Chapitre 16
« Il est malheureux que les gens ne voient que les différences qui les séparent. S'ils regardaient avec plus d'amour, ils discerneraient surtout ce qu'il y a de commun entre eux, et la moitié des problèmes du monde seraient résolus. »
Paulo Coelho
Et l'année se termina. Aidlinn, avec un certain regret, fit ses valises. Elle appréhendait un peu l'été. Nul doute qu'Isaac, dont l'anniversaire approchait, pourrait bientôt utiliser la magie et ne resterait pas cloîtré dans la demeure familiale, à l'inverse de sa petite sœur.
Le Poudlard express, fidèle à son poste, attendait à la gare de Pré-Au-lard. Sa locomotive écarlate crachait un nuage de vapeur dans l'air du matin. A côté d'elle, son frère tirait sa grosse valise sans un mot. Isaac avait-il hâte de rentrer ? Ou, au contraire, redoutait-il l'instant où il devrait commencer à servir le Seigneur des Ténèbres ? Aidlinn savait qu'elle allait se consumer d'inquiétude pour lui.
Une silhouette bien connue attendait pour monter dans le train. Evan Rosier, grand et élégant dans ses vêtements sombres, dénotait au milieu des simples mortels. Comme toujours, il se tenait droit, digne, fier et stoïque. Plus que de l'arrogance, il émanait de lui une inébranlable confiance en ses propres capacités. Aidlinn aurait voulu qu'il lui en donnât un peu. Le garçon allait lui manquer. Elle préférait ne pas penser aux dangers qu'il devrait affronter dès sa descente du train.
Le trajet fut triste et silencieux. Aidlinn essayait de garder cet instant pour toujours dans sa mémoire. Evan regardait pensivement par la fenêtre, retranché dans ses pensées. Isaac fixait le sol d'un air sombre. Wilkes faisait léviter une réplique miniature de Souafle. Rogue lisait un livre, recroquevillé près de la porte aux côtés d'un Mulciber endormi. Rodolphus fixait le plafond, visiblement ailleurs. Enfin, Avery étudiait ses amis, tout comme Aidlinn. Cette dernière sentait ses paupières s'alourdir et bientôt elle posa la tête contre l'épaule d'Edern, qui n'eut aucune réaction. Elle s'autorisa à fermer les yeux.
Juste un instant, se promit-elle.
Lorsqu'Avery la réveilla, le train était entré dans la gare Victoria et s'immobilisait dans un long gémissement aux inflexions métalliques. Le quai était bondé de parents venus accueillir leurs enfants. Ils prirent tous leurs affaires et sortirent tour à tour du compartiment, se mélangeant à la foule des élèves. Ils se retrouvèrent dehors et s'observèrent en silence, hésitants, ne sachant comment se saluer. Il fallait dire que cette année les circonstances étaient particulières. Les vies de quatre d'entre eux étaient sur le point d'être bouleversées.
Isaac salua tous ses amis sans cérémonie et commença à partir sans attendre sa sœur. Rodolphus leur marmonna quelques recommandations puis s'éloigna vers Mr et Mrs Lestrange qui attendaient à l'écart de la foule, les visages graves. Rogue s'éclipsa discrètement après un signe de tête. Mulciber et Avery s'éloignèrent après avoir salué tout le monde, surtout Aidlinn qui, après tout, était aussi leur camarade de classe.
-Ne fais pas de bêtises, lui sourit Edern.
Il faisait bonne figure, mais son sourire était un peu triste. La jeune fille savait qu'il appréhendait le retour dans sa famille. Le père d'Avery pouvait se montrer très violent lors de ses sautes d'humeur et ses deux fils avaient déjà récolté de nombreux coups.
-C'est plutôt toi qui devrais te tenir à carreaux, rétorqua Aildinn.
Il lui fit un clin d'œil et rejoignit Mulciber, qui se faisait apparemment réprimander par ses parents.
-Qu'est-ce que c'est que cette tenue, Thomas ? Et ces cheveux ? Enfin, ton père et moi t'avons élevé mieux que cela ! s'irritait Mrs Mulciber.
Aildinn réprima un sourire en voyant son ami se faire réprimander comme un petit garçon. Sa mère passait une main dans la tignasse noire de son fils, tentant d'y mettre de l'ordre. Comme son enfant, elle possédait d'étranges yeux noirs.
Andrew se racla la gorge.
-Bon, je dois y aller aussi. On se voit bientôt, Evan.
Il tapota ensuite d'un air résigné l'épaule d'Aidlinn et disparut dans la foule. La jeune fille réalisa soudainement qu'elle se retrouvait seule avec Rosier. Embarrassée, elle se balança d'un pied sur l'autre, fixant le sol. Elle avait souhaité lui dire au revoir seul à seul, mais ne savait plus quoi faire désormais.
-Eh bien, passe de bonnes vacances, Evan.
Elle rougit devant l'absurdité de ses paroles.
-Enfin, je veux dire, hum… Fais…Fais attention à toi.
Il rit doucement et ce son ravit ses oreilles. Elle frémit lorsque sa main vint effleurer sa joue.
-Toi, prends soin de toi.
Elle leva les yeux avec confusion vers lui, mais son regard était déjà lointain. Il laissa retomber son bras et la dépassa, disparaissant à son tour dans la gare. Aidlinn, tremblante, mit un certain temps à retrouver ses esprits. Pourquoi soufflait-il le chaud et le froid avec elle de cette façon ? S'amusait-il de voir à quel point elle était influençable ? Ou était-ce elle qui s'emballait pour un rien ?
-Aidlinn ! appela Isaac.
Il lui faisait signe, posté plus loin avec les valises. Dans un soupir, elle le rejoignit. Ces deux mois de vacances seraient assurément trop longs.
Ce soir-là, ils dînèrent dans la salle à manger en compagnie de leur père. C'était assez exceptionnel. Comme toujours depuis que leur mère n'était plus là pour faire la conversation, seul le tintement des couverts retentissait dans la grande pièce. Pour une fois, Aidlinn n'en était pas incommodée et accueillait avec joie ce répit. Elle repensait à la douceur d'une certaine main sur sa joue.
-Comment ce sont passés les B.U.S.E., Aidlinn ? demanda Gordon Rowle.
Ils se parlaient peu, sauf pour aborder ses résultats scolaires.
-Bien. Enfin, j'espère.
-Tu espères ?
Aidlinn réprima un soupir. Elle n'aurait pas dû exprimer de doute.
-Elles se sont bien passées, Père.
Son père eut un grognement appréciateur. Il se tourna ensuite vers Isaac.
-Fils, tu viendras dans le salon avec moi. Nous avons à parler.
-Oui, Père.
Isaac jeta un coup d'œil inquiet à Aidlinn. Les deux s'étaient toujours méfiés de leur géniteur, non sans raison. Il buvait beaucoup et régulièrement, comportement qui s'était intensifié depuis la mort de leur mère. Désormais, Aidlinn savait que c'était pour oublier les atrocités qu'il devait sûrement commettre jour après jour, pour leur Maître, pour gagner la guerre. Malgré tout, elle ne pouvait lui pardonner entièrement son comportement. Combien de fois avait-il menacé son frère ou leur mère, lorsqu'il revenait tard le soir, l'esprit encore embrumé par l'alcool ?
Ils quittèrent la table et Aidlinn monta dans sa chambre. La pièce, plongée dans la pénombre, était envahie par la brise nocturne s'engouffrant par la fenêtre ouverte. Aidlinn alla fermer ses volets et les étoiles disparurent. Elle s'allongea dans son lit, sans parvenir à trouver le sommeil. Ce ne fut que lorsque les pas d'Isaac résonnèrent devant sa porte pour s'arrêter dans la chambre suivante qu'elle put enfin fermer les paupières.
oOo
Le lendemain, Aidlinn fut réveillée par Filwy - l'elfe de maison. Il ne lui apportait cependant pas son petit-déjeuner, signe que Gordon Rowle était encore dans la maison et dans la salle à manger à les attendre, de surcroît.
Aidlinn se dépêcha donc de faire sa toilette et d'enfiler une jupe et un corsage sobres et élégants. Dans le couloir, elle croisa Isaac, qui avait revêtu des habits plutôt simples, bien que de belle facture – après tout, ils n'avaient que de beaux vêtements dans leurs garde-robes respectives. Son frère avait l'air encore endormi et c'est en baillant narquoisement qu'il la salua.
-Apparemment, Père a décidé de prendre de bonnes résolutions pour mon entrée chez les grands. Ne le faisons pas attendre.
En effet, leur géniteur était assis à la place d'honneur dans la salle à manger. Il lisait La Gazette du sorcier et ne leva pas les yeux lorsque ses enfants entrèrent. Ils s'assirent chacun d'un côté et mangèrent en silence. Aidlinn interrogeait régulièrement des yeux Isaac, qui haussait les épaules. Il n'avait aucune idée de ce à quoi jouait leur père, à les faire manger ainsi en famille.
-Isaac, tu iras tout seul à la réunion, je dois passer chez Gringotts avant.
Le fils Rowle opina, bien que la perspective ne semblât guère l'enchanter. Aidlinn lui jeta un regard compatissant –elle n'aurait pas aimé être à sa place- mais son frère l'ignora. Le regard de la jeune fille oscilla entre lui et son père. La ressemblance était frappante. Isaac était la copie conforme de leur géniteur. Comme ce dernier, il possédait des traits durs, des pommettes saillantes, des cheveux châtains et surtout des yeux gris pénétrants. Aidlinn avait elle aussi ces yeux-là, si bien que personne n'aurait pu douter que le frère et la sœur fussent les enfants de Gordon Rowle. On n'oubliait jamais leur père.
Le petit-déjeuner se termina aussi bizarrement qu'il avait commencé. Le chef de famille se leva, pliant son journal et l'abandonnant ensuite sur la table. Il avait revêtu un élégant costume et une veste grise en tweed. Il vérifia l'heure à la grosse horloge accrochée au mur.
-Fils, il est presque l'heure. Tu devrais y aller.
Isaac opina et se leva sans un mot. Gordon se tourna vers sa fille :
-Aidlinn, tu restes ici. Nous ne serons pas de retour à temps pour dîner.
La jeune fille opina et le regarda quitter la pièce. Isaac était toujours immobile. Il se tourna vers sa sœur, une expression indéfinissable sur son visage.
-J'ai gardé ma vieille bicyclette dans l'appentis, derrière la maison. Si tu as envie de faire un tour…
Aidlinn hocha la tête, se rappelant le vélo bleu que son frère utilisait en cachette pour se rendre chez Andrew Wilkes- qui habitait non loin - ou pour s'éloigner de la maison. Elle aurait voulu remercier Isaac, mais il était parti. Plus tard, quand le soleil fût haut dans le ciel, elle sortit. L'été lui soufflait son haleine chaude au visage. Aucun nuage n'entachait l'azur du ciel. Elle fit le tour par le grand jardin. Les herbes folles agrippaient sa jupe, chatouillaient ses jambes. Elle se sentit de nouveau petite fille. Elle passa devant la terrasse, fermée et triste et dévala la légère pente qui menait au fond du parc. On ne pouvait apercevoir de côté-ci le mur de pierre et l'ancien abris de bois. Ce dernier était niché à l'angle du mur, sous les arbres du petit bois. Aidlinn pensait que leur père avait dû oublier son existence. L'abri était exigu, sombre et poussiéreux. A l'intérieur, il n'y avait que des vieux ustensiles de jardinage et, posé contre des pots en terre ébréchés, un vieux vélo attendait qu'on le sorte le temps d'une balade. La jeune fille n'en avait jamais fait. Son père aurait sûrement désapprouvé mais quel mal y avait-il à l'utiliser ? Isaac l'avait fait, après tout. Elle sortit l'engin et traversa le bois, en direction du portail. Il lui fallait un terrain plat pour s'entraîner. Elle passa le grand portail de la demeure des Rowle et déboucha sur la route de terre. Elle fit quelques pas, la bicyclette cliquetant à côté d'elle, puis elle se lança. Elle enfourcha l'engin appuya sur la pédale droite avec son pied et essaya d'avancer. Malheureusement, presque aussitôt, elle manqua de perdre l'équilibre. C'était assurément moins facile qu'il n'y paraissait !
Alors elle recommença, encore et encore. Parfois, elle tombait et s'écorchait mains et genoux sur les graviers. Une automobile passa en vrombissant, les moldus à son bord lui jetèrent des coups d'œil curieux. Aidlinn, malgré elle, observa l'engin passer avant de reprendre ses essais. Plus loin, elle vit des silhouettes arriver vers elle à vélo. Deux garçons s'arrêtèrent à sa hauteur. Contrairement à elle, ils étaient parfaitement à l'aise sur leurs bicyclettes, alors même qu'ils étaient plus jeunes. La jeune Rowle ne les avait jamais rencontrés et elle connaissait toutes les familles sorcières du secteur, ces deux enfants étaient donc assurément moldus.
-Un problème ? demanda l'un.
Aidlinn recula, réprimant un frisson. Elle n'avait jamais parlé à un moldu ! Qu'était-elle censée faire ?
-Ton pneu est dégonflé, indiqua l'autre en montrant la roue avant.
-Ah, fit Aidlinn.
Elle ne comprenait pas vraiment de quoi ils parlaient.
-Tu veux de l'aide ? demanda le premier.
Il avait jeté un coup d'œil critique à sa tenue pleine de poussière et ses poignets éraflés.
-Euh…
-Tu es tombée ?
-Oui.
Que voulaient ces moldus ? Était-ce un crime de leur parler ? L'un des garçons descendit de sa bicyclette. Il avait des cheveux blonds comme les blés.
-Attends, je vais t'aider à le regonfler, j'ai ma pompe.
Il détacha une espèce de cylindre de métal de son vélo et s'accroupit devant sa roue. Pendant qu'il étendait et raccourcissait l'objet désormais accroché à son pneu de vélo, Aidlinn observa les deux inconnus. Elle cherchait des signes indiquant leur infériorité : stupidité, folie, handicap… Mais elle n'en trouvait pas encore. Pourtant, ils ne pouvaient pas être comme elle, n'est-ce pas ? Ce n'étaient pas des sorciers, après tout.
-Voilà, sourit le blond en se relevant. Ça devrait aller mieux maintenant.
-Sûrement, répondit Aidlinn.
Elle n'allait pas remercier un moldu, quand même ? A présent qu'elle était près d'eux, les deux jeunes garçons lui arrivaient à l'épaule. Ils devaient avoir au moins deux ans de moins qu'elle. L'autre, un rouquin, prit la parole :
-Tu habites dans le coin ? On ne t'a jamais vu, avant.
-Oui, pas loin, fit Aidlinn.
Elle ne comptait pas leur dire où elle habitait. D'ailleurs pourquoi perdait-elle son temps avec ces enfants, moldus de surcroît ? Si son père la voyait…
-Je dois y aller.
Elle prit son vélo et se résolut à marcher à côté. Les deux enfants la suivirent en pédalant doucement.
-Tu ne sais pas faire de vélo ? se mit à rire le petit garçon roux.
-Non.
Le regard noir que lui lança la jeune fille suffit à le faire taire.
-C'est facile pourtant, lança le blond.
Il accéléra sans mal, partant devant puis fit tourner son engin pour revenir vers eux.
-On peut t'apprendre, suggéra-t-il.
Pourquoi étaient-ils si amicaux ? Elle fut tentée d'accepter, ouvrit la bouche, se ravisa. Qu'est-ce qu'il lui prenait à parler à ces gens ? Sa voix se fit plus froide qu'auparavant :
-Non, merci. Maintenant, allez-vous en.
Ils se regardèrent, surpris, la mine penaude.
-Comme tu veux.
Et sans insister, ils s'éloignèrent en pédalant vers le village. Leurs bicyclettes créaient des petits nuages de poussière derrière eux. Aidlinn rentra et remit le vélo au fond du jardin. Cela n'avait peut-être pas été une si bonne idée, après tout. Les deux elfes de maison, horrifiés par ses éraflures, l'obligèrent à s'asseoir à la cuisine le temps qu'ils la soignassent. Ils lui lavèrent les plaies superficielles puis appliquèrent un baume qu'ils recouvrirent par des bandages. C'était peut-être un peu excessif, mais Aidlinn les laissa faire, absorbée dans ses pensées. Sa rencontre avec les jeunes moldus l'avait ébranlée. Une idée s'insinua dans son esprit : et s'il y avait une chance –infime- pour qu'ils se trompassent ? Et si les moldus méritaient de vivre leur vie, eux aussi ? La jeune fille fit de son mieux pour chasser cette idée sur-le-champ.
Aidlinn ne retourna pas voir la bicyclette. Elle n'en parla pas à Isaac et quand son père demanda ce qu'il lui était arrivé, elle répondit d'une voix blanche :
-Je me promenais dans le parc et j'ai chuté.
-Dans ce cas, évite de sortir si tu ne sais pas faire attention, répliqua-t-il d'un air désapprobateur.
Et l'incident fut oublié pour Aidlinn, rangé dans un coin de son esprit.
oOo
La semaine fut morne. Aidlinn n'avait pas grand-chose à faire, coincée dans cette grande maison silencieuse. N'étant pas majeure, elle ne pouvait transplaner et son père ne l'autoriserait jamais à prendre seule le magicobus pour se rendre chez Sylvia – contrairement à Isaac qui, lui, avait le droit de l'utiliser à volonté et de rentrer à l'heure qu'il souhaitait. Quant aux elfes, ils devaient nettoyer le manoir et aucun d'eux n'était donc disponible pour accompagner Aidlinn quelque part. N'ayant pas de devoirs à rendre, elle devait se résoudre à partager son temps entre la lecture et les ballade dans les environs. C'était le premier été qu'Aidlinn passait sans sa mère et, entre les tristes murs de la demeure de son enfance, son absence lui pesait plus cruellement que jamais.
Heureusement, la fête d'anniversaire d'Isaac avait lieu le samedi 2 juillet, c'est-à-dire à la fin de la semaine. Leur père avait décidé d'organiser une réception pour célébrer la majorité de son fils. Si Aidlinn était heureuse pour son frère, elle avait peur de ne plus jamais le voir, après ça. Pour quelques jours encore, il rentrait le soir avec leur père, revenant d'une réunion, d'une réception ou juste de chez un de ses amis. Gordon Rowle semblait mettre un point d'honneur à ce qu'Isaac vît autant de monde que possible. Quel dommage, songeait parfois sa fille, qu'il n'ait pas la même attitude avec moi.
La jeune Rowle obtint cependant de son père que Stinx, le plus âgé des elfes, l'accompagnât au Chemin de traverse le vendredi, afin qu'elle pût acheter un cadeau à Isaac.
Le vendredi matin, Aidlinn et Stinx transplanèrent donc et apparurent au milieu de l'Allée des Embrumes. Quelques passants à la mine sombre leur lancèrent des coups d'œil interloqués. Aidlinn, qui avait rabattu le capuchon de sa cape sur sa tête, pressa le pas. Stinx devait récupérer un paquet pour son père chez Barjow et Beurk. Ainsi elle se rendit seule sur l'allée principale du Chemin de Traverse, plus accueillante, où se trouvaient les boutiques ordinaires. Ce fut seulement en entrant au magasin d'accessoires de Quidditch qu'Aidlinn consentit à découvrir son visage. Il aurait été mal vu que la fille Rowle fût surprise dans une allée mal famée.
Elle avait longtemps réfléchi à ce qui pourrait faire plaisir à son frère. Elle avait d'abord pensé à un cadeau qu'il pourrait emporter partout avec lui, comme une montre ou un vêtement, puis elle avait réalisé que son père s'en chargerait. Aidlinn savait qu'Isaac supportait suffisamment de pression entre son nouvel enrôlement chez les mangemorts et leur père qui commençait à l'instruire sur la manière de gérer les affaires familiales. Elle voulait lui offrir quelque chose qui lui rappelât qu'il était jeune et que la vie était belle. Et surtout, Aidlinn voulait que son frère passât la meilleure dernière année possible à Poudlard. Isaac n'avait toujours eu qu'une seule passion : le Quidditch.
Aidlinn espérait que son cadeau lui ferait plaisir.
Bon finalement j'ai mis ce chapitre dans la foulée. Le prochain la semaine prochaine ! :)
