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12/ Spooky Horsemen

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Notes : Je cauchemarde en Anglais, je parle avec mon chéri en Anglais, et je regarde les films et séries en Anglais, donc : pour mes histoires ici, j'essaye de traduire comme je peux, mais parfois la version originale est mieux. Désolée.

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Endroit : Inconnu.

Ligne Temporelle : Inconnue.

Nous vivions dans un endroit absolument immonde, insalubre et dangereux. Ce n'était que temporaire, bien sûr, mais les nuits étaient violentes et difficiles. J'ignorais exactement où nous nous trouvions, je savais seulement que je partageais une chambre avec mon ami Litany, surnommé : Lit'.

Il était fidèle à lui-même, à son apparence dans le Monde réel.

Quant à moi, j'étais bien plus mince, plus maigre, que ma véritable silhouette éveillée. Mais, toujours, j'avais cette peau blanche maladive qui semblait presque briller dans le noir ténébreux, tandis que mes longs cheveux, noués en tresse, contrastaient avec ma petite taille. Je portais, comme très souvent, une robe bleu azur, dont le pan s'arrêtait au-dessus de mes genoux valides. Car oui, je ne portais pas de canne.

Je possédais deux valises, posées sur le sol en moquette crasseuse de notre chambre insalubre. L'immeuble entier n'était pas viable, les murs marronnasses s'effritaient sous l'humidité, tandis que des moisissures brunes striaient les façades décrépies. Les formes des champignons ressemblaient à s'y méprendre à des racines d'arbres géants, tirant ses griffes sur chaque recoin de la bâtisse.

Nous résidions au rez-de-chaussée.

Le hall d'entrée, aussi étouffant que notre chambre, était également dans un état tout aussi putride que le reste. Nous avions une douche commune, le carrelage autrefois blanc était désormais noir, et les zébrures de moisis décoraient les murs sombres, sans fenêtre. Ce n'était qu'une simple cabine, à côté des boîtes aux lettres entièrement détruites. Il ne restait plus rien, simplement des trous dans les pierres pourries, des espaces vides, rempli par quelques toiles d'araignées et leurs habitants. La première porte rongée de mites sur la droite donnait sur notre chambre.

La salle ne comptait qu'un grand lit deux places, que je partageais avec Lit'. Une armoire se trouvait dans un coin sombre, mais comme rien ne tenait debout à l'intérieur, nous gardions nos effets personnels dans nos valises respectives. Les draps humides et troués nous servaient de couverture de fortune, tandis que les araignées grimpaient sur les façades jaunes, le long des lignes de moisissures. Lit' et moi cherchions un autre logement, nous voulions trouver une gentille famille chez qui travailler pour faire quelques mois de WWOOFing et enfin quitter ce taudis.

En attendant, mon esprit prisonnier était entouré d'araignées et ma phobie grimpait au rythme de leurs huit pattes velues sur les murs. Lit' n'avait pas le temps de toutes les chasser, alors je me suis mise à hurler.

Mon but n'était pas de réveiller tout l'immeuble, mais de me réveiller moi, dans mon vrai lit à Drogheda.

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J'espérais toujours, lorsque je cauchemardais ainsi, que si je criais assez fort dans mon songe, ma bouche ferait de même IRL et donnerait l'idée à une âme salvatrice de me sortir de ma tourmente. Alors, je hurlais, de plus en plus fort, à mesure que Lit' attrapait les monstres à huit pattes à mains nues.

J'essayais de bouger dans mon lit à Drogheda, de crier, ou même de simplement murmurer...

HELP ME

Pitié, Brendan, entends-moi...

Je continuais à m'égosiller, puisant dans mes dernières réserves d'énergie pour switcher du cauchemar à la réalité.

Encore et encore.

Et encore.

Un hurlement dans la nuit silencieuse.

Je crois que j'ai réussi à bouger et à parler. Juste assez pour que Brendan se réveille et me touche pour me ramener à la réalité.

Mais pas assez pour me sortir entièrement du songe...

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Alors, je me suis réveillée dans mon cauchemar. Sans fenêtre aux murs, impossible de connaître l'heure exacte, mais nous devions enfin quitter cet endroit. Une amie de Lit' nous a rejoints dans notre chambre insalubre.

Emma, nous allons l'appeler ainsi, était un petit bout de femme joyeuse et pétillante, déjà hyperactive au lever. Pendant que je rangeais consciencieusement mes valises, elle sauta sur le lit pour discuter avec Litany. J'aurais dû partir prendre une douche, mais je n'avais aucune envie de m'enfermer dans une cabine recouverte de moisissures. Je me sentais déjà mal, comme si je pouvais littéralement sentir les spores des champignons dévorer ma trachée pour migrer vers mes poumons. Je toussais et j'étais en proie à de terribles vertiges. Je me suis habillée et coiffée, puis j'ai commencé à ranger mes affaires dans mes deux valises. Emma aussi cherchait activement une famille chez qui faire du WWOOFing, elle vivait dans le même taudis que nous, mais deux étages plus haut, et parlait avec Lit' avec tout l'entrain qui lui était connu. Tellement d'entrain que, lorsque j'ai récupéré ma peluche sous mon oreiller humide, celle-ci était désormais déchirée, sous l'hyperactivité de notre voisine. Je râlais dans mon coin en jetant ma peluche coupée en deux dans une de mes valises. Je me trouvais devant le lit, fermant mes sacs, lorsque soudain, Emma a sauté à côté de moi pour me parler avec enthousiasme, comme elle savait si bien le faire. J'esquissais un sourire, elle me tenait par la main, en me racontant une histoire que je n'écoutais pas vraiment.

Ce fut à ce moment-là, que nous avons NoClip...

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"If you're not careful and you NoClip out of reality in the wrong areas, you'll end up in the Backrooms, where it's nothing but the stink of old moist carpet, the madness of mono-yellow, the endless background noise of fluorescent lights at maximum hum-buzz, and approximately six hundred million square miles of randomly segmented empty rooms to be trapped in.

God save you if you hear something wandering around nearby, because it sure as hell has heard you."

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À la seconde où nous avions atterri dans ce couloir noir, je savais que nous nous trouvions dans les Backrooms. Je le ressentais au plus profond de mon Être, dans l'ADN de mes cellules et dans la moelle de mes os.

Nous n'étions pas au Niveau 0, il n'y avait aucun mur jaune infini, ni dans les autres Niveaux suivant le 0.

Non...

Je savais. Je savais. Je pouvais les entendre...

Nous étions...

... Au Niveau 42.

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"Les couloirs sombres est une section du Niveau 42, un peu comme le Niveau 6. Les couloirs sont juste plus sombres et tout l'endroit et à l'envers. Les seules choses que tu peux voir sont des lumières, mais ces lumières ne font pas de lumières, mais brillent. Aller trop loin vous fera tomber et vous fera rarement mourir. Après vous être réveillé, les lumières seront de retour et l'endroit ne sera plus à l'envers."

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Emma hurla dans le noir des couloirs. Nous ne voyions presque rien, juste assez pour savoir que nous étions en grave danger.

Très grave danger.

Je pouvais entendre Emma sangloter à côté de moi, accrochée à mon bras droit. Je pouvais surtout entendre quelque chose d'autre. Nous n'avions pas bougé, de peur de nous perdre dans l'immensité ténébreuse. Néanmoins, la chose de ce Niveau se déplaça vers nous. Probablement une des Entités du domaine.

Je sentis la grippe de mon amie s'arracher à moi, elle échappa un hurlement si glaçant qu'un frisson d'angoisse parcourut tout mon corps. Je retenais Emma de ma main droite, tandis que l'Entité la tirait vers elle avec une force surnaturelle.

- ALIIIIISONE !

Une faible lueur me donna l'occasion d'apercevoir le monstre, juste une fraction de seconde.

Mon cœur tomba.

C'était un des Dullers.

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"Les Dullers ressemblent à de grands humanoïdes gris, frêles et squelettiques, sans aucun trait facial. Ils possèdent de longs bras qu'ils peuvent allonger sur de grandes distances, souvent afin d'atteindre leur proie de l'autre côté du mur. Leur posture est très chancelante et leur mouvement de marche n'est pas naturel. Ces Entités sont étonnamment fortes pour ce que leur structure corporelle laisse penser. Elles peuvent pour autant courir à des vitesses extrêmes, même lorsqu'elles tiennent des objets pesant deux fois leur poids."

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Tandis que l'Entité tirait Emma, elle ouvrit sa gueule en grand pour que je puisse découvrir avec horreur ses longues dents acérées. Puis, elle se pencha vers mon bras, celui qui retenait Emma et elle planta ses puissantes dents dans ma chair.

Mes hurlements rejoignirent ceux de mon amie, résonnant à l'infini dans les couloirs vides et funestes du Niveau 42.

Un liquide chaud coula le long de ma peau nue, tandis que les crocs touchèrent mon humérus. Mes cris augmentèrent à mesure que la douleur me donnait des vertiges de souffrance. Au moment où la grippe de ma main presque morte laissa Emma glisser vers la créature, nous avons NoClip à nouveau.

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Je suis tombée de tout mon long, sur le dos, allongée sur la moquette moisie de notre chambre décrépie. Un Lit' tremblant de son tout son corps se tenait au-dessus de nous, un téléphone portable à la main. Dans un murmure d'angoisse, il m'avoua :

- Alisone... J'ai... Je l'ai appelé. Je l'ai appelé pour nous aider.

Je m'apprêtais à lui demander de qui il s'agissait, lorsque ladite personne s'accroupit à côté de moi.

- Mulder...

Je souris avant de perdre connaissance.

Les minutes suivantes furent entrecoupées d'éveils et de malaises. Je réussissais à ouvrir les yeux juste assez longtemps pour voir Mulder désinfecter ma plaie au bras droit, avant de la bander avec des Straps blancs, qui se teintèrent de taches écarlates au contact de ma morsure. J'entendais des bribes de conversation :

Mon ami Lit' qui expliquait à Mulder le principe du "NoClip", puis l'horreur des Backrooms. Emma qui pleurait toutes les larmes de son corps en racontant à tout le monde, entre deux sanglots, ce qu'il s'était passé dans le Niveau 42. Une fois mon pansement de fortune terminé, Mulder ordonna :

- OK, nous devons quitter cet endroit. Les spores des champignons vont détruire le système immunitaire d'Alisone.

Il savait cela pour une raison très simple :

Dans l'épisode 6x21 "Field Trip", Mulder s'est fait emprisonné par un champignon sous-terrain immensément grand, et les spores de la moisissure lui ont provoqué des hallucinations assez violentes pour lui permettre d'être lentement digéré par le champignon en question.

Et, oui, cette phrase a un sens, je vous le jure :

"The skeletonized remains of a young couple are found in the fields of North Carolina. When Mulder and Scully go to investigate, they find that a giant fungal life form releases an LSD-like drug into the air with spores, and then slowly digests its victims. Mulder and Scully fall into its trap and are not sure of what is reality and what is fantasy."

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Peut-être que la morsure de l'Entité était empoisonnée, car j'avais désormais les yeux grands ouverts, comme un état de choc violent. Mulder me prit dans ses bras pour me porter, puisque je ne pouvais ni marcher, ni parler.

La seule chose que je pouvais faire, c'était de penser et d'analyser ce que je voyais :

Mulder portait un simple T-shirt gris clair, laissant distinguer ses bras nus et musclés qui me tenaient avec force et délicatesse. Il n'avait qu'un simple jean sombre, me laissant comprendre qu'il n'était pas en service en tant qu'Agent du FBI. Ses cheveux châtains en bataille tombaient parfois sur son front, jusqu'à ses yeux d'un bleu profond, aussi pur que les plus pures des mers du Monde. Pourtant, l'inquiétude déformait son jeune visage carré. Alors qu'il me gardait contre sa poitrine, dans le creux de ses bras, pour marcher dans les rues de la ville inconnue, sous un ciel morose, Emma et Lit' le suivaient en lui posant plusieurs questions dont il ne connaissait pas les réponses.

L'air était lourd, chargé d'électricité et un hennissement retentit dans l'écho du ciel. Soudain, tout le monde leva les yeux vers les nuages pour découvrir une scène absolument improbable :

Là, dans les touches de blanc, deux énormes chevaux bruns apparurent, chacun monté d'une haute silhouette noire. Mes yeux écarquillés admirèrent les deux Cavaliers avec angoisse. Je pouvais entendre les battements frénétiques de Mulder, son cœur tambourinait dans sa poitrine, aux rythmes des pas des chevaux, qui descendaient lentement du ciel, comme un mauvais augure.

Le cri aigu d'Emma ne réussit même pas à couvrir le bruit des hennissements incessant. La respiration de Lit' se coupa, mais il put expliquer, entre deux souffles haletants :

- Oh... My... God... Ce sont les Cavaliers des Backrooms.

Mulder se tourna vers mon ami avec un regard interrogateur, que Lit' intercepta :

- Personne n'est censé survivre au NoClip. Emma et Alisone sont une exception que les Cavaliers des Backrooms comptent bien anéantir...

Mulder pencha ensuite sa tête vers moi. Je découvris des vagues salées embuer ses iris océaniques, ce qui serra mon cœur. Il reprit une grippe plus ferme sur mon corps faible, pour ensuite ordonner, déterminé :

- Très bien. Nous devons nous enfuir et nous cacher. Now !

Les deux aberrations plongèrent vers nous, mais Mulder se mit à courir, suivit de Lit' et Emma. Ensemble, leurs pas les guidèrent vers la plage la plus proche.

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Le soleil se couchait sur l'océan, changeant le bleu azur en orange brûlant. Mulder m'allongea entre deux rochers, pour me cacher des Cavaliers et pouvoir les combattre au besoin. Néanmoins, les deux Entités réussirent à contrôler les flots salés et, à quelques mètres du sol de la Terre, commencèrent à créer un tsunami.

Emma et Lit' paniquèrent, à juste titre, tandis que Mulder analysait la plage déserte pour chercher quelque chose, n'importe quoi pour se défendre. La terreur qui traversa ses yeux me donna la force de faire ce que je devais faire.

Lentement, j'ai glissé les doigts de ma main gauche sur mon bandage à droite. La marée montait de plus en plus, trop rapidement, la vague ne tarderait pas à nous engloutir. Lorsque l'écume et les vagues arrivèrent jusqu'à moi, j'avais défait mon pansement et ma plaie était désormais nue. Malgré les hurlements de Mulder, j'ai jeté mon bras sanglant dans l'eau salé.

Puis, j'ai fermé mes yeux.

Je pouvais tout voir et tout entendre. Mentalement, derrière mes paupières closes, je parlais à l'océan. À tous les océans et à toutes les mers du Monde. Comme si mon esprit de Sirène demandait une aide salvatrice contre le tsunami. Je suppliais les flots de ne pas nous engloutir, en échange de mon sang. Car ma plaie baignait toujours dans l'eau, et le liquide rougeâtre quittait mon corps pour se dissiper dans la mer qui l'avalait goulûment. Plus l'esprit de l'eau buvait mon sang, plus la marée baissait, répondant à mes suppliques. Jusqu'à ce que la marée soit tellement basse, que seule une étendue de sable humide nous entoura. Je rouvris les paupières, en état de choc, sans pouvoir cligner des yeux. Alors que Lit' essaya de bander mon bras pour éviter l'hémorragie, je me suis mise à paniquer. J'avais peur, sans savoir pourquoi. Les gens me terrifiaient, leurs touchers me torturaient l'âme, je ne pouvais pas survivre à ça. Néanmoins, ma plaie saignait abondamment, et Lit' s'inquiéta.

Mulder, debout, avançait lentement dans ma direction, essayant de faire le moins de geste possible, la respiration presque en apnée, il progressa doucement vers moi. Mes yeux écarquillés suivirent ses gestes, j'avais l'impression d'admirer le renard du Petit Prince essayant d'apprivoiser ce dernier.

Oui, c'était ça.

Mon renard essayait de m'apprivoiser, dans l'espoir de me sauver la vie.

Il s'agenouilla au-dessus de moi.

Je me trouvais dans un état léthargique extrême, catatonique. Mes lèvres se mirent à bouger, j'essayais de parler, mais je n'avais pas assez de force pour porter ma voix. Mes murmures étaient si faibles que Mulder dut s'accrocher aux rochers pour se pencher vers moi sans me toucher. Son visage se trouvait si proche du mien que je pouvais sentir son souffle sur ma peau.

Puis, j'ai chuchoté cette phrase. Des mots étranges, gravés en moi, car à mon réveil, je m'en souvenais encore, comme si je les avais écrits dans mon âme cette nuit-là :

- They're here. I can hear them. In my head. They're here...

Le cœur de Mulder rata un battement. Je savais ce qu'il pensait. Je pouvais l'entendre lui aussi. Il croyait que je parlais des extraterrestres, mais je ne parlais pas d'eux. Je parlais de tous les autres.

Je crois que cette scène fait référence à l'épisode que j'ai vu la veille, le 6x22 "Biogenesis" :

"Mulder believes that metallic objects discovered in Africa are proof that life originated elsewhere in the universe. Mulder, due to the apparent influence of the artifact, falls mentally ill, which leads to Scully traveling to Africa alone."

Dans cet épisode, Mulder dit ces phrases étranges :

"There's someone else on this case... You're not telling me. I hear it... In my head. I'm hearing people."

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Une fois que j'ai dit cette mystérieuse phrase, j'ai utilisé le peu de force que j'avais pour attraper Mulder par son T-shirt et le rapprocher suffisamment près de moi pour l'embrasser. Ses lèvres avaient un goût salé et le baiser devint si passionné que nos langues commencèrent à danser entre elles.

Lit' se mit à hurler lorsqu'il aperçut les Cavaliers voler dans le ciel flamboyant. Il reporta ensuite son attention sur Mulder et moi, en hurlant :

- Ils arrivent ! Vous devez partir et vous cacher ou ils vont vous tuer !

La bouche de Mulder quitta malheureusement la mienne, mais il plongea ses bras dans le sable sous mon corps pour me soulever doucement et me porter derechef dans ses bras.

Toujours en étant catatonique, mes yeux refusèrent de se fermer, je voyais donc absolument tout. Fox quitta la plage à grands pas pour se diriger vers des bâtiments abandonnés, tout en levant les yeux au ciel de temps en temps et vérifier la progression des Entités volantes. Mais, les deux Cavaliers venaient de fouler le sol, derrière nous. Désormais, au galop, ils se rapprochaient dangereusement de nous.

Mulder entra dans les entrailles grisâtres des buildings à moitié détruits. Une haute tour aux escaliers en colimaçon rouillés menait au sommet. Fox pensait, logiquement, qu'en entrant dans la cage d'escaliers et en grimpant les marches, les monstres à cheval ne pourraient pas nous poursuivre.

Mais alors que Mulder atteignit le troisième étage, avec mon corps toujours dans ses bras, contre sa poitrine, il découvrit que les Cavaliers des Backrooms galopaient sur le mur pour nous attraper en chemin. Je pouvais entendre le cœur tambouriner dans la poitrine de mon amant, son souffle se souper, sa respiration se saccader. Il devait courir, échapper à ces deux aberrations, tout en me gardant dans ses bras, car mon état catatonique m'empêchait de bouger.

J'étais...

J'étais lui...

J'étais Fox Mulder, dans le 7x01 "The Sixth Extinction", lorsqu'il est enfermé dans un Hôpital Psychiatrique...

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En attendant, en haut de notre tour, nous avions une vue imprenable sur les bâtiments détruits, et sur la mer infinie, désormais calme, au loin. Cependant, Mulder dut s'allonger, en me tenant fermement contre lui, car les deux Cavaliers volaient au-dessus de nous, essayant de m'attraper et de m'arracher de ses bras salvateurs. Étendu par terre, Mulder se défendit en donnant des coups de pieds dès qu'un Cavalier tentait de nous toucher. Il hurla contre eux.

Encore et encore.

Et encore.

Ses cris se mêlèrent aux hennissements insupportables des chevaux de l'Enfer.

Puis, d'autres sons provinrent de derrière la tour. En glissant sur le sol pour jeter un coup d'œil trente mètres plus bas, Mulder découvrit des gens, au milieu d'une étendue émeraude, nous faisant signe de les suivre pour nous cacher.

Nous n'eûmes ainsi pas le choix que de retomber dans la cage des escaliers en colimaçon. Mulder dévala quatre à quatre les marches rouillées, tout en me serrant plus fort encore contre lui. Puis, une fois en bas de la tour, il donna un violent coup d'épaule contre la porte qui s'ouvrit à la volée.

Un groupe de gens nous accueillit avec joie. Emma et Lit' se trouvaient parmi eux. Tandis que les Cavaliers survolaient les débris en faisant des grands cercles autour de nous, les survivants nous ordonnèrent de les suivre au milieu des Dolmens émeraude, couverts d'herbe verdoyante.

Mulder obéit sans poser de question lorsqu'une femme nous ordonna de grimper en haut d'un Dolmen, au sommet aplati, en disant de nous allonger au milieu de l'herbe. Les Forces Telluriques des pierres devaient nous aider contre les Cavaliers.

Ça et le fait que les Humains autour de nous s'armèrent de longues lances acérées, près à tirer à vue sur les Cavaliers des Backrooms.

Pendant ce temps, Mulder était étendu de tout son long, sur le dos. Je me trouvais dans ses bras, sur son côté droit, je pouvais sentir la douceur de l'herbe humide sur ma peau frêle. J'avais un bras sur la poitrine de mon amant et je sentais les coups battant de son cœur qui menaçait d'exploser hors de son corps. Il essaya de contrôler sa respiration, de reprendre son souffle. De la sueur coulait le long de son front et ses yeux céruléen ne quittaient pas le ciel nuageux du regard, angoissés à l'idée d'apercevoir deux chevaux au galop, dans les nuages. Des larmes coulèrent le long de mes joues, puisque je n'arrivais toujours pas à fermer mes yeux. Ma main caressa le visage inquiet de Fox, et je réussis à murmurer :

- Mulder...

Il se tourna vers moi et embrassa mon front pour me rassurer, tout en disant :

- Ça va aller, Alisone. Ça va aller. Je ne les laisserais pas te prendre. Jamais.

Une seconde plus tard, un Cavalier s'éleva devant nous, si près que je pouvais voir les yeux noirs du cheval.

J'entendis simplement Mulder hurler :

- NON !

Puis...

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Drogheda - Ireland.

30 Juin 2024 :

... Je me suis réveillée.

J'avais du mal à garder les yeux ouverts. J'étais allongée sur le dos, étendue sur mon lit, recouverte de ma couette. J'étais en T-shirt et la sueur de la nuit me donna froid. Je luttais pour garder mes paupières ouvertes. Lentement, et avec douleur, j'ai glissé ma main sous mon oreiller pour attraper mon téléphone et regarder l'heure :

5h30

Oh, shiiiiiiiit.

Je me suis reposée quelques minutes, puis n'en pouvant plus, je me suis levée vers 5h45.

Le cauchemar était bien plus long et bien plus complexe que ça, mais je ne voulais pas non plus écrire un pavé, donc voici la version simple et réduite.

Oui, ça, c'est la version réduite...

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30.06.2024

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