Bonjour,
Me revoilà avec un nouveau chapitre ! Un peu en retard encore, désolée...
Merci beaucoup à tous pour vos commentaires, notamment merci à SallyWolf (haha non tu ne vas pas trop loin je pense ;) ). J'espère que ce chapitre vous plaira, moi je l'aime bien mais vous verrez bien pourquoi... Bonne lecture !
Chapitre 7
Oh ! Que le gouffre est noir et que l'œil est débile !
Nous avons devant nous le silence immobile.
Qui sommes-nous ? Où sommes-nous ?
(…)
Tout va, tout vient, tout ment, tout fuit.
Parfois nous devenons pâles, hommes et femmes,
Comme si nous sentions se fermer sur nos âmes
La main géante de la nuit.
Les Contemplations, Victor Hugo
Le lendemain, Aidlinn ne prit pas son petit-déjeuner dans la Grande Salle car elle refusait d'avoir à croiser Heston. En fait, comme c'était samedi, elle ne s'aventura hors du dortoir que pour le dîner, quand la faim finit par la pousser à l'extérieur.
Plusieurs élèves de Serpentard étaient installés dans les canapés et Aidlinn reconnut avec soulagement Edern, Andrew, Mulciber, Isaac, Evan et Rodolphus. Quand elle approcha, ils la dévisagèrent avec une attention particulière – Edern avait dû tout raconter, bien qu'il ne sût en fin de compte pas grand-chose.
— Que se passe-t-il ? demanda-t-elle avec mauvaise humeur.
Elle ne voulait pas entendre leurs remontrances.
— Je pense qu'il est inutile de dire que je t'avais prévenue, remarqua Isaac d'un ton moralisateur.
— Justement, tu aurais pu t'en abstenir.
Elle sortit de la salle commune à grands pas, se mêlant au flot d'élèves qui grossissaient alors que la Grande Salle devenait plus proche. Elle se demandait avec horreur si Edern, Isaac et les autres trouvaient qu'elle était une fille bizarre, sans intérêt qui ne faisait que traîner dans leurs pattes, comme l'avait souligné Heston. Était-ce en partie pour cela qu'ils m'avaient déconseillée d'aller à cette soirée avec lui ? se morfondait Aidlinn. Elle n'aurait pas dû s'inquiéter autant de ce que les autres élèves pensaient d'elles, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Ces pensées l'avaient hantée toute la journée et une parmi elles dominait : Ne suis-je pas de la même façon que pour Heston, aux antipodes du genre de fille d'Evan ? Elle connaissait la réponse : il lui suffisait de regarder Délia Abbot. Elle, c'était le genre de fille qui plaisait à Dan Heston et à Evan Rosier.
Aidlinn aurait donné cher pour être quelqu'un d'autre.
Marchant aussi vite que possible, elle rejoignit Sylvia et Maria Stebbins qui étaient en pleine conversation et se mit à manger en silence. Les deux filles s'étaient tues un court instant à son arrivée. Pensaient-elles, elles aussi, qu'Aidlinn était une fille bizarre et peu fréquentable ? Voyaient-elles depuis toujours ce qu'elle-même ne pouvait voir, ce halo de ténèbres qui la suivait partout ?
oOo
Le dimanche se déroula dans une sorte de brume confuse pour Aidlinn, qui resta enfermée dans le dortoir. Elle était choquée, humiliée et ne savait comment réagir. Elle avait vaguement conscience que sa réaction était démesurée, mais elle n'en avait cure. Ce n'était pas seulement Heston et son désintérêt, pas seulement la crainte de n'être perçue que comme une chose insignifiante par les gens qui comptaient le plus pour elle, c'était aussi l'étrange sensation de voir ses possibilités se fermer en même temps qu'on la rejetait. Aidlinn avait toujours pensé qu'elle pourrait suivre les croyances de sa famille par choix, elle se rendait compte que tout son univers lui dictait sa conduite, qu'elle n'avait aucune porte de sortie, qu'elle ne serait jamais la bienvenue pour ceux qu'elle était censée mépriser car il la méprisait tout autant.
Le lundi arriva et la terrible réalité reprit ses droits. Lily Evans avait failli mourir et elle était complice de la tentative de meurtre. Ce ne fut pas aussi horrible qu'elle l'avait anticipé ; en fait, rien ne changea réellement, à part sa propre conscience de sa situation : elle sentait désormais avec plus d'acuité les coups d'œil amers que les jeunes impurs pouvaient lui lancer. Ce soir-là, le petit groupe de Serpentard se retrouva à nouveau dans la Salle sur Demande. L'avantage était que tous reparlaient à Aidlinn ; ils estimaient sans doute que la punition était suffisante, qu'elle avait retenu la leçon. Même Rosier ne semblait plus vraiment lui en vouloir, ce qui était assez miséricordieux puisqu'il avait en général le plus grand mal à oublier les offenses faites. La jeune fille était assise sur un canapé entre Andrew et Mulciber. Severus Rogue, qui s'était fait porter pâle ces derniers jours, était cette fois bien présent, assis sur un énorme coussin sombre, plus morne et agité que de coutume. Edern, les yeux brillants, racontait son exploit :
— Elle était toute bleue ! Si MacGonagall était arrivée ne serait-ce qu'une minute plus tard, la Sang-de-bourbe aurait sûrement crevé.
Il y eut des ricanements narquois. Rogue se leva et explosa :
— Je t'interdis de parler d'elle comme ça, Edern !
Disparue, l'image du garçon discret et effacé. Il était furieux et sa main tremblait alors qu'il avait sorti sa baguette. Avery éclata d'un grand rire :
— Excuse-moi, Severus. J'avais oublié l'affection que tu portais à la petite chose.
Aidlinn vit à la lueur réjouie dans son regard qu'il n'avait pas oublié du tout mais, au contraire, avait attendu ce moment toute la journée. Elle-même était troublée : Rogue tenait donc à une née-moldue ? Comment l'avait-il connue ? Pourquoi ne les avait-elle jamais vus ensemble, dans ce cas ? Elle n'était cependant pas la seule à être étonnée, personne ne semblait prêter beaucoup d'attention à Rogue.
— Qu'est-ce que tu racontes, Edern ? demanda Rosier d'un air suspicieux.
Avery jubilait littéralement.
— Allons… Vous n'avez jamais vu notre cher Severus tourner autour de la rousse, après toutes ces années ? Il la suit comme son chien, continua Avery.
Severus, les joues cramoisies, hésitait vraisemblablement entre se jeter sur Edern et se rasseoir pour confesser sa faute. Ses yeux noirs dévièrent vers Evan et Isaac, les deux personnalités les plus en avant de la bande.
— C'est vrai ? demanda lentement Rosier.
Son visage était insondable. L'imprévisibilité du garçon fascinait autant qu'elle apeurait Aidlinn. Oui, elle avait peur d'Evan et, en cet instant, elle plaignait Rogue. Ce dernier ne dit rien, sa poitrine se levant et s'abaissant rapidement, signe que sa colère laissait place à l'inquiétude.
— Tu sais que cela va à l'encontre de nos principes.
L'intéressé semblait frappé de mutisme.
— Je pense que tu sais ce qu'il te reste à faire, Severus.
— Tu dois couper tout contact avec cette fille, c'est honteux, intervint Rodolphus. Je ne sais même pas comment tu oses participer à nos réunions tout en entretenant une relation avec cette chose.
Rogue n'avait pas le choix, il était trop tard pour qu'il pût se rétracter et il semblait le savoir, alors que sur son visage, l'inquiétude avait laissé place à une douloureuse résignation. Rosier semblait réfléchir, les yeux perdus dans le vide.
— Je pense quand même qu'une punition serait nécessaire, qu'en pensez-vous ?
Tout le monde acquiesça et Avery le fit avec une ferveur particulière – il n'avait jamais beaucoup aimé Rogue. Rosier marmonnait, étudiant Rogue avec intensité.
— Je n'ai jamais essayé...
Tout à coup, il se leva, sortant sa baguette de sa poche.
— Endoloris.
Dès le terrible mot prononcé, Rogue tomba à terre en hurlant. Sous les yeux choqués d'Aidlinn, il commença à se tordre de douleur sur le sol. Tout le monde resta immobile, abasourdi. Evan s'était levé et dominait froidement sa victime. Severus se contorsionnait sur le sol et ses yeux fixaient un point invisible alors qu'il hurlait. Ses cris de souffrance se répercutèrent sur les murs, se mêlèrent à l'écho des premiers. La torture ne dura que quelques secondes, mais le temps sembla s'étirer à l'infini. Rogue se roulait sur lui-même, pleurant et suppliant, son corps s'agitant et se cabrant selon des angles bizarres. Aidlinn s'était détournée, mal à l'aise. Elle ne parlait jamais longtemps avec Rogue, mais cela ne l'empêchait pas d'éprouver de la pitié pour lui. Elle vit Edern, penché en avant, qui fixait avec intensité Severus souffrir, Isaac qui se contentait d'observer, le visage parfaitement lisse, mais même ainsi, incapable d'égaler la froideur de Rosier. Les autres restaient à distance, un mélange d'intérêt, de dégoût et de crainte mêlés gravé sur leurs traits.
— J'espère avoir été assez clair, dit Rosier en interrompant le sort. Qu'est-ce que cette fille est pour toi, déjà ?
Severus leva des yeux embrouillés vers lui.
— Je n'ai pas entendu ? Endoloris.
Rogue recommença à pousser d'affreux hurlements puis se tut lorsque tout s'arrêta.
— Alors ?
Le garçon avait le visage à terre. Il sanglotait, ses frêles épaules se soulevant au rythme de ses gémissements.
— R-r-rien, finit-il par gémir.
— Je n'ai pas entendu, insista Evan, le regard impitoyable.
Comme rien ne venait, il pointa à nouveau sa baguette et les hurlements reprirent, cette fois entrecoupés de pleurs.
— Alors ?
— Rien ! hurla Severus, le visage ravagé par les larmes. Elle n'est rien.
Un silence pesant s'étira alors que Rogue, toujours au sol, tremblait d'humiliation, de peur et de rage. Rosier finit par se rasseoir tandis que sa victime restait au sol, le souffle court. Rodolphus choisit ce moment pour exprimer son désaccord.
— Dans tous les cas, c'était idiot et imprudent de ta part, Edern. Maintenant, qui sait ce qu'il va se passer ? Les regards vont évidemment se tourner vers nous.
— Détends-toi, Lestrange, sourit Mulciber. La Sang-de-bourbe respire encore, ils ne vont rien faire du tout.
Au grand soulagement de la cadette des Rowle, ni Isaac, ni Andrew, ni Edern ne parlèrent de son altercation avec Black et Potter. Qu'auraient dit les autres en constatant qu'elle ne pouvait se défendre ?
Et en effet, il sembla que rien n'avait changé. Il n'y eut pas de discours, pas d'enquête ou d'interrogatoire, encore moins de mesure de sécurité renforcée. En revanche, Aidlinn ne pouvait s'empêcher de sentir les regards des professeurs dans leur dos, quand elle tournait les yeux. Elle ne savait pas si c'était elle qui devenait paranoïaque ou s'ils les soupçonnaient réellement. Son inquiétude et son sentiment de culpabilité ne faisaient que grandir.
— Je pense qu'ils se doutent de quelque chose, glissa-t-elle à Avery le jeudi suivant au déjeuner.
Il lui jeta un regard perçant, mais ne répondit rien. Il fit un très léger signe de tête en direction de la table des professeurs. Dumbledore était tourné vers leur table et elle eut la désagréable impression qu'il les fixait. Le message d'Edern était clair : ils ne parleraient pas ici.
En fait, Edern refusa de parler ailleurs que dans la Salle sur Demande. Lui, Mulciber et Aidlinn s'y retrouvèrent tous les trois pendant l'heure de temps libre qu'ils avaient l'après-midi. La pièce était plus petite et plus confortable que pendant leurs séances d'entraînement. Il y avait même du thé et des gâteaux qu'Avery avait ramenés des cuisines sur une table basse entre eux.
— On nous surveille, je crois, déclara Edern.
— Seulement nous ? demanda la jeune fille.
Elle avait du mal à croire qu'ils fussent les seuls concernés.
— Non, je pense que cela concerne la plupart des élèves ayant des relations avec le parti conservateur sang-pur. Comme si cela devait obligatoirement être nous ! Quelle étroitesse d'esprit… N'importe qui aurait pu vouloir faire disparaître la petite face pincée de l'autre d'idiote.
Mulciber restait silencieux alors que résonnait le rire glacé d'Avery ; c'était Edern, le plus cruel et Mulciber, en cet instant, n'était qu'un suiveur craintif. Avery prenait cela pour un jeu. Peut-être qu'il n'est pas vraiment sain d'esprit, pensa Aidlinn, tandis que l'écho du rire dément de son ami rebondissait contre les murs. Il en aurait presque été effrayant.
oOo
Le mal-être d'Aidlinn ne venait pas uniquement de son sentiment d'être surveillée, une ambiance lourde planait sur le groupe de Serpentard. Rogue les avait évités autant que possible, prétextant toujours du travail qui l'empêchait de se joindre à eux, mais quand il surveillait Evan du coin de l'œil, Aidlinn était certaine de déceler une haine incommensurable au fond de ses pupilles opaques. Tous se méfiaient désormais de Rosier, qui avait sciemment lancé un sortilège impardonnable sur l'un des leurs, et même Isaac et Rodolphus semblaient plus réservés que d'habitude avec lui.
Un soir, Aidlinn demeura tard dans la salle commune. Elle n'avait pas envie de dormir et préférait lire au coin du feu mourant pour se changer les idées, alors que les autres élèves rejoignaient leurs lits. Elle ne cessait de repenser au regard perçant de Dumbledore fixé sur eux. Savait-il quelque chose ? L'anxiété avait pris possession d'Aidlinn et ne la quittait plus. Elle s'inquiétait pour elle-même, mais aussi pour ses amis. Que feraient-ils si quelqu'un découvrait tout ?
Elle s'était montrée distraite en compagnie de Sylvia et Maria, qui le lui avaient reproché à demi-mot. Aidlinn n'y pouvait rien, l'inquiétude la rongeait. Dès qu'un professeur l'appelait, elle sursautait et s'attendait à ce qu'il l'accusât d'une voix tonitruante ; ses mains tremblaient en cours et ses sorts s'en ressentaient autant que ses notes ; en cours de potions, l'esprit ailleurs, elle avait failli ajouter la poudre de corne de dragon avant de remuer la potion et seule la prévenance de Richard Jones, son partenaire, les avait sauvés d'une note catastrophique.
— Tout va bien Rowle ? avait-il demandé, examinant avec suspicion son visage blafard.
Elle avait vu Avery se retourner vers elle discrètement. Croyait-il sincèrement qu'elle allait le trahir ?
— Oui, parfaitement bien, avait-elle rétorqué en essayant de retrouver une voix normale.
Mais il était trop tard. Aidlinn remarquait pour la première fois que non seulement Edern, mais tous, sauf Isaac, semblaient douter de sa loyauté. Elle n'avait pas osé aborder le sujet, mais se sentait indignée de ce manque de confiance. Ils la surveillaient du coin de l'œil, se tendaient quand elle adressait la parole à un professeur, ils l'éloignaient de Sylvia et Maria en l'invitant à venir avec eux.
Elle en était là dans ses réflexions quand le pan de mur laissa apparaître la silhouette d'Evan. D'où venait-il à une heure pareille ? Quand il la remarqua, assise seule près du feu, il sembla hésiter. Aidlinn se concentra sur la moquette aux arabesques vertes et argent à ses pieds – elle ne voulait pas l'obliger à venir lui parler. Ce fut avec surprise qu'elle sentit le canapé s'affaisser à côté d'elle. Ils restèrent un moment sans rien dire. Ce fut la voix d'Evan qui rompit le silence.
— Tu penses que j'ai eu tort ?
Aidlinn savait trop bien de quoi il voulait parler. Elle leva les yeux vers lui et vit pour la première fois une certaine lassitude troubler ses traits fiers. Cela ne lui donnait pas l'air vulnérable, juste l'air plus humain, plus abordable. Il sentait la fumée et la lotion d'après-rasage. Elle réfléchit un instant, repensant à Rogue hurlant sur le parquet de la Salle sur Demande, Rogue qui les évitait désormais avec un air effarouché. Pourtant Rosier n'avait fait que son devoir en le remettant dans le droit chemin – quelle idée de s'intéresser à une née-moldue quand on voulait devenir mangemort ! Il était certain que bientôt Severus viendrait s'excuser.
— Non, finit par répondre Aidlinn.
Elle savait que son jugement était purement subjectif, qu'en cet instant, elle aurait soutenu Evan quels que fussent ses actes. La seule fois où elle ne l'avait pas fait, elle s'était lourdement trompée.
— Severus n'aurait pas dû s'attacher à cette fille, poursuivit-elle néanmoins. C'est contraire à nos valeurs.
Peut-être qu'elle ne se souciait pas tant que ça de Severus, peut-être qu'elle le méprisait car il montrait la même faiblesse qu'elle à l'égard des nés-moldus, peut-être qu'elle voulait montrer à Rosier qu'elle partageait son avis et qu'elle était digne de confiance. Elle aurait tant voulu qu'il réalisât qu'elle désirait plus que tout être de son côté.
Evan tourna ses yeux bruns vers elle, lui offrit un léger sourire pensif, comme s'il connaissait son secret et Aidlinn se sentit ridicule. Elle était convaincue qu'il entendait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. Le silence devint intenable. Evan la regardait toujours et la jeune fille ne supportait plus ses yeux sur elle. Elle, qui avait toujours souhaité qu'il la remarquât, aurait à présent préféré que cette conversation n'eût jamais lieu.
— Edern a peur que je le dénonce, avoua-t-elle avec amertume. Il n'est pas le seul, d'ailleurs.
Elle affronta cette fois Evan avec défiance. Il se contenta de sourire à nouveau.
— Dans ce cas, tu pourras lui prouver qu'il se trompe.
Il avait confiance en elle. C'était comme si l'on avait ôté un poids de la poitrine d'Aidlinn. Pourtant, elle ne s'arrêta pas là, elle ressentait un étrange et urgent besoin de se confier à lui.
-Et il y a Dumbledore… Il nous suspecte, j'en suis sûre. Et les autres professeurs n'arrêtent pas de nous suivre toute la journée. Et s'ils nous interrogent, Evan ? Dumbledore pratique sûrement la légilimancie, n'est-ce pas ? Et si…
Elle se stoppa. Il avait posé une main sur son bras et ce simple contact manqua de la faire frémir. Lorsqu'elle rencontra son regard, elle vit pour la première fois une certaine douceur dans ses prunelles sombres. Elle sentait la chaleur de sa paume à travers le tissu de sa manche.
— Tout ira bien, Aidlinn. Ne t'inquiète pas.
Il se leva et sa main quitta son bras, elle sentit soudain avec plus de force l'air froid de la salle commune. Une douce quiétude l'avait envahie.
— Tu devrais aller dormir.
Elle hocha la tête comme il s'éloignait lui-même vers son dortoir. Pour la première fois depuis plusieurs jours, elle se sentait rassurée. Elle s'attarda un moment dans le canapé alors que le parfum de Rosier s'évanouissait doucement. Quand enfin elle se rendit à son dortoir et posa la tête sur son oreiller, elle sombra immédiatement dans un sommeil paisible.
