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15/ Spooky Christmas

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Notes : Je cauchemarde en Anglais, je parle avec mon chéri en Anglais, et je regarde les films et séries en Anglais, donc : pour mes histoires ici, j'essaye de traduire comme je peux, mais parfois la version originale est mieux. Désolée.

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"C'est pendant la guerre civile,

Que j'irais mourir au chant des cygnes,

Danser dans la ville des filles,

Cette ville qui n'existe pas."

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New-York City.

24 Décembre 1995 :

Nous étions la veille de Noël, et si ce début de phrase peut promettre une belle histoire avec une fin heureuse comme tous les "films neuneus de Noël" que j'aime regarder pour mon petit plaisir à chaque mois de Décembre, n'oubliez pas que vous vous trouvez dans un de mes cauchemars...

À bon entendeur...

La seule chose positive dans ce songe sera, comme souvent : Mulder.

Oui, l'Agent Fox Mulder avait décidé de m'amener à New York City pour passer la fête de fin d'année.

Bon, en réalité, je savais que c'était une excuse, ou plutôt faire "d'une pierre deux coups", parce qu'il souhaitait enquêter sur un kidnapping assez étrange...

Je savais pourquoi...

Pour sa sœur...

Mulder était devenu Mulder depuis l'enlèvement de sa jeune sœur Samantha en 1973. (Coucou Sam Tyler...) Dans ses souvenirs, il a vu sa sœur flotter dans le salon et se faire kidnapper par des extraterrestres. D'où ses croyances et son travail au sein des X-Files. C'était son combat, sa quête de vérité quotidienne.

Alors, dès qu'un dossier concernant un enlèvement d'enfant arrivait sur le bureau de notre D.A Skinner, Mulder se jetait dessus, avec espoir.

En tout temps et en toute heure.

Même à Noël, du coup...

Alors, je le suivais dans son enquête.

Je portais une longue robe noire, au pan large et assez grand pour protéger mes jambes nues du froid de l'hiver. Étrangement, je n'avais pas ma canne dans ce songe, par contre mes cheveux étaient redevenu immensément longs, et noué en une imposante tresse.

Mulder nous conduisit tous les deux en plein milieu de la ville qui ne dort jamais. Il portait son costume d'Agent du FBI, avec une belle veste noire, une cravate rouge à motifs et une chemise blanche presque bien repassée. Pendant que nous étions coincés dans les bouchons quotidiens, Mulder me briefa :

- La mère de famille, la quarantaine, a deux enfants : une fille de quatre ans et une autre fille de huit, celle qui a disparu.

Je lisais le dossier classé "X", tout en demandant :

- Le père ?

- Disparu à la naissance du second enfant.

- Typique... raillais-je.

Mulder esquissa un sourire, puis reprit :

- J'ai bien essayé de trouver un hôtel pour rester sur place lors de l'enquête, mais avec les fêtes de fin d'année, tout est complet. Je ne suis pas sûr que Skinner apprécie que je loue un hôtel cinq étoiles, alors la mère de la disparue nous a gentiment proposé de rester chez elle le temps des investigations.

- Sympa.

Mulder freina d'un coup pour ne pas emboutir le taxi devant nous.

- Je déteste New York... marmonna-t-il.

Je fermais le dossier, en avouant :

- Je n'y suis jamais allée.

Mon chéri se tourna vers moi, un air choqué traversa ses magnifiques yeux bleus :

- Vraiment ? Oh, non... Je vais devoir te conduire au Rockefeller Center pour que tu puisses voir le plus grand sapin de Noël du Monde ! Il mesure presque 30 mètres de haut.

- Wow... Je veux voir ça !

Mulder sourit, malgré l'horrible trafic routier dans lequel nous étions bloqués.

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"J'irai tout seul, là-bas,

Ça ne les regarde pas,

Je n'aurai besoin de personne,

De personne mais sauf de toi."

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Il faisait déjà nuit, le ciel étoilé n'était pas visible au milieu de la pollution de la ville, mais Mulder gardait les yeux en l'air, pour voir la cime de l'arbre. Chose difficile, puisque le sapin était, effectivement, immense !

Illuminé comme en plein jour, nous nous trouvions tous les deux devant l'Épicéa géant. Cela avait quelque chose de magique. Et quelque chose d'impossible.

J'avoue, c'était à couper le souffle.

Mulder baissa enfin son regard pour m'admirer longuement. Lorsqu'il parla, de la buée sortit de sa bouche, à cause de l'air froid :

- Alors, ça valait le coup d'être coincé dans les bouchons ?

- Oh, yes...

Puis, il se pencha vers moi, et m'embrassa amoureusement.

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"Les salauds, les héroïnes,

Des guerrières, des orphelines,

À l'assaut des taureaux,

C'est le cœur, le chant des cygnes."

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Nous avons quitté la grande place pour nous diriger vers le métro. Hors de question de reprendre la voiture au milieu du trafic. Nous sommes passés devant une boutique "Waterstones". C'est un magasin de livres, dans lequel je vais très souvent, chez moi, à Drogheda, en Irlande. Je voulais m'acheter un nouveau roman, mais je me suis souvenue de la PAL immense que Litany venait de m'offrir. Mieux valait garder mes quelques Dollars pour plus tard.

Pour le moment, nous avons sauté dans un métro trop bondé à mon goût. Mon agoraphobie m'envahissait et, comme souvent dans ces cas-là, je fermais les yeux en m'accrochant à une ancre. Mulder, en l'occurrence, j'ai glissé ma main dans la sienne et il m'a conduit telle une aveugle dans les boyaux labyrinthiques du tube métallique.

Une fois à notre arrêt, nous avons sauté dehors pour respirer l'air frais de la nuit et nous diriger vers l'appartement de la maman. En toquant à la porte de l'immeuble, une voix triste et saccadée, demanda via l'interphone :

- Oui ?

- Je suis l'Agent Fox Mulder, du FBI, avec ma partenaire Alisone Davies. Nous sommes ici pour l'enquête concernant l'enlèvement de votre fille.

Un "biiiiiiiiiiip" résonna et la porte s'ouvrit.

Le building était plutôt vieillot et pas très fonctionnel. Il n'y avait pas d'ascenseur, mais comme notre victime vivait au rez-de-chaussée, au-dessus des caves, nous sommes vite arrivés devant la porte N°5. La dame nous ouvrit avant même que nous ayons eu le temps de toquer.

Elle nous attendait, avec ses yeux rouges d'avoir tant pleuré.

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"C'est dans cette ville des filles,

Que je croise des corps déchirés,

Des fleurs fanées à la racine,

Et des torrents par milliers."

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L'intérieur était relativement ce que nous pouvions attendre d'une mère célibataire avec deux enfants. C'était un appartement avec une grande salle de bain, avec baignoire, un long couloir qui menait à un grand salon, faisant aussi office de salle à manger. Puis, il y avait la chambre de la maman et une pièce plus imposante pour les deux filles, avec deux lits séparés. Plusieurs jouets et peluches traînaient çà et là. La petite fille de quatre ans, Emily, suçait son pouce en tenait un vieux doudou. Elle aussi, elle avait les yeux rouges. La maman nous accueillit chaleureusement, et nous installa sur le canapé.

Mulder retira enfin son long manteau pour ne garder que sa chemise, tandis que moi, je retirais simplement mes chaussures toutes crottées pour ne pas salir le tapis.

Pendant que Clarisse, la mère de famille, nous servit des tasses de café, elle nous raconta en détail les circonstances de l'enlèvement de son aînée, Julie.

Mulder posa plusieurs questions qui, selon moi, étaient un peu trop centrées sur une hypothétique "Alien Abduction". Mais bon, l'enquête était un "X-Files", donc j'imaginais qu'il y avait une raison à cela.

Non ?

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"J'aimerai tant devenir,

Ton amoureuse comme une fille,

Mais ne te retourne pas,

Ils seront toujours derrière toi."

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Je remarquais qu'il n'y avait aucun sapin de Noël dans l'appartement. Je mis ça sur le compte de la tristesse de la disparition de la petite. Après tout, ces événements ne donnaient pas envie de fêter Noël. J'en sais quelque chose. J'exècre la nouvelle année depuis que mon père s'est fait assassiner ce funeste jour.

Pendant que Mulder discutait avec la victime, j'écrivais toutes les informations utiles dans un carnet. De fait, je n'avais pas trop l'occasion de siroter mon café, alors que mon amant buvait le liquide sombre à chaque fois que Clarisse nous expliquait quelque chose d'important. Je gribouillais encore et encore, jusqu'à tourner les pages pour continuer de tout reporter avec minutie. Une demi-heure plus tard, la maman dut mettre la petite Emily au dodo. Elle était tellement exténuée que ses yeux se fermaient déjà au moment où sa mère la prit dans ses bras. Mulder en profita pour se tourner vers moi :

- Alors ? Des théories ?

Je zieutais mes notes en diagonales, pour finalement avouer :

- Je ne comprends pas pourquoi cette enquête est un "X-Files".

Il souffla.

- Je suis d'accord. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un enlèvement d'extraterrestre. Cela dit... Je ne sais pas, il y a quelque chose qui ne va pas. Je ne saurais dire quoi exactement, mais... Il y a quelque chose...

Il se frotta les yeux, lui aussi épuisé, avant de terminer son café.

J'acquiesçais simplement à son sentiment.

Quelque chose n'allait pas du tout.

Du tout...

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"Les salauds, les héroïnes,

Des guerrières, des orphelines,

À l'assaut des taureaux,

C'est le cœur, le chant des cygnes."

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Clarisse revint au moment où Mulder se frottait le visage. Elle sourit, en disant simplement :

- Vous devriez vous reposer, vous avez fait une longue route. Le canapé est convertible en lit.

Sans répondre, Mulder se leva pour déplier ledit canapé, tandis que Clarisse débarrassait nos boissons.

- Oh, Alisone, tu n'as pas bu ton café ?

Je rangeais mon carnet de notes, en souriant :

- Non, mieux vaut que je dorme cette nuit pour être en forme demain.

Je crus voir une expression de colère traverser le visage de la maman, mais encore une fois, je mis ça sur le compte des circonstances actuelles. Une fois le divan déplié, Mulder s'allongea sur le dos. Il resta tout habillé, enlevant seulement ses chaussures et sa cravate, puis il s'étendit de tout son long sur le dos. Clarisse nous souhaita bonne nuit et quitta le salon. Je rejoignis Mulder dans le lit de fortune. J'ai enlevé mon collier au pendentif en "M" pour ne pas qu'il s'emmêle dans mes cheveux en dormant. Je jetais un dernier coup d'œil amusé sur mon chéri. Il tomba rapidement de sommeil, allongé sur le dos, avec son holster et son arme toujours accrochée à sa ceinture. J'éteignis la lumière, puis je m'allongeai à mon tour pour dormir.

Mais rien ne se passa comme prévu...

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"Sois forte, plus forte encore,

Sois forte, plus forte encore,

Les salauds, les héroïnes,

Des guerrières, des orphelines,

À l'assaut des taureaux.

C'est le cœur, la ville des filles."

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Au début, je n'entendis que des chuchotements, des voix lointaines. Je ne compris pas de suite. Déjà, en ouvrant les yeux, il me fallut quelques secondes pour me souvenir d'où je me trouvais et pourquoi.

Ah oui, l'enquête...

Il faisait sombre dans le salon. Seule la lumière provenant de sous l'interstice de la porte éclairait faiblement la salle. Mulder dormait toujours à poings fermés à côté de moi.

Le son des voix augmenta un peu plus et, curieuse, je décidai de me lever doucement. Je restais pieds nus pour ne pas faire de bruit, et je me suis glissée comme une ombre vers la porte pour tendre l'oreille.

Oui...

Je reconnus la voix de Clarisse, qui murmurait des phrases étranges à d'autres personnes. Il y avait clairement une voix enfantine qui lui répondait.

Emily ?

Ma respiration se coupa.

Soudain, la maman prononça une phrase qui fit sombrer mon pauvre cœur.

- Julie, retourne à la cave, sale gamine ! Tu vas voir ce que tu vas prendre si les Agents te chopent !

Oh. My. God.

Une des filles commença à pleurer et j'entendis un bruit fort, le son que ferait une main qui claquerait contre un visage.

Je plaquais ma main sur ma bouche pour ne pas crier. Je me suis jetée sur Mulder pour le réveiller, mais ce dernier ne bronchait pas. Il marmonnait des paroles inintelligibles sans réussir à se réveiller.

Je tiquais.

Le café.

Et le comportement de Clarisse.

Elle avait dû droguer nos cafés pour ne pas que nous puissions entendre les filles pendant la nuit. Sauf que...

... Je n'avais pas bu mon café.

Tant pis, j'allais me débrouiller toute seule. J'ai glissé mes doigts vers le holster de Fox pour attraper son arme de service, mais...

... Vide.

Son revolver ne se trouvait plus à sa ceinture.

Mon cœur rata un battement.

Je compris avec horreur que Clarisse avait dû venir pendant la nuit pour désarmer Mulder, juste au cas où. Sachant que je ne portais pas d'arme, je commençais à paniquer.

Et puis... Je me suis souvenue d'une chose. Une chose que la maman ignorait :

Mulder gardait toujours un pistolet de secours, accroché à sa cheville gauche. Une arme qu'il avait déjà utilisée en ma présence. (Cf : 5/ Spooky Stairs). Je ne réfléchis pas plus longtemps, j'ai contourné le canapé pour remonter le pantalon de mon chéri au niveau de sa jambe et je souris lorsque mes doigts touchèrent un objet métallique.

Yes !

Oh, merci d'être aussi paranoïaque, Fox !

Je soufflais un coup et je tenais fermement l'arme entre mes mains. La crosse entre mes doigts de la main gauche, j'enlevai la sécurité de ma main droite et j'ai compté jusqu'à trois avant de me diriger vers la porte du salon, pour l'ouvrir.

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"Sois forte, plus forte encore,

Sois forte, plus forte encore."

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La forte lumière du couloir m'éblouit quelques minutes, mais, lentement, je me suis dirigée droit devant, mes bras en avant et l'arme en joug, tout en vérifiant l'appartement dans les moindres recoins. Cependant, tout était vide. La chambre des filles : vide. La chambre de Clarisse : vide.

La salle de bain : vide. Une chose étrange me sauta aux yeux. Alors que la salle de bain était vide, la lumière était allumée et la baignoire était remplie d'eau tiède, comme si la mère avait décidé de se faire couler un bain en pleine nuit.

Surprise, j'ai quitté la salle.

Je découvris ensuite que la porte d'entrée était grande ouverte. Toujours avec prudence, j'ai tiré le battant vers moi pour analyser le corridor sombre qui s'étendait sous mes yeux. J'ai mis deux pieds hors de l'appartement pour allumer la lumière du building. Clarisse vivait au rez-de-chaussée, au-dessus des caves. Et, une des entrées des caves, se trouvait sur ma droite, elle aussi grande ouverte.

Je ne voyais qu'un trou béant et noir qui tombait dans les profondeurs de la terre.

Mon cœur rata un battement, mais n'écoutant que le peu de courage que j'avais, j'ai posé mes pieds toujours nus sur les marches glaciales qui menaient dans l'antre du diable...

Les escaliers étaient casse-gueule et le boyau trop serré. Heureusement que j'étais fine. Une fois en bas, les lumières des souterrains éclairèrent un capharnaüm d'objets divers et variés, posés çà et là, contre les murs, au milieu des passages, partout dans les caves. J'y voyais des poupées détruites, des poussettes, des cartons remplis à ras bord, des meubles cassés, des conteneurs en métal, des vélos inutilisable. Le syndrome de Diogène dans toute sa noirceur.

Puis, un bruit retentit et je relevais mon arme en face de moi.

D'un trou sombre du mur à ma gauche, Clarisse sortit, souriante jusqu'aux oreilles. Grâce aux échos des sous-sols, je pouvais entendre les filles pleurer dans la salle qu'elle venait de quitter. Mon arme en face de moi, je compris :

- C'est toi qui as kidnappé Julie ?

Elle rit :

- Clever girl...

Elle se rapprocha de moi tandis que je reculais jusqu'aux escaliers. Pour gagner du temps, je repris :

- Tu voulais jouer les mères éplorées et faire croire que tu étais la victime, pour avoir le temps de tuer Julie et te débarrasser d'elle, en faisant passer son meurtre pour celui du kidnappeur. Pour... Cacher les preuves ?

- Les preuves ?

Je chargeai mon arme pour lui faire comprendre que je ne plaisantais pas :

- Les traces. Tu bats tes enfants. Ça commençait trop à se voir, n'est-ce pas ?

Son sourire se perdit :

- Je ne pensais pas que ces crétins du FBI enverraient deux Agents pour mener l'enquête. D'ailleurs, je pensais avoir volé le flingue de ton chéri... Et tu aurais dû boire ton café, c'est malpoli de refuser l'hospitalité des gens...

Elle jeta un regard hargneux sur mon arme de secours, tout en se rapprochant encore plus de moi. Mes pieds nus atteignirent la première marche des escaliers froids. Je m'arrêtais en pointant mon arme directement sur Clarisse, qui sourit jusqu'aux oreilles, en raillant :

- Oh, Alisone... Tu ne vas pas tirer. Je le sais et tu le sais.

Je tiquais, mais gardais mon revolver en joug sur elle. J'avais le canon directement pointé sur son épaule droite, puisque je visais de ma main gauche, comme au tir à l'arc.

Je pouvais tirer.

J'aurais pu.

J'aurais dû tirer sur elle.

Je ne l'aurais pas tué, juste blessé le temps de sauver tout le monde.

Cependant, elle comprit ma dichotomie intérieure et nargua :

- Nan... Tu n'as pas ça en toi, n'est-ce pas ? Tu ne peux pas tirer... Pathétique.

Comme elle se remit à avancer, j'ai reculé à nouveau, montant les marches en arrière, pour ne pas la perdre de vue. Je grimpais ainsi les escaliers glacials, à l'envers, tandis que Clarisse se dirigeait vers moi. J'ai reculé ainsi jusqu'à son appartement, dans lequel je suis entrée, toujours en arrière, sans quitter l'horrible mère des yeux.

Elle me narguait encore et encore, sans interruption.

J'aurais tellement dû tirer sur elle.

Parce que, toujours avec un grand sourire aux lèvres, elle m'acculait dans la salle de bain. La lumière était encore allumée et la buée de l'eau chaude émanant de la baignoire donnait un côté sauna à la pièce.

Mes pieds nus touchèrent le bain rempli et je m'arrêtais sur place, mon arme toujours en joug. Clarisse se mit à rire fort.

Si fort.

Puis, tout se passa affreusement vite.

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"Les salauds, les héroïnes,

Les guerrières, les orphelines,

À l'assaut des taureaux,

C'est le cœur, le chant des cygnes."

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Je tombais de tout mon long dans l'eau tiède de la baignoire, des éclaboussures mouillèrent Clarisse, lorsqu'elle me poussa en arrière pour se jeter ensuite sur moi. Je sombrais rapidement dans les profondeurs, pendant que l'abominable maman se tenait sur moi, sur mon corps, pour me garder immergé dans l'eau.

Une scène apparut dans mon esprit : un épisode de "The X-Files" de la saison 7.

Le 7.16 "Chimera". Tout à la fin de l'épisode, Mulder se fait attaquer par la créature de l'enquête et elle le met KO dans la salle de bain, avant de le plonger dans la baignoire pleine pour le noyer. Et la scène dure looooooongtemps, où nous pouvons voir Mulder se débattre pour remonter à la surface et respirer, alors que le monstre essaye de le tuer.

Bah, dans ce songe, j'étais Mulder.

Youpi...

J'avais les yeux grands ouverts, je pouvais voir Clarisse, sourire jusqu'aux oreilles, me tenant fermement sous l'eau, jusqu'à ma mort.

Forcément, je me débattais, je gigotais dans tous les sens pour échapper aux griffes féroces de mon assaillante, qui se délectait de me voir m'agiter sous ses mains, comme si elle aimait faire du mal.

J'imagine que oui, c'est ce qu'elle aime...

De temps en temps, j'arrivais à briser la surface juste assez pour reprendre une bouffée d'oxygène, avant d'être replongé tête en arrière, dans l'eau tiède.

J'avais dû lâcher mon arme, dans l'attaque, mais pour l'heure, je me concentrais seulement pour rester en vie. Comme je ne parvenais clairement pas à me sortir de la force titanesque de Clarisse, je choisis l'option B :

Ma main gauche continuait de repousser la mère, sans succès, tandis que ma main droite sortit de l'eau pour toucher le rebord de la baignoire. J'ai commencé à frapper de toutes mes forces sur le plastique du bain, pour faire le plus de bruit possible. Mon idée était de réveiller Mulder, en espérant qu'il ne soit pas trop drogué.

Mais aussi...

Mon idée était de faire la même chose, IRL, dans mon lit, à Drogheda.

Eh oui, comme souvent, je compris qu'il fallait que je me réveille, mais je puisais toutes mes forces à rester en vie sous l'eau, alors je ne pouvais que simplement bouger pour me faire entendre.

IRL, j'étais aussi allongé sur mon lit, dans la même position que dans la baignoire. Ma main sortait du lit pour taper contre les lattes en bois qui maintenait notre matelas.

L'idée était similaire à celle de mon cauchemar, mais au lieu de réveiller Mulder, j'essayais de réveiller Brendan, qui dormait à côté de moi, pour qu'il m'entende hurler et finisse par me sauver.

Please...

L'un d'entre vous deux ?

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"Au fond des prisons et des garçons,

Stupéfait du courage qu'elles ont,

Des frissons et de la rage,

Ne le dit pas à maman, c'est des sauvages,

La ville des filles aura raison,

Comme un cygne à quitter le noir."

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Alors, j'ai lutté.

Encore et encore.

Tandis que Clarisse me maintenait la tête sous l'eau, que mes poumons se vidaient de leurs oxygènes, ma main droite continuait de cogner sans fin sur la baignoire. Je hurlais dans ma tête, je criais en espérant que les sons puissent sortir de ma gorge IRL, dans mon lit, pour que mon chéri me réveille.

Je devais rester en vie, juste assez longtemps pour que Mulder ou Brendan m'entendent. Un des deux.

Juste un.

Peu importait s'il me réveillait en cauchemar ou en vrai, je devais juste sortir de l'eau pour respirer et rester en vie.

Please...

Même si mon côté Sirène me permit de survivre assez longtemps en apnée immergée dans le bain, je sentais que mon souffle se raréfiait et que je tournais de l'œil.

Bientôt, je n'avais plus de forces pour cogner contre la baignoire.

Mes coups se dissipèrent lentement et ma lutte s'arrêta, pour le plus grand bonheur de Clarisse, qui sourit en me voyant rendre mon dernier souffle, avec des bulles qui brisèrent la surface...

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Drogheda - Ireland.

14 Juillet 2024 - 05h10 :

J'ai pourtant parlé, je crois. Je n'ai pas réussi à hurler, certes, mais j'ai bougé le plus possible, me débattant dans ma couette comme si c'était de l'eau qui me noyait.

Mais, ni Mulder, ni Brendan ne m'ont sauvés.

Je me suis démerdé toute seule.

Et je me suis réveillée en sursaut, en toussant pour cracher de l'eau que je n'avais pas dans mes poumons, tout en étant épuisé de ma nuit sans repos...


PS 1 : Normalement, il y avait ma famille dans ce songe : ma sœur, ma mère et ma grand-mère. Mais, c'était compliqué de tout expliquer. Déjà, parce que nous venions de 2024, alors que nous étions en 1995 sans que ça ne choque personne. Et aussi, parce que ni ma mère, ni ma grand-mère ne parlent Anglais, du coup, je passais mon temps à tout traduire dans mon cauchemar, c'était pénible. Bref, pour plus de simplicité et fluidité, je les ai enlevées.

PS 2 : La mauvaise mère qui maltraite sa gamine était pire que ça, dans le cauchemar de base. Je n'ai pas voulu entrer dans les détails pour ne pas rendre l'histoire plus horrible encore, mais en gros... Elle ne faisait pas "que" battre ses filles... Elle leur faisait des trucs contre leur volonté. Le mot immonde qui commence par un "v...". Et ça, nous l'avions compris Mulder et moi dans le cauchemar, je vous laisse imaginer à quel point c'était affreux...

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Chanson : "Le chant des cygnes" par Indochine.

13/14.07.2024

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