es pas obligé d'y aller tout de suite ! On pourrait discuter un peu. Je ne vais pas te voir de la journée alors que c'est mon anniversaire, soupira-t-il. Tu peux bien m'accorder quelques minutes ! S'il te plait.
Regulus se mordilla les lèvres, ayant la sensation bizarre qu'il ne s'agirait pas que d'une simple conversation. Il le sentait, James voulait avoir une discussion sérieuse avec lui à propos d'un possible « nous ». Il était tenté de refuser. Il n'était pas prêt et ne savait pas lui-même ce qu'il voulait. Se retrouver ainsi seuls dans une pièce fermée lui donnait l'impression d'être pris au piège. Comme si James ne lui laissait pas le choix.
Mais il capta de nouveau le regard plein d'espoir du Gryffondor et il n'eut pas le cœur à dire non. Il ne souhaitait pas être lâche et fuir une fois de plus.
-Très bien, souffla-t-il.
Nerveusement, il observa James s'approcher de lui, attendant la suite.
-J'aimerais qu'on parle et je suppose que tu sais de quoi je veux discuter, commença le Gryffondor, et Regulus acquiesça. Ça fait un moment maintenant que je t'ai parlé de mes intentions vis-à-vis de toi. Je me souviens aussi clairement de ce que tu m'as dit. Tu ne me croyais pas et les évènements ne jouaient pas en ma faveur. Mais maintenant, je crois qu'on peut dire que c'est différent, non ? Les choses ont changé, j'ai changé et je pense que je peux espérer une autre réponse.
-Je… Je ne sais pas, tu me prends de court, bégaya le Serpentard.
James étouffa un rire.
-Oh, allez, Regulus, je suis sûr que depuis le temps, tu as forcément pu y réfléchir. En fait, tu n'as même pas besoin de réfléchir : écoute ton cœur, c'est le mieux à faire.
Regulus eut une petite moue sceptique. Il n'était pas sûr que se fier à 100% à son cœur était une bonne idée. C'était d'ailleurs le meilleur moyen de souffrir.
-Tu m'aimes, n'est-ce pas ? Pourquoi faire autant de chichis ? soupira alors James.
Regulus se raidit. Il n'aimait pas la manière dont James prétendait tout savoir, comme si cela allait de soi qu'on lui tombe dans les bras.
-Si je disais oui, ça te ferait plaisir ? siffla-t-il. Tu dormirais mieux ce soir ? Tu pourrais ajouter mon nom à la très longue liste d'idiotes qui n'ont pas su te résister ? Moi, je ne veux pas que ce soit un jeu pour toi !
James fronça les sourcils et s'approcha si vite de lui que Regulus n'eut pas le temps de bouger. Le Gryffondor posa ensuite sa main droite sur sa joue gauche et plongea ses yeux dans les siens.
-Ce n'est pas un jeu pour moi. Pourquoi tu ne me prends pas au sérieux ? souffla-t-il. Qu'est-ce qui te fait croire que ça m'amuse, que je suis assez débile pour faire tout ça dans le but de t'humilier ? Je tiens à toi, Regulus, pourquoi ne peux-tu pas le croire ?
Regulus repoussa sa main, l'émotion lui nouant l'estomac.
-Tu n'es pas celui qui risque de tout perdre, d'être la risée de tous, admit-il du bout des lèvres.
-Je ne te ferai jamais de mal…
Regulus eut un sourire amer avant de sentir la rage prendre le pas sur lui.
-Je souffre déjà et c'est le cas depuis le début ! Tu es vraiment idiot si tu ne t'en es pas rendu compte avant ! Tous ces jours où tu faisais ta vie sans même avoir un regard pour moi, sans même avoir conscience que j'existais et que j'espérais seulement pouvoir te croiser dans les couloirs ! Quand tu sortais avec toutes ces filles, de quoi bien me faire comprendre que c'était impossible, que toi, tu étais normal. Quand t-tu n'arrêtais pas de proclamer haut et fort que Lily Evans était la femme de ta vie ! Quand tu es sorti avec elle et que je me suis humilié en essayant de t'embrasser !
La voix de Regulus trembla et il s'en voulut de perdre ainsi son sang-froid.
-Ce jour-là, tu avais seulement l'espoir que tout ça ne signifie rien du tout, que je ne vienne pas compliquer ton petit bonheur avec la femme de ta vie…
Regulus soupira soudain d'un air las.
-Je pourrais continuer encore longtemps en parlant de ton attitude après ta rupture, ou encore de la façon dont tu m'as fait me sentir quand tu avais le bracelet.
-Je suis désolé.
Regulus le repoussa, le regard dur.
-Je suis désolé, répéta pourtant James.
-Et alors ?! Je ne peux pas te faire confiance !
-Je sais. Mais j'aimerais au moins que tu essaies. S'il te plait, c'est toi qui as toutes les cartes en main. Tu sais, te voir me rejeter, persuadé que tu ne peux pas être heureux, ça me fait également beaucoup de mal. Tout ce que je veux, c'est que tu me laisses te dire que je t'aime. Laisse-moi te rendre heureux, Regulus Black.
Regulus sentit les larmes perler au coin de ses yeux. Il secoua néanmoins la tête et s'efforça de faire un pas en arrière.
-Tu mens…
-Non. Je t'aime, répéta James.
Regulus sentit son cœur s'affoler et sa poitrine devint brutalement si douloureuse qu'il eut l'impression d'avoir du mal à respirer.
James s'approcha de nouveau et le prit dans ses bras. Les larmes coulèrent pour de bon cette fois sur les joues du Serpentard et le Gryffondor prit son visage en coupe, essuyant délicatement ses larmes et esquissant un sourire.
-Je crois que c'est la première fois que je suis content d'être myope…
Il posa son front contre celui de Regulus.
-Ça me permet de me tenir aussi près de toi et de te regarder à cette distance en sortant l'excuse des lunettes cassées, rit-il.
-Arrête de faire l'imbécile, soupira Regulus qui retrouvait ses esprits.
-Je ne joue pas à l'imbécile. En fait, je suis très nerveux…
Regulus haussa les sourcils. James ne ressemblait pas à quelqu'un de nerveux. Mais il devait bien lui reconnaître qu'en un instant, il avait réussi à le calmer, à l'apaiser. À présent, il avait même un peu honte de s'être ainsi laissé emporter.
-Regulus… J'ai envie de t'embrasser.
Le Serpentard écarquilla les yeux, indécis. Il se souvenait de ce baiser que James et lui avaient échangé avant un de leur match de Quidditch. Il se souvenait des sensations que le Gryffondor lui avait fait éprouver.
-Dis-moi que je peux, le supplia soudain James.
Regulus ferma les yeux. Son cœur battait à toute allure et il avait chaud. Il en avait envie, il ne pouvait pas le nier. Mais il avait peur.
Il se souvint alors d'une discussion qu'il avait eue avec Remus. C'était après que Sirius ait merdé au sujet de la photo. Malgré toute sa souffrance à cet instant, le Poufsouffle lui avait dit ne rien regretter. Il avait aimé être avec Sirius et il n'aurait pas changé les choses même s'il avait pu. Il lui avait dit qu'il fallait prendre le risque de souffrir en amour, que cela en valait la peine. Regulus devait juste être capable de préserver son cœur.
-Embrasse-moi.
James sourit en retour et n'attendit pas une seconde de plus au cas où Regulus changerait d'avis. Il fut incapable d'être doux. Il avait attendu ce moment depuis si longtemps ! Regulus accueillit toute sa passion avec ferveur et lui répondit de la même manière. Il caressa ses cheveux fous et James le serra contre lui, la chaleur de son corps se propageant à celle du 6ème année. Regulus gémit, submergé par l'intensité du baiser. C'était complètement différent de ce premier baiser que James et lui avaient échangé.
Le Serpentard commençait à manquer d'air mais il ne voulait pas se séparer des lèvres du plus vieux. Pourtant, il dut s'y résoudre pour pouvoir respirer. Il s'essuya les lèvres et rougit devant le regard intense de James.
-Ça va ? lui demanda le Gryffondor.
Regulus acquiesça. Il n'allait pas lui dire que si James le lâchait, il n'était pas sûr que ses jambes le portent. Il avait l'impression qu'un tsunami émotionnel s'abattait sur lui et se sentait incapable de réfléchir convenablement.
James estima alors que Regulus avait eu assez de temps pour reprendre ses esprits et il l'embrassa de nouveau. Il ralentit néanmoins le rythme, prenant le temps cette fois de goûter les lèvres et les soupirs du Serpentard. De son côté, Regulus essaya tant bien que mal de garder les yeux ouverts car il voulait graver au fond de ses rétines ce moment. La peau de James contre la sienne, son souffle irrégulier, le goût du sirop d'érable qui n'était pas si mauvais que ça finalement. L'avidité qu'il mettait dans cette étreinte.
Remus avait raison. Ça valait le coup.
Regulus aurait aimé que cela dure encore longtemps mais au bout d'un moment, James mit fin à leur échange. Il déposa encore quelques doux baisers papillon sur ses lèvres et le serra contre lui avant de le garder dans ses bras.
-J'aimerais que cet instant ne s'arrête jamais, souffla-t-il. Mais je pense aussi que ce ne serait pas bon de trop te pousser… Et puis, il faut que tu te prépares pour aller voir tes parents…
James soupira et se sépara de lui à regret. Regulus avait envie de démentir mais n'en fit rien. Il n'aurait pas dû mentir en premier lieu en affirmant devoir se rendre bientôt au Square Grimmaurd.
-Je te laisse, ne sois pas en retard pour fêter mon anniversaire !
-J'essaierai, lâcha-t-il.
James rigola.
-Il faudra que l'on continue cette discussion plus tard.
Regulus fronça les sourcils. Lui avait eu l'impression que les choses étaient déjà claires entre eux. Ils venaient d'échanger plusieurs longs baisers, il ne voyait pas ce qu'ils pouvaient rajouter de plus. Cependant, il comprenait également le besoin de James de mettre des mots sur ce que chacun désirait. Regulus lui-même n'avait pas certifié vouloir être avec lui. Et s'il voulait entamer une histoire ensemble, il devait être capable d'exprimer son envie de vivre une relation avec le Gryffondor.
-Très bien, dit-il.
James sourit et sortit de sa chambre.
xXx
Lorsque Regulus se fut calmé et remis de ses émotions, il se décida enfin à envoyer une lettre à ses parents. Avant de se rendre au Square Grimmaurd, il devait en effet les prévenir de sa visite. Une fois que ce fut chose faite, il alla enfin écrire dans son journal.
Une fois de plus, il parla de l'évolution de son monde, de la tenue du Grand Tournoi de duels, du grand gagnant et du fait que même s'il ne l'avouait pas au principal concerné, Hugo Leroy allait lui manquer. Encore plus à présent que celui-ci avait en sa possession un phénix… Il parla ensuite des nouvelles découvertes qu'il avait faites et de l'impasse dans laquelle les Maraudeur et lui se trouvaient.
Il noircit ainsi des pages de souvenirs que Padfoot lui avait confiés, des différents univers et surtout des évènements qui l'avaient le plus marqués. Et finalement, éprouvant le besoin de coucher sur papier sa joie, il parla de James et fut bien plus éloquent que ce qu'il avait prévu.
Peu avant le déjeuner, il se prépara finalement pour partir et en descendant, il croisa son grand frère qui l'arrêta.
-Tu veux que je t'emmène ? lui proposa-t-il.
-Ça ne te gêne pas ? s'étonna Regulus.
Vu comment Sirius avait en horreur le Square Grimmaurd, il n'aurait jamais cru qu'il accepte de s'en approcher.
-Bien sûr que non, je vais pouvoir sortir mon bébé en plus !
-Ton bébé ? répéta-t-il.
Sirius lui fit un clin d'œil et l'invita à le suivre. Le Serpentard comprit alors qu'il parlait de sa moto. Il se rappela de la première fois qu'il avait vu son frère s'en servir, le soir de Noël, et la chute mémorable qui s'en était suivi.
-Elle marche ? voulut-il savoir.
-Bien sûr. Je l'ai déjà testée mais tu es mon premier passager. J'ai hâte !
Regulus n'était pas sûr de pouvoir dire la même chose. Il répondit ainsi maladroitement au sourire de son frère, enfila son casque que Sirius lui attacha, et monta derrière lui.
Sirius actionna ensuite le moteur et une odeur étrange s'échappa de derrière la moto. Regulus fronça les sourcils et le nez mais la porte du garage s'ouvrit côté rue et Sirius fit lentement avancer l'engin jusqu'à l'extérieur.
Arrivé dans la rue, il fit vrombir le moteur et Regulus sentit la moto vibrer sous lui. Il s'accrocha à son frère, inquiet quant à sa conduite. Le Gryffondor accéléra dans la ligne droite, prenant toujours plus de vitesse et puis soudain, comme par magie, les roues décollèrent du sol. Bien vite, ils furent haut dans le ciel.
Sirius se mit à rire, euphorique, et Regulus se prit à sourire lui aussi. Il jeta un coup d'œil au paysage en contrebas. La vue était magique. C'était un peu comme voler sur un balai, même s'il admettait que la moto était plus confortable pour les fesses. En contrepartie, le balai permettait une meilleure aisance.
-Merci, cria-t-il alors à l'oreille de son frère au milieu du vent et de la vitesse.
Sirius ne répondit pas mais Regulus savait qu'il l'avait entendu. Pouvoir être le premier à partager ce moment avec son frère lui faisait chaud au cœur. Sirius se balada, ne prenant pas tout de suite la direction du 12, Square Grimmaurd, et le Serpentard ne lui en voulut pas. Ce moment qu'il partageait avec son frère était bien trop agréable.
xXx
Maugrey arriva de bonne humeur pour prendre son service et ce n'était pas quelque chose d'habituel pour lui. À vrai dire, les nombreuses affaires qui s'accumulaient, le manque de réussite et la fatigue accumulée ne l'aidaient pas à sourire. Se rendre compte que sa vie tournait principalement autour de son emploi ne lui faisait pas non plus extrêmement plaisir, cela mettait juste en évidence à quel point il n'avait pas de vie sociale.
Maugrey était particulier, solitaire, travailleur et pas totalement fait pour la vie en société, ni avoir beaucoup d'amis ou même une petite amie. Ses parents n'étaient plus là et s'entendre avec ses collègues était apparemment le mieux qu'il pouvait faire. Il avait jusqu'à présent toujours cru que ça lui suffisait mais aujourd'hui, il n'en était plus sûr.
Pour autant, le Tournoi avait vraiment été fantastique et il avait beaucoup appris. Comme celui-ci s'était déroulé sans encombre, la surveillance s'était bien passée et Maugrey avait même pu regarder quelques duels. C'était d'ailleurs cela qui le mettait de bonne humeur et il aurait aimé pouvoir échanger avec quelqu'un à ce sujet. Parler des duels, c'était quelque chose que Maugrey sentait pouvoir faire durant des heures. Malheureusement, il n'avait personne avec qui parler, ou même se plaindre de son boulot quand ça n'allait pas. Il n'avait personne pour l'inciter à sortir, personne à prévenir si jamais il lui arrivait quelque chose.
Au final, que laisserait-il après son départ ? À qui manquerait-il ? Il était étrange pour l'Auror d'avoir ce genre de pensées mais il n'y avait pas de moment précis pour avoir des révélations. C'était sans doute de voir toutes ces familles, ces amis venus assister ensemble au plus grand évènement magique de Grande-Bretagne qui avait mis en exergue sa solitude.
Mais que pouvait-il faire, Maugrey n'était pas doué pour se faire des amis…
-Bonjour, lança-t-il en arrivant dans la pièce de repos.
Celle-ci était pratiquement vide. Il n'y avait que Dawlish installé sur un des sofas avec quelques papiers éparpillés sur la table basse devant lui. L'Auror lui répondit à peine et se prit la tête dans les mains. Le pauvre semblait assez accablé.
Maugrey se prépara son café et resta silencieux le temps de le savourer. Il hésita ensuite à aller directement prendre ses ordres de service. Mais comme Dawlish était celui qui l'avait formé et dont il était sûrement le plus proche, il avait l'impression que ce ne serait pas moral de le laisser là, seul avec ses tourments.
-Une affaire compliquée ou c'est personnel ? demanda-t-il.
Dawlish soupira et releva la tête vers lui.
-Une affaire qui me turlupine.
-De quoi s'agit-il ?
Maugrey s'installa sur le canapé en face du plus vieux.
-Il y a eu deux agressions à Poudlard récemment avec plusieurs mois de différence. La première victime a été violée et la deuxième a subi une agression physique.
-Depuis quand Poudlard est devenu aussi dangereux ? s'étonna Maugrey.
-Je me suis dit la même chose, Poudlard est habituellement l'endroit le plus sûr du territoire. Il est quasiment impossible d'y entrer.
-Il est probable que l'agresseur soit quelqu'un de là-bas, fit Maugrey. Est-ce la même personne qui s'en est prise aux deux victimes ?
-Je ne crois pas. Le viol de Pamela Alton a été assez violent, elle a été ensorcelée et même rendue incapable de se défendre, la suite a été rude. Je pense qu'il s'agit de quelque chose de personnel, elle connaît sûrement son violeur. C'est quelqu'un d'immature, très imbu de lui-même avec une grande confiance en lui. Il doit être habitué à avoir ce qu'il veut et a dû subir quelque chose qu'il a perçu comme une humiliation de sa part, un rejet. Cet acte, c'est sûrement par vengeance et mépris. Le problème, c'est que cela s'est passé il y a des mois et je n'ai pas vraiment d'éléments pour me permettre d'enquêter. Je pourrais demander à Pamela Alton une liste de garçons qu'elle aurait éconduits ou avec qui la rupture se serait mal passée mais ce serait sans garantie. Je ne veux pas susciter en elle de faux espoirs, surtout que je doute de pouvoir trouver le coupable.
Maugrey resta silencieux. Il comprenait Dawlish. Ce genre d'affaires était compliqué et les Aurors n'obtenaient que très peu de résultats. Ce n'était pas qu'aucun d'eux ne voulait enquêter, c'était simplement que même si c'était malheureux, ils savaient comment cela allait se finir.
-Concernant la deuxième victime ?
-C'est plus perturbant, il s'agit de Marlene McKinonn. Elle soutenait au début avoir été agressée, ne pas savoir pourquoi ni par qui. Mais rien de ce qu'elle racontait ne collait. Même Remus Lupin, l'adolescent qui lui a porté secours, ne se montrait pas très loquace. L'un des deux mentait ou au moins cachait quelque chose. En insistant et en pointant les failles de sa déposition, j'ai réussi à obtenir hier la vérité de la Serdaigle. Du moins, je l'espère.
-Cette fille passe son temps à mentir, ma parole ! s'exclama Maugrey.
Il n'en revenait pas que le nom de la Serdaigle revienne une fois de plus dans une histoire !
-Elle affirme avoir enfreint le couvre-feu et être sortie de Poudlard, c'est là qu'elle se serait faite agresser par des Triswaker.
-Des Triswaker ? Rien que ça ! Qu'est-ce qu'ils feraient aussi près de Poudlard ?
Dawlish haussa les épaules.
-Je ne pense pas qu'elle mente, j'ai demandé à un de nos magico-légistes et il affirme sans trop d'hésitation que ses blessures peuvent correspondre à ce type d'attaque. Mais tu as raison, les tribus qui vivent en autarcie ne s'approchent pas aussi près de la population habituellement, surtout d'un château si protégé. Ce n'est pas quelque chose que je peux pour autant affirmer, les éléments que nous avons sur les Triswalker sont assez limités.
-Remus Lupin n'en sait pas plus ? C'est lui qui l'a trouvée.
-Je ne sais pas. Je l'avais senti mal à l' aise quand je l'ai brièvement interrogé. Mais je ne sais pas si c'est parce qu'il couvrait son amie ou autre chose. Ce qui m'interpelle surtout, c'est cette Marlene McKinonn. Elle a trop affaire à la justice pour que ce soit normal et i chaque fois trop d'incohérences, d'anormalités autour de ce qu'elle raconte. Elle est louche et peut-être qu'il faudrait la surveiller.
-J'aime ce que j'entends. Est-ce qu'on sait pourquoi elle n'a pas dit la vérité tout de suite ?
-Probablement pour ne pas avoir d'ennuis avec ses professeurs. C'est une élève studieuse, peut-être ne voulait-elle pas être pénalisée.
-Je n'y crois pas. Elle a libéré volontairement les prisonniers d'Azkaban et je suis sûr qu'elle était dehors pour aller voir son frère.
-Elle aurait libéré d'autres prisonniers aussi dangereux ?
-Ouais. Si elle n'était pas là pour son frère, je ne vois pas pourquoi prendre le risque de sortir de l'enceinte du château.
-Elle dit qu'elle avait besoin de s'isoler et de prendre l'air car elle fait des insomnies. Sans qu'elle ne s'en rende compte, ses pas l'auraient mené à l'extérieur. Cela m'a rendu curieux car il n'est normalement pas facile de partir ou d'entrer à Poudlard. Elle affirme cependant que beaucoup d'élèves sont capables de le faire, qu'ils ont leurs techniques. Le fait qu'elle ait réponse à tout me la rend plus suspecte. Si je devais être honnête, je dirais que pour moi, elle est mêlée à cette histoire. Mais cette attitude ne colle pas avec ce que ses professeurs disent d'elle. Je ne peux pas croire qu'elle joue aussi bien un double jeu. Même ses amis n'ont que des éloges à faire.
-La connaissent-ils vraiment ? Les gens peuvent dérailler à cause du désespoir.
-Je sens que tu vas t'empresser d'aller demander cette surveillance !
Maugrey ne put que sourire.
xXx
James avait su le matin même qu'en demandant à ses parents de ne pas lui organiser de fête pour son anniversaire, ceux-ci n'en feraient qu'à leur tête. Ils aimaient trop le gâter après tout ! Mais au moins, ils avaient fait simple et James devait avouer que ça lui faisait quand même plaisir.
Au fond, pour ses parents, il serait toujours leur petit garçon. Leur trésor. Et même si ça l'agaçait souvent, James ne pouvait pas leur en vouloir. Tous les ans, il supportait leurs embrassades à rallonge et emplies de mièvrerie à la gare, leurs inquiétudes incessantes et leur habitude de dépenser des mornifles à chaque fois que leur fils disait que tel objet avait l'air super, et ce même si la plupart du temps il ne l'avait pas demandé. Plus jeune, conscient de son pouvoir, il en avait profité. Quel était l'intérêt d'avoir des parents si généreux si on ne saisissait pas l'occasion de se faire dorloter ? Il avait même été convaincu que tout le monde le faisait. Mais ça, c'était avant Poudlard, avant de rencontrer Sirius et sa famille défaillante, Alice et sa famille qui s'était ruinée dans de mauvais investissements, et tant d'autres encore.
Il était chanceux et l'avait bien saisi. À présent, il était décidé à en faire autant pour ses parents que ceux-ci avaient fait pour lui. Il avait 18 ans, il n'était plus un enfant. Il était capable de comprendre les choses, de voir au-delà. Il était déjà un adulte, mais ne voulait pas grandir trop vite non plus car cela peinerait trop ses parents.
Après le départ de Regulus, James et Sirius étaient sortis s'amuser entre Maraudeurs. James avait vraiment été de très, très bonne humeur et il avait même affiché une espèce de sourire idiot qui n'avait pas échappé à Sirius. Cela avait attisé la curiosité de son ami qui avait tenté de l'interroger mais James s'était contenté de lui assurer qu'il ne voulait pas savoir. Tout cela pour ne pas avoir à lui dire que Regulus allait probablement le tuer s'il racontait quoi que ce soit. James savait qu'il devait d'abord parler avec le Serpentard avant de commencer à crier sur tous les toits qu'il n'était plus célibataire. Il devait savoir si Regulus avait envie que ça se sache et encore plus si le brun n'allait pas faire marche arrière. Ou parce qu'il était effrayé, tenter de nier ce qu'il s'était passé.
Les Maraudeurs s'étaient baladés à Godric's Hollow, avaient trouvé un neninminph (je ne vois pas ce que c'est !)qu'ils avaient essayé de capturer puis de dresser sans succès. Ensuite, après avoir enfin récupéré les lunettes de James, ils étaient partis voir certains de leurs amis à bord de la somptueuse bécane volante de Sirius. Les deux Maraudeurs s'étaient vraiment bien amusés et James avait fini un peu fatigué, mais c'était habituel à présent. Le Gryffondor gardait ainsi toujours quelques légères séquelles de son passage à St-Mangouste et il était parti faire une petite sieste aux alentours de 18h en faisant promettre à ses parents de le réveiller avant 19h.
À l'heure indiquée, on l'avait réveillé et James avait tenté tant bien que mal d'ignorer la fatigue qui le submergeait encore. Tout était prêt et Regulus était revenu. Celui-ci lui avait d'ailleurs acheté un cadeau et James se demandait si le Serpentard se souvenait de ce qu'il lui avait dit plus tôt, à savoir que le seul cadeau qu'il désirait était de passer une journée entière avec lui. Peut-être qu'il s'en souvenait et avait sciemment acheté un cadeau pour lui signifier que cela n'arriverait pas ? Ou alors était-ce parce que Regulus se serait senti gêné d'être le seul à être venu les mains vides ?
Tant pis, ce serait quelque chose dont il pourrait également parler plus tard. Du moins, le Gryffondor l'espérait.
James sourit, heureux d'être avec sa famille en ce jour. Il souffla sur les bougies magiques et aussitôt qu'elles s'éteignirent, il y eut un flot de confettis qui lui chatouilla le visage avant d'emplir la pièce. C'était beau, coloré, scintillant et léger. Intrigué, Sirius en toucha un et il disparut.
James et lui échangèrent aussitôt un sourire complice avant de se mettre à courir partout dans la pièce pour faire disparaître les confettis magiques. Ce n'était pas grand-chose, mais James s'amusait comme un fou. Tout le monde pensait à tort qu'il avait des goûts de luxe et pire encore, certains disaient même qu'il était un sale riche. Tout ça parce qu'il n'avait pas conscience des choses, de leur prix, de leur valeur. Mais non, le Gryffondor n'était pas comme ça, il adorait les choses simples et n'accordait pas beaucoup d'importance à l'argent. C'est vrai qu'il ne regardait pas vraiment les prix avant d'acheter quelque chose, mais seulement parce que l'argent n'était pas un problème pour lui. Ça ne voulait pas dire qu'il dépensait exprès une fortune juste pour étaler sa richesse ou impressionner qui que ce soit.
-Viens, Regulus ! cria soudain Sirius.
James jeta un coup d'œil au Serpentard pour le voir se lever avec hésitation et toucher du bout des doigts un confetti. Cette tentative était bien timide, mais c'était déjà pas mal pour Regulus.
Bien vite, Sirius et lui avaient tout fait disparaître et ils se tapèrent dans la main, satisfaits.
Le père de James coupa magiquement les parts de gâteau et bien entendu, le héros du jour eut la plus grosse part. C'était son gâteau préféré : framboise-pistache ! James gémit de bonheur à la première bouchée. Il adorait cette soirée : tout était simple, beau et merveilleux. Après le gâteau vint le moment d'ouvrir ses cadeaux et même si James essaya d'avoir l'air détaché, ça restait son moment préféré. Et puis, il avait vu les paquets de ses amis arriver en début d'après-midi, réceptionnés et cachés par Sirius qui avait eu un air goguenard du début à la fin.
Il déballa avec soin le premier paquet, mais déchiqueta le second et tous les suivants. Il les adora tous : James n'était vraiment pas quelqu'un de difficile.
Il imagina aisément ce qu'il allait faire du bouton imitateur de voix, du miroir magique, de l'encre invisible, ou encore du bon vieux coussin péteur. Son cerveau de Maraudeur tournait déjà à plein régime, à la plus grande inquiétude de ses parents. Heureusement, James reçut également des présents bien plus classiques comme des vêtements ou un nouvel équipement de Quidditch.
Il aurait voulu tout tester aujourd'hui, mais il était plus raisonnable d'attendre le lendemain. La soirée se termina finalement en musique mais Euphémia et Fleamont furent les seuls à danser. Après avoir essayé d'improviser une valse ensemble, Sirius et lui avaient abandonné pour écrire sur papier leur futur plan à mettre en place dès la prochaine rentrée. Pour sa part, Regulus s'était excusé puis était monté se coucher, apparemment fatigué.
James n'avait pas été surpris car le Serpentard n'avait pas eu l'air dans son assiette. Lui qui avait cru qu'il ne ferait pas l'effort de participer à son anniversaire, il en était déjà heureux.
Parfois, le regard du Gryffondor se perdait sur ses parents, sur le couple qu'il formait. Il se rappela ses propres désirs avortés et ce qu'il désirait à présent. Sirius avait arrêté de parler, remarquant le trouble de son ami.
-A quoi tu penses ? lui demanda-t-il.
-A Lily, avoua-t-il.
-Ah…
Sirius ne semblait pas savoir quoi dire.
-Je l'ai vu après sa défaite, je lui ai dit que c'était bien qu'elle soit avec Snape.
-Vraiment ? s'étonna Sirius.
James soupira.
-Il l'aime vraiment, je sais qu'il prendra soin d'elle. Tu sais, j'en viens même à me dire que je me suis peut-être mis entre eux dès le début. Ils se connaissent depuis plus longtemps et Snape l'aime depuis toujours. Et si je dois être honnête, il correspond mieux à Lily. Avec elle, je sais qu'il ne prendra pas de mauvais chemin.
-Wow… Entre hier et aujourd'hui, c'est le jour et la nuit. Tu es sûr que ça va ? blagua Sirius.
James sourit, pas le moins du monde vexé.
xXx
James s'était couché tard la veille car il avait bavardé longtemps avec son meilleur ami. Parler de Lily lui avait donné envie de se confier davantage encore et de fil en aiguille, les Maraudeurs avaient fini par parler de la propre relation qu'entretenait le batteur avec le Préfet-en-chef.
Sirius avait alors admis douter de leur avenir commun, ce que James ne comprenait pas. Ils avaient l'air si bien tous les deux ! L'aîné des Black lui avait ensuite avoué qu'il avait rencontré Arthur Weasley, un ami de la famille Lupin, mais surtout quelqu'un qui avait compté pour Remus. Sirius pensait qu'il s'était passé quelque chose entre eux et même s'il savait qu'il ne devait pas, il était jaloux. Il n'arrivait pas à le cacher et n'avait pas envie de s'embrouiller avec Remus pour un sujet si… stupide.
James n'avait jamais été dans cette situation et la seule chose dont il était sûr était que Sirius devait parler avec Remus. S'il laissait la situation pourrir, d'autant plus que le Gryffondor n'avait donné aucune nouvelle au Poufsouffle depuis la fin du tournoi, cela allait créer des quiproquos.
De son côté, Sirius avait de réelles craintes et il était conscient de ne pas pouvoir les effacer seul. Le Poufsouffle avait envoyé pas mal de lettres et James ne savait pas ce qu'il lui disait dedans, hormis le fait que le châtain avait envie de voir le Gryffondor. Il conseilla alors à son meilleur ami de se saisir de l'occasion. Si Sirius n'arrivait pas à exprimer ses craintes par écrit, peut-être serait-il mieux d'aller lui en parler directement. Sans détour, comme aimait le faire le brun.
Sirius était donc parti directement après son petit déjeuner sur sa moto-volante. Il avait préféré le faire avant que le courage ne s'en aille. James n'était pas sûr qu'il sache ce qu'il allait dire, ni même si tous ses doutes n'allaient tout simplement pas s'envoler une fois devant le Poufsouffle. En tout cas, il était heureux que leur discussion ait poussé Sirius à se confier et à affronter son problème.
Quant à lui…
-Où est Sirius ? lui demanda Regulus.
Assis au salon et tentant vainement de s'amuser avec son coussin péteur, James observa le Serpentard. Celui-ci s'était levé tard et, tout juste apprêté, il rejoignait enfin le salon dans lequel James était seul puisque ses parents faisaient une promenade matinale. Donc une fois de plus, c'était juste lui et le brun.
James avait remarqué depuis un moment que Regulus avait l'habitude de commencer ses conversations avec lui en lui demandant où était son frère ou encore en proposant de l'attendre. Cela le faisait rire parce qu'il n'aurait jamais pensé que le Serpentard était du genre à avoir besoin de son frère, de sa présence pour se rassurer. C'était à la fois drôle et mignon. Même si en réalité, le Préfet de Gryffondor savait très bien pourquoi le 6ème année cherchait la présence de son frère lorsqu'il était possible qu'ils se retrouvent seuls. Pour sa part, cela lui allait très bien qu'ils ne soient que tous les deux ! Ils n'avaient pas pu passer beaucoup de temps ensemble la veille mais aujourd'hui, tout semblait réuni pour que ce soit possible. Du moins, jusqu'à ce que ses parents reviennent.
-Quoi ? Tu ne peux pas te passer de ton frère ? se moqua-t-il gentiment.
Regulus grogna et même si James ne s'était pas attendu à ce qu'il goûte à la blague, il avait espéré autre chose que ce visage fermé. Il laissa son coussin péteur de côté et ramena une de ses jambes contre son torse, observant encore le plus jeune.
Depuis sa visite au Square Grimmaurd, Regulus semblait ailleurs, parfois un peu sur les nerfs. James se doutait que ça ne s'était pas très bien passé mais le sujet Orion et Walburga Black étant compliqué, il ne savait pas s'il pouvait l'interroger. James avait un avis bien arrêté sur ces deux personnes et peu importe ce que pourrait lui dire le plus jeune, il n'était pas prêt de changer d'avis. Des gens qui avaient fait autant de mal à son meilleur ami étaient de mauvaises personnes, il n'y avait aucun doute là-dessus. Mais Regulus aimait ses parents et n'était pas aussi catégorique.
James soupira et, tout en passant sa main dans ses cheveux, observa Regulus se faire un thé. Ensuite, le sorcier revint et s'assit à quelques mètres de lui. Il ouvrit le journal du jour auquel ses parents étaient abonnés et fit semblant de s'y intéresser.
-Il est parti voir Remus.
-Quoi ?
-Sirius, il est parti voir son petit-ami.
-Oh, très bien.
Regulus se replongea dans sa lecture, pas plus intéressé que ça. James n'en était pas surpris.
-Est-ce que ça va ? Ça n'a pas l'air d'aller, développa-t-il lorsque Regulus fronça les sourcils.
-Rien d'important.
-Je sais que c'est à cause de tes parents, tu peux me le dire. Je promets de ne pas les traiter de monstres, sourit-il.
Regulus fit la moue et James dut faire des efforts pour se contenir. Il se leva et alla s'asseoir à côté du frère de son meilleur ami. Il prit un instant pour choisir ses mots, se rappelant de rester calme et convenable avec l'attrapeur.
-Maintenant que Padfoot n'est plus là, tu ne dois plus avoir beaucoup de personnes à qui te confier. Même si on ne se connaît vraiment que depuis peu, sache tout de même que tu peux me parler de tout, même de ce que je ne suis pas prêt à entendre. Ou ce que tu ne peux pas dire à ton frère et encore plus à Snape. Est-ce que ça s'est mal passé parce qu'ils n'acceptent toujours pas que tu vives ici ?
-Je n'ai jamais dit que ça s'était mal passé, lui fit remarquer le brun.
-Mais tu fais quand même la gueule.
Regulus lui jeta un regard noir et but de nouveau son thé. James avait l'impression que c'était sa manière la plus courtoise de lui dire de le laisser tranquille. Il avait envie d'insister mais savait que ce n'était pas une bonne idée. Regulus n'était pas prêt à se confier. Il s'affala donc sur le canapé et cogna dans l'épaule du Serpentard. Il s'excusa alors puis braqua ses yeux sur le plafond du salon, réfléchissant à ce qu'il allait bien pouvoir faire aujourd'hui.
-Ça s'est bien passé, répéta Regulus, et James prit conscience qu'il venait de s'adresser à lui.
-Hum, fit-il en se redressant.
-C'est simplement que je ne suis plus aussi d'accord avec tout ce qu'ils disent et que ça me met mal à l'aise.
-Plus aussi d'accord ?
Regulus grimaça et tenta de nuancer ses propos.
-Mes opinions sont toujours les mêmes sauf que je ne suis plus aussi catégorique et que même si certaines choses ne me plaisent pas dans la politique du pays, je dois admettre que d'autres marchent.
-Tes parents n'ont pas dû apprécier.
-Pas vraiment. Du coup, on a vite changé de sujet et je me suis rendu compte que finalement, tant que je pense comme eux tout va bien mais…
-Mais ?
-Tu sais très bien ce que je veux dire.
-Oui mais si c'est moi qui le dis, tu vas t'énerver et m'accuser plus tard de t'influencer.
James était heureux de le voir ouvrir les yeux même s'il comprenait que ce n'était pas facile. La réticence du 6ème année se justifiait encore plus à vrai dire.
-Mais… peut-être que Sirius avait raison quand il disait que tout se passe bien avec eux tant qu'on pense pareil. J'ai peur que ce soit vrai… Avant, je me disais surtout que mes parents étaient trop durs avec mon frère mais que lui faisait aussi tout pour les énerver.
-Sirius ne les cherchait pas ! s'emporta instantanément James. Il leur résistait, se battait contre leur oppression !
Regulus se referma aussitôt et le Gryffondor se mordit les lèvres. Il était peut-être allé trop loin mais n'arrivait pas à regretter. Il défendrait toujours son ami et il sentait le Serpentard tout proche de réellement comprendre les enjeux liés à sa famille.
Il crut néanmoins que tout était fini lorsque Regulus se leva, prêt à partir pour ne pas l'écouter dire davantage de méchancetés, ou de vérités sur Orion et Walburga. Mais finalement, il resta debout, dos à James, hésitant. Le Préfet des Gryffondor se leva alors à son tour et tendit la main sans savoir exactement ce qu'il comptait faire.
Regulus avait l'air soudain si fragile, bien loin de l'image du sorcier inébranlable qu'il essayait souvent de se donner en vain. Il avait envie de le prendre dans ses bras tout en sachant que ce genre de pensée était malvenue. Il ne voulait pas donner l'impression au Serpentard de profiter de la situation, ni même de le presser pour qu'ils terminent leur conversation commencée la veille.
-Je sais qu'ils sont loin d'être parfaits, reprit brutalement Regulus en se tournant vers James. Mais ils ont essayé ! À une époque, tout allait encore bien ! Sirius gardait pour lui ses opinions et nos parents étaient fiers de lui ! Ils lui achetaient tout ce qu'il voulait, il n'a jamais manqué de rien ! Il a même eu un prof particulier pour l'aider avant de faire sa rentrée à Poudlard ! Il l'en -
-Quoi ? le coupa James, troublé. Tu te souviens de ça ?
-Bien sûr, répondit Regulus, ne comprenant pas bien le ton alarmiste du lion. C'était un cracmol qui lui donnait des cours pour qu'il soit prêt et surtout en avance par rapport à ses camarades.
-Un cracmol ? fit James, semblant tomber des nues. Ce n'était pas un moldu ?
-Un moldu ? rigola Regulus. Pourquoi mes parents auraient laissé entrer un moldu chez nous, ils les détestent !
-Et ce prof, qu'est-il devenu ?
James avait peur de la réponse mais de toute évidence, Regulus semblait avoir des souvenirs plus clairs que son frère de cette époque et lui avait besoin de réponses pour rassurer son meilleur ami.
-Je ne sais pas, il a arrêté de venir du jour au lendemain. Je crois que ma mère a dû le renvoyer étant donné qu'elle ne semblait pas surprise de son absence. Sirius était un peu bizarre mais il est vite passé à autre chose. Pourquoi ça t'intéresse autant ?
-J-juste comme ça.
James était bouleversé. Il avait vu les souvenirs de Sirius, il avait en quelque sorte même assisté à quelques scènes alors il était certain de ne pas s'être trompé. James savait qu'il n'avait pas pu être dupé. Il s'était véritablement passé quelque chose de terrible dans ce grenier. Walburga avait obligé Sirius à accomplir un acte innommable, tellement impardonnable que Sirius en était traumatisé. Il avait beau avoir refoulé ses souvenirs au plus profond de lui pour s'en sortir, c'était toujours présent en lui.
Mais alors pourquoi Regulus n'en avait pas entendu parler ? Cette histoire ne semblait pas lui avoir été cachée pourtant. Et puis, il avait parlé d'un cracmol mais il s'agissait d'un moldu, James n'avait aucun doute là-dessus. Toute cette histoire était tellement compliquée… Sirius voulait découvrir la vérité mais plus le temps passait, plus James doutait que ce soit une bonne idée. De toute évidence, Orion et Walburga avaient fait croire à Regulus qu'ils agissaient pour le bien de leur fils ainé alors qu'ils avaient fait rentrer un être dangereux dans leur maison.
James avait toujours des doutes quant à ce moldu. Avait-il juste été étrange ou était-il comme il en avait le sentiment un pédophile ou un criminel quelconque. Sirius lui avait confié que ses parents détestaient l'homosexualité et avait à un moment cru que Sirius préférait les garçons. Cela devait forcément avoir un lien avec les raisons pour lesquelles les Black avaient été si durs avec lui.
On avait vendu une histoire plus acceptable à Regulus car lui n'avait pas besoin de connaître la vérité. Il n'était de toute évidence pas traumatisé par cette époque. Ses souvenirs étaient plus clairs, plus précis.
La legimancie n'avait pas donné de très bon résultats sur Sirius mais sur Regulus… Le 6éme année n'avait pas de barrière dans son esprit.
Ça pouvait être simple…
James plongea ses yeux dans ceux interrogateurs de Regulus, presque inquiet à présent.
-James ?
Ce dernier recula, pris d'un hoquet de dégoût. Il s'agissait de Regulus, comment pouvait-il penser à le confronter à ça, à se servir de lui ?! Il avait vu ce que cela avait fait à Sirius, il ne voulait pas que l'âme de Regulus soit aussi meurtrie que celle de son frère. Quelle image aurait-il de ses si chers parents en apprenant ce qu'ils avaient fait ? En apprenant ce qu'il s'était passé au-dessus de sa tête alors qu'il jouait à ses jeux d'enfants…
-Tu es tout pâle, fit le Serpentard.
-Ça va aller, c'est… j'ai juste un peu la tête qui tourne, expliqua-t-il.
Il alla s'asseoir et Regulus vint près de lui.
-Est-ce que je peux faire quelque chose ?
-N-non, c'est rien, vraiment. Des restes de mon opération, on va dire.
James esquissa un pauvre sourire, espérant avoir réussi à feindre. Mais alors que Regulus comptait quitter le séjour, celui-ci resta finalement avec le Gryffondor pour s'assurer que tout allait bien. Cela lui fit chaud au cœur. Regulus était quelqu'un de formidable et il ne ferait jamais rien qui pourrait le blesser ou lui faire du mal. Pas alors qu'il avait déjà tant gaffé.
xXx
D'en haut, Sirius vit très nettement la petite maison des Lupin. Il amorça sa descente, le cœur battant la chamade. Il freina lentement et distingua derrière ses lunettes de soleil la petite famille sortir de la maison, surprise par le boucan. Peut-être que le Maraudeur devrait faire quelque chose à ce sujet mais il adorait le bruit que faisait son bébé. Néanmoins, avec sa moto, adieu la discrétion : on l'entendait arriver longtemps à l'avance.
Sirius arrêta le moteur, sortit la béquille pour caler sa moto et enleva ensuite son casque. Il garda pourtant ses lunettes, comme un rempart entre Remus et ses émotions tumultueuses.
Il prit ensuite son temps pour s'approcher, préparer ses mots, tenter de calmer son cœur et son stress. C'était Remus, il n'avait pas besoin d'être si nerveux. Et puis, même s'il débarquait à l'improviste, il savait Lyall et Espérance très gentils, prêts à l'accueillir à bras ouverts.
-Bonjour, lança-t-il alors.
-Salut, Sirius, répondit Remus, timide.
-Sur quoi es-tu donc venu Sirius ? l'interrogea immédiatement Lyall.
-C'est une moto, mon chéri, pouffa la mère du Poufsouffle. Enfin, même si celles que je connais ne volent pas d'habitude !
-Je l'ai un peu travaillée, expliqua Sirius.
-C'est magnifique ! s'exclama Remus.
-Tu veux qu'on fasse un tour ? lui proposa Sirius, y voyant là une manière de s'isoler un peu.
Remus sourit, fou de joie. Il était très curieux et l'impatience se lisait sur son visage. Il acquiesça et Sirius lui tendit la main mais le jeune Lupin fit à peine un pas avant d'être arrêté par la main maternelle d'Espérance.
-Attends, tu es sûr ? C'est peut-être dangereux...
-Maman, grimaça le châtain.
Il jeta un regard à son père, le priant de l'aider.
-Laisse-le donc, Espérance. Ce n'est pas plus dangereux qu'un balai après tout.
-Je ne pense pas, le détrompa-t-elle.
Mais devant la mine enthousiaste de son fils, elle n'eut pas le cœur à lui interdire cette balade.
-J'espère que ton appareil est sûr, mon Sirius.
-Bien sûr, madame !
Elle fronça les sourcils avant de secouer la tête et de se détourner. Elle rentra de nouveau dans sa maison et après avoir salué son fils et le Gryffondor, Lyall fit de même.
-Je ne savais pas que tu avais une moto volante, lui fit remarquer Remus.
-Regulus me l'a offerte à Noël mais j'ai dû la bricoler pour qu'elle vole.
Sirius passa son casque au châtain et lui fit signe de s'installer derrière lui. Remus s'accrocha alors à lui et le contact dissipa légèrement l'angoisse que le Gryffondor éprouvait toujours. Ils volèrent ensuite quelques minutes en silence au-dessus de la forêt présente tout autour de la maison des Lupin. Remus vivait vraiment dans un endroit calme, quelque peu campagnard, et Sirius conduisit prudemment. Il n'avait pas la tête à jouer les gros bras ni à impressionner son mec. Remus avait son menton posé sur son épaule et appréciait simplement l'instant.
Après quelques minutes de vol, Sirius repéra une plaine déserte et s'y posa.
-C'était génial !
Remus enleva son casque et le lui tendit. Sirius le récupéra alors avant de le miniaturiser pour le ranger.
-Ouais.
-Je suis content de te voir, sourit Remus. Tu me manquais beaucoup, surtout que je n'avais pas de nouvelle.
-C'est… j'ai été occupé, je n'ai pas eu le temps de te répondre.
Le visage de Remus se ferma à ces mots.
-Vraiment ? Tu étais bizarre aussi le dernier jour du tournoi, tu étais distant, lui fit-il remarquer.
Sirius préféra ne pas répondre tout de suite. Il ne s'était pas attendu à ce que le plus jeune remarque un quelconque changement chez lui. A part son manque de réponses à ses lettres en tout cas.
-Désolé d'avoir débarqué comme ça.
-Pas de problème. Tu venais pour quelque chose en particulier ? voulut savoir Remus, un peu déboussolé par l'attitude du brun.
Sirius hocha la tête, soudain prêt à passer à l'offensive.
-Mais ça ne va peut-être pas te plaire.
Sirius put voir presque instantanément l'inquiétude se former sur le visage de Remus et le Poufsouffle cligna des yeux, surpris par le ton solennel de son petit-ami. De son côté, Sirius avait beau y avoir réfléchi des heures, il n'avait pas trouvé comment aborder le sujet alors il avait décidé de ne pas tourner autour du pot et d'opter pour une discussion directe et sincère. Ça lui allait s'il passait pour un imbécile à la fin tant que tous ses doutes étaient balayés. Il avait besoin d'être rassuré, de savoir qu'avec Remus, c'était du solide.
-De quoi s'agit-il ? demanda finalement Remus.
Sirius s'appuya contre sa bécane et observa Remus jouer avec ses doigts, signe qu'il était nerveux.
-Tu as dit m'aimer et ce sont des mots qui ont de la valeur pour moi, commença-t-il maladroitement.
-Pour moi aussi, le coupa Remus.
-Je… je pensais que ça allait entre nous jusqu'à ce qu'on croise cet homme… Arthur Weasley.
Sirius ne manqua pas le malaise qui prit le châtain et cela ne le rassura pas. Il ne s'était pourtant pas attendu à autre chose car il avait été certain de ce qu'il avait vu lors du Grand Tournoi de duels. Il mit ses mains dans les poches et eut cette impression bizarre d'être un procureur qui allait énoncer les chefs d'accusation contre le pauvre Poufsouffle.
-C'est lui, l'ami de ton père, n'est-ce pas ? Celui qui t'a parlé du passage secret pour aller à la cabane hurlante. L'homme que tu admires et pour qui tu es devenu un Animagus.
-Oui, admit Remus. Mais je ne comprends pas pourquoi tu me dis tout ça.
-Parce que tu l'aimes.
-Non !
Remus semblait choqué que Sirius puisse le penser.
-Tu l'aimais, rectifia-t-il alors.
-Et alors, c'est toi que j'aime maintenant ! Tu me fais la tête parce que j'ai aimé quelqu'un d'autre avant toi ? se braqua Remus, peiné de l'attitude du brun.
-Il ne s'agit pas que de ça et tu le sais ! C'était pas juste quelqu'un comme ça, tu as été jusqu'à faire quelque chose d'illégal pour lui ! Tu le vois à chaque fois que tu rentres chez toi, il a compté Remus ! Je ne fais pas le poids, moi à côté…
Sirius baissa la tête, honteux. Il comprenait les arguments du Poufsouffle. C'est vrai qu'il avait l'air ridicule à être énervé à cause d'une histoire qui datait. Mais dans la manière dont Remus regardait ce Weasley, il y avait tant de tendresse et d'affection que ça le rendait malade. Il ne pouvait pas supporter que quelqu'un d'autre compte autant ou plus que lui pour Remus. Que ferait-il si un jour cet Arthur décidait de charmer le Poufsouffle ? Remus céderait et lui serait alors abandonné.
-C'est donc ça…
Remus soupira et s'approcha du Maraudeur.
-Pourquoi n'as tu pas commencé par me dire que tu avais peur de me perdre, gros bêta ?
-Ce n'est pas drôle, Moony, souffla Sirius.
-Mais je ne rigole pas ! Tu m'as fait peur, tu sais !
Remus sourit et vint le prendre dans ses bras. Sirius accepta l'étreinte chaleureuse, appréciant la tendresse et l'amour que son petit-ami lui transmettait ainsi.
-C'est vrai que j'aimais Arthur quand j'étais plus jeune, reprit finalement Remus. Mais j'avais 14 ans, Sirius, ça ne voulait pas dire grand-chose. Je l'admire beaucoup aujourd'hui encore, il est comme un modèle pour moi parce qu'il m'a beaucoup aidé. Mais ça n'a rien à voir avec ce que je ressens pour toi. Quand il m'a rejeté, j'étais en colère parce qu'il me considérait comme un gamin et ne me prenait pas au sérieux. Mais quand tu as eu cette histoire avec Isabel, ça m'a anéanti. J'essayais de passer à autre chose sans y parvenir… Même si tu m'avais dit que tu ne voulais plus de moi, j'aurais été incapable de te laisser partir. Je t'aime trop, je ne pourrai pas te laisser me quitter sans me battre.
-Promets-le-moi. Ne me quitte jamais, Remus, souffla alors Sirius, bouleversé. Ne me laisse pas te quitter non plus, tu es tout ce que je veux et je ne veux pas avoir à renoncer à toi…
Le Gryffondor sentit ensuite le dégoût le consumer au fur et à mesure de ses paroles. Qu'allait donc penser Remus de lui ? Il avait l'air fragile et même un peu fêlé d'exiger autant d'un garçon avec qui il sortait depuis peu de temps seulement. Mais Sirius était sûr de lui, il ne voulait que Remus.
Soudain, il eut également besoin de savoir que peu importe ce qu'il avait fait plus jeune dans ce grenier au Square Grimmaurd, Remus ne le lâcherait pas. Il ne pourrait pas le supporter. Ce serait trop injuste après lui avoir montré comment aimer et combien c'était agréable d'être aimé.
-J'ai peut-être fait du mal à quelqu'un, balbutia-t-il brusquement. E-est-ce… est-ce que malgré ça, tu veux toujours être avec moi ? Peux-tu me dire avec la même conviction que tu te battras pour ça marche ? Je ne veux pas espérer inutilement. Je ne suis pas quelqu'un de bien. Je t'aime et pourtant, je suis trop égoïste pour te laisser trouver ton bonheur ailleurs…
-Qu'est-ce que tu veux dire, Sirius ? Qu'entends-tu par « j'ai peut-être fait du mal à quelqu'un » ? Ce n'est pas la première fois que tu l'évoques, j'ai besoin que tu sois clair.
-Tu veux m'entendre dire que j'ai tué quelqu'un ? Oui, j'ai tué quelqu'un. Enfin qui sait, je n'arrive pas à me souvenir…
La stupeur put se lire sur le visage de Remus. Il accusa le coup, frappé de plein fouet, et devant son manque de réaction, Sirius eut l'impression de défaillir. Il avait le sentiment que Remus le rejetait. Ne pouvant le supporter, il courut jusqu'à sa moto mais le Poufsouffle lui sauta dessus, le retenant de toutes ses forces.
-Qu'est-ce que tu fais ? lui demanda Sirius, perdu.
-Je t'empêche de me quitter ! C'est-ce que tu m'as demandé, non ?
Sirius sentit ses yeux s'humidifier.
-Tu veux… encore de moi ?
-Je ne pourrai jamais renoncer à toi, espèce d'idiot ! Mais tu pourrais au moins me laisser le temps d'assimiler, ce n'est pas simple.
-Je… j-je suis désolé.
Sirius se tourna vers Remus et ils s'étreignirent un long moment.
-J'ai besoin que tu m'en dises plus, Sirius, je suis complètement perdu, souffla finalement Remus.
-C'est… je n'ai pas grand-chose à dire, ça m'est arrivé bien avant Poudlard. Je ne m'en souviens pas vraiment mais… c'est à cause de ça que je faisais des cauchemars et que j'avais des crises d'angoisses. Ça me bouffe à petit feu.
-Es-tu certain d'avoir réellement tué quelqu'un ?
Sirius secoua la tête et Remus prit une grande inspiration, essuyant le visage de son petit-ami sur lequel quelques larmes séchaient à peine.
-Sirius Black, s'il y a bien une chose que la vie m'a apprise, c'est qu'il ne faut jamais tirer de conclusion hâtive. Souvent, les choses ne sont pas ce qu'elles paraissent être. Mais si jamais c'est réellement le cas, si tu as ôté la vie à quelqu'un, tu étais jeune avec probablement des circonstances atténuantes. Je ne jetterai pas la pierre à un enfant qui a fauté, mais plutôt à ses parents qui n'ont pas été capables de le protéger.
Sirius eut un sourire attendri.
-Tu vois quand je te dis que tu es trop bien pour moi…
-C'est toi qui me rends meilleur ! rit Remus.
Sirius prit son visage en coupe et l'embrassa tendrement. Il se sentait ému par les mots de Moony et l'énorme poids qu'il avait ressenti des jours durant venait enfin de le quitter. Remus avait dit tout ce qu'il avait besoin d'entendre pour être enfin en paix. Il le serra contre lui, avide de sa présence.
À présent qu'ils étaient réconciliés, Sirius voulait rattraper le temps bêtement perdu. À chaque fois qu'il était avec Remus, il avait envie de l'embrasser, de le câliner, de faire l'amour. Il aimait lorsque le Préfet-en chef prenait soin de lui, lui disait qu'il l'aimait… à croire qu'il était devenu aussi guimauve qu'un Poufsouffle !
Le pire était probablement qu'il aimait agir comme un Poufsouffle, surtout quand Remus semblait tout chamboulé. Cela rendait même leur échange plus intense. Le romantisme, les sentiments attisaient la passion en eux.
Ils continuèrent à s'embrasser, à se montrer leur affection et leur désir. Sirius n'avait pas pensé un seul instant que les choses finiraient ainsi lorsqu'il avait décidé d'aller voir Remus. Il s'était attendu à tout sauf à ça. Surtout à être moqué pour cette jalousie malvenue car lui aussi avait été avec des personnes avant. Il était normal que Remus ait eu une vie sentimentale et sexuelle avant lui. Le Poufsouffle aurait pu être en colère, Sirius savait comme il pouvait être lorsqu'il était blessé. Mais au final, ils avaient réussi à échanger, à se comprendre et cela lui faisait tellement de bien.
Ainsi, ils pouvaient tous deux se contenter de se laisser porter, de ressentir et de vivre cet amour trop grand pour de jeunes adultes qui étaient confrontés pour la première fois au véritable amour. Ils continuèrent de se toucher, de se gouter, de s'étreindre avec force comme pour se rassurer. Sirius s'abreuva des soupirs de son amant, l'écouta sans se lasser murmurer son nom au bord de l'extase. Il toucha son corps, ressentit sa fébrilité, son émoi. Le désir monta crescendo et si ce ne fut pas confortable, ce ne fut jamais aussi excitant qu'ainsi, portés par l'instant et l'amour qui les submergeait.
Le plaisir monta haut, toujours plus haut, et alors que le Gryffondor sentait l'acmé le prendre et qu'il n'était plus sûr de ses gestes, il sentit Remus se tendre à côté de lui. A force de se frotter l'un à l'autre, ils avaient réussi à atteindre ce petit moment où tout semblait si parfait, si intense. Et alors que le châtain le gardait dans ses bras, Sirius eut cette pensée.
Je suis heureux.
xXx
Après un long séjour en Angleterre, il était temps pour Hugo Leroy de rentrer chez lui. Même s'il avait adoré l'Angleterre, revoir Albus et jouer les professeurs particuliers, participer à un tournoi prestigieux et dans une moindre mesure, la nourriture anglaise, il était content de rentrer chez lui. La France lui avait manqué, parler français lui avait manqué et le soleil du sud encore plus. Bien entendu, il ne parlait même pas de la gastronomie française.
Il avait dîné la veille avec Albus. Le vieux sorcier l'avait invité pour qu'ils puissent passer un dernier moment ensemble avant son départ. Le directeur de Poudlard lui avait également fait ses recommandations au sujet de Fumseck, le phénix que le blond avait gagné. Hugo était heureux comme jamais. Il adorait Fumseck et Mimie, sa fidèle compagne, l'appréciait également. Pour ses prochaines recherches et découvertes, ils seraient un de plus.
Hugo avait tout de même quelques craintes concernant la traversée de la Manche. Il n'aimait pas mettre les animaux en cage si ceux-ci n'étaient pas dangereux, mais c'était obligatoire dans les transports en commun. Il avait choisi de voyager en bateau et espérait que Mimie, tout comme Fumseck, ne seraient pas incommodés par la foule. Beaucoup de personnes avaient en effet fait le déplacement pour le Grand Tournoi de duels et cela créait beaucoup de bouchons et d'affluence sur les différents transports. Les portoloin et les sociétés de transplanage étaient pris d'assauts. Les transports magiques dits « inspirés des moldus » étaient légèrement moins pleins. De plus, ayant déjà acheté sa place, Hugo n'aurait pas à faire la queue. Il lui suffisait de passer la sécurité et d'aller trouver un endroit au calme.
Avec ses deux compagnons et ses bagages, il tenta de se frayer un chemin entre les passants et les futurs usagers du bateau. Hugo n'aimait pas faire un usage excessif de la magie mais alors qu'il galérait avec ses bagages et ses deux cages, il regrettait de ne pas avoir miniaturisé ses affaires.
Il se cogna soudain contre quelqu'un et fit tomber une de ses valises.
-Pardon, dit-il en français sans s'en rendre compte.
Il posa ses affaires et consentit à ne pas s'entêter plus longtemps. Il fit alors rétrécir ses affaires et de nouveau léviter les cages de Mimie et de Fumseck. En se redressant, il remarqua que le jeune homme contre qui il s'était cogné était resté planté devant lui et observait ses deux oiseaux.
Comprenant que ses deux compagnons puissent fasciner, Hugo sourit. Contrairement à la plupart des personnes qu'il avait croisées, l'inconnu n'était pas envahissant et surtout ne cherchait pas à caresser Fumseck comme si c'était une peluche. Il pouvait d'ailleurs entendre les gens s'exclamer assez bruyamment au sujet de son phénix ou encore de ses exploits lors du Grand Tournoi de duels. Albus l'avait prévenu que tout un tas d'articles étaient sortis sur lui. Le Français n'aimait pas être trop mis en avant et il espérait qu'en France, il ne serait pas trop sollicité.
-Il est magnifique, n'est-ce pas ? fit Hugo pour parler de Fumseck. Et Mimie est tellement mignonne !
-Oui…c'est vrai.
L'inconnu eut un petit sourire mais il semblait mal à l'aise.
-Tu es un connaisseur ou un simple passant qui n'a pas pu résister à la beauté du monde sauvage ? demanda-t-il.
-Euh…
L'inconnu bégaya et se tendit quand un des gardes du port s'approcha du bateau. Il le fixa du regard un instant avant d'avaler difficilement sa salive. Il transpirait la nervosité.
-Je dois y aller, désolé.
Il s'éloigna sans demander sans reste et Hugo fronça les sourcils. Il avait l'impression qu'il venait d'assister à quelque chose d'étrange. Hugo continua néanmoins son chemin et se présenta enfin devant le contrôleur. Celui-ci le regarda d'un drôle d'œil et observa son billet.
-Vous avez des papiers pour vos animaux ?
Hugo fronça les sourcils. Il sentait que tout n'allait pas se passer comme prévu.
-Je n'ai pas de papier mais Mimie est classée dans la catégorie des familiers. Habituellement, elle voyage sans problèmes avec moi.
Le contrôleur eut une moue boudeuse et Hugo se demanda ce qu'il voulait dire.
-Et le Phénix ? Si vous n'avez pas de papier pour lui, il ne monte pas.
-Je l'ai gagné au tournoi, je pensais que je n'aurais pas à m'occuper des papiers administratifs.
Le contrôleur lui lança un autre regard et Hugo n'eut aucun mal à le comprendre cette fois-ci.
-Est-ce que c'est long ? Je peux peut-être m'en occuper maintenant ?
-Non, impossible. Il faut d'abord faire une demande auprès du département concerné au Ministère, remplir un formulaire et présenter tout un tas de justificatifs. Ensuite, c'est envoyé en France où les délais de traitement des dossiers sont assez longs.
Hugo eut l'impression de défaillir : il savait comme c'était vrai. Il souffla pour contrôler son agacement et s'éloigna. Qu'allait-il faire à présent ? Il n'allait pas abandonner ses compagnons et le contrôleur, qui semblait assez rigide, n'avait pas l'air d'être prêt à le laisser passer. Il resta planté là un instant, sonné. Allait-il devoir rester en Angleterre jusqu'à ce que tout soit résolu ? Cela ne l'arrangeait pas vraiment, il avait à faire en France et désirait réellement rentrer.
-Que faites-vous ?! s'agaça soudain le contrôleur un peu plus loin.
Hugo l'observa. Celui-ci s'adressait à l'inconnu qui l'avait bousculé plus tôt. Les gardes, alertés par le remue-ménage, vinrent vers eux. Hugo regarda la scène, intrigué. L'inconnu semblait encore plus nerveux que tout à l'heure et il parut même se décomposer sur place lorsque les gardes s'approchèrent. L'explorateur comprit alors que le jeune homme avait tenté de monter dans le bateau sans passer les contrôles car il ne devait probablement pas avoir de billet.
-Où est votre titre de transport ? demanda le contrôleur.
L'inconnu fit semblant de fouiller ses poches mais, bien entendu, il n'avait aucun titre à présenter.
-Je ne l'ai pas, j'ai-ai été bousculé tout à l'heure, j'ai dû le perdre à ce mo-moment là…
Le contrôleur ne sembla pas le croire et se sentant dans une impasse, le jeune homme commença à reculer, prêt à partir.
Hugo avait un sentiment étrange en le regardant. Ses mains tremblaient et il avait cette impression bizarre de le reconnaître. Il était jeune, tout juste majeur probablement. L'explorateur avait la capacité de retenir instantanément les images et encore plus les visages qu'il croisait. Et ce visage, il le connaissait mais il ne retrouvait pas son nom. A tous les coups, il devait s'agir d'un élève croisé à Poudlard lorsqu'il y avait enseigné.
Mais que faisait un élève ici ? C'était encore les vacances, peut-être cherchait-il à aller en France ? Cela lui semblait peu plausible malgré tout car le jeune homme, avec son attitude apeurée et la manière dont il semblait vouloir se dissimuler, indiquait plutôt une personne ayant des ennuis.
Sans plus réfléchir, le Français s'avança vers lui. Il ne le connaissait pas vraiment et ignorait tout de ses intentions mais il avait le sentiment que ce n'était pas un méchant, juste quelqu'un qui avait des ennuis et qui avait besoin d'aide.
-Hé, je crois que tu as fait tomber ça tout à l'heure quand je t'ai accidentellement foncé dessus, dit-il.
Le contrôleur haussa un sourcil face à son intervention et l'inconnu lui jeta un regard confus. Hugo sortit le billet qu'il avait précédemment présenté et le lui tendit.
Après un moment d'hésitation, le jeune homme le prit.
-Merci.
Il y avait tant d'émotion et de gratitude dans sa voix que Hugo n'arriva pas à regretter. Il était certain de ne pas s'être trompé en aidant cette personne.
Il s'éloigna, espérant que tout aille bien pour lui. Ce n'était plus de son ressort à présent. Lui était bloqué en Angleterre jusqu'à ce qu'il trouve un moyen de rentrer chez lui avec Mimie et Fumseck.
xXx
Maugrey claqua la porte du bureau de son chef derrière lui. Il savait que celui-ci allait probablement le pénaliser plus tard pour son geste d'humeur mais tant pis. Il était furieux et avait l'impression plus que jamais que son chef était plus un bureaucrate qu'un Auror confirmé. Il avait eu raison de croire en lui au sujet des bracelets et malgré ses bonnes intuitions et ses bons résultats en général, on refusait encore de lui faire totalement confiance.
Le jeune Auror venait de tenter de convaincre son supérieur d'émettre des ordres de mission concernant Marlene McKinonn. Il pensait pouvoir obtenir une ligne d'écoute et une surveillance mais Olerey Menphis avait refusé. Le chef du Bureau avait déclaré que dans les deux histoires auxquelles la Serdaigle était mêlée, elle était considérée comme victime et devait être traitée comme telle. Il ne pouvait pas se mettre à la suspecter de quoi que ce soit à cause d'incohérences légères et d'intuition quelconque.
S'il le prenait comme ça, tant pis ! Maugrey était bien décidé à ne pas abandonner. Néanmoins, cela le mettait vraiment en rogne. Il inspira un bon coup puis s'équipa pour effectuer sa ronde. Il allait devoir patrouiller près du Ministère et des bâtiments ministériels et administratifs. Depuis la violente manifestation qui s'était déroulée il y a quelques jours à peine et qui s'était malheureusement mal terminée lorsque les autorités avaient dispersé la foule, les Aurors devaient se montrer plus méfiants quant à un risque d'attaque ou de dégradation sur les bâtiments officiels.
En effet, depuis le fiasco d'Azkaban, une partie de l'opinion publique avait commencé à se détourner du ministre de la magie. Cette manifestation ne serait donc probablement pas la dernière et les Aurors ainsi que les autorités de police devraient faire en sorte que les autres se passent mieux. Personne ne pouvait accepter qu'il y ait des blessés ou des morts.
Tout ça sentait le fiasco selon Maugrey. Il était pratiquement sûr que le ministre de la magie ne pourrait pas se relever de l'évasion de prisonniers. Déjà que beaucoup d'anglais avait été contre Azkaban, l'évasion n'arrangeait rien. Encore un drame et il serait sûr de ne pas pouvoir être élu. Le problème était de savoir qui mettre à sa place. Le ministre de la magie n'était pas parfait, comme tout bon politique qui se respectait, mais il avait néanmoins réussi à faire avancer le pays et apaiser les tensions entre les différentes populations. Les Sang-Purs, les Sang-Mêlés et les Né-moldus vivaient plus ou moins en harmonie.
Maugrey n'avait jamais aimé la politique. La diplomatie ne marchait jamais si le rapport de force n'était pas égal. Maugrey ne votait pas et se fichait d'ailleurs bien des prochaines élections. Tant qu'on le laissait en paix et qu'il pouvait continuer à mener sa vie comme il l'entendait, cela lui allait.
L'Auror arriva près de sa zone de patrouille. Il observa les différents bâtiments et commença à marcher. Il y avait quelques personnes, des employés du ministère et des visiteurs. Grâce à leur tenue bien identifiable, tout le monde pouvait reconnaître les Aurors lorsqu'ils en croisaient. Malgré ça, Maugrey était certain que les gens le regardaient plus à cause de ses quelques cicatrices au visage qu'à cause de son insigne. Il grinça des dents, n'appréciant pas du tout d'être dévisagé. Il aurait dû s'y habituer avec le temps mais au final, on ne s'habituait jamais à ce que les gens vous fassent sentir que vous êtes différents et qu'on ne vous accepte pas.
Alors que le châtain avait pratiquement fini d'effectuer un premier tour du secteur, il vit au loin un individu à l'air suspect. C'était un jeune homme blond qui semblait perdu et restait immobile à quelques mètres d'une entrée non officielle.
Tous les Anglais connaissaient le Ministère, c'était même un lieu de visite pour Poudlard. Deux éventualités s'offraient donc à Maugrey : soit c'était un étranger complètement paumé, soit un homme suspect qui faisait du repérage.
-Hé ! l'apostropha-t-il.
Le blond se tourna lentement vers lui. L'Auror se saisit de sa baguette et s'avança. Déjà, l'homme ne fuyait pas ou ne montrait pas qu'il comptait se battre avec lui, c'était bon signe. Surtout qu'il n'avait pas l'air nerveux. Donc il s'agissait probablement de la première option. Quand il arriva à la hauteur du blond, celui-ci souriait, comme soulagé.
-Mon sauveur ! dit-il dans un anglais qui ne sonnait pas naturel.
-Ton identité ? demanda Maugrey.
-Oh, quelqu'un qui ne me connait pas, je ne pensais pas voir ça de sitôt ici ! Ça me ramène à de longs mois en arrière ! rit-il. Je m'appelle Hugo. Hugo Leroy.
Maugrey nota sur son bloc-notes.
-Et je devrais te connaitre parce que ?
Il espérait sincèrement que ce n'était pas une de ces célébrités qui se pensaient tout permis.
-J'ai gagné le Grand Tournoi de duels.
Maugrey écarquilla les yeux, incrédule. Leroy faisait jeune, ils devaient avoir le même âge en fait. Avec cette allure de prince charmant et cette désinvolture qu'il semblait porter en étendard, il n'aurait pas parié qu'il avait en face de lui un excellent duelliste.
Même si l'Auror avait pu assister à quelques matchs, il en avait raté la majorité. Et surtout, il avait loupé la finale qu'on lui avait décrite comme mémorable. Il avouait aussi ne pas trop s'être intéressé au gagnant.
-Je suis l'Auror Maugrey, je suis affilié au Bureau n° 4. Tu es présent près d'un bâtiment privé interdit au public. Dans le contexte de tensions que le pays traverse, j'ai le droit de procéder à une fouille pour m'assurer que tu ne caches rien de dangereux.
Leroy fronça les sourcils. Il sembla vouloir dire quelque chose avant de soupirer et d'acquiescer. Maugrey effectua donc une première fouille avec sa baguette pour détecter tout objet magique dangereux, puis une fouille au corps au cas où il aurait une arme moldue.
-Très bien, pas de souci pour moi. Il faut juste que tu quittes cet endroit.
-Bien sûr mais j'ai besoin d'aide en fait.
-À propos de quoi ?
-Je suis français. J'ai des démarches administratives à faire et… je suis totalement paumé !
Maugrey soupira. Il avait envie de lui dire qu'il était Auror et qu'il n'avait pas que ça à faire. Mais le blond s'était bien conduit lors de son inspection et de la fouille, ce qui n'arrivait pas souvent. Au fond, qu'est-ce que ça lui coûtait de lui filer un coup de main, cela ne devrait pas lui prendre plus de 5 minutes. De plus, Dawlish lui avait toujours dit que peu importait la nature de leurs missions, la première de leur priorité était toujours d'aider et de protéger les civils.
-Très bien, de quoi s'agit-il ? demanda-t-il.
xXx
Les vacances touchaient bientôt à leur fin et elles avaient été si remplies que Lily n'était pas sûre d'avoir pu vraiment en profiter. Elle n'avait pu faire aucune grasse matinée ni s'accorder une après-midi à lézarder. Même si ce n'était pas vraiment son genre, pendant les vacances, il était agréable de ralentir le rythme, de simplement profiter de l'instant. Il y avait bien entendu eu beaucoup de côtés positifs et même si le Tournoi ne s'était pas du tout passé comme elle l'avait espéré, Lily n'était pas amère. Cela avait été une telle expérience que la rousse ne regrettait rien.
De plus, elle avait pu passer beaucoup de temps avec Severus, beaucoup plus que d'habitude. Cela avait été leurs premières vacances en tant que couple et cela lui avait fait plaisir. Elle appréciait beaucoup la timidité de Severus, sa maladresse. Ce qu'ils vivaient ensemble était doux et mignon, romantique. C'était très différent de ce qu'elle avait vécu avec James. Avec le Gryffondor, cela avait été intense, tumultueux, et Lily avait parfois eu l'impression de ne pas pouvoir suivre le rythme, que c'était tout simplement trop.
Ce qu'elle avait avec Severus lui correspondait plus. Ils pouvaient parfois discuter des heures d'un sujet de cours, débattre parce qu'ils n'étaient pas d'accord sans que cela ne signifie qu'ils étaient fâchés. Ils pouvaient également se balader dans le parc non loin de chez eux, en silence. Pas parce qu'ils n'avaient rien à se dire, mais parce qu'ils n'en avaient pas besoin.
Lily aimait que Severus soit si timide et nerveux, qu'il ait l'air inexpérimenté. Ils allaient à leur rythme et c'était agréable. En toute franchise, Lily n'avait pas pensé s'attacher si vite à Severus en tant que petit ami. Elle s'était mise avec lui parce qu'elle s'était rendue compte de ses sentiments, de ce besoin d'avoir plus, de voir ce que cela pourrait donner. Mais à cette époque-là, ses sentiments étaient bien moins forts que ce qu'elle ressentait aujourd'hui.
Aujourd'hui, elle pouvait enfin l'affirmer. Elle était amoureuse.
-Tu as l'air pensif, lui lança-t-elle soudain.
Le couple s'était une fois de plus rendu dans le parc dans lequel ils avaient l'habitude de passer du temps et jouer lorsqu'ils étaient plus jeunes. Ils y avaient tous les deux de nombreux et merveilleux souvenirs.
-C'é-c'était…
Severus soupira.
-Je pensais au Tournoi, aux espoirs que j'avais placés dedans. Je suis obligé de revoir mes plans.
-Tu parles de la proposition du psychomage ?
Il acquiesça.
-Je vais accepter.
-Tu es sûr ? Tu semblais tant vouloir y arriver autrement, remarqua-t-elle.
Severus eut un petit sourire.
-Ça n'a pas changé, mais je n'ai pas vraiment le choix. Ce genre d'opportunités est rare et puis, c'est mon rêve. Je ne veux pas renoncer à cause d'une histoire d'ego.
-Je comprends, sourit Lily. Et puis, il te met juste en relation avec des maîtres d'apprentissage, ce sera à toi de prouver que tu as le talent et je sais déjà que c'est le cas alors aucune crainte à avoir.
-Merci. Tu sais que je me sentais un peu minable avant de ne pas pouvoir y arriver par mes propres moyens ? C'est pour ça que je n'arrivais pas à accepter.
-Tu n'es pas minable, Severus.
-Je sais, dit-il avec hésitation. Grâce à toi, je l'ai enfin compris…
Lily sourit, fière de cette énième victoire qu'elle obtenait avec le Serpentard. Elle se rapprocha de lui et posa sa tête sur son épaule.
-Et toi ? Sais-tu ce que tu vas faire après Poudlard ? lui demanda-t-il ensuite.
-J'hésite encore, répondit-elle. J'aimerais vraiment être psychomage mais j'hésite. Je pense à toutes ces personnes dont on ne peut pas guérir les blessures physiques, mais qui souffrent quand même et qui ont besoin d'un soutien moral, de solutions pour pouvoir continuer à avancer.
-Tu es trop gentille, tu aimerais sauver tout le monde, sourit-il.
-C'est normal. Savoir que quelqu'un va mal et ne rien pouvoir faire est la chose la plus dure que je connaisse après la perte d'un être cher. On se sent impuissant et inutile.
Severus ne répondit pas, pensant à Pamela. Lily y songea aussi. Ils restèrent ainsi un moment silencieux, chacun dans leurs pensées, appréciant néanmoins d'être ensemble.
-On est bien là, constata finalement Severus.
-Oui. J'aimerais que cet instant ne s'arrête jamais, fit Lily alors qu'elle fermait les yeux.
J'espère que ce chapitre à été à la hauteur de l'attente ! J'ai aimé écrire le moment ou Regulus craque et que James parviens enfin à l'atteindre.
Le prochain chapitre se nomme " Hécatombe". Pas du tout dans le même style.
