Je me fait réveiller par de grandes secousses. Aragorn est au dessus de moi. Je comprends instantanément ce qui se passe quand je vois que tout le monde est debout sauf Frodon qui est quelques mètres plus loin. J'ai manquée littéralement toute l'attaque des nazguls. Ils sont bruyants pourtant... Je ne comprends pas comment j'ai pu ne pas me réveiller... Peu importe. Je me lève d'un bon et je rapatrie des deux petites choses en moins de deux avant de commencer à marcher avec les gens. Certes, je suis fatiguée, mais c'est une question de vie ou de mort. Nous avançons sûrement mais lentement, même si on ne s'arrête jamais. Finalement, on finit par poser Frodon sur le sol. Son état empire d'heure en heure.

-Est-ce qu'il va mourir? demande Pippin à ses côtés.

-Il passe dans le monde des ombres et il sera bientôt un spectre comme eux.

-Sam, connaissez-vous l'athelas, c'est une plante. La feuille des rois.

-Oui, c'est une mauvaise herbe.

-Allez en chercher, ça peut ralentir le poison.

Sur ce, Aragorn quitte les lieux avec Sam pour chercher la plante. Quelques secondes plus tard, Arwen apparaît avec son cheval blanc.

-Oh, il disparaît, commente-t-elle, il ne va pas tenir longtemps. il faut le mener à mon père.

-Où est-ce que vous l'emmener, demande Merry alors qu'Aragorn l'installe sur le cheval.

-À Fondcombe, il ne va pas survivre à la marche, il faut qu'il y soit le plus vite possible, lui expliquais-je.

-Qu'est-ce qu'ils disent, demande Pippin, alors que le couple parlent en elfique.

Puis, Arwen monte sur le cheval et commence à galoper. Je sais que je pourrais leur expliquer ce qu'il vient de se passer, mais je ne connais pas vraiment l'elfique. Alors, je suis mieux de ne rien dire.

-Qu'est-ce que vous faites? hurle Sam. Les spectres sont toujours là.

-C'est sa seule chance de survit, Sam, lui dis-je pour essayer de le calmer.

-On va rester ici pour la nuit, déclare Aragorn.

-On ne devrait pas...

-Le destin de Frodon n'est plus dans nos mains. Il vaut mieux se reposer un peu, explique-t-il.

C'est se qu'on fait. On s'installe tous alors une petite couchette. Je décide d'aller me blottir contre une pierre. Sam allume un feu et commence à cuisiner un petite repas après avoir eu l'approbation de Grands-Pas.

-Tant mieux je meurs de faim! S'exclame joyeusement Fanny en allant s'assoir à côté de Sam.

-Dame Keijy, vous venez?

-Non, je suis correcte, je n'ai pas vraiment faim.

-Vous n'avez pas beaucoup manger de ses temps-ci, dit Aragorn.

-Oui et vous semblez plus faible qu'à notre rencontre, renchérit Pippin.

-Ça ne se dit pas, lui dit Merry.

-Mais c'est vrai, elle n'a pas l'air d'aller, manger lui donnerait des forces.

-C'est juste que je ne dors pas super bien, avec tout le stress, dis-je pour éviter d'élever plus de soupçon sur moi.

-Vous devriez quand même manger, la nuit va être froide, termine Aragorn en me tendant une assiette.

Je finis par la prendre et picorer un peu dans mon assiette. Mais plus je picore, plus ça me donne faim et que mon estomac se réveille. Je finis par manger tout le contenu de mon assiette avant d'aller me coucher. Je dors quelques heures avant de me réveiller subitement avec un des plus gros haut de coeur que je n'ai jamais eu. Je me lève et fais quelques pas avant de m'effondrer sur mes genoux et de vomir.

-Êtes-vous correcte? demande la voix d'Aragorn.

-Oui.

-Tenez, prenez un peu d'eau, dit-il en me passant sa gourde.

Je fais signe que c'est correct avant de marcher vers le campement et d'aller chercher la mienne. Je me rassois sur ma couche et je regarde vers le ciel qui commence à s'éclaircir pour essayer de calmer mon coeur qui bat rapidement. Je ne comprends pas pourquoi j'ai aussi souvent mal au coeur. Ça doit être quelque chose que j'ai mangé, mais personne ne réagit comme moi... Puis je comprends. Ça doit être l'eau qui est contaminée.

-Est-ce que j'aurais le temps de bouillir de l'eau avant qu'on parte?

-Oui, de toute façon je voulais qu'on prenne le temps de bien manger pour éviter de faire des arrêts avant d'arriver à Fondcombe.

Je prends alors un chaudron et vide l'eau de ma gourde et me pars un feu. Aragorn me regarde faire sans rien dire. Il commence à réveiller tout le monde et à ce moment-là, je recoule l'eau dans la gourde.

-L'eau n'était pas déjà purifiée?

-Oui, normalement, mais elle a peut-être été recontaminé, enfin c'est ce que je pense.

Nous continuons la route jusqu'au coucher du soleil où il est enfin possible de voir la ville.

- Voilà Fondcombe, mes amis, déclare finalement Aragorn alors que le soleil se couche.

- C'est une cité d'elfes, hein? se risque Claire.

- Oui, vous croyez quoi?

Claire me regarde d'un air inquiet en me montrant Fanny du menton. Je comprends ce qu'elle veut me dire. Elle a peur de la réaction de Fanny face aux elfes.

-She already saw one. (Elle en a déjà une un).

-Who? (Qui?)

-I can't say her name, the other human here will understand. (Je ne peux pas dire son nom, l'autre humain va comprendre)

-Oh! Yeah you're right. (Oh, oui tu as raison.)

Mes compagnons de voyage ne comprenaient rien, sauf évidemment Fanny, mais cette dernière ne nous écoutait pas. elle était trop occupée à regarder le paysage. On traverse le pont et on arrive finalement à l'entrée où on se fait arrêter. Aragorn semble expliquer au garde en elfique la raison de notre visite. Puis on nous laisse finalement entrer. Aussitôt, Fanny et les hobbits semblent émerveillés. Je les comprends. Je le suis aussi. L'architecture, la propreté, les fleurs, la vue... Tout est magnifique, ça semble presque magique. Une elfe qui nous guidait depuis le début nous montre chacun notre tour nos chambres pour la durée du séjour. Je suis située dans le même coin que Fanny et Claire heureusement, mais pratiquement à l'opposée des autres hobbits.

En voyant sa chambre, Fanny est extatique. Tout est si pur, si beau, si simple en même temps. On se croirait rêver les yeux ouverts. Nielia, l'elfe nous montre ensuite respectivement nos chambres à Claire et à moi.

-Si vous voulez, un souper va être organisé pour votre arrivé. Il est déjà tard certes, mais vous êtes les bienvenues.

-Merci c'est très appréciée, mais pour ma part je vais probablement tout de suite aller me coucher, dis-je.

-Voulez-vous que je vous apporte une coupe de fruits? Propose-t-elle alors.

-Oui, ça serait appréciée, si ça ne dérange pas.

-Pas du tout, je le fait avec le plus grand plaisir, ça fait quelques années que je n'ai pas vu d'humaines et c'est mon devoir de vous accueuillir comme il se doit.

-Merci beaucoup Nielia, c'est vraiment très appréciée.