Je suis désolée : c'est en voyant les dates de vos reviews que j'ai réalisé que j'avais oublié de poster un chapitre samedi dernier T_T J'ai eu un week end de pâques chargé, et ça m'est sorti de la tête... Mais Je tâcherai de sortir un truc dans la semaine pour me faire pardonner ! (Je fais du nanowrimo sur mes pauses de midi, et avec 500 mots par ci, 500 mots par là, ca avance)
Désolée encore, merci mille fois à tous de me suivre, de lire, de commenter, et de supporter mes baisses de rythme !
Guest : XD je savais que le simple le fait d'écrire son nom serait un indice qu'il n'est pas le bienvenu !
Oznella : Ben oui, Harry est une boubouille d'amour... Avec le recul, je me rends compte que je me suis loupée dans ce que je voulais dire de lui.. J'aurais du mettre une autre chapitre de son point de vue beaucoup plus tôt dans le récit, pour parler davantage de la pression qu'il subit, de son burn out de la célébrité, et surtout expliquer ce qu'il a interprété de la situation en arrivant à azkaban (a savoir : Drago se prostitue joyeusement pour pouvoir meubler la cellule familiale et se pavaner dans le luxe, manipule tous les Surveillants pour profiter d'eux, et s'il ne se plaint pas, c'est qu'il est trés satisfait de la situation) Harry est qqun de crédule (rip sirius) , d'emporté (rip sirius) et qui remet globalement peu en question ses opinions (rogue et dumby), et c'est là dessus que je voulais jouer... Mais je ferai mieux à l'avenir èvé
Eiilys : J'ai ris en lisant ton commentaire X,D
Guest : Avec plaisir ! Merci pour ta fidélité !
Ils étaient douze : Architectes, maitres d'œuvre, spécialistes dans l'enchantement de la pierre, du bois, du verre, du métal, dans la restauration magique, dans les sortilèges d'agrandissement de l'espace, dans les courants de magie telluriques et marins, dans la sécurité et la protection…
Kieran Price était le plus jeune d'entre eux.
Ils débarquèrent un dimanche soir, et Runcorn avait tenu à ce que Mullan et Drago viennent avec lui accueillir les nouveaux arrivants. Quand le ferry débarqua, Potter était parmi eux et se les était déjà tous mis dans la poche. Ils descendirent de la petite passerelle magique en discutant tranquillement, et il poussa une exclamation joyeuse en remarquant le comité d'accueil :
« Ah, génial ! Je vous présente mes Surveillants les plus hauts gradés : la Major Mullan et le Major Runcorn ! Vous pourrez les consulter en mon absence ! Drago Malfoy est mon Assistant personnel et ce sera vers lui que vous vous tournerez pour toute la paperasse administrative ! Et oui, Palmer, je vous avais prévenu que vous constateriez l'ampleur du chantier avant même de poser un pied sur l'île ! »
Drago comprit que les présentations n'iraient que dans un sens, et il prévit immédiatement d'organiser une réunion dès le lendemain matin pour pallier à ce manque. Il observa toutefois chaque Sorcière et Sorcier qui commentait les dégâts extérieurs de la forteresse, espérant avoir une chance de deviner qui était qui au vu des costumes et de leur hiérarchie.
Dès que ses yeux se posèrent sur Kieran Price, celui-ci détourna les siens. Quelques secondes plus tard, il regardait de nouveau dans sa direction, et le petit sourire qu'il lui adressa laissait peu de doute sur ses préférences romantiques ou sur le fait qu'il trouvait ce prisonnier à son goût.
C'était un homme qui approchait la trentaine. Pas vraiment du genre à plaire à Drago : Un peu trop propre sur lui, des lunettes en écailles, un air de premier de la classe, dégingandé, avec un cou trop long… Il avait toutefois de jolis yeux couleurs de noisette dorée, et sa haute taille lui conférait de longs doigts d'artiste et des avant-bras aux veines seyantes, visibles sous ses manches relevées.
Drago hocha la tête à son intention, puis reprit son étude des autres professionnels présents.
Que Kieran Price soit à son goût ou pas avait peu d'importance puisque Drago n'avait aucune intention d'entamer une nouvelle relation avec qui que ce soit. Il était toutefois agréable de constater que son visage avait reprit un aspect totalement humain et pouvait aller jusqu'à plaire.
Trois jours plus tard, Potter devait déjà raccompagner tout ce petit monde à Londres. Les visites, les calculs, les discussions et les réunions avaient étés éprouvants, avaient même empêcher Drago de passer autant de temps qu'il l'aurait désiré dans le laboratoire de l'infirmerie, et il avait hâte de revenir à son travail de secrétaire particulier et d'envoyer paître les nombreux courriers de fans que le Survivant continuait de recevoir.
Toutefois, quand il arriva en vue de son bureau, Potter se tenait contre le mur, occupé à consulter un compte rendu que Drago lui avait remis la veille. Il entendit ses pas s'arrêter et leva les yeux vers lui.
« Ah, t'es là », constata-t-il avec la pertinence d'un observateur avisé.
Drago poussa un soupir audible à l'autre bout du couloir, puis rejoignit sa porte qu'il déverrouilla. Il activa la petite clepsydre indiquant sa présence puis, désignant les documents que tenait Potter d'un coup de menton, supposa :
« Un problème avec les comptes-rendus ?
– Hein ? Ah, non, tout ça est parfait, comme d'habitude. Je venais te demander ce que tu aimerais avoir à manger ce soir ? » expliqua-t-il en suivant Drago à l'intérieur du bureau.
Celui-ci s'installa dans son fauteuil, repoussa sur le côté son travail en cours, croisa les doigts au-dessus du tapis-de-bureau, et observa Potter qui s'installait en face de lui comme s'il y avait été invité et lui adressait son petit sourire contrit. Quelque chose avait changé dans celui-ci, cependant : Une nouveauté au niveau des paupières et Drago n'aimait pas ça. Il fallait mettre les choses au clair :
« Potter, la semaine dernière, j'ai voulu te laisser une chance et voir où un repas avec toi pourrait nous mener. C'était un désastre. L'expérience ne se reproduira pas.
– Premièrement, ça n'avait rien d'un désastre », rétorqua Potter, et son sourire s'élargit tandis qu'il poursuivait : « Et deuxièmement, je ne t'ai pas promis de te ramener quoi que ce soit, ni ne t'ai invité à manger avec moi. Je t'ai simplement demandé ce qui te plairait.
– Tu veux vraiment jouer à ça avec moi ?
– Je veux bien jouer avec toi à ce que tu veux, et si ça te fait plaisir de gagner, je peux même faire exprès de perdre. »
Drago marqua une pause tandis que son cerveau fonctionnait à toute vitesse. Finalement, il annonça :
« Une soupe aux nids d'hirondelles. »
Comme prévu, Potter resta interloqué, puis :
« De quoi ?
– Tu me demandes ce qui me ferait plaisir, et je te réponds : Une soupe aux nids d'hirondelles.
– C'est pas vraiment des vrais nids d'hirondelles ?
– Il s'agit vraiment de vrais nids d'hirondelles. »
En revanche, il ne s'agissait pas vraiment d'un plat dont Drago appréciait le goût. Il avait toutefois l'avantage d'être à coup sûr introuvable à Londres, surtout pas en quelques heures, et encore moins côté moldus. Satisfait par l'air éberlué de Potter mais dissimulant son rictus victorieux, Drago reprit les documents qu'il avait repoussés plus tôt, en claqua doucement la tranche sur le bureau pour les aligner, et se mit à la relecture du premier.
« Très bien, abdiqua Potter en s'enfonçant dans son siège. Si je trouve de la soupe aux nids d'hirondelles, est-ce que tu mangerais avec moi ce soir ?
– Est-ce une invitation, cette fois ?
– Oui.
– Dans ce cas, ma réponse est : certainement pas.
– Demain ?
– Non plus.
– Tu te débarrasserais plus vite de moi en me répondant peut-être.
– Mais je ne le ferai pas. Ce serait un mensonge.
– Dis le quand-même, ça ne te coûte rien.
– Non.
– Dis-le.
– Non.
– Dis-le.
– Peut-être, lâcha finalement Drago en haussant les épaules et sans lui adresser un regard.
– Est-ce que tu la mangerais, au moins, cette soupe ?
– Probablement pas.
– Peut-être ?
– Non. »
Drago ouvrit le tiroir à sa droite, en sortit le bloc de parchemin enluminé d'Azkaban, et en détacha une feuille qu'il posa devant lui. Il s'empara ensuite de la Contre-Plume et entama la rédaction de son courrier. Le Musée de l'Histoire de la Magie méritait une réponse en bonne et due forme, bien que celle-ci doive être négative.
« Est-ce que tu as besoin d'autre-chose ? » demanda Potter.
Drago ne se donna même pas la peine de relever la tête pour répondre :
« Non.
– Plumes ? Parchemins ? Encre ? Tes fameuses intercalaires magiques ?
– Non.
– De nouveaux ingrédients de potion ?
– Non.
– Est-ce que le sous-main te plait ? »
Drago stoppa son mouvement malgré lui et ses yeux dévièrent de quelques centimètres pour observer la chose sur laquelle son parchemin était posé.
Le tapis-de-bureau était un bel accessoire en cuir auburn qu'il avait déniché dans une armoire abandonnée de la salle des Archives. En matière d'objets délaissés, il avait des principes simples : Si ça n'appartenait à personne, alors c'était à lui.
La question laissait sous-entendre que la découverte n'était pas entièrement le fruit au hasard et que l'état quasi neuf de l'objet n'avait rien d'un miracle.
Accepter l'offrande n'était pas une bonne idée. Ceci dit, il était trop tard pour refuser ou pour s'en débarrasser, et ce n'était pas un cadeau en bonne et due forme. Il pouvait critiquer l'accessoire pour blesser la fierté de Potter, mais celui-ci risquait alors de revenir avec un nouveau tapis, et Drago s'était déjà beaucoup attaché à celui-ci.
« Beaucoup, admit-il en reprenant son écriture.
– Tant mieux. »
Potter se releva et s'épousseta les mains sur son pantalon avant de souhaiter une bonne après-midi à Drago et de se diriger vers la sortie. Drago leva discrètement les yeux pour l'observer quitter les lieux. Des épaules relativement larges pour sa taille. Une nuque droite mais peu soignée : une implantation capillaire désastreuse. Un coup de rasoir bien net pour nettoyer tout ça ne serait pas superflu. Des hanches étroites. Les cuisses musclées d'un pilote de balai régulier, et les fesses qui allaient avec.
Probable que le dessus-de-bureau avait été un piège. Peut-être que la clepsydre, le chandelier, l'étagère à roulettes, l'horloge, le petit coffre-fort et le joli kit pour tailler les Plumes l'étaient également. Drago espérait en revanche que ce ne soit pas le cas de la corbeille et du petit ramasse-poussière qu'il avait caché derrière l'armoire.
·
Drago était profondément et tranquillement endormi quand un crachotement lumineux le fit se réveiller en sursaut. Sa main fusa sous l'oreiller pour s'emparer de la demi-baguette japonaise qu'il y avait caché.
C'était le sortilège qui gardait la porte de sa cellule qui s'était activé. Celui qui le protégeait des intrus.
Ses doigts se crispèrent sur l'arme, tandis qu'il se glissait hors du lit aussi silencieusement que possible, et tentait, tout en restant dans la pénombre et sans se laisser aveugler par la lumière du sort, de s'emparer de sa véritable baguette, abandonnée la veille au soir sur la table basse. Ses yeux nerveux cherchaient le moindre mouvement. Ses oreilles étaient à l'affut du son le plus furtif qu'elles puissent déceler. Son pied se cogna dans sa souche et il ne put retenir une plainte surprise.
Il hésita un instant, puis sauta aussi rapidement que possible en avant, tâta le bois, fit tomber le petit réveil mécanique dans sa hâte, mais sa main trouva finalement sa baguette, s'en empara, et il recula contre le mur, le souffle erratique.
Sur un ultime grésillement, le sort de protection et d'alarme s'éteignit.
Drago ne voyait plus rien et n'entendait que sa respiration qui lui semblait assourdissante.
Il souffla un « Lumos » aussi bas qu'il le pouvait, et une faible lueur éclaira sa cellule. Tout semblait indiquer qu'il était seul. Toujours sur le qui-vive, il se concentra pour calmer le rythme de ses poumons affolés, et parvint enfin à entendre un nouveau son, qui ressemblait au grattement de petites pattes griffues.
Il baissa les yeux, et s'aperçut que la souche tremblait et frémissait, comme si un sort l'enveloppait doucement. Après quelques secondes, une nouvelle lumière s'éleva, puis dans un « pop ! » sonore, un sac en papier y apparut en équilibre précaire.
Sonné, Drago eut tout de même le réflexe de tendre la jambe pour le redresser et le pousser en sécurité au milieu de la table.
Il laissa passer quelques nouvelles secondes, puis fronça les sourcils.
C'était fini.
Un sortilège d'apparition stupide. Du Potter tout craché. Drago lui avait interdit de revenir ici, et Potter obéissait, mais Drago ne lui avait pas interdit d'utiliser sa magie pour venir le déranger, et Potter en profitait.
Toujours nerveux, il réenfila maladroitement sa robe avant de se rendre devant la porte de sa cellule qu'il entrouvrit afin de pouvoir vérifier que son couloir était toujours vide. Il marmonna un « Hominum Revelio » qui n'eut aucun effet, puis par acquis de conscience, un « Tarentallegra » auquel aucun visiteur normalement constitué n'aurait pu s'attendre.
Rien, évidemment.
Il soupira, pesta, revint devant la souche et jeta un œil dans le sac. Celui-ci contenait un bout de parchemin plié en deux et un bol d'une porcelaine magnifique, aussi fine que du papier de soie, et peinte avec une précision exquise. Drago ne put s'empêcher de donner plus de vigueur à son Lumos pour l'admirer tout son saoul.
Et à l'intérieur, Drago reconnut la soupe claire avec les filaments translucides et gluants.
Un reniflement amusé et surpris lui échappa.
Il déplia le parchemin. Celui-ci ne comportait que cinq mots :
« Cette merde coute une blinde. »
Cette fois, il éclata franchement de rire.
Il se laissa tomber sur le sol, hilare, et contempla sa souche, le bol, la lettre… Il savait n'avoir pas ri ainsi depuis une éternité, et pourtant la réaction lui semblait naturelle, comme s'il en avait l'habitude. Il finit toutefois par se calmer, et il put caler ses épaules contre le bois de son lit.
« Crétin… »
Il se mordilla les lèvres et passa sa main dans ses cheveux pour les lisser en arrière.
Il commençait à comprendre ce qui avait pu le faire tomber sous le charme de Potter, finalement. Le terme de « pitié » était peut-être trop insultant et celui de « curiosité » trop fort, mais de toute évidence, le Survivant savait se plier en quatre pour obtenir ce qu'il voulait, et le pauvre n'avait peur ni de l'humiliation, ni du rejet.
Il ramassa le petit réveil, et apprit qu'il était quatre heures du matin.
Après un nouveau soupir, il se redressa, enfila ses bottines et ses sous-vêtements, puis saisit délicatement le bol et prit le chemin des appartements du Directeur.
