Chapitre 51 : Quand on a que l'amour…

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Hugo patientait devant la grande entrée de Poudlard. Il n'était pas revenu depuis qu'il avait donné son dernier cours de duels. Cela semblait déjà si loin. Depuis, il y avait eu l'attaque de l'école, puis la cérémonie d'adieu et enfin la réouverture.

Poudlard avait changé. Elle était en reconstruction. Le plus urgent avait été fait et le reste serait finalisé durant les vacances d'été. Le français n'avait pas un attachement particulier à l'école de sorcellerie de Grande Bretagne, mais il pouvait imaginer ce que les Britanniques pouvaient ressentir. S'il s'était passé la même chose à Beaux Bâtons, cela l'aurait plongé dans une grande colère et une inquiétude pour ses compatriotes.

Il avait beau y réfléchir, il ne voyait toujours pas comment un tel désastre avait pu se produire. Il ne savait pas grand-chose. Le peu d'information qu'il connaissait, c'était par les journaux. Regulus, avec qui il avait gardé contact, n'aimait pas en parler, ce que le blond pouvait comprendre. Quant à Maugrey, il lui signifiait que pour des raisons de sécurité vis-à-vis de l'enquête, il ne pouvait divulguer d'informations, ce qu'il comprenait également.

Hugo se demandait si c'était en partie pour cette raison que Regulus avait demandé à le voir. Cela faisait longtemps qu'ils essayaient de caler ce rendez-vous. Malheureusement, le français avait été plutôt occupé ces derniers jours et n'avait pas pu se libérer avant. Ensuite, il avait demandé s'il était préférable de se voir au village magique ou à Poudlard. Comme cela n'avait pas d'importance, Hugo avait préféré Poudlard. C'était l'occasion de retrouver l'école pour lui.

Après avoir patienté plus de cinq minutes dehors, Rusard vint lui ouvrir.

-Bonjour, je suis heureux de vous revoir, lança Hugo.

Le cracmol lui lança un regard méfiant. Hugo avait pu remarquer en enseignant ici que l'homme n'était pas sociable. Le seul être vivant qu'il paraissait tolérer était sa chatte. Généralement, il était en retrait et jetait à tout le monde des regards méfiants, incertains. Le français savait que le monde magique était souvent impitoyable pour les cracmols. Était-ce pour cette raison que l'homme se conduisait ainsi ? Il avait peut-être vécu trop de blessures. Ou alors se comportait-il de cette manière parce qu'il préférait la solitude à la compagnie des sorciers ?

-Veuillez me suivre, vous allez d'abord vous entretenir un court instant avec une de nos directrices.

Personne ne l'avait tenu au courant, mais Leroy doutait d'avoir le choix. Il acquiesça et suivit Rusard. Une des directrices avait dit le concierge… Soudain, le français pensa à Dumbledore. L'ancien directeur vivait sa vie loin de tout maintenant. Hugo avait cherché à le voir mais celui-ci avait refusé ses visites. Pour ce qu'il en savait, Dumbledore n'était peut-être même plus chez lui. Le grand sorcier avait cependant accepté de correspondre avec lui, au rythme qui lui allait.

Cette solitude, cette distance que Dumbledore s'imposait, inquiétait le français. Avant, l'ancien directeur n'avait jamais refusé de le voir et adorait parler avec lui.

-Comment se passe la nouvelle organisation à Poudlard ? demanda Hugo pour sortir de ses pensées et briser le silence.

Rusard lui jeta un autre regard curieux avant de continuer à regarder devant lui. Le blond se gratta la tête, un peu gêné, car le concierge ne comptait pas lui répondre à priori. Le blond comprit alors qu'il valait mieux garder le silence.

Le blond arriva finalement dans un bureau où l'attendait l'une des nouvelles directrices de Poudlard. C'était la première fois qu'il voyait cette sorcière et il était curieux de ses compétences. Si elle remplaçait Dumbledore, elle devait être à son niveau.

-Bonjour, je suis la co-directrice Elvi Mundock.

Elle lui tendit la main et Hugo la serra. Elle était russe comme le laissait entendre son accent, brune et grande. Elle avait le regard dur et semblait stricte. Tout l'opposé de Hugo. Il avait eu quelques professeurs dans le même genre à Beauxbâtons, et ça n'avait jamais collé. Il était libre et impétueux, hors des cadres, et pour certains professeurs, sa manière d'agir passait pour de l'impertinence, voire de l'insolence.

-Bonjour, je suis Hugo Leroy, explorateur.

-Je sais très bien qui vous êtes. Les professeurs m'ont parlé de vous. Vous avez animé des cours de duels pour les élèves il y a quelques mois. Ils ont tous été élogieux sur vos capacités. Vous avez également gagné le dernier Grand Tournoi de duels, fit-elle.

Leroy ne put qu'acquiescer et un instant, il se demanda si elle comptait lui proposer de nouveau ce poste.

-J'ai été surprise de votre demande de visite.

-Ah bon ? s'étonna-t-il.

Elvi Mundock garda le silence et Hugo ne sut pas quoi ajouter. Il se racla la gorge et tenta la même approche que pour Rusard, espérant avoir plus de succès.

-Comment se passe la ré-ouverture ? Ce n'est pas trop dur de diriger Poudlard ?

-Ce n'est pas le sujet de savoir si c'est dur ou facile. J'ai été sélectionnée pour ce poste, c'est que j'en ai les compétences. De plus, nous sommes deux. Avec ma collègue, nous sommes déterminées à faire de nouveau de cette école une légende.

Hugo était quelque peu décontenancé. Elvi était rigide, dans sa manière de se tenir jusqu'à ses réponses.

-Je peux savoir pourquoi vous vouliez me voir ? demanda-t-il.

-Je vous l'ai dit, j'étais curieuse.

-A quel sujet ?

-Vous avez fait une demande de visite pour voir un élève qui n'est pas de votre famille et avec qui, à priori, vous n'avez aucun lien.

-Je ne vois pas le problème.

Hugo fronça les sourcils. Il se demandait où la co-directrice voulait bien en venir.

-Regulus Black appartient à une famille aux idées bien arrêtées.

Elle lui jeta un petit regard et le blond put sentir qu'elle le jugeait.

-Vous êtes très différents, vos seuls liens résident dans le fait que pendant une brève période, vous avez été son professeur.

-Vous me demandez de justifier la raison de ma présence, c'est ça ?

Elle acquiesça.

-Eh bien, je refuse, répondit-il simplement.

-Je vous demande pardon ? fit-elle, choquée.

-J'ai fait une demande de visite et elle a été acceptée. A partir de là, je ne vois pas pourquoi je devrais me justifier. Vous avez déjà dit oui et il serait très impoli et surtout non conventionnel de changer d'avis, surtout après tout le chemin que j'ai fait. Je tiens à dire qu'en plus, c'est privé alors je ne vois pas en quoi cela vous regarde.

La bouche d'Elvi se contracta en une fine ligne.

-Je suis la directrice de cet élève, encore mineur, et responsable de lui par ce fait. Il obtient un traitement de faveur en vous voyant. Je n'ai pas refusé parce que cela semblait important mais je dois pouvoir donner des explications et justifier cette décision si ses parents m'interrogent.

Hugo haussa les épaules.

-Il fallait y penser avant.

-Je l'ai su en vous voyant, mais vous êtes vraiment impertinent !

Le français n'était pas vexé. Il avait bien vu le regard que lui avait lancé la femme à son arrivée.

-Vous vous permettez beaucoup de libertés. Vous avez dû y être habitué du temps d'Albus Dumbledore. Vous étiez proches, continua-t-elle sèchement.

Voilà qu'elle se permettait encore de se mêler de ce qu'il ne la regardait pas mais Hugo préféra laisser couler.

-Malheureusement pour vous, ce n'est plus le même système, lui fit-elle ensuite remarquer. Vous n'êtes pas sans savoir qu'après l'attaque, beaucoup de parents ont retiré leurs enfants de l'école. De toutes les grandes écoles de magie, Poudlard a dégringolé à la dernière place. J'ai une mission, faire en sorte que cette école retrouve son excellence.

-Vraiment ? Je pensais que votre mission était que les élèves de cette école puissent s'épanouir et apprendre ?

La brune lui jeta un regard noir et Hugo n'avait pas envie qu'elle le mette dehors alors il baissa les yeux et se racla la gorge.

-Si vous n'avez pas d'autres questions, puis-je aller voir Regulus Black ?

Elle hésita, puis se détourna.

-Faites.

L'explorateur n'attendit pas plus longtemps pour prendre la porte et en sortant, il tomba sur Rusard qui s'était précipitamment éloigné de la porte. Hugo était certain qu'il avait tenté d'écouter.

Il lui fit un signe de la tête et s'éloigna.

Dans la lettre d'acceptation de l'école, on lui avait indiqué une salle et une heure. Cela faisait longtemps qu'il n'était pas venu à Poudlard et il eut du mal à se repérer. Les cours étaient finis et beaucoup d'élèves le dévisagèrent à son passage, intrigués. A part ceux qu'il avait entraînés, les autres ne le connaissaient pas bien mais la majorité d'entre eux devaient savoir qui il était, simplement parce qu'il avait gagné le tournoi.

Comme Hugo déambulait à travers la foule d'élèves, il fut heureux de voir Lily accompagnée de Severus et de deux autres personnes qu'ils ne connaissaient pas.

-Mlle Evans, M. Snape ! les héla-t-il.

Ceux-ci regardèrent dans sa direction et furent étonnés de le découvrir.

-M. Leroy ? lui répondit Lily, stupéfaite.

-Que faites-vous là ? lui demanda Severus.

-Je dois m'entretenir avec quelqu'un. Est-ce que l'un de vous peut m'indiquer où se trouve la salle de réunion ? Apparemment, elle doit se trouver près d'une bibliothèque.

-Je peux le faire si vous voulez, je vais dans cette direction, intervint une élève qui s'était avancée avec Lily et Severus.

-Vous êtes ?

La jeune femme à la peau basanée rougit d'embarras.

-Dorcas Meadowes.

-Mlle Meadowes, ce sera avec plaisir.

Il fit un geste pour lui indiquer qu'il la suivait et Dorcas se mit à marcher légèrement devant lui. A ses épaules crispées, le blond devina qu'elle n'était pas à l'aise. Ou plutôt, elle était impressionnée. Hugo jugea alors bon de garder le silence, histoire qu'elle ne soit pas déçue.

Ils arrivèrent assez vite devant la salle en question et il la remercia en français avant d'entrer dans la salle de réunion. Regulus était déjà là, mais il y avait également Sirius et Remus Lupin.

-Oh, quelle surprise, je pensais que nous serions seuls !

-Non, c'est mieux s'ils sont là aussi, ça les concerne, répondit Regulus.

-Très bien.

Hugo se tourna vers Sirius.

-Je suis content de te voir en bonne santé, Sirius.

-Euh oui… On m'a dit ce que tu avais fait pour moi, merci.

Hugo sourit, heureux de voir que le Gryffondor allait mieux. Regulus lui avait envoyé une lettre lors de son rétablissement, mais le constater de ses propres yeux était toujours plaisant.

-Bien, si on me disait pourquoi je suis là ?

Les trois anglais se regardèrent et dégainèrent leurs baguettes.

-On va d'abord s'assurer de ne pas être dérangés, ni d'avoir d'oreilles indiscrètes.

L'explorateur fronça les sourcils. Le ton à la fois sérieux et grave des sorciers commençaient à l'inquiéter.

xXx

Le Serpentard observa l'explorateur, mal à l'aise. Celui-ci n'avait aucune réaction alors que Sirius continuait de lui parler de ce qu'il s'était passé le jour où Jedusor était venu chez les Potter après l'attaque. Regulus se souvenait encore très bien de ce jour-là. C'était la première fois qu'il avait eu vraiment peur du psychomage. Qu'il avait craint que celui-ci ne se contrôle pas et lui fasse du mal.

Mais c'était également à cet instant qu'il avait compris qu'il était sur la bonne voie et qu'il pouvait réussir à le faire échouer. C'était quelque chose qui lui tenait à cœur car il n'oubliait pas ce que Padfoot lui avait dit à son sujet. Le psychomage n'était encore qu'un psychomage, mais il avait déjà causé de nombreuses victimes et semé la terreur. Qu'est-ce que ce serait s'il le laissait continuer à agir à sa guise ?

Le 6ème année n'avait aucune envie d'expérimenter ce que Padfoot avait connu dans son monde avant de passer dans le voile. La guerre, les meurtres, la barbarie, la haine et la destruction étaient autant de choses que ne voulait pas connaître le Serpentard. Jedusor seul ne pouvait rien faire, mais il était en train de propager ses idées. Regulus était certain que les réunions avaient en grande partie servi à cette cause. Il ne savait cependant pas si le psychomage avait eu dans l'idée d'atteindre également d'autres buts. Dans tous les cas, il fallait l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

Il continua d'observer le français qui avait les sourcils froncés. Remus aussi était silencieux. Il écoutait visiblement attentivement ce que disait Sirius. Ce manque de réaction de la part du français inquiétait assez Regulus. Au début, Hugo avait eu l'air stupéfait, avait posé tout un tas de questions. Il avait semblé complètement perdu. Puis il s'était tu et avait simplement écouté, comme si son cerveau essayait d'assimiler.

Regulus avait placé beaucoup d'attente en Hugo et il espérait ne pas s'être trompé en décidant avec les autres de tout lui révéler. Tout ou presque. Comme pour Remus, James, Sirius et lui avaient décidé de garder l'identité de l'esprit secret.

Soudain, il n'y eut plus un bruit et Regulus comprit que Sirius était arrivé au bout de son explication. L'heure de vérité était arrivée.

-Pourquoi avez-vous décidé de me raconter tout ça ? D'autres personnes sont-elles au courant ? demanda finalement Hugo.

Remus secoua la tête.

-Si on a décidé de te mettre dans la confidence, c'est parce qu'on a confiance en toi. Nous n'avons pas beaucoup de preuves contre lui. Il a une aura, des contacts, il a même tué Greyback lors de l'attaque. Les gens auront du mal à croire qu'il est impliqué là-dedans, expliqua le Poufsouffle.

-Je reconnais que vous avez peu d'éléments, mais ça vaut quand même le coup de prévenir les Aurors, argumenta Hugo.

-Ça veut dire que tu nous crois ? s'assura Sirius.

-C'est complètement fou et j'avoue que ce n'est pas forcément évident. Mais je ne pense pas que vous mentiriez.

-Au bout du compte, tout ce qu'on a sur Jedusor, c'est qu'il a menacé Regulus chez les Potter parce qu'il l'avait accusé d'avoir joué un rôle dans l'attaque. Pour le reste, c'est plus compliqué, précisa Remus.

-Comment avez-vous su qu'il était responsable de l'évasion des prisonniers ? s'enquit encore le français. Tout part de là, n'est-ce pas ?

-Marlene nous l'a dit, affirma Sirius.

Remus lança un regard soupçonneux au Gryffondor et Regulus se retint de grimacer. Il devait penser à ce fameux Padfoot, cette source, ou plus encore ce correspondant qui n'en était pas un. Mais le mettre dans l'équation serait trop compliqué, surtout si au bout du compte, ils ne prévoyaient pas d'en dire plus au français à son sujet. Regulus espérait que l'explorateur n'allait pas se montrer trop curieux même si ce n'était pas quelque chose qui pourrait lui être reproché.

-Comment ça ? Dans quelle circonstance ? Pourquoi vous ? s'étonna le blond.

Sirius ne perdit pas son aplomb et continua.

-Remus, James et moi l'avons surprise alors qu'on était en dehors du château en pleine nuit. Son frère et elle étaient poursuivis par des Triswalker.

Hugo ouvrit de grands yeux emplis de stupeur.

-Et ils vont bien ?!

-On peut dire ça. Enfin bon, comme on l'avait grillée, elle n'a pas pu faire autrement que de nous expliquer la situation.

-Pourquoi ne pas avoir prévenu les Aurors à ce moment là ? Quand était-ce exactement ? s'inquiéta Hugo.

-Avant le Grand Tournoi de duels, avoua Remus.

Hugo accusa difficilement le coup. Il devait se dire là même chose qu'eux : s'ils avaient parlé à ce moment-là, peut-être auraient-ils pu éviter l'attaque.

-On voulait parler, bredouilla Remus. Mais Marlene nous a fait chanter.

-Pardon ? lança Hugo, à la fois sidéré et perdu.

Remus semblait ne pas en mener large. Il ouvrit la bouche pour en dire davantage mais il fut interrompu par le Gryffondor.

-Elle ne voulait rien dire aux autorités ni même aux professeurs. A ce moment-là, tout ce qui l'intéressait était de s'assurer que son frère ne retourne pas à Azkaban. Jedusor l'a aidé à le faire échapper et en échange, elle devait suivre son plan qui était d'en libérer d'autres. Elle s'est faite berner et après, je suppose qu'elle a eu peur des conséquences, ou alors elle n'était pas prête à les affronter. On a mal jugé la situation, on ne pensait pas qu'ils allaient attaquer Poudlard sinon on aurait parlé bien avant. Et je pense que Marlene aussi, ajouta Sirius.

-Si McKinonn n'a rien avoué même après l'attaque, je ne pense pas qu'elle le fera un jour. Ce qui fait qu'on a toujours que mon propre témoignage, leur rappela Regulus. Mais en ce qui concerne mon souvenir, les Aurors ne sont pas obligés de le visionner. J'y ai bien réfléchi et en vérité, si aucun soupçon ne pèse sur le psychomage, ils n'ont pas de raison de commencer à enquêter, surtout sur la base d'un seul signalement.

-Cette histoire est complètement folle, leur fit remarquer Hugo dans un petit rire nerveux. Je ne comprends pas ce que vous attendez de moi…

Regulus jeta un coup d'œil à son frère et au Poufsouffle. Ils n'avaient pas de réponse claire à donner au français. Ils s'étaient juste dits que tout ça les dépassait et qu'ils avaient besoin d'aide. Qu'on les conseille pour ne plus se sentir seuls dans cette histoire.

-On ne sait pas quel est son but exact et il est super intelligent, super déterminé. Il n'a aucun scrupule. Maintenant qu'il se méfie de nous, ça va être pire. On s'est rendu compte trop tard qu'on ne pouvait pas l'arrêter, soupira Sirius.

-On a besoin d'aide, fit Regulus.

-Nous avons nos propres problèmes personnels et pas forcément le temps ni les moyens pour le surveiller, continua Remus.

-Vous voulez que ce soit moi qui l'arrête ? s'exclama Hugo.

-Pas forcément ! le rassura Regulus. En fait, on ne savait pas si on devait en parler à Dumbledore mais maintenant qu'il n'est plus à Poudlard, on ne peut même plus le contacter.

-S'il ne s'agit que de ça, je peux essayer de mettre Albus dans la confidence, leur proposa-t-il. Ensuite, ensuite…

Il hésita.

-Ensuite, ce serait une bonne idée de savoir à qui nous avons à faire. Il est peut-être possible de trouver des informations sur son passé qui peuvent nous donner des indices sur son but. Le mieux est de réunir suffisamment d'éléments contre lui pour que les Aurors puissent ouvrir une enquête. Même s'il n'est pas arrêté, il devra se tenir à carreau s'il est surveillé. Vous êtes sûrs que votre camarade ne changera pas d'avis ? Si elle parle, ça faciliterait grandement les choses.

-On ne sait pas, nous n'avons plus de contact avec elle, répondit Remus.

-D'accord, grimaça Hugo. Je vais déjà essayer d'en parler avec Albus et voir s'il est possible d'en savoir un peu plus sur ce Tom Jedusor. Quant à vous, faites attention et continuez à ouvrir l'œil.

Regulus fronça les sourcils. Il était sûr que le français venait d'utiliser une métaphore moldu puisqu'il était incapable de la comprendre. Cela dit, il ne comptait pas fermer les yeux, alors tout allait bien.

Le français souffla un bon coup et se leva. Cela se voyait qu'il était encore perturbé par tout ce qu'ils s'étaient dit mais au moins les croyait-il et en plus, il comptait les aider. Le Serpentard n'avait pas d'autre choix que de se reposer sur lui pour la suite.

Tout comme le français, Remus, Sirius et Regulus se levèrent pour quitter la salle de réunion. Regulus le suivit pour l'accompagner jusqu'à la sortie alors que les deux autres prenaient la direction de la Grande Salle. Après avoir fait quelques mètres à peine cependant, Regulus arrêta le blond.

-Je voulais savoir, au sujet de Fumseck…

-Oh. Eh bien, je pense que ce n'est plus qu'une question de temps, répondit Hugo. L'administration française est moins longue que ce que je pensais. Enfin, je m'attends encore à tout moment à entendre que le dossier est bloqué parce qu'il manque un papier. Papier que j'aurais bien sûr déjà envoyé deux fois, rigola-t-il ensuite.

Regulus ne goûta pas à la blague et décida de l'ignorer. Tout ce qui avait de l'importance était que Fumseck allait pouvoir rester un peu plus longtemps. C'était juste dommage qu'il ne puisse pratiquement pas le voir. Peut-être fallait-il qu'il fasse la demande à la direction ? Il verrait bien comment il se débrouillerait après. Enfin, fallait-il encore que sa demande soit acceptée…

-Merci d'être venu et de nous avoir écouté jusqu'au bout, murmura Regulus.

-Hum, je ne m'étais franchement pas attendu à ça pour être honnête.

-Oui, je comprends.

Regulus regarda autour de lui. Il n'y avait personne. Vu le temps qu'ils avaient mis dans la salle de réunion, tout le monde devait déjà être dans la Grande Salle pour manger.

-J'ai une question à te poser, si tu veux bien, ajouta-t-il finalement.

-Je t'écoute, fit l'explorateur.

-Que sais-tu sur les loup-garous à part ce qui est dit dans les manuels ?

Hugo se mit à rire.

-D'où te sort cet intérêt ?

-Chez les Serpentards, nous avons un élève qui a été infecté par Greyback mais qui est pourtant incapable d'entamer une transformation complète.

-Vraiment ? s'exclama le blond et Regulus acquiesça. C'est vraiment surprenant et intéressant ! Ecoute, je sais quelques trucs, mais je connais une femme qui s'est spécialisée sur le sujet. Elle pourra t'en dire bien plus que moi. Je pense même que cela l'intéresserait de venir voir ce fameux Serpentard.

Regulus hésita. Il ne savait pas si cela enchanterait Erd mais en même temps, si cette femme pouvait les aider…

-Je ne sais pas, avoua-t-il.

-Je vais te faire parvenir ses coordonnées et tu pourras la contacter quand tu le veux. Je vais tâcher de lui parler avant, comme ça elle pourra s'organiser si elle a besoin de venir ici et de se préparer. Dis-toi bien que ça ne t'engage à rien même s'il est probable qu'elle m'étripe si jamais tu ne le fais pas ! Elle adorerait venir voir ton camarade, échanger avec lui, peut-être même l'aider à comprendre ce qui lui arrive. Elle va dire que je n'ai pas su te convaincre ! s'amusa-t-il.

-Je verrais, c'est mieux si j'en parle à Erd avant.

Hugo acquiesça.

Regulus repensa alors à James et à ce qu'il s'était passé lors de la dernière pleine lune. Il faudrait qu'il interroge cette fameuse connaissance à ce sujet.

xXx

Les potions que Pomfresh lui avait passées avaient fait leur effet et aujourd'hui, Remus n'avait plus du tout mal aux côtes. Même si c'était une bonne chose, parfois, le Poufsouffle regrettait de ne plus avoir cette douleur. Elle aurait au moins eu le bénéfice de rendre celle de son cœur plus supportable. Remus repensait à sa conversation avec Sirius tout le temps. Le matin lorsqu'il se réveillait, quand il se brossait les dents ou prenait sa douche. Mais ce n'était pas le pire. Le pire, c'était lorsqu'il ne pouvait pas profiter de son repas parce qu'il pensait à Sirius, qu'il était distrait en cours parce qu'une fois de plus, il pensait à Sirius. La nuit, il ne pouvait pas dormir paisiblement parce qu'il avait déjà toutes les peines du monde à ne pas éclater en sanglots.

Il s'était repassé les différentes discussions qu'ils avaient eu depuis que celui-ci s'était réveillé. Il voulait comprendre ce qu'il avait bien pu rater. Une partie de lui se disait que ce n'était pas définitif, que le Gryffondor avait juste besoin de temps et qu'il devait lui en donner. Il était hors de question de lui mettre la pression ou de se montrer nombriliste. L'important dans l'histoire était le brun. C'était lui qui avait subi un événement horrible. Remus ne pouvait qu'imaginer comment il se sentait.

Le Poufsouffle espérait sincèrement que le temps arrangerait tout mais de combien de temps parlait-on exactement ? Un mois, 6 mois, 1 an, ou encore 5 ans ? La manière dont Sirius lui avait annoncé les choses laissait plutôt sous-entendre que ce ne serait pas pour tout de suite. C'était dur à accepter mais le blaireau n'avait pas d'autre choix.

Il devait s'accrocher à cette idée.

Sinon… Sinon cela voudrait dire que la deuxième option était vraie. Cette idée que Remus était responsable de ce qui était arrivé à Cardiff. Peut-être que ce qu'il s'était passé dans cette chambre d'hôtel avait fait bien plus de mal à Sirius que ce qu'il voulait bien avouer. Il avait dû réveiller des traumatismes. Le Gryffondor regrettait peut-être et ne pouvait plus le regarder en face. Remus devait le dégoûter d'une certaine façon.

Après tout, c'était après cet évènement que les choses avaient basculé. Le psychomage le lui avait dit et il n'avait pas voulu l'entendre parce que cet homme s'était avéré être un horrible homophobe, mais il connaissait quand même son métier. Remus ne savait plus quoi faire. Quelque part, il avait l'impression d'avoir affaire à un Sirius complètement différent. Il se rappelait encore très bien du brun, le suppliant de ne jamais le quitter et de ne pas le laisser commettre cette erreur non plus.

Mais c'était avant que Sirius ne se souvienne qu'il avait été abusé par un pédophile comme il lui avait justement rappelé.

Remus était perdu. Il n'arrivait plus à y voir clair et cela, Isabel l'avait bien compris. Allongée sur le lit du Poufsouffle, celle-ci tentait de le réconforter.

-Dis-moi ce qui ne va pas. Je n'aime pas te voir comme ça, lui chuchota-t-elle dans son cou.

Remus avait vraiment honte de se mettre dans des états pareils. Il n'y avait bien qu'avec Isabel qu'il pouvait se montrer si vulnérable. Il soupira et prit son amie dans ses bras.

-C'est juste que ça ne va pas fort avec Sirius, avoua-t-il.

-Qu'est-ce qui s'est passé ?

Remus ne pouvait pas lui expliquer la situation. Il était bien évidemment hors de question de parler de ce qu'avait vécu Sirius. Peu importe si plus tard cette affaire sortait dans les médias, la fuite ne viendrait pas du châtain.

-Sirius a des soucis personnels et il a besoin de prendre ses distances. Je ne m'en ferais pas s'il n'avait pas de doutes sur notre couple et ses sentiments par la même occasion. Je ne sais pas quoi faire…. Je devrais lui laisser de l'espace ou tenter de le reconquérir ?

-Tu peux peut-être attendre un peu et si d'ici la fin du mois rien n'a changé, le mieux est probablement de tenter quelque chose.

-Le problème, c'est que je crains qu'il se soit fermé sur la situation…

Remus avait envie de pleurer. Il ne comprenait pas pourquoi il était tant à fleur de peau. Cette attitude ne lui ressemblait pas.

-Désolé, j'ai l'air pitoyable, renifla-t-il.

Isabel lui frotta les cheveux.

-Ne t'excuse pas, voyons. T'en as gros sur la patate, ça se voit. Ne te tracasse pas avec cette histoire, ça va s'arranger, j'en suis sûre. Tu as vu dans quel état tu te mets ? Tu as des cernes horribles et j'ai remarqué aussi que tu mangeais très peu.

Remus esquissa un sourire crispé. Il était vrai que cette histoire prenait beaucoup de place dans son quotidien et qu'elle commençait à impacter sa santé. Il était épuisé et avait souvent des maux de tête plutôt douloureux en fin de journée. Il devait apprendre à se détacher et à relativiser. Ce n'était pas facile, mais continuer à broyer du noir n'était pas constructif.

-J'ai de la chance d'avoir une amie comme toi qui s'inquiète autant.

-Ce n'est pas une question de chance. On est amis et on se soutient, c'est tout.

Remus esquissa un autre faible sourire et profita quelques instants de plus de la chaleur de son amie. Quelques minutes plus tard, ils entendirent du bruit dans leur salle commune et comprirent que leurs camarades partaient en direction de la Grande Salle au vu de l'heure.

-Je n'ai pas envie de bouger, ronchonna Remus.

Isabel rit.

-Eh bien, tu vas quand même le faire, j'ai faim moi !

Remus obtempéra, poussé par son amie.

Dans la Grande Salle, ils s'installèrent près de Lily. Sirius était plus loin et ne regardait pas dans leur direction. Remus s'en voulut alors de l'avoir tout de suite remarqué. Voilà pourquoi il se sentait si pathétique.

Il n'avait pas très faim et se contenta de la soupe de légumes avec du pain. Isabel lui jeta un regard inquiet et Remus esquissa un petit sourire contrit. Il ne pouvait pas se forcer davantage. Il mangea du bout des lèvres et écouta d'une oreille seulement les discussions en cours. Apparemment, la nouvelle psychomage venue en renfort était arrivée aujourd'hui. Lily avait fait une demande de rendez-vous et à sa plus grande surprise, elle l'avait obtenu pour la semaine prochaine. Severus parla également du maître potionniste qu'il avait rencontré il y a plusieurs jours. Celui-ci lui avait envoyé une lettre pour lui demander des informations supplémentaires.

Quelqu'un parla finalement de la note qu'il avait reçue en métamorphose et qu'il trouvait injuste mais Remus n'arrivait pas à se concentrer. Il ne pouvait penser qu'à Sirius. Allait-il faire une demande pour voir cette nouvelle psychomage ? Il lui semblait aussi que son groupe avait eu une évaluation en sortilège, s'en était-il sorti ? Avait-il une idée de ce qu'il s'était passé la nuit de pleine lune ? Qui avait envoyé cette lettre à Regulus ? Remus ne s'était pas trop renseigné auprès des deux frères.

Le Poufsouffle soupira. Il devait se concentrer là-dessus au lieu de s'éparpiller et ainsi souffrir pour rien.

xXx

Le psychomage Tom Jedusor avait tenté un coup de folie qui s'était finalement avéré payant. Il se souvenait encore avoir assez mal dormi le jour où il avait fait entrer Remus Lupin dans son bureau pour lui faire boire son fameux thé. Lorsqu'il avait abordé le Poufsouffle, il avait tout de suite compris que le châtain savait. Regulus Black lui avait parlé. Cela l'avait à la fois effrayé et rassuré. Effrayé car c'était dangereux pour lui que qui que ce soit soit au courant de ce qu'il avait fait. Le fait que Regulus en sache trop était déjà un assez gros problème. Rassuré car il avait choisi la bonne cible. Si le Poufsouffle n'avait pas été au courant, il ne lui aurait servi à rien.

Le châtain s'était montré impressionné, anxieux et fébrile quand il l'avait abordé. Il était évident qu'il n'avait pas pensé un seul instant que le psychomage viendrait le voir. C'était sans doute pour cette raison que Lupin avait bredouillée devant lui. Il avait manqué de répondant. Malheureusement, il ne lui avait fallu que quelques secondes pour se ressaisir. Le sentant résister et prêt à lui fausser compagnie, Jedusor n'avait pas eu le choix. Il avait dû utiliser l'imperium. Le psychomage ne l'avait pas fait de gaieté de cœur mais il avait eu besoin que le Préfet en chef le suive alors il s'était arrangé pour que ça arrive. Normalement, le châtain ne s'en était pas rendu compte car Jedusor n'avait eu qu'une emprise légère sur lui, juste de quoi l'inciter contre son gré à le suivre.

Le vrai risque se situait après.

Lors de leur entrevue, il avait senti tout du long que le jeune homme était mal à l'aise. Il avait eu raison de ne pas mettre la potion directement dans le thé car Remus s'était montré si méfiant qu'il n'avait pas voulu le boire. Que lui-même en prenne avec détachement l'avait semble-t-il rassuré. C'était dans le sucre que Jedusor avait choisi de verser son mélange en poudre. Il avait donc dû se contenter de boire un breuvage quelque peu fade, mais c'était un petit sacrifice.

Le psychomage avait toujours été quelqu'un de naturellement doué et ce genre de potion n'était pas compliqué à faire. Le plus dur était surtout d'obtenir les ingrédients mais grâce à Poudlard et à Slughorn, il avait accès à une myriade d'ingrédients dont certains très rares. Pour le reste, il se l'était procuré à l'allée des Embrumes. Il avait fabriqué sa décoction puis l'avait transformée pour pouvoir la mettre dans le sucre sans que cela ne se voit.

Depuis ce jour, Jedusor pouvait accéder à tout ce que voyait le Poufsouffle et à ce qu'il entendait. Pour ce faire, il n'avait qu'à fermer les yeux et se concentrer sur le blaireau. C'était simple, pas parfait, mais cela c'était déjà avéré bien utile ! C'était de cette manière qu'il avait appris ce qui allait se passer lors de la pleine lune. Il avait trouvé là l'occasion rêvée de se débarrasser de Regulus Black. Les deux autres étant des Animagus, cela aurait été plus difficile. Ils pouvaient se défendre contre la bête après tout.

Malheureusement, son plan avait échoué mais il avait gagné des informations qui valaient de l'or. Il savait que James Potter était un loup-garou et que contrairement à ses autres congénères assoiffés de sang, il pouvait se retenir de faire un carnage. Il savait aussi que Remus et Sirius étaient des Animagus non déclarés, même s'il ignorait comment ils avaient réussi cet exploit.

Le problème était qu'il ne pouvait se servir d'aucune de ces informations. A présent qu'il avait piégé le Serpentard, le trio savait qu'ils étaient surveillés, que quelqu'un savait quelque chose sur eux. Il devait donc agir prudemment mais pouvait-il se le permettre ? Le protégé de Dumbledore était passé à Poudlard et l'entretien qu'il avait eu avec le trio lui avait donné des sueurs froides. Le psychomage était heureux d'avoir eu accès à toute la scène. Grâce à son sort, il avait pu apprendre que le trio savait bien plus de choses sur lui qu'il ne le pensait. De plus, une autre personne était entrée dans l'équation.

Et ce n'était pas n'importe qui !

Hugo Leroy n'avait beau être personne en Grande Bretagne, sa première place dans le si populaire Tournoi de duels avait fait parler. Il était aussi puissant. Sans doute pas autant que lui, mais il pourrait lui donner du fil à retordre. Et voilà qu'il se donnait pour objectif d'enquêter sur lui ! N'avait-il pas autre chose à faire ?!

Jedusor avait l'horrible impression qu'une coalition venait de se former contre lui. Il ne manquerait plus qu'une autre personne ne s'y mette quelque part ailleurs et ce serait la fin.

Le psychomage avait donc obtenu les informations qu'il désirait, le problème était de savoir quoi faire avec maintenant. Il pouvait continuer à espionner les conversations et les interactions du Poufsouffle. Néanmoins, quelque chose lui disait que ce serait s'infliger du travail pour rien. Depuis qu'il avait assisté à la rupture pathétique de l'aîné des Black et du châtain, ce dernier se morfondait. Bien entendu, les effets secondaires de la potion exagéraient et augmentaient son mal, mais les faits étaient là. Remus Lupin n'avait pas l'énergie pour se lancer dans des actions contre lui. De plus, il ne parlait plus beaucoup à Sirius et n'avait pas beaucoup d'occasions d'échanger avec le Serpentard.

Le mieux était de rester connecté une journée de plus avec lui au cas où une autre information importante tomberait, puis de rompre les liens. Plus il restait longtemps connecté, plus on pourrait remonter jusqu'à lui, la signature magique se faisant plus lisible. L'état du blaireau allait se dégrader également et n'importe quelle personne ayant de solides bases en médecine pourrait établir qu'il s'agissait d'une intrusion magique. Jedusor se devait d'être prudent pour ne pas se faire attraper.

Il n'était pas sûr de pouvoir faire quoi que ce soit contre le français pour l'instant. Pas sans attirer l'attention du moins. Celui-ci allait chercher des informations et Jedusor s'était déjà assuré que rien dans son passé ne pourrait lui nuire. Dumbledore s'était même chargé de détruire la seule tâche à son tableau qui se trouvait du côté moldu lorsque l'affaire Alton était sortie.

Le mieux était qu'il le laisse chercher. Il était possible qu'à force de ne rien trouver, l'explorateur en vienne à douter de la version du trio. Mais il faudrait tout de même qu'il se tienne informé. Il ne pouvait pas exclure que le français se rapproche à son tour de la vérité et si cela devait arriver, Jedusor n'aurait d'autre choix que de le tuer.

Pour ce qui était de Dumbledore, le psychomage ne pouvait pas faire grand-chose. L'homme avait eu des doutes à son sujet bien avant de démissionner de Poudlard.

Jedusor se repassa la conversation du trio avec le français une énième fois. Il avait l'impression que quelque chose clochait. Sirius, Remus et Regulus avaient annoncé que Marlene était celle qui leur avait appris la majorité de ce qu'ils savaient. Mais c'était faux, il en était sûr. Marlene ne possédait tout simplement pas toutes les informations. Il restait par exemple toujours un mystère qu'il ne parvenait pas à résoudre. Comment Regulus Black avait-il su pour le Basilic ?

Le psychomage soupira et décida d'aller dehors prendre l'air pour souffler un peu avant que sa tête n'explose. Il laissa ses dossiers en plan sur son bureau et se leva. Il avait commencé à transférer quelques situations d'élèves et briefer sa nouvelle collègue, mais il lui restait encore à faire. Peu importe, il verrait ça une autre fois. Et si la nouvelle psychomage ne pouvait pas s'en sortir sans lui, c'est qu'elle était tout simplement une incapable. Lui avait travaillé seul et avec beaucoup plus d'élèves à charge depuis des mois !

Sur les nerfs, il quitta précipitamment son bureau et arpenta rapidement les couloirs. Il se fit discret pour qu'un élève ne pense pas pouvoir le retarder et lui parler de problème quelconque. Malheureusement, il manqua de chance et tomba sur Severus Snape.

-Bonjour, le salua le 7ème année.

Jedusor fit de même en espérant que l'échange s'arrêterait là. Il voulut ainsi reprendre son chemin mais Severus l'apostropha de nouveau.

-Je voulais vous voir justement.

-A quel sujet ?

-Je tenais à vous remercier pour ce que vous avez fait pour moi. Vous avez cru en moi et avez fait en sorte que je puisse travailler avec le meilleur maître potionniste de notre temps. Même si au bout du compte, j'ai décidé d'y parvenir par moi-même, je sais que je vous dois beaucoup.

Severus se gratta la tête, gêné. Il se retenait apparemment de se réfugier derrière ses cheveux. Jedusor posa alors sa main droite sur son épaule et tenta un sourire poli.

-J'ai entendu dire que ton entretien s'était bien passé, c'est merveilleux. Je suis certain que tu as le talent pour aller au bout. Je suis d'ores et déjà heureux de connaître un futur potionniste si excellent.

-Rien n'est encore fait, mais je m'en donne les moyens.

-C'est une bonne chose.

xXx

Ce mercredi n'était pas un jour comme les autres. Aujourd'hui, Regulus avait 17 ans. Il était enfin majeur. Cela faisait des semaines qu'il attendait ce moment. Il avait envie de passer une bonne journée. Cela n'allait pas être simple, mais il voulait essayer. Il se sentait plus léger depuis qu'il avait pu parler avec Hugo. C'était réconfortant de savoir qu'un adulte responsable était là pour vous épauler. Autre bonne nouvelle, son rendez-vous avec l'agente responsable des affaires familiales avait été fixé à lundi prochain. Malheureusement, il n'avait toujours pas eu de nouvelles de Maugrey sur l'affaire de meurtre du moldu mais Regulus faisait confiance à l'agent ronchon pour le tenir informé.

La seule ombre au tableau était que lundi, lors de la pleine lune, quelqu'un avait tenté de l'envoyer à la mort. Mais pour l'instant, il n'avait pas vraiment envie de s'en préoccuper. Sirius était déjà sur le coup et il semblait plutôt déterminé.

Regulus voulait avoir la journée normale d'un jeune homme de 17 ans !

Le Serpentard quitta son dortoir en ignorant une fois de plus le regard du 5ème année. Depuis quelques jours, celui-ci n'arrêtait pas de l'observer. Regulus passa donc dans la salle de bain pour faire sa toilette et s'habiller. Il était en train de se coiffer lorsque ses camarades de chambre entrèrent à leur tour.

Seul Barty et un 7ème année le saluèrent. Les autres l'ignorèrent. C'était ainsi depuis la cérémonie d'adieu et ça s'était empiré quand on avait remarqué qu'il passait de plus en plus de temps avec les Gryffondor. Regulus n'avait pas envie de s'attarder sur le sujet. Il quitta ainsi rapidement les lieux et retourna chercher ses affaires pour la journée dans la chambre. Il descendit finalement dans la salle commune et une 4ème année le salua avant de lui souhaiter un joyeux anniversaire.

-Tu sens super bon, Regulus ! ajouta Bhavana. Je ne dis pas que tu pues d'habitude, tu as compris, sourit-elle.

Regulus se contenta d'hausser un sourcil à son intention.

-Bonjour, Black, joyeux anniversaire !

Regulus se retourna et s'écarta pour laisser passer Nott lorsque celui-ci continua son chemin pour aller parler à quelqu'un d'autre. Regulus sourit avant de s'éloigner également. Il voulait que tout se passe bien aujourd'hui.

Le Serpentard arriva dans la Grande Salle et fut accueilli par son grand-frère. Sirius le serra dans ses bras au beau milieu de l'entrée et le 6ème année rougit d'embarras. Depuis quand le Gryffondor faisait ce genre de chose ?! C'était affreusement gênant !

-Lâche moi maintenant. Tu ruines tout mon travail !

Sirius le lâcha et éclata de rire lorsqu'il réarrangea ses vêtements puis passa la main dans ses cheveux.

-Mais oui, t'inquiète, tu es beau.

-Je ne m'inquiète pas. Et je m'en fiche d'être beau, je préfère être classe.

Sirius secoua la tête.

-C'est ton anniversaire aujourd'hui, pas ton mariage, tu sais ?

Regulus grommela sans vraiment répondre. A quoi bon ? Il alla ensuite s'installer à une table au hasard et bien entendu, ce fut une totale coïncidence si la plupart des élèves qui étaient présents étaient des Gryffondor. Bien sûr. Encore une fois, on le salua et on lui souhaita un joyeux anniversaire. La journée venait à peine de commencer que Regulus se demandait déjà si le reste de la journée allait être similaire. Il ne se souvenait pas qu'autant de personnes connaissaient la date de son anniversaire !

Que les gens sachent presque tout de Sirius n'était pas étonnant, il avait une flopée de fans prêts à s'évanouir au moindre geste de sa part. Mais le concernant, ça l'étonnait. Il n'avait pas beaucoup d'amis et était devenu le vilain petit canard des Serpentard. Probablement parce qu'il commençait à utiliser des expressions moldues, en plus de traîner avec des lions et d'avoir osé rejeter le si respecté Rosier.

Regulus souffla. Il devait se rappeler qu'aujourd'hui, il mettait son cerveau sur pause et allait juste se laisser porter par la tranquillité d'une personne lambda. Samedi, il passerait la journée avec son amoureux et il avait autant hâte qu'il redoutait ce moment. Samedi serait un jour spécial après tout.

Comme tous les matins, les courriers et journaux arrivèrent bientôt, apportés par les hiboux. Regulus releva la tête, attentif. Il avait demandé à James de lui envoyer 2 magazines de FeminiSex. Il savait que James en avait à ne plus savoir quoi en faire et il ne s'y était jamais intéressé mais les choses avaient changé depuis quelques semaines. Regulus se sentait prêt à acquérir de nouvelles connaissances. Il avait alors fait passer le message de manière discrète à James, en espérant que cet empoté le comprendrait. Bien entendu, il avait demandé à James de bien emballer son paquet. Il n'avait pas envie que toute la Grande Salle sache qu'il se laissait à lire des magazines féminins.

Le Serpentard esquissa un sourire quand il vit le hibou de James arriver. Il était suivi de près par un autre petit hibou blanc qui semblait peiner à porter un gros bouquet de roses rouges. Regulus se demandait pour qui cela pouvait être et il n'en crut pas ses yeux quand l'oiseau de James se posa devant lui et que le hibou blanc fit de même. Autour de lui, tout le monde le regardait.

Il caressa le hibou de James pour le récompenser de son travail et le blanc vint aussi réclamer sa part. Regulus s'exécuta puis les observa reprendre leurs envols.

-Wow, on t'a offert des fleurs pour ton anniversaire ? remarqua Edmont qui prenait son petit déjeuner avec sa copine.

-Ça ressemble plus à un cadeau de St-Valentin, approuva cette dernière.

Regulus pouvait voir Sirius pencher la tête pour apercevoir de quoi il retournait exactement. Heureusement, il était trop loin pour distinguer plus que le gros bouquet.

Le brun ramena le paquet vers lui. Il s'agissait certainement des magazines et il irait les ranger en vitesse avant le début des cours. Il put ensuite s'intéresser de plus près au bouquet de roses. Elles étaient magnifiques. Il les sentit et sourit. Il entendit alors un groupe de filles glousser et il grogna. Pourquoi les gens faisaient-ils ça… ? C'était horrible et gênant de se sentir épié !

Le Serpentard prit la carte qui accompagnait les roses et comprit sans mal qu'il s'agissait de James. Il lui avait pourtant dit qu'il ne voulait pas de cadeau mais c'était James, il n'avait pas pu s'en empêcher…

Mon cher amour

Tu es majeur aujourd'hui, profite bien de cette journée avant de te rendre compte qu'elle n'a rien de spécial.

J'ose penser que tu connais le langage des fleurs, car ce n'est pas mon cas !

Les roses rouges sont tellement belles et romantiques, du moins c'est ce que j'ai toujours entendu.

Elles sont magiques, elles dureront donc éternellement.

Comme notre amour, bien entendu !

A samedi, j'ai hâte de te revoir.

-C'est de qui ? demanda Dorcas.

Lily, Severus, Sirius, Pamela et bien d'autres étaient également curieux. S'il ne répondait pas, Regulus était sûr que certains allaient carrément se lever pour regarder par-dessus son épaule. Le Serpentard était convaincu que James n'avait pas signé au cas où la carte tomberait entre de mauvaises mains. Ce qu'il avait n'appartenait qu'à eux, c'était leur jardin secret. Regulus n'avait aucune envie que son frère lise les mots d'amour que James lui écrivait, ou même n'importe qui d'autre. Le Serpentard était pudique et il aimait se dire qu'il partageait le plus beaux des secrets avec le Gryffondor. Les gens aimaient fouiner même si la seule qui excellait réellement dans se domaine était Rita Skeeter. De toute façon le 6ème année savait à quoi il s'exposait en gardant ce mot, car évidemment il allait le conserver.

-De quoi je me mêle, répondit Regulus en haussant un sourcil en direction de la Gryffondor.

Celle-ci bredouilla, prise au dépourvue par la question qui lui avait échappé.

-On a droit d'être curieux, c'est quand même spécial de recevoir des fleurs pour son anniversaire, commenta Edmont.

-Toujours aussi piquant, mon très cher frère !

Regulus préféra ne pas répondre.

-On dirait que tu as d'autres cadeaux en approche, lui montra alors Lily.

Et effectivement, Regulus put voir que d'autres messagers volaient dans sa direction. Mais qu'est-ce qu'il se passait bon sang ?! Les différents hiboux lâchèrent leurs paquets tour à tour et les élèves durent en urgence déplacer leurs plats pour éviter un accident.

-Tu devrais vite les ramener dans ton dortoir avant que les cours ne commencent, lui conseilla Severus.

-Oui, tu as raison.

-Je vais t'aider, proposa le Serpentard.

Il s'avéra que même à deux, ils eurent du mal à tout porter alors Edmont leur donna un coup de main supplémentaire.

-Je ne te savais pas si populaire, fit Edmont.

-Moi non plus, répondit sincèrement Regulus.

-Comme si tu ne savais pas que tu plais aux filles, grommela Severus, et Edmont éclata de rire.

-Comment ça ? s'étonna Regulus.

Il n'obtint pas de réponse et ils arrivèrent dans le dortoir où Regulus déposa ses cadeaux sur son lit, sauf le bouquet de fleurs qu'il laissa sur sa table de chevet. Bien entendu, il laissa la carte qui l'accompagnait dans sa malle, bien à l'abri des regards et des tentations de possibles voyeurs.

Severus et Edmont le regardèrent faire, l'un amusé, l'autre dépité.

-Tu vois, c'est pour ça que généralement, je n'aime pas les beaux gosses. Tout le monde les aime alors qu'ils ne font rien de spécial. Juste parce qu'ils sont beaux…

-Attention, Severus, ça se sent que tu es aigri.

-Je ne cherche pas à le cacher. Je suis affreusement jaloux. La beauté est la seule chose qu'il me manque.

Regulus et Edmont eurent du mal à ne pas éclater de rire.

-Tu sors quand même avec la fille dont tu es amoureux depuis toujours. Beaucoup doivent t'envier, lui rappela le 6ème année.

Mais loin de rassurer le brun, cela le fit grogner.

Les Serpentard quittèrent ensuite le dortoir et si Edmont et Severus descendirent les escaliers sans attendre, Regulus resta sur le palier.

-Dépêche-toi, Regulus, on va être en retard, lui rappela le 7ème année.

-Oui, c'est juste je pensais à Erd comme on est passé devant son dortoir…

Regulus reprit son chemin et observa Severus qui regardait droit devant lui, avançant à grandes foulées.

-L'un de vous sait-il pourquoi il a dû partir ? continua Regulus.

De ce que lui avait dit Barty, Severus avait des informations mais sans savoir pourquoi, Regulus pressentait que son ami ne lui répondrait pas s'il l'interrogeait directement.

-Pas vraiment. Juste que beaucoup de Serpentard ne voulaient plus de lui parce qu'il a été mordu par Greyback, souffla Edmont.

Regulus regarda Severus, attendant qu'il réponde.

-Nous parlerons une autre fois, ce n'est pas vraiment le moment, répliqua ce dernier.

Il s'arrêta ensuite devant un couloir.

-Je vous laisse, je vais par là.

Il bifurqua alors à droite, toujours aussi pressé.

-Je vais y aller aussi, je n'ai pas envie d'avoir des points en moins parce que je serais arrivé en retard, s'excusa Edmont.

-Oui, tu as raison.

Pour sa part, Regulus regarda Severus s'en aller. Il avait un mauvais pressentiment et l'impression que s'il creusait plus, il pourrait le regretter. Il voulait obtenir des réponses mais au vu de la réaction de Severus, il comprenait que celles-ci ne lui plairaient pas. Peut-être que lancer le sujet de manière naturelle et sans prévenir n'avait pas été une bonne idée. Severus avait paru mal à l'aise. Regulus ne savait pas quoi faire et ne comprenait pas pourquoi son ami lui cachait sciemment ce qu'il savait. C'était la première fois qu'il vivait ce genre de situation et le cadet des Black n'aimait pas ça.

xXx

La jeune Serdaigle observa la grande bâtisse où travaillaient les Aurors et le petit bâtiment annexe de la police. Il lui avait fallu du courage juste pour se trouver là. Et dire qu'il lui restait tant de chemin à faire... Il lui fallait entrer dans le bâtiment de la police, oser dire la raison de sa venue, déposer plainte et donc raconter ce qu'il s'était passé. Répondre aux questions et faire face aux regards mais surtout espérer être crue. Pamela le savait, ce ne serait pas simple de faire condamner Nott.

Déjà parce qu'il fallait qu'elle ose aller au bout de sa démarche, qu'on prenne sa plainte correctement. Mais surtout parce que son histoire comportait plein de trous, de failles. Elle ne se souvenait pas de tout et cela pouvait donner l'impression qu'elle n'était pas complètement honnête.

Elle n'arrêtait pas d'y penser et juste à regarder le mot police écrit magiquement sur le bâtiment lui donnait des sueurs froides. La nuit dernière, elle n'avait que peu dormi, repensant à ce qui l'attendait. Mais elle ne pouvait pas reculer, pas après avoir confronté son agresseur et avoir vu que celui-ci ne regrettait rien. Nott vivait une vie tranquille, sans souci. Pire, depuis la mort de Rosier et la mise à l'écart de Régulus, il était considéré comme le nouveau Prince des Serpentards.

Elle ne pouvait pas accepter d'être la seule qui souffre, celle qui était traumatisée et qui avait constamment peur alors que lui allait si bien. Elle était la victime et lui le coupable. Pourtant, au vu de ce que vivait la blonde, elle avait l'impression d'être celle qui était punie, qui devait endurer une sentence pendant des années.

De toute façon, Pamela ne pouvait pas reculer. Avec Lily, la Préfète en cheffe, elle avait demandé une autorisation de sortie exceptionnelle à la direction pour pouvoir se rendre au bureau de police. La directrice Amélia Bones avait dû sentir que c'était délicat car elle ne l'avait pas interrogé sur les raisons de sa sortie. Néanmoins, elle lui avait expliqué qu'elle ne pouvait aller seule à l'extérieur. S'il s'agissait d'une convocation, un policier devait l'escorter et si c'était pour lancer une démarche de son propre chef, un membre du personnel ou des enseignants de Poudlard devait l'accompagner. Et ce même si elle était majeure car c'étaient les nouvelles directives de sécurité de l'école.

Pamela ne s'était pas sentie de se faire accompagner par un de ses professeurs. Elle ne voulait pas qu'ils sachent. Elle ne voulait pas leur faire pitié. C'était comme ça, elle ne se l'expliquait pas. Il y avait bien Pomfresh qui savait ce qui lui était arrivé, mais elle ne pouvait demander à l'infirmière scolaire de s'absenter de l'école. La Serdaigle ne se sentait pas non plus capable de le dire à ses parents. Pourtant, elle le devrait bien. Une fois la plainte déposée, elle ne pourrait plus garder son secret bien longtemps.

Pour remédier à son problème, elle avait demandé une solution alternative qui était d'être accompagnée par des Préfets. D'où la présence de Lily et de Severus à ses côtés à cet instant. La Serdaigle était sûre et certaine que Remus Lupin était très gentil, de même que ses propres Préfets de maison, mais Lily et Severus connaissaient déjà son secret et c'était un poids en moins pour elle. Mais là où Lily connaissait à présent l'identité de son agresseur, Severus restait dans le flou. Néanmoins, il avait l'intelligence et l'empathie nécessaire pour savoir quoi faire et ne pas lui poser de questions stupides ou trop envahissantes. Il acceptait de ne pas tout savoir, mais d'être tout de même là pour elle.

-Est-ce que tu as besoin d'encore un peu plus de temps ? lui demanda-t-il.

Lily et lui avaient juste à observer la 6ème année en silence pour la voir se questionner, douter et avoir peur.

-Si tu ne te sens pas prête, ce n'est pas grave. Rien ne t'oblige à le faire maintenant, tu dois le faire quand tu te sens prête à en parler, approuva Lily.

Pamela secoua la tête.

-Non, il faut que je le fasse maintenant. Si déjà aujourd'hui j'ai une chance sur deux d'être crue, dans un an, 5 ans ou plus, pratiquement personne ne me croira.

-Pourquoi dis-tu ça ? La durée n'a rien avoir là-dedans ! J'ai vérifié la prescription pour l-

-Parce qu'on me demandera pourquoi je n'ai pas parlé avant, la coupa Pamela. Pire, on pourra m'accuser de vouloir lui nuire en faisant remonter à la surface une histoire qui date de Poudlard.

-Dans ce genre de cas où les victimes portent plainte des années plus tard, les gens sont plus compréhensifs si la victime ne connaît pas son agresseur, expliqua Severus.

Lily se trouve un instant à court de mots.

-Sans forcément revenir dans un an, ce n'est pas obligé que ce soit aujourd'hui. Ça peut être le mois prochain ou même cet été, reprit-elle finalement.

-Ça ira, merci. Je préfère le faire aujourd'hui. Pour être honnête, je ne crois pas que plus tard, je réussisse de nouveau à rassembler suffisamment de courage. Je suis proche du but, je peux réussir.

Lily et Severus acquiescèrent.

-Tu veux qu'on t'accompagne ou tu préfères qu'on reste devant le bâtiment ? lui demanda Severus.

-Je pense que tant qu'on te voit entrer à l'intérieur du bâtiment, il n'y aura pas de problème sur le fait de te laisser seule, ajouta Lily.

-Je crois que je préfère que vous m'accompagniez jusqu'à l'accueil, avoua timidement Pamela.

-Bien sûr. En plus, pour une fois, je ne vais pas avoir une montagne d'escaliers à monter, la rassura Lily.

Le trio se mit en marche et Pamela eut cette horrible impression que ses membres se figeaient et que son cœur faisait tout pour sortir de son corps. Ses jambes étaient lourdes, elle peinait à avancer. Mais elle tint bon et enfin, elle put ouvrir la porte et entrer. Elle ne fit pas tout de suite attention au monde présent et se tourna d'abord vers ses amis pour leur signifier qu'elle pouvait gérer à partir de maintenant. Ce qui était faux.

Elle avança cependant tout droit vers le bureau de l'accueil. Elle s'entendit dire son nom et énonça la raison de sa visite. On lui donna un numéro et on lui indiqua un endroit où attendre. Avant de s'éloigner, elle demanda s'il était possible de parler à une femme et la personne à l'accueil lui jeta un coup d'œil significatif avant de hocher simplement la tête.

Une fois qu'elle fut dans l'espace d'attente, Pamela se demanda si elle avait au moins salué la personne qui l'avait accueillie. Elle ne s'en souvenait pas. Il fallait qu'elle se calme, elle était bien trop nerveuse.

Elle n'avait rien amené pour passer le temps, elle espérait donc ne pas avoir à attendre longtemps. La blonde pensa alors à Severus et à Lily qui l'avaient accompagnée et qui ne devaient pas avoir grand-chose à faire non plus. Mais ils étaient ensemble, ils pouvaient discuter. Pamela se remémora soudain que moins d'une semaine plus tôt, le couple rencontrait quelques problèmes. Beaucoup à Poudlard avaient remarqué les tensions entre Lily et Severus.

Si la plupart s'en fichaient – la colporteuse de ragots Skeeter n'en avait même pas fait un article - pour les amis du couple, c'était une autre histoire. C'était toujours un peu gênant, un peu triste de les voir ne plus savoir se parler. Personne n'osait trop intervenir non plus, estimant que c'était un problème qui ne regardait qu'eux.

L'attaque avait fait énormément de mal et certains avaient plus de difficultés que d'autres à aller de l'avant. Ils mettraient plus de temps à s'en remettre ou ne pourraient jamais en guérir. Chacun vivait les choses différemment. La Serdaigle avait ainsi l'impression que ce qui s'était passé à Poudlard avait éloigné Lily et Severus. Pas forcément pour toujours, du moins l'espérait-elle. De plus, ces derniers jours, leur relation semblait moins tendue.

-Mlle Alton ? l'appela soudain une policière qui semblait bientôt à la retraite.

La blonde sortit de ses pensées et se leva précipitamment pour la suivre jusqu'à un bureau un peu plus loin.

-Veuillez vous asseoir, s'il vous plaît.

Elle lui indiqua une chaise et alla s'installer derrière son bureau. Une fois que Pamela fut installée, la policière prit son identité, se présenta – elle s'appelait Fox - puis lui demanda la raison de sa visite.

Voilà, elle y était.

-Je souhaiterais porter plainte.

-Contre qui ?

-Nott. Théodore Nott.

-Très bien.

La policière nota l'information.

-Je tiens à vous rappeler avant toute chose qu'ici, nous ne traitons que les affaires non magiques. C'est-à-dire que nous traitons les petits délits magiques en coordination avec les Aurors, et toutes les autres affaires qui ont pu nécessiter l'utilisation de la magie en tant qu'outil mais dont le but n'avait rien à voir avec un quelconque gain magique. Nous nous occupons bien évidemment de tout délit ou crime moldu au sein du territoire. Si jamais votre plainte n'entre pas dans notre juridiction, elle sera tout de même prise ici et transférée aux autorités compétentes. Avez-vous compris ?

Pamela n'en était pas certaine mais néanmoins, elle acquiesça.

-Pour quel motif souhaitez-vous porter plainte contre ce jeune homme ?

Si le début était sorti plus ou moins facilement, là, Pamela bloquait. Elle baissa la tête, nerveuse. Peut-être que Lily avait raison. Elle n'était peut-être pas prête…

-Mademoiselle ? répéta Fox.

Pamela souffla un bon coup et tenta de se rappeler la raison de sa visite. Elle allait compter jusqu'à trois et puis parler. Elle prit une inspiration et compta. Rien ne se passa alors elle réitéra l'exercice.

-J'accuse Nott de m'avoir violée.

Voilà, elle l'avait fait. Elle n'avait pas le sentiment d'être soulagée pour autant, mais elle l'avait fait. Elle ne reviendrait pas en arrière. Le visage de la policière ne changea pas mais la blonde put tout de même voir ses yeux briller. Elle lui posa des questions auxquelles la Serdaigle tenta de répondre. Ce fut souvent difficile mais quelque chose dans la manière dont Fox l'écoutait et lui posait des questions dissipait petit à petit le malaise et le sentiment de honte qu'avait eu Pamela en entrant.

-Des agents vont mener une enquête et forcément, l'accusé sera mis au courant. Ce ne sera pas facile, Mlle Alton, car vous serez probablement discréditée. Votre plainte peut être vite classée sans suite tout comme traîner par manque d'éléments. Je vous conseille cependant quelle que soit la suite de prendre dès à présent un avocat. La famille Nott est puissante, ils ne se laisseront pas faire. Avoir un avocat vous aidera à savoir comment gérer tant sur le plan médiatique que sur celui du pénal.

-Très bien, fit Pamela, un peu déboussolée par toutes ces informations.

-Je vous souhaite bon courage.

La Serdaigle sentait qu'elle allait en avoir besoin.

xXx

Regulus lut une fois de plus la carte qui accompagnait les roses que l'ancien Gryffondor lui avait envoyées. Il avait l'impression de virer fleur bleue et c'était un sentiment qu'il ne pouvait pas assumer en tant que Serpentard.

Regulus rangea donc le papier en question et ressortit enfin les autres cadeaux reçus lors de son anniversaire. Il n'en avait pour l'instant ouvert aucun. Il en prit un au hasard et le déballa sous l'œil peu intéressé de ses camarades de dortoir. La plupart était des babioles semblant être achetées dans des magasins de souvenirs à Pré-Au-Lard. Il eut également 3 cartes d'anniversaire magique assez rigolotes et deux bijoux de valeur. Regulus n'était pas sûr que les avoir en sa possession soit une bonne idée. Il ne connaissait aucune des personnes qui lui avaient offert ces présents. Il craignait la signification qu'on pourrait donner si jamais il se décidait à garder des cadeaux si précieux.

En continuant à ouvrir ses cadeaux, le Serpentard tomba sur une déclaration d'amour d'une quatrième année qui affirmait vouloir se marier avec lui. Il fronça les sourcils. Vivement qu'elle change d'avis ! A croire qu'elle n'avait pas entendu toutes les histoires qui avaient circulé à son sujet durant l'année ni assisté au baiser que lui avait donné Rosier dans la Grande Salle…

Regulus secoua la tête pour tenter de s'enlever cette image de la tête. Il prit alors l'avant dernier paquet, plutôt petit et non signé.

-C'est le mien, lança Barty.

Regulus leva les yeux vers le 5ème année et fronça les sourcils.

-Pardon ?

-Celui-ci est de ma part, répéta l'adolescent.

Regulus fit alors mine de le mettre de côté.

-Hé ! protesta Barty.

Regulus sourit avant de le déballer. Il ne comprenait pas pourquoi le Serpentard lui avait offert un cadeau. Il semblait étrangement vouloir se rapprocher de lui. Le 6ème année était certain qu'il tentait de gagner sa confiance simplement pour mieux lui soutirer des informations et tenter de savoir ce qu'il s'était passé cette fameuse nuit de pleine lune.

-C'est très beau, reconnut-il après avoir découvert le cadeau.

Il s'agissait d'une sculpture magique d'un phénix qui changerait de couleur au fur et à mesure des saisons.

-C'est tout ? se désola Barty. Il m'a coûté très cher !

-Tu veux le reprendre ? le taquina Regulus.

Il lui tendit la sculpture et Barty soupira d'agacement.

-C'est un cadeau, je ne vais pas le reprendre !

Il s'installa sur son lit et observa une fois de plus Regulus, habitué à son humour.

-De qui est le dernier ? demanda-t-il.

Regulus prit le cadeau en question dans ses mains, se disant qu'il pouvait bien, pour une fois, étancher sa soif de connaissances. Mais il se crispa quand il lut les noms sur le paquet : Orion et Walburga Black. Quelle désagréable surprise. Il n'arrivait pas à croire qu'ils aient osé lui envoyer quelque chose. Ça avait été le silence radio depuis qu'il était parti les voir pour comprendre ce qui était arrivé à son frère. Ni l'un ni l'autre n'avait pris des nouvelles de Sirius ni des siennes et voila qu'il faisait un premier pas timide. Mais que croyaient-ils ? Regulus avait été clair, il ne voulait plus rien avoir affaire avec eux.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Tu en fais une tête !

Regulus ne répondit pas et se leva pour aller jeter le cadeau. Barty le regarda faire, choqué.

-Tu devrais l'ouvrir avant de le jeter, ça se trouve il en vaut la peine !

-Quoi que ce soit, je n'en veux pas. Je ne veux plus rien qui viennent d'eux.

Agacé, le Serpentard quitta le dortoir. Il avait des choses à faire avant ce week-end.

xXx

Une fois de plus, c'était l'effervescence ce samedi. Les élèves se préparaient pour la sortie hebdomadaire à Pré-au-Lard. De plus en plus d'élèves y allaient car ceux qui avaient été frileux à cette idée avaient fini par se laisser convaincre. Lentement, la joie commençait à revenir dans la célèbre école de magie.

Regulus aussi se sentait mieux. Après l'attaque à Poudlard, il avait vécu des moments difficiles et pas seulement en rapport avec ce qui était arrivé à son frère. De vieux démons avaient resurgi lors de la pleine lune. Padfoot lui manquait encore mais il n'était plus triste en pensant à l'esprit. Il n'était plus seul et s'était enlevé plusieurs poids des épaules. Lui aussi était heureux de pouvoir bénéficier d'une journée où il pourrait s'amuser en dehors de l'école et oublier le reste de ses problèmes. A Poudlard, il y avait Jedusor, les fantômes des souvenirs de Rosier et ce qu'il s'était passé entre eux.

A Pré-Au-Lard, Regulus n'y avait – pour l'instant – que de bons souvenirs. C'était un endroit agréable. De plus, il allait passer la journée avec son petit ami et il avait vraiment hâte. James lui manquait tout le temps à présent qu'il n'était plus à Poudlard. Il avait bien pensé au programme de la journée et aux lieux dans lesquels ils se rendraient. C'était important s'ils ne voulaient pas être en permanence entourés des élèves de l'école. Regulus avait ainsi demandé à l'ancien Gryffondor de le rejoindre aux abords de la ville, pas du côté touristique mais dans celui que les locaux avaient l'habitude de fréquenter.

Le trajet en navette était un peu plus long mais comme il s'agissait de transport sorcier, le temps en plus était largement surmontable. D'ailleurs, il était temps pour le Serpentard de partir s'il ne voulait pas être en retard.

Regulus sortit vite de son dortoir avec son sac et sa baguette. Il espérait que la navette de 10h ne serait pas pleine. Si c'était le cas, il forcerait. Ce n'était pas sa carrure svelte qui allait faire passer un trajet inconfortable à ses camarades. Heureusement pour lui, il n'eut pas à s'en préoccuper car la navette n'était qu'à moitié remplie. A l'intérieur, il repéra Isabel et Remus et Regulus fut étonné que son frère ne soit pas avec eux.

-Sirius ne vient pas à Pré-Au-Lard ? leur demanda-t-il.

-Si, probablement, répondit évasivement Remus.

-Pourquoi n'est-il pas avec toi ? insista alors Regulus, les sourcils froncés.

Était-il arrivé quelque chose à son frère ? Il n'avait pas fait attention car celui-ci semblait aller bien ces dernières semaines, mais il était vrai que le 7ème année avait subi un gros traumatisme tout juste deux mois auparavant.

-Je ne sais pas, il avait probablement des choses à faire avec d'autres personnes. Nous ne nous voyons plus tant que ça ces derniers jours, souffla finalement le Poufsouffle.

Regulus se contenta d'acquiescer, tellement heureux et impatient qu'il ne remarqua pas la tristesse dans la voix du châtain ni la gêne d'Isabel.

Très vite, la plupart des élèves descendirent à l'entrée touristique du village magique, Isabel et Remus avec eux. Regulus lui resta encore un moment avant d'enfin sortir. Il vit James avant même de mettre un pied à terre.

Il sourit et fonça vers lui. Sans réfléchir, il se jeta dans les bras puis rougit d'embarras. Ce comportement ne lui ressemblait pas, mais il pouvait se le permettre. Personne ne les connaissait ici et les rares passants les prendraient pour de bons amis qui ne s'étaient pas vus depuis longtemps. Et encore, ça c'était pour ceux qui faisaient attention à eux car en vérité, peu de personnes s'intéressaient à eux. De quoi rassurer le Serpentard.

-Je suis tellement content de te voir, tu m'as manqué ! soupira James.

Il le repoussa légèrement pour mieux le regarder comme s'il ne savait pas déjà à quoi il ressemblait.

-Toi aussi, tu m'as manqué, avoua Regulus. Merci pour les fleurs au fait, tu n'étais pas obligé.

-Je ne pouvais pas ne rien t'offrir pour ton anniversaire ! Et en même temps, je me disais que si je le faisais, tu serais capable de m'engueuler ! se mit-il à rire.

-Des roses rouges, ce n'était pas discret. Tout le monde m'a fixé pendant le petit déjeuner.

-Ça c'est parce que tu es bien trop beau !

Regulus leva les yeux au ciel, préférant ne pas répondre. Il ne savait pas si c'était de la flatterie ou si James le pensait vraiment.

-Comment s'est passée la pleine lune ? lui demanda tout bas le 6ème année alors que le couple commençait à avancer.

Regulus observa James, prêt à analyser ses expressions. D'un commun accord, Remus, Sirius et lui avaient décidé de ne pas raconter à James ce qui s'était passé lors de la pleine lune. De ce que Regulus savait, Sirius et Remus avaient raconté aux Potter que la nuit avait été compliquée car James avait réussi à s'échapper. Néanmoins, une fois dehors, ils avaient raconté qu'ils avaient tout de même pu le gérer.

Il était temps de voir si leur mensonge avait marché.

-Je ne peux pas vraiment te répondre, je n'ai aucun souvenir de ma pleine lune. Mais je n'ai tué ou transformé personne, c'est déjà une victoire ! blagua-t-il. En plus, à part la fatigue et des égratignures, je n'avais pas grand-chose. C'est surtout Remus et Sirius qui ont dû être à la peine. Le pire, c'est qu'ils ne me le diront jamais…

James haussa les épaules, fataliste.

-C'est parce que ce sont de bons amis, ils ne veulent pas que tu te sentes coupable, lui fit remarquer Regulus.

James sourit. C'était quelque chose qu'il pouvait comprendre effectivement.

-Hum, en fait, je te suis depuis tout à l'heure mais tu sais où on va ? lui demanda-t-il ensuite.

-Oui. Je me suis renseigné et il y a une boutique de photos à deux rues d'ici.

-Une boutique de photos ? s'étonna James.

Regulus hocha la tête.

-Elle fait des photos modifiées. Pour un prix tout à fait raisonnable, il est possible de prendre des photos qui nous montreront à quoi on ressemblera quand on sera vieux, si on était des personnes du sexe opposé ou encore des elfes. Elle n'est pas très connue parce qu'elle n'est pas bien située. Les habitants ne sont pas friands de cette activité et pour ceux qui l'étaient, ils ont dû faire le tour à présent. Une fois que tu les as toutes faites, il n'y a plus de surprise.

-Ça a l'air vraiment génial ! C'est dingue que tu aies trouvé ça ! Je suis sûr que les élèves de Poudlard adoreraient en plus !

-C'est certain, encore faut-il qu'ils arrêtent de rester éternellement dans le même secteur et acceptent de découvrir un peu plus le village. Pré-Au-Lard ne se résume pas à Honeydukes et aux Trois Balais…

-Tu viens de m'en faire une parfaite démonstration !

James passa alors son bras autour des épaules du brun et celui-ci sourit, heureux d'avoir fait le bon choix.

Quand le couple arriva dans la boutique en question, il n'y avait qu'un seul employé, probablement le patron, déjà occupé avec des clients. Une famille était en train de regarder le résultat de ses clichés et leur dizaine de photos fut vite emballée. Le tout réglé, ils quittèrent la boutique en riant. Regulus était content de ne pas les subir plus longtemps.

-Bien le bonjour ! les salua l'employé. Vous, vous devez être de Poudlard !

-C'est exact, répondit rapidement Regulus comme il sentait James prêt à rentrer dans des explications bien trop complexes.

-C'est rare d'en avoir dans ma boutique ! leur expliqua-t-il tandis que James et Regulus s'approchèrent du comptoir. Vous connaissez déjà le concept de la boutique ou pas ?

-Oui. Nous désirons essayer les cinq concepts que vous avez.

-Très bien. Je vous prends en photo chacun votre tour ou vous désirez faire des clichés ensemble ?

-Ensemble, répondit James.

Regulus et lui se jetèrent un court regard.

-Bien, je vous laisse me suivre.

L'homme se présenta. Il s'appelait Johny et c'était bel et bien le patron. Il tenait la boutique de photos magiques avec sa femme, Blanca. Ils avaient ouvert depuis trois ans déjà et pensaient à développer leur catalogue et surtout, à se faire une publicité pour attirer le week-end les élèves de Poudlard.

Johny les emmena dans un minuscule vestiaire où le couple put se débarrasser de leurs affaires. Regulus tout comme James furent réticents à l'idée de laisser leurs baguettes, mais ils n'avaient pas le choix. Ensuite, ils purent entrer dans la pièce principale où tout se jouait. Le patron leur expliqua qu'ils pouvaient décider d'avoir ou non des accessoires et Regulus voulut refuser mais James sautillait déjà sur place. Le Serpentard s'installa donc sur le canapé blanc en prenant un éventail et de grosses lunettes de soleil fluo. Il espérait seulement ne pas être trop ridicule. Pour sa part, James s'installa comme s'il posait pour un magazine de mode sans que le long serpent en peluche ne le décontenance.

Ils commencèrent par la photo qui les fit passer pour des elfes. Le couple ne se reconnut pas du tout mais au moins, cela les fit bien rire. Ils enchainèrent avec celle où ils changeaient de genre et James sembla tomber en pâmoison devant un Regulus au charme féminin plutôt prometteur lorsque le photographe leur montra brièvement le résultat.

-Arrête de faire cette tête-là, cela commence à devenir gênant ! l'engueula le 6ème année.

Ils enchainèrent alors avec celle qui mélangeait leurs visages avec des célébrités au hasard, puis celle qui les rendait moches.

-Est-ce que c'est déjà arrivé que les visages de certaines personnes ne changent pas avec ce filtre ? demanda James.

Johny eut un rire gêné et ne répondit pas réellement, ce qui fit autant rire le Serpentard que l'ancien Gryffondor.

Pour la dernière, Regulus et James se passèrent enfin des accessoires, pour le plus grand bonheur du 6ème année. Ils prirent une pause plus solennelle et attendirent. Étrangement, ce fut plus long que pour les fois précédentes.

-Il y a un problème ? finit par demander Regulus.

-Je ne sais pas.

Le patron vérifia quelque chose sur son appareil et se gratta le menton, embarrassé. -C'est étrange, jeune homme, vous n'apparaissez pas sur le résultat final.

-Moi ? s'étonna Regulus.

Johny acquiesça.

-C'est peut-être cassé ? suggéra James.

Jonhy ne répondit pas mais tenta encore deux fois de plus de prendre le couple en photo pour avoir un résultat vieillissant, mais sans succès.

-Je m'excuse, je ne comprends pas ce qu'il se passe. Je vais vous préparer celles qui sont prêtes et je vous ferai un prix pour le désagrément.

Regulus fut perturbé. Il ne comprenait pas pourquoi il était le seul à ne pas apparaître sur la photo. Peut-être que quelque chose était cassé comme l'avait suggéré James…

Le temps que le patron aille préparer les photos, James et lui retournèrent dans le sas pour récupérer leurs affaires. Une fois prêt, Regulus voulut partir retrouver Johny dans la boutique mais James le retint.

-Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda t-il.

James lui sourit sans rien dire avant de l'attirer contre lui. Il prit son visage en coupe et posa lentement ses lèvres contre les siennes. Il déposa ainsi deux baisers chastes avant de plonger dans le regard troublé du plus jeune. Il sourit et Regulus sentit son cœur battre plus vite et ses joues virer au rouge. James s'approcha alors de nouveau et le Serpentard ferma les yeux, impatient.

C'était parfois agréable de laisser les problèmes de côté. Il savait bien qu'il faudrait retourner à la dure réalité plus tard et que ce n'était pas parce qu'il ne les voyait pas qu'ils n'étaient pas là, mais pouvoir souffler de temps en temps était franchement agréable. Il ne voulait pas craquer encore comme il l'avait fait durant la pleine lune. Pour rester sain d'esprit, il devait s'accorder ce genre de respiration.

Regulus passa ainsi ses bras dans le dos de James, approfondissant le baiser. Il se rapprocha du brun qui le poussa légèrement contre le mur avant de coller son corps au sien. Regulus avait l'impression d'haleter, d'être déjà essoufflé. Il n'était pas habitué à embrasser aussi passionnément. C'était horrible d'être déjà fatigué pour si peu ! Il allait s'entraîner car c'était nettement moins pénible qu'un devoir en histoire de la magie !

-James, finit-il par soupirer.

Regulus ouvrit légèrement les yeux quand il sentit que l'ancien Gryffondor ne bougeait plus.

-Tu es tellement beau, Regulus. J'espère que personne ne t'embête à Poudlard ?

Regulus repensa au piège, à la lettre.

-Je ne peux pas te dire non. Tant que Jedusor sera libre, je ne serai pas tranquille.

James soupira.

-J'espère qu'au moins, personne ne te drague. Les autres doivent penser que le champ est libre comme je ne suis pas là ! râla-t-il.

-Mais de quoi tu parles encore, espèce d'idiot ?

Regulus lui tira la joue, riant de ses bêtises, et James se plaignit mais il ne l'écouta pas. Il sortit simplement du vestiaire.

xXx

La matinée était passée vite. James avait adoré faire toutes ces photos avec Regulus et le patron leur avait fait une bonne remise pour le désagrément. Après être sortis de la boutique, James avait donc de nouveau suivi Regulus. Le Serpentard l'avait emmené dans un restaurant avec une façade plutôt vieillotte, mais qui proposait tout de même une cuisine traditionnelle excellente.

-C'est fou ça, je viens dans ce village depuis des années et je pensais tout connaître, souffla James. Mais je me trompais, j'ai l'impression de découvrir un tout autre Pré-Au-Lard !

-Content que cela te plaise.

-Je suis toujours satisfait avec toi de toute façon !

Regulus baissa la tête sur sa carte. James savait que c'était pour cacher sa gêne et il pouffa de rire. Il le connaissait bien, son adorable Serpentard ! Une serveuse vint ensuite les voir et ils commandèrent la même chose bien que James demanda en plus du whisky-pur-feu.

-Pour fêter ton anniversaire quand même !

Une fois qu'ils furent servis, James insista ainsi pour trinquer et ils dégustèrent leurs plats. Comme Regulus ne semblait pas vouloir s'attarder sur ce qui se passait à Poudlard, James lui parla de sa vie à Godric's Hollow et de son projet. Regulus put alors en apprendre davantage. Pour le Serpentard, la nouvelle activité de James n'avait rien d'étonnant. C'était bien son genre de se lancer dans ce genre de plan complètement fou…

James lui parla de ses parents et de leur réticence mais également des personnes qui l'accompagneraient lors de cette aventure. Regulus fut surpris d'apprendre que James avait pensé à Frank et à Rita. Il l'interrogea sur ces choix surprenants. Rita avait beau s'y connaître un minimum, ce n'était pas une vraie journaliste. Du moins, elle n'avait pas de carte de presse et à priori, n'y connaissait pas grand-chose aux magazines de ce type. Il était inutile de parler de Frank, qui possédait à première vue encore moins de compétences dans ce domaine. D'après Regulus, le choix de l'équipe de rédaction était très important et en s'entourant de novices, James et son magazine pouvaient renvoyer aux lecteurs l'image d'un manque de professionnalisme et de sérieux.

-Je ne veux pas que ce soit sérieux justement, pointa James. Enfin, pas trop quoi. J'ai envie de faire quelque chose d'utile tout en m'amusant, c'est ma définition du travail !

-Il est probable que tu sois le seul sur cette terre à penser que c'est possible…

C'était probablement ce que chacun désirait, mais Regulus ne se voilait pas la face. Il était rare de faire le métier dont on rêvait. Une grande partie du temps, il servait surtout à avoir un salaire et donc à vivre. Si on ne venait pas d'une famille fortunée, les choix de carrières étaient limités. On prenait simplement ce qu'on trouvait. Du moins, c'était ainsi qu'il voyait les choses et c'est ce que lui avait souvent répété ses cousines.

Enfin bon, il ne voulait pas décourager James alors qu'il n'en était qu'au début. Et puis, si quelqu'un pouvait réussir, c'était bien lui.

-Si tu y arrives, ce sera formidable. Tu mettras ton visage ou ton nom sur ce magazine ? lui demanda-t-il alors.

-Je ne sais pas encore, je verrais.

-C'est peut-être mieux de te préserver. Ce n'est pas pour te décourager, mais ces magazines ne sont pas toujours bien vus. Les gens qui les lisent passent pour des pervers ou des obsédés. Pour les filles, on dit qu'elles sont rebelles ou féministes mais pas dans le bon sens du terme. Malheureusement, c'est le genre de lecture que tu n'assumes pas trop.

-Je le sais bien, t'inquiète. Mais justement, j'aimerais que ce ne soit plus quelque chose de tabou. C'est bien de se renseigner, ça évite de faire n'importe quoi. Et puis, comme je l'ai déjà dit à mes parents, ce ne sera pas non plus super centré sur le sexe. Enfin, je veux dire, je ne vais pas dire aux gens comment ils doivent coucher avec quelqu'un !

La serveuse passa à ce moment-là pour débarrasser leur plat et elle écarquilla les yeux à ces mots. James rougit d'embarras mais finalement, la serveuse fit comme si de rien n'était et continua son travail. James la regarda ensuite partir en cuisine.

-C'est horrible, je suis sûr qu'elle répète à ses collègues que je suis bizarre…

Regulus se retenait à grand peine de rire.

-Tant qu'elle ne me met pas dans le même bateau.

-Je te jure, j'ai été maudit dans une autre vie, ce n'est pas possible ! Il n'y a qu'à moi que ça arrive ce genre de choses ! On mange vite notre dessert et puis on y va. Je vais être trop gêné de croiser son regard maintenant, soupira James.

Regulus acquiesça, compatissant à la gêne de l'ancien Gryffondor. Le reste du repas se passa néanmoins très bien et James fit attention à ne pas croiser le regard de la serveuse qui fit de même. Aux alentours de 14h, ils quittèrent finalement le restaurant.

-Qu'est-ce que tu m'as prévu d'autre pour aujourd'hui ? s'enquit alors James.

-On pourrait aller se promener dans le jardin, ça nous aidera à digérer.

James pouffa.

-Tu es un papi ou quoi ?

Regulus lui donna une tape sur le bras et l'entraîna à sa suite.

Le jardin n'avait rien d'extraordinaire mais il était agréable de juste marcher sans but, de profiter du paysage. James se rendit compte à cette occasion que ce n'était pas quelque chose qu'il avait l'habitude de faire. C'était comme une pause dans sa vie faite pour savourer une merveilleuse douceur. Ils ne restèrent pas bien longtemps dans le jardin pourtant et au bout d'une demi-heure, ils retournèrent vers les commerces. James fronça alors les sourcils quand il vit Regulus se diriger vers un motel.

Son chéri n'allait quand même pas lui dire qu'il avait envie de faire une sieste digestive ? A quel point Regulus était-il un pépé ? A choisir, lui préférait faire une sieste crapuleuse !

-Si tu es fatigué, il vaut mieux que tu retournes à Poudlard. Tu ne vas pas payer pour dormir alors que tu peux rentrer, lui fit-il remarquer.

Regulus le dévisagea puis fronça les sourcils, perdu.

-De quoi parles-tu ?

-Euh…je ne sais pas ?

James regarda encore le motel devant lequel ils étaient à présent.

-Pourquoi tu veux qu'on aille ici ? demanda-t-il finalement.

-Es-tu idiot ou le fais-tu exprès ? A ton avis, pourquoi je t'ai demandé ces magazines ?

James n'en savait rien. Comment était-il censé deviner quoi que ce soit ?! Il avait pensé sur le coup que Regulus voulait simplement en apprendre plus sur sa toute nouvelle activité professionnelle. Regulus était du genre érudit, il aimait s'instruire et avait une bonne mémoire. Pour l'ancien Gryffondor, ce n'était qu'une documentation de plus. Mais c'était idiot, il s'en rendait compte à présent.

-Tu…t-tu veux… ?

Regulus ne prit pas la peine de lui répondre. Il lui prit la main et entra dans le hall du bâtiment. Il se dirigea ensuite d'un pas qui sembla confiant à James vers l'accueil. Sans attendre et en reprenant à peine son souffle, Regulus demanda poliment une chambre avec un lit double.

Rien qu'à entendre ces mots, le sexe de James se réveilla brusquement et il fut dans une bien inconfortable situation. Il était si tendu qu'il en avait mal et le brun était persuadé que tout le monde s'en rendait compte. Il eut honte et espéra sincèrement que sa veste cachait un minimum son problème. Il n'osa même pas baisser la tête pour vérifier, ce serait encore plus bizarre. Comment Regulus faisait-il pour ne pas être gêné ? Il lui jeta un coup d'œil et put alors voir que si sa voix et sa posture étaient affirmées et sérieuses, celui-ci rougissait tout de même.

James regarda ensuite la réceptionniste, une femme âgée avec la peau fripée et des verres de lunettes si épais qu'on aurait dit des loupes. Elle leur donna une clé avec un numéro de chambre puis retourna s'asseoir sur sa chaise à bascule sans plus se préoccuper d'eux. Un furet sauta sur ses genoux, elle ferma les yeux et caressa sa fourrure.

L'ancien joueur de Quidditch avala sa salive. Il aurait aimé que l'image de cette vieille dame le débarrasse de son affreuse excitation, mais ce ne fut pas le cas. Monter les escaliers avec une barre entre les jambes fut inconfortable, mais au moins il parvint à donner le change devant Regulus.

-Je vais prendre une douche et me préparer, tu n'auras qu'à y aller après, lança le 6ème année une fois la porte de la chambre verrouillée.

-Attends ! s'écria James, décontenancé. Tu es sérieux ? osa-t-il enfin demander.

Regulus acquiesça simplement.

-Mais…mais…mais !

-Vas-tu faire une phrase correcte ? soupira son petit ami après quelques instants.

-Mais tu… Ici ? bégaya-t-il encore. Tu veux vraiment que notre première fois soit ici ? C'est soudain, on peut attendre et…

Qu'est-ce qu'il racontait ? Rien que de voir le lit dans la pièce lui donnait des idées salaces…

-On pourrait attendre, c'est vrai, admit Regulus. Mais j'en ai envie, et depuis que je me mets moins la pression à ce sujet et sur notre couple, je me sens moins anxieux. Je me sens prêt. Tu n'en as pas envie ?

-Si !

-Alors où est le problème ? Le motel est tout à fait respectable, c'est propre et joli. Tu as dit que tu ferais tout ce que je voudrais pour mon anniversaire mais je comprends que ce soit peut-être un peu précipité. Je suis désolé…

Regulus eut un regard triste et James compris qu'il avait dû beaucoup prendre sur lui pour organiser cette journée, se renseigner et prendre les devants. Son timide petit-ami !

-J'en ai envie. Ne t'inquiète pas, c'est parfait. J'ai juste été surpris.

D'un coup, James respirait bien mieux.

-Je vais prendre ma douche dans ce cas, répéta Regulus, les joues rouges.

James acquiesça et resta immobile jusqu'à ce que Regulus ferme la porte de la salle de bain et qu'il entende l'eau couler.

Quand il sortit quelques minutes plus tard, James n'avait pas bougé. Le Serpentard avait encore les cheveux légèrement mouillés et sa peau pâle faisait ressortir sa bouche rose ainsi que ses yeux intenses. Il portait un simple peignoir blanc et James avala difficilement sa salive. Sans rien dire, il alla se laver à son tour. Il se lava minutieusement et se brossa même les dents avec une des brosses à dents mise à leur disposition dans la salle de bain.

James quitta la salle de bain dans un peignoir également et alla rejoindre Regulus sur le lit. Il s'installa face à lui et la solennité de l'instant les rattrapa brusquement. Ils se fixèrent alors sans rien dire pendant de longues secondes jusqu'à ce que James ne se racle la gorge.

-Je ferme les rideaux, tu n'as qu'à baisser la luminosité.

Regulus acquiesça et s'exécuta. James reprit ensuite sa place à son tour avant de se mordre les lèvres, perdu. Il ne se souvenait plus comment il faisait avant. Cela avait-il toujours été difficile de coucher avec quelqu'un pour la première fois ? Ou était-ce différent parce qu'il était amoureux de Regulus ?

-Je me suis préparé, lança soudain Regulus. Euh, j'ai aussi effectué des exercices de… souplesse hier. Tu crois que ça va nous servir ?

James fronça les sourcils. C'était la deuxième fois que Regulus lui parlait de préparation. Et des exercices de souplesse ? Mais qu'est-ce qu'il pensait qu'ils allaient faire ? De l'acrogym ?

-Te préparer ? Comment ça ?

Regulus fronça les sourcils.

-Tu sais, j'ai trouvé la formule dans le magazine mais je craignais de mal la lancer. Et puis, dans le dortoir, ce n'était pas forcément le lieu pour la tester. J'ai lu qu'il était possible de procéder à la moldue alors j'ai pris un produit de substitution car je n'avais pas de lubrifiant.

James mit de justesse sa main sur son entrejambe pour éviter que celle-ci aille saluer le Serpentard. Regulus en parlait le plus innocemment du monde. Comment était-il possible d'être à la fois si innocent et sexy !

-Tu veux dire que tu veux être celui qui est pris ?

James voulait être certain d'avoir bien compris.

-Oui, je n'aurais pas effectué des exercices de souplesse sinon.

-Des exercices de souplesse… tu penses que c'est vraiment nécessaire ?

-Evidemment, c'est pour la pénétration. Tu n'as pas lu tes propres magazines ? Apparemment, on a mal aux hanches et dans le bas du dos après. Je n'aurais pas dû ? s'inquiéta-t-il soudain. J'ai peut-être mal compris…

Il était rempli de bonne volonté et James n'allait pas le détromper. Après tout, Regulus avait raison. Il était juste trop euphorique pour se rappeler de tous les détails. Heureusement, Regulus était prévoyant.

-Non, non, tu as raison. C'est juste que, euh… James ne savait même pas ce qu'il voulait dire. Il préféra simplement se taire pour éviter de s'enfoncer encore plus.

Regulus repris alors la parole, James était en quelque sorte suspendu à ses lèvres.

-Hm, tu penses que tu vas réussir à… à…

Regulus baissa la tête, le rouge aux joues, et James se passa une main sur le visage, gêné.

-Je ne sais pas ce que tu vas dire mais si tu t'inquiètes du fait que j'arrive à être excité, il n'y a pas de problème, je t'assure, marmonna finalement Regulus. Je le suis tellement que ça me fait mal, admit-il ensuite. On est tous les deux stressé et je n'arrive pas à savoir si c'est mignon ou complètement débile…

A ces mots, James lui prit les mains et les caressa, un sourire amusé aux lèvres.

-Et si on respirait un grand coup ?

Regulus lui rendit son sourire. Tout allait bien se passer.

xXx

Regulus ne savait pas à quoi s'attendre. Il avait entendu beaucoup de choses sur l'amour et sur l'acte en lui-même. Il savait aussi que les gens avaient tendance à exagérer et qu'ils ne disaient pas tout, c'était évident. La seule chose sur laquelle la majorité des gens étaient d'accord était que c'était agréable. Pourvu que les gens s'y prennent bien, cela pouvait même être très bon.

Mais avant de passer par ce fameux plaisir, il fallait réussir à se débarrasser de sa gêne et ne pas se contenter d'être une planche en bois immobile.

Pour sa part, Regulus était si embarrassé qu'il ne savait pas quoi faire.

James et lui s'allongèrent sur le lit et la luminosité avait beau être faible, Regulus eut l'impression qu'il faisait encore bien trop jour. Son petit-ami détacha son peignoir et tenta ensuite de lui enlever le sien, mais Regulus le tenait si fort contre lui que le brun n'y parvint pas. Amusé, celui-ci ne put que sourire devant ce spectacle.

James n'eut quant à lui eu aucun problème à se montrer nu. Pourquoi en aurait-il ? Un nombre incalculable de filles à Poudlard avait déjà pu certifier qu'il avait une plastique de rêve et qu'il était très beau, il n'avait aucune raison de complexer. Surtout que le Gryffondor n'était pas du genre pudique à la base.

-Regulus, souffla soudain James, et ce dernier plongea ses yeux dans ceux assombris de désir du plus vieux. Ça va bien se passer, ne t'inquiète pas. Si tu changes d'avis, dis-le-moi tout simplement, d'accord ?

Regulus acquiesça mais il ne savait pas si le moment venu, il pourrait le faire. Il était celui qui avait tout organisé. S'il finissait par se dégonfler, James lui en voudrait forcément un peu. Ou pas, ce n'était pas son genre. Après tout, c'était déjà arrivé une fois et James l'avait bien pris. Quelque part, ce souvenir rassura Regulus.

James l'embrassa alors pour essayer de le détendre. Le Serpentard aimait les baisers, c'était quelque chose qu'il connaissait. Il se laissa aller et James se déplaça pour surplomber son corps. Il ne le touchait pas, mais Regulus avait véritablement conscience de sa présence et ce frôlement l'émoustilla. Il avait la sensation que c'était du concret, que cela allait véritablement arriver.

Le 6ème année déplaça ensuite ses mains pour toucher le torse de son petit-ami, puis ses bras, son ventre. Il n'osa pas aller plus bas ni regarder le bas-ventre de James. Une partie de lui se disait qu'il risquait de paniquer en réalisant ce qui allait entrer en lui. Mais en même temps, il était curieux. Il n'avait jamais vu… Avec Rosier, il avait fermé les yeux à chaque fois, priant pour que tout se termine vite. Mais ce n'était pas le moment de penser à lui, pas s'il ne voulait pas aller vomir.

James l'embrassa bientôt dans le cou, respirant son parfum et rapprochant un peu son corps du sien. Il tenta une fois de plus de déplacer le peignoir et cette fois, Regulus le laissa faire.

-Bon garçon, lui chuchota James.

Il huma son odeur à nouveau et eut un petit son appréciateur.

Regulus lui-même ne comprenait pas pourquoi il aimait cette sensation. En fait, il ne comprenait pas bien ses propres émotions. Il était excité, stressé, empressé. Il avait peur, il était amoureux. Il avait envie de James. Ce désir qu'il s'était toujours interdit de ressentir, ces moments qu'il s'était interdit d'imaginer plus jeune, ils pouvaient tous les réaliser aujourd'hui. Marcher main dans la main avec son copain, aller au restaurant avec lui, discuter avec lui, rigoler des mésaventures de l'ancien Gryffondor, jouer au Quidditch avec lui, faire l'amour avec lui. L'aimer tout simplement.

-Tu me rends fou, murmura soudain James alors qu'il commençait à onduler lentement contre lui.

Regulus ressentait la même chose.

Sans y penser, il croisa alors les jambes dans le dos de l'ancien Gryffondor et celui-ci l'embrassa alors qu'il saisissait leurs deux intimités ensemble. Il bougea vite, faisant haleter Regulus. C'était bon et en même temps, il se sentait bizarre. Il avait l'impression que c'était déjà trop, qu'il allait chavirer. Une partie du 6ème année se demandait si ça n'allait pas trop vite. Tout était flou et intense. Mais il en voulait plus, il voulait sentir les mains de James partout sur lui. Qu'il y aille plus fort, que ça dure toujours. C'était donc ça, faire l'amour ?

-Je veux le faire, souffla Regulus.

-Quoi ?

Regulus baissa la tête et vit pour la première fois ce que l'ancien élève avait entre les jambes. Il tenta de ne pas paniquer mais l'évidence le fit bégayer.

-Tu…tu es gros…

James sourit, un petit air fier au coin des lèvres.

-Tu sais exactement quoi dire pour m'exciter !

James lui fit un clin d'œil et Regulus se retint de lever les yeux au ciel. Il répéta alors sa demande.

-Je peux le faire ? J'ai envie d'essayer.

-Bien sûr, tout ce que tu veux ! Je vais juste essayer de ne pas jouir au bout de deux minutes…

James eut un rire nerveux et Regulus toucha leurs verges ensemble. Il s'étonna de la chaleur. C'était bizarre d'avoir le membre de quelqu'un d'autre en main. Il bougea ensuite maladroitement ses mains le long de leurs peaux et James plongea sa tête dans son cou pour étouffer un bruit étrange.

Regulus se sentit maladroit et il eut l'impression qu'il s'y prenait mal. Il se demanda même s'il n'était pas en train de faire mal à James. D'ailleurs, son petit ami lui prit les mains pour se dégager.

-Je pense que ça suffit. Laisse-moi te préparer, tu veux bien ?

-Oui.

Regulus se sentit gêné. Il s'en voulait de ne pas avoir réussi à procurer du plaisir à son copain. Il espérait simplement pouvoir se rattraper après…

D'un coup, James lui écarta les jambes puis observa son intimité sans rien dire avant de se passer la langue sur les lèvres. Regulus ne savait pas comment interpréter ce geste alors il détourna le regard. L'ancien Gryffondor était si différent du jeune homme qu'il avait l'habitude de côtoyer, celui qui agissait parfois comme un enfant maladroit… A cet instant, il faisait plutôt face à un homme séduisant qui était prêt à partager un moment d'intimité avec lui.

Regulus attrapa les draps du lit et les serra dans ses poings quand il sentit un premier doigt le caresser.

-Tu es sûr que ça ira ? Peut-être que je devrais lécher pour mettre de la salive ou alors mettre de la pommade…Qu'est-ce que tu as mis exactement ?

Regulus n'était pas sûr d'avoir bien entendu. James voulait le lécher ? Il voulait mettre sa bouche à cet endroit ?!

Regulus se mordit la lèvre inférieure. Pourquoi cette idée l'excitait-elle autant ? Il fut ensuite sorti brutalement de ses fantasmes quand il sentit un doigt s'enfoncer lentement.

-Wow, souffla James.

Il jeta un coup d'œil à Regulus.

-Ça rentre tout seul.

-Tu es obligé de dire ça ? soupira-t-il.

C'était le retour du James gaffeur.

-Désolé. Je me tais, sourit-il.

Regulus sentait en effet le doigt s'enfoncer sans trop de difficultés. Pour l'instant, ça allait. Il avait passé un moment à se détendre dans la salle de bain et la veille également dans la douche. Il avait attendu que tous ses camarades se soient douchés et soient occupés dans le dortoir. Il avait fait attention à ne faire aucun bruit et ne s'était pas attardé. C'était simplement pour tester.

-J'en mets un second, l'informa James.

Ce n'était pas inconfortable, mais c'était vraiment étrange. Pas spécialement agréable. James bougea ses doigts et Regulus eut l'impression qu'il essayait de l'écarteler. Ce n'était pas très plaisant. L'ancien joueur de Quidditch alla plus profondément encore et Regulus se demanda bien comment c'était possible. Il se rendit alors compte que jusqu'à présent, James n'était pas allé bien loin et c'était probablement pour cette raison que cela n'avait pas été douloureux.

-Qu'est-ce que tu fais ? haleta-t-il. Tu cherches quoi ?

James bougea encore ses doigts. Il toucha quelque chose et Regulus s'arqua en gémissant.

-Ça, répondit James avec un sourire.

-C'est quoi ?!

James appuya encore et Regulus sentit ses jambes se contracter.

-Attends, c'est trop, James ! Ja-James !

-Je croyais que tu avais lu les magazines ? Tu n'as pas trouvé d'articles sur la prostate ?

Regulus fronça les sourcils au milieu du brouillard de ses sensations. Il avait effectivement lu un article qui en faisait mention, mais il ne pensait pas que cette chose-là pouvait provoquer des sensations agréables. Il se sentait vraiment bizarre, comme s'il perdait le contrôle.

-Je ne sais pas si…

James déposa alors un baiser sur son front.

-Fais-moi confiance, tout ira bien. Mais si tu veux arrêter, tu n'as qu'un mot à dire.

Regulus ne savait pas quoi faire, il était perdu. Il n'avait jamais ressenti de telles émotions de sa vie. Il se sentait presque coupable de ressentir autant de plaisir. Est-ce qu'il avait le droit d'être heureux et amoureux alors que tant de choses allaient mal autour de lui ?

-Regulus ?

Le Serpentard plongea son regard dans celui de son petit ami et prit une grande inspiration. Il ne devait pas flancher. Il s'était promis qu'aujourd'hui, il oublierait ses soucis.

-Ça va, ne t'inquiète pas.

Regulus caressa le bras droit du brun.

-Viens, l'invita-t-il.

Le cerveau de James sembla bloquer avant que Regulus ne le tire vers lui. James s'installa alors entre ses jambes et prit un coussin pour le mettre dans le bas du dos du 6ème année. Il l'embrassa puis chuchota quelque chose avant de s'aligner avec l'intimité de Regulus. Une fois bien positionné, il entra lentement.

Regulus serra les dents. Il regrettait presque son impatience. James lui parla, lui caressa les flancs pour tenter de le détendre. Sa verge avait perdu de sa vigueur et plus James avançait, plus cela devenait inconfortable pour le Serpentard.

-Encore un effort, voilà… Voilà, tout y est, mentit James. Ça va ?

Regulus acquiesça avec peine.

-Menteur, je vois bien que ça ne va pas. On s'arrête là ?

-Non ! s'entêta Regulus. Si tu t'arrêtes maintenant, je vais juste garder en tête la douleur.

Il souffla.

-C'est supportable, je te le promets. Et toi, comment c'est pour toi ?

-Moi ? rit James. Je me sens coupable de prendre autant de plaisir alors que tu souffres !

Regulus fronça les sourcils. James prenait du plaisir ? Il l'observa et effectivement, il avait un visage d'idiot empli de béatitude. Il ne lui en voulut pas. En fait, ça lui faisait même plaisir. Jusqu'à présent, tout ce que lui avait fait James avait été source de plaisir. Regulus savait qu'une première fois ne pouvait pas parfaitement bien se dérouler, la douleur faisait partie de l'histoire. Et puis, comme il l'avait dit à James, c'était supportable. La douleur diminuait même petit à petit. Et surtout, le Serpentard avait envie d'à nouveau percevoir les sensations qu'il avait ressenties plus tôt.

-Bouge, s'il te plait, souffla le Serpentard.

Il remua pour trouver une position plus confortable et entendit James grogner. Regulus cligna des yeux, puis recommença. Un sourire prit ensuite place sur son visage quand il entendit James haleter et lui demander d'attendre.

-Attends, Regulus, ne bouge pas tout de suite… Je dois d'abord…

Il ne termina pas sa phrase. Il demandait au plus jeune d'arrêter mais lui-même ne pouvait s'empêcher de balancer ses hanches en rythme avec les mouvements de Regulus. Il perdait le contrôle et laissait le plaisir le submerger complètement. Etrangement, le cadet des Black avait l'impression d'avoir les rênes, de maîtriser ce qu'il se passait. Que James soit à sa merci, pris dans les affres de la jouissance, était un sentiment agréable. Il était complètement serein, heureux. Lentement, le Serpentard avait l'impression de retrouver les sensations ressenties lors des préliminaires. Encore un peu et il pourrait…

-Regulus, attends !

James prononça quelque chose et tenta de s'éloigner précipitamment mais en vain.

Regulus sentit alors quelque chose le remplir et il écarquilla les yeux. James venait de jouir. Déjà ?

xXx

James voulait disparaître. Il n'avait jamais eu aussi honte de toute sa vie. Il avait 18 ans, pas 15 ! Comment était-il possible de jouir aussi précocement ? Son honneur avait été bafoué. Il était le seul responsable. Enfin, les parois chaudes et accueillantes de Regulus avaient joué un rôle aussi mais c'était une autre histoire. Il ne pouvait plus regarder son petit ami en face. C'était toute sa vie qu'il était en train de remettre en question !

Il voulait créer un magazine qui parlait de sexe au sens large et il n'était même pas foutu de donner du plaisir à son partenaire ? Il était un idiot, un empoté ! Peut-être que s'il restait suffisamment longtemps sous ce lit, son corps finirait par fusionner avec le sol… Il accueillerait la poussière et serait enfin à sa place dans ce monde. Voilà, ce serait sa vie à présent. C'était un bon choix de carrière, il ne risquait pas de se rater au moins.

Toujours dans la chambre du motel louée presque une heure plus tôt, le couple tentait de se remettre de ce qu'il s'était passé. James, rouge de honte, s'était piteusement excusé avant qu'une vague de désespoir ne le submerge. Regulus avait bien tenté de dédramatiser la situation, mais l'ancien Préfet n'avait rien voulu entendre.

A court d'idée, Regulus l'avait laissé aller se réfugier sous le lit. Il ne comprenait pas pourquoi le plus âgé n'avait pas choisi la salle de bain, mais la réponse n'était finalement pas très importante.

-James, ça suffit maintenant. Sors de là.

-Jamais ! Je ne comprends même pas pourquoi tu me parles. Je suis un déchet, je suis nul e-

-Tu ne penses pas que tu exagères ? Ça fait 10 minutes que tu es sous le lit, tu comptes bouder encore longtemps ?

-Je vais rester sous ce lit, c'est chez moi maintenant.

James entendit Regulus soupirer et le lit grinça, signe que le Serpentard était en train de bouger. Celui-ci vint par terre et se baissa pour apercevoir le jeune homme.

-Pourquoi est-ce que tu en fait tout une histoire ?

-Parce que c'est la honte ! répondit James qui n'osait pas regarder le brun.

-Ah bon ?

Regulus n'en revenait pas. Depuis quand son petit-ami tenait-il de tels propos ?

-Si ça avait été moi, tu te serais moqué ?

-Non mais… Ce n'est pas la même chose ! J'ai plus d'expérience, je ne suis pas censé tenir 3 minutes comme un ado avec les hormones en folie !

-Ce n'est pas parce que tu as 18 ans que tu es un adulte. Que tu le veuilles ou non, tu as les hormones en ébullition. Je ne comprends pas pourquoi tu en fais toute une histoire.

-Parce que j'avais envie de te faire plaisir, que tu prennes du plaisir !

-J'ai pris du plaisir, le rassura Regulus.

-Mais ce n'était pas parfait, soupira James. Je voulais vraiment que ça se passe mieux puisque tu m'as fait ce cadeau…

-Quel cadeau ? s'étonna Regulus.

Il soupira et James sentit qu'il commençait à atteindre les limites de sa patience.

-Si je voulais coucher avec toi, c'est parce que j'en avais envie. Et j'en ai toujours envie, je te signale. Ce n'était pas pour te faire plaisir, lui rappela sèchement le Serpentard.

-C'est vrai ? Tu en as toujours envie ?

James commença à ramper pour sortir du lit. De son côté, Regulus acquiesça et remonta sur le lit.

-J'ai l'impression d'être un peu sur ma faim, admit-il. Mais si tu n'en as plus envie…

-Si, si, bien sûr !

James sortit complètement de sa tanière et rejoignit Regulus qui s'installa de nouveau contre la tête de lit. A présent qu'il était sorti, l'ancien Gryffondor se sentait stupide. Il avait boudé comme un enfant. Il avait accordé de l'importance à sa performance parce qu'il avait toujours eu dans l'idée qu'un homme qui n'était pas capable de satisfaire son ou sa partenaire était un mauvais amant. Surtout quand tout se terminait avant même d'avoir vraiment commencé…

Regulus avait eu raison de le remettre à sa place. C'était une idée qu'il devait s'enlever de la tête. Surtout qu'il ne se serait jamais permis de porter de jugement sur quelqu'un d'autre.

-Tu es merveilleux, je ne te mérite pas !

Regulus sourit et monta sur les genoux de James. Il était encore nu sous son peignoir ouvert et celui-ci trouvait cette vision diablement sexy.

-Je suis désolé, j'ai clairement manqué de maturité… Ça me donne l'impression d'avoir gâché la journée alors que tu t'es donné tant de mal à tout préparer... Tu as même fait des exercices de souplesse ! se mit-il ensuite à rire.

-Pourquoi ris-tu ? soupira Regulus après un moment.

Pris d'un fou rire, l'héritier Potter fut incapable de répondre.

-J'aurais dû te laisser continuer à être misérable sous ce lit, marmonna alors le Serpentard, vexé.

-Pardon, tu es tellement adorable, s'excusa James en tentant de retrouver son calme. Au fait, juste pour te rassurer, j'ai utilisé le sort de protection.

Regulus ne dit rien et James ne sut pas quoi ajouter. A la place, il l'embrassa pour lui demander pardon et le remercier de sa patience. Pour toute réponse, Regulus approfondit le baiser, ce qui étonna James.

-Tu n'as pas entendu ce que j'ai dit tout à l'heure ? J'ai encore envie de toi, lui rappela le Serpentard devant sa mine étonnée.

James sourit à son tour. Qui était-il pour refuser de répondre au désir de son petit ami ?


Hum, petite annonce, je mets la publication de cette histoire en pause pendant minimum 6 semaines, voire 8 environ. Je suis désolée, mais je suis hyper occupée en ce moment, que ce soit avec mon boulot ou autre. J'ai moins de temps pour écrire et quand je l'ai, j'avoue que j'ai du mal à bien retranscrire mes idées. Il faut que je me réorganise ! ^^

Je vous laisse donc sur ce chapitre, qui j'espère vous aura plu !

Bonnes vacances à ceux qui ont la chance d'être en vacances et à bientôt.