Chapitre 13

Pour une sorcière qui volait sur un balai bizarrement Ved'ma refusait de prendre l'avion, cela la paniquait bien plus que de monter un dragon. Sortant de l'aéroport (où ils venaient de se téléporter), Bucky agrippa fermement la taille de sa copine, sa veste en cuire sur les épaules il analysa la partie droite de la pièce. De son côté Ved'ma scrutait la gauche à la recherche d'un danger ou de Sam, il devait les retrouver ici pour les ramener à Delacroix.

— À dix heures sergent, nota-t-elle.

Sans bagage, si ce n'est le vieux sac de perles d'Hermione, ils slalomèrent parmi la foule pour trouver leur camarade.

— Salut les amoureux ! Comment était le vol ?

— Je ne monte pas dans un de ces engins de tortures, remarqua Ved'ma.

— Pouah tu l'as bien fait pour la mission.

— Voyage long, siège désagréable, service médiocre, beaucoup trop d'altitude. Non merci, je préfère nos portoloins.

— Comment tu vas Sam ? l'interrogea plutôt Bucky.

— Ça va, Sarah est excitée comme une puce à l'idée de vous revoir. Tout le quartier aussi d'ailleurs, les gosses vont êtres déguisés, vous allez voir ça va être super chouette ! Alors comment se passe la colocation les tourteraux ? Pas trop fatiguée Mione ?

— Tu parles ! Elle est insatiable, ricana Bucky. Outch poupée, tu oses me frapper ? Mon cœur saigne…

Hermione leva les yeux aux ciels, plus amusée qu'agacée par le comportement des deux hommes.

— Allons vite retrouver Sarah, je ne supporterai pas vos deux humours ensemble plus d'une heure.

— T'entends ça Buck on arrive à l'ennuyer en moins de cinq minutes, ça c'est du super pouvoir !

Dans la voiture de Sam, Hermione se plaça sur le siège avant, contrôlant la radio elle réussit à brancher son téléphone portable en Bluetooth et chantonnait quelques chansons françaises.

— Euh… Qu'est-ce qu'elle chante là ? demanda Sam ne comprenant évidemment pas tout.

Toute timidité envolée la brune chantait réellement les paroles quelque peu obscènes d'un groupe qu'elle appréciait. Bucky se gratta le nez, tourna la tête vers la fenêtre, et essaya de ne pas montrer à quel point entendre sa petite amie chanter comme une casserole lui donnait des idées perverses.

— Buuuuck ? C'est quoi cette chanson ?

— Tu demanderas à un traducteur, grinça-t-il.

Oui, mon rêve, ma chérie. C'est d'me perdre dans tes yeux bleus. D'être en vie, d'être amoureux. De s'en aller un peu. Alors va t'faire enculer, va bien t'faire enculer, salope ! Oui, va t'faire enculer, va bien t'faire enculer, connard !

Ved'ma rassure-moi tu n'écoutais pas ça en Angleterre…

Seulement quand les petits étaient couchés, lui apprit-elle.

Bucky relâcha le souffle de soulagement qu'il retenait depuis trois minutes, s'attirant le regard curieux de Sam à travers le rétroviseur. Heureusement il n'eut pas besoin de s'expliquer, Hermione changea de registre à son plus grand bonheur et passa de vieilles chansons qu'il écoutait déjà durant son adolescence.

— Putain mais c'est quoi cette playlist Mione ? T'as pas un bon vieux rock des années 80 à nous proposer ? Je vais mourir moi avec un truc pareil.

— Cesse d'être aussi dramatique Sam ! Ce n'est que de la musique.

— Qui a le même âge que Buck ! Tu vas pas me dire que tu écoutais ça avant de le rencontrer ?

À la vue de son regard noir, Sam comprit que oui elle écoutait d'ors et déjà Frank Sinatra avant, et que non Hermione ne changerait pas sa playlist pour ses beaux yeux. L'homme soupira, dépité et se demanda ce que diable il avait fait dans une vie antérieure pour devoir supporter cette super-sorcière particulièrement aimable avant neuf heures du matin.

Arrivé à destination, Sam aida ses amis à poser leur bagage : l'unique sac de perles d'Hermione.

— Faudra m'expliquer comment tu réussis à mettre toute ta vie là-dedans.

— Sortilège d'extension indétectable, c'était très pratique pendant la guerre, je pourrais rentrer toute la maison à l'intérieur sans jamais en ressentir le poids. Ce qui en soit, d'après les lois de la « Sorcimagie pratique premier volume » de Queenie Goldstein, ne devrait pas être possible.

Diable qu'avait-il fait, le pauvre Sam venait de lancer la « miss-je-sais-tout machine » et n'avait aucune idée de comment l'arrêter, se tournant vers Buck pour obtenir une aide, il ne reçut qu'un haussement d'épaule et une petite grimace résignée. Hermione continua de déblatérer à propos des lois de la Sorcimagie controversé de Mme Goldstein pendant une demi-heure. La demi-heure durant ils marchèrent vers les quais pour préparer la fête de quartier.

Un sourire demeurait tout de même sur les lèvres du nouveau Captain America, Buck n'était clairement pas prêt à l'accueil du village. Malicieux, il tût la surprise. Ce fut lorsque l'équipe de super-héros gagna le centre ville que les rumeurs commencèrent à courir, puis enfin ils arrivèrent au quai où le vieux Carlos et Mme Nilborn discutaient tranquillement en regardant leurs fils travailler.

Le visage ridé de la vieille femme s'illumina lorsqu'elle aperçut Hermione et celle-ci voulut se cacher dans un petit trou de souris en la voyant ouvrir la bouche.

Bon Merlin… Trois… Deux… Un…

— Mme Barnes ! Quel plaisir de vous revoir ! Sam m'avez bien dis que vous viendriez pour la fête mais je ne voulais pas y croire ! cria la femme tout à fait euphorique.

Elle sautilla jusqu'au couple, ressemblant plus à une enfant qu'à une septuagénaire. Mort de rire, Sam se tient au vieux Carlos pour ne pas s'effondrer : Buck tirait une tête ! Le pauvre homme hésitait entre la fuite et la surprise, Mme Nilborn lui secoua la main avec envergure le lâchant après une jolie grimace (piètre tentative de sourire vous le concevrez).

Bucky tourna la tête vers Ved'ma, ne sachant comment réagir. Il sentit alors une légère pression sur son esprit et entendit très distinctement la moquerie dans les pensées de sa « femme ».

— « Tu vois avec qui vous m'avez lâchement abandonnée l'autre jour ? Tiens j'aperçois Sarah là-bas, je devrais aller lui dire bonjour…

Me laisse pas avec elle poupée. »

Sa sorcière lui tira la langue, contrastant avec le rouge soutenue qu'avait pris ses joues lorsque Mme Nilborn débarqua en criant. Malheureusement pour eux, ses cris ameutèrent des tas de gens, des tas de connaissances à la brune et des amis de Sam qui avaient, par mal chance, manqué Bucky à son premier passage dans le coin.

— Tu te souviens de Mme Barnes, Billy ? demanda Mme Nilborn. Voici son mari James !

— Bucky, se présenta-t-il plutôt. James est pour Ved'ma,…

— Ou sa psy ! nota Sam.

Bon Dieu, Bucky avait la fâcheuse envie de lui donner un coup de coude dans les côtes, même Ved'ma riait de cette situation plus qu'étrange et souriait aux gens qui venaient les accoster. À aucun moment Bucky ne lâcha la taille de la brune, elle avait beau se moquer de lui, elle savait que si elle le laissait au milieu de la foule il deviendrait froid, antipathique et méchant. Or ce n'était pas le but, pas s'ils voulaient emménager en ville dans le futur. Une fois que les gens se furent dispersés pour reprendre le travail, le sergent se tourna vers sa « femme » et demanda :

— C'est quoi cette histoire ?

— Surprise ! Tu es marié Buck, on avait oublié de te le dire ! N'est-ce pas Mme Barnes ?

Hermione n'eut pas le temps de lui frapper l'arrière du crâne, la silhouette familière de Sarah s'en occupa, les deux filles levèrent les yeux aux ciels en même temps.

— Arrête tes bêtises Sam ça met Hermione mal à l'aise, d'autant que tu as lancé cette rumeur !

— C'était toi ! s'exclama la brune surprise. Je devrais te laver la bouche au savon, ça t'apprendrait à propager des choses pareilles !

Avait-elle conscience des mots qui sortait de sa bouche ? Sûrement pas. Sam et Sarah n'avaient pus entendu dire une phrase du genre depuis des années, sûrement de la bouche de leur grands-parents d'ailleurs.

— Désolé James, j'ai essayé pendant des jours de leur faire comprendre que nous n'étions pas mariés mais apparemment ton pigeon de compagnie a trop parlé…

— Notre pigeon de compagnie, il est aussi venu te chercher à l'aéroport je te rappelle.

— Heureusement qu'on ne lui fait pas envoyer des messages, il les déformerait.

— Vous avez parfaitement raison Mme Barnes, susurra-t-il à son oreille.

C'était un délice en bouche, entendre James prononcer son nom pour la désigner faisait naître un sentiment étrange en Hermione, et cela n'avait rien avoir avec une envie de meurtre ou un instinct de survie mis en alerte. En fait elle pourrait très bien s'y habituer. Cachée derrière son masque d'occlumencie, elle évita toute émotion inutile.

Je ne porterais pas de blanc, le prévient-elle.

Je ne te le demanderais pas.

— Attend… QUOI ? Vous vous êtes fiancé sans me le dire ?

— Sam… tenta le couple.

— À moi, votre meilleur ami ? Noooon. Je veux pas le croire…

— Sam… retenta Bucky.

— Trahison ! Disgrâce !

— WILSON ! Oh Merlin ça fais du bien aux oreilles. Nous disions : non nous ne sommes pas fiancés.

À la surprise générale et à son plus grand amusement Bucky déclara:

— Elle avait dit non.

— Hermione ! s'indigna Sarah.

— Il y a prescription ! C'était en 2016, il était recherché et je risquais la peine de mort sur la moitié du globe, se justifia-t-elle.

Le groupe était bien animé, les bras de la brune viraient dans tout les sens pour argumenter ses paroles. James n'était plus en porta faux, il profitait simplement du spectacle adossé sur une caisse avec Sam, ce dernier lui tendit deux bières et il les décapsula avec son bras métallique.

— Mais regarde-le un peu, comment as-tu pu dire non ?! Je suis sûre qu'il t'a fait sa bouille de loup battu en plus ! Je connais une centaine de femme qui lui sauterait dessus sans hésiter !

— Ah ouai Buck, elle ressemble à quoi ta tête de loup battu ? demanda Sam alors que les filles continuaient à « se disputer ».

Là, le brun se concentra de toutes ses forces et fit sa plus belle mine de chiot abandonné, réussissant même à faire trembler sa lèvre du bas. Son collègue éclata de rire, comme tout les êtres humains autour d'eux écoutant l'échange passionnée de Ved'ma et Sarah.

— Qu'elles essaient un peu pour voir, affirma Hermione en montrant ses jolies canines plus longues que d'ordinaire alors que ses yeux dorèrent à vue d'œil.

Ses caractéristiques animagus prenant le dessus, la brune éclata de rire devant la mine ahuris de Sarah. Comme si elles venaient de se raconter la meilleure blague de l'année, elles s'effondrèrent en gloussant sur la première assise venue et ne retrouvèrent leur sérieux qu'après cinq bonnes minutes de rigolade.

— J'arrive pas à croire que t'ais dis non.

— Je m'en suis toujours pas remis hein ! les interpela Bucky, sans qu'il ne sache pourquoi les deux femmes rirent de plus belle. Qu'est-ce que j'ai dis ?

— Rien Jamie, rien du tout…

— Je crois qu'elles se moquent de toi Buck, affirma Sam.

— Non tu crois ? J'aurais pas deviné tout seul, ironisa-t-il.

Un rictus percé pourtant son visage, ils étaient arrivés depuis moins d'une heure à Delacroix et voilà qu'il voyait plus de sourire sur sa louve noire qu'en une semaine. Le brun ignorait si c'était l'effet « Wilson » ou l'air de la ville qui lui donnait cette ancienne joie de vivre mais il souhaitait que ce moment dure toujours. Entendre Ved'ma rire était l'un des plus beaux son du monde, placé juste en dessous d'elle gémissant son prénom.

Sarah du bien vite retourner travailler et l'équipe de « super » se mit à installer tout ce dont le quartier auraient besoin pour fêter dignement la mise à flot du « Paul et Darlène ». Mme Nilborn se fit un devoir d'aller chercher les enfants des travailleurs et lorsqu'ils arrivèrent cela sonna le début des festivités.

Il y avait beaucoup de bruit partout, les gens discutaient et riaient entre eux, la musique battait sur les docks. Hermione zieutait du coin de l'œil son soldat parler avec quelques locaux tout en tendant son bras en vibranium dans les airs : quatre enfants s'y accrochaient en même temps dans l'espoir de le faire faiblir.

Des photos furent prise, l'apéro fut avaler, et la sorcière dégaina son arme secrète devant sa sobriété évidente.

— Au secours l'alcool du feu ! s'exclama Sam, ne s'étant toujours pas remis du pauvre shoot qu'il avala des semaines plus tôt.

— Qu'est-ce que c'est ? demanda plutôt Sarah.

— Tiens goûte.

— Fais pas ça frangine, tu vas te faire avoir…

Hermione tendit son verre à Wilson sœur et celle-ci s'étouffa à moitié avec, la gorge en feu.

— Je te l'avais dis ! Tiens Buck, boit mon verre j'aimerai conserver un semblant de dignité.

Sans problème l'homme but le verre, adressant une moue d'incompréhension aux deux frères et sœurs.

— Ils sont fous… marmonna Sarah.

— Non, juste améliorés et ajoute à ça la magie, il me faudrait au moins deux bouteilles entière avant que je ne sois vraiment pompette !

— Donc tu as deux fois plus de chance de voir Bucky saoul qu'il n'en a de te voir ivre.

— Exactement !

Un grand sourire éclairait son visage et si Hermione passa de table en table pour discuter avec tout le monde, tout en présentant son « mari », elle en profita pour demander s'il n'y avait pas des maisons à vendre dans le coin. Ce fut une charmante fille de la ville qui lui répondit, mal à l'aise elle ne paraissait pas du tout à sa place ici.

— Je vends la maison de mes parents, depuis le snap je ne l'habite plus du tout et ma fiancée vit avec moi à Los Angeles… Je pourrais vous faire visiter si cela vous intéresse ?

La brune se dépêcha de prendre le numéro de téléphone de la jeune femme et retourna vers James pour lui annoncer la bonne nouvelle.

— Quand ? demande-t-il.

— Demain à onze heures.

Ils ne se touchèrent pas, pourtant le silence fut bien plus qu'un geste, bien plus qu'un mot, si bien que Sam voulut se cogner la tête dans la table de dépit : qu'ils sortent ensemble ou non, Buck et Mione restaient désespérément immondément platonique devant un public élargie. Cela fit penser au noir d'envoyer une petite lettre au Baron Zemo, l'homme attendait des nouvelles du Buckymione et Sam allait être très heureux de lui annoncer qu'ils avaient tous les deux perdu leurs paris !

Finalement Sam perdit ses deux amis de vus, et bien qu'il préféra ne pas savoir où ils étaient passés (diable il ne voulait pas être accusé de voyeurisme à nouveau) il finit par s'inquiéter. En effet, depuis une heure des inconnus se promenaient parmi la foule, ils lorgnaient chaque moldus dans l'espoir de savoir s'ils mentaient. Pour une fois qu'une de ses farces servaient à quelque chose, Sam fut très heureux d'avoir lancé cette rumeur sur les « Barnes ».

— Granger ? Non désolé je connais pas, affirma Mme Nilborn à un type très fâché aux cheveux de jais.

— Tu connais ces types ? demanda prudemment Sarah à son oreille.

— Non mais je crois savoir qui ils sont… Appelle Mione et dis-lui de s'enfuir, je vais essayer de retarder ces connards. Hey Monsieur ! Vous cherchez quelques choses ?

L'homme lui lança un regard agar, les yeux vitreux, le visage rouge déformé par la colère, l'haleine puant l'alcool et les cheveux ébouriffés. Jamais Sam n'aurait fait le lien entre ce type ressemblant à un déchet et Harry Potter s'il ne possédait pas une cicatrice au milieu du front.

— Auror Potter. Nous cherchons une terroriste, Hermione Granger, vous connaissez ?

Terroriste, terroriste… Sam se mordit violemment l'intérieur de la joue pour ne pas éclater de rire. Alors c'était ça le plus grand héro de l'Angleterre ? Le sacro Saint survivant ? Un type tenant à peine debout et qui a besoin d'une armée pour venir à bout d'une seule personne ? Bon, il faut lui concéder qu'Hermione est une femme effrayante donc Sam ne lui tient pas rigueur de l'armée, cependant Potter n'était pas obligé de traiter son ancienne meilleure amie de terroriste ! Cela en dit long sur la mentalité des sorciers britannique !

Sam était un homme fier, un homme fort et surtout un homme ayant pris des cours de théâtre au lycée. Dans d'élégant geste de bras, s'emmêlant dans des paroles sans queue ni tête pour le sorcier, Sam lui décrivit l'exacte travail qu'il « effectuait » en poissonnerie, il mêla à ça un peu de son activité de super-héro et l'auror se perdit dans son flot parole. Apparemment Sarah fit passer le mot à leurs voisins, tous évitaient comme la peste les aurors britannique ou les occupaient d'une manière ou d'une autre.

En entendant son téléphone portable sonner en visitant la maison (finalement James n'avait pas pu attendre, bien plus excité qu'elle ne le pensait à l'idée de quitter New York), Hermione haussa les épaules avec indifférences. À trois rues à peine de chez les Wilson, la maison constituait la limite de Delacroix, entourée par la forêt d'un côté, la mer d'un autre et la rue en face, la brune se voyait très bien vivre ici. Il y avait de nombreuse rénovation à faire, l'endroit n'avait plus accueilli de travaux depuis les années 70.

— Il faudra refaire l'électricité, remarqua Bucky.

— Ce mur ne porte rien, on pourrait carrément le faire tomber pour agrandir la pièce de vie, remarqua Ved'ma concentrée sur sa vision de la maison.

BIP-BIP !

— Je crois que votre téléphone sonne Mr Barnes, remarqua Mlle McGuy un sourire timide sur les lèvres.

Il y avait de quoi être impressionné : Bucky n'était pas une crevette et avec son bras en métal il devenait sacrément imposant, sans oublier que sa « femme », Hermione, était tout aussi robuste, une sorcière avec du sérum de super-soldat. Deux supers-héros visitaient la maison de ses parents pour lui acheter ! Des supers-héros ! Quand la jeune fille retrouverait sa fiancée pour lui raconter, elle n'en croirait pas ses oreilles !

Agacé, Ved'ma se saisit de son portable et manqua de le broyer dans sa main. Son air contrarié devient soudain inquiet et Bucky l'interrogea.

— Harry et les aurors sont là pour m'arrêter. Encore.

— Il faut qu'on parte…

— On ne va pas laisser tout le monde en plan James ! Ce type est dangereux, il pourrait s'en prendre au moldus.

Bucky tenta de garder son calme, de ne garder aucune trace d'émotion sur son visage, de ne pas s'énerver devant la pauvre fille qui n'avait rien demandé. Un long soupir s'échappa d'entre ses lèvres. Ved'ma voulait se battre alors il resterait à ses côtés. Sans un mot, chacun sortit ses armes de leurs cachettes respectives, comme elle l'aida à vérifier sa prothèse il s'occupa de lui attacher les cheveux avec un élastique qui traînait à son poignet.

Trop vite à leur goût, le couple se retrouva au milieu du danger, dans les rues de Delacroix qui auparavant sentait la sécurité et l'anonymat. Le béton défilait sous leurs pieds, ils marchaient vite, synchrone, guettant tout et tout le monde, aux aguets du moindres mouvement trahissant un sorcier caché. Lorsqu'ils parvinrent enfin au dock, Bucky s'assura de cacher la silhouette plus petite de la louve noire et avança pour trouver Sarah.

— On a demandé aux enfants d'aller jouer plus loin, leur avoua-t-elle.

Les voisins, leurs connaissances, tous étaient sur les nerfs. Jamais Delacroix ne subit un tel évènement et cela angoissait légèrement ses habitants. Bientôt Hermione aperçut Harry putain de Potter, Sam le tenait occupé. Malheureusement le regard vert se tourna vers elle et un grand cri d'appel retentit. La foule se sépara, formant un cercle autour des deux clans.

D'un côté Harry Potter et les aurors se tenaient, toutes baguettes levées. De l'autre, Hermione se tenait debout et le menton haut, un air agacé incrusté sur le visage, James resta à ses côtés et Sam courut près d'eux, attrapant son bouclier au passage.

— Hermione tu es en état d'arrestation ! cracha le « chef » d'équipe.

— Et pour quel motif cette fois ? Non attend, laisse-moi deviner. Outrage à agent ? Trafic de drogue ? Mieux ! Détention de créature magique illégale !

Sam étouffa son rire dans sa gorge, ne préférant pas s'attirer les foudres des policiers sorciers. Celui-ci s'assura rapidement que personne n'essaie d'intervenir et ne parvient à cacher son sourire lorsque Grincheux fit une remarque acerbe sur le degré d'alcoolisme autorisé dans la police sorcière.

— C'est vrai ça Potter ! Tu as réussis à être assez sobre pour prendre un portoloin ? Je suis impressionnée. Et tu arrives à tenir ta baguette sans trembler ? C'est pas mal. Qu'est-ce que tu comptes faire, m'attaquer devant une foule de moldus ? Es-tu vraiment tombé aussi bas ?

— Ta place est à Azkaban sale Traîtresse !

— Traîtresse de quoi ? De t'avoir sauvé la vie ? De mettre fait torturer pour toi ? D'avoir élevée ton fils à ta place parce que tu n'étais pas foutu de penser à autre chose qu'à ton putain de whisky ? Et vous ! Il vous entraîne dans ces conneries alors que la vérité a éclaté, le Président Américain lui-même a signé les documents attestant l'absence de sang lycanthrope dans mes veines. Vous n'avez rien à me reprocher !

Les autres aurors grimacèrent, ils le savaient très bien, malheureusement Potter était leur chef donc ils n'avaient pas le choix d'obéir. Bucky resserra sa prise sur son couteau en vibranium, analysant les mouvements de ses adversaires. Il décela alors l'ombre d'une cape, une cape au milieu de nulle part, une cape invisible qui n'avait rien à faire là. Un sourire germa sur ses lèvres en songeant à Nott et ses ruses. Il devrait penser à offrir une belle bouteille aux serpentards.

— Vol de ligné, détournement de fond, ça ne te dit rien comme accusation ? ricana Harry. Maintenant rends-toi gentiment et personne ne sera blessé.

— On sait tout les deux que ces chefs d'accusions sont mensongers. Tu m'as fourni l'autorisation pour adopter Severus et je n'ai pas touché un putain de galion de mes cinq années de présidence ! Le terme diffamation te dit quelque chose Potter ?

— TA PLACE EST À AZKABAN !

— Hey doucement mec, tu agresses ma co-équipière là. Une super-héroïne, juste l'une des sauveuse de l'univers, alors tu redescends d'un ton tout de suite, appela Sam.

— On vous laissera pas l'emmener ! tonna soudain un habitant.

— Ouai la petite a rien fait !

— Rentrez chez vous bande d'accro aux thés !

Un élan de reconnaissance bouleversa la mercenaire, Sam avait amplement raison : elle pouvait être une sorcière avec des verrues sur le nez tout le monde s'en moquait ici.

La population s'amusa à insulter les anglais et si l'instant fit très plaisir à Hermione, elle n'en montra rien levant un puissant bouclier magique devant eux avant qu'un sortilège ne s'abatte sur Sam.

— Tu t'attaques à des moldus Potter ?! Bon Merlin tu as perdu la tête !

— Il n'y a que comme ça qu'on peut te faire réagir, attaque et la louve tue. Tu nous l'as prouvée de nombreuse fois.

— Alors c'est ce que vous cherchez ? Ved'ma ne vous tuera pas, par connerie ou souvenir pour votre amitié j'en sais rien, mais elle ne le fera pas.

— Et vous êtes qui vous ?!

— Patron… balbutia un auror tétanisé en reconnaissant l'homme au bras de métal.

— Lui ? C'est James Buchanan Barnes, le loup blanc, ancien soldat d'hiver. Et elle ? C'est Hermione Jane Granger, la louve noire, héroïne de guerre. Ils sont juste le couple de mercenaire le plus connu de ce putain de monde. Et toi mon pote, tu as réussis à fâcher les deux, déclara Sam tout bouclier étoilé levé pour se protéger contre d'éventuel sortilège.

Si Bucky s'amusa à faire rebondir les quelques jet lumineux, lancé par les aurors effrayé, avec son bras métallique, Sam faisait de même de son côté tandis que leur co-équipière se battait durement avec Potter.

Des explosions jaillissaient des endroits touchés par les sortilèges de l'homme, il voulait la détruire, il voulait la tuer et plus que tout s'en débarrasser. Pourquoi ? Comment ? Où était donc passé le type gentil, le garçon maladroit qui s'excusait en boucle de sa folie, qui lui envoyait des tas de lettres pour lui raconter ce qu'il se passait en Angleterre malgré qu'elle ne lui parle plus depuis sa quasi-arrestation au ministère ? Hermione l'ignorait. Et putain elle le détestait de l'attaquer comme ça, ici, devant tout ces gens qu'elle commençait à apprécier. Elle ne souhaitait pas qu'ils la prennent pour un monstre à leur tour.

Soudain un plop sonore retentit et des pleures se firent entendre, les combats cessèrent et les yeux de Sam manquèrent de sortir de leur orbite. Devant ses yeux ébahis se tenaient un adolescent de treize ans se tenait là, les cheveux bleus, blasé par la vie et tenant fermement la main d'une petite blonde un peu plus jeune aux yeux acérés. Une rouquine lâcha brusquement l'épaule du garçon, comme s'il venait de la brûler et Sam reconnu immédiatement des traits similaire à Molly Weasley sur cette femme hargneuse. Elle tenait par le bras le jeune Severus au visage rougie par une gifle récente, des larmes s'échappaient de ses petits yeux verts tandis qu'elle tirait fort sur son bras en ricanant.

— Les enfants… murmura Hermione.

— Tante Hermione ! cria Victoire Weasley en bondissant vers l'avant.

L'adolescente fut retenue par les cheveux par son oncle. Les larmes aux yeux elle se dégagea de sa poigne et retourna près d'Edward qui ricanait comme un fou échappé d'asile, le côté Black en lui sans doute.

— Alors c'est pour ça que tu nous fais rater l'école ? Pour regarder Mam's aller à Azkaban ?

— Non, admit Harry.

— Vous êtes le moyen de persuasion, sourit méchamment Ginevra.

— Salopard ! Laisse mes enfants tranquilles !

Bucky sauta à temps sur sa sorcière pour l'empêcher de commettre l'irréparable. La coinçant entre ses bras, il tenta de calmer sa colère lorsqu'elle vit son fils pleurer de plus belle devant la violence gratuite qu'il subissait. Les aurors détournèrent le regard de la scène, coupable complice de cette imposture.

— Pour persuader Mam's d'aller à Azkaban ? rit le jeune garçon cynique. Je crois que Voldemort t'a plus amoché le cerveau que l'on le pensait parrain, faudrait consulter !

— Maman ! Maman ! Je veux Maman ! Lâche-moi méchante ! Maman !

Dans la foule plus d'un cœur se brise en entendant le désespoir du petit garçon. Hermione voulait leur arracher la tête, elle voulait se repaitre de leur estomac, les tuer à petit feu pour ce qu'ils infligeaient à son garçon, mais elle savait aussi que cela ne lui servirait à rien si elle se retrouvait à Azkaban dans la foulée. Sa déglutition fut difficile. Elle tenta de garder son calme et demanda à James de la lâcher lorsqu'elle fut sûre de ne pas leur sauter à la gorge.

Harry fit un discours magnifique sur ses « crimes » préposés, indiquant que de toute façon même si elle n'était pas une lycanthrope sa place était soit en prison, soit dans un laboratoire pour se faire disséquer. Victoire profita de l'occasion beaucoup trop belle pour ouvrir sa belle bouche de vélane. Son plus bel air de mépris sur le visage, emprunté à sa mère ou à sa tante (nul ne le sait), elle s'adressa aux deux « adultes », bouche-bant par la même occasion les spectateurs.

— Vous pensiez réellement que nous allions vous aider dans votre plan macabre ? Cette femme que vous accusez à tord d'avoir commis des crimes est celle qui m'a bercé quand personne n'était là pour le faire. C'est celle qui m'a montré comment remettre mes harceleurs à leur place, celle qui m'a tenu dans ses bras pour mon premier chagrin d'amour, celle qui nous a expliqué la puberté à Teddy, Dom' et moi. Celle qui est restée derrière la porte de la salle de bain pour m'apprendre à mettre un tampon, elle qui m'a appris l'importance du consentement et que je devrais frapper quiconque essayer de me toucher contre mon grés. Et vous voulez que je vous aide à la tuer ? Hermione est juste le pilier féminin que nous avons tous eu dans notre enfance pendant que vous preniez la poussière. Alors va te faire foutre Tante Ginny ! Toi et tes sermons à la con ! Quand Maman saura que tu m'as frappée, elle sortira son oiseau et te déchiquettera les yeux ! Elle me les broiera et je les avalerais pour le putain de dîner !

Autant de vilain mot dans la bouche d'une si belle fille,… Magnifique.

Hermione serra les dents en voyant la prise sur Severus se resserrer, son pauvre bébé allait avoir des bleus, encore. Seulement elle ne pouvait pas agir sans risquer de toucher les enfants, elle garda donc sa magie sous clef, se concentrant pour ne pas exploser et tuer tout ceux qui l'entourait. Ginny paraissait de plus en plus en colère face au propos de sa nièce, baguette en main la brune s'apprêta à attaquer si par chance les petits réussissaient à se sortir du passage.

— Tu vois ce que tu as fais ! Tu as détruis notre famille ! J'aurais jamais du accepter ton aide ! Tout est de ta putain de faute !

— Tu n'avais aucun droit de t'approprier mon fils ! Tu as tué Albus ! cria Ginevra.

Elle agita le gamin dans tout les sens, le pauvre ne retenait plus ses larmes et Bucky serra le poing si fort que son bras cliqueta. En son fort antérieur il remercia mille dieux d'avoir été déprogrammé, la violence de cette folle rouquine l'aurait immédiatement retourné.

— S'il te plaît Gin, lâche-le tu lui fais mal… demanda Hermione les larmes aux yeux.

Personne ici ne vit jamais de larmes sur les joues de « Mme Barnes », et pourtant c'est bien ce qu'ils virent lorsque la rouquine éclata d'un rire fou et resserra davantage sa prise sur le garçon. Si les aurors ne se décidaient pas à intervenir, les habitants de Delacroix s'en occuperaient ! Le silence se fit soudain autour du cercle. Les supers-collègues partagèrent un regard surpris : Mme Nilborn se frottait les mains sur son tablier, satisfaite.

CRACK.

Une assiette en porcelaine fracassa la tête de la rouquine.

— Court petit ! intervient-elle.

Ginny était au sol et avant même qu'Harry ne puisse esquisser un geste, Severus usa de sa seule échappatoire pour courir en direction de sa vraie maman, celle qui l'aimait inconditionnellement.

Hermione couru à sa rencontre, entendant aussi bien que les aurors le cri du sacro Saint survivant. Cela la motiva à courir plus vite encore. Attrapant son fils dans ses bras, elle se retourna si rapidement qu'elle devrait en avoir le vertige, pourtant elle savait qu'elle n'en ressentirait aucun désagrément : Harry Potter venait de lancer un impardonnable.

— Avada Kedavra !

Le cœur battant à cent à l'heure, Hermione attendit la mort sans jamais la voir arriver. Severus pleurait dans ses bras, des plops retentissant l'alertèrent et une troupe d'auror et de juge, tous américains, sans oublier Nott et Malfoy, apparurent devant leurs yeux. Fébrile, Hermione ne voulait pas se retourner, elle avait peur. Peur de ce qu'elle allait voir. Inspirant à fond, luttant contre un sanglot, la brune se retourna et tomba à genou, son fils dans ses bras.

Bucky se tenait là, haletant de cette course désespérée. Il avait assez vu et entendu de sortilège de mort pour les reconnaîtres au lancé. Il crût qu'il n'arriverait pas à temps, que sa Ved'ma allait mourir et ça il ne l'aurait pas supporté. Alors il se tenait là, son bras en vibranium en l'air.

— Jamie… Oh… Oh mon Dieu, souffla sa sorcière en s'effondrant à côté de lui.

Accroupi par terre, l'ex-soldat d'hiver accueillit l'étreinte désespéré d'Hermione. Entre eux, Severus tentait de reprendre des respirations normales sans hoqueter.

— J'ai crû que j'allais… J'ai crû que tu étais… Ne refais plus jamais ça abruti ! hurla-t-elle finalement. À quoi tu pensais ?! Tu aurais pu mourir ! Abrutis ! Idiot ! Débile ! Abrutis ! répéta-t-elle en le frappant.

Contrairement à leur retrouvaille cette tentative de violence démontrait toute la détresse et l'angoisse d'Hermione. Elle s'était préparée à mourir. Bucky comprenait exactement ce qu'elle ressentait, combien de fois avaient-ils risqués leurs vies l'un pour l'autre en mission ? Trop. Bien trop. Et Ved'ma réagissait toujours de la même façon une fois le danger écarté :

1. Elle l'insultait.

2. Elle le frappait.

3. Elle engloutissait tout ce qui lui passait sous la dent, ce qu'intimement Bucky nommait un « goûter crise de nerf ».

— Chut ça va Ved'ma, on va tous bien, j'ai dévié le sort avec mon bras.

— Mam's ! Oncle Bucky !

— Tante Hermione ! crièrent soudain les deux adolescents enfin libre.

Serrant ses petits dans ses bras, la brune profita de quelques secondes de répits avant qu'un grognement sourd ne s'échappe de sa gorge. L'un des aurors britannique s'approchait d'eux. En moins de temps qu'il n'en faut pour dire Quidditch, Severus voltigea dans les bras de James et Hermione se trouva devant sa famille, tout croc dehors et prête à arracher des membres.

— N'avancez pas plus, le prévient Bucky. Elle vous tuera.

Devant l'hostilité flagrante de la Dame, l'homme écouta le conseil et s'arrêta.

— Je suis désolé Miss Granger, je voulais simplement vous présenter mes excuses pour ce qu'il s'est produit aujourd'hui. Ne me mangez pas s'il vous plaît ?

Teddy éclata de rire, cessant momentanément de grogner sur le pauvre homme. Pour faire bonne figure la louve claqua des crocs avant se retransformer. James lui désigna son fils ou plutôt le nombre de blessure que son corps avait emmagasiné en quelques semaines. Silencieux, ils se comprirent et coururent chercher Malfoy.

Sam s'était occupé de tout, mettant lui-même la tête de Potter femme dans le béton pour lui passer les menottes anti-magie. D'après les aurors américains il y avait très peu de chance que le couple soit puni par la justice, tout ça à cause de l'argent et leurs actes « héroïques » passé, or ces gens n'avaient plus rien de leader de la lumière. Ils ressemblaient davantage à des tirans qu'autre chose à ses yeux.

Aidant les sorciers et rassurant la foule Captain America garda à l'œil la famille patchwork, il espérait qu'à présent tout irait bien pour eux, même s'il avait peu d'espoir que les Potter laissent un jour le pauvre Severus en paix.

En tant qu'« Oncle émérite », Sam eu l'opportunité d'accompagner tout ce beau monde à St Andrew, l'hôpital sorcier. Le plus jeune de la fratrie devait passer une batterie d'examen par différent médicomage pour alourdir les charges contre les Potter. Hermione ne le quitta pas d'une semelle, venant même à effrayer les infirmiers lorsqu'ils faisaient un geste de travers. C'était il y a des heures.

À présent Sam guidait les parents de Victoire, une femme blonde et autre rouquin, jusqu'à la chambre où se reposait ses co-équipiers. Une seconde avant qu'il ne pénètre dans le couloir, l'homme prénommé Bill l'arrêta en l'agrippant par le bras.

— Écoutez, murmura-t-il.

Ved'ma s'était endormie dans le lit d'appoint, le visage tourné vers ses enfants. Ted et Victoire somnolaient sur un banc, main dans la main, la jeune blonde posa sa tête sur l'épaule de son ami de toujours tout en luttant pour garder les yeux ouverts.

Assis sur l'unique chaise de la pièce, Bucky veillait sur le sommeil de tout le monde. En enlevant toute la morve et les larmes du visage du petit garçon, les médicomages s'étaient très vite aperçus des nombreux bleus, des tuméfactions, des plaques de peau morte dû aux allergies à répétition. Allergie provoquée intentionnellement par Mme Potter.

Il avait beau être dix heures du soir, Bucky ne pouvait pas dormir. Il prenait le premier tour. Récitant mentalement toutes les tortures que Ved'ma lui infligerait s'il osait lever ses fesses de son siège pour aller tuer les « parents » de ce gosse lui-même. Heureusement Malfoy, le blond péroxydé servant de médecin à Severus, écouta le soldat lorsqu'il insista pour que Teddy et Victoire se fasse également examiné. Ils remarquèrent alors les cicatrices récentes des abus que prodiguaient les Potter. James et Lily Potter eux, les derniers enfants du couple, ne subissaient rien. En fait, cette bande d'enfoiré propulsait toute leur révulsion envers Ved'ma contre ceux qui l'aimait.

Bucky serra les poings à cette pensée mais revient vite à la réalité lorsque les battements de cœur du jeune enfant se mirent à accélérer. Approchant sa chaise du lit, autant qu'il le put, l'homme attrapa la main du garçon. Hermione le tuerait s'il ne la réveillait pas mais elle avait besoin de sommeil, il pouvait amplement gérer son fils pour la laisser dormir un peu.

— Mmm bonjou', salua-t-il encore endormit.

Une main du gamin vient trouver ses yeux lourds de sommeil pour les frotter, il remarqua rapidement que sa seconde main était prise en otage par l'homme gentil au bras bizarre.

— Salut bonhomme, tu vas bien ?

Avec la dose d'antidouleur que les médicomages lui avaient injecté, Bucky savait que le gosse planerait un moment. Il ne s'étonna pas de la réponse positive.

— Elle est où maman ?

— Là-bas, désigna Bucky. Elle dort, on va essayer de pas faire trop de bruit d'accord mon pote ? Faudrait pas qu'on réveille ton frère, ta cousine et ta mère.

— D'accord on fait chuuuuut, déclara l'enfant exagérément.

— Oui c'est ça, chut.

— Pourquoi t'es toujours gentil avec moi ? Harry il m'a dit que les monstres ils ont pas le droit d'avoir des amis gentils, je comprends pas.

Ses petits sourcils étaient froncés d'incompréhension et outre sa bouille adorable, des propos comme les siens ne devraient jamais sortir de la bouche d'un enfant. La colère monta si fort en Bucky qu'il en tordit la chaise en métal sur lequel il était assis. Il respira profondément, essayant de ne pas effrayer le gamin et lui offrit un « sourire ».

— Bah Harry est un idiot.

— Tu as dis un gros mot, remarqua le garçon la bouche ouverte.

— Ouai, c'est un secret entre toi et moi, ok bonhomme ?

Severus acquiesça vivement, très heureux d'avoir un secret avec le monsieur bizarre. Dans un coin il aperçut son grand-frère, Ted, et sa cousine Victoire dormir profondément l'un contre l'autre. Sa maman était bel et bien derrière lui, ronflant sur son lit d'appoint. Seul le monsieur bizarre était réveillé, malgré ça l'enfant se sentit en sécurité. Le grand monsieur était gentil et ne l'avait jamais frappé.

Quand grand-mère Molly l'avait ramené à sa maman en septembre, le grand brun l'aida à faire des farces à « Captain Pigeon », il lui lisait des histoires et l'emmenait faire du vélo dans la grande cour. Severus l'aimait bien. Beaucoup même, mais il ne l'avouerait jamais à personne, il avait bien trop peur que le gentil monsieur se transforme en méchant, comme l'avait fait Harry après avoir chassé sa maman de la maison.

Mal à l'aise Bucky ne savait pas trop ce qu'il devait faire. Il avisa le sac de perles de sa louve et eu soudain une idée, enfonçant son bras à l'intérieur jusqu'à l'épaule, l'homme dénicha enfin ce qu'il cherchait : un livre !

— Ils sont où Harry et Ginny ? demanda enfin Severus inquiet.

— Loin. Très loin de toi, rassura Bucky. On ne les laissera plus jamais s'approcher de toi et de ton frère, jamais.

— Promis ?

— Promis. Je peux m'asseoir à côté de toi pour lire ?

Le livre en main, Bucky eut un petit élan de satisfaction lorsque le petit garçon hocha la tête et se décala sur le lit. Prenant garde à ne pas le blesser, le loup blanc s'installa sur le matelas, finissant carrément par attraper le gamin sous les aisselles et s'installer derrière lui par manque de place. Crispé, Bucky se rendit compte que le gamin se mordait pour ne pas rire, se mordait jusqu'au sang. Il lui tendit immédiatement un mouchoir.

— Ne t'amoche pas comme ça Severus, tu as le droit de rire si tu en as envie. Alors j'ai trouvé ça dans le sac de Ved'ma, de ta mère je veux dire, donc si ça te dérange pas je vais te raconter l'histoire de… C'est quoi comme bouquin ça ? Poudlard une histoire… Merde, je pensais pas qu'elle le lisait encore celui-ci !

— T'as encore dis un gros-mot ! s'exclama-t-il, choqué, les yeux écarquillés et les deux mains sur la bouche.

— Ouai j'ai entendu fiston, tu dis rien à ta mère surtout… Alors où est-ce que j'en étais ? Chapitre 1 : Les fondateurs…

Sérieux le petit hocha la tête, du moins c'est ce que Sam s'imagina derrière la porte lorsque Buck se mit à faire la lecture. L'homme roux, Vill… Ou Nill… Ou Bill, oui c'est ça ! Donc Bill sourit tendrement en entendant la conversation, sa femme lui serra la main les yeux brillants de larmes, elle s'appelait Lys… Ou Tulipe… Ou Sam n'avait vraiment pas la mémoire des prénoms.

— C'est la première fois qu'on l'entend rire depuis six mois, l'informa Fleur tout bas.

Hiiii ! Bonjour, bonsoir, bon week-end ! Je suis trop contente de vous avoir posté ce chapitre ce soir ! La famille est enfin réuni ! Bien sûr ils vivront encore quelques obstacles mais l'avenir s'annonce plus serein pour le jeune Severus. Comment avez vous trouvé ce chapitre ? Dîtes-le moi en commentaire, j'ai hâte de lire vos retours ! Prenez soin de vous bisous.