Chapitre 15
— Maman dépêche-toi ! Dépêche-toi ! appela Severus en enfilant rapidement ses chaussures.
Hermione leva les yeux aux ciels face à son excitation. Tout le monde était prêt sauf elle, contrairement à ses habitudes elle se réveilla tard et prit donc un retard considérable sur les garçons qui avaient grande hâte de visiter New York. Ils allaient faire du tourisme. Du vrai tourisme. Si elle devait être honnête, la louve noire détestait les foules et serrait les dents à l'idée de se jeter avec un nombre incalculable de gens aux niveaux de dangers potentiellement élevé. Mais James voulait absolument faire visiter la ville aux enfants avant que Teddy ne reparte à Poudlard le lendemain matin.
— Ved'ma chérie on va partir sans toi !
— Voilà, voilà j'ai mes chaussures et mon sac de perles.
Bucky sourit face à sa louve, elle était sublime, ce n'était qu'un jean et un pull léger qu'elle portait sur son dos et pourtant il la déshabilla du regard. Ses mains vinrent d'autorité soulever le haut pour attraper quelques lames et les poser dans une petite boite qui n'avait pas encore de place attitrée. En échange, Hermione fit de même. Ils ne gardèrent en tout qu'une seule lame, celle dans le sac de la sorcière et cela suffirait amplement pour une balade. Teddy riait dans sa barbe inexistante. Il comparait le comportement des loups du Wakanda à ce qu'ils connaissaient d'eux des années auparavant.
— Un problème louveteau ? demanda Hermione un sourcil arqué.
— Non rien Mam's. Qu'est-ce qu'on va voir Oncle Bucky ?
Et oui Bucky avait fait l'itinéraire de la journée, comptant sur la super-endurance de tout le monde pour ne pas devoir faire trop de pause. C'était amusant, de revisiter un New York moderne.
— Dans cette ruelle Steve c'est fait casser la figure par trois types louches qui s'en prenaient à une fille, leur apprit-il. Et là il y avait un bar dansant ! C'était très populaire à l'époque. Steve et moi habitions là, aux huitièmes étages dans cet immeuble, désigna-t-il à un moment donné.
— Regarde, ce n'est pas la pizzéria dont tu me parlais au Wakanda ?
Ved'ma désigna un ancien bâtiment avec une façade toute neuve où « chez Luigi depuis 1907 » brillait grâce à des néons multicolore.
Hermione jura que les yeux de James se mirent à briller, même s'ils avaient mangé pizza la veille elle n'eut aucune objection à ce qu'ils réitèrent l'expérience. À l'intérieur elle manqua de s'étouffer, le directeur des lieux avaient souhaité conserver un style ancien, digne des années de son compagnon et celui-ci détendit instantanément les épaules. Il n'y avait pas trop de monde, laissant le petit groupe choisir sa place.
— Tu sais Tonton j'ai fais comme tu m'avais dit avec Victoire.
— Comment ça ? demanda Ved'ma en fronçant les sourcils.
Les bougres ! Ils se moquaient d'elle maintenant. James n'eut même pas l'audace d'être gêné, haussant simplement les épaules avec un rictus.
— Il fallait bien que quelqu'un lui dise comment se débrouiller avec les filles…
— James Buchanan Barnes ! Tu as fais ça dans mon dos ?!
— Le prend pas mal Mam's mais pour donner des conseils de drague féminine je ne suis pas sûre que tu aurais été la meilleure… Et puis c'était soit Oncle Bucky, soit le roi T'Chala… J'ai juste choisis celui pour qui ça marchait le mieux.
Faussement indignée, Ved'ma se lança dans un sermon. Elle n'était pas crédible, le léger plissement de ses yeux étant la seule indication qu'elle plaisantait derrière son épaisse couche de magie de l'esprit. Le repas avalé, la troupe repartit pour leurs nouvelles attractions : l'incontournable Smith Sanatorium, la statue de la liberté et enfin Central Park où ils terminèrent leur journée.
Une pensée fugace pour ses parents dérangea son esprit, comme un souvenir un peu trop vif, Hermione préféra le laisser arriver et passer à autre chose. Cela ressemblait à un pansement, il fallait l'enlever vite pour souffrir le moins possible :
« Un homme se tenait devant elle, ses yeux plissés la dévisageaient alors qu'elle abaissait doucement sa baguette. Perdu il ne comprenait pas. Il ne comprendrait jamais. Elle avait échoué.
— Papa ?
— Folle… Vous êtes complètement folle.
Dans sa douleur, seuls l'échec, le rejet, la honte et la culpabilité l'assaillaient. Elle ne fit plus attention à aucun tic de son géniteur, car pouvons-nous dire père lorsqu'il ne se souvenait plus d'elle ?
— Papa s'il te plaît laisse-moi t'expliquer, je t'en supplie…
— Je ne sais pas qui vous êtes. Je ne veux pas le savoir. Vous fricotez avec un tueur en série, ma femme est blessée par votre faute ! Sans votre existence ces assassins ne seraient jamais venus pour nous tuer ! Sortez de chez moi tout les deux ! Fous ! Assassins ! Monstres !
— Excuse-moi, pardon… Pardon.
Derrière elle, Hermione sentit quelqu'un la tirer par la main en dehors de la petite maison Australienne. Le cœur brisé par le rejet de son père, les larmes roulaient sur ses joues. Ce fut bien plus tard qu'elle reprit ses esprits, son visage niché dans le torse de James. Il les avait amené sur un banc, ses doigts jouaient paresseusement avec ses boucles et ses lèvres formaient des mots réconfortant.
— Il me déteste.
— Oui. Mais un jour il comprendra ma Ved'ma, il comprendra que tu as fait ça pour les protéger.
Son nez renifla, peu élégant alors que James raffermit sa prise autour de son corps.
— Peut-on rentrer à la maison ?
L'ex-soldat d'hiver acquiesça sans un mot, et ce fut dans un tourbillon de vent que le couple se volatilisa, laissant à leur place un banc encore chaud et William Wilkins marchant vers eux complètement stupéfait. »
Le voile de mémoire s'échappa de ses yeux, et la femme retourna à ses activités avec sa famille, profitant de la présence de ses enfants et de son compagnon.
Toute la journée fut très amusante, Edward eu une poussière dans l'œil lorsqu'ils passèrent dans la partie consacré à la seconde guerre sorcière du musée mais sinon tout le monde passa un excellent moment. Fatigué malgré ses supers-demi-gênes, Severus termina naturellement sur les épaules de Bucky, montrant tout et toute chose avec de grand éclat de rire lorsqu'Hermione plaisantait sur tel ou tel anecdote historique. Bien sûr, il n'y avait que son fils pour rire à ce genre de blague intellectuel.
— Hey poupée je crois que tu viens de tuer Ted en l'espace de deux minutes, nota Bucky amusé par la mine dépité de l'ado.
— Ce n'est pas « je crois », c'est sûr, pouffa-t-elle.
— Je vous entends…
— Mince nous sommes repérés, quelle langue veux-tu parler Jamie ?
— Roumain ? Ils connaissent pas le roumain. Ah si… tu avais des bases quand tu étais petit je crois louveteau ?
— Yep ! affirma Ted. Je parle le roumain, l'anglais, le français, l'allemand, le russe et l'espagnol. Je voulais apprendre le latin pour mes cours de sortilège mais Mam's m'a fait comprendre que c'est inutile, la magie ne réagit pas à des mots mais à la volonté, alors je me suis rabattu sur le grec !
Le ton professoral sur lequel Edward leur annonça cela était tel qu'elle ne put s'empêcher de sourire. Ils déambulèrent encore un peu dans Central Park, le soleil se couchant largement à l'horizon lorsqu'ils décidèrent de retourner à l'appartement. Les rues s'étaient un peu vidés, il était l'heure de dîner, et donc Hermione n'eut pas à s'inquiéter de perdre Severus : il serrait fermement sa main et celle de James. L'homme quant à lui, se méfia donc moins des passants. Il y faisait toujours attention bien sûr, on n'abandonne pas des réflexes d'hyper-vigilance ainsi, cependant il s'en détacha suffisamment toute la journée pour ne pas remarquer son voisin qui arrivait en face.
Lorsque Bucky vit Yori Nakajima se fut bien trop tard. Pour quoi faire ? Il n'en savait rien. Il souhaitait simplement éviter le vieil homme, éviter sa colère, éviter la haine de quelqu'un qu'il considérait comme un ami. En vérité il ne savait pas comment réagir, allait-il simplement passer en l'ignorant ? Devait-il le saluer ? Essayer de lui parler.
— Arrête d'être idiot James, tu sais très bien ce que tu dois faire, intervient Ved'ma.
Elle avait toujours les bons mots au bon moment, et si Severus s'indigna que sa maman ait dit un vilain mot l'homme ne s'en formalisa pas… Moins d'un mètre. C'était la distance entre les deux hommes. Bucky serra le poing, il préférait mille fois retourner sur le champ de bataille plutôt qu'affronter cette situation, même si Ved'ma le tuerait pour penser à une chose pareil.
— Euh… Salut Yori, je…
— Ah Bucky ! Je me demandais où tu étais passé, s'étonna le vieil homme en s'arrêtant à sa hauteur. Ça fais un moment que tu n'es pas venu au bar pour notre rendez-vous hebdomadaire mon garçon, je te cherchais partout mercredi dernier.
Nakajima scruta le petit groupe, joueur il ne se priverait pas d'embêter son voisin sur la petite famille qu'il avait devant les yeux. Malheureusement cet examen minutieux fit peur au cadet des enfants, instinctivement Severus s'éloigna le plus possible de l'inconnu et se recroquevilla derrière Bucky.
Le vieil homme fronça les sourcils d'incompréhension, il n'était pas si menaçant n'est-ce pas ? Du moins à côté du sergent Barnes il faisait pâle figure. La femme brune, celle qu'il savait être l'ex-Ministre de la magie Britannique, lui offrit un sourire contrit. Ses yeux brillaient d'une drôle de couleur boueuse, les éclats dorés y logeant se mêlaient à des tâches bien plus sombres. Elle rassura le petit avec quelques mots mais celui-ci ne daigna pas s'éloigner de son garde-du-corps, laissant l'adolescent du groupe pouffer dans son coin.
— Désolé, j'ai eu un petit contre temps.
Une moue sur le visage, Bucky remarqua vite la stature de son ami : amical, sans rancœur, il venait en toute gentillesse les saluer, sans arrière penser et l'ex-soldat d'hiver n'osa en rêver.
— Je vois ça, vas-tu attendre la fin du monde pour me présenter à ta « colocataire insupportablement mignonne accro aux livres ? » et ces petits gnomes ? Enfin, très grand gnome si j'en crois la taille de celui-ci, nota Nakajima.
Merde. Bucky avait envie de se cogner la tête contre un mur. Yori était-il vraiment obligé de l'humilier devant Ved'ma ? Au vue de son ricanement, elle n'était pas contre quelques anecdotes. Malgré tout son self contrôle Bucky sentit une légère rougeur s'installer sur ses joues.
— C'est qui le monsieur Papa ? souffla soudain Severus.
Hermione laissa tomber sa mâchoire dans un bruit sourd, elle papillonna des paupières un moment ignorant totalement la panique actuelle de James. Ils n'eurent pas besoin de mots pour se comprendre, son compagnon attrapa la petite silhouette bien trop maigre de Severus et le cala dans ses bras.
— Lui bonhomme c'est Yori Nakajima, un ami à moi. Yori je te présente Hermione ma compagne, son filleul Edward et son fils Severus.
— Bonjour ! salua vivement Teddy lorsque Sev se contenta d'un signe de la main.
— Nos enfants, corrigea la louve.
— Nos enfants…
C'était étrange à prononcer. Étrange et sacrément agréable.
Bizarrement l'aîné ressemblait à sa marraine, d'une manière très étrange, nota Yori. Celui-ci compris que le gamin était magique lorsque ses yeux passèrent un bref instant au bleu, Edward lui adressa un clin d'œil en souriant. Quant au cadet, il était difficile pour le vieil homme de se faire une idée, il avait certainement la chevelure bouclé de sa mère mais la couleur ébène y régnant le faisait énormément ressembler à son voisin. Bizarre…, songea-t-il.
Dans la tête de James se déroulait une pièce de théâtre hésitante entre la panique et une joie intense. Panique parce qu'il n'avait jamais été le père de personne et qu'il devait tout apprendre de zéro, joie intense pour le sentiment indescriptible de bonheur qui irradiait depuis que Severus l'avait appelé « Papa ». Le brun était certain que même en se barricadant derrière ses barrières mentales, Hermione réussissait à lire en lui comme dans un livre. Elle retenait visiblement un rire de sortir d'entre ses lèvres tout en alimentant la conversation avec Nakajima.
— Je suis enchanté de vous rencontrer tous enfin, depuis le temps que Bucky me bassine avec vous : Ved'ma par-ci, Ved'ma par-là, et Teddy que fait-il maintenant ? J'espère qu'il joue pas au Quidditch ça rendrait Ved'ma complètement dingue. Il y a juste ce petit là dont je n'entendais pas le nom, remarqua le vieil homme en fronçant les sourcils. Bébé post-snap je suppose ?
— Quelque chose comme ça, grimaça Hermione.
— C'est compliqué.
Nakajima était un type bien, vraiment bien, il voulut leur payer une bière (oubliant momentanément la présence des enfants) mais elle déclina l'invitation gentiment, promettant qu'il recevrait une invitation à dîner avec eux dans les prochains jours. En fait ce n'était pas l'envie de continuer la discussion qui manquait, cependant Severus se cachait dans les pans du blouson en cuire de James pour fermer les yeux et se rendormir. Le pauvre enfant était encore convalescent, il dormirait d'un sommeil de plomb ce soir !
— Et bien nous allons dans la même direction je crois, je vous raccompagne !
Ils rentrèrent alors tous ensemble jusqu'à l'immeuble. La louve noire s'occupa de sortir les clefs et ouvrit au groupe, laissant James porter Severus dans les escaliers. Une fois arrivée devant la porte de l'appartement, elle salua Yori et se tourna vers le brun en tendant les bras.
— Je vais aller le coucher, il est exténué. Ted doit faire sa valise pour demain alors si tu veux rester pour discuter un peu…
— Merci ma louve, à tout de suite.
— Maaaam's je peux me faire une omelette ? demanda Edward de la cuisine.
— TU NE… commença-t-elle à hurler avant d'obtenir une façade neutre. Ted ne touche pas à la cuisine, je ne veux pas rappeler les pompiers, et tu as déjà mangé deux assiettes complètes au restaurant il y a moins d'une heure, termina-t-elle en se souvenant de la présence endormit contre elle.
— Mais j'ai encore faim, je suis un hybride en pleine croissance !
— Et moi je dis que tu auras moins faim une fois tes dents brossées, c'est de la gourmandise ça jeune homme, gronda-t-elle en refermant la porte derrière elle.
Les deux hommes se regardèrent un instant, ils ne voulaient pas frustrer la pauvre femme en se moquant devant elle, mais cela n'empêcha pas le vieil homme de demander…
— Alors vous avez du appeler les pompiers ?
— Ce gosse est une calamité au fourneau.
Un rictus plus tard Bucky se retrouva dans l'appartement de son vieil ami, discutant du pourquoi du comment, n'ignorant aucun détail cette fois sur sa relation avec sa sorcière.
…
En Louisiane une fine pellicule de neige demeurait depuis quelques jours. Ici les flocons demeuraient éphémères et ne tarderaient pas à disparaître, bien à l'abri dans la maison des Barnes, Sam aidait Buck à raboter le parquet. Ils étaient dessus depuis une heure, et bon sang c'était fatiguant, lorsqu'il songeait que sa sœur et la sorcière s'occupaient de la peinture dans les chambres il en fut presque jaloux. Heureusement Monsieur Grincheux ronchonnait un peu moins. Après une bonne discussion sur PowerBroker et comment arrêter Sharon, Sam préféra changer de sujet.
— Mec t'attend quoi pour lui demander ?
— Demander quoi Wilson ?
— Pour le petit. Ta copine se mord les ongles à chaque fois qu'elle ressent une présence magique et on sait tous que les Potter passeront au-dessus de leur injonction un jour, alors qu'est-ce que t'attend pour lui demander ?
— C'est son fils Sam, grommela Bucky. Je ne vais pas lui forcer la main.
Les deux hommes terminèrent enfin le rez-de-chaussée et Sam continua son sermon, une bière à la main.
— Putain Buck t'es pas juste un type au hasard ! T'es le loup blanc, t'es le mec qui l'a aidé à s'évader de sa torture, t'es le mec pour qui elle a envoyé chier sa nation entière, t'es le mec pour qui elle a passé deux ans à faire sauter des bases Hydra au hasard sur une carte et t'es le putain de type qui l'a demandé en mariage. C'était peut-être il y a longtemps mais tu l'aimes, elle t'aime, le gamin t'aime, t'attend quoi pour poser tes couilles sur la table ?
— Je tiens à mon service merci, Ved'ma me castrerait si j'essayais.
— Tu vois ce que je veux dire mec ! Va la voir, fais lui un joli petit spitch qui terminera par : « Je vous aime tous, je vous veux en sécurité, fais de moi son père avec ta potion magique mon amour ». Par contre parle-lui quand je le kidnapperai pour aller faire un tour dans les airs, je veux pas traumatiser ce pauvre gosse plus qu'il ne l'ait déjà !
Bucky but une gorgée de sa bière. C'est vrai que cet l'idée lui traversa l'esprit plusieurs fois, souvent à vrai dire, mais était-il prêt à ça ? Oui certainement. Il était un homme libre, il avait déjà réussis à supporter Ted dans son enfance alors pourquoi ne pas recommencer avec Sev', après tout ce n'était pas bien compliqué. Bucky avait juste à être présent pour lui, c'était tout ce que demandait ce gamin en manque d'amour.
Sam lui retendit une bière, il n'avait pas eu conscience d'avoir vidé la précédente. Ce pigeon avait raison, au moins un peu. Il devrait en parler à Ved'ma quand elle terminerait sa peinture.
À l'étage de la maison des rires se faisaient entendre, Sarah profitait qu'Hermione soit plus accessible pour former un véritable lien avec elle.
— Alors toi et le sergent… Ça fait longtemps ?
— On s'est rencontré en 2008.
— Wah ! Et est-ce que tout de lui est devenu « super » grâce au sérum ? demanda la plus âgée malicieuse.
— Sarah ! s'exclama la sorcière lui lançant un peu de peinture sur son tablier.
— Quoi je me demandais c'est tout !
Mal à l'aise Hermione détourna le regard, cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu une telle conversation entre fille. Depuis qu'elle avait quitté le Wakanda et que Shuri avait disparu durant le snap en fait. La petite génie en herbe lui manquait, de même que T'Chala et Ramonda. Toutes ces personnes qui l'accueillirent à bras ouverts. Gardant un ton détaché et une mine impassible, la super-sorcière décida de répondre à Sarah, elle l'appréciait assez pour ne pas lui mettre un vent magistral.
— Oui.
— Oui quoi ? Oui son corps est super ou oui le sexe est génial ?
— Moi qui pensais que tu ne ressemblais pas à ton frère, je commence à voir les ressemblances maintenant, marmonna la sorcière.
— Je vais prendre ça pour un compliment. Tu n'es pas obligé de répondre tu sais, mais j'avoue être vraiment curieuse.
Hermione commença à ouvrir la bouche et la referma soudainement, changeant de sujet assez vite en entendant les pas lourd des hommes dans les escaliers. Le fait est qu'Hermione ne pouvait pas répondre correctement à la question de la sœur Wilson, elle ne connut pas James dans les années quarante avant qu'on lui injecte une tentative de sérum alors elle n'avait aucun axe de comparaison.
Elle termina de peindre sa partie du mur et lança un petit sortilège au pinceau de Sarah pour qu'il continue tout seul lorsque deux bras l'entourèrent. James fourra sa tête dans son cou, appuyant un baiser sur sa peau. Il respirait son odeur et profitait de cette étreinte. Un sentiment de sécurité apaisa Hermione sur l'instant, elle se laissa aller contre son torse.
— Wahou vous avez super bien avancé les filles ! Comment vous avez fait ? questionna Sam en tournant au milieu de la chambre.
— Je suis une super peintre, admit Sarah.
— Je suis une sorcière, lança Hermione.
Cette phrase semblait régler tout les petits problèmes du quotidien, c'est vrai grâce à la magie les travaux de rénovations avançaient très vite, il ne faudrait plus très longtemps avant qu'ils ne puissent emménager ici. Bucky espérait que la maison soit prête pour fin février, Hermione visait janvier.
Après une dernière bière tous ensemble Sam entraîna sa sœur vite et loin d'ici, sachant que Buck voulait parler sérieusement à sa copine. Captain America, alias Captain Pioupiou, alias le Pigeon de service se chargerait donc de chercher TOUS ses neveux chez Mme Nilborn, il allait sûrement devoir batailler un peu avec la vieille dame pour ramener Severus avec lui mais cela ne le dérangeait pas.
Dès leur départ, les loups du Wakanda rangèrent le bazar des travaux et terminèrent dans la seule et unique pièce finie de la maison : leur chambre. Une table et un ensemble de chaise y trônaient.
Affalée sur son assise, Jamie en l'occurrence, Hermione lisait un magazine de décoration un sourcil arqué.
— Si ce truc te rend sceptique brûle-le, lui murmura James à l'oreille.
Il mordilla doucement son lobe, la laissant abandonner le torchon entre ses mains pour profiter de leur moment d'intimité. Le contraste entre la main métallique et la main de chaire sur sa peau lui donnait des frissons. Alors qu'il la serrait dans ses bras Hermione sentit James passer sous la barrière de son pull, caressant sa peau.
— Tu m'as manqué, soupira-t-elle.
Sa tête tomba vers l'arrière, Bucky continua d'embrasser son cou, chaque petite partie d'elle, mordillant et léchant, marquant son territoire comme il aimait tant le faire.
— Mmh… acquiesça-t-il. Tu m'as manqué aussi poupée. Comment ais-je pu me contrôler en septembre ? Tu sens si bon.
— Tu me rendais folle dès que tu essayais de me garder contre toi, tu aurais reçus quelques gifles si tu avais essayé de me toucher comme ça, déclara-t-elle.
L'un comme l'autre savait que c'était vrai. Hermione se retira un instant de la poigne de son loup, juste une seconde pour se retourner et coller sa poitrine contre son torse, juste assez pour avoir accès à ses lèvres. Ils ne discutèrent plus beaucoup après ça, baptisant de milles manières cette maison encore en pleine rénovation.
Merlin. C'était si bon. Bucky reposa sa tête sur l'épaule de sa sorcière, il la tenait encore contre le mur et la laissait redescendre de son orgasme avant de la reposer par terre. Bon Dieu. Bon Merlin. Toutes les putains de divinités. Il était tellement heureux d'être de retour auprès de sa « colocataire ».
Bucky n'attendit pas que ses jambes puissent la porter pour se rasseoir sur une chaise dans leur chambre, Ved'ma demeurait sur lui, traçant de ses doigts la limite entre sa chaire et le métal. Le sergent sentait encore les dents de sa sorcière sur la peau de son cou.
— Ved'ma… J'ai une question.
— Et j'ai peut-être une réponse, rétorqua-t-elle.
Il admettait un visage assez grave, voir dur, le genre de visage qu'elle ne voyait qu'en mission. Elle passa un doigt sur la ride entre ses yeux. Cet abruti l'inquiétait, qu'avait-il encore fait ?
— Ne fronce pas les sourcils chéri, dis-moi ce qu'il se passe.
Il ne savait pas comment aborder la question, ni comment Ved'ma le prendrait. Bucky se contenta de la serrer contre son corps nu, enfouissant sa tête dans son cou, se cachant dans ses cheveux comme il en avait l'habitude.
— On sera jamais tranquille tant que notre fis gardera de l'ADN Potter… Ma louve, s'il te plaît, laisse-moi faire ça pour lui, laisse-moi être son père.
— Tu veux… Tu… James. James ne te cache pas dans mes cheveux, regarde-moi, demanda-t-elle.
Elle prit son visage entre ses mains, embrassant tendrement ses lèvres. Un soulagement immense terrassait Hermione et si ce vieux grincheux décongelé des années 40 n'était pas sa putain d'âme sœur, elle ignorait qui pouvait l'être.
— Je ne pensais pas que tu voulais aller jusqu'au rituel, mais James tu es déjà son père, il t'aime énormément et je sais que tu le protégeras au péril de ta vie.
— On est vraiment pas doué avec la communication.
— Non. Mais on s'en sort toujours n'est-ce pas ?
Clairement. Bucky ne dévia pas ses océans des ors de Ved'ma, se sentant tout à coup assez en forme pour la vénérer encore une fois comme il se le devait. Elle lui sourit seulement en retour, attaquant à nouveau ses lèvres. Intérieurement Bucky remercia son endurance de super-soldat, car « Mme Barnes» était véritablement insatiable. Ce fut donc dans un mélange de sueur, d'amour et de gémissement qu'ils scellèrent leur accord : ils formeraient une famille, une famille bien étrange, composés de « loup », mais ils seraient heureux tous ensemble.
…
— Bonjour mon louveteau, comment va Poudlard aujourd'hui ? demanda Hermione à travers son miroir.
Assise sur le canapé dans l'appartement de New York, elle attendait que Sam et James lui ramène son fils et en profitait pour appeler son premier. La mine joyeuse de Ted ne la trompait pas, il était épuisé et ceux pour une raison qu'elle ne comprenait pas.
— Super Mam's ! J'ai réussis tout mes examens blancs donc je n'ai pas vraiment à me plaindre.
— Je suis fière de toi, mais maintenant la vraie version ? Tu es si pâle, on dirait que tu n'as pas vu la lumière du jour depuis trois semaines.
— McGonagall est insupportable, Ginevra ne cesse de venir à l'improviste pour me harceler à propos de Sev, les autres élèves n'arrêtent pas de me demander comment je peux être à poufsouffle à cause de qui était mon père et qui vous êtes toi et Oncle Bucky, et Victoire et moi nous sommes disputés à cause d'une broutille, soupira le garçon.
— Je suis désolée louveteau, c'est en partie ma faute tout ça, grimaça Hermione. Écoute on va trouver une solution, je vais de ce pas envoyer un message à Nott, il va me régler cette histoire avec la directrice et Ginevra, quant à toi je veux que tu ailles voir Mme Chourave. Je la connaissais assez mal pendant mon adolescence mais elle a toujours été d'une gentillesse à rude épreuve.
— Mam's… Je veux changer d'école.
Et Hermione le comprenait parfaitement, certains de ses cousins, embrigadés par leurs parents du côté des Potter s'amusaient à répandre de vilaine rumeur sur Teddy. Derrière l'adolescent elle entendit vaguement une petite voix criarde se moquer de lui et demander :
— « Alors Lupin, toujours en contact avec ta tueuse de mère ? Qu'est-ce que ça fait d'être le fils d'un loup-garou et d'avoir été adopté par les deux plus grand meurtrier de la planète ? »
Le gamin serra les dents, ses cheveux virant au rouge vif alors qu'il serrait sans doute les poings. Interdite d'accès ou pas, il fallut trente seconde à Hermione pour transplanner dans l'enceinte même de Poudlard derrière la petite voix criarde et moqueuse. Edward écarquilla de grands yeux surpris en l'apercevant, il ne dit rien cependant, laissant l'effet « louve noire » agir.
— Oui sa mère est encore en contact avec lui, grogna-t-elle. Et dommage pour vous, vous venez d'énervez la plus grande meurtrière de la Terre.
Le groupe de quatre, des filles de serpentards et gryffondors, échappa un cri terrifié. Un sourire sadique sur les lèvres, Hermione s'amusa à toutes les attraper par l'oreille et les traîna dans les couloirs après un :
— Suis moi louveteau, finalement tu vas aller la voir plus vite que prévu Mme Chourave.
Acquiesçant, toujours aussi surpris par l'arrivée subite de sa marraine sur les lieux, Teddy la suivit à grande enjambé vers les bureaux de la responsable de poufsouffle. Sur leur chemin ils croisèrent d'autres étudiants, ces derniers baissèrent les yeux ou hurlèrent d'effrois, au choix.
— Nous faîtes pas de mal s'il vous plaît ! supplia l'une des gamines.
— Pour qui me prenez-vous ! cracha Hermione. J'ignore quelle rumeur idiote vous avez entendu à mon sujet mais la prochaine fois je vous conseillerai d'ouvrir un livre d'histoire avant de déblatérer des conneries pareilles !
Une aura effrayante suintait partout dans les couloirs où la sorcière passait. Ted la suivait tête haute, comme sa marraine lui avait appris des années auparavant pour se déplacer dans le ministère. Ce n'était plus le moment de montrer sa fatigue des autres, sa crainte. Aujourd'hui il suivait la sorcière la plus puissante de l'époque, sans qu'aucun professeur ne réagisse à son passage. Slughorn leva sa petite chope de whisky dans leur direction, les saluant mais Hermione n'en avait cure. Elle allongea pas après pas, sa cape virevoltait derrière elle, Snape serait fier son mouvement était parfait !
— Tu ne vas pas être en retard à ta réunion avec les gobelins ? demanda Teddy inquiet d'avoir saboté les projets de sa mère.
— Les gobelins peuvent attendre, j'ai deux fils et je n'en abandonnerais pas un au harcèlement au profit de l'autre, grogna-t-elle.
TOC-TOC-BOOM !
Le portrait tomba sourdement sur le sol faisant sursauter la propriétaire du bureau aux nombreuses plantes.
— Euh… Excusez-moi ? Je n'ai pas bien mesuré ma force je crois.
— Grand Merlin miss Granger ! Mais que faîtes-vous ici ? Rentrez vite vous allez vous faire arrêter si le professeur McGonagall apprend que vous êtes ici ! s'écria une petite femme ronde que la brune n'avait pas vu depuis près de quinze ans.
Quinze longues années les vieillirent toutes les deux, Hermione savait que Pomona Chourave survécut au snap mais ne s'y était jamais vraiment intéressé, elle avait tant de chose à faire sur le moment que cela lui importait assez peu.
Aujourd'hui elle s'en voulait, sa professeur de botanique avait peut-être eu besoin de quelqu'un à qui parler durant ses obscures années ? D'un mouvement commun, marraine et filleul relevèrent le portrait, un peu de magie sans baguette plus tard et la porte était comme neuve.
— Désolé de vous déranger Professeur, salua sobrement Teddy penaud.
— Ce n'est rien voyons, installez-vous et dîtes-moi tout, je pense que cela doit être plutôt important si vous vous déplacez en personne miss Granger, lui sourit la directrice de poufsouffle.
— En effet. Je suis navrée de notre interruption Professeur, ce n'était clairement pas dans mes intentions de défoncer la porte, maintenant je me dois de vous demander si vous étiez au courant pour le harcèlement que subit Teddy ces derniers mois ?
— Appelez-moi Pomona ma cher, cela fait bien longtemps que vous n'êtes plus mon élève. Et malheureusement oui.
La femme fusilla du regard les quatre adolescentes morte de trouille devant la grande louve noire et l'aura néfaste qu'elle dégageait à la seconde où elle posait un œil sur leur groupe de peste.
— J'ai bien essayé de faire quelque chose, mais voyez-vous tout les points que je retirais sont miraculeusement réapparus dans leur sablier le lendemain, comme toutes les retenues furent annulés par le professeur McGonagall elle-même. J'ignore pourquoi elle s'entête à croire que vous êtes un monstre miss, mais je refuse de tomber dans ses machineries digne d'Albus !
Ted se cacha derrière son masque d'occlumencie et retient son reniflement ému. Il savait bien que Mme Chourave faisait son possible pour l'aider, elle n'était tout simplement pas assez haut placé dans la hiérarchie poudlarienne.
— C'est rassurant… J'ai surpris ce petit groupe de gamine entrain de l'intimider, nous étions en pleine conversation miroir, alors je n'ai pas réfléchis plus longtemps avant de venir. Cette histoire doit se régler et aujourd'hui même Pomona.
— Je suis désolée Hermione mais je suis pieds et mains liés dans cette histoire.
— Et si on invoquait le règlement de Poudlard Mam's ? Il est bien stipulé qu'en cas d'intimidation et de refus d'intervenir de la direction, la victime concerné était en droit de changer d'établissement sans subir de frai monétaire d'arrêt de scolarité ?
Le cerveau tournant à cent à l'heure, Hermione se remémora tout le règlement et sourit à son adolescent :
— Page 1427, article 942, alinéa c, admit-elle. Bien joué louveteau.
Dans son fauteuil, face à eux, Pomona chercha le dit texte et se rendit à la page concernée. Elle secoua la tête d'amusement en constatant que son ancienne élève avait retenue la localisation exacte du passage.
— Votre mémoire m'impressionnera toujours, admit-elle.
— Le sérum l'a amélioré davantage, je n'ai aucun mérite là-dedans.
Bon… Peut-être un peu, ce n'est pas tout les étudiants de Poudlard qui s'amuse à lire le règlement général de l'école tous les ans. Après une dizaine de minutes de discussion sur les formalités, des papiers signés, Hermione entendit de lourds pas se diriger vers l'entré du portrait.
— On vient, annonça Teddy avant elle.
— Je sais.
— Filez vite alors, je ne tiens pas à vous voir en prison miss Granger.
— Hermione, corrigea la brune. Quant à vous…
La femme se retourna vers le quatuor de pestes effrayées. Si durant les dix dernières minutes elles se relaxèrent, la magie de leur agresseuse se calmant, là elles comprirent leur douleur. Miss Granger était vêtue pour un rendez-vous important, sa puissance dominait la pièce entière alors qu'elle laissait son énergie compressait les jeunes filles de toute part. L'une d'entre elle hurla sur le coup, bien plus sensible.
— Oh tiens… Vous devez avoir la même composition qu'un insecte, à l'époque où je venais d'être le cobaye du super-sérum ma magie brûlait chaque moustique ayant l'idée même de se poser sur ma peau. Alors croyez-moi, si j'entends dire que vous avez encore embêté MON fils avant qu'il ne parte pour une autre école,… JE. VOUS. TUERAI.
À ces mots, Hermione salua gaiment Pomona et transplanna directement devant la grande Salle où elle déposa gentiment Teddy. L'adolescent se rua dans les bras de sa marraine, heureux d'avoir toujours se soutient inébranlable qu'elle offrait à chaque fois qu'il en émettait le besoin.
— Merci Mam's, je sais pas ce que je ferais sans toi.
— Tu as trouvé la solution tout seul louveteau, ne te sous-estime pas. Dis-moi je sais qu'on n'en a pas parlé, j'ai encore quelques minutes avant que les aurors ne débarquent ici alors que dirais-tu de manger un petit-déjeuner avec moi ?
La grande Salle n'avait pas changé d'un iota depuis ses années d'étude, Hermione s'installa à la table de son filleul.
— Alors, c'est quoi la question ? demanda Ted.
— Nous n'en avons pas parlé avec toi parce que ça ne te concernait pas directement, mais Severus reste ton frère alors je me demandais si cela te dérangeait que James l'adopte par le sang… Si tu aurais voulu quelques choses comme ça pour toi aussi.
— Bien sûr que non ! Mam's je t'adore, j'adore Oncle Bucky, alors le prenez pas mal hein mais je préfère pas, Remus et Dora Lupin m'ont aimé contrairement à Severus.
— Ouff. Je t'avoue que tu me soulages d'un poids louveteau, je ne sais pas ce que j'aurai fais si tu avais dis oui.
L'ado pouffa et engouffra trois viennoiseries en un temps record, le temps qu'il fallut pour entendre un terrible remue-ménage. Quatre têtes : rousses, blondes et brunes sautèrent sur la sorcière en émettant des bruits joyeux :
— Tatie Mione ! Qu'est-ce que tu fais là ? demanda la petite Molly, la fille de Percy et Audrey.
— Tu restes longtemps ? demanda Fred Weasley, le fils de George et Angelina.
— Tu n'es pas en sécurité ici ! Qu'est-ce qui t'a pris par la tête, il y a une armée d'auror juste pour toi ! cria plutôt Dominique la cadette de Victoire.
Même Victoire qui sourit timidement à son petit ami. Hermione leva les yeux aux ciels en l'apercevant ranger une mèche de cheveux derrière son oreille tandis que Teddy lui proposait le dernier croissant.
— Tout va bien les enfants, vous allez bien ? s'inquiéta-t-elle.
Chacun eu son petit mot à dire, à tour de rôle bien sûr, la théière faisait office de bâton de parole. En entendant à nouveau les pas précipités au niveau des escaliers, Hermione épousseta son pantalon, et serra son neveu et ses nièces dans ses bras.
— Vous allez me manquer, très, très fort. Envoyez moi un hibou si ça ne va pas d'accord ? Surtout toi Molly chérie, je sais que la nouvelle cohabitation avec tes parents et ta sœur n'est pas facile.
— Promis Tatie !
Teddy eu droit à un petit signe de la main, le pauvre garçon se dépatouillait comme il pouvait avec Victoire, usant de technique de drague datant de presque cent ans. Hermione sourit, amusée, avant de transplaner loin, très loin de l'Angleterre. Elle eut juste le temps d'entendre un « Elle est là !» avant de disparaître.
À bout de souffle, nauséeuse, elle réapparut directement à New York, s'étalant de tout son long sur le doux tapis qu'elle avait ramené de son « taudis ».
— Putain de bordel de merde, jura-t-elle.
— Mione tu nous as fait une de ses frousses ! cria Sam ne s'attendant certainement pas à la voir apparaître à plat ventre devant le canapé où il était assis.
James n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche, et Severus encore moins, la sorcière vomit ses tripes dans les toilettes.
— Hey Ved'ma, tout va bien ?
Bucky lui tenait les cheveux, passant sa main métallique dans son dos pour l'apaiser. En dehors de la pièce, Severus posait un millier de question à Sam, redevant peu à peu le petit garçon farceur qu'il rencontra en septembre.
— J'ai l'air d'aller bien ?! piqua-t-elle en rebaissant la tête dans la cuvette.
— Non.
Ignorant le ton désagréable, Bucky se contenta d'apporter son aide à sa sorcière. Il la releva sur le lavabo et lui tendit sa brosse à dent sans dire un mot, il préférait ne pas s'enfoncer, Ved'ma parlerait lorsqu'elle se sentirait mieux. Un peu inquiet qu'ils soient en retard pour la réunion avec les gobelins, Bucky refoula cette émotion bien profondément en lui, se servant de la pokerface du soldat d'hiver.
— Je suis désolé mon loup… J'ai trop forcé sur ma magie.
— D'où as-tu transplanné ?
— Un aller-retour Amérique-Écosse. Je suis allée à Poudlard et même avec le sérum mon corps ne digère pas un truc pareil.
Ved'ma lui expliqua tout ce qu'il s'était passé depuis le début. D'abord en colère, puis soulagé qu'elle aille bien, Bucky l'asphalta pendant trois minutes sur son inconscience.
— Tu aurais pu te tuer ! Qu'est-ce que je deviens sans toi ? Je veux plus vivre sans toi Hermione, ça me tuerait, lui hurla-t-il dans les oreilles. Tu as pensé à Sev ? Et s'il t'était arrivé quelque chose où est-ce qu'il aurait atterri ?!
Inébranlable, elle le laissa se calmer et lui hurler dessus. C'est vrai qu'elle avait été sacrément inconsciente aujourd'hui, James avait raison, elle aurait pu se tuer. Tremblante, elle se remercia d'avoir pensé à jeter un sortilège de silence sur la pièce.
— Je ne recommencerai plus. S'il te plaît arrête de crier James.
Mais inquiet comme il l'était, Bucky ne s'arrêta pas là, ils avaient beaux être des supers-soldats Hermione devait comprendre qu'elle n'était pas immortelle. Elle lui en voudrait sans doute, mais il préférait qu'elle soit en vie et qu'elle le déteste, que morte.
Ils s'engueulèrent, très fort, assez pour faire trembler les murs. Bucky stoppa pourtant toute dispute, et la prit dans ses bras, la serrant aussi fort qu'il le pouvait contre lui. Des sanglots incontrôlables agitaient la brune. Des sanglots ou le contre coup de son transplannage longue distance, un transplannage qui aurait tué n'importe quel sorcier dans la seconde.
Une chose est sûre sa chemise était foutue.
— Je suis désolé d'avoir crié ma louve, s'il te plaît mon amour ne pleure plus, calme-toi. Aller ma Ved'ma regarde-moi.
Hermione leva les yeux, sentant la crise de spasme s'apaiser. Cela ressemblait drôlement à l'une de ses crises post-doloris, comme celle qu'elle faisait lorsqu'elle était prisonnière au manoir Malfoy. Et Merlin sait que lui rappeler ses souvenirs n'étaient pas une bonne idée.
—Tu as raison sur ce point James : on est pas immortel. J'ai toujours crû ne jamais survivre à la guerre tu sais ? Je défiais la mort si souvent… Je crois qu'avec ma carte de super-sorcière je me sentais un peu invisible alors j'ai pas réfléchis, j'ai transplaner. Ces pestes insultaient Ted et j'ai réagis au quart de tour.
En se reculant doucement la brune aperçut les dégâts qu'elle avait fait à la chemise de son compagnon, un sourire contrit germa sur les lèvres devant le mélange de larme et de brûler. Combien de choc électrique lui partagea-t-elle durant sa crise ? s'inquiéta-t-elle.
— Pardon, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu ce genre de symptôme.
— Qu'est-ce que c'était ? demanda plutôt Bucky.
— Tu te souviens du sortilège de torture ?
Il acquiesça prudemment, additionnant a + b de lui-même.
— Tu n'en avais jamais faîtes jusque là.
— L'expérience y est pour beaucoup, avant que le Docteur Melwin joue aux scientifiques sur moi j'étais même incapable de tenir une tasse sans la briser. Le seul moment où je cessais de trembler c'était lorsque sa baguette se dirigeait sur moi et que le sortilège me touchait.
Maintenant elle connaissait ses limites, et celle-ci comprenaient : pas de transplannage entre deux continents ! Les sourcils froncés par cette inquiétante nouvelle, James hocha la tête pensant sans doute à milles et une façon de tuer Bellatrix, heureusement pour eux tous elle mangeait des pissenlits par les racines depuis seize ans.
— Je t'aime Bucky… Mais on va être en retard ! Putain de bordel de…
— Langage.
— Va changer de chemise, ordonna-t-elle. Je me refais une beauté et on se retrouve dans le salon dans deux minutes.
— Hey poupée ! l'interrompit-il avant de fermer la porte de la salle de bain. Je t'aime aussi.
Heureusement, ils ne furent pas en retard. Sam dût les emmener à coup d'aile jusqu'à l'allée sorcière mais sinon tout se passa très bien… Les gobelins furent très aimable, après toutes ses années de collaboration ils connaissaient bien Hermione, assez pour ne pas poser de question sur son étrange choix de petit ami.
Comme le veut le rituel Molly Weasley, l'adulte cette fois-ci, était présente pour le rituel. Severus resta un peu à l'écart de la bonne femme, préférant rester entre son super tonton Sam, sa maman et son papa. Ils descendirent tous ensemble dans les sous-sols de la firme Américaine de Gringotts, en wagonnet, ce que Bucky apprécia particulièrement. C'était comme un parc d'attraction géant ! Géant, sous terre et avec pas mal de toile d'araignée.
Sam se cramponna aux rambardes de sécurité jusqu'à l'arrêt de la machine, à peine eut-il mis un pied en dehors qu'Hermione apposa ses deux mains sur les oreilles de son fils.
— MAIS ÇA VA PAS BIEN DANS VOTRE TÊTE ! CE TRUC VA BEAUCOUP TROP VITE !
— Alors Captain pioupiou, on a peur d'un petit train ? se moqua-t-elle.
Un regard noir la fusilla et Hermione tapota gentiment l'épaule de son ami, oui car après ces derniers moi elle le considérait enfin comme tel.
Le gobelin en charge du sortilège les mena alors jusqu'à une sale très étrange. La hauteur sous plafond était hallucinante, chaque pas résonnait en écho, et de drôles de marques raillaient le sol de pierre brute.
Par habitude, Severus se plaça au centre du cercle.
— Attendez voir une minute avant de commencer, demanda Bucky.
Entremêlant ses doigts avec ceux de Ved'ma, ils s'accroupirent devant le petit garçon aux yeux verts.
— Tu es sûr que tu es d'accord avec ça mon trésor ?
— Oui maman, je suis sûr.
— Ton apparence changera, se souvient Bucky. Tu ne ressembleras plus du tout à Harry Potter.
— Papa, je veux te ressembler à toi. Harry est pas mon papa, il m'a fabriqué avec Ginny mais il ne m'aimait pas, accusa durement le petit garçon. Maman elle m'aime, toi tu m'aimes. Je veux vous ressembler à vous.
— D'accord alors on va le faire et tu pourras enfin dire adieu à cette triste partie de ta vie, tu pourras retourner à l'école moldus, te faire des amis, tout ira mieux tu verras.
Dire qu'il appréhendait était un euphémisme, si Bucky n'avait pas une telle maîtrise de lui-même il serait sans doute rouler en boule dans un coin. Le gobelin en charge de la cérémonie le plaça dans un cercle gravé sur le sol, Mme Weasley demeurait dans un autre à sa droite, Hermione à sa gauche et le gobelin en face. Entre eux se trouvait Severus qui attendait sagement que cela se termine.
Les torches du sous-sol s'éteignirent d'une seule flamme, l'obscurité régna autant que le silence durant une bonne minute avant que le gobelin ne prenne la parole.
— Par ce cercle, je demande à Mère Magie sa présence en ce bas lieu. Elle qui sait le mieux.
Bucky attendit qu'il se passe quelque chose, n'importe quoi, ses pieds s'illuminèrent alors… Ses pieds ? Non. Plutôt les marques gravées dans la pierre. D'une chaleureuse lumière bleue elle entoura chaque membre du rituel.
— Merci d'être là Mère Magie, salua humblement le gobelin. Au sein de notre cercle trois âmes sont demandeuses d'un changement de sang pour le jeune Severus Potter-G.
Les flammes bleues crachotèrent gentiment sous le regard ahuris de Sam. Tout semblait hors du temps, à croire que les films fantastiques axés sur la magie s'inspirait des rituels gobelins !
— Molly Weasley, première du nom, sa grand-mère par alliance est notre témoin et demande le retrait d'ADN Potter de l'enfant.
Les flammes bleues brillèrent plus intensément. Bucky se demanda si elle pouvait le brûler mais ne s'hasarda pas à essayer, il ne manquerait plus qu'il fasse échouer le rituel !
— Hermione Granger, la mère de l'enfant, est son tuteur légal et demande le retrait d'ADN Potter de l'enfant.
Debout dans son cercle lumineux, Hermione reconnut les mots du rituel, elle les connaissait par cœur et priait pour que Mère Magie ne fasse pas des siennes aujourd'hui : il en valait de la sécurité de Severus, de sa vie. En fait la magie pouvait non-apprécier le changement de sang, ou le donneur, cependant les gobelins restaient maître du rituel et même s'ils n'avaient aucune validation de la part de « Mère Magie », car Hermione doutait vraiment qu'il s'agisse d'une personne, le rituel pouvait tout de même accomplir. Cela demandait plus d'énergie de la part de chaque participant mais c'était possible.
Enfin vient le tour de Bucky. Il attendait dans son cercle de flamme, un couteau gobelin entre les mains prêt à entrer dans l'espace de Severus lorsqu'on lui donnerait le signal.
— Devant vous se présente aujourd'hui le donneur volontaire, James Buchanan Barnes. Mère Magie, je vous le demande alors, jugez-vous ce changement de sang volontaire de tout partie acceptable ?
Ils attendirent dans le silence complet, seul le crépitement du feu à leur pied laissait entendre que le rituel continuait encore. Hermione se retenait de se ronger les ongles, elle voyait James juste à côté d'elle mal assuré, il lui adressa un petit rictus pour la rassurer ou pour se rassurer-lui car son état de stress était bien supérieur à celui de l'ex-Ministre.
Soudain les flammes brillèrent d'un rouge soutenue, aussi bruyante qu'une nuée de pétard, Sam se cogna la tête contre le mur persuader que Mère Magie quel quelle soit n'était pas d'accord. Un sourire étirait pourtant le visage de l'effrayante miss Granger, Buck soupira de soulagement et Molly Weasley s'éventa le visage avec sa main.
— Nous vous remercions Mère-Magie, nous allons donc pouvoir passer au changement. Mme Weasley veuillez-vous avancer dans le cercle et ouvrir la paume de cet enfant, par ce geste vous accepter pleinement la disparition totale de lien familiaux entre vous.
Aucune hésitation ne traversa Molly lorsqu'elle prit la main de Severus et l'ouvrit pour qu'un petit filet de sang s'en échappe.
— Retournez dans votre cercle.
Au fur et à mesure que le rituel avançait les flammes s'amusaient à changer de couleur.
— Miss Granger veuillez rejoindre Mr Barnes et récolter son sang. Quant à vous Monsieur, ouvrez-vous la paume, par ce geste vous acceptez de votre bon gré de devenir le père biologique de Severus Potter-G.
Bucky se coupa la paume de la main droite, et tendit sa main vers sa sorcière qui récolta le sang dans une petite fiole de cristal. L'éclat de verre brillait de mille feux grâce aux flammes, cela rendait la sombre pièce magnifique.
— À présent Miss Granger, veuillez saisir la main du donneur et vous diriger vers l'enfant. Vous lui verserez alors une partie du sang dans la gorge et l'autre sur sa blessure.
Traverser le feu ne leur fit aucun mal, au plus grand étonnement de Sam, en quatre enjambé le couple de « colocataire » se trouva devant Severus et Mione versa le sang dans la bouche de son garçon avant de lui en badigeonner la main.
— Retourner tout les deux à votre place respective.
Hermione lâcha James à contre cœur et gagna son cercle, c'était la dernière partie du rituel, celle qui changerait Severus à jamais. Le feu sortit soudain du sol, les quatre petits cercles s'éteignirent alors que l'élément tournait tout autour de l'enfant, empêchant quiconque de le regarder.
BOOM !
Une explosion retentit. Les flammes disparurent et l'obscurité demeura entière. Bucky savait ne pas devoir bouger, tout comme Molly et Hermione, le rituel n'était pas terminé.
— Severus Potter-G n'existe plus. Devant Mère Magie, Monsieur Barnes, quel nom donnez vous à votre fils ?
— Severus Steven Barnes.
— Miss Granger avez-vous choisis le nouveau parrain du garçon, l'ancien ayant été nommé par Monsieur Harry Potter.
— Devant la Magie je nomme Mr Samuel Paul Wilson parrain de Severus Steven Barnes.
La mâchoire de Sam tomba, il regarda tour à tour Buck, puis Mione, puis à nouveau Buck et enfin le gamin qui souriait comme un dément. Ce dernier était légèrement effrayant. Le gobelin se tourna vers Sam, le lacérant du regard.
— Remplacez Mme Weasley dans son cercle Mr Wilson.
L'homme obtempéra, comprenant enfin pourquoi Buck tenait tant à ce qu'il vienne avec eux pour le rituel. Il s'en doutait bien sûr, Hermione avait laissé glisser quelques indices, mais vivre cet instant était bien différent que de l'imaginer.
— Samuel Paul Wilson, acceptez-vous de devenir le parrain de Severus Steven Barnes ?
— Oui monsieur le gobelin.
Un truc chaud le transperça. Littéralement. Une corde crée de magie s'enroula autour de son corps et serpenta sur le sol jusqu'au petit garçon sur lequel elle s'enroula également, terminant de tisser le lien entre le parrain et le filleul.
Tout s'évapora alors, les lumières revinrent et le silence demeura encore quelques secondes avant que Sam n'ouvre sa grande bouche.
— Ça ressemblait vachement à une cérémonie de mariage votre truc, prévenez-moi la prochaine fois je mettrais mes plus belles chaussures.
Un petit boulet de canon se percuta très vite dans les jambes d'Hermione, celle-ci baissa son regard sur son fils et manqua de s'évanouir. Bon Merlin. Il ressemblait à James.
Ses cheveux noirs étaient toujours un nid à boucle, seulement des mèches plus claires s'y promenaient gentiment. Le nez était clairement celui de James, la bouche venait d'elle cependant, et quant aux yeux… Hermione se plongea dans un océan bleuté, différents de celui de son compagnon : une myriade de tâche doré l'éclairait.
— Merlin c'est moi ou tu as pris cinq centimètre ? se plaint-elle en soulevant le garçon.
— Alors Maman je suis comment ? demanda l'enfant excité.
— Plus grand, assura Bucky.
— Tu as les yeux de ton paternel, désolé pour toi mon pote.
Sam percuta un mur, du moins la main métallique de Bucky percuta l'épaule de Sam.
— Et le sourire de ta mère, intervient Molly.
— Hey Mione on peut savoir c'est qui la marraine du petit, pas que je me plaigne d'être parrain hein, je suis honoré que Grincheux ait été d'accord avec l'idée mais je veux savoir avec qui je partage le taf.
— Devine…
Bucky n'avouerait jamais à Sam qu'il était à l'origine de cette idée, il ne souhaitait certainement pas entendre ses railleries. En fait, Bucky préférait ne pas penser à la « marraine », ne pas y penser du tout, car s'il avait juste… Les fêtes allaient être comiques.
— Shuri, tu as choisis Shuri à titre post-mortem, comprit-il.
— Je devais essayer, ça m'a permis de savoir que vous n'étiez pas mort et que vous reviendriez un jour.
— Elle est très cool marraine ! s'enthousiasma Sev'. Elle est super intelligente comme maman, et pis elle a plein de gadget bizarre.
— Il a pu la rencontrer au Terrier plusieurs fois grâce à Molly, elle était un peu trop ravie si tu veux mon avis,…
— La connaissant elle a du charrier T'Chala pendant au moins deux mois, sourit James.
— Arg avec une rivale pareille comment voulez-vous que je la batte sur les cadeaux d'anniversaires ?! râla Sam pour la forme.
Le petit groupe gagna prudemment la sortie de la banque, faisant ses adieux aux gobelins et à Molly qui retournait en Angleterre. Ce ne fut qu'une fois sur le chemin de traverse que cela sauta aux yeux d'Hermione : elle avait un fils. Rien de nouveau jusque là. Elle avait un fils avec James. Cela changeait tout. Ils étaient liés pour la vie, ils étaient une famille. Heureuse, elle renifla l'odeur familière de son loup qui tenait fermement la main de leur fils, elle ne pouvait pas avoir plus beaux cadeaux de Noël.
Bonjour, bonsoir, bon week-end ! Vous allez bien ? J'espère que le chapitre vous aura plu, n'hésitez pas à me laisser un petit mot. Prenez soin de vous, bisous.
Ericaly
