En passant : Et oui, après m'être acharnée sur Drago, je m'en prends à Harry... Je suis quelqu'un de cruel...
Guest : Tant mieux si j'arrive encore à vous surprendre !
Oznela : Le pire, c'est que cette scène est l'une des premières qui me soit venue en tête... Le seul changement, c'est qu'à l'origine, ils étaient sensés utilisés chacun la baguette l'un de l'autre, et que c'était pour cette raison que le Patronus sautait... J'ai préféré remettre ça sur le dos de Drago plutôt que de mettre la faute " à pas de chance"
cattleyahana : Aaaah, l'espoir... ça fait presque 150 chapitres que Drago vous prévient pourtant...
(mais il a tord, c'est un ptit con, il faut continuer à espérer XD)
En tout cas, je suis contente que les émotions soient présentes :)
Le chapitre suivant mettra peut-être plus de deux jours à être posté, parce que... Primo, je suis à la maternité X,D et deuxio, c'est le chapitre dont je suis le moins satisfaite jusqu'à présent. Mais vous n'attendrez pas une éternité : Au pire, je le poste comme ça, et puis voilà !
« Monsieur Malfoy, j'ai la sensation que vous demandez beaucoup, s'avança Griselda Marchebank. Je me dois de vous rappeler que nos gouvernements respectifs vous accordent déjà une faveur immense en ayant accepté vos requêtes précédentes.
– Et bien rien ne vous empêche de refuser celle-ci. Comme rien ne m'empêchera de refuser la proposition du Professore de le rejoindre à Rome ou mon père de vous payer ce que vous savez être une vulgaire rançon.
– Combien de demandes avez-vous encore ?
– Une seule. »
Griselda Marchebank soupira, et se cala dans son fauteuil avant de lui indiquer d'un geste de continuer.
« Les Malfoy ne sont pas les seuls détenus de cette prison possédant du Sang Français. Je demande l'extradition d'un homme supplémentaire.
– C'est hors de question ! » rétorqua immédiatement la Présidente du Magenmagot. Elle chercha l'approbation autour de la table, et tout le monde la lui accorda. Harry ne se sentait capable que de lui accorder un froncement de sourcils étonné, et elle s'en contenta.
« Comment comptez-vous justifier le fait que vos gouvernements m'accordent cette faveur immense mais n'offrent pas la même chose à mon camarade ? Son Sang est davantage Français que le mien.
– Mais peu importe, enfin ! Vous ne pouvez pas… Et puis de qui s'agit-il ?!
– J'ignore son prénom. Il s'appelle Rosier. Il travaille aux cuisines.
– J'accepte. »
Tout le monde se tourna d'un coup vers Vissarion Kenaran qui venait de prendre la parole. Il fixait Drago avec l'expression avide et émerveillée qu'il avait toujours quand un nouveau sujet d'études se présentait à lui, et même Drago avala sa salive.
« J'accepte, répéta-t-il. Je prends sur moi toute la responsabilité.
– Je ne… commença Drago.
– Vous avez dit Rosier ?
– Oui, mais je…
– C'est hors de question », indiqua doucement Lucius.
Harry fronça les sourcils, surpris par le tournant que prenait la conversation. Il ne voyait pas ce que Rosier venait faire là-dedans. Il avait prévu que Drago demande un traitement différent pour son père, pas qu'il mêle un autre homme à cette histoire ! Lucius Malfoy semblait sincèrement étonné, et il était loin d'être un acteur exceptionnel.
« Qui est cet homme ? » demanda De-Saint-Brasier.
Drago haussa les épaules : « J'ignore de quoi il est accusé, mais…
– Souhaitez-vous qu'il soit emprisonné en France ou qu'il bénéficie du même traitement que vous à Rome ? » demanda Vissarion. Il se pencha en avant, sur la table, les yeux écarquillés.
« Je ne vous laisserai pas l'utiliser ou le brutaliser », prévint Drago en fronçant les sourcils sans parvenir à masquer sa confusion. « Rosier obtiendra une amnistie complète, et sera traité comme n'importe quel citoyen qui…
– Est-il intéressé par un poste au Maléfistinat ? ? demanda Vissarion.
– Il connait la legilimancie et sait tout ce que je sais , répondit Drago, visiblement mal à l'aise. Il avait probablement prévu de négocier et était surpris par l'empressement du Maléfisitinien. « Il pourrait…
– Je fais le serment inviolable… » s'empressa de débiter Vissarion, et tout le monde ou presque protesta, mais c'était trop tard : La langue de Magie Rouge s'était de nouveau enroulée autour de sa main et de celle de Drago, « … de ne pas quitter cette île tant que je n'aurais pas l'autorisation d'emmener avec moi le détenu Rosier et la certitude de pouvoir lui accorder la liberté au Maléfistinat où je m'engage à le traiter avec tout le respect qu'il me sera possible de lui accorder. »
Une nouvelle cacophonie. Tout le monde râlait, agacé par cette attitude détestable du Maléfistinien. Ils étaient trois à rester silencieux : Lui-même ne savait pas quoi dire, Vissarion jubilait, et Lucius était livide.
« Jurez également que vous n'utiliserez pas votre legilimancie contre lui, ordonna Drago en se levant à moitié.
– Je le jure. » La réponse de Vissarion fusa, et la langue de magie crépita à nouveau avant de s'éteindre doucement. Pendant ce temps, les autres se disputaient :
« Monsieur Shacklebolt ! tonna la Présidente Italienne. Qui est cet homme ?! Qui est ce Rosier ?!
– Je l'ignore, avoua le Ministre. Je pensais que le dernier Rosier était mort il y a vingt ans. Un Mangemort abattu par Alastor Maugrey après avoir résisté à son arrestation.
– Il, euh… » marmona Harry en se secouant. Il s'était renseigné sur lui dès qu'il avait vu Drago lui remettre cet origami et l'appeler son ami. Le type était inintéressant au possible. « Chrysanthos Rosier. Un détenu de droit commun. Arrêté pour refus d'obtempérer à un contrôle d'identité. Il a le Sang Pur, mais… »
Harry fronça les sourcils… Drago ne le regardait pas, mais son attitude prouvait qu'il écoutait. Il faisait confiance au type, et Lucius Malfoy n'était pas d'accord. Deux bonnes raisons pour appuyer la demande.
« Il n'a jamais posé de problème ici. Un prisonnier modèle.
– Pour combien de temps est-il enfermé ? questionna Shacklebolt.
– Dix-huit mois, se rappela Harry. Il lui en reste onze à effectuer.
– Autant ? Pour un contrôle d'identité ?
– Oui, il, euh… Il a refusé de parler à son procès, refusé de se défendre, et…
– C'est un homme fragile et déséquilibré, intervint Drago en s'adressant au Ministre. Je compte partager avec vous chaque souvenir que j'ai de lui pour vous le prouver. Vous pourrez juger de son instabilité. Sa place n'aurait jamais dû être en prison, mais dans un institut de soins spécialisés, tout comme…
– Je fais le serment inviolable de mettre tout en œuvre pour que Chrysanthos Rosier soit soigné de toute affection qui pourrait le blesser ! »
Une nouvelle fois, le brouhaha irrité recouvrit la fin du discours du Maléfistinien, et Harry eut l'impression très nette que quelque chose lui échappait. Leur échappait à tous. Seul Vissarion savait une chose qu'eux tous ignoraient. Peut-être Lucius Malfoy en avait-il également une idée… Harry l'observa : La main sur l'épaule de son fils s'était légèrement crispée. Drago avait affirmé qu'il n'avait qu'une seule demande, et celle-ci ne le concernait pas. Il y avait autre chose, cependant : Un léger tremblement qui n'était pas dû à la frustration d'avoir été oublié.
« Qui est cet homme, Vissarion ? reprit la Présidente Italienne. Vous le connaissez ?
– Pas encore. Mais j'ai hâte de le rencontrer. J'ai toujours beaucoup aimé les roses. »
Drago avait les lèvres entrouvertes, il était effrayé. Harry chercha dans sa Magie le lien du Serment qui forçait le Maléfistinien à lui dire la vérité et tira dessus.
« Dites-moi tout ce que vous savez sur cet homme et quels sont vos plans le concernant ! »
Aussitôt, un tourbillon de magie étincelante rouge brilla, du bout de ses doigts au bas de son poignet. Le sort fut répliqué de la même façon sur Vissarion qui émit une brève et légère exclamation de peine ou de douleur. Il redressa le visage en souriant difficilement, et Harry fut surpris de voir un mince filet de sang couler de sa narine et se perdre dans les longs poils de sa barbe.
« Je ne pourrais pas, Monsieur Potter. Un autre Serment. » Leur lien pulsa, Vissarion grimaça et précisa : « Je ne sais rien sur cet individu. Il s'agit peut-être d'un garçon que j'ai longtemps recherché. Sur ma vie, je jure que je serais incapable de lui faire le moindre mal, et… Ah… » Un gémissement de soulagement lui échappa quand Harry coupa le lien, incapable de supporter la vision de cet homme qui souffrait visiblement. Le vieillard s'affala dans son fauteuil, essoufflé, et se passa une main sur le front pour y enlever la sueur. Il fouilla ensuite dans une poche, en sortit un mouchoir et se tapota le nez.
« Serait-il possible de l'inviter à se joindre à nous ? reprit-il d'un ton plus détendu. J'imagine que…
– Non, répondit Drago. Je dois d'abord m'occuper du Détraqueur. Après quoi, vous pourrez le questionner, et il répondra à toutes vos questions. Il aura toutes les réponses que vous voudrez. »
Sa bouche était toujours entrouverte, mais ses sourcils avaient pris un pli plus pensif qu'inquiet.
Harry examina pensivement le reste de l'assemblée. Tous fixaient Drago avec un air qui allait de l'étonnement à la crainte. Sa façon d'annoncer les choses comme s'il s'agissait de vérités universelles était intimidante. Le rideau de ses cheveux laissait à peine apercevoir les dents sur son visage. Sa peau de morse lacérée, avec les deux longues défenses qui pendaient sur son torse le faisait ressembler à un druide antique qui ne faisait que répéter la parole des Dieux. Il avait l'air à la fois jeune et vieux, homme et femme, faible et puissant, humain et animal… Minéral, même, à cause des dents… Depuis quand s'était-il transformé à ce point ?
La conversation reprit sur un ton plus confidentiel et craintif : Les chefs d'État discutaient du cas de Rosier.
Pendant ce temps, Drago fouilla dans sa poche, en sortit l'un de ces fameux petits bocaux de confiture qu'il chapardait tout le temps, et se mit à le remplir, sans un mot, de souvenirs argentés qu'il extrayait de son crâne avec sa baguette.
Et encore une fois : Le prosaïsme débile du bocal opposé la magie mystérieuse de ses gestes…
L'expression de Vissarion était avide, mais c'est vers Marchebank qu'il fit glisser le bocal une fois celui-ci refermé. La discussion s'était éteinte et, à nouveau, tout le monde le regardait.
« L'intégralité de mes souvenirs de Rosier, annonça-t-il simplement. Pour l'innocenter. »
Puis il se leva.
Et tous l'imitèrent.
Est-ce que Drago se rendait compte de l'effet qu'il avait sur les gens ? Difficile à dire. Harry lui-même était incapable de mettre des mots là-dessus. Peut-être que l'huile de la Selkie lui avait insufflé encore un peu de sa magie tentatrice… L'explication était attirante parce que facile, mais il savait qu'elle était fausse : Lui-même avait été subjugué alors qu'il n'était que l'ombre de lui-même, amaigri, apeuré, sale et effacé… Est-ce qu'il avait toujours été comme ça, ou bien c'était depuis l'enfermement ? Depuis le Détraqueur ? Depuis que Harry lui avait arraché ce qui pouvait le rendre heureux ?
Ils arrivèrent sur la plage.
Le Détraqueur, évidemment, n'avait pas bougé. Le Patronus Chimérique l'avait blessé, et sa robe noire était poisseuse de cette espèce de sang noir qu'il secrétait. Dans sa gueule, le bâillon magique était toujours là, mais certaines de ses dents jaunes, pointues et hideuses avaient percé le tissu de sa capuche.
Drago n'hésita pas une seconde avant de pénétrer la cage magique qui le maintenait immobile. Sa silhouette devint alors floue, et son mouvement parut saccadé, déformé par les courants magiques qui l'environnaient. Il s'empara de sa baguette, leva les mains, s'empara avec douceur de la tête qui le surplombait largement et la tira vers lui, pour qu'ils se retrouvent à la même hauteur. Alors ses lèvres se mirent à remuer sans qu'il fût possible d'entendre ce qui en sortait.
C'était comme l'une de ces opérations Dirico que Harry exécrait : Là-bas, il y avait quelque chose à faire, du danger, et un innocent à aider et à sauver, mais lui devait rester immobile. Il devait lutter de tout son être pour ne pas se précipiter vers Drago et l'éloigner de cette chose capable de le tuer. Dans un sens, elle et lui se ressemblaient : il avait agi comme l'une de ces créatures en le privant de ce qui l'avait rendu heureux un instant…
Au bout d'un long moment, Drago fronça les sourcils en semblant contrarié.
Harry détacha une seconde les yeux de sa silhouette pour interroger Vissarion du regard.
« Il vient d'utiliser un charme de legilimancie, expliqua le Maléfistinien à voix basse. Je ne comprends pas : Le sort a fonctionné, mais il n'a pas pénétré l'esprit du Détraqueur. Ses défenses demeurent inviolées. »
Drago fit glisser ses doigts sous le bâillon magique et celui-ci éclata immédiatement comme une bulle de savon. Harry eut à peine le temps d'avaler sa salive que Drago avait déjà soulevé la capuche pour révéler le visage hideux de la créature, dépourvu du moindre trait à l'exception de cette gueule béante qui ne se refermait jamais. Nullement dégouté, Drago posa son front contre celui de la créature et reprit ses marmonnements inaudibles. Le Détraqueur ne pouvait pas bouger : La magie empêchait le moindre geste de sa part.
Harry sentit les battements de son cœur et son souffle s'accélérer.
Il était parvenu à rester immobile et à simuler la mort dans la forêt interdite, et il y parviendrait à nouveau. Il fallait faire confiance à Drago : Celui-ci savait ce qu'il faisait…
Il y eut plusieurs minutes de silence et de calme…
Et puis un bruit affreux et assourdissant résonna sur l'île. On aurait dit celui d'un chameau torturé et mis à mort. Le Cridurut d'Azkaban, qui signifiait qu'une émeute venait d'éclater.
« MERDE ! »
Par réflexe, il commença à se précipiter vers l'entrée de château, mais… Au bout de trois enjambées, il se retourna en se sentant déchiré. Non, il devait rester là, il devait…
Drago le regardait.
Par Merlin, ses yeux gris étaient fixés sur lui avec une expression hagarde, et Harry se retrouva incapable de bouger. Sa place était ici, sa place était…
Les yeux gris dévièrent soudain vers Lucius Malfoy qui se trouvait à ses côtés.
Alors simultanément, l'homme s'effondra, le Détraqueur émit en râle et Drago l'embrassa.
