Je suis de retour !

Pour vous jouer un mauvais tour. (oui, bon, la ref à la Team Rocket c'est un peu dépassé, mais je suis une vieille personne)

J'espère que vous allez bien les ami-es, que vous profitez de vos vacances si vous en avez, que vous ne souffrez pas trop de la chaleur, bref, que vous êtes en pleine forme.

On se retrouve aujourd'hui avec le chapitre 14 et au menu du jour nous avons : un retour à Poudlard, un mensonge nécessaire, des manèges et un cadeau...

Bonne lecture !


Réponse aux reviews anonymes :

Guest 1 : Il est vrai qu'il y en a deux qui se font plaisir... ahaha. Merci pour ta review !
Guest 2 : Je suis ravie que tu l'aies trouvé super, merci à toi !
Drou : Merci beaucoup !


L'odeur dans le bureau directorial était la même que la dernière fois que Drago y était venu. Cela sentait le parchemin, la cire d'abeille et le bois brûlé. C'était assez réconfortant de retrouver des habitudes, comme si des dizaines d'années ne s'étaient pas écoulées.

Granger avait, certes, décoré la pièce à son image, mais Drago retrouvait malgré tout l'ambiance chaleureuse et rassurante de l'époque.

D'ailleurs, il la trouva penchée sur son bureau en merisier en train de jeter un œil à une pile de courriers non lus.

- Granger, est-ce vraiment le moment ?

Elle leva son regard coupable vers lui et Drago sourit. Il ne la changerait pas.

Ils s'étaient à peine parlé depuis le soir de la deuxième tâche, lorsqu'elle était venue boire un thé chez lui. Drago avait été très occupé, mais il avait l'impression qu'elle le fuyait. Pourtant, la soirée avait été agréable. Ils avaient discuté, ils s'étaient un peu livrés l'un à l'autre, ils avaient passé un bon moment. Il ne comprenait pas pourquoi Granger était si distante.

Il avait même cru qu'elle reviendrait sur sa proposition de l'accompagner à Poudlard mais, par chance, elle ne l'avait pas fait. Il aurait été déçu de ne pas venir.

- Non, tu as raison, ce n'est pas le moment.

Elle ne put s'empêcher d'avoir un dernier regard pour ses parchemins avant de quitter son bureau.

Les premiers pas dans les couloirs de Poudlard furent un peu plus douloureux que Drago l'aurait pensé. Il n'était pas fier de certaines choses qu'il avait pu dire ou faire entre ces murs. Certains endroits lui rappelaient des mauvais souvenirs, alors il essaya de se concentrer sur autre chose. Les fous rires avec Pansy dans l'alcôve du deuxième étage. Les dégustations de dragées surprises de Bertie Crochue dans le dortoir des garçons de Serpentard. Les entraînements de Quidditch.

- Tout va bien ? lui demanda Granger alors que l'escalier sur lequel ils étaient se mit en mouvement.

- Ça va, lui assura-t-il. Je ne pensais pas que mes sentiments seraient aussi contradictoires en revenant ici. Je suis heureux, nostalgique, mais en même temps, je me sens un peu mal.

- Ça te rappelle des trucs pas très glorieux ? s'enquit-elle.

Son sourire lui parut si sincère que Drago continua à se confier.

- Le fait de ne pas être revenu après la guerre me donne un goût de… je ne sais pas trop comment dire ça… de…

- D'inachevé ? proposa Granger.

Drago claqua des doigts dans sa direction.

- D'inachevé, exactement. Comme si je n'avais pas terminé ce que j'avais à faire ici.

- Je connais les raisons pour lesquelles tu es parti et, crois-moi, je les comprends, mais ce n'est pas trop tard, tu sais ?

- Comment ça ? J'aspire à devenir directeur de Durmstrang, tu le sais.

- Je le sais, confirma-t-elle en descendant la dernière marche de l'escalier qui venait de terminer ses mouvements. Bon sang, je ne te laisserais ma place pour rien au monde !

Elle éclata de rire et Drago ne sut comment interpréter sa remarque.

- Ce que je veux dire, reprit-elle, c'est que tu peux essayer de combler cette sensation d'inachevé. D'accomplir ce que tu n'as pas eu le temps d'accomplir.

Drago réfléchit un instant à ses mots, mais il fut coupé par une horde d'élèves qui sortaient de leurs classes. Un raz-de-marée humain les envahit tout à coup et il resta muet. Granger, elle, salua ses élèves, répondit à leurs interrogations quant à sa présence. Sa proximité avec eux était indéniable, ils l'adoraient.

Au détour d'un couloir, la foule se fit plus dense et Drago sentit une chaleur autour de son poignet. Il baissa les yeux et vit les petits doigts de Granger qui le tenaient fermement. Il suivit le mouvement jusqu'à la salle des professeurs. Devant celle-ci, une femme semblait les attendre.

- Hermione ! s'exclama la femme en question. Qu'est-ce que je suis contente de te voir. Tu vas bien ?

Elles s'enlacèrent quelques secondes.

- Je vais très bien. Je suis contente de venir, même pour quelques heures. Avant qu'on prenne un thé, je voudrais te présenter quelqu'un.

Elle lâcha son poignet après l'avoir attiré un peu plus près d'elle.

- Drago, je te présente Johanna Faucett, professeure de potions et directrice adjointe de Poudlard. Johanna, voici Drago Malefoy. Drago était élève ici et, maintenant, il est le directeur adjoint de Durmstrang.

- Hum en effet, ta tête me dit quelque chose, dit-elle, les yeux légèrement plissés et son index pointé sur lui. Serpentard ?

- Tout à fait. Ça se voit tant que ça ?

- J'ai une excellente mémoire photographique, je te revois avec la robe de ta maison. Enchantée de faire ta connaissance, alors.

Drago serra la main de Johanna, tout aussi enchanté par cette rencontre. Son homologue de Poudlard avait l'air sympathique et il comprenait que Granger et elle soient amies.

- On va le prendre, ce thé ? lança Johanna en entrant dans la salle des professeurs.

Avant de la suivre, Granger le regarda.

- Je vais vous laisser discuter, je ne voudrais pas m'immiscer dans votre conversation et devoir juger vos méthodes.

Un rictus apparut au coin de ses lèvres et Granger leva les yeux au ciel.

- C'est ça, allez, oust ! Le château n'a pas changé depuis la dernière fois que tu es venu, tu peux faire un tour.

Granger rejoignit Johanna et lui fit un petit signe amical de la main avant de refermer la porte. Drago se retrouva seul dans le couloir désormais vide d'élèves.

Il ne savait où aller. Il ressentait un malaise au creux de son ventre, comme s'il n'était pas à sa place. Comme si cet endroit qui lui fut pourtant si familier, sa deuxième maison, n'était plus qu'un lieu banal. Pourtant, Poudlard était tout sauf banal.

Il se dirigea d'abord vers le sous-sol. La sensation d'humidité lui rappelait Durmstrang. Il passa sa main sur la pierre qui dissimulait l'entrée de la salle commune de Serpentard, mais sa nostalgie fut de courte durée puisqu'une jeune fille vêtue de vert et d'argent le regarda de travers alors qu'elle voulait entrer.

Drago s'éloigna. On ne le connaissait pas, ici, il n'avait pas envie de passer pour un pervers qui voulait pénétrer dans l'intimité des élèves.

Ses pas le conduisirent à l'extérieur. Il faisait beau, pour un mois de mars. L'air était frais, mais le ciel d'un bleu très clair, sans nuages. Le soleil chauffait un peu son visage, c'était plutôt agréable. Au loin, Drago distingua des silhouettes qui volaient sur le terrain de Quidditch. Il sourit, de nouveau empreint de nostalgie, avant de s'avancer dans le parc.

Près des serres, il lui sembla reconnaître Londubat qui s'affairait. Drago hésita à aller le saluer, mais les mots de Granger lui revinrent en mémoire : "Tu peux essayer de combler cette sensation d'inachevé. D'accomplir ce que tu n'as pas eu le temps d'accomplir".

Il gonfla la poitrine, glissa une main dans ses cheveux pour se donner une contenance et se dirigea vers son ancien camarade. Ce dernier écarquilla les yeux en croisant son regard.

- Ça alors, souffla-t-il. Hermione m'avait dit qu'elle ne venait pas seule, mais j'ignorais que c'était en ta compagnie.

- Je suppose que la surprise n'est pas forcément bonne.

Londubat haussa une épaule.

- On n'a plus quinze ans, tu sais.

- C'est vrai. Je ne vais pas te déranger longtemps, je voulais juste te saluer.

- Tu ne me déranges pas. À vrai dire, tu tombes plutôt bien, je dois déplacer tous ces pots de plantes à Pipaillon dans la serre numéro trois, mais je ne peux pas utiliser la magie, c'est une plante trop fragile. Tu veux bien me filer un coup de main ?

Drago fut surpris de sa demande. C'était naturel, comme s'il demandait de l'aide à un ami. Comme s'ils ne s'étaient pas détestés pendant des années. Comme s'il n'avait pas été odieux avec lui. Il ignorait comment Londubat faisait pour aller de l'avant et faire comme si tout cela n'avait jamais existé, mais Drago saisit la perche. Elle était trop belle pour ne pas être attrapée.

Il retroussa ses manches et s'empara d'un premier pot. Sous les conseils avisés de Londubat, il s'affaira pendant une bonne heure, redoublant de vigilance pour ne pas abîmer les plantes.

- Merci, Malefoy ! Tu m'as enlevé une sacrée épine du pied.

- Je t'en prie.

- C'est un spectacle auquel je n'aurais jamais cru assister !

Drago se retourna sur Granger qui avançait vers eux, le sourire aux lèvres.

- J'essaie d'effacer cette sensation d'inachevé, expliqua Drago et le sourire de Granger se fit plus large.

- Tant mieux. Je venais te dire que j'allais déjeuner avec Ron et Harry à Pré-au-Lard, est-ce que tu veux te joindre à nous ?

- Je ne pense pas qu'ils apprécieraient ma présence, supposa Drago.

- Détrompe-toi, ce sont eux qui ont proposé.

Encore une fois, Drago fut surpris. Tous les Gryffondor s'étaient-ils donné le mot pour l'aider dans sa rédemption ?

- Alors j'accepte.

Avec, malgré tout, l'appréhension qui lui tiraillait l'estomac. Mais ça, il n'en dirait pas un mot à Granger.

Après avoir salué Londubat, ils se rendirent à Pré-au-Lard. Pendant tout le trajet, Drago s'imaginait comment le déjeuner pourrait se dérouler. La dernière fois qu'ils s'étaient vus, l'échange avait été rapide et froid. Là, ils allaient partager un repas. Il serait forcément mal à l'aise face à eux, c'était certain.

Trop fier pour faire demi-tour et revenir sur sa parole, Drago entra après Granger dans le restaurant choisi par le trio : la Tanière du Dragon. Il y faisait sombre, mais Drago devina rapidement les deux visages familiers au fond de la salle. Weasley parlait avec emphase et ses grands gestes devinrent plus mesurés lorsque leurs regards s'accrochèrent.

Granger enlaça ses meilleurs amis et Drago les salua poliment avant de s'asseoir.

- Qu'est-ce que ça fait de rentrer au pays, Malefoy ? lui demanda Potter en lui donnant le menu.

- Je n'ai vu que Poudlard et je ne compte pas voir autre chose, expliqua-t-il. Non seulement nous ne sommes là que pour quelques heures, mais je n'ai pas envie de gâcher ce temps en allant voir mes parents.

- Doit-on en conclure que les relations entre les Malefoy ne sont pas au beau fixe ? demanda Weasley entre deux gorgées de bièraubeurre.

- Globalement, ils me reprochent de ne pas venir les voir assez souvent mais, quand je viens, ils me trouvent tous les défauts du monde, donc ça ne me donne pas envie de revenir.

Drago ne donna pas plus de détails et il remercia intérieurement les trois anciens Gryffondor de ne pas insister. Ce n'était pas un sujet tabou, mais il n'avait pas envie d'en parler pour autant.

Le repas se déroula dans une ambiance légère et bon enfant. Il apprit que Potter était en couple avec un certain Zachary, tireur d'élite de baguette magique, et qu'il travaillait toujours comme Auror. Weasley, quant à lui, profitait de sa vie d'homme marié en s'occupant de la boutique de farces et attrapes qui appartenait auparavant à ses frères.

En parlant de Weasley, contre toute attente, Drago se surprit à trouver ses prises de parole intéressantes. Par Salazar, il devait se ressaisir ou il risquerait de le trouver drôle !

Ils se séparèrent après le dessert et les cafés, chacun ayant des obligations professionnelles à tenir.

- Je suis contente que vous ne vous soyez pas égorgés, plaisanta Granger alors qu'ils quittaient Pré-au-Lard.

- Douterais-tu de mes capacités sociales et de mon talent à faire semblant d'apprécier les gens ?

Elle leva les yeux au ciel.

- Je sais que tu n'as pas fait semblant.

- Ah oui ?

- Oui, parce que je vois bien comment tu agis avec les gens que tu fais mine d'apprécier à Durmstrang, comme Koslowski, par exemple, et tu n'agis pas comme avec Ron et Harry. Merlin, tu as rigolé à une blague de Ron !

Ce constat dut l'amuser puisque son éclat de rire perça le silence autour d'eux. Drago sourit.

- Moi qui me pensais si indéchiffrable, soupira-t-il d'un air théâtral.

- Raté, très cher.

Le parc du château était rempli d'élèves qui attendaient que les cours de l'après-midi débutent. Drago sentit Granger se tendre à ses côtés alors qu'ils approchaient des marches qui menaient au hall. Il allait lui demander si quelque chose n'allait pas quand elle prit soudainement sa main, enlaça leurs doigts et le défia du regard de poser la moindre question.

- Bonjour, Russell, lança Granger à l'attention d'un homme posté en haut des escaliers.

Le fameux Russell perdit son sourire en voyant leurs mains jointes.

- Bonjour, Hermione.

- Je te présente Drago. Il est le directeur adjoint de Durmstrang et c'est un ancien élève de Poudlard. Drago, voici Russell Perkins, notre professeur d'étude des Moldus.

Drago lâcha la main de Granger l'espace d'une seconde pour serrer celle de Russell. Il glissa ensuite son bras autour des épaules de sa voisine et l'attira près de lui. L'idée était, apparemment, de faire croire à Russell qu'il y avait quelque chose entre eux, donc autant jouer le jeu.

- Enchanté, dit Drago.

- De même, répondit Russell, les dents serrées. Hermione, je pourrais te parler une minute ?

- Oui, je t'écoute, sourit-elle en réponse.

Russell regarda Drago de travers avant de reporter son attention sur elle.

- En privé ?

- Je n'ai rien à cacher à Drago, déclara-t-elle avec un regard amoureux si crédible que Drago en fut déstabilisé.

En plus de ça, par deux fois elle venait de l'appeler par son prénom et il devait reconnaître que ça lui faisait quelque chose.

Russell marmonna dans sa barbe avant de tourner les talons. Drago sentit Granger se détendre aussitôt dans ses bras avant de se décaler. Une drôle de sensation de vide l'envahit.

- Je suis tellement désolée ! s'excusa-t-elle une fois le professeur hors de portée. Russell est très insistant avec moi malgré mes nombreux refus et te prendre la main est la première chose qui m'est venue à l'esprit. Je suis désolée si ça t'a mis mal à l'aise ou quoi…

- Je ne manquerai jamais une occasion de remettre un mec lourd à sa place, répondit Drago. Sois tranquille, ça ne m'a pas gêné.

Elle soupira de soulagement.

- Et puis, j'ai l'impression qu'on a été plutôt crédibles, vus les regards de haine auxquels j'ai eu droit, ajouta-t-il en montant les dernières marches.

- J'espère qu'il me laissera tranquille maintenant.

- N'hésite pas à porter un badge avec ma photo et un petit texte du genre "Propriété exclusive de Drago Malefoy".

Tout ce qu'il récolta fut un rire, une tape sur l'épaule et un index pointé sur son sternum.

- Je ne serai jamais la propriété de qui que ce soit, Malefoy.

- On a déjà laissé tomber l'usage des prénoms ? Dommage.

Drago ne sut comment interpréter le sourire de Granger. Taquin ? Charmeur ? Gêné ? Par contre, ce qu'il put facilement identifier, ce fut l'odeur du flirt qui planait entre eux depuis qu'elle avait pris sa main dans la sienne pour se jouer de Russell Perkins. Drago savait reconnaître la séduction lorsqu'elle se présentait à lui et ce qui commençait à se passer entre Granger et lui n'était pas pour lui déplaire.

Finalement, il pouvait remercier Perkins d'avoir forcé le destin.


George n'avait pas dormi de la nuit.

Bien trop impatient de retrouver ses enfants, qu'il n'avait pas vus depuis Noël, il avait troqué son sommeil contre de longues heures de réflexion à propos de ce qu'ils allaient faire durant les trois jours où ils seraient là.

Bien sûr, il leur ferait découvrir le château et les environs, mais se balader dans les couloirs humides allait vite lasser des enfants de sept et six ans. Il avait donc noté ses quelques idées sur un morceau de parchemin jusqu'à ce que le soleil se lève.

Il vida sa troisième tasse de café avant de quitter le château pour pouvoir transplaner au Terminal des Portoloins où Fred et Roxanne ne tarderaient pas à arriver.

Il n'eut à patienter que quelques minutes - pourtant interminables à ses yeux - avant de les voir sortir d'une salle en compagnie de Radko. En effet, le concierge de Durmstrang avait été mandaté par Malefoy afin de s'occuper du voyage de ses enfants.

- Papaaaa !

George s'accroupit pour accueillir ses deux petits monstres au creux de ses bras. Il s'enivra de leur odeur en les serrant contre son cœur. Il était si heureux de les retrouver et s'il en croyait leurs sourires, c'était pareil pour eux.

- Radko est trop gentil, papa, lui indiqua Fred. Il sait trop bien faire le cri du Nundu. Vas-y, Radko, montre à papa !

- Radko aura tout le temps de me faire une démonstration, dit George, pour le plus grand soulagement du concierge. Merci de vous être bien occupé d'eux.

- C'était un plaisir, monsieur Weasley.

- Papou ? l'appela Roxanne en tirant sur son pull. On peut aller manger ? J'ai faim.

- Bien sûr, on y va. Merci encore, Radko, à plus tard.

Après avoir dit au revoir aux enfants, le concierge les laissa en famille.

Ils se rendirent tous les trois à Tsvetengrad pour que George leur fasse goûter les délicieux croissants de la boulangerie française. Ils se baladèrent dans le village jusqu'à l'heure du déjeuner, qu'ils prirent dans un restaurant.

Fred et Roxanne abreuvaient leur père des mille et une histoires qu'ils avaient vécues en son absence et George sourit. Il était ravi de constater que ses enfants vivaient plutôt bien cette séparation. Cela lui permettait à lui aussi de la vivre mieux. Ils avaient l'air heureux et en bonne santé, c'était tout ce qui comptait à ses yeux.

- J'aimerais vous présenter quelqu'un si vous êtes d'accord, leur proposa-t-il alors que leur balade digestive les amenait du côté de la boutique de fleurs.

Il jeta un œil à Fred, accroché à sa main gauche, et à Roxanne, pendue à la droite, et les deux approuvèrent d'un signe de tête. Quelques minutes plus tard, ils passèrent la porte de la boutique de Pansy, aussitôt cueillis par les odeurs fraîches et fleuries.

- Oh, ça sent bon ici ! s'exclama Roxanne, son petit nez retroussé. Ça sent comme le jardin de papy Mo' et mamie Na' au printemps !

Mohgan et Nadia Johnson, les parents d'Angelina, vivaient un cottage dans la campagne écossaise et, en effet, leur jardin était un bonheur sensoriel à l'arrivée des beaux jours.

Pansy sortit de l'arrière-boutique alors que Fred essayait de regarder curieusement derrière le comptoir.

- Je peux t'aider, mini-Weasley ? lui demanda-t-elle, poings sur les hanches, mais avec un sourire amical.

- Tu sais qui je suis ?! s'étonna Fred, ses yeux grands ouverts.

- Je sais même que tu t'appelles Fred et que tu as sept ans, bientôt huit. Ça t'en bouche un coin, hein ?

En retrait, George ressentit des picotements agréables dans son cœur. Pansy se rappelait que l'anniversaire de son aîné approchait et il en était touché. Elle revenait de loin, avec sa fuite, ses craintes et ses doutes. Ils étaient seulement amis, mais il était ému par les efforts qu'elle faisait.

- Fred, Rox, voici Pansy. Elle est fleuriste ici mais, à une époque, elle était à Poudlard avec maman et moi. Elle est de la même année que tonton Ron, Harry et Hermione.

- T'étais à Gryffondor, toi aussi ? demanda Roxanne.

Plus timide, elle était collée à la jambe de son père.

- Oh que non, que Merlin m'en préserve ! ricana Pansy. J'étais à Serpentard.

- Trop coooool, s'extasia Fred. Moi aussi, j'irai à Serpentard. Il paraît que de la salle commune on peut voir le calmar géant, c'est vrai ?

- Bien sûr. Il n'a pas de nom, mais moi je l'avais appelé Léonard. Léonard le calmar.

Fred rigola et entama une conversation avec Pansy à propos de la maison à laquelle il était si sûr d'appartenir dans quelques années.

- Et toi, Roxanne, tu penses que tu iras dans quelle maison ? demanda Pansy.

- Hum… Gryffondor, comme papa, maman, et tout le monde d'ailleurs.

George passa une main dans les boucles de sa fille.

- Ça c'est ce que tu voudrais et effectivement, le Choixpeau prend ça en compte. Mais tu sais ce que j'en pense.

- Oui, toi tu dis Poufsouffle, je sais, papou.

Pansy dissimula un rire derrière sa main et George profita que Roxanne ait rejoint Fred près d'un étal de camélias pour s'approcher d'elle.

- Tu as quelque chose de prévu demain ? s'enquit-il.

- C'est mon jour de repos.

- Alors si tu n'as rien de mieux à faire que de te reposer, tu voudrais venir avec les petits et moi ? Je les emmène au parc d'attractions de Klifgrad.

L'idée lui était venue dans la nuit en repensant à une conversation qu'il avait eue avec Anastasia Bogdan, la professeure de botanique, durant laquelle elle lui avait dit qu'elle y allait souvent avec ses enfants. C'était un parc avec pour thématique la mythologie slave et George avait hâte de le faire découvrir à Fred et Roxanne.

Le doute habitait les traits de Pansy, si bien que George crut avoir été trop loin avec sa proposition.

- OK, pourquoi pas. Ça peut être une bonne journée.

Un poids qu'il n'avait pas conscience d'avoir sur son estomac s'envola.

- Mais je te préviens, Weasley, ce n'est pas un rencard, crut-elle bon de préciser.

- Loin de moi l'idée de le penser. Tu vas te gaver de sucre et vomir dans des montagnes russes, c'est tout sauf romantique.

Elle le frappa à l'épaule, à juste titre, mais il en rit.

- Bon, les monstres, vous dîtes au revoir à Pansy et on y va ? Hermione nous attend au château.

- Au revoir, Pansy ! la salua Fred avec un signe de la main.

- Au revoir, répéta Roxanne. Est-ce que…

Elle n'osa pas poursuivre sa demande, son visage caché contre la jambe de son père. George passa une main rassurante dans ses cheveux.

- Tu veux quelque chose, princesse ?

Elle tira sur son pull pour qu'il se baisse et qu'elle puisse chuchoter à son oreille.

- Roxanne voudrait une fleur bleue pour mettre dans ses cheveux, répéta George.

Pansy balaya ses étals du regard avant de se saisir d'une fleur bleu foncé avec de très légers reflets violets. Pour qu'elle tienne dans les boucles de Roxanne, elle coinça la tige dans une barrette.

- C'est un iris, expliqua-t-elle. L'iris bleu est synonyme de confiance et d'espoir.

Pansy le regarda furtivement avant de se relever. George prit la symbolique pour lui et il ressentit à nouveau les picotements agréables dans sa poitrine.

.

.

.

Fred et Roxanne avaient adoré visiter Durmstrang, mais à partir du moment où George leur avait révélé qu'il les emmenait dans un parc d'attractions, le château avait été relégué en dernière position de la liste de leurs centres d'intérêts.

Il paya quatre places au guichet et mit les choses au clair avec ses enfants pour la dernière fois avant qu'ils puissent profiter de cette journée.

- Pas de bêtises. Vous écoutez, vous ne vous éloignez pas trop et vous faites attention à ce que vous dites parce qu'on est dans un endroit moldu. Et surtout, surtout… vous vous amusez comme des fous, OK ?

George leva ses deux mains pour que chacun de ses enfants tape dans une.

À l'entrée du parc se trouvaient treize grandes statues de bronze qui représentaient les dieux slaves majeurs. La plus imposante des treize étant celle de Rod, le père de tous les dieux.

- Bienvenue ! les surprit un employé du parc avec un appareil photo autour du cou. Une petite photo souvenir devant la statue de Morana ?

- Ouiiii ! s'écria Roxanne en prenant d'ores et déjà la pose telle une star.

George prit place entre ses enfants et lança un regard étonné à Pansy qui resta en retrait. Elle semblait assez mal à l'aise.

- Une photo sans la maman ne serait pas une vraie photo de famille, lança le photographe, ce qui lui valut un regard noir.

- Ce n'est pas la maman, mais ce n'est pas grave, précisa George pour rassurer l'employé du parc qui rougissait de gêne.

- Viens avec nous, Pansy ! lança Fred en lui tendant sa main.

Elle semblait encore hésitante. George comprenait et il ne serait pas vexé qu'elle refuse de se faire prendre en photo avec eux. Toutefois, il ne put s'empêcher d'essayer de la convaincre avec un sourire charmeur.

- Oui, viens Pansy, ajouta Roxanne qui prenait toujours la pose, ses mains calées sur ses hanches. Je veux pas être la seule fille !

Ce dernier argument termina de convaincre Pansy qui prit place à côté de Roxanne.

- À trois, je prends la photo ! les avertit le photographe. Un… deux… trois !

Un petit clic se fit entendre, puis il en prit une deuxième où il leur demanda de faire une grimace. George n'eut même pas besoin de regarder Pansy pour savoir qu'elle n'avait absolument pas fait de grimace.

- Par quoi vous voulez commencer ? demanda-t-il en étalant le plan du parc sur une table.

- Celui-là ! s'écria Fred en pointant du doigt des montagnes russes bien trop rapides pour un enfant de son âge.

- Tu es trop petit, Fred. Par contre, il y a celui-là que tu peux faire, la Tempête de Péroun.

George lui montra sur le plan le même genre de manège, non loin de leur position, mais adapté à leur âge.

L'idée emballa les deux enfants qui partirent bille en tête vers l'attraction. George resta derrière eux, le regard paternel et protecteur, et Pansy à ses côtés. Elle semblait un peu plus détendue qu'au moment de la photo, mais ce n'était pas encore tout à fait ça. Il l'avait connue plus apaisée.

- On peut retrouver le photographe et lui faire manger son appareil, si tu veux, proposa George une fois dans la file d'attente.

- On pourrait. Insinuer que j'ai pu avoir des enfants avec toi ? Ça mérite une correction digne de ce nom.

George ne s'en offusqua pas, au contraire, il en rit.

- En tout cas, j'ai gagné.

- Quoi ?

- Tu souris à nouveau. Et franchement, c'est tout ce qui compte.

Comme une enfant prise sur le fait, Pansy cessa de sourire et le rire de George redoubla.

- Pourquoi tu rigoles, papa ? lui demanda Fred.

Son fils le regardait à l'envers, la tête en bas à quelques millimètres du sol, suspendu par les jambes à la rambarde en bois qui matérialisait la file d'attente.

- Pour faire parler les curieux. Avance un peu, Freddie, tu gênes les gens derrière toi.

Avec une habileté douteuse, Fred obéit et suivit le mouvement. Il abandonna ses acrobaties pour jouer avec sa sœur sans déranger les autres personnes.

- Ça me fait plaisir que tu sois venue, avoua George. J'avais peur que tu trouves ma proposition trop précipitée.

- Tu sais que je ne me serais pas gênée de dire non si je n'en avais pas eu envie, lui fit remarquer Pansy. Tes enfants sont cool et j'aime bien les manèges.

George sourit. D'accord, ce n'était pas un rencard, mais c'était quand même la première fois qu'il faisait une sortie de ce genre avec quelqu'un d'autre qu'Angelina. Il était sûr que, comme le photographe, plein de gens devaient les prendre pour une famille. Cela ne le dérangeait pas et, visiblement, cela ne posait pas de problème à Pansy non plus.

Les picotements dans son cœur n'avaient pas cessé depuis la veille. En vérité, dès qu'il pensait à Pansy, il se sentait plus léger. Comme si son éternelle insouciance refaisait surface après s'être endormie depuis des années. Il sentait qu'il pouvait être lui-même, qu'il pouvait lui faire confiance et que, pour la première fois depuis longtemps, il pouvait s'autoriser à être heureux.

La journée fut idyllique, autant pour les adultes que pour les enfants. Ils enchaînèrent les manèges à sensations fortes et d'autres plus calmes après le déjeuner. Avant de partir, l'arrêt à la boutique de souvenirs fut inévitable et George, très faible lorsqu'il s'agissait de faire plaisir à ses enfants, sortit le porte-monnaie sans compter.

Roxanne quitta donc le parc avec une reproduction en jouet de l'épée de Svantovit et une peluche de Sirin, une femme-oiseau proche du hibou, entre ses bras. Fred, lui, portait fièrement un serre-tête avec les cornes de Vélès et un pull avec l'ours Berendeï cousu dessus, la mascotte du parc.

- J'ai passé une trop bonne journée, papou, dit Roxanne dans un bâillement alors qu'ils arrivaient à Tsvetengrad. Merci.

George embrassa la joue de sa fille qui s'endormait dans ses bras.

- Merci Pansy d'être venue, ajouta-t-elle d'une voix somnolente.

- Ouais ! s'exclama Fred. Merci pour la crêpe au goûter, elle était méga bonne.

- Ça se voit, tu as encore du chocolat au coin de la bouche, se moqua-t-elle gentiment.

Fred ne prit pas la peine de l'essuyer, bien trop content d'avoir pu récupérer l'épée de Roxanne qui s'était finalement endormie.

- Je ne ferais pas ça tous les jours, mais je dois avouer que j'ai passé une bonne journée, avoua Pansy.

- Tu reconsidères l'idée de faire des enfants avec moi ?

La surprise traversa les yeux écarquillés de Pansy avant qu'elle comprenne qu'il plaisantait.

- Tu serais bien emmerdé si je disais oui, Weasley.

- En effet, dit-il après un bref éclat de rire qui ne réveilla même pas Roxanne. Je n'ai aucune envie de repartir dans les couches et les biberons.

Pansy grimaça sans rien dire avant de déverrouiller la porte de son bâtiment. Fred, curieux, lorgnait dans la vitrine du magasin de souvenirs à côté.

- Au fait, avant qu'on t'abandonne, j'ai un truc pour toi, révéla George. Par contre, tu vas devoir le prendre dans ma poche, j'ai les mains prises.

Il lui envoya un sourire mutin et coquin que Pansy interpréta exactement comme il le voulait.

- Il est malin, celui-là. Quelle poche ?

George pivota à peine pour lui présenter ses poches arrières.

- Arrière droite, indiqua-t-il. Tu as l'autorisation de me toucher les fesses. Promis, je n'y prendrai aucun plaisir.

Pansy leva les yeux au ciel avant de prendre ce qu'il cachait dans sa poche, à savoir un porte-clés avec une edelweiss séchée dans de la résine. Ce n'était rien d'exceptionnel, simplement un petit accessoire sur lequel il était tombé dans une boutique du parc et qui lui avait fait penser à elle.

Pansy observait l'accessoire sous toutes ses coutures, comme si elle allait y découvrir un secret caché. George ne savait que penser de son silence. Était-elle déçue de la valeur de ce cadeau ? Détestait-elle les edelweiss ? Trouvait-elle déplacé qu'il lui offre quelque chose ?

- Tu sais ce que symbolise l'edelweiss en langage des fleurs, Weasley ? le questionna-t-elle finalement, ses grands yeux foncés rivés dans les siens.

- Non, mais je sens que tu vas me le dire, Parkinson.

- L'amour noble, pur et profond. Dans certains pays d'Europe, la tradition veut que le fiancé offre un bouquet d'edelweiss à sa future femme pour leur mariage. Comme ces fleurs ont une durée de vie courte et qu'elles sont cultivées dans des régions reculées et rocheuses, elles sont difficiles à trouver, alors lorsqu'elles sont récoltées, cela prouve un grand dévouement.

George eut un petit rire nerveux.

- Je ne compte pas t'épouser aujourd'hui, si c'est la question que tu te poses, désamorça-t-il.

- Encore une fois, tu serais bien emmerdé si je disais oui.

Pansy lui envoya un clin d'œil complice avant d'accrocher le porte-clés à un anneau de son sac.

- Au revoir, Fred, à bientôt, lança-t-elle au jeune garçon qui bavait d'envie devant les jouets en vitrine.

- Au revoir, Pansy !

- Si Roxie était éveillée, elle te ferait probablement un bisou un peu baveux. Tu veux que je la remplace ? proposa George en approchant ses lèvres de sa joue.

- Non merci ! refusa Pansy en plaquant sa main sur sa bouche.

George embrassa malgré tout sa paume et Pansy rougit.

- Je vais profiter des monstres jusqu'à leur départ, mais après, je serai tout à toi si tu le souhaites.

- Une journée entière en ma compagnie ne t'a pas suffi ?

- Même une vie entière à tes côtés ne serait pas suffisante. Alors ?

Les joues de Pansy rougirent encore plus et elle camoufla ça derrière ses cheveux qui tombaient devant son visage pendant qu'elle poussait la porte.

- Bonne soirée, George. Merci pour la journée.

Il ne sut pas ce qui le déstabilisa le plus. Le fait qu'elle l'appelle par son prénom ou le baiser timide qu'elle déposa sur sa joue avant de disparaître chez elle ?

George resta planté devant la porte jusqu'à ce que, dans ses bras, Roxanne ait un petit sursaut de sommeil qui ne la réveilla pourtant pas, mais qui suffit à lui donner l'impulsion pour quitter le village.

Sa tête, son cœur et son corps semblaient être d'accord sur une chose : Pansy Parkinson était devenue trop importante dans sa vie et il allait devoir prendre les choses en main.


Eh voilà !

Alors, c'était riche en informations aujourd'hui, n'est-ce pas ?

J'espère que vous avez aimé ce retour à Poudlard, je sais que vous étiez plusieurs à l'attendre avec impatience. Alors je croise les doigts pour que le passage ait été à la hauteur de vos attentes.

On en pense quoi du petit jeu qui s'est installé entre Drago et Hermione pour éviter ce gros lourdaud de Perkins ? Je suis sûre que vous avez aimé... Moi j'ai adoré l'écrire ahah.

Fred et Rox ne sont pas la définition même de "adorables" ? Je les adore. Qu'avez-vous pensé de cette visite au parc d'attractions ? De l'attitude de Pansy avec les enfants de George ? Des taquineries de ce même George en fin de chapitre ?

Bref, j'ai hâte de lire vos reviews.

Du love pour vous, à mercredi !