amazonepotter : Hey ! Je suis trop contente merci ! Des fois quand j'écris cette histoire je me dis, mais jusqu'où je vais aller, c'est super de voir que ça plait quand même et que les gens s'y retrouvent ^^. Je ne voulais surtout pas faire de cliché, mais plutôt essayer d'en déconstruire certains. Peut-être même éclairé sur un certain sujet, situation. À la base j'ai écrit cette histoire pour parler de Regulus, le fait que ça se passe dans un univers alternatif n'est pas étranger. Comme ça je ne changeais pas trop l'histoire de base, mais je pouvais quand même écrire sur lui, je l'adore. J'avoue - mea culpa - Sirius à prit beaucoup de place un moment. Il y avait tellement à dire !
Je ne voulais pas dans cette histoire de personnages transparents, là pour combler des trous. Chacun à sa personnalité, ses défauts, ses rêves, son histoire. Forcément il y en a qui sont plus présents que d'autres, mais je ne voulais pas de gentils tout beau, ni de méchant détestable. Même si certains rentrent dans cette catégorie. Concernant le violeur de Pamela, quelques indices ont déjà été présentés par l'auror Dawlish lorsqu'il discutait avec Maugrey. Mais c'était insuffisant pour savoir qui. D'autres gros indices arrivent dans les chapitres suivants. Là il sera normalement facile d'avoir une idée précise de qui a fait ça. J'espère du moins !
Pour Sirius, j'ai bien ficelé cette histoire et c'est vrai qu'il y a de l'impatience à connaitre la vérité, mais lorsqu'elle sortira, je ne sais pas si ce sera toujours la même chose. Il y a des personnages qui vont avoir les oreilles qui saignent !
Merci infiniment pour ton commentaire!
Bonne lecture à tous !
Chapitre 39 :
Hécatombe partie 2
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Severus commençait doucement à comprendre que quelque chose n'allait pas. Il fallait être idiot pour ne pas s'en rendre compte. La majorité des élèves de Poudlard présents dans la Grande Salle se faisaient d'ailleurs la même réflexion. Parfois, ils entendaient des bruits bizarres et ils sentaient le château vibrer au niveau des étages supérieurs. De plus, il n'y avait toujours aucune trace du directeur ni des professeurs.
Le Serpentard et les autres Préfets présents avaient du mal à faire régner le calme. Les élèves avaient des questions et des inquiétudes qu'ils n'arrivaient pas à faire taire à défaut de pouvoir y répondre. Ils étaient trop nombreux et les Préfets ne pouvaient pas les contenir. Sans oublier qu'ils étaient tous dans le même bateau : eux aussi ignoraient ce qu'il se passait et étaient très inquiets.
La porte de la pièce s'ouvrit et une fois de plus, un groupe d'élèves impatients et nerveux quitta la Grande Salle. Severus ne chercha pas à les retenir. Il s'en fichait bien à vrai dire. Il ne pouvait rien faire contre, il n'avait aucune raison valable d'empêcher les gens de partir. Il était devenu évident pour tout le monde qu'il ne se passerait rien de plus dans la Grande Salle et rester assis autour des tables à attendre que le repas soit servi était illusoire. Naturellement, vu ce qu'ils entendaient et l'inquiétude que cela engendrait, les élèves ne voulaient pas rester dans cette pièce alors qu'un problème sérieux semblait se jouer plus haut. James et Avara avaient beau avoir été envoyés pour chercher des réponses auprès des enseignants et du directeur, certains étaient bien décidés à ne pas les attendre.
De cette petite marée de personnes qui décidaient de quitter la Grande Salle régulièrement, Severus ne voyait personne revenir. Ni les deux Préfets partis plus tôt, ni des élèves ayant changé d'avis et qui seraient revenus sur leurs pas, et encore moins ceux qui manquaient d'ores et déjà à l'appel. La situation n'était pas normale et naturellement, il aurait voulu avoir près de lui les personnes qu'il aimait, les savoir en sécurité. Mais il avait beau chercher, il ne voyait Lily nulle part. Regulus non plus n'était pas là et il trouvait ça étrange. Ils ne s'étaient même pas présentés pour le repas.
N'y tenant plus, Snape s'avança vers le groupe d'amis de la rousse assis à la table des Gryffondor. Alice le vit arriver de loin et haussa un sourcil à son intention. Severus se sentit maladroit au moment de les aborder. Il était avec Lily depuis peu et n'avait pas vraiment eu le temps de se rapprocher de ses copines. Il ne savait pas s'il en avait envie d'ailleurs. Il savait bien ce que les lions pensaient de lui. Les amis de la rousse ne devaient pas être mieux et se moquaient probablement de lui dès qu'ils en avaient l'occasion. Mais là, il n'était pas question de faire ami-ami ni même d'avoir l'air aimable. Il voulait simplement avoir des nouvelles de la Gryffondor.
-Vous savez où est Lily ? leur demanda-t-il alors.
Alice haussa les épaules.
-Non, je n'étais pas avec elle avant de venir ici.
-Je m'inquiète pour elle, soupira Frank.
-C'est bizarre qu'on n'ait pas de nouvelles, pointa Severus.
-Je crois que je l'ai vue, intervint une élève de 5ème année à la même table.
-Quand ça ? l'interrogea Dorcas.
-Euh… Elle quittait le château avec Remus Lupin.
-Ah mais oui, ça me revient ! fit Alice. Elle avait un truc de Préfète-en-cheffe à faire avec Remus pour McGonagall !
Snape ne savait que faire de cette information. Sans doute aurait-il dû se sentir soulagé mais malheureusement, ce ne fut pas tellement le cas. Elle n'était pas seule, c'était déjà ça, mais Remus pourrait-il lui être d'une quelconque aide si jamais elle courrait un danger ? Si au moins elle avait été là, il aurait pu être rassuré et agir au besoin. Lily était forte, sans doute bien plus que lui, mais ne rien pouvoir faire pour la personne qu'on aimait était un sentiment horrible.
Au fil des minutes, l'inquiétude qui avait d'abord animé les élèves dans la Grande Salle laissait peu à peu place à la peur et à la paranoïa. Ils s'étaient tous faits à l'idée qu'il se passait bel et bien quelque chose dans le château.
Et qu'ils étaient seuls pour l'affronter.
Un nouveau grondement plus compact retentit soudain dans les étages supérieurs, amenant un silence tendu dans la salle. Severus hésita à nouveau sur la conduite à tenir. Que faisaient les élèves partis plus tôt ? Aucun n'était revenu ! Ça n'incitait personne à continuer cette stratégie. Et en même temps, ça nourrissait leur imagination et leur peur. Le pire était, comme souvent, de ne pas savoir.
Sans y penser, Severus s'installa finalement à côté d'Alice qui ne fit aucune remarque.
-Elle va bien j'en suis sûre, le rassura-t-elle.
Il lui en fut reconnaissant et aurait aimé avoir les mêmes mots pour elle mais il n'était pas sûr d'avoir l'air suffisamment convaincant. Il paraîtrait sûrement plus maladroit qu'autre chose.
Soudain, les battants de la porte s'ouvrirent encore, laissant passer un Peter Pettigrow essoufflé, transpirant et tremblant. L'espoir n'eut pourtant pas le temps de s'emparer du vert-et-argent. Pas alors qu'il pouvait, comme tout le monde, lire la terreur dans les yeux du Gryffondor.
Ils se levèrent tous comme un seul homme et se précipitèrent vers le blond.
-Gr-ey…Greyback ! hurla Peter alors que personne n'avait encore eu le temps de lui poser la moindre question.
A ces mots, la stupeur gagna l'assemblée et personne ne sembla vouloir remettre sa parole en doute car personne ne pouvait mentir sur ce sujet.
Severus accueillit la nouvelle aussi bien qu'un coup de poing dans l'estomac. Un coup de poing qui coupe le souffle et qui empêche de faire quoi que ce soit, même de réfléchir et d'avoir mal. Pendant quelques secondes, il resta ainsi simplement immobile, incapable de même penser. Il y avait un loup-garou dans Poudlard… Le sentiment de panique eut à peine le temps de le consumer et ses mains de trembler que la voix forte de McKinnon retentit.
-Il faut bloquer toutes les entrées ! cria-t-elle avant de se mettre elle-même en mouvement.
Snape cligna des yeux et son regard se porta sur l'extérieur. La nuit était en train de tomber. Bientôt, la lune serait pleine. Il ne lui en fallut pas plus pour rejoindre la Serdaigle. C'était un cauchemar ! Un loup garou ici, un soir de pleine lune ! S'il rentrait dans la Grande Salle, il ferait un carnage avant qu'ils ne puissent réussir à l'arrêter.
Il fallut aux élèves de Poudlard moins de 10 minutes pour bloquer tous les accès à la pièce et lancer quelques sorts qui retarderaient tout intrus. Baguette en main, ils fixaient tous l'entrée, comme s'ils savaient qu'au final, ils n'étaient en sécurité nulle part.
A la table des Gryffondor, quelques lions essayaient d'aider Pettigrow à reprendre ses esprits. Severus, qui faisait les cent pas, repensa à Lily, à eux tous. Que se passait-il à Poudlard ?! Les professeurs étaient absents et un fugitif avait réussi à entrer dans le château !
-Où sont les autres ? demanda-t-il finalement à Pettigrow.
Ils étaient partis à quatre et un seul était revenu pour l'instant. Il put alors voir la honte et la détresse sur les traits du Gryffondor.
-On s'est séparé... J'étais avec James, expliqua-t-il. Greyback nous a attaqués…
Il détourna le regard et bégaya un moment avant de pouvoir parler.
-Il… a eu James !
Un hoquet de surprise prit l'assemblée et Snape sentit lui-même la tête lui tourner.
-Il l'a mordu ou pas ? demanda Frank qui semblait vouloir s'accrocher au moindre espoir.
-Il l'a attrapé et l'a blessé, il était au-dessus de lui quand je suis parti…
-Tu l'as abandonné ?! s'écria le gardien.
-Greyback l'avait déjà… c'était trop tard, se dédouana le blond. Je me suis dit que le mieux était que je sauve ma peau pour pouvoir au moins vous prévenir... Je n'étais même pas sûr d'arriver ici, pleura-t-il, et Frank sembla s'en vouloir.
Snape n'allait pas le juger. Lui aussi aurait sans doute fait pareil, comme beaucoup ici.
-Alors il est mort, murmura Alice.
-Peut-être pas ! S'il survit à la morsure i-
-Alors il sera un loup-garou, c'est ce que tu lui souhaites ?
Marlene darda un regard froid sur Frank.
-L'a-t-il mordu, oui ou non ? insista Snape.
Pettigrow se fit hésitant, cherchant longuement dans sa mémoire avant de se triturer les ongles.
-Je ne sais pas, je… suis parti avant.
-Alors peut-être qu'il y a encore un espoir pour lui ! se réjouit Frank.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? fit Dorcas, visiblement déstabilisée.
-Tu as raison, on devrait aller le chercher ! Et puis, il y a les autres aussi ! On ne peut pas les laisser tomber ! lança Alice.
-On est sûr de rien ! les tempéra Marlene. Si on sort, ce sont nos vies qu'on met en danger.
-Mais s'ils sont en vie et qu'ils ont besoin d'aide ? lui fit remarquer Dorcas. Ils nous attendent probablement !
Elle semblait partagée par la nouvelle. Probablement parce qu'elle n'ignorait pas ce que cette hypothèse incluait.
-Vous voulez sortir ? leur demanda Severus.
Il dut parler bien trop fort car il attira l'attention des autres élèves. Et alors qu'il avait jusque-là apprécié cette cohésion, cet esprit de groupe et d'entraide face à ce qu'ils vivaient tous, il sentit un autre sentiment s'emparer instantanément des lieux : une animosité, forte et implacable de la part de ceux qui refusaient de prendre le risque de mourir pour sauver trois autres personnes dont ils ignoraient même si elles étaient ou non encore secourables.
-Vous n'allez pas sortir ! Greyback est dehors ! cria une Serdaigle.
-Si vous sortez, vous allez le conduire à nous ! surenchérit un autre.
-On n'oblige personne à venir, tempéra Severus.
C'était dangereux et il le savait, mais il avait besoin de savoir ce qu'il se passait dehors. Ces trois élèves n'étaient peut-être pas les seuls à être en danger. Comment Greyback était-il rentré dans le château ? Était-il seul ? Quel était son but ? Il y avait trop d'inconnues pour qu'il puisse aborder sereinement la suite. Il se faisait d'ailleurs peu d'illusions : la barricade qu'ils avaient construite ne les protégerait pas bien longtemps. Ils devraient probablement se battre et la grande majorité d'entre eux en était incapable. S'ils pouvaient au moins se protéger, ce serait déjà merveilleux.
-Ceux qui veulent venir le peuvent, les autres ont le droit de rester. Il faut qu'on aille sauver nos amis et qu'on comprenne ce qu'il se passe, tenta Alice.
-Les deux Préfets qui sont partis devaient aller trouver les professeurs. S'ils n'y arrivent pas, il faut que d'autres prennent le relais. Ceux qui savent ont le pouvoir. Peut-être que Greyback n'est pas la plus grande menace et si c'est le cas, il faut qu'on le sache, argumenta Dorcas qui semblait avoir pris sa décision.
Elle se dirigea alors vers la porte mais fut stoppée par un groupe de Serpentard de 6ème année.
-On ne sort pas.
-Si vous ne voulez pas venir tant pis, mais on a quand même le droit d'y aller si on veut, s'impatienta Frank.
-Pourquoi vous ne voulez pas nous laisser passer ? les interrogea Snape en approchant à son tour.
-On sera obligé de baisser les protections pour vous laissez passer, souffla Pamela qui s'était jointe à eux.
Severus la dévisagea. Elle baissa la tête et croisa les bras.
-Il pourrait en profiter pour rentrer ! s'écria un Poufsouffle.
Le brun comprit alors à quel point Greyback leur avait tous laissé une marque indélébile. La peur qu'il inspirait à tous, celle que le Ministère s'était également évertué à leur faire ressentir, tout cela pour être sûr qu'ils détestent bien les loup-garous, ces créatures abjectes et dangereuses.
Mais la lune n'était pas encore pleine à l'heure actuelle et Greyback ne devait être qu'un sorcier, bien que sanguinaire. A plusieurs, ils pourraient le maîtriser. Du moins, il l'espérait. Ils n'avaient pas eu leur baguette à Azkaban et ne s'étaient pas attendus à une attaque. Aujourd'hui, c'était différent. Pour autant, la peur restait la même.
Les élèves avaient peur parce qu'on leur avait appris à avoir peur, ne prenant même plus la peine de réfléchir aux raisons de cette peur viscérale.
Aujourd'hui, cela leur portait préjudice à bien des égards.
xXx
Sirius soupira mais ni Lily ni Remus ne lui prêtèrent attention. Alors il recommença et fut heureux de voir Lily lui jeter un regard par-dessus son épaule.
-On est enfin parti, pourquoi est-ce que tu soupires encore ? souffla-t-elle.
-Parce que le sentiment d'ennui ne me quitte pas, j'ai cru que j'allais en mourir !
-On ne peut pas mourir d'ennui, Sirius, lui fit remarquer Remus. C'est juste une expression.
-Eh bien, elle vient bien de quelque part, sourit-il.
Il s'approcha de son copain et passa ses bras autour de sa taille.
-Ah ! Je sens que ma bonne humeur est de retour…
Il sourit de nouveau puis croisa le regard de Lily qu'il ne sut comment interpréter.
-Ne sois pas jalouse, Lily. Je ne suis pas fan de Snape et je suis sûr que son odeur est partout sur toi...
-N'importe quoi, se braqua-t-elle. De toute façon, je n'ai vraiment pas envie que tu me colles. Tu me corromprais, ajouta-t-elle en lui tirant la langue.
Remus sourit.
-Vous croyez que le dîner est déjà terminé ? demanda finalement Sirius.
-Le dîner ? s'étonna le Poufsouffle. Tu as encore faim ?
Sirius acquiesça.
-Mais on vient de manger chez Hagrid !
-Je suis en pleine croissance, j'ai tout le temps faim !
-Tu dis ça depuis ta 3ème année et tu es toujours aussi petit, rigola la rousse.
Le Gryffondor n'apprécia pas mais décida de l'ignorer pour lui faire croire qu'il s'en fichait. Les deux Préfets et lui revenaient tout juste de chez Hagrid qui, après avoir récupéré les documents et matériaux que McGonagall lui devait, leur avait proposé de prendre le thé. Plus tard, le thé s'était transformé en dîner puis en explication interminable sur les ocapi-nimbus. Il en avait parlé pendant exactement 30 minutes sans s'arrêter et pourtant, Sirius était toujours incapable de savoir ce que c'était.
Le pauvre Hagrid avait si peu de visites qu'il retenait toujours bien trop longtemps ses rares visiteurs. Mais il était gentil, alors personne ne lui disait jamais rien, même Sirius. Mais enfin, ils rentraient. Le Gryffondor savait également que s'il continuait à se plaindre, Lily lui rappellerait bien évidemment que personne ne l'avait forcé à venir. Surtout qu'il ne leur avait été d'aucune utilité.
Mais s'il avait envie de passer du temps avec Remus, qu'est-ce que ça pouvait faire ! Il était sur un petit nuage. Tout allait bien dans sa vie et c'était grisant !
Bien entendu, il ne savait toujours pas ce qu'il allait faire après sa scolarité à Poudlard. Il n'avait pas d'argent, pas de projet d'avenir et même pas de maison mais tout ça le stressait bien moins qu'avant. Depuis qu'il avait décidé de partager un peu de son fardeau avec Remus, il se sentait plus léger, plus déterminé à se construire un avenir. Il avait envie de bien faire. Il prouverait à ses parents qu'il pouvait faire quelque chose de sa vie, qu'il allait commencer de zéro mais les dépasserait bien vite. Et surtout, il serait meilleur qu'eux. Le nom des Black – qu'il portait encore – ne serait plus forcément associé à de mauvaises choses.
C'est donc dans la bonne humeur que le trio arriva devant les grandes portes du château. Elles étaient fermées comme il faisait déjà pratiquement nuit mais pas verrouillées étant donné que le couvre-feu n'avait pas encore sonné. Remus et lui tentèrent ainsi de les ouvrir mais ils n'y parvinrent pas.
-Trop lourde ? les taquina Lily qui sortait déjà sa baguette.
Mais elle n'eut pas plus de succès qu'eux. Sirius fronça les sourcils : c'était la première fois que ça lui arrivait.
-On n'est pas en retard pourtant, fit Remus.
-On essaie une autre entrée ? Celle-là a peut-être juste un problème ? proposa Sirius.
Les deux Préfets acceptèrent et ils se mirent en route. Malheureusement, ce ne fut pas plus fructueux. Lily commença à s'interroger sérieusement alors que la situation inquiéta Remus.
-Je n'arrive pas à croire qu'on soit dehors, soupira Sirius.
-Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Lily.
-Pitié, ne me dites pas qu'on retourne chez Hagrid, je n'ai pas la capacité de l'entendre parler une seconde de plus de je ne sais quoi…
-C'était des ocapi-nimbus, soupira Lily. Et tu aurais dû écouter, ses conseils peuvent te sauver la vie si tu en croises un jour.
-Hum, fit le Maraudeur, peu intéressé.
-De toute façon, même si tu n'en as pas envie, on n'a pas tellement le choix. On ne va pas rester dehors, pointa le Poufsouffle.
-Et puis quoi encore, je connais un passage secret ! On va l'emprunter. Je fais une exception pour toi, Lily, ne me balance pas.
La rousse ne releva pas le manque de confiance qu'avait le brun en elle. Elle se contenta d'hocher la tête et, tout comme Remus, suivit Sirius. Ils marchèrent alors un moment autour du château. Il faisait déjà nuit noire dehors et se déplacer n'était plus aussi simple qu'en plein jour. Ils s'arrêtèrent enfin devant un mur végétal et Sirius se baissa pour chercher la trappe. Il se servit de sa baguette pour l'ouvrir car elle était trop lourde pour qu'il le fasse à mains nues. A sa grande joie, celle-ci s'ouvrit : le château n'était jamais complètement hermétique.
Il se tourna vers ses deux amis et leur sourit avant de descendre l'échelle lentement.
-Lumos ! fit-il en observant le sous-sol dans lequel ils avaient atterri.
Il observa ensuite les lieux alors que Lily descendait.
-Je ne pensais pas que ça marcherait, fit-elle. Comment est-ce que tu as connu cet endroit ?
-En explorant bien sûr.
-Où est-ce qu'on est ?
-Dans les sous-sols. La cuisine devrait se trouver…
Sirius fit quelques pas.
-Par là. Allez, on y va.
Éclairés par sa baguette, il guida ses deux amis à travers les couloirs étroits et froids. Le sol était jonché de cailloux et de petites crevasses. Le pauvre Remus, trop grand, se cogna une ou deux fois contre la roche inégale du plafond alors Sirius lui donna la main et le pria une bonne fois pour toute de faire attention à lui.
Tandis qu'ils allaient bientôt sortir de ce long chemin, ils virent soudain une lumière au loin.
-Nox.
Sirius éteignit la lumière de sa baguette et plaqua les deux autres contre un renforcement rocheux.
-Qu'est-ce qui se passe ? chuchota Lily.
-On n'est pas seul, lui répondit Sirius sur le même ton.
Sirius se pencha légèrement, essayant de voir l'ombre, mais il ne percevait que la lumière qui se faisait de plus en plus petite et lointaine. Il faisait bien trop sombre mais s'il s'éclairait, il attirerait l'attention de cette personne et il n'en avait pas envie.
-Pourquoi on se cache, c'est peut-êtr-
-Moony, tu penses vraiment que Dumbledore ou Flint viendrait trainer ici ?
Remus hésita.
-Je commence à me demander pourquoi les portes étaient verrouillées alors que le couvre-feu n'est pas encore passé.
-Il s'en va, fit Remus qui avait vérifié le chemin à son tour.
Ils avancèrent ensuite serrés les uns aux autres et progressèrent doucement. Peut-être qu'ils se faisaient du souci pour rien mais ils préféraient attendre d'être sortis du sous-sol pour s'en rendre compte.
Ils débouchèrent finalement dans un couloir vide après avoir monté difficilement des marches bien trop raides et étroites et à cet instant, ils eurent la certitude qu'aucun de leurs professeurs ne viendraient perdre leur temps ici.
-Où il est passé à votre avis ? chuchota Lily.
Ils tournèrent la tête, tentant de l'apercevoir au bout d'un couloir, sans succès. Jusqu'à ce qu'ils avancent et que la silhouette ne surgisse d'un coup. Lily se figea : ce n'était plus une silhouette lointaine, mais une personne bien réelle, un visage qu'elle reconnaîtrait entre mille. Il s'agissait d'un des prisonniers qui s'était enfui lors de leur visite catastrophique à Azkaban.
Le fugitif Antonin Dolohov était devant eux, baguette en main.
-Il me semblait bien avoir entendu du bruit derrière moi. Je pe-
Le fugitif n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Le trio était sur ses gardes et même s'ils ne s'étaient pas attendus à tomber sur cet individu là, ils étaient prêts à agir. Sirius l'envoya ainsi voler contre un mur et Remus continua en lui ôtant la vue. Dolohov se sentit ainsi paniquer lorsqu'un bandeau entoura ses yeux et il tâtonna rapidement dans ses poches pour prendre sa baguette alors qu'il tentait difficilement de se relever.
-Bracialigo, termina Lily.
Les bras ligotés, il ne put plus faire un seul geste.
-Voilà qui est mieux, lança Sirius. On a des questions à te poser, j'espère que tu seras coopératif. Amenons-le dans le sous-sol, on sera plus discret et tranquille, ajouta-t-il pour ses deux amis.
Remus et lui le relevèrent et Sirius pointa le bout de sa baguette dans son cou. Inquiets et troublés, ils firent de leur mieux pour avoir l'air confiant encore au moins quelques minutes.
xXx
Le réveil de Regulus fut instantané et très brutal. Il eut à peine le temps de reprendre ses esprits qu'il toussa douloureusement. Sa gorge était en feu et il avait l'impression d'avoir de la poussière plein la bouche. Il avait également mal partout, mais pas plus que quand il faisait une mauvaise chute au Quidditch ou lorsqu'il recevait un cognar. Il était surtout en vie. Il était en vie et il avait tenu la promesse qu'il avait faite à Padfoot, celle de ne pas mourir.
Il ferma les yeux et repensa à ce protego qu'il avait lancé in extrémis de manière bancale. Son sort avait tenu, la preuve : il n'était blessé que légèrement !
Il souffla et appela Rosier d'une voix déformée. Il ouvrit ensuite les yeux, dégageant avec difficulté les quelques gravats tombés sur lui et sentit la tête lui tourner.
-Evan, souffla-t-il encore.
Il attrapa sa baguette et se fit un mantra de toujours l'avoir dans sa main. Il attendit alors quelques secondes que sa tête arrête de tourner et chercha le blond des yeux.
-Evan…
Regulus se redressa avec difficulté et alors qu'il allait de nouveau appeler le blond, il le vit. La nausée le prit instantanément et il se couvrit la bouche, détournant le regard. Il ne réfléchit pas plus longtemps et se précipita vers la sortie tant bien que mal, les jambes coupées.
Rosier était mort. Il ne pouvait en être autrement avec la moitié du visage écrasé et l'abdomen perforé. Il était mort, comme le jeune Serpentard. Regulus frissonna violemment en réalisant que lui aussi aurait pu finir ainsi. Et une partie de lui se demanda pourquoi il avait été le seul à survivre.
Il regarda encore Rosier, incapable de détourner la tête malgré la vision d'horreur que le corps déformé et sans vie lui inspirait. Rosier était mort. Il avait probablement essayé de le sauver avant de périr. Regulus en fut un instant touché. Rosier avait récemment manifesté son intérêt pour lui, parlant même de sentiment. Il l'avait manifesté de manière tordu et avait fait du mal au 6ème année. Regulus l'avait détesté pour ça. Mais jusqu'à aujourd'hui, il avait toujours prit les mots de Rosier pour des mensonges, son intérêt pour lui une lubie ou bizarrerie. Il ne l'avait jamais pensé complètement sincère à ce sujet, mais à présent il constatait que si.
Cela n'enlevait rien au fait que Rosier avait mal fait les choses, mais il l'avait aimé. Il l'avait vraiment aimé et il était mort en voulant l'aider. Rosier ne l'avait pas abandonné et c'était montrer courageux.
Regulus ferma les yeux, ses lèvres tremblèrent alors qu'il essayait de retenir l'émotion qui menaçait de le submergé. Rosier avait compté pour lui à une époque. Il avait été son premier ami, son guide et un ainé exemplaire à Poudlard. Il l'avait également prit sous son aile et protéger par le passé. Mais le blond avait tout gâché à la fin, c'était tellement triste.
Peu importe ce qu'il lui avait fait, il n'avait pas mérité cette morte. Même si Regulus ne lui pardonnerait jamais et ressentais de la colère et de la rancœur à son égard, une partie de lui était ébranlé par sa disparition. C'était violent et traumatisant, le brun sentait ses membres commencer à trembler. Il fallait qu'il se ressaisisse ou sinon il allait vomir.
Serait-ce lui le prochain ? Jusqu'à présent il l'avait échappé belle mais Regulus savait qu'il était vulnérable face au Basilic. Soudain Regulus ne supporta plus rester à côté du corp sans vie du blond. Tout le dérangeait dans cette pièce : l'odeur, la poussière, l'atmosphère… mais surtout le sang et le visage de Rosier.
Regulus se leva, ne tenant plus et quitta la pièce.
Il marcha dans le couloir, à moitié hagard. Il n'avait pas de plan, ne savait pas quoi faire et n'était même pas sûr qu'il ne s'était pas réveillé un ou deux jours plus tard. Peut-être que la bataille était déjà finie, qu'ils étaient déjà tous morts… Et son frère ?
Regulus pressa le pas, sentant la peur le submerger quand il vit du sang dans le couloir et des signes de lutte. Était-ce l'œuvre de la créature ?
Le Serpentard suivit les traces tout en priant pour ne pas tomber sur plus de cadavres. Deux étaient déjà bien trop. Il était certain de ne jamais oublier le visage de Rosier, ni celui de ce pauvre 2ème année…
-Il y a quelqu'un ?
Il espérait qu'il n'y avait pas d'ennemis sinon, il se mettait bêtement dans une mauvaise situation.
-Il y a quelqu'un ? répéta-t-il plus fort.
Il entendit soudain du bruit dans une pièce. Il s'arrêta et écouta. Il avait l'impression que quelqu'un frappait quelque chose contre un meuble. Regulus prit alors une inspiration, leva sa baguette et entra.
-James !
Pris de panique, il se précipita vers le Maraudeur et s'agenouilla devant lui. James était blessé, mais vivant, et il se sentit immensément soulagé. Il avait envie de le prendre dans ses bras mais doutait que ce soit une bonne idée au vu du sang qui le maculait entièrement. Il essaya d'analyser les blessures du sorcier mais il y avait tellement de sang partout… Il paniqua à nouveau malgré lui : il ne savait pas par où commencer.
Regulus ferma les yeux, tentant de se calmer en prenant une grande inspiration. Finalement, il rouvrit les yeux, un peu plus maitre de ses gestes. Même s'il n'avait toujours pas de plan ni de solution miracle, son cerveau commençait à fonctionner plus normalement, prenant le pas sur ses émotions.
-Calme-toi, murmura James. Ça va, t'inquiète…
Il mit sa main ensanglantée sur sa joue et lui sourit.
Regulus avait envie de le croire mais ce qu'il voyait ne l'encourageait pas vraiment. Il regarda brièvement autour de lui. Tout était tranquille pour l'instant mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'ils étaient en sécurité. Si le Basilic revenait, ils ne pourraient pas lui échapper. Ici, ils n'avaient aucun abri ni protection. Ils faisaient des cibles bien trop faciles. Ils devaient au moins se cacher et même si Regulus avait conscience que ces précautions étaient sûrement vaines, c'était la seule alternative qu'ils avaient.
Regulus tenta donc d'aider James à se déplacer mais celui-ci semblait avoir toutes les peines du monde à rester seulement conscient. Il ne pouvait pas aller bien loin et Regulus dut se résoudre à ne pas bouger. Même s'il savait que c'était dangereux, il ne pouvait pas demander davantage à James.
Il se concentra alors sur le Gryffondor, à la fois heureux et inquiet. Il voulait lui poser des questions, savoir ce qui lui était arrivé et pourquoi il était là. De son côté, James semblait groggy mais il était conscient et ne délirait pas, ce qui était une bonne nouvelle en soi.
-Tu n'as pas l'air trop amoché, c'est déjà ça... Toi aussi tu as croisé la route de Greyback ? demanda le 7ème année.
-Le loup-garou ? Il est là ?!
James esquissa un semblant de sourire. Il souleva ensuite avec difficulté son haut et montra la trace de morsure.
-Un cadeau de sa part…
Regulus écarquilla les yeux, terrifié.
-Par Merlin ! Il faut qu'on t'emmène à l'infirmerie ! Non, Ste-Man-
-Regulus, l'arrêta James, essoufflé. C'est trop tard. J'aurais de la chance si je meurs et encore plus si je survis et que je n'ai pas affaire au racisme du monde sorcier…
-La lune… c'est encore tôt, s'emmêla Regulus.
-Greyback est particulier. Sa mâchoire n'avait déjà plus rien d'humain. Ça ne sert à rien d'être optimiste… La seule chose que je peux faire, c'est sortir du château. Si je me transforme, je ne veux pas prendre le risque de blesser qui que ce soit…
-Non, c'est… James, il se passe quelque chose d'horrible ! Greyback n'est pas le seul problème !
Regulus repoussa ses cheveux en arrière, tentant de réfléchir pour expliquer clairement la situation au brun. Il observa une nouvelle fois la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Il n'était pas tranquille et imaginait que le Basilic allait revenir à tout moment. S'il fermait les yeux trop longtemps, il revoyait le visage écrasé de Rosier et il ne voulait pas que la même chose arrive à James. Il ne se sentait en sécurité nulle part mais n'avait pas le choix que de rester là, du moins pour l'instant. Il était perdu, mais savait néanmoins qu'il pouvait compter sur James et s'appuyer sur lui.
-Il y a une légende chez les Serpentard, souffla-t-il. On dit que le château abrite une pièce secrète, « la chambre des secrets », seulement accessible par les héritiers de Salazard Serpentard.
-Hein ? Je perds du sang, Regulus et ma capacité de concentration aussi. Va droit au but, s'il te plait…
-Il y a une créature dans la chambre des secrets. On dit que c'est la plus dangereuse de toutes. Il s'agit d'un Basilic géant que quelqu'un a eu la bonne idée de relâcher dans le château.
-Géant à quel point ? demanda James.
-Je ne sais pas, j'ignore même si quelqu'un peut le dire. James, il peut tuer d'un regard et il est en liberté !
-Merde…
Regulus partageait tellement son sentiment. Il s'en était sorti miraculeusement contre lui et ne pensait pas pouvoir réitérer l'expérience. S'il n'avait jamais croisé la route de Padfoot, si celui-ci ne lui avait pas souvent parlé de sa vie, des univers qu'il avait visités et donc du Basilic, jamais il n'aurait su qu'éviter son regard leur offrirait un sursis. Mais qu'en serait-il pour tous les autres qui tomberaient sur la créature ? Forcément, il avait dû continuer de se balader et de faire des victimes.
-Où sont les autres ? demanda-t-il soudain.
Il était étonné de ne pas avoir croisé d'autres personnes que James. Il n'y avait ni cris, ni épouvante, ni bataille quelconque. Avait-il eu raison de penser que tout était déjà fini ?
-Dans… la Grande Salle.
James était pâle et commençait à transpirer. Il n'allait vraiment pas bien. Le cadet des Black déchira un bout de son uniforme dans le but de le soigner un minimum. Il le mouilla légèrement grâce à un sort et entreprit de nettoyer au moins un peu la blessure du plus vieux. Mais lorsqu'il vit plus en détail les dégâts, il repensa à Rosier et à son corps mutilé. Il baissa alors les yeux pour ne plus imaginer James à sa place.
-Tous ? reprit-il, l'air de rien.
James acquiesça.
-On était inquiet quand on a vu que les profs n'étaient pas là et que le dîner n'était pas servi.
-Vous êtes restés là-bas tout ce temps ?
Une nouvelle fois, le brun acquiesça.
-Quelque chose n'allait pas, il y avait aussi tous ces bruits…
-Probablement le Basilic qui se baladait dans le château.
-Sans doute. En tout cas, on préférait être prudent. On a bien fait visiblement…
Regulus déchira un nouveau morceau de tissu et tenta comme il put de panser ses blessures. Il se servit également de sa cravate pour faire tenir le tout et James grimaça quand il serra.
-Il faut qu'on aille retrouver les autres, proposa-t-il.
James secoua la tête puis lui sourit légèrement, attendri par sa volonté de l'aider.
-S'il te plait, insista Regulus.
-Je ne peux pas…
-Je t'aiderai, affirma-t-il.
-Ce n'est pas… Il ne s'agit pas que de ça, Regulus… Je ne peux pas prendre le risque de faire du mal à quelqu'un. Je vais m'en tenir à mon plan, quoi qu'il arrive.
Regulus vit la détermination dans le regard du brun et lui envia cette force d'esprit, cette combativité dont faisait preuve James malgré les événements. Finalement, il se leva et lui tendit la main pour l'aider à faire de même. Le Gryffondor obtempéra, non sans une certaine suspicion.
-Allons-y, décida alors Regulus.
-Où ?
-Je t'accompagne.
Le 7ème année secoua la tête.
-C'est quelque chose que je dois faire seul. Tu es probablement la personne à qui j'ai le moins envie de faire du mal… Je n'avance pas vite et pour aller dans la forêt interdite, je vais prendre beaucoup de risques. Je refuse de t'en faire prendre également…
-Ce n'est pas grave, souffla le Serpentard, nerveux.
-Au rythme où je vais, je ne suis pas sûr d'arriver dans la forêt avant demain matin… Je pourrais très bien être mort d'ici le milieu de la nuit… Pense plutôt aux autres…
James lui prit la main et déposa un baiser tremblant sur sa paume.
-Monte encore un étage, va trouver les professeurs dans le bureau du conseil…
-Quoi ? A cette heure-là, ils ne doivent plus y être !
-Dans ce cas, monte encore pour aller trouver Dumbledore dans son bureau. Il n'y a pas 36 000 endroits où il pourrait être…
-Viens avec moi, j-je vais t'aider !
-Regulus...
-Je ne veux pas y aller seul ! s'écria finalement le 6ème année. J'ai peur…
Regulus baissa la tête, s'en voulant pour sa lâcheté. James avait pourtant raison. Il devait penser au meilleur moyen de s'en sortir. Les élèves avaient besoin d'aide et il était de la responsabilité de ceux qui connaissaient le danger, qui pouvaient agir, de tenter de prévenir les conséquences. Mais Regulus n'avait que 16 ans et n'aimait pas la violence. Il craignait l'échec et l'inconnu. Il n'était pas un héros.
James l'attira contre lui et caressa lentement ses cheveux, les souillant de son sang.
-Je suis désolé, Regulus…
Tu dois le faire parce que moi, je ne peux pas.
Regulus savait qu'il avait raison. Il inspira alors un grand coup et essaya de se reprendre, s'en voulant déjà d'avoir montré ce spectacle pitoyable.
-Pardon, je… Tu as raison, je vais y aller…
-Je sais que tu peux y arriver… J'aurais aimé t'épargner ça… Encore une fois, j'ai fait n'importe quoi… J'aurais mieux fait d'écouter Peter…
Regulus fronça les sourcils, confus, mais James lui sourit, balayant son interrogation. Il l'encouragea une fois de plus et Regulus hocha la tête, gardant en lui ses encouragements car il allait en avoir besoin. Il se leva, prêt à partir, mais le brun l'arrêta.
-Attends !
James toussa et grimaça à cause de la douleur. Regulus fixa un regard interrogateur sur lui.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ve-
-Tu ne vas pas me dire que tu m'aimes ?
Le Serpentard en fut estomaqué.
-Quoi ?
-Il n'y a aucune garantie qu'on se revoie un jour. Est-ce que c'est égoïste de ma part de vouloir avoir ta réponse maintenant ?
Le 6ème année le dévisagea, interloqué.
-Même un Poufsouffle ne chercherait pas à être plus romantique et ferait sa déclaration maintenant, insista James avec un sourire.
-Cesse de faire l'idiot, ce n'est pas le moment !
-Je sais, désolé. Moi, en tout cas, j'ai besoin de te le dire. Je t'aime.
Les mots lui coupèrent le souffle.
Regulus fit quelques pas en arrière, l'esprit embrumé, puis se détourna. Il marcha jusqu'à la porte, hésitant à la franchir. Il sentait la présence du Gryffondor derrière lui, écrasante. Il savait que James avait raison, que s'entêter ne servait à rien. Que si jamais il ne survivait pas, il aurait ce regret toute sa vie. Il aimait James depuis longtemps et son amour avait évolué, mûri même au fil des années. Il n'avait jamais faibli. Il ne doutait pas de ses sentiments, mais de ceux du Préfet. Il craignait que s'ils commencent à se fréquenter, son manque d'expérience le fasse fuir. Il n'y connaissait rien et redoutait de tout faire capoter d'une manière ou d'une autre. De plus, ses parents ne lui avaient jamais appris à aimer correctement et il doutait de plus en plus que ces derniers, sa propre famille, l'aime. C'était l'inconnu pour lui.
Mais quelle importance tous ces petits doutes pouvaient-ils avoir à présent ?
Ils s'aimaient et c'était déjà beaucoup plus que certains couples. Plus que ses parents.
Et si Orion et Walburga Black avaient pu avoir un mariage potable, il n'y avait pas de raison que Regulus fasse moins bien. James était quelqu'un de bien la plupart du temps. Il pouvait bien lui laisser une chance, non ?
Toujours hésitant, Regulus se retourna. James s'était relevé et il le regarda avec étonnement mais son visage était si blême que Regulus n'était plus sûr de pouvoir y distinguer une quelconque émotion.
-Je…
Les mots avaient du mal à sortir. Regulus ne se rappelait pas la dernière fois qu'il les avait prononcés, ni même si c'était déjà arrivé un jour.
-Je ne veux pas que tu meures ! hoqueta-t-il brutalement, la voix étranglée. Tu me dis que tu m'aimes mais moi, j'ai l'impression que tu viens de me dire adieu !
James resta silencieux et, malgré son teint blafard et la souffrance qu'on pouvait lire sur son visage, Regulus arriva tout de même à distinguer un léger sourire. Mais il était triste et résigné.
-Sans doute parce que c'est le cas. A toi au moins, je veux pouvoir dire au revoir correctement. Je pense à ma mère et à mon père, à Sirius et à tous mes amis… Je suis sûr que personne ne m'en voudra de n'avoir pas fait de testament. Ils savent tous probablement ce que je pense d'eux, que ça va aller… Ils savent comme je suis. Je les aime et je ne veux pas qu'on soit trop triste à cause de moi. Par exemple, je ne veux pas d'enterrement ennuyeux, je risquerai de mourir une seconde fois !
-Arrête de blaguer ! s'énerva Regulus. Tu crois que j'ai envie de t'entendre dire ça ?!
Regulus sentit les larmes monter. Les minutes passant, il se faisait à l'idée qu'effectivement, c'était peut-être la dernière fois qu'il voyait James, qu'il pouvait lui parler, et cette perspective lui était insupportable.
-Ouais…
James eut un rire nerveux.
-Je suppose que c'est également trop tôt pour blaguer au sujet de mon allure de cadavre… Moi qui me suis toujours vanté d'avoir une belle gueule… Je crois que je suis content que personne d'autre ne puisse me voir comme ça…
Regulus n'en pouvait plus. Il s'avança lentement vers le Gryffondor et le prit dans ses bras. Il ne voulait pas pleurer car il voulait se montrer fort, que James sente qu'il pouvait se reposer sur lui et qu'il n'était pas obligé de minimiser sa douleur et sa peur pour qu'il accepte plus facilement ce qui allait peut-être arriver.
-Il y a une chance sur deux pour que tu vives, lui rappela-t-il, la tête nichée dans son cou.
En retour, James laissa son corps s'appuyer contre le sien comme les bras du brun l'entouraient solidement.
-Je serai un loup-garou, répondit-il dans un souffle.
-Tu vivras, c'est le plus important.
-J'imagine bien la vie que je vais avoir... Tu auras également moins de raison de vouloir être avec moi. Enfin, ça te fera toujours une excuse. Une véritable excuse, je veux dire…
Regulus recula et observa James. Celui-ci semblait juste las.
-Qu'est-ce tu veux dire ?
-Tu te défiles encore. Mais tant pis.
-Non ! Je ne veux pas que tu penses ça, ni que tu crois que je serais dégoûté si tu deviens un loup-garou !
Il attrapa l'une des mains de James et la serra dans la sienne.
-J'ai juste… Tu es peut-être prêt à me dire au revoir mais ce n'est pas mon cas. Si je t'avoue mes sentiments maintenant, c'est parce qu'on a peur de ne pas se revoir alors je n'ai pas envie de le faire et j'espère que tu as suffisamment envie de m'entendre pour te battre et vivre !
Regulus ferma les yeux un instant, se concentrant.
-Mais je me rends bien compte que tu as besoin de les entendre et je ne veux pas avoir de regret…
-Merci, murmura James.
Regulus esquissa un sourire. Malgré toute son appréhension, les mots lui vinrent naturellement.
-Je t'aime, James. Désolé d'avoir fait traîner les choses inutilement, ajouta-t-il dans un souffle. Ce n'est pas tant de toi que je doutais, mais plus de moi. On ne m'a jamais vraiment appris à avoir confiance en moi et quand tu me regardes, j'ai l'impression d'être quelqu'un de bien, de fantastique. Tu es le premier à réussir ça. Merci à toi…
Le sourire de James ne diminua pas et il se pencha maladroitement pour déposer un baiser sur le front du brun. Ils restèrent ainsi un moment avant que James ne s'écarte. Ils savaient ce qu'ils avaient à faire et s'étaient dits ce qu'ils avaient à se dire. Cette fois-ci, Regulus s'en alla pour de bon, prêt à accomplir sa mission.
xXx
Attraper Dolohov s'était avéré être d'une facilité déconcertante. Ils avaient beau être trois, il restait un criminel recherché et réputé dangereux mais les trois sorciers avaient vite compris que le fugitif l'était seulement lorsqu'il était en liberté. A cet instant, il ne semblait représenter aucune menace particulière.
Toujours dans les sous-sols, le trio cherchait à savoir quoi faire. Ils s'étaient éloignés de quelques mètres seulement pour en discuter, ne pouvant se permettre de laisser le l'homme sans surveillance.
Sirius soutenait qu'il valait mieux vite remonter au château et tenter de trouver son frère, James et ses amis. Pour sa part, Remus trouvait cette idée risquée : il y avait trop d'inconnues pour qu'ils se précipitent au-devant du danger. Les portes fermées du château laissaient penser à un piège qui se refermait sur les élèves. Il était évident que Dolohov n'avait pas pu agir seul, surtout si on prenait en compte le fait qu'il n'avait pas été le seul à s'évader d'Azkaban non plus. Lily partageait son avis, mais ne voyait pas ce qu'ils pouvaient faire.
Ils s'étaient finalement mis d'accord pour essayer d'obtenir des informations de l'homme. Il le fallait pour pouvoir agir au mieux. Ils ignoraient combien de personnes exactement s'étaient introduites dans le château mais ils supposaient que Greyback devait être parmi eux. Malgré tout, Remus et Sirius imaginaient que le frère de Marlene n'était probablement pas là, mais le loup-garou et Dolohov pouvaient avoir réuni des alliés pour cette attaque. Si les élèves étaient séquestrés quelque part et incapables d'intervenir, à trois, ils allaient avoir du mal à les aider. Sans parler des professeurs puisqu'ils ignoraient ce qu'ils faisaient, ni même s'ils étaient capables d'agir. Aucun d'eux ne pouvait imaginer qu'il leur était arrivé quelque chose de grave.
Malheureusement, la situation actuelle ne leur permettait pas d'être optimistes. Il n'y avait aucun signe de vie, alors que dans cette partie-là du château, il aurait dû y avoir au moins les elfes car la cuisine n'était pas loin. Le trio hésitait à aller voir en cuisine si un massacre avait eu lieu ou si les elfes allaient bien. Aucun d'eux n'avait envie de tomber sur une scène d'horreur.
Considérant qu'ils n'avaient plus de temps à perdre, le trio revint finalement vers Dolohov. Sirius n'avait pas envie de perdre de temps mais ils passèrent presque 10 minutes à tenter de le faire parler. En vain. Ils furent ainsi bien obligés de constater que le fugitif n'allait pas se contenter de répondre sagement à leurs questions.
-Il ne va pas parler, Lily, s'agaça Sirius.
Remus partageait son avis. Ils essayaient de faire parler sans véritaserum un fugitif aux idées extrémistes. Autant dire que l'homme était conscient qu'il ne risquait pas grand-chose. Il n'avait plus sa baguette, mais les trois élèves ne savaient pas mener un interrogatoire. Ils le savaient et Dolohov aussi. Le sourire qu'affichait l'adulte pour les narguer n'énervait donc pas que Sirius.
-Legimens ! essaya de nouveau Remus.
Il batailla quelques secondes avant de se frotter aux barrières solides de l'individu. Il sortit alors bien vite, démoralisé.
-Qu'est-ce qu'on fait ? soupira Sirius.
-On devrait peut-être le laisser là et continuer. Si ça se trouve, il ne sait rien et cherche juste à nous faire perdre du temps, réfléchit Lily.
Remus observa le fugitif, sa posture, son regard et détailla son expression corporelle. Sa mère lui avait toujours dit qu'à travers le regard, les mouvements du corps, on exprimait également beaucoup et que contrairement aux paroles, on ne pouvait pas facilement les manipuler.
Le Poufsouffle s'avança et s'accroupit face à l'homme, affrontant ses pupilles sombres.
-Moony ! Qu'est-ce que tu fais ? C'est dangereux ! l'arrêta Sirius qui le repoussa en arrière.
-Il sait quelque chose, j'en suis persuadé.
-Quoi ?
Lily fronça les sourcils et observa à son tour le fugitif.
-Il est légèrement en nage et n'a pas l'air serein. Sa main tremble, il est bizarre.
Remus fronça les sourcils. En y regardant bien, il avait l'impression que la main du fugitif ne faisait pas que trembler et qu'elle paraissait plus sombre également. C'était si léger qu'il se demanda si ce n'était pas son imagination.
-Il fait peut-être semblant ? tenta Sirius. Je ne vois pas pourquoi il aurait peur de nous, honnêtement. On est des gentils contrairement à lui, cracha-t-il à l'attention du prisonnier.
-Il y a un moyen de le savoir, fit Lily.
Cette fois-ci, ce fut elle qui s'approcha. Elle se positionna derrière lui et se saisit d'un de ses poignets pour écouter son pouls. Ils furent tous silencieux quelques secondes avant que Dolohov ne se mette à grogner et ne tente de se débattre.
-Tu as raison, il n'a pas l'air serein, leur apprit-elle alors. Son rythme cardiaque est très élevé mais ça peut aussi être en rapport avec la situation actuelle… C'est un fugitif et on vient de le capturer, il sait qu'il va retourner en prison.
-Il n'y a qu'en le faisant parler qu'on en aura le cœur net. A mon avis, il cache quelque chose de gros et s'il stresse, c'est de peur de faire capoter un quelconque plan. On est à Poudlard, il n'a pas pu y entrer seul et surtout pas sans une idée en tête !
-Tu penses que Greyback et le frère de Marlène sont là ? l'interrogea Lily.
Sirius haussa les épaules.
-Il faut qu'il parle, peut-être qu'on peut encore tout arrêter. Savoir nous donnerait un avantage, souffla Remus.
-Mais comment ? Il refuse de dire un mot et on n'est pas assez puissant pour détruire ses barrières d'occlumance !
- Avec un impardonnable.
Sirius n'avait pas besoin de préciser pour qu'ils sachent duquel il parlait. Remus échangea un regard avec Lily, visiblement stupéfaite. Remus reporta ensuite son attention sur Dolohov et n'eut pas de mal à comprendre que l'homme les pensait incapables d'aller jusqu'au bout. Sirius bluffait-il ou était-il sérieux ? Il n'en savait rien. Le Poufsouffle s'éloigna légèrement de l'adulte et demanda à ses amis de le rejoindre.
-Tu es sérieux, Sirius ? lui demanda-t-il aussitôt à l'abri des oreilles indiscrètes.
-Évidemment. Mon petit frère et James sont là-bas ! Sans compter tous les autres élèves. Si on sait ce qu'il va se passer, on pourra prévenir les professeurs et surtout leur donner les bons renseignements !
-Tu n'y penses pas ! Tu veux utiliser la torture ?! hoqueta Lily.
Sirius acquiesça après avoir hésité.
-C'est un impardonnable, son utilisation est interdite, rappela Remus.
-Ma mère me punissait avec des endoloris. Parfois, j'avais l'impression qu'elle le faisait juste pour s'amuser, parce qu'elle savait que j'avais peur. Ça peut marcher.
-Sirius, se désola Lily.
-Je le ferai, ne vous inquiétez pas.
Il se détourna et Lily essaya de l'arrêter. Remus envisageait sérieusement l'idée pour sa part. Pourtant, il s'en voulait déjà et sa morale lui disait clairement que c'était une mauvaise idée. Que faire souffrir ainsi une personne était un acte abject. De plus, la torture ne donnait que des résultats mitigés : les gens pouvaient tout aussi bien mentir pour que la douleur s'arrête.
Dolohov serait-il honnête ou mentirait-il jusqu'au bout ?
Remus n'en savait rien.
Il pensa à Greyback, à la pleine lune et aux catastrophes qu'il pouvait engendrer.
-Essayons.
Lily lui renvoya un regard anéanti qu'il ne put affronter. Il la comprenait. C'était plus la peur et l'empressement qui parlaient. Sans doute qu'il regretterait plus tard. Sauf si ce choix leur permettait vraiment d'empêcher une catastrophe.
-Je ne peux pas cautionner ça, murmura Lily, abattue.
Après un regard désolé, elle retourna attendre dans le couloir.
-Tu es avec moi, Moony ? lui demanda Sirius, plus fébrile que tout à l'heure. J'ai besoin de savoir que tu ne vas pas me détester…
Remus resta silencieux mais lui prit la main. Devant eux, Dolohov devait toujours penser à du bluff.
Sirius leva sa baguette et Remus serra sa main. Son cœur battait fort et il sentait la nervosité de son ami. Il baissa les yeux, incapable d'affronter plus longtemps la vision du fugitif. Il se préparait à se crisper, à fermer les yeux pour échapper aux cris et aux tremblements de douleurs de l'adulte mais après plusieurs secondes, rien ne se passa.
-Sirius ?
-Je…ne, ce n'est pas simple, bégaya-t-il.
Remus fut touché par la vision de son petit-ami, incertain, sans doute apeuré.
Le Gryffondor avait confié plus tôt ce que sa mère lui avait fait subir. Lui plus que quiconque savait ce que c'était que de subir des doloris à répétitions, la peur qu'on ressentait. Probablement Sirius ne serait-il pas capable d'aller jusqu'au bout. Pourtant, il leur avait dit qu'il s'en chargerait pour que ni Lily ni lui n'aient à le faire. Il était prêt à se corrompre pour les épargner.
Dolohov se mit à rire et se fut un son étrange qui sortit malgré le bâillon. Remus darda alors sur lui un regard froid. Sans hésitation, il leva sa baguette.
Il protègerait Sirius de son passé, de ses démons.
-Endoloris !
xXx
Un craquement retentit et Isabel gémit de peur. Elle mit ses mains devant sa bouche et une larme lui échappa. A côté d'elle, le corps inerte d'Avara tomba un peu plus sur elle. Ses yeux scannèrent à nouveau l'endroit en tous sens. Elle avait l'impression absurde que ça l'aiderait mieux à comprendre, entendre ce qu'il se passait à l'extérieur. Mais rien, elle était toujours aussi perdue et elle avait si peur…
Isabel était convaincue qu'elle n'allait pas s'en sortir vivante.
Enfermée dans un placard étroit d'une salle de classe vide, elle remettait tous ses choix en cause. Quelle erreur avait-elle faite pour se retrouver dans une telle situation ? Avec la Préfète de Serpentard, elles étaient allées dans la salle commune des blaireaux à la recherche de Remus. Elles avaient ensuite pénétré dans les dortoirs des garçons mais n'avaient pas rencontré plus de succès. Les deux filles s'étaient alors mises d'accord pour rejoindre James et Peter et les aider à trouver un adulte responsable dans le château.
Les grondements avaient repris, inquiétant Avara de plus belle. Isabel aussi n'avait pas été rassurée mais elle avait essayé d'être logique. Ils étaient à Poudlard, rien de grave ne pouvait leur arriver. Probablement que ce n'était rien du tout. Comme l'ombre d'une petite souris sur un mur qui devenait un monstre sanguinaire, elle s'était accrochée à la logique pour ne pas paniquer.
Avara et elle s'étaient dirigées vers l'autre aile du château et avaient à peine atteint le 1er étage que des sifflements persistants s'étaient faits entendre. Le sol avait tremblé et, paniquées, elles s'étaient jetées dans les bras l'une de l'autre pour se soutenir. Elles n'avaient beau être qu'au premier, une chute serait douloureuse.
-Qu'est-ce que c'est ? avait demandé la Serpentard, effrayée.
Isabel avait voulu répondre qu'elle n'en savait rien, que retourner avec les autres était probablement pour le mieux. Mais avant qu'elle n'ait pu parler, elle avait croisé au loin, en tout petit sur un des miroirs du mur en face, un monstre. Son cœur s'était arrêté une seconde à peine avant de reprendre sa course folle. Trop effrayée pour vérifier si elle n'avait pas rêvé, elle avait attrapé la main d'Avara et l'avait entraînée à sa suite.
-Mais quoi ?! avait crié la brune.
-Tu-Tu ne l'a pas vu ?! avait balbutié Isabel, essoufflée.
Avara avait secoué la tête et Isabel avait choisi de ne rien dire pour ne pas l'effrayer plus. Avara lui avait fait confiance et l'avait suivie sans poser de questions. Leur seul but avait été de se mettre à l'abri alors qu'une créature étrange semblait les poursuivre. Trop pressées, elles avaient accumulé les maladresses et s'étaient cognées régulièrement. En cherchant à se cacher, les deux filles avaient pénétré dans une pièce remplie d'objets et de produits. Il faisait noir et elles n'avaient pas cherché à allumer, ne voulant surtout pas attirer l'attention. En avançant à tâtons, Avara avait renversé un produit. Isabel ignorait ce que c'était, mais c'était nocif car la pauvre s'était brûlée.
La Serpentard n'avait pas pu s'empêcher de crier et la seule chose que la Poufsouffle avait pu faire était de lui couvrir la bouche pour étouffer son bruit. Le sol avait tremblé légèrement de nouveau et alors, elle avait su qu'il arrivait. Terrifiée, Isabel avait entraîné Avara avec elle dans le placard.
Elles étaient cachées mais Avara avait si mal qu'elle planait entre inconscience et éveil alors que la créature était toujours là. Isabel l'entendait faire des allées et venues. Tous les élèves étaient en bas et les profs… Elles l'ignoraient. La créature tenait des proies, probablement qu'elle n'allait pas les lâcher.
Mais pourquoi n'attaquait-elle pas ? Elle ne connaissait pas leur position exacte ? Peut-être que l'espace restreint l'empêchait de se mouvoir correctement.
Avara gémit doucement de douleur et Isabel l'observa.
Peut-être que c'était la Serpentard. Le produit avec lequel elle s'était blessée devait couvrir leur odeur ou alors incommoder la créature. Pour ce qu'elle en savait !
-Vas-y, souffla soudain Avara.
-Quoi ? fit Isabel, perdue.
Elles étaient dans une situation horrible mais pas critique. Elles n'avaient pas encore été découvertes, elles pouvaient encore rester cachées.
-On est au-dessus de la Grande-salle. S'il descend, ils sont tous fichus…
-Non, c'est… ça ira. Ils sont beaucoup et vont s'en sortir en s'entraidant.
Avara sembla dubitative.
-Je ne l'ai pas vu mais c'est un serpent, j'en suis certaine vu les sons qu'il fait.
-Un serpent ? De cette taille-là ? murmura Isabel, incrédule.
Le raisonnement de la brune se tenait mais lui semblait tout autant impossible.
-C'est probablement le Basilic...
Isabel voulut la questionner davantage mais Avara s'énerva.
-Va les prévenir ! J'ai besoin que tu y ailles, s'il te plait. Ma petite sœur est en bas ! S'il pénètre dans la Grande Salle, ce sera la panique ! Ils vont provoquer un mouvement de foule et certains seront blessés et pas forcément à cause de la créature. Là au moins, ils pourront se préparer.
-Je…
Isabel la comprenait et n'avait pas le cœur à la contredire.
-Allons-y ensemble au moins…
Avara secoua la tête.
-Quelqu'un doit faire en sorte de le retenir ici.
Isabel éclata en sanglots, essayant de se contenir. Dans quelle situation étaient-ils tous ? Elle pensa à Remus, Lily et Sirius, absents, et se demanda s'il s'agissait des premières victimes. Si elles seraient les prochaines.
Elle ressentit alors une colère profonde envers ses professeurs qui manquaient à leur devoir. Celui de les protéger et de faire de Poudlard un sanctuaire. Une maison de paix pour eux.
xXx
-A quoi cela vous sert-il de vous acharner ? soupira Jedusor.
Dumbledore, encore debout devant la porte, le jaugea longuement. Aujourd'hui était la pire journée de son existence. Depuis combien de temps étaient-ils tous là, enfermés, à entendre les bouleversements qui se jouaient derrière ces portes et à ne rien pouvoir faire ? Comment en étaient-ils arrivés là ? En agissant trop tard, probablement. En ne prêtant pas attention aux signes qui montraient une prochaine attaque.
Les activités du château n'étaient un secret pour aucun membre du personnel et encore moins les élèves. Ils suffisaient que l'un d'eux en parle à son domicile, que ceux-ci l'évoquent également et la personne mal intentionnée pouvait se servir des informations qui lui semblaient utiles. Ces réunions professorales duraient depuis des années, si ce n'était des décennies. Aujourd'hui, il se rendait compte que ce genre d'habitudes rendaient l'école vulnérable, ses élèves sans protection. Tous enfermés dans cette pièce à écouter l'horreur à l'extérieur, ils se sentaient si impuissants…
Bien entendu, aucun d'eux n'était resté les bras croisés et ils s'échinaient tous depuis plus d'une demi-heure à se créer une porte de sortie.
-Que faisons-nous, Albus ? demanda Minerva, la mine grave.
-Nous devons continuer, répondit-il en pointant à nouveau sa baguette sur la porte.
Poudlard était rempli de sorciers puissants et le directeur ne comprenait pas comment il était possible qu'aucun d'eux n'arrive à bout du sort.
-Nous nous y prenons peut-être de la mauvaise manière, argumenta Slug.
Les différents professeurs restèrent silencieux, méditant les paroles du professeur de potion.
-Il serait sans doute bon de savoir quel sort est capable d'accomplir un tel acte. Riposter serait alors plus facile, proposa le psychomage.
-Vous avez raison, nous avons déjà perdu trop de temps, acquiesça Filius Flitwick.
-Mais combien de temps cela nous prendra-t-il encore ? Un quart d'heure, le double ou même une heure ? Ne sera-t-il pas trop tard ? s'inquiéta Aurora Sinistra.
Une fois encore, tout le monde se tourna vers Albus Dumbledore, attendant qu'il tranche, qu'il les guide. Ce dernier était perdu. Il n'avait pas envie d'être celui qui prenait la décision. D'un côté, Aurora comme Jedusor avaient raison. Agir à l'aveugle en espérant tomber sur le bon sort était aussi dangereux que d'arrêter et de perdre du temps à cogiter et espérer le rattraper plus tard.
Il devait choisir, il était celui qui devait prendre cette responsabilité en tant que directeur. Albus savait également qu'il était celui qui devrait en répondre.
-Agir dans l'urgence ne donne jamais rien de bon. Nous nous échinons avec au cœur la volonté d'aider nos élèves mais force est de constater que cela n'a rien donné depuis que nous avons commencé. Posons-nous et faisons en sorte de trouver un moyen de tout arranger.
Il lissa sa longue barbe et s'installa sur le siège autour de la table qu'il occupait plus tôt. Il espérait avoir pris la bonne décision, il le fallait.
Petit à petit, ses collègues le rejoignirent et se mirent de nouveau au travail.
Dumbledore était un sorcier à l'immense savoir et il n'avait pas souvent vu de magie aussi grande. Pouvoir lancer un sort de cette envergure devait demander beaucoup d'énergie et de magie. Les sorciers aux grandes capacités étaient nombreux mais de grands sorciers, déjà moins. Peut-être que la personne responsable de leur situation avait trouvé une alternative pour arriver à ses fins.
Par exemple, il était possible de lancer un sort sacrificiel. Une méthode pour lancer un sort puissant même si on n'en avait pas les capacités. C'était un sort extrêmement dangereux qui ne laissait pas son utilisateur indemne. De la magie noire subtile et hautement risquée.
Quel fou ferait une chose pareille ?
Une personne prête à tout. C'est bien ce qui inquiétait Dumbledore.
-Il s'agit probablement de magie noire, souffla Slughorn. Je ne peux pas croire qu'avec tous les sort que nous avons utilisé, nous n'avons pas pu briser un sort d'emprisonnement.
-Je suis de votre avis, mon ami.
-De la magie noire, réfléchit Minerva.
-Vu la puissance, il s'agit probablement d'un sort qui laisse son utilisateur dans un mauvais état, lança Jedusor.
-Si vous avez raison, l'attaque que subit Poudlard est probablement lancée par un groupe de minimum deux personnes, voire trois. Une qui se charge de nous empêcher d'agir et les autres qui accomplissent leur but, fit Dumbledore. Il s'agit vraisemblablement d'un sort sacrificiel.
La stupeur gagna ses collègues.
-Probablement, acquiesça Jedusor.
-S'il s'agit véritablement de cela, Albus…, souffla Aurora.
-Il faudra utiliser le même sort pour en venir à bout, termina Minerva.
Le directeur le savait bien, mais avait-il un autre choix ? Et même s'il se trompait, se servir d'un sort sacrificiel serait suffisamment puissant pour leur permettre d'enfin sortir. Il se leva, marcha vers la porte et la toucha du bout des doigts. Sa plus proche amie le rejoignit et d'un regard, elle le conjura de réfléchir encore. S'ils se trompaient, il perdrait l'usage d'un de ses membres inutilement. Un sacrifice, s'il était inutile, n'avait aucun sens.
On tambourina alors à la porte de l'autre côté.
-Professeurs ! Professeurs ! Est-ce qu'il y a quelqu'un ?!
La poignée de la porte fut saisie de l'autre côté mais avant qu'elle ne puisse être ouverte, Dumbledore l'arrêta.
-Regulus ! Ne faites pas ça !
-Monsieur le directeur ? répondit le jeune homme, plein d'espoir.
-Comment allez-vous ? demanda Minerva.
-Ça va, répondit-il d'une petite voix.
Chacun devina qu'il mentait.
-On a des problèmes, on est attaqué et… On a besoin d'aide, tenta-t-il de dire, la panique le saisissant de nouveau.
-Nous le devinons bien, Monsieur Black, soupira son directeur de maison. Mais nous sommes bloqués, impossible pour nous de sortir dans l'immédiat.
-Quoi ? hoqueta le jeune sorcier.
-Ne tentez pas d'ouvrir ! l'arrêta de nouveau Dumbledore qui savait qu'il avait prévu d'essayer.
Il ne voulait pas qu'il reçoive une décharge comme les premiers qui avaient essayé.
-Nous sommes sur une piste pour enfin pouvoir sortir. Racontez-nous plutôt quelle est la situation dehors, exigea Jedusor.
-C'est… on est attaqué. Evan et Marcus sont morts... James est…
Ils purent l'entendre retenir avec difficulté ses larmes.
-Par quoi, Monsieur Black ? demanda Flitwick.
-Greyback est à Poudlard et le Basilic de la chambre des secrets se balade dans l'école !
-Le Basilic de la chambre des secrets ? Que racontez-vous, Regulus ? s'étonna Minerva.
-Il s'agit d'une rumeur, expliqua Jedusor. Elle existait déjà lors de ma scolarité.
-Non, c'est vrai, c'est lui qui a tué Evan et Marcus ! Je ne mens pas !
-Si vous ne mentez pas, vous devriez être mort, jeune homme. La rumeur dit que quiconque croise son regard trépasse.
-Je ne l'ai pas fait et Rosier non plus. Un bout du plafond nous est tombé dessus lors de son attaque. J'ai réussi à me protéger à temps, pas lui. Quand est-ce que vous pourrez sortir ?! On est tous fichu sans vous !
-Où sont les autres ? voulut savoir Dumbledore, ignorant la précédente question.
-Dans la Grande Salle. Pettigrow les a normalement prévenus pour Greyback. Je dois… Il faut que je leur dise pour le Basilic, sembla-t-il réaliser.
-Regulus, nous allons faire notre maximum pour arranger la situation et enfin protéger les élèves. Mais vous allez tous devoir patienter encore un peu, s'il vous plaît.
-Mais… On n'y arrivera pas…
-Vous le devez, vous n'êtes pas seuls. Nous faisons notre maximum.
Albus prit une inspiration, sachant qu'il allait demander quelque chose de très dur à son élève.
-Allez dans mon bureau et prenez l'épée de Gryffondor. Fumseck pourra aussi vous aider e-
-Vous voulez que je tue le Basilic ?! s'étrangla Regulus.
-Je veux que vous puissiez vous défendre le temps que l'on vous rejoigne.
Il y eut un silence de l'autre côté et Dumbledore pouvait imaginer ce que pensait Regulus. Il lui en voulait de lui donner une telle responsabilité. Si Dumbledore avait pu faire autrement, évidemment, il l'aurait fait. Et même si c'était beaucoup de responsabilités et de danger pour le 6ème année, il n'avait pas le choix. Il devait penser à la meilleure solution pour la sécurité de tout le monde.
-Monsieur Black ? l'appela Aurora, troublée par son silence.
-J'y vais, souffla-t-il après un instant.
Les professeurs purent alors entendre ses foulées s'éloigner de la pièce de réunion.
-Avons-nous pris la bonne décision ? s'interrogea Slughorn.
-Pourra-t-il utiliser l'épée de Gryffondor, Minerva ? voulut savoir Flitwick.
-Espérons-le, se contenta-t-elle de répondre.
Albus soupira et tendit ses mains vers ses amis.
-Je vais commencer le rituel pour le sort. La suite dépendra de vous, mes très chers collègues.
-Etes-vous sûr ? fit Jedusor.
Dumbledore acquiesça. Il ne l'avait probablement jamais été autant qu'à cet instant-là.
A votre avis comment tout ça va se finir ? Plus qu'un chapitre pour avoir la conclusion de cette nuit horrible.
En attendant si ça vous intéresse, je vous partage d'autre de mes lectures.
Him de Effie et Ryanne Hollyn. MxM
Quand nos coeurs se lâchent. Rockbury tome 2 de Effie et Ryanne Hollyn. MxM
Le manga Orient, Samurai Quest.
Ils sont chez nous de Lisa Jewell. Thriller psychologique.
Si vous avez de bons livres à me conseiller, je prends également. Si je n'ai pas déjà lu. ^^
