Chapitre 15
« Vous ne semblez pas comprendre que vous n'avez pas le droit de mettre des bandeaux sur les yeux des gens. »
Orson Scott Card - La Voix des morts
Aidlinn sentit confusément ses pieds s'enfoncer dans une épaisse moquette. Autour d'elle, ses camarades avaient repris leur insouciance et pouffaient en se bousculant. Quand ils furent tous entrés, le portrait se referma derrière eux. Il y eut un bruit sourd suivi d'un cri étouffé.
-Que quelqu'un fasse de la lumière, marmonna Edern à côté d'elle.
On pouvait deviner le ciel nocturne derrière les hautes fenêtres mais la lune n'était pas visible, si bien qu'il faisait presque entièrement noir. Si Avery la tenait toujours, lui-même ne semblait pas assez alerte pour jeter un sort.
-Lumos maxima.
Une sphère de lumière s'éleva de la baguette de Rodolphus pour s'arrêter près du plafond. Aussitôt, la salle commune de Gryffondor apparut plus clairement et les Serpentard se dispersèrent dans la pièce circulaire, inspectant les lieux.
-C'est plutôt cosy, commenta Wilkes d'un air étonné en tapotant un fauteuil. Mais peut-être un peu trop rouge…
-Moins fort, siffla Rosier.
Andrew lui lança un regard blessé, sûrement étonné que ce fût lui qui fît le rabat-joie.
-C'est parti, on détruit tout ! se réjouit Huggins, indifférent au regard noir d'Evan.
Les élèves renversèrent les fauteuils, arrachèrent les pages d'un manuel qui traînait près de la grande cheminée éteinte. Huggins et Fuller répandirent de la peinture verte sur la moquette rouge et or et sur les murs de pierre.
Isaac, saisissant le pinceau, traça un message en lettres capitales :
« GRYFFONDOR VA PERDRE. »
Avery se mit à rire et, laissant Aidlinn, alla se saisir du pinceau pour écrire :
« SALES SANG-DE-BOURBE »
Aidlinn resta dans un coin, s'adossant au mur, de même que Williams et son ami Hill. Des ombres obscurcissaient sa vision, elle prêtait peu attention au désordre que les autres mettaient. Rodolphus éventrait les coussins d'un coup de baguette magique. Fuller arracha une teinture et se drapa à l'intérieur.
-Est-ce que le rouge me va au teint ?
Isaac et Edern continuaient de badigeonner les coins de la salle de peinture verte et Andrew s'était joint à eux. Sylvia, mal à l'aise et dépassée par les évènements, jetait des regards déroutés en direction des escaliers menant aux dortoirs. Les septième année s'étaient vautrés dans le canapé encore debout en gloussant. Fuller agitait ses longues jambes pâles au-dessus de l'accoudoir en riant à une blague de son ami.
-Ça suffit, siffla Rosier. Edern, efface ton message.
Il désigna au cinquième année le « SALES SANG-DE-BOURBE » qui brillait dans la lumière des baguettes.
-Mais pourquoi ? C'est ce que sont MacDonald et Ev…
-Il a raison, efface-le, intervint Isaac.
Il murmura quelque chose dans l'oreille d'Edern. Avec un soupir, ce dernier opina et recouvrit le tout d'un surplus de pigment vert. Sylvia tira Aidlinn par la manche.
-On devrait y aller.
Maria opina en trépignant et Williams et Hill s'agitèrent impatiemment. Ils semblaient inquiets, l'incursion les ayant visiblement dégrisés. Aidlinn haussa les épaules, insouciante. Elle fixait les étranges vagues colorées qui bougeaient entre les meubles.
-Allez-y, on vous rejoint, fit la voix de Rosier, la sortant à moitié de sa torpeur.
Ils sortirent aussitôt, sans un regard en arrière. Rosier secoua légèrement Aidlinn puis, voyant qu'elle ne réagissait pas davantage, se tourna vers Isaac.
-C'est pas vrai, lui aussi ? grogna-t-il. Avery, qu'est-ce que tu leur as tous donné ?
Aidlinn aperçut son frère, immobile un peu plus loin. Il avait fait tomber son pinceau et regardait le plafond. Rosier jeta un regard indécis à Fuller et Huggins, toujours en train de glousser dans le canapé et s'approcha d'Avery.
-Edern, il faut partir maintenant.
Aidlinn le vit repousser Evan, qui résista.
-Attends, tu vois bien qu'on a pas fini. T'es pas drôle.
Il continua de s'acharner sur les coussins en rigolant. Rosier insista.
-Edern, tout le monde s'en va. Avec ou sans toi.
En effet, Huggins et Fuller s'étaient levés et titubaient vers la sortie en se tenant mutuellement. Mulciber s'était assis sur un coussin, un peu pâle. Rodolphus et Andrew n'étaient plus en vue et Isaac était toujours planté au milieu de la pièce, visiblement ailleurs.
-J'en ai rien à foutre, Evan. Arrête de…
Wilkes débarqua, tout essoufflé.
-Quelqu'un nous a vus ! Un élève !
Edern croisa les bras.
-Qu'ils aillent tous…
-Allez Edern. On a pas le temps, fit Wilkes en le tirant. Mulciber, debout ! Occupe-toi d'Isaac !
Mulciber, obéissant, s'approcha d'Isaac qui resta immobile. Rosier jura alors que l'aîné des Rowle se mettait à marmonner.
-Elle l'a trahi.
-Quoi ? fit Mulciber.
Isaac secoua la tête, les pupilles dilatées.
-Elle l'a trahi.
-Qui ?
-Il délire, fit Rosier.
Exaspéré, il fit jaillir un jet d'eau de sa baguette, le dirigeant droit sur le visage halluciné d'Isaac. Ce dernier recula vivement en criant tandis que Mulciber le traînait alors de la salle.
Les cris avaient arraché Aidlinn à ses réflexions vides de sens. Elle regarda avec effarement Andrew se précipiter vers elle et la tirer hors de la salle commune à la suite des autres. Elle le suivit, passant par le trou dans le mur. Ils foncèrent à toutes jambes dans les couloirs sombres, oubliant d'un commun accord la discrétion. Aidlinn avait l'impression de voler tandis que ses jambes la portaient d'elles-mêmes et que les couloirs tanguaient autour d'eux. Leurs ombres projetées sur les murs les suivaient à toute vitesse. Elle voyait Edern pendre au bras de Rosier, trébuchant sans cesse. Isaac, qui avait repris ses esprits vint l'aider à tirer Avery. Ils finirent par arriver à la salle commune, vide. Dès que le pan de mur se fut refermé, Andrew se tourna vers les autres :
-On fait quoi alors ?
-Tu as vu qui c'était ? demanda Rosier, l'air un peu las.
-Je ne suis pas sûr, peut-être Black… Je le tenais presque, il a tourné à l'angle d'un couloir et là…
-Quoi, là ? s'impatienta Isaac.
-Il a disparu !
-Si ce salopard nous dénonce…
Aidlinn n'écoutait qu'à moitié. Andrew l'avait lâchée et elle se retrouva face à Avery. Il se pencha vers elle, lui soufflant son haleine alcoolisée au visage :
-Alors, on s'est bien amusé, non ?
Il s'éloigna en rigolant tout seul d'une démarche chancelante. Aidlinn aurait voulu le suivre mais Isaac la retint d'un bras.
-Va te coucher, Aidlinn.
Il avait pris l'air intransigeant du grand-frère et elle obéit sans discuter. Alors qu'elle descendait les marches, elle entendait encore les garçons chuchoter furieusement.
-Qu'est-ce qu'on va faire ? demandait Wilkes.
oOo
Le lendemain matin, Aidlinn fut secouée par Sylvia, qui affichait un air alarmé. Il lui fallut un certain temps pour se rappeler des évènements de la veille. Elle se redressa péniblement, les yeux plissés, alors qu'un mal de tête lui vrillait le crâne.
-Dépêche-toi, Slughorn nous a tous convoqués dans la salle commune !
Désormais bien réveillée, la jeune Rowle s'habilla en vitesse, le cœur battant. Lorsqu'elle arriva dans la salle commune, la plupart des élèves étaient assis face au directeur de leur maison. Certains étaient assis par terre la tête basse, d'autres se frottaient les yeux en baillant. Huggins et Fuller, la mine fatiguée, étaient avachis dans des fauteuils non loin d'un Heston de mauvaise humeur. Le plus grand canapé était resté libre, étant la place attitrée de Rosier et sa bande. Aidlinn s'y assit mais Sylvia se positionna sur un pouf non loin. Slughorn avait revêtu son complet en tweed du week-end et triturait fébrilement son énorme moustache, dangereusement appuyé contre une petite table de travail.
-Tout le monde est là ? demanda-t-il en lançant un regard inquiet vers les places encore libres.
À ce moment-là surgirent Isaac, Evan, Andrew et Rodolphus, la mine encore brouillée par le sommeil. Edern et Mulciber suivaient de près.
-Bien vous voilà messieurs. Installez-vous, dépêchez-vous je vous prie.
Isaac se laissa tomber à côté de sa sœur et bientôt le silence se fit. Slughorn prit une inspiration :
-Il s'est passé hier soir un incident regrettable dans la tour des Gryffondor. Leur salle commune a été saccagée par des vandales.
Il s'interrompit et ses yeux glissèrent parmi les élèves. Aidlinn était reconnaissante envers les elfes de maison d'avoir nettoyé et rangé la salle commune pendant la nuit. Elle n'osait imaginer la tête de Slughorn dans le cas contraire.
-Étant donné les circonstances – le match de demain et l'état de la salle – il porte à croire que certains d'entre vous auraient commis ces actes totalement inacceptables. Vous avez couvert de honte la maison Serpentard.
Slughorn frémit d'indignation, visiblement choqué.
-Je demande donc aux coupables de se dénoncer immédiatement afin que nous prenions les sanctions qui s'imposent.
Personne ne souffla mot. Aidlinn n'osait même pas se tourner vers ses amis. Elle sentait le regard de Slughorn s'attarder sur Mulciber mais celui-ci demeurait impassible.
-Allons, c'est le moment de faire preuve d'un peu de courage, s'impatienta Slughorn.
Aidlinn vit du coin de l'œil Isaac échanger un sourire avec Rosier.
-Un commentaire, Mr Rowle ?
-Aucun, monsieur.
-Miss Prewett ? Mr Avery ? Avez-vous vu quelque chose ? Je m'en remets à vos qualités de préfets.
Aidlinn se tendit légèrement en voyant Sylvia pâlir. Allait-elle garder le silence ? Avery vint heureusement à son secours :
-Je suis allé me coucher dans les derniers, monsieur et à ma connaissance, tout le monde a rejoint son dortoir.
Edern affichait un air innocent, les sourcils relevés au-dessus de ses yeux bleus où brillait une stupeur feinte à la perfection. Slughorn hocha la tête :
-La Grosse Dame affirme que plusieurs individus ont demandé à entrer tard dans la nuit et qu'ils connaissaient le mot de passe. Alors ?
Aidlinn promena ses yeux sur les élèves en-dessous d'elle. La plupart devaient savoir ce qu'il s'était passé. Quelqu'un parlerait-il ? Elle aperçut Severus Rogue prostré dans un coin, l'œil noir fixé sur Evan.
-Si personne ne se dénonce d'ici ce soir, j'enlève 150 points à Serpentard.
Des murmures mécontents s'élevèrent mais disparurent aussitôt quand le professeur reprit la parole, soufflant d'un air outragé :
-Si cela ne suffit pas à vous décider, le match de demain sera annulé.
Des protestations plus fortes retentirent. Isaac serra les dents et Aidlinn lui donna un coup de coude pour le calmer. Slughorn se redressa et épousseta son veston.
-Je dois dire que je suis profondément déçu. J'espère que les coupables emploieront ce délai pour réfléchir à leur comportement.
Il tourna les talons et sortit. Aussitôt des regards accusateurs se tournèrent vers le canapé. Aidlinn se sentit rougir. Heston se leva et pointa un index rageur dans leur direction :
-Vous avez intérêt à aller voir Slughorn ou c'est moi qui le ferai.
Isaac se leva à son tour :
-Tu ne feras rien du tout Heston, à moins que tu ne veuilles que tout le monde ici te considère comme un poltron.
-Je me fiche bien de ce qu'on peut penser.
-Réfléchis, qu'est-ce que ça changerait ? intervint Rodolphus, la mine dépitée. Toute l'équipe y était, sauf toi. Dans tous les cas, le match n'aura pas lieu.
Heston, furieux, se retenait de brandir sa baguette.
-Il faut toujours que vous gâchiez tout ! J'en ai marre de ces conneries !
Et il sortit de la salle commune. Le silence se fit. Rosier se leva et adressa un regard glacial aux élèves rassemblés :
-Que ce soit bien clair, si quelqu'un dit quoi que ce soit, il le regrettera.
Les Serpentard échangèrent des coups d'œil hésitants. Aidlinn vit Rogue se contenir en serrant les poings. Il connaissait la colère d'Evan mieux que personne. Rosier proférait-il des menaces en l'air ou serait-il capable de les mettre à exécution au vu et au su de toute leur maison ?
Le reste de la matinée, Aidlinn et Isaac restèrent avec Sylvia qui semblait rongée par la culpabilité. Le reste de leur maison était assez mitigé. La plupart étaient assez impressionnés et plutôt contents du saccage de la salle commune adverse, mais certains, les partisans d'Heston, arboraient des mines renfrognées. Rogue semblait faire partie de ceux-là et Aidlinn se demandait sérieusement s'il n'envisageait pas de les dénoncer pour se venger de Rosier.
À midi, sur le trajet vers la Grande Salle, Aidlinn glissa un unique mot à l'oreille d'Evan :
-Severus.
Il lui fit un signe d'assentiment et reprit son chemin. Edern s'approcha :
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Rien.
Elle ne voulait pas qu'Edern provoquât Rogue inutilement. Il faudrait être habile pour l'empêcher de dire quoi que ce fût et Rosier était bien meilleur qu'Avery à ce jeu. À leur entrée, les Serpentard furent accueillis par des huées de la part des Gryffondor. Cependant, bien vite, les protestations laissèrent place à des cris d'effroi.
-Regardez ! rigola quelqu'un.
D'énormes pustules apparaissaient sur les visages des Gryffondor, qui quittaient la Grande Salle avec empressement sous les rires des Serpentard. Aidlinn ne put s'empêcher de glisser un regard à Edern qui rayonnait, visiblement fier de lui. Elle lui donna un coup de coude et il se pencha vers elle, soupirant :
-Ils n'ont vraiment pas de chance, ces Gryffondor ! Entre ça et leur salle commune vandalisée…
Il lui fit un clin d'œil et elle leva les yeux au ciel, se rappelant de la personne qu'il était allé voir la veille.
L'après-midi, Aidlinn alla à la bibliothèque avec Sylvia, Isaac et Andrew. Ces derniers mettaient un point d'honneur à garder un œil sur la fille Prewett. La jeune Rowle n'en était pas mécontente. Les autres élèves murmuraient sur leur passage et les quelques Gryffondor qui n'étaient pas à l'infirmerie leur jetaient des regards haineux. Parmi eux, Black et Potter semblaient prêts à les provoquer en duel. Elle était plus rassurée avec ses amis à ses côtés.
-Je ne suis pas dupe, tu sais, murmura Sylvia à Aidlinn tandis que les deux garçons allaient reposer leurs livres, à la fin de la journée.
-Comment ça ?
-Vous me surveillez pour ne pas que j'aille tout raconter à Slughorn. Je croyais que tu me faisais confiance !
Aidlinn marqua un temps d'arrêt, ne sachant que répondre mais elle poursuivit :
-Ce sont toujours eux que tu choisis, mais tu ne vois pas qu'ils sont infréquentables ?
-Tu parles de mon frère, Sylvia, protesta Aidlinn.
-Qu'est-ce que t'as donné Edern, hier soir ?
-Rien, je…
-A d'autres. Pourquoi tu t'obstines à les suivre ? Tu as vu ce qu'ils font, pour s'amuser ? Reviens me voir quand tu auras retrouvé un peu de bon sens.
Aidlinn regarda son amie s'éloigner à grands pas. Elle se demanda tristement quand Sylvia était devenue la plus raisonnable dans leur petit duo. En rentrant, Aidlinn trouva Rogue et Rosier qui discutaient joyeusement du cours de potions dans la salle commune, comme si l'un n'avait jamais torturé l'autre. Isaac et Andrew, plus loin, débattaient sur la manière dont Black avait disparu, la veille au soir.
-Peut-être un sortilège de désillusion ?
-Non, il est trop jeune et c'est un sort compliqué, disait Isaac. Tu es sûr qu'il a disparu ? Tu n'avais pas pris les comprimés d'Edern, par hasard ?
-Non. D'ailleurs, tu es mal placé pour me juger, tu délirais hier soir !
Isaac eut un froncement de sourcils mais ne répondit rien car Slughorn venait d'entrer dans la salle commune. Les élèves se rassemblèrent en silence devant lui. N'obtenant pas de dénonciation, il exécuta sa menace.
Au dîner, les Serpentard, moroses, jetèrent des coups d'œil dépités à leur sablier dont le niveau de diamants avait considérablement baissé.
-De toute façon, qui veut encore gagner la Coupe des quatre maisons ? tenta Avery.
Mais à la vue du sablier rouge, largement en tête, il se tut et replongea dans son assiette.
Le match du lendemain annulé, les Gryffondor, qui avaient donc gagné la Coupe de Quidditch, devinrent hystériques. Toute la journée, ils coururent dans le château avec à la main des banderoles aux couleurs de leur maison, huant les Serpentard qu'ils croisaient.
Aidlinn, de même que tous les élèves de sa maison, monta se coucher sans attendre. Il restait les examens de fin d'année à préparer.
oOo
La Grande Salle était étrangement silencieuse. Le cœur battant, Aidlinn observa le petit hibou brun devant elle se transformer en jumelles de théâtre de même couleur. L'inspecteur, un sorcier d'âge moyen à la grande robe grise, hocha la tête et nota quelque chose sur son parchemin. Non loin, la jeune fille vit la chaise de Mulciber disparaître à moitié, ce qui donnait l'impression qu'elle flottait dans le vide. L'examinatrice qui s'occupait de son ami pinça les lèvres d'un air déçu.
-Ce sera tout, miss Rowle.
Aidlinn le remercia et sortit, inspirant une grande bouffée d'air. Les examens étaient finis. Son épreuve pratique de métamorphose, le dernier examen qu'elle avait à passer, s'était correctement déroulé. Elle se sentit curieusement démunie, à présent qu'elle n'avait plus besoin de faire quoi que ce soit. Mulciber ayant commencé l'épreuve plus tard qu'elle, il ne finirait pas avant de longues minutes.
Elle sortit dans le parc. Il y avait un grand soleil d'été. Quelques élèves révisaient encore pour leur dernières épreuves à l'ombre des arbres ou sur les bancs du jardin fleuri. La nostalgie étreignit durement le cœur d'Aidlinn. Après-demain, elle repartirait par le Poudlard Express. Son frère intégrerait définitivement les mangemorts et chaque jour, chaque nuit, elle vivrait dans la crainte que lui et ses amis se fissent tuer. Ce n'était pas une perspective très réjouissante pour une si belle journée d'été.
-Lance !
La voix d'Andrew résonna dans l'air sec et Aidlinn aperçut ses amis de sixième année qui jouaient à se lancer un Souafle. Isaac avait jeté la balle rouge à Andrew, qui la rattrapa avant de se faire plaquer au sol par Rodolphus. Lestrange fit alors une passe à Evan, qui envoya le Souafle à Rogue, resté en retrait.
Le garçon hésita alors qu'Andrew gémissait :
-Pause ! Rodolphus m'a détruit le coude.
-Désolé, s'excusa ce dernier en s'écartant.
-Comment s'est passée la métamorphose, Aidlinn ? demanda Rogue en la voyant arriver.
Depuis que Rosier lui avait parlé, il semblait beaucoup plus détendu. Aidlinn s'interrogeait souvent sur ce qu'il lui avait bien pu lui dire.
-Bien, je pense.
Elle s'assit non loin de Severus et les autres s'installèrent à côté d'eux. Andrew, gémissant, se traîna jusqu'à eux.
-Allons, tu exagères, soupira Rodolphus. Je t'ai à peine touché.
-Tu appelles ça « à peine touché » ? Quand tu touches vraiment quelqu'un, tu lui arraches un membre ?
-Tu veux aller voir Chomsky ? demanda Evan avec un sourire.
-Non, ça va déjà mieux, merci.
Andrew lâcha son bras et se redressa avec dignité.
-Edern est en train de réviser ? s'étonna Aidlinn.
Elle savait qu'il devait passer sa dernière épreuve plus tard dans l'après-midi.
-Cela semble peu probable, remarqua Isaac d'un air narquois.
-Justement, le voilà, annonça Rodolphus.
En effet, Edern arrivait vers eux, flanqué de Mulciber. Le premier dépassait d'une tête le second, si bien qu'Avery faisait une enjambée quand son acolyte en faisait deux.
-Ne me demandez pas comment c'était, marmonna Mulciber en s'effondrant dans l'herbe.
-Ne me demandez pas si j'ai révisé, lança joyeusement Avery.
Les autres sourirent. C'était une belle journée. Après les révisions et la surveillance constante dont l'ensemble de la maison Serpentard avait fait l'objet ces derniers temps, ils pouvaient enfin se détendre. Un nuage passa devant le soleil. Les examens étaient terminés, mais pour certains le pire ne faisait que commencer.
Alors voilà je sais que je n'ai pas d'excuse car ça fait DES MOIS que je n'ai pas mis à jour cette fic. Je suis désoléééée... En tout cas je la continue, je ne l'abandonnerai pas, cette une histoire qui me tient beaucoup à cœur ! Merci beaucoup pour vos reviews Vlad, Freyja11, Sallywolf, lune patronus (oups désolée pour James, il a changé de poste haha) et lolahg. Ça m'a vraiment fait plaisir de vous lire ! :)
Prochain chapitre la semaine prochaine ! (Il est presque prêt !)
