Chapitre 64 : Des liens indestructibles
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Le réveil fut compliqué pour Sirius. Pourtant, pour la première fois depuis longtemps, l'aîné des Black avait passé une nuit paisible. Ni cauchemar, ni angoisse, ni crampe d'estomac et encore moins de sombres pensées intrusives. Malgré tout, il n'avait pas envie de sortir de son lit, d'ouvrir les yeux et d'affronter une journée de plus dans ce monde cruel.
Pendant un instant, il s'imagina qu'il avait rêvé les évènements de la veille. Ou mieux encore, qu'il avait rêvé la dernière année qui s'était écoulée. Que peut-être en descendant les escaliers, il verrait Euphémia et Fleamont sourire et lui proposer une généreuse assiette de pancakes. Que James lui dirait qu'il n'avait jamais été mordu, que l'attaque à Poudlard n'avait jamais eu lieu. Il voulait ouvrir les yeux et savoir qu'Alice était encore vivante, que Remus et lui étaient encore ensemble et que son frère n'était pas tombé dans les griffes de Rosier.
Sirius savait que c'était impossible et qu'il aurait beau le souhaiter du plus profond de son être, il ne pouvait pas changer le passé. Alors il ouvrit les yeux sur un nouveau matin, le cœur lourd d'angoisse. La veille, en allant se coucher, il n'avait pas fermé les volets de la chambre ni tiré les rideaux. Le soleil était déjà bien haut dans le ciel, il le sentait. Il ne devait pas être loin de midi car il avait faim.
Il jeta un rapide coup d'œil autour de lui, s'attendant à voir un gros félin, mais il était seul. C'était logique en réalité. Sirius était parti se coucher vers 18h et Remus l'avait suivi pour pouvoir l'apaiser durant son sommeil. Ce qui avait marché. L'avoir dans ses bras l'avait aidé à calmer sa crise et à s'endormir très vite. Mais cela avait surtout été possible parce que Remus avait été sous sa forme d'animagus. Cela avait permis à l'ancien Gryffondor d'avoir une présence rassurante sans se sentir obligé de parler, d'affronter un quelconque jugement et encore moins de devoir s'expliquer.
La veille, il avait manqué de courage. Il ne s'était pas senti capable d'affronter l'avalanche qui lui était tombée dessus. Remus lui avait imposé sa présence et cela l'avait énervé, du moins au début. En fait, il avait eu incroyablement honte que Remus - ou n'importe qui d'autre - le voit dans un état si pitoyable. Pourtant, la nuit venue, lorsqu'il avait pu serrer l'animal contre lui et sentir sa chaleur et sa douceur, il lui avait été très reconnaissant.
Les problèmes étaient toujours là, mais l'ancien Gryffondor ne se sentait plus submergé. Il respirait.
Lentement, Sirius se leva pour aller prendre du papier. Il devait contacter sa psy. Après ce qu'il s'était passé hier, il avait besoin de la voir et de lui parler. Il fallait qu'il expulse toute la négativité et la peur qu'il avait encore en lui. Mais surtout, il devait mettre au clair ses idées. Il était perdu à la suite des annonces de son avocat et avait besoin d'être conseillé. Était-il possible de faire un choix qui ne laisserait pas Walburga s'en sortir sans pour autant le détruire ?
Une fois sa tâche accomplie, Sirius descendit. Il avait très faim. Il espérait que sa psy lui répondrait très vite et serait disponible pour le recevoir dès aujourd'hui. En attendant, il faudrait qu'il s'occupe. Passer le temps pour ne pas repenser au procès et au chantage ignoble de Walburga. Son frère et son meilleur ami lui manquaient et il aurait voulu qu'ils soient déjà là, mais ils ne rentreraient pas avant deux jours. Sirius regrettait de ne pas les avoir accompagnés maintenant. Il avait refusé parce qu'il avait déjà des choses à faire et que ce n'était pas le moment pour des vacances mais au vu des derniers évènements, il avait l'impression de s'être trompé.
Il devait se ressaisir. Il n'allait pas s'effondrer à nouveau. Maitre Simon allait très vite reprendre contact avec lui. Le deuxième procès des Black allait s'ouvrir demain. Sirius avait la boule au ventre en y pensant. Pourrait-il avaler quoi que ce soit aujourd'hui ? Il avait faim, mais peut-être que rien ne passerait.
-Tu es réveillé.
Sirius s'arrêta à l'entrée de la cuisine, surpris de voir que l'ancien Poufsouffle était encore là. Il bégaya un instant avant de se taire pour rassembler ses idées.
-Tu n'étais pas parti ? s'étonna-t-il finalement.
-Euh…non, répondit Remus, décontenancé. Enfin, je ne vais pas tarder à y aller…
-Je ne te mets pas dehors ! s'empressa d'ajouter Sirius.
-C'est que je travaille donc je n'ai pas vraiment le choix…
Sirius le dévisagea. Depuis combien de temps Remus travaillait-il ? Où était-ce ? Est-ce que ça se passait bien ? Il avait beaucoup de questions mais ne savait pas s'il pouvait les poser.
-Je t'ai préparé le déjeuner et j'ai rangé le garage, reprit Remus.
-Merci, mais tu n'aurais pas dû. Les Potter ont un elfe de maison.
Remus avait été très gentil, Sirius ne savait pas comment le remercier.
-Je vais y aller mais je peux repasser ce soir si tu veux. Je me changerais encore en puma si c'est plus simple pour toi. Je vois bien que tu n'es pas à l'aise mais je pensais vraiment tout ce que je t'ai dit hier soir, Sirius.
Sirius sourit, sentant un poids quitter ses épaules.
-Je t'attends ce soir alors. Je ne suis pas contre un peu de compagnie en attendant le retour de James et de Regulus.
-Très bien. On pourrait faire des jeux ou si tu es occupé, je lirais dans mon coin.
-Tu n'as pas besoin de prendre autant de pincettes avec moi. Je ne suis pas un enfant et contrairement à l'image que je renvoie, je ne suis pas en sucre et je ne vais pas me casser. Enfin, je peux comprendre que tu aies du mal à y croire vu comment tu m'as retrouvé hier et la manière dont tu m'as donné mon bain…
Sirius grimaça.
-Hum, c'était tellement gênant, pourquoi je reparle de ça…
-Je suis désolé, je sais que j'ai été plus qu'envahissant hier soir. Ça ne se reproduira plus, lui assura Remus. J'étais vraiment effrayé et je ne voulais pas te laisser seul, même pour une seconde. Désolé. Oh, et je te promets que j'ai fait très attention à l'endroit où je posais mes yeux.
Sirius sourit. C'était du Remus tout craché. Habituellement, il l'aurait taquiné à ce sujet, mais il ne s'en sentait pas l'envie et la situation ne s'y prêtait pas vraiment.
-Merci pour ce que tu fais pour moi, je ne le mérite pas, répéta-t-il.
-Bien sûr que si. Je suis content de pouvoir être là pour toi en tant qu'ami.
-Tu es un ami en or et j'ai fait beaucoup d'erreurs, soupira Sirius. Je m'excuse pour les mensonges et pour t'avoir entraîné dans des histoires qui me dépassaient complètement. J'ai souvent repensé à ce que tu avais dit au procès e-
-Ce n'était pas ce que je voulais dire, l'arrêta le Poufsouffle. Maître Carter orientait ses questions, il voulait que je dise du mal de toi.
-Mais c'était la vérité et je ne t'en veux pas. J'ai eu du mal à me l'avouer mais j'étais un harceleur. Ma psy m'a dit que les personnes victimes de harcèlement finissent souvent par devenir des bourreaux plus tard.
-Tu n'étais pas un bourreau. Tu demandais de l'aide. Et si Maître Carter m'avait laissé aller au bout de ce que j'avais à dire, c'est ce que j'aurais dit. En plus, tu as changé. Je sais que tu regrettes ce qu'il s'est passé. Que ce soit avec moi, ou avec Peter.
-Il y en a eu plein d'autres, Remus. Ne me fais pas passer pour un enfant de chœur. J'adorais ça, j'avais l'impression de me sentir moins minable !
Sirius avait envie de se cacher tellement il avait honte. Il avait changé mais ne savait pas si c'était suffisant pour se racheter.
-Il n'est pas question de faire comme si de rien n'était ou de dire que tu es pardonné. L'important est de regarder les évènements dans sa globalité. Tu n'es pas mauvais, Sirius. Tu as fait des mauvais choix, c'est tout.
Sirius ne put s'empêcher de sourire.
-J'aimerais que les choses soient aussi simples. Enfin bon, on n'est pas là pour refaire l'histoire.
-C'est exact.
-Merci de me laisser une énième chance. Recommencer sur de bonnes bases.
Remus se gratta la tête, gêné, alors Sirius lui tendit la main et le châtain la lui serra.
-À ce soir.
Remus déposa le torchon qu'il tenait encore et quitta la pièce. Sirius n'arrivait pas à croire que ça s'était aussi bien passé. Ça le rassurait grandement. Remus, qui semblait pourtant nourrir beaucoup de rancœur à son égard, avait accepté ses excuses.
xXx
Sirius se sentait fébrile. Il n'avait pas cru pouvoir avoir un rendez-vous aussi vite avec sa psychomage. À présent qu'il était devant elle, ses idées se mélangeaient et il ne savait pas bien par quoi commencer. Il avait beaucoup de choses à dire, des choses qui demandaient à sortir, mais il ne savait comment les exprimer.
-Et si vous me disiez tout, Sirius ? Votre lettre m'a surprise, j'ai eu peur pour vous.
L'ancien Gryffondor se sentit touché par ses mots.
-J'ai reçu une mauvaise nouvelle hier et ça m'a déstabilisé.
-Qu'avez-vous ressenti exactement ? lui demanda-t-elle.
-C'est dur à expliquer. J'ai d'abord été en colère, j'ai paniqué aussi avant de ne plus rien contrôler. J'ai été complètement submergé et je ne suis pas sûr de ce qu'il s'est passé après.
Sa psy garda le silence, l'encourageant à se livrer un peu plus.
-J'ai fait une crise d'angoisse. Je ne m'en suis pas rendu compte au début. Enfin, je ne pensais pas qu'elle serait si violente… J'en avais déjà fait une avant et un ami m'avait aidé. Là, je crois que pendant un moment, il y avait trop de sentiments négatifs en moi et ça a simplement débordé. J'avais l'impression de ne plus être moi-même. J'ai cassé tout ce qui se trouvait à ma portée et quand je n'ai plus rien eu pour faire passer ma colère et ma tristesse, j'ai réalisé que j'avais du mal à respirer. J'étais tout seul, je me disais que je n'arriverais pas à m'en sortir…
-Mais vous avez réussi, lui fit chaleureusement remarquer la psychomage.
Sirius se répéta ses mots pour s'en convaincre aussi. Quand ce fut le cas, il observa la professionnelle quelques secondes.
-Je n'ai pas de mérite. Une fois de plus, on m'a aidé.
-Qui ça ?
-Un ami. Enfin, plutôt, le gros chien de cet ami, bafouilla le brun.
Il ne savait trop comment parler de ce qu'il s'était passé hier. Il regrettait de ne pas pouvoir tout dire à sa psy mais c'était mieux ainsi. De plus, il lui disait déjà l'essentiel, ce qui était plus que suffisant pour comprendre son problème.
Si l'ancien Gryffondor était reconnaissant envers le châtain pour l'aide apportée, il savait que la suite de la soirée ne se serait pas aussi bien déroulée si Remus avait insisté et était resté. Sirius avait été dans un état second et malgré toute sa bonne volonté, Remus n'aurait rien pu faire pour lui, pas sur le moment. Qu'il se change en puma lui avait offert l'excuse de pouvoir rester lui-même.
-C'est une bonne chose, vous savez. Les animaux sont merveilleux et sentent les choses. Ils peuvent être vos plus fidèles soutiens et amis. Ils ne vous jugent et ne vous abandonneront jamais.
-Ça doit être génial d'avoir un ami dont on sait que leur amour est inconditionnel...
-En avez-vous des amis comme ça ? lui demanda-t-elle.
-Oui. Je crois, sourit-il. Mais je n'arrive pas toujours à leur parler. J'avoue ne pas non plus avoir toujours envie qu'ils me voient faible et minable.
-Vous n'êtes ni faible ni minable, lui rappela-t-elle. Ce que vous prenez pour de la faiblesse n'en est pas, Sirius. Vous avez des failles comme tout un chacun. C'est ce qui fait de vous un être humain.
-Je sais…
-Je repense à ce que vous m'avez dit plus tôt. Avez-vous déjà pensé à prendre un animal de compagnie ? Ils sont un très bon soutien émotionnel. Cela pourrait vous aider à extérioriser les peines et les souffrances que vous n'osez pas encore partager avec vos amis. J'ai quelques patients qui ont des animaux et qui me confient souvent que ces petits êtres occupent une place importante dans leur vie.
-Je ne pense pas que je saurais m'occuper d'un animal, j'ai déjà du mal à m'occuper de moi-même…
-Je comprends. Prenez le temps d'y réfléchir. Il y a beaucoup d'options, notamment des animaleries qui proposent des animaux spécifiques en cas de patients vulnérables ou alors sujets à des crises. De plus, s'occuper d'un autre être vivant nous fait parfois acquérir la maturité qui nous manque. Avoir un objectif sain permet également de se sortir de certains problèmes.
Sirius était perplexe. Il ne s'était jamais imaginé avoir un animal de compagnie. Est-ce qu'un animal qui faisait office de soutien émotionnel ressemblait à un animal de compagnie standard ? Depuis quand cela existait-il ? Pouvait-on en trouver en animalerie ? Il avait tout un tas de questions, mais il était sûr d'une chose : Regulus serait ravi. Surtout s'il s'agissait d'une quelconque bestiole rare.
Pour sa part, même s'il ne se sentait pas capable de s'occuper d'un animal, il avouait volontiers que c'était agréable et rassurant d'avoir une boule de poil à câliner. Lorsqu'il avait pris le puma dans ses bras avant de se rendormir, il s'était senti accompagné, en sécurité et apaisé.
-Sirius, voulez-vous parler de la raison de votre crise d'angoisse ?
Tout le corps du brun se tendit à cette question. La psychomage s'empressa alors de le rassurer sur le fait qu'il n'avait pas à en parler s'il ne se sentait pas prêt ou n'en avait pas envie. Mais Sirius avait demandé un rendez-vous pour cette raison. Il avait repoussé le moment pour pouvoir profiter de quelques instants de légèreté, d'un début de conversation normal.
-Voulez-vous en parler ? lui redemanda-t-elle.
-…oui, lâcha-t-il finalement.
-Vous disiez avoir reçu une mauvaise nouvelle, rappela-t-elle.
-C'est au sujet du nouveau procès de ma mère qui débutera demain.
-Vous aviez décidé de ne pas y prendre part, c'est bien cela ?
-Oui. Mais peut-être que je n'aurais pas le choix.
Et alors, Sirius tenta de lui expliquer les raisons de sa douleur, sa triste histoire, ses hésitations et ses peurs. Il lui parla du chantage odieux de Walburga pour tenter d'échapper à la prison.
Et pour la première fois, il se confia sur ce qu'il avait subi au Square Grimmaurd. Naturellement, sans pouvoir s'arrêter.
Il se libéra de ses chaînes.
xXx
-On est bien là, non ? fit James.
Il ne pouvait détacher son regard du lac, de son eau bleue, du soleil qui se reflétait dessus et des poissons qui y nageaient. Ces petites vacances dans la maison de famille touchaient déjà à leur fin. Demain, il leur faudrait rentrer à Godric's Hollow. Et l'ancien Gryffondor n'aurait jamais cru dire ça un jour, mais il n'avait pas hâte. C'était même tout le contraire.
C'était étrange mais depuis la mort de ses parents, vivre dans la maison dans laquelle il avait grandi et qui contenait tant de bons souvenirs était devenu difficile. Comme il avait commencé à le remarquer quelques jours plus tôt, il trouvait tout sinistre. Tout lui rappelait le passé. La maison de Godric's Hollow était emplie de l'essence de ses parents et James n'arrivait pas à avancer. À chaque instant, il était renvoyé à ce que ses parents y avaient fait et qui n'arriverait plus jamais. Il était constamment tourné vers le passé, à ruminer ce qu'il avait perdu. Pourtant, il adorait sa maison… mais c'était tout simplement trop dur.
Avec seulement deux personnes en moins, elle lui semblait si vide. Que ferait-il quand Regulus retournerait à Poudlard et quand il ne pourrait plus retenir Sirius auprès de lui ? Il n'aimait pas lorsque son meilleur ami parlait du fait qu'il devait à présent se débrouiller seul et arrêter d'être un parasite. Ce n'était pas seulement parce que James trouvait que c'était totalement faux et que Sirius n'avait rien d'un parasite, mais également parce que c'était lui qui ne pouvait plus se passer de lui.
Même en aménageant une partie de la maison pour Harry, elle resterait désespérément vide. Et ce n'était pas que la maison, c'était le village tout entier. Tout le monde connaissait les Potter et ne voyait en lui que l'héritier de la famille, le gamin qu'ils avaient vu grandir. James sortait peu parce qu'il avait l'angoisse de croiser un villageois qui le prendrait en pitié et lui parlerait avec nostalgie de ses parents disparus. James voulait avancer et pour ce faire, il devait arrêter de penser constamment à ce qu'il avait perdu. Plus tard, quand il irait enfin mieux, il pourrait parler de ses parents, se rappeler du bon temps avec sérénité.
Au-delà de cet aspect, il avait compris qu'il ne se voyait pas continuer sa vie dans le village de son enfance. Ce n'était pas simplement à cause de la symbolique du lieu. Godric's Hollow n'était pas un endroit dynamique. La majorité de ses habitants étaient des séniors et il y avait peu de lieux de sortie pour les jeunes. James avait l'impression d'en avoir fait le tour à présent. C'était un village renommé avec une grande histoire, mais ce n'était pas la même ambiance par rapport à l'endroit où il se trouvait en ce moment. Les habitants étaient différents, les activités florissantes et il y avait tant de découvertes à faire.
Personne ne le connaissait et c'était agréable.
James soupira et jeta un coup d'œil à Regulus debout derrière lui. Il était silencieux et tout comme James, ces vacances semblaient lui avoir fait du bien. Il était plus détendu, plus souriant. Il était tellement beau. Le voir ainsi soulageait quelque chose en James.
-Assieds-toi avec moi, lui proposa-t-il.
-L'herbe est mouillée, refusa Regulus.
James leva les yeux au ciel. Son chéri était si…prévisible.
-Tu peux t'asseoir sur moi si ton royal popotin ne peut pas supporter un peu d'humidité.
-Bien sûr qu'il le peut ! se vexa le Serpentard.
-Je plaisante, je sais bien qu'il peut le supporter.
James voulait ajouter autre chose, mais Regulus rougissait déjà et il savait que s'il allait plus loin, son copain le laisserait en plan. James ne voulait surtout pas s'y risquer. Regulus était capable de lui faire la tête pendant un long moment en représailles. Et même s'il adorait l'embêter, il ne voulait rien faire qui ferait regretter à Regulus le tendre moment qu'ils avaient passé hier soir.
Quand l'ancien Gryffondor pensait à ce qu'ils avaient traversé dernièrement, il était heureux de constater que ça ne les avait pas brisés et que même si ça avait pris du temps, tout était redevenu comme avant. Et même sur certains aspects, mieux qu'avant.
Regulus s'installa finalement à côté de lui et James le prit dans ses bras.
-Je n'ai pas envie de rentrer, soupira le plus jeune. Quand je pense à ce qui nous attend là-bas…
James savait bien de quoi il parlait.
-On pourrait rester, proposa-t-il sans grande conviction.
Regulus rigola. Il ne prenait même pas sa proposition au sérieux.
-Je me demande si Sirius s'en sort sans nous. Le procès a déjà dû commencer, rappela-t-il.
-Oui, enfin je pense. Il nous l'aurait dit si ça n'avait pas été le cas.
Le couple échangeait régulièrement des lettres avec l'ancien Gryffondor pour se tenir au courant et également pour lui montrer ce qu'il avait raté en décidant de rester.
-Savoir que vous ne participerez pas au procès me soulage, avoua James.
-Moi aussi, concéda Regulus.
-Ça évite les mauvaises surprises.
Regulus lui jeta un coup d'œil et fronça les sourcils.
-Tu parles de l'intervention de Remus au dernier procès ?
James haussa les épaules, se voulant nonchalant, mais son petit ami voyait clair en lui.
-Tu lui en veux, devina Regulus.
-Je ne devrais pas, mais oui.
James le lâcha et se laissa tomber en arrière.
-On avait besoin de lui et j'ai l'impression qu'il nous a lâché au pire moment.
-Je te trouve dur. Même si vous vous connaissez depuis longtemps, vous n'êtes amis que depuis peu finalement. Et tout le monde ne peut pas défendre Sirius bec et ongle comme toi en toute circonstance.
-Ce n'était pas sa faute, tu le sais très bien. Et c'est lui qui a le plus souffert dans l'histoire.
Regulus ne répondit pas et James lui jeta un coup d'œil, curieux.
-Je pense que c'est pour ça que Remus s'est éloigné.
-Pour ça ?
-Il a dû avoir l'impression d'être la dernière roue du carrosse, de ne pas être considéré. Je ressentais la même chose avant. Comme si je ne comptais pas et que Sirius passerait toujours avant. Il a des sentiments et ce n'est pas parce que tu ne les comprends pas qu'ils ne sont pas légitimes.
-Je n'ai pas dit ça ! se vexa l'ancien Gryffondor.
Il se redressa et lança un caillou dans le lac qui fit quelques ricochets. Des oiseaux s'envolèrent, effrayés.
-Moi, je le comprends. On l'a entraîné dans nos histoires en lui cachant beaucoup de choses alors qu'il n'a jamais douté de nous et a toujours tout fait pour nous aider, soupira Regulus. À la fin, il a dû avoir l'impression que notre relation était unilatérale, qu'on ne lui faisait pas vraiment confiance.
-Ce n'était pas le cas !
-Pourtant, on ne lui a jamais parlé de Padfoot. Avec le recul, je pense qu'on aurait dû. Ça aurait fait du bien à tout le monde, même à Padfoot. Mais c'est trop tard maintenant. Je pense que si on veut que les choses s'arrangent, il faut qu'on s'excuse sincèrement et qu'on arrête de se trouver des excuses sur notre comportement passé. Faire comme si on était irréprochable et comme s'il exagérait n'est pas la solution. Il n'y a pas de méchant dans l'histoire, ni de fautif. En continuant comme ça, on donne l'impression que c'est à lui de revenir s'excuser.
-Ce n'est pas ce que je veux… J'adore Remus et je n'ai pas envie qu'on s'éloigne. Mais c'est lui qui est parti ! Si on va le voir, il ne voudra pas nous répondre.
Regulus sourit. C'était possible mais il n'en était pas certain.
-Padfoot m'a raconté que dans sa réalité, il avait fait quelque chose d'horrible à Remus et aussi à Severus. Remus a mis des mois à lui pardonner et il a presque dû ramper à ses pieds. N'abandonne pas si vite si tu tiens vraiment à lui. Vous vous connaissez depuis moins d'un an. Il pourrait décider que ça n'en vaut pas la peine et qu'il peut passer à autre chose.
-Ne fais pas comme si j'étais le seul fautif, monsieur ! grimaça James. Qui est-ce qui ne voulait rien dire au sujet de Padfoot ?
James rigola en voyant l'air agacé du plus jeune.
Il le taquinait, mais il savait que Regulus avait raison. Dans cette histoire, il s'était surtout mis à la place de son meilleur ami et s'était également laissé submerger par sa propre tristesse. Il avait très peu imaginé ce qu'avait pu ressentir l'ancien Poufsouffle. Il l'admettait, Remus avait été relégué au second plan. Dès le départ, le châtain avait eu du mal à trouver sa place dans leur duo. Regulus était son amoureux alors il avait une place particulière. Que Remus ne se sente pas intégré, qu'il ait l'impression d'être la dernière roue du carrosse à qui on ne disait rien n'était pas étonnant. Il était le dernier arrivé, celui qui avait pensé avoir trouvé sa place et qui se rendait compte que ce n'était pas le cas.
James n'avait pas l'impression d'avoir mal agi. Néanmoins, Regulus avait raison lorsqu'il disait qu'il ne devait pas rester attentiste. Il devait prouver au châtain qu'il comptait pour lui, pour eux tous. Ils étaient un groupe soudé où chacun avait sa place. Ce qu'il s'était passé avec Padfoot ne devait pas tout remettre en question.
-C'est notre dernière soirée ici, on devrait faire quelque chose de spécial, lança James pour se redonner du baume au cœur.
-J'aimerais bien. En rentrant, il faudra qu'on s'organise tout de suite pour la pleine lune. C'est dans quelques jours à présent.
James grogna.
-Ça ira, ne t'inquiète pas, le rassura Regulus.
-Je ne m'inquiète pas. Je sais que ça ira, mais ce n'est pas agréable pour autant.
Regulus lui caressa les cheveux et James soupira de bien-être.
xXx
Lily regarda la page blanche, incapable d'écrire un mot. Elle le savait bien pourtant. Ce n'était pas en la regardant qu'elle allait soudainement se remplir. La rousse ne trouvait pas les mots. Elle avait beau avoir pris sa décision, quelque chose la retenait.
Après que Severus lui ait soufflé l'idée, elle avait décidé d'écrire à Hugo Leroy pour lui demander de l'aide. Elle n'en avait parlé à personne et ne le ferait que si elle obtenait une réponse favorable. Elle savait le français gentil et généreux, mais ce n'était pas un petit service. La rousse ne voulait pas qu'il se sente sous pression et accepte parce que c'était ce qu'on attendait de lui.
Il pouvait refuser et elle ne voulait pas le mettre dans l'embarras. Lily accepterait sa décision et ne la lui reprocherait jamais. Elle le pensait sincèrement.
Mais maintenant restait à lui faire la demande. Ce n'était pas quelque chose qu'elle pouvait demander de but en blanc. Surtout dans une lettre. Cela faisait assez impersonnel. Elle aurait préféré en discuter avec lui, mais elle ne pouvait pas vraiment se rendre en France. Et puis, elle se disait également qu'il serait peut-être plus facile pour l'explorateur de refuser via un courrier.
N'ayant pas d'autre choix que de faire des tentatives, Lily fit un premier essai. Elle n'alla pas au bout et jeta son brouillon. Elle recommença, hésitant sur la formule de départ. Devait-elle se montrer concise et respectueuse ou proche et directe ? La jeune femme était dans un entre deux. Elle connaissait Hugo Leroy et l'appréciait, mais il restait celui qui l'avait préparée au Grand Tournoi de duels. Ils n'étaient pas si proches et elle le connaissait peu.
La rousse passa bien une heure à chercher la bonne formule, la manière de terminer sa lettre. Parlant de l'importance de l'opération avant de se rétracter, pensant que ce serait sans doute trop culpabilisant si elle évoquait les séquelles de l'attaque de Poudlard. N'en pouvant plus et arrivant au bout de sa patience, elle arrêta de se prendre la tête et écrivit quelque chose d'une traite, sans se relire de peur de changer une nouvelle fois d'avis. Elle transmit ensuite la lettre à sa chouette, croisant les doigts pour avoir fait le bon choix.
Elle soupira, se sentant plus légère après avoir sauté le pas. La suite ne lui appartenait pas. Désireuse de se changer les idées, elle alla faire un tour dehors. Elle savait que Severus travaillait dans un café et elle hésita à aller le voir. Mais alors qu'elle se posait la question, elle se mit inconsciemment en chemin. Elle sourit, imaginant un instant Severus avec la tenue réglementaire de garçon de café. Il fallait absolument qu'elle voit ça !
xXx
-C'est chouette de se faire une sortie entre filles, lança Pamela. Le deuxième procès des Black vient juste de commencer et il fait grand bruit. J'ai revu mon avocat récemment et il est toujours motivé pour m'aider.
-Alors ça y est, tu t'es décidée ? demanda Marlene.
-Oui. J'ai envie d'aller au bout de la démarche. J'ai l'impression que je peux vraiment gagner. Et puis, Sirius et Regulus m'ont assez inspiré. Je pense que cette fois, je serai crue et que Nott aura beaucoup plus de mal à refuser l'utilisation du véritasérum.
-C'est génial, je suis de tout cœur avec toi, approuva Marlene.
-Merci.
Les deux jeunes femmes continuèrent de se balader dans les rues de la ville, allant de magasin en magasin. En fin d'après-midi, fatiguées d'avoir autant marché et n'ayant plus que quelques galions en poche, elles s'arrêtèrent dans un café. Elles furent surprises d'y croiser Remus et Severus au service. Elles ignoraient que les deux hommes travaillaient ici.
-Salut, les filles. Qu'est-ce que je vous sers ? leur demanda Remus en s'approchant d'elles.
Marlene regarda encore un instant la carte avant d'opter pour deux boules glacées. La blonde quant à elle se contenta d'un jus de fruits.
-Tu as vu les Black récemment ? en profita pour lui demander Pamela. Est-ce qu'ils s'en sortent avec le deuxième procès qui vient de commencer ?
-Hum, c'est difficile, mais ça ira, répondit le Poufsouffle. Je vous apporte vos commandes dans quelques minutes.
-Remus n'a jamais été un bon menteur, souffla Marlene après son départ. À mon avis, ça ne va pas du tout…
-Ça n'a rien d'étonnant. Les procès sont vraiment très difficiles. Ça t'expose d'une manière que tu n'imagines même pas. Même si les frères Black ne se sont pas portés partie civile, ils restent malgré tout exposés.
-C'est certain.
Pamela observa un instant son amie, ravie d'avoir pu se réconcilier avec elle, de pouvoir de nouveau partager de tels moments ensemble. Elle ignorait pourquoi Marlene était finalement revenue en Grande-Bretagne, mais elle en était heureuse. C'était l'une des premières amies qu'elle s'était faite et elle s'était tout de suite sentie proche d'elle.
-Je m'y prends un peu tard, mais je me dois de te féliciter pour ta très bonne place au classement de Poudlard. Tu as battu de sacrées grosses têtes ! fit soudain Marlene.
Pamela eut un rire gêné.
-Merci. Franchement, je ne sais pas comment j'ai réussi ce miracle. À un moment, j'étais si bien partie que je pensais pouvoir obtenir la première place. Regulus est un puits de science !
-C'est vrai qu'il est très intelligent. Il a surtout une bonne mémoire et aime étudier.
Pamela acquiesça.
-Mais pour être honnête, je pense avoir été favorisée sur certains points...
La blonde se tritura les doigts.
-Les notes seules ne comptaient pas. Il y avait le comportement et d'autres facteurs inconnus. Je pense avoir été jugée avec plus de clémence que mes camarades et que c'était la manière de l'école de s'excuser maladroitement pour avoir failli à me protéger.
-Tu ne devrais pas te dévaloriser, protesta son amie. Ta place, tu ne la dois qu'à tes propres compétences. La preuve, tu as aussi fait le tournoi de duels !
-Ouais... Je suis sûre que j'ai été sélectionnée parce que Dumbledore voulait un représentant pour chaque maison. Regulus était plus fort. Sans parler des Maraudeurs. D'ailleurs, je suis sûre que si j'avais été choisie au détriment du Serpentard, il m'aurait noyée dans le lac.
-Il n'est pas si terrible.
Elles échangèrent un regard plein de sous-entendus avant d'éclater de rire.
-Quand James parle avec lui, il a l'air si adorable ! Mais à vrai dire, il me stresse, plaisanta Marlene.
-Pareil ! confia son amie.
Remus revint avec leur commande et les déposa avant de s'éclipser discrètement. Les deux amies comprirent qu'il était occupé et qu'il n'avait sans doute pas envie d'être de nouveau questionné sur la situation des Black.
-Et si on parlait de toi maintenant ? lança Pamela après avoir bu une gorgée de son jus.
-Il n'y a rien à dire. Je suis une pauvre fille paumée qui cherche ce qu'elle va faire à présent.
Pamela esquissa un sourire.
-Ne sois pas si dure, laisse-toi un peu de temps pour ordonner ta vie.
-Je vais essayer.
-L'Auror pourrait t'y aider, ajouta la blonde, malicieuse.
Marlene rougit et Pamela s'empêcha de crier de joie. Elle avait lancé ça comme une blague, intriguée par l'étrange cohabitation de ces deux-là, et voilà que Marlene rougissait comme une petite fille. Elle était maintenant plus que curieuse.
-Ne me dis pas que…
-Je ne vois pas de quoi tu parles, soupira Marlene qui tentait de retrouver son calme. Maugrey m'héberge juste le temps que je puisse me retourner.
-Mais pourquoi être allée chez lui ? Vous n'étiez pas proches à la base. Pourquoi avoir chercher de l'aide auprès de lui à ton retour ?
-Je n'avais pas tellement le choix. Il était le seul à connaître la vérité à mon sujet. Et la raison de mon retour était avant tout d'aider à arrêter Jedusor. J'étais obligée de l'approcher.
-Obligée, releva la blonde.
-Je sais ce que tu insinues !
Marlene rigola.
-Et donc ? insista Pamela.
L'ancienne Serdaigle se passa une main sur le visage et jeta un regard en coin à son amie.
-Et donc je me suis rendue compte qu'il est plus sympa qu'il n'en a l'air.
Cette révélation donna envie à la blonde de jubiler.
-Il te plait ?
-Je ne sais pas, avoua Marlene. Il ne me laisse pas indifférente et je ne sais pas du tout quoi faire. C'est tellement étrange d'habiter avec lui depuis que je me suis rendue compte qu'il n'est pas qu'un Auror mal luné.
-J'ai du mal à le croire, mais si tu le dis.
Pamela était surprise. Rien que de se retrouver avec Marlene à boire dans un café était pour elle un événement spécial. Malgré ce qu'elle avait fait, la blonde voulait lui donner une seconde chance. Elle sentait l'ancienne Serdaigle sincère et surtout changée. Elle n'oubliait pas le rôle important qu'elle avait joué auprès d'elle après son viol. Un malentendu les avait éloignés et Pamela avait décidé de couper les ponts mais aujourd'hui, avec le recul, elle comprenait qu'elle avait commis une erreur et qu'elle avait rejeté trop vite son aînée.
Tout le monde faisait des erreurs, même si celle de Marlene était trop grave pour être considérée si simplement. Pamela savait qu'elle allait en baver et la jeune femme ne voulait plus l'accabler. Elle pouvait faire de la prison suivant ce que déciderait la justice. Parler de Poudlard, de son amourette avec l'Auror, c'était une manière de lui changer les idées avant de devoir affronter les conséquences de ses actes.
-On dit que ceux qui ont l'air un peu grognon sont souvent les plus tendres, répliqua Pamela.
Marlene esquissa un sourire, se demandant si cela pouvait s'appliquer à Maugrey.
La porte du café s'ouvrit une fois de plus et Pamela agita soudain son bras en voyant Lily entrer.
-Lily ! s'exclama Marlene, surprise de voir son amie.
La jeune femme les regarda avec hésitation avant de se décider à les rejoindre.
-Qu'est-ce que vous faites là ? les interrogea la rousse.
-On s'ennuyait un peu alors on a décidé de prendre l'air. Et toi ? demanda la Serdaigle.
-Je suis venue voir Severus, il travaille ici.
-C'est vrai ? Remus aussi !
Pamela lui indiqua le châtain qu'elle n'avait pas encore vu.
La plus jeune et la rousse discutèrent un instant avant que Remus vienne de nouveau les voir. Lily prit un milkshake et Pamela et Marlene se laissèrent tenter par une gaufre et une sauce caramel pour l'une et un coulis de framboise pour l'autre avec une généreuse portion de chantilly.
Alors que la plus jeune dégustait avec appétit sa gaufre, elle remarqua la tension qui régnait entre les deux autres jeunes femmes. Avec le temps, elle espérait que Lily tout comme Dorcas pourraient pardonner leur amie. Elle savait qu'elles le désiraient, mais c'était compliqué. Elles avaient été cruellement marquées par l'attaque de Poudlard.
Peut-être qu'une fois que Marlene serait jugée, leur relation pourrait être plus apaisée. C'est sympa de se retrouver et de profiter des vacances ensemble, lança Pamela.
Lily sourit.
-Oui.
-Je ne pensais pas ça de nouveau possible. Ça me fait d'autant plus regretter d'être partie, confia Marlene.
-Tu ne devrais pas ressasser le passé. Pense plutôt à la façon dont tu envisages l'avenir. Ça va aller, lança Lily.
-Je vais tâcher d'y arriver. Je ne veux plus avoir de regrets.
Pamela sourit. Marlene n'était pas la seule à ne plus vouloir vivre ainsi.
xXx
Depuis ce qu'il s'était passé quelques jours plus tôt, Remus et Sirius avaient trouvé comment cohabiter. Cela ne durait que quelques heures, mais cela allait parfaitement à l'ancien Gryffondor. Le châtain arrivait tôt le matin et préparait un petit déjeuner le temps que Sirius se réveille. Ils mangeaient ensemble, parlaient, faisaient des jeux de société ou tentaient de s'occuper du jardin. Puis en début d'après-midi, Remus partait pour son travail et alors Sirius tentait de s'occuper. Il appréhendait de recevoir un autre appel de son avocat et les mauvaises nouvelles qui iraient probablement avec. Pour ne pas broyer du noir ou se monter la tête avec des scénarios catastrophes, il sortait. Il était déjà parti rendre visite à Frank et à Lily, mais parce que ses amis arrivaient à voir quand ça n'allait pas, il ne s'attardait jamais.
Au début, Remus semblait marcher sur des œufs avec lui. Il faisait attention à ce qu'il disait, à lui laisser de l'espace et il était même allé jusqu'à lui proposer de se changer en puma. Ce que Sirius avait refusé. Cela aurait rendu la situation encore plus étrange et mis en évidence le fait qu'il était encore fragile. Et il détestait ça. Remus avait fait un pas vers lui pour tenter de retrouver une relation saine. C'est ce que désirait également Sirius.
C'était à la fois angoissant et excitant. Plusieurs semaines auparavant, juste après le départ de Padfoot, James et lui avaient eu une discussion concernant ses sentiments pour Remus. Dans la salle de bain, Remus lui avait déclaré que comme ni l'un ni l'autre n'avait en vérité mis fin à leur couple, ils étaient techniquement toujours ensemble. Il n'avait pas tort, mais les choses étaient bien plus compliquées que ça. Et c'était bien pour cette raison que le châtain avait proposé de tout mettre de côté, de juste se reparler, se rapprocher, redevenir amis. Quand les choses seraient complètement apaisées, ils pourraient discuter de ce qu'ils voulaient être.
Sirius avait sincèrement envie de faire les choses bien mais tout était si compliqué dans sa vie pour l'instant. Il craignait de faire attendre Remus beaucoup trop longtemps. Depuis qu'il s'était enfin confié à sa psy, il avait l'impression d'avoir fait un grand pas en avant. Pour autant, il savait que tous ses progrès pouvaient être détruits par de simples mots de Walburga. Si elle parlait de ce qu'il avait vécu au Square Grimaurd, Sirius ne voyait pas comment il pourrait supporter de savoir que son secret n'en était plus un. Ce procès, contrairement au précédent, était à huis clos. Malgré tout, il y avait des résumés fréquents dans les journaux et ce genre d'informations ne resterait jamais caché.
De plus, aussi injuste que cela puisse être, Sirius n'avait aucun pouvoir de décision. S'étant volontairement éloigné du procès et n'étant même pas partie civile, il ne pouvait pas décider d'un quelconque arrangement avec la partie adverse. Le bureau des Aurors et le procureur étaient les seuls à pouvoir décider de la marche à suivre. Et ils avaient décidé de ne pas passer d'arrangement avec Walburga Black. Sirius en avait été dévasté, mais également un peu soulagé. Car il le savait, si le choix lui avait appartenu, il n'aurait jamais pris cette décision. Par lâcheté, il aurait offert une porte de sortie à sa vilaine mère. Alors il essayait de se dire que c'était pour le mieux sans vraiment réussir à y croire.
Sa psy le lui avait dit un nombre incalculable de fois : il ne devait pas parasiter son cerveau avec des pensées sur lesquelles il ne pouvait agir. Concrètement, la seule chose sur laquelle il avait une emprise était la manière dont il gérerait la suite. Angoisser avant était inutile. Il savait qu'il allait souffrir. Son problème était de savoir comment faire pour ne pas en sortir complètement bousiller. Il repensait alors à la suggestion de sa psy : adopter un animal en tant que soutien émotionnel et psychologique. Ce n'était pas courant. La plupart des sorciers avaient un animal magique qu'ils adoptaient à leur entrée à Poudlard et même si ces animaux étaient aimés, ils étaient plus vus comme des animaux de fonction.
Tous ces trucs d'animaux de compagnie, de soutien émotionnel n'étaient pas trop dans la culture sorcière. De ce fait, Sirius pensait qu'il aurait du mal à trouver une structure adaptée ou simplement une animalerie qui proposerait des animaux à adopter autres que des hiboux et oiseaux en tout genre, ou encore les animaux qu'il voyait habituellement à Poudlard. Sirius avait ainsi déjà vu un élève avec un chat, mais ce n'était pas son animal préféré.
Se trouvant à court d'idées et d'options, il avait écrit à sa psy qui lui avait envoyé plusieurs catalogues. Cela faisait un moment qui les feuilletait, indécis. C'était compliqué de faire un choix. Il avisa soudain l'heure. Le déjeuner était largement passé. Sirius avait faim et voulait préparer un repas pour son frère et son meilleur ami qui n'allaient pas tarder à rentrer. Il ne savait pas faire grand-chose, mais il était tout de même capable de réchauffer les plats qu'avait faits l'elfe de maison.
Il était heureux du retour du couple. Sans eux, il s'était ennuyé et si Remus n'avait pas été là, cela aurait été bien pire.
xXx
-C'est nous ! cria James depuis l'entrée.
Il resta plusieurs secondes sans bouger, s'attendant probablement à ce que Sirius accoure pour le saluer. Regulus le poussa pour pouvoir passer et déposer ses affaires dans sa chambre. En chemin, il tomba sur son frère qui revenait du jardin.
-Vous êtes pile à l'heure. Comme il fait beau, j'ai mis la table dehors ! Ça va être génial de manger en écoutant les oiseaux chanter et voir ton teint de porcelaine cramer lentement. Oh, fit-il en se penchant vers lui. Ça a déjà commencé, plaisanta-t-il.
-Je ne savais pas qu'à notre départ, tu t'étais transformé en la parfaite ménagère, répliqua froidement Regulus.
Les frères Black communiquaient toujours ainsi, c'était leur manière de se dire qu'ils s'étaient manqués.
Au loin, James, qui avait été attiré par leur discussion, arrivait.
-Ne vous dites pas des mots d'amour en secret, je déteste manquer ça, rigola-t-il.
Les deux Maraudeurs se tombèrent dans les bras. Regulus trouvait leur démonstration d'affection affligeante. Ils en faisaient toujours trop. Ils avaient été séparés 5 malheureux jours et faisaient comme si cela avait duré des mois.
-J'espère que vous avez faim, moi oui. Vous rangerez vos affaires plus tard, on passe à table tout de suite !
-On a mangé rapidement avant de venir mais je ne dis pas non à un repas un peu plus copieux. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai une faim de loup !
Regulus trouvait rarement les blagues de James drôles, mais Sirius était bon public. Alors que les deux amis continuaient à rire bêtement, le Serpentard s'éclipsa pour aller déposer ses affaires. Le voyage l'avait épuisé et il avait envie d'un bain. D'un coup de baguette magique, il rangea ses affaires. Cela lui prit 5 minutes et il se demanda s'il avait le temps de prendre un bain avant que son frère et son copain ne s'impatientent. Regulus s'installa sur son lit et soupira.
Il avait été inquiet pour son frère tout le long de ses vacances mais il était bien obligé de constater que Sirius n'avait pas menti. S'il n'allait pas bien, il arrivait à faire face. Cela le rassurait assez. Lui-même considérait que le procès pour maltraitance était derrière lui.
À présent qu'il était rentré, il ne voulait voir que le positif, le verre à moitié plein, et se concentrer sur l'avenir et non plus sur le passé et toutes ces choses qui l'avaient fait souffrir. Le Serpentard eut un énorme sourire en repensant à sa prochaine excursion dans le village des Vélas. Il lui faudrait d'ailleurs bientôt acheter ses fournitures ainsi que de nouveaux vêtements. Il demanderait à James de l'accompagner, cela lui ferait du bien d'avoir de nouveaux vêtements histoire de ressembler enfin à quelque chose. Le pauvre lion n'avait aucun style vestimentaire et Regulus était certain que le brun ne savait même pas quelle taille il faisait…
-Reg ! l'appela Sirius depuis le rez-de-chaussée.
Regulus lui répondit qu'il arrivait avant de se dépêcher de les rejoindre. La table était joliment mise et la nourriture dégageait une odeur appétissante. James et lui n'avaient fait que des restaurants durant leurs vacances et manger à la maison avait aussi du bon. Celui de pouvoir prendre son temps, de manger comme on en avait envie et également de faire quelques économies.
-James m'a raconté combien c'était génial et tout ce que j'ai raté.
-Tu aurais tellement dû venir ! soupira une fois de plus le Maraudeur.
-Tu dis ça, mais si j'étais venu vous n'auriez pas profité de la même manière. Des vacances en couple, ça n'a rien à voir avec des vacances entre amis.
Regulus ne pouvait pas lui donner tort. James et lui avaient eu très peu de temps ces derniers mois. L'avoir pour lui tout seul pendant des jours avait été génial, et comme James ne disait rien, il devait consentir.
-J'ai un truc à vous dire, commença Sirius. À vrai dire, j'ai plusieurs annonces à faire.
-Des mauvaises nouvelles ? s'inquiéta James.
Regulus fronça les sourcils, se demandant ce que cela pouvait être pour que son frère ait choisi d'attendre leur retour pour leur faire son annonce.
-Non, enfin pas toutes. Il n'y a rien que vous puissiez faire, mais je tiens à ce que vous soyez au courant.
-Tu fais trop durer le suspense. Je commence à avoir mal au ventre, s'impatienta James.
-Arrête de l'interrompre, s'agaça Regulus. Comment veux-tu qu'il aille au bout si tu lui coupes constamment la parole !
Regulus croisa les bras et se mordilla les lèvres. Il était nerveux.
-Je me fais engueuler à cause de toi, chuchota James.
Sirius étouffa un rire avant de reprendre son sérieux. Tout comme James qui ne se sentait pas très bien, lui aussi commençait à avoir mal au ventre.
-J'ai eu des nouvelles de Maître Simon un peu après votre départ.
-C'est par rapport au procès pour meurtre qui vient de commencer ? demanda James.
Sirius acquiesça. Regulus avait un mauvais pressentiment.
-Walburga…
Sirius était fébrile. Il baissa la tête, se soustrayant momentanément à leurs regards.
-Elle a tenté un dernier coup pour échapper à la prison. Elle a demandé à négocier dans le but d'avoir une peine moins lourde. Elle pensait qu'elle aurait plus de chance en passant par moi, comme si j'avais un quelconque pouvoir, fit-il, amer. Je pense qu'elle voulait me faire souffrir, une fois de plus.
-Je ne comprends pas, avança Regulus. Qu'a-t-elle à proposer en échange qui pourrait alléger sa peine ? Les charges sont lourdes et les preuves nombreuses. Le bureau et le procureur n'ont pas besoin de passer un marché dans cette affaire.
-Elle propose de ne pas évoquer ce qu'il s'est passé avec ce moldu… les attouchements et le reste.
C'était la première fois que Sirius parlait clairement de ce qu'il avait subi, qu'il mettait des mots sur ce qu'il s'était passé.
-Elle pense pouvoir avoir une peine moins lourde si elle arrive à faire croire qu'elle l'a tué pour me protéger.
-C'est complètement faux ! s'insurgea James. Elle a été condamnée pour maltraitance, personne ne va croire qu'elle a vr-
-Je pense qu'elle le sait. Ce n'est pas logique, mais elle tente sa chance. De toute façon, son chantage est inutile. Le bureau et le procureur ont refusé sa proposition.
-Ça veut dire qu'elle va…
Regulus n'osa pas terminer sa phrase. Il était chaque jour un peu plus déçu par cette femme.
-Maître Simon a dit qu'il allait me tenir au courant. Ça fait deux jours depuis le début du procès, elle ne devrait pas tarder à le faire.
Sirius se racla la gorge et fit attention à arborer un visage plus serein.
-Enfin, quand je l'ai appris, ça a été vraiment un choc. J'ai fait une crise d'angoisse, j'étais vraiment minable. C'est Remus qui m'a aidé. Je ne sais pas ce qu'il faisait là, mais le hasard a bien fait les choses sur ce coup-ci.
Regulus était surpris et échangea un regard avec James. Il n'avait pas eu tort. Une fois de plus, Remus avait été là pour eux et cela renforçait son impression qu'ils n'avaient pas été à la hauteur avec lui. Le Serpentard n'avait pas pensé que le Poufsouffle mettrait si vite de côté ses propres rancunes et ses questionnements pour faire un premier pas vers eux. Il était heureux qu'il ait été là pour son frère.
-Je crois qu'on est en train de se rabibocher. C'est cool, même si du coup, il se rend compte à quel point je suis nul en tâche manuelle, tenta-t-il de plaisanter.
Sirius se racla la gorge.
-Il m'a aidé à tenir jusqu'à ce que je vois ma psy. Lors d'une séance, elle a évoqué le fait d'adopter un animal de soutien émotionnel. Je n'ai plus mon rapace et je me dis pourquoi pas, tenta-t-il de se justifier maladroitement.
Regulus écarquilla les yeux et se leva. Il ouvrit la bouche, mais fut incapable de dire quoi que ce soit.
-On va avoir un Kudroc ! s'extasia-t-il finalement en oubliant tout ce qui s'était dit avant.
James tenta de ne pas rire.
-Je pensais plutôt à un chien, rectifia son frère.
Le Serpentard était aux anges. Il s'imaginait déjà avec un petit être dont il devrait prendre soin si bien qu'il ne fit plus attention au reste de la discussion.
-Ça y est, on l'a perdu ! rigola James. Heureusement que tu n'as pas commencé par ça.
-Il me désespère, soupira Sirius. Impossible d'avoir une conversation sérieuse avec lui…
-Je t'entends et j'ai le droit d'être content ! Tu l'as dit toi-même, on ne peut rien faire dans cette situation alors je pense au positif pour ne pas me laisser envahir par la colère. Tu serais dans le même état si tu savais ce qu'est un Kudroc !
-Tu es probablement la seule personne à savoir ce qu'est cette bestiole, répondit Sirius.
-Hugo le sait, se défendit Regulus.
Le Serpentard grogna devant l'expression moqueuse des Maraudeurs. Le français ne comptait pas, c'était littéralement son métier de le savoir.
xXx
Maître Simon se sentait soulagé comme il l'avait rarement été dans sa vie. Le chantage de Walburga et le fait qu'il ne puisse rien faire pour la contrer avait été un échec pour lui. Il avait suivi l'affaire de très près, appréhendant le jour, le moment, où la sorcière déciderait de mettre ses menaces à exécution.
Son rôle était différent de celui qu'il avait occupé lors du procès Black contre Black. Ils étaient 2 avocats à travailler sur cette affaire plus le procureur. Il n'était pas l'avocat principal et n'avait pas eu son mot à dire quant à la décision des Aurors. Cela l'avait à la fois vexé et agacé dans un premier temps. Après tout, il avait été celui qui avait dû prévenir Sirius, affronter sa tristesse et sa détresse.
Cela avait été d'autant plus frustrant que l'avocat savait que le bureau avait pris la bonne décision. Ce n'était pas facile à assumer auprès de Sirius. L'ancien Gryffondor n'avait jamais montré devant lui qu'il était atteint, mais Maître Simon n'était pas sans savoir qu'au fond de lui, il était détruit. Et il n'avait rien pu faire d'autre que le laisser gérer lui-même et se préparer au raz de marée qui viendrait forcément.
Mais les jours avaient défilé et rien ne s'était passé. La veille, Walburga et son avocat avaient tenté de négocier une fois de plus. Le procès s'annonçait mal pour eux et l'opinion publique était sévère. Cette négociation était leur ultime tentative pour tenter de s'en sortir sans trop de casse. Maître Simon avait du mal à suivre leur stratégie et il n'était pas le seul. Il avait longtemps pensé qu'au bout du compte, ce n'était peut-être qu'une tactique pour les déstabiliser, leur faire perdre du temps.
Puis ce matin, un appel avait tout changé et l'avocat commençait enfin à comprendre Walburga Black. Il ne lui restait plus qu'à apprendre la nouvelle à Sirius, lui qui vivait depuis plusieurs jours dans l'angoisse d'un évènement qui n'arrivait pas. Il était temps de mettre fin à son stress et lui permettre de respirer de nouveau, de vivre et de penser à autre chose qu'au procès.
Il frappa et un elfe de maison lui ouvrit. Il fut d'abord surpris de voir l'elfe en tablier, visiblement en plein ménage. Celui-ci le fit entrer avant de l'annoncer. Une fois sa tâche accomplie, l'elfe retourna à ses obligations.
-Maître Simon, l'accueillit Regulus Black.
-Bonjour, Regulus. Je ne savais pas que vous seriez là, fit-il, surpris.
-Je suis revenu de vacances hier, lui apprit-il. Vous aviez rendez-vous avec mon frère ?
-Non, ce n'était pas prévu. Mais il y a du nouveau dans l'affaire dont on avait discuté récemment.
-C'est à propos du chantage de Walburga, comprit-il.
Maître Simon resta silencieux. Sirius semblait avoir informé son frère de toute l'histoire. Cependant, il ne pouvait pour autant lui donner des éléments avant d'avoir confirmé avec le brun qu'il était d'accord pour que son frère assiste à la discussion.
-Sirius est-il là ? demanda-t-il quand il remarqua que Regulus ne faisait aucun geste.
-Oui, il est dans le jardin. Suivez-moi.
Ils se dirigèrent vers le jardin où Sirius et James se prélassaient sur des transats. Ils furent étonnés de voir l'avocat et alors qu'à son arrivée, Sirius paraissait serein et souriant, à présent, il transpirait le stress et la peur. Il tentait tant bien que mal de le cacher, mais Maître Simon était habitué à côtoyer des gens qui faisaient semblant, qui tentaient de se montrer fort ou de cacher la vérité. Son ami, l'héritier Potter, ne semblait pas dans un meilleur état. Il fit néanmoins peu attention à lui, surtout qu'il sembla se calmer lorsque Regulus vint lui prendre la main.
-Bonjour, Sirius. Walburga Black et son avocat ont fait leur choix. Voulez-vous en discuter ici ou y a-t-il un endroit plus calme où nous pourrons en parler ?
Sirius sembla hésiter et il jeta un coup d'œil à son frère et à son ami puis prit sa décision.
-Non, c'est bon, on peut en parler devant eux. Asseyez-vous, l'invita-t-il.
Il s'empressa de prendre une chaise pour l'avocat.
-Ne vous embêtez pas, je ne reste pas longtemps. Écoutez, je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps, je vois bien que vous êtes tous angoissés.
-Ils vont le faire bientôt ? Walburga compte dire demain combien elle est une mère géniale qui a juste essayé de me sauver ? devina Sirius.
-Non, Sirius. Je pense qu'elle a compris qu'elle ne pouvait pas gagner et tente de sauver ce qui peut l'être.
-C'est-à-dire ? demanda Regulus. Ce n'était pas justement ce qu'elle tentait de faire en passant un accord ?
-Il s'avère que c'était un coup de bluff. Au vu des nouveaux éléments et de la dernière discussion avec la partie adverse, on peut en conclure que Walburga n'a jamais eu l'intention d'aller au bout de sa démarche.
Sirius eut un petit rire incontrôlable que l'avocat eut du mal à décrypter. Probablement les nerfs qui lâchaient.
-Depuis le début, son angle de défense n'était pas solide. Défendre sa version des faits comme quoi elle aurait tué cet homme pour défendre son enfant en aurait sans doute ému certains, peut-être dans le meilleur des cas obligé le juge à ne pas demander la perpétuité. Mais mon confrère et moi aurions pu démontrer avec une facilité déconcertante que c'était faux. Surtout avec le procès pour maltraitance qu'elle a perdu il y a tout juste quelques jours. De plus, les chances pour que le juge se montre plus clément sont extrêmement minces.
-Et elle aurait juste changé d'avis comme ça ? Parce qu'elle n'avait pratiquement aucune chance ? J'ai du mal à croire qu'elle n'a pas un plan de secours, lâcha Regulus.
-Ou juste balancer sa bombe parce qu'elle s'en fiche de faire souffrir ses enfants, ajouta James.
-J'avoue que je suis plutôt d'accord sur ce point, soupira Sirius.
Maître Simon se racla la gorge. Ce qu'il allait dire ne serait pas facile à entendre. Il ne savait pas si ça ne ferait pas plus de mal aux enfants Black, mais il ne voulait et ne devait rien leur cacher pour qu'ils puissent ensuite se reconstruire après cette sombre affaire.
-Lors du dernier rendez-vous avec Walburga Black, elle s'est justifiée d'une étrange manière. J'ignore si c'est vrai mais pour elle, c'est sans doute le cas.
-Qu'a-t-elle dit ? fit Sirius, curieux.
À présent qu'il savait qu'il n'allait pas voir sa vie et ses traumatismes exposés dans la presse, un énorme poids avait quitté ses épaules. Mais l'avocat voyait que malgré la révélation, il restait sur ses gardes, comme s'il n'avait pas totalement confiance en sa génitrice.
-De ses propres mots, même si elle sait avoir fauté, elle ne pense pas s'être complètement trompée. Mais surtout, malgré ce que beaucoup pensent, elle aime ses enfants et c'est pour cette raison que pour une fois, elle se décide à bien agir envers vous, Sirius.
Sirius n'eut aucune réaction. Regulus semblait quant à lui perturbé et James voulait exprimer sa colère quant au bon rôle que tentait de se donner Walburga. Maître Simon le voyait, Sirius, après tout le mal qui lui avait été fait, surtout de la part de sa propre famille, ne croyait plus un mot de ce que celle-ci pouvait dire.
À présent, il ne restait qu'à espérer qu'ils aient enfin la paix. La nouvelle qui était tombée si brutalement mettrait du temps à être assimilée.
Les frères Black et James Potter remercièrent l'avocat avant de le raccompagner à l'entrée.
L'avocat retourna ensuite à son bureau. Il devait travailler et revoir ses arguments ainsi que les derniers éléments que le bureau des Aurors voulait aborder lors du procès du lendemain. Si les Black pouvaient enfin se détacher de cette affaire, ce n'était pas le cas de l'avocat.
xXx
-Je viens de recevoir les chaînes que j'avais commandées au magasin.
James les sortit du carton et les montra aux frères Black. Sirius les toucha et testa leur solidité.
-Elles sont superbes.
-Géniales, tu veux dire. Elles font 2m50 de long et sont faciles d'installation. Elles ne laissent pas de marque et dégage une odeur fruitée lors de l'utilisation.
-Le vendeur a dû te regarder bizarrement quand tu les as choisies.
-Pas tant que ça, rigola James. Une fois enchantées, elles seront incassables et parfaitement adéquates à être utilisées lors de la pleine lune. Tu en penses quoi, Regulus ?
James s'approcha de lui. Jusqu'à présent, il avait tenté d'ignorer leur conversation en lisant un livre. L'ancien Gryffondor lui montra les fameuses chaînes comme si c'était l'objet le plus tendance du moment.
-Je n'ai pas envie de voir ça, soupira le plus jeune.
-C'est bizarre, je croyais que c'était le fantasme n°1 des sorciers de voir leur partenaire enchaîné ou entravé, s'amusa Sirius.
Il tentait par une blague grivoise de détendre son frère et de dédramatiser le sujet. Il comprenait que cela faisait quelque chose à Regulus de voir son copain, enchainé et attaché pour la pleine lune. Mais c'était nécessaire alors il devait faire avec et tenter de voir ça du bon coter. C'était le souhait de James, mais surtout c'était autant de précaution nécessaire pour que la pleine lune se passe sans encombre.
Mais James qui était toujours très heureux de converser sur le sujet, enchaina habilement. Pensant sans doute à tort que Sirius était sérieux et que c'était le moment idéal pour avoir cette discussion.
-Non, c'est le 2ème. Ça s'appelle l'art du bondage. Visuellement, c'est très beau et très excitant. Le 1er, c'est le déguisement. Bien entendu, ceux d'infirmières ou de policiers sont les plus prisés.
James sourit, heureux de constater que son ami lisait son magazine.
-Tu te tiens informé à ce que je vois.
-Bien entendu. C'est très instructif. Ça manque d'image, mais c'est sympa.
Les deux amis rigolèrent et James dut se rappeler qu'ils parlaient de la pleine lune, un sujet important.
-Tu penses que ce n'est pas une bonne idée ? Que les chaînes ne tiendront pas ? s'inquiéta le lycanthrope.
-Ce n'est pas ça.
Regulus soupira.
-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. J'ai discuté avec la spécialiste des loups-garous et elle dit que ce genre de méthodes ne marche pas. Pire que ça, ça attise la colère du loup.
-Bon, comme je sens que la suite ne va pas me plaire, je préfère vous laisser vous engueuler sans moi.
En partant, Sirius posa sa main sur l'épaule de son ami.
-Il est hors de question qu'il nous refasse le même coup que la dernière fois, lui chuchota-t-il.
Le maraudeur était bien de cet avis, mais il savait que le Serpentard était têtu et qu'il serait difficile de le faire changer d'avis. Comme il sentait que la conversation allait être longue, il s'installa avec Regulus. Ils durent se serrer pour tenir à deux sur le fauteuil et Regulus se plaignit qu'il était lourd, mais James choisit de l'ignorer.
-Je sais que tu essaies de bien faire et que cette femme en connait un rayon, en tout cas plus que moi, c'est sûr. Mais je ne vois pas comment il serait possible de passer la pleine lune autrement qu'enchainé.
-Le plus sûr est de s'isoler mais ce n'est pas suffisant, loin de là, approuva Regulus.
-Et donc ? souffla James.
-Avec un ancrage, tu ne serais plus sujet à l'autodestruction et à tes instincts primaires.
James plongea son regard dans celui de son petit-ami. Il craignait de comprendre l'idée de son petit ami.
-La dernière fois, tu ne m'as pas attaqué, rappela le Serpentard.
-Ça ne veut pas dire que tu es mon ancre. Ni que cette histoire d'ancre marche.
-Moi, je lui fais confiance et j'aimerais que toi, tu aies confiance en moi.
James n'ajouta rien. C'était compliqué d'aborder ce sujet avec Regulus. Il savait que le Serpentard ne pensait qu'à son bien mais il était impossible pour lui d'imaginer son petit ami sans défense face à la bête sanguinaire qu'il était. S'il lui faisait du mal, il n'en aurait aucune conscience et rien ne pourrait l'arrêter. Comment pourrait-il continuer à vivre en sachant qu'il l'avait transformé ou même tué ?
Sirius avait lâchement fui la conversation et James aurait aimé éviter le sujet lui aussi.
-Je vois bien que tu n'es pas d'accord mais j'ai sérieusement réfléchi, je me suis renseigné. On ne sait pas grand-chose sur les loups-garous. Tu vas vivre le restant de tes jours ainsi alors il est normal de trouver comment faire en sorte que la suite soit la moins pénible possible. Tu n'as pas envie d'arrêter de souffrir, d'appréhender et de ne pas savoir ce que tu fais ou pourrait faire lors de ces nuits ?
-Si, bien sûr, contra James.
-Erd m'a envoyé une lettre. Lui et la spécialiste sont arrivés dans un des villages de loups-garous il y a deux jours. Il est content, il s'y sent bien et dit qu'on l'aide à comprendre ce qu'il est. Peut-être qu'on devrait faire de même.
-Se rendre dans un village de loups-garous ?
James ne savait pas quoi en penser. Regulus avait raison en disant que c'était l'une des seules manières d'en apprendre plus sur ce qu'il était mais avant qu'ils n'en parlent, James n'y avait jamais pensé.
-Il faudra en reparler mais quoi qu'il en soit, pour cette fois, je mettrais ces chaînes, Regulus, décida James.
Il se tortilla sur le fauteuil et caressa les cheveux du plus jeune. Regulus était adorable quand il faisait la moue.
-Mais je veux bien tenter de voir comment je réagirais en ta présence. Il faudra que Sirius soit d'accord. Remus et Sirius doivent aussi être présents sous leur forme d'animagus pour pallier tout danger.
-Je suis majeur, Sirius n'a pas à décider pour moi, maugréa Regulus. Mais j'accepte tes conditions.
James sourit.
-Tu es tellement sexy quand tu te montres autoritaire !
James avait besoin de terminer cette conversation sérieuse par une boutade pour que la tension redescende. Ne voulant pas continuer à débattre avec lui, Regulus ne renchérit pas. Il laissa James le cajoler et cela fit du bien à l'ancien Gryffondor. Il stressait déjà et se demandait combien de temps il lui faudrait pour regretter sa décision.
-Comme ce sont tes conditions, c'est à toi d'en parler à Sirius et à Remus. En plus, ça tombe bien, tu dois avoir une conversation avec Remus.
James grogna. Voilà qu'il regrettait déjà. Il ne savait pas ce qu'il redoutait le plus, sa conversation avec son meilleur ami ou l'ancien Poufsouffle.
-Et pour le village de loups-garous ? enchaîna le plus jeune.
-Une chose à la fois...
Il s'amusa de l'agacement de Regulus qui se retenait d'insister. Il avait déjà réussi à lui faire accepter sa présence, il ne devait pas trop le bousculer non plus. James se pelotonna contre lui et soupira d'aise. Regulus sentait bon et cette situation le rendait nostalgique de leur parenthèse à deux durant les vacances.
Regulus déposa un baiser dans son cou et le laissa profiter quelques instants. C'était rare de la part du Serpentard d'initier les moments de tendresse. Lorsque cela arrivait, cela perturbait et excitait le Maraudeur. Avec la pleine lune qui arrivait, ses sentiments étaient amplifiés. D'ailleurs, ce n'était pas la seule chose. Sa libido s'en retrouvait décuplée et ces derniers jours, il avait tout le temps envie de Regulus. Il suffisait qu'il sente son odeur, qu'il le voie, qu'il le touche pour que les braises de son désir s'embrasent.
Se laissant aller et profitant de leur proximité, James passa sa main sur la taille du plus jeune. Il tourna son visage vers lui et l'embrassa.
-James… On n'a pas fini de parler.
-Je vais y réfléchir, souffla-t-il. On en reparle après la pleine lune ?
Regulus acquiesça, conscient qu'il en avait déjà obtenu beaucoup.
James était heureux d'avoir expédié les sujets de conversation fâcheux. Il allait pouvoir se concentrer sur l'essentiel qui demandait la totalité de son attention. Il prit ainsi le Serpentard dans ses bras et passa une de ses mains sous son haut. Il caressa son ventre plat et sourit en le sentant frémir. De son autre main, il lui empoigna les fesses avec impatience.
-J'ai envie de toi.
Regulus le repoussa fermement.
-Sirius pourrait débarquer à n'importe quel moment, rappela le plus jeune. Et avant, j'ai un chapitre très intéressant à finir.
James soupira.
-Tu me tortures…
Le plus jeune s'amusa de son ton plaintif.
-Si tu te montres patient, je saurais te récompenser, lança-t-il.
James sourit. Regulus aimait tout contrôler. C'était lui qui décidait de beaucoup de choses dans leur couple mais il ne s'en plaignait pas. Il savait que c'était sa manière de gérer sa vie en général et qu'il en avait besoin pour ne pas se faire broyer par ses différents traumatismes. James espérait néanmoins qu'un jour, Regulus lui laisse totalement les rênes.
Il patienterait jusqu'au soir et câlinerait de tout son saoul son petit-ami en attendant.
-Comment tu me récompenseras précisément ? le titilla-t-il.
Regulus haussa un sourcil puis lui jeta un bref regard avant de tourner la page de son roman.
-Avec Sirius, on parlait des fantasmes tout à l'heure. Personnellement, j'aime beaucoup l'idée d'avoir les yeux bandés. On dit que quand on est privé d'un sens, les autres sont démultipliés, continua James.
-Tu m'empêches de me concentrer.
La voix de Regulus était plus rauque.
-Tu es un démon.
-Il n'y a pas de raison que je sois le seul à être impatient, ricana James.
xXx
-Barty ? s'étonna Regulus.
-Tu n'es pas content de me voir ? lança le Serpentard.
Regulus n'en savait rien. Il était trop surpris pour penser à ce que pouvait lui provoquer la présence de son ami. Ils n'avaient échangé que peu de nouvelles depuis le début des vacances. Regulus avait été pas mal occupé, que ce soit à cause du cas Padfoot, de l'arrestation de Jedusor et de la mort des Potter ou encore le procès. Puis il était parti en vacances avec son amoureux et n'avait pas pensé à savoir ce que faisait Barty de son temps libre. Le temps avait passé si vite et lentement à la fois.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je peux entrer ? demanda Barty en même temps.
Regulus leva les yeux au ciel avant de s'écarter pour le laisser passer.
-C'est joli ici. Rien d'étonnant. En plus d'avoir de l'argent, les Potter avaient du goût. J'ai lu que les obsèques avaient été formidables et émouvantes. Oh, James est là ? Je dois sans doute lui présenter mes condoléances.
-Il n'est pas là. Sirius et lui sont sortis, se contenta-t-il de dire.
Regulus attendit que Barty continue de parler, qu'il lui dise même la raison de sa présence, mais rien. L'adolescent le regardait fixement en souriant, attendant visiblement quelque chose. Regulus se retint à grande peine de lever à nouveau les yeux au ciel et s'en alla vers la cuisine. Il prépara du thé et retourna dans le séjour. Barty était assis sur un des canapés et lisait le roman que Regulus avait commencé en début de semaine.
Il lui laissa une tasse de thé sur la table basse et s'assit sur le fauteuil à côté. Puis il attendit.
-Tu as eu une dure semaine si j'en crois les journaux, lança Barty.
-C'est exact.
-Mais ça valait le coup, non ?
Regulus pensa à ses parents qui bientôt iraient en prison. Cela le rendait-il heureux ? Pas vraiment. Mais il était satisfait de savoir qu'ils avaient été jugés et qu'à présent, ils devaient faire face aux conséquences de leurs actes. Ce que ressentait Regulus n'était pas de la joie, mais du soulagement. Cette condamnation était comme si un chemin s'était dégagé, lui permettant clairement d'y voir plus clair sur ses désirs, son avenir.
-Je peux savoir pourquoi tu es venu aujourd'hui ?
Regulus connaissait bien son ami, il n'avait pas dû faire ce choix par hasard. Barty était très rusé et s'arrangeait constamment pour avoir un coup d'avance. Même s'il ne doutait pas de son amitié et de sa sincérité quand il disait venir prendre des nouvelles, il aurait très bien pu le faire avant. S'il venait seulement aujourd'hui, c'était bien pour une raison en particulier.
-J'ai une vie, tu sais, j'étais occupé.
Regulus haussa un sourcil.
-Pendant plusieurs semaines ?
Barty sourit et Regulus croisa les bras. Il savait comment cela sonnait et pourquoi cela amusait le plus jeune. Il était curieux, mais ça amusait Barty de penser qu'il était jaloux ou énervé qu'il n'ait pas toute son attention. Tous deux savaient que c'était faux, ce n'était pas le genre de Regulus. Ce dernier n'avait pas envie de s'embêter à le détromper pour autant, cela allait juste donner plus de matière à son ami pour l'embêter. Regulus et Barty s'entendaient un peu comme chien et chat, le plus jeune adorant embêter son aîné.
-J'étais en stage au ministère.
Regulus eut du mal à y croire.
-Au ministère ? À quel service ?
-Un truc sans importance. Mais c'était quand même super, j'ai pu voir comment ça se passe. Il y a beaucoup de maillons, de pions souvent invisibles, utiles pour gérer tout un pays.
Des étoiles dans les yeux, Barty lui parla de ses tâches, des personnalités qu'il avait pu apercevoir. Il avait également eu la chance d'assister à quelques réunions et de pouvoir filer un coup de main au service communication lors de l'arrestation de Jedusor. Il en était certain, il avait trouvé sa voie et ce stage n'était que son premier pas dans ce monde cruel. C'était son père qui avait fait travailler ses relations pour le lui obtenir.
Regulus était impressionné. Barty savait ce qu'il voulait faire et se donnait les moyens pour réussir. Il ne savait pas du tout ce qui l'intéressait dans la politique mais il était certain qu'il ne s'agissait pas d'une passade d'adolescent.
-Tu sais, en bossant dans le service communication lorsque l'arrestation de Jedusor et sa responsabilité dans l'attaque de Poudlard ont été dévoilées dans les journaux, j'ai appris des trucs plutôt effrayants.
Regulus fronça les sourcils, curieux. Les journaux en avaient parlé pendant des jours et avait donné une quantité effrayante de détails, notamment certains dont il se serait bien passé, ne serait-ce que vis-à-vis des familles des victimes. Il était dubitatif quant au fait que cette histoire pouvait encore réserver des surprises. Peut-être la destination initiale du sorcier lors de sa tentative de fuite ?
-Tu ne me demandes pas quoi ? s'amusa Barty.
-Parle ou sors de chez moi, je suis occupé.
Regulus savait que Barty était une vraie commère, il allait lui raconter tout ce qu'il savait. Il n'avait pas besoin de le supplier. En procédant ainsi, le plus jeune aimait simplement se donner de l'importance et surtout le taquiner. Jamais il ne partirait après avoir fait tout ce chemin. Il voulait trop voir l'air intéressé de son acolyte. Du moins, Regulus l'espérait. Il aurait l'air bête si jamais le plus jeune le prenait au mot.
Barty but son thé sans le quitter des yeux et Regulus resta stoïque. Le plus jeune abandonna vite en soupirant.
-Tu n'es pas drôle.
-Alors ? répéta Regulus en souriant.
-Avant d'être arrêté, Jedusor venait tout juste de s'engager en politique. Il ne s'était pas encore déclaré comme candidat aux prochaines élections, mais ce n'était qu'une question de temps.
Regulus avait cru comprendre que c'était quelque chose qui intéressait le psychomage, il n'était donc pas surpris.
-Je suis content qu'il ait été arrêté avant. Il va croupir en prison ou recevoir le baiser du détraqueur et ne pourra plus répandre ses idées immondes.
-Il y a beaucoup de gens qui partageaient ses opinions. Je ne suis pas sûr que malgré tout le mal qu'il a fait, ça suffise à tous ses partisans pour se détourner de lui, lui fit remarquer Barty.
Regulus avait du mal à y croire.
-On ne parle pas de petits délits ! Il va recevoir le baiser du détraqueur, ce n'est qu'une question de semaine, voire de jours !
Regulus n'en savait rien, mais il n'imaginait pas une autre fin.
-Les gens meurent, mais pas leurs idées.
Regulus le savait et ça lui faisait peur
-C'est pour ça que j'adore la politique. Rien n'est jamais sûr et tout le monde à voix au chapitre, pour le meilleur et pour le pire. La politique, c'est avant tout une bataille d'idées, de mots, et c'est plus dur à mener qu'une vraie guerre. C'est encore plus intéressant de se dire que même s'il a été choisi démocratiquement, un dirigeant doit batailler pour appliquer son programme, rendre des comptes. Je ne pense pas que Tom Jedusor puisse s'en sortir mais peut-être qu'un jour, quelqu'un voudra s'engager pour le pays en s'inspirant de lui.
Une fois encore, Regulus eut du mal à comprendre l'engouement de son ami. Il ne pensait qu'à une seule chose : Jedusor avait beau être en prison, il n'en était pas débarrassé pour autant. Avant d'être arrêté, il avait eu le temps de tisser sa toile, d'empoisonner l'esprit des gens. Mais surtout, il savait que s'il avait gagné si vite en popularité et pu rallier autant de partisans, c'était bien parce qu'une frange de la population partageait ses idées.
Ce n'était pas décevant, c'était ainsi que la vie fonctionnait. Une incessante bataille d'idées. Ce qui dégoûtait le jeune homme, c'était de savoir que malgré les crimes commis, certaines personnes lui pardonnaient, lui restaient fidèles. Pire, ils pouvaient justifier ses actes comme nécessaires à la grande cause qu'il servait.
-Le diplomate Bulgare a très proche du parti au pouvoir, aurait été mandaté pour entamé des négociations.
-Des négociations ? Releva Regulus, anxieux.
-C'est ce que j'ai cru comprendre.
-Tu...tu penses que ça pourrais aboutir à quelque chose ? S'inquièta le plus vieux.
Barty haussa les épaules.
-Je ne sais pas, mais ce n'ets pas impossible. Il y a souvent des enjeux bien plus important qu'on ne le pense qui nous dépasse et qui font que certaines personnes peuvent sans problème renoncer à leur morale.
Regulus le savait et c'était d'autant plus rageant qu'il ne pouvait rien faire pour empêcher ça.
xXx
Sirius était nerveux. A ses côtés, son meilleur ami n'en menait pas large non plus. Habituellement, James était insouciant et excité. Qu'il soit stressé était rare et ne faisait qu'intensifier sa propre angoisse. Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'ils venaient chez les Lupin. Mais cela faisait si longtemps... L'ancien Gryffondor appréhendait de revoir les parents de Remus. Ceux-ci l'avaient toujours bien traité et il les aimait beaucoup. Il se demandait bien ce qu'ils devaient penser de lui. Si Remus semblait sur la voie du pardon, ce n'était peut-être pas leur cas. Il avait fait beaucoup de mal à leur fils alors cela n'aurait rien d'étonnant.
Depuis le retour de James et Regulus, Remus n'était pas repassé. Sirius savait que l'ancien Poufsouffle l'avait fait exprès. Il avait craint de se sentir de trop et avait probablement voulu s'épargner un moment gênant. Sirius savait également que James et lui avaient échangé des mots durs avant le début du dernier jour de procès où il avait dû témoigner.
C'était pour ces mêmes raisons que James se ratatinait derrière lui. Il savait que son meilleur ami était rongé par la culpabilité et qu'il désirait s'excuser auprès de Remus. Il craignait plus que tout que Remus ne désire plus jamais le voir ni lui parler. La faute à Regulus qui lui avait fait peur avec son scénario catastrophe.
-Tu penses qu'il va aimer les chocolats ? demanda James.
Sirius esquissa un sourire. Ils se rapprochaient de chez les Lupin et pouvaient déjà apercevoir le lac qui longeait le chemin face à la petite bâtisse.
-C'est Remus, bien sûr qu'il va adorer.
-Même si j'en ai mangé ?
Sirius se tourna pour dévisager son ami.
-Comment ça tu en as mangé ?
-Je voulais vérifier qu'ils étaient bons. J'en ai mangé que 5, je suis sûr que ça ne se verra pas…
-J'espère.
Sirius serra dans sa main la bouteille de champagne qu'il avait. C'était un cadeau pour Lyall et sa femme. Cela faisait longtemps qu'il n'était pas allé chez les Lupin, il ne pouvait pas venir les mains vide. Il ne se savait pas quoi offrir aux parents de son ami. Il avait entendu qu'une bonne bouteille faisait toujours son petit effet. La mère de Remus était moldue, alors il s'était tourné vers un alcool moldue. Mais il ne connaissait pas ses gouts, ni si elle buvait beaucoup de vin en temps normal. Il fallait également que cela plaise au père de famille. Faute de mieux il s'était rabattu sur du champagne, même si le vendeur lui avait appris que c'était une bouteille qu'on débouchait généralement (voir seulement) pour de grande occasion. Sirius avait l'impression que c'était un peu le cas… Celui du rabibochage du trio.
Il ignorait ce que savait Lyall et Esperance de sa relation avec leur fils, ni de la manière dont celle-ci s'était finit. Il ne savait pas s'ils lui en voulaient, si même il avait quelque chose à se pardonner. Sirius avait au début eu la sensation de revoir des personnes qu'il appréciait grandement et le signe que Remus avait fait table rasse du passé. C'était lui qui l'avait invité après tout. Et puis il avait commencé à se poser des questions, trop de question. Une fois de plus son cerveau avait commencer à sur-analyser, interpréter et angoissé. Tout ça pour qu'au bout du compte il finisse par se rabaisser, se remémorer ses erreurs et appréhender.
Il se sentait un peu stupide avec sa bouteille de champagne, mais toujours moins que James et sa boite de chocolat entamer.
Ce n'était pas facile d'être celui qui s'excuse. A présent qu'il était celui qui se retrouvait dans cette position il le comprenait.
Après encore quelques minutes de marche, le duo arriva à bon port. James frappa sans attendre et Sirius tenta inutilement d'arranger ses cheveux.
Ce fut Espérance qui leur ouvrit. Elle fut si surprise qu'elle resta un moment immobile avant de les saluer chaleureusement et de les faire entrer. Dès qu'ils mirent un pied à l'intérieur, les Maraudeurs purent entendre des éclats de voix.
-Tu n'avais pas le droit de faire ça ! s'énervait le châtain.
-Bien sûr que si, tu es mon fils ! C'est mon devoir de te protéger, répondait Lyall.
-Je ne suis plus un enfant, ça fait longtemps que je règle mes problèmes tout seul !
-Si c'était vraiment le cas, tu ne le laisserais pas s'en sortir comme ça.
-Ce n'est pas à toi de décider, papa. On ne se voit plus et on n'a jamais été ensemble ! A présent, on continue nos vies chacun de notre côté !
Sirius se sentit nerveux. On ne parlait pas de lui, n'est-ce pas ?
-Et tu trouves ça suffisant ? s'agaça son père. Il mériterait que je lui en foute une pour lui apprendre à lever la main sur mon fils !
-Je n'aurais jamais dû t'en parler ! J'ai tellement honte que tu sois parti le voir à son travail...
-Mes amours, nous avons de la visite, les interrompit Mme Lupin.
James et lui échangèrent un regard. Ils n'en croyaient pas leurs oreilles. Remus avait fréquenté quelqu'un et cet idiot s'était permis de le frapper ? Sirius ne voulait pas le croire. Ça l'énervait tellement. Mais Remus lui en avait vaguement parlé lorsqu'il l'avait aidé à prendre un bain, il s'en rappelait à présent.
L'atmosphère chez les Lupin était étrange, les Maraudeurs arrivaient clairement au mauvais moment. Remus leur jeta à peine un coup d'œil et croisa ses bras, agacé. Son père fit de même puis hocha la tête pour les saluer. Son regard était profond et Sirius eut l'impression qu'il s'attardait un trop long moment sur lui.
-J'ai amené un cadeau, jeta-t-il, nerveux.
Il donna un coup de coude à James pour qu'il fasse également quelque chose.
-J'ai des chocolats. J'en ai mangé 5, mais c'était pour être sûr qu'ils soient vraiment bons, débita son ami.
-C'est très aimable à vous, répondit la mère de Remus. Je vais ranger la bouteille au frais, on l'ouvrira ce soir. Remus, je te laisse prendre les chocolats car je suppose qu'ils sont pour toi.
James les lui tendit.
-Merci, fit simplement le châtain.
Il ouvrit la boite, en mangea un et assura à James qu'effectivement, ils étaient bons. Cela ne rassura pas pour autant James. Sirius lui sourit timidement pour le rassurer. Lyall rejoignit alors sa femme dans la cuisine et Sirius les entendit parler. Néanmoins, il ne pouvait distinguer leurs paroles. Toutefois, il était sûr qu'ils continuaient la conversation que le père et le fils n'avaient pas pu finir.
-Je ne savais pas que vous viendriez, soupira le châtain. Je suis désolé que vous ayez assisté à ça.
-Non, ce n'est pas grave, on aurait dû prévenir. Hum, est-ce que ça va ? demanda James.
-Oh ce n'est rien, mon père exagère toujours. Il pense que je ne suis pas capable de gérer mes problèmes tout seul…
-Ça n'avait pas l'air d'être une petite histoire, tenta Sirius.
Remus fronça les sourcils.
-Je sais ce que je dis et je trouve ça déplacé d'affirmer mieux savoir que moi alors que je suis le principal concerné. Je veux dire, c'est normal pour un garçon de se battre ou de chahuter. Tu ne t'es jamais battu ?
Sirius écarquilla les yeux, surpris. Se battre à main nue était un truc de moldus. La plupart des Sangs-Pur considéraient que c'était une méthode de sauvages pour régler les problèmes. Sirius n'irait jamais frapper qui que ce soit et n'y avait jamais pensé. Si un jour il se retrouvait sans baguette ou dans l'impossibilité de l'utiliser, bien sûr, il n'hésiterait pas. Il voulait partager son raisonnement avec le châtain mais James le devança.
-Eh bah, je n'ai pas tout compris, mais ce que je sais c'est que tu n'es pas du genre à te battre. Et puis, si ton petit-ami t'a frappé, c'est très grave.
-Ce n'était pas mon petit-ami, grogna Remus. J'ai déjà eu cette discussion avec mon père et ma mère et je n'ai pas envie de recommencer. Godran m'a frappé parce que je l'avais frappé en premier.
-Sérieux ? fit Sirius.
Remus mangea encore un chocolat et devant le regard insistant de ses deux amis, il ne put continuer plus longtemps. Sirius le sentait troublé et profondément atteint par cette histoire. S'il minimisait autant l'affaire et s'énervait, c'était bien pour cacher que cela l'avait peiné.
-On va faire un tour dehors ? proposa le châtain. Je ne pense pas que mes parents sortent de cette cuisine de sitôt. Et puis, je n'ai pas envie qu'ils entendent ce que je vais vous dire.
-Okay.
Ils allèrent se poser devant la maison. Ainsi, les Lupin pourraient les voir sans s'inquiéter de ce qu'ils faisaient. James et Sirius firent des ricochets sur le lac alors que Remus continuait de manger en silence ses chocolats. Puis James, qui ne supportait plus cette situation, prit la parole.
-Je voulais m'excuser, Remus. J'ai été dur avec toi au tribunal et je ne pensais pas tout ce que je t'ai dit. J'étais en colère et je ne sais pas, je t'ai tout mis sur le dos.
-Tu n'as pas...
Remus se mordilla la lèvre.
-Tu avais raison, je vous ai abandonné alors que vous aviez besoin de moi. Je me suis montré égoïste.
-Non, tu as tout faux. C'est moi qui me suis montré égoïste, je ne me suis pas mis à ta place. Et puis, tu avais raison, on t'a tenu à l'écart. On t'a menti au sujet de Padfoot et on n'aurait pas dû. Tu es notre ami et je ne veux surtout pas que tu penses qu'on s'est servi de toi ou alors que tu ne nous manques pas. Moi, tu me manques terriblement.
Remus sourit, soulagé. Sirius arrêta de faire face au lac et s'approcha d'eux. Il s'installa à côté de Remus.
-Je te prie de m'excuser, souffla-t-il à son tour.
-Je sais que tu n'y es pour rien dans l'histoire, lui assura aussitôt Remus. J'ai envie qu'on reparte sur de bonnes bases et qu'on arrête de chercher qui est le responsable. Savoir que vous prenez en compte mon avis et mes sentiments me suffit. Vous êtes des catastrophes ambulantes et sans moi, vous faites n'importe quoi.
-Tu as très bien résumé la situation, rigola Sirius.
Il échangea un regard avec James, soulagé. Remus fit une pause dans sa dégustation de chocolats, voulant garder suffisamment de place pour le dîner. Ils restèrent ensuite silencieux, les Maraudeurs attendant que Remus s'exprime sur la conversation qu'ils avaient surprise en arrivant. Le châtain hésitait et se refermait petit à petit.
-Je sais que mes parents ne pensent qu'à mon bien et que j'ai sans doute tort de prendre la mouche ainsi. Mais si je leur ai raconté ce qu'il s'est passé avec Godran, ce n'était pas pour me plaindre. On parlait et je me suis confié à eux sans penser aux conséquences. C'était une conversation tout ce qu'il y a de plus banal. Je me confiais moins dernièrement et ils l'avaient remarqué... Enfin, pour moi, ce n'était pas grave. Bien entendu, ça m'a énervé sur le coup, mais je n'avais pas envie d'en faire toute une histoire. Le fait que mon père se soit senti obligé d'aller lui remettre les pendules à l'heure, je ne sais pas, j'ai honte. J'avais envie que ça reste ce que c'était : le souvenir d'un mauvais rencard, tout simplement. Là, j'ai l'impression que ça a pris des proportions énormes.
-Qu'est-ce qui s'est passé au juste ? l'interrogea Sirius.
Remus soupira.
-Godran, l'infirmier qui s'occupait de moi, me faisait des avances. Je l'avais déjà repoussé de nombreuses fois et il ne semblait pas comprendre que je n'étais pas intéressé. Il m'a proposé un rendez-vous et je me suis dit que j'irai pour lui dire de vive voix une dernière fois que je ne souhaitais pas entamer de relation avec lui. Sincèrement, c'était une journée horrible. Il était particulier et ça ne matchait pas du tout.
Remus s'arrêta, soudain mal à l'aise.
-Il était un peu ivre et je l'ai raccompagné jusqu'à sa chambre d'hôtel. C'est là qu'il...
James écarquilla les yeux, imaginant déjà le pire.
-Il t'a agressé ? Oh, par Merlin, il t'a forcé à f-
-Non ! Enfin, je vous passe les détails... Il avait bu et je ne sais pas, je pense qu'il avait mal interprété mes gestes.
-Oh tu crois ? siffla Sirius.
Il avait du mal à contrôler sa colère. Il ne connaissait pas cet infirmier, mais il le détestait déjà.
-Tu lui as dit non je ne sais combien de fois. Il savait très bien ce qu'il faisait, reprit l'ainé des Black.
Remus se passa la main dans les cheveux.
-Je me sens pathétique. Je l'ai giflé. Je ne sais pas si je pensais que ça l'aiderait à reprendre ses esprits mais quand il m'a donné un coup de poing, je me suis senti faible, misérable. J'ai eu honte. Le pire, c'est que je me suis dit que ce n'était pas grave car il avait compris qu'il devait passer à autre chose. Et je vous assure qu'il ne s'est pratiquement rien passé.
-Tu devrais porter plainte, l'encouragea James.
-Non, je ne vais pas aller me plaindre pour un simple coup ! Ce n'est pas aussi grave que si j'étais une fille.
-Ce que tu dis n'a aucun sens, lui fit remarquer James.
Sirius ne savait pas quoi dire. Il était en colère et ne trouvait pas les mots pour rassurer Remus. Il se sentait complètement inutile. Il lui prit la main et fut heureux de sentir que le châtain accueillit bien son geste.
-Je veux juste passer à autre chose. Je ne suis pas traumatisé ni rien, je suis juste énervé. Et je vous interdis d'en parler à qui que ce soit.
-Tu n'as pas à avoir honte, tu sais, rappela Sirius.
-Oui, je vais réussir à m'en convaincre. Des rendez-vous qui se passent mal, ça arrive tout le temps.
-Ce n'est pas vraiment le cas ici.
James ne pouvait pas cacher son irritation.
-Un rendez-vous qui se termine mal c'est quand tu te rends compte que le mec ne te plait pas, que tu t'ennuies ou qu'il y a une accumulation de malchance comme la pluie, le retard, etc. Quand le mec te frappe parce que tu le repousses, ce n'est pas un rendez-vous qui se termine mal, mais une agression.
Remus se sentait fébrile et Sirius le voyait lutter contre les larmes. Il avait beau ne pas vouloir en démordre, c'était évident qu'au fond de lui, il savait que James avait raison. Il refusait simplement de l'admettre parce qu'il avait honte, qu'il ne voulait pas porter préjudice à Godran, mais aussi pour accepter plus facilement de passer à autre chose.
Sirius savait ce que Remus ressentait et étonnamment, ne pas être dans le rôle de la victime lui faisait prendre conscience du cheminement qu'il avait dû faire pour accepter ce qui lui était arrivé et surtout reconnaître qu'il n'était en rien responsable de l'agression qu'il avait subie. Il savait que plus tard, ce serait le cas de son ami.
-Ne sois pas en colère contre ton père. Il sait que tu n'es plus un enfant, mais son rôle est de te protéger. Il le fera jusqu'au bout, souffla Sirius.
-Je sais. Je ne voulais pas être méchant avec lui.
-On rentre ? proposa James.
Remus acquiesça.
J'ai fait l'impasse sur le résumé par manque de temps, mais je me rattraperais sur le prochain !
Merci à pommedapi pour le travail et surtout le temps passé sur ce chapitre ! Les choses s'arrangent pour le trio, c'était triste de les voir si stupidement brouillés.
