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10 – Aphélie

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Potter avait dormi durant 28 heures d'affilées. Severus, assis dans un fauteuil, n'avait pas bougé de son chevet. Il l'observait, immobile, la joue posée sur son poing. Cette fois-ci les morts semblaient ne pas avoir troublé son repos. Bien. Il allait devoir veiller à ce que cela continue.

Quand il se réveillerait, il serait furieux, c'était certain. Severus doutait que Potter lui fasse du mal, mais il avait tout de même préféré, par précaution, cacher la baguette du Seigneur. Il savait que sa colère serait difficile à contenir, mais il était prêt à affronter cette tempête pour son bien.

Il se pencha en avant, écoutant sa respiration régulière et se surprit à espérer que ce sommeil prolongé ait apaisé une partie de ses tourments.

Il se redressa légèrement dans son fauteuil, étirant ses membres engourdis, sans quitter des yeux le visage endormi de Potter. Il ressemblait à un ange comme ça. Probablement déchu, pensa Severus, mais cela ne faisait qu'attiser davantage son intérêt.

Les longs cils du garçon frissonnèrent et Severus s'appuya nonchalamment contre son dossier. Il l'étudiait attentivement, anticipant le moment où il émergerait de son sommeil sans rêve.

Les yeux d'Harry s'ouvrirent lentement, leurs pupilles troubles peinant à se focaliser. Il sembla perdu un instant, puis ses yeux tombèrent sur Severus, tranquillement assis à ses côtés.

« Severus... » murmura-t-il d'une voix rauque, encore alourdie par le sommeil.

Le professeur de potions resta impassible, observant les souvenirs d'Harry revenir, lentement mais sûrement. Soudain, comme s'il était maintenant pleinement conscient de ce qu'il s'était passé quelques heures plus tôt, le garçon se redressa brutalement, cherchant frénétiquement autour de lui.

Severus, parfaitement calme, se félicita intérieurement d'avoir pris la précaution de retirer la baguette du jeune homme. Incapable de trouver ce qu'il cherchait, Harry se leva brusquement, la rage déformant ses traits, et, dans un râle bestial, se jeta sur Severus avec une détermination furieuse.

Ce dernier ne bougea pas d'un pouce, observant la scène avec une déconcertante décontraction. Les jambes d'Harry, restées inactives pendant trop longtemps, ne purent le soutenir. Il s'affaissa de tout son poids sur Severus, qui passa ses bras autour de lui pour le soutenir.

« Je vais te tuer ! » siffla le jeune homme entre ses dents serrées.

Severus, loin de sembler inquiet, l'installa plus confortablement sur ses genoux et un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. « Ha ? Parce qu'on se tutoie, maintenant ? »

Harry s'accrocha désespérément à son t-shirt, ses yeux brillant de colère. Le calme de l'homme sous lui ne faisait qu'attiser encore plus sa fureur, mais ses forces le trahissaient. Il était prisonnier de son propre corps, incapable de s'échapper de l'emprise assurée de Severus.

« Bien. Peut-être voudrais-tu manger quelque chose avant de me tuer ? Tu as joué à la Belle au Bois Dormant pendant plus d'un jour entier, tu dois être affamé. »

Harry le fusilla du regard. Il aurait probablement souhaité paraître féroce, mais sa position compromettante (ses deux genoux encadrant les jambes du potionniste) ne lui en laissait pas la possibilité. Severus, sans aucune vergogne, laissa ses mains courir sur les cuisses du jeune homme.

« Tu m'as manipulé. » grogna hargneusement Potter.

« Et à quoi d'autre t'attendais-tu ? Je ne suis qu'un vil Serpentard, tu le sais bien. »

« J'emmerde les Serpentards ! »

Les mains de Severus remontèrent le long de ses hanches et il le tira un peu plus vers lui. « Oui, c'est ce que je vois. Tu les emmerdes tellement qu'à peine réveillé, tu t'es précipité dans mes bras. »

« Ce n'est pas du tout ce que j'ai fait ! Je te jure que tu vas me le payer. Tu vas regretter ! »

« Mmmh… » répondit Severus, visiblement peu concerné par ces menaces.

Harry siffla mesquinement : « C'est la deuxième fois que tu m'embrasses. Est-ce que je dois y voir quelque chose ? »

Ha. On y venait. Severus avait vaguement espéré que la potion ferait effet suffisamment tôt pour que Potter oublie ce petit incident. Il s'était trompé.

« Je ne t'ai pas embrassé. Je t'ai juste incité à prendre ton médicament. C'était un geste professionnel. »

« Et tes mains sur mon cul, là tout de suite, c'est professionnel aussi ? »

« Non. Ça, c'est tout à fait personnel. »

Harry rapprocha dangereusement son visage de celui de Severus. « Crois-moi, tu n'as pas fini de regretter, professeur. Je te ferai mettre à genoux devant moi pour demander mon pardon. »

« Vraiment ? » murmura Severus en laissant une de ses mains remonter le long du dos du garçon.

La tension entre eux était palpable, presque électrique. Le Serpentard savait qu'Harry pouvait sentir chaque pression, chaque caresse de ses doigts sur sa peau, et que cela l'enrageait autant que cela l'attirait.

« Tu n'as aucune idée de ce dont je suis capable. - murmura Potter, ses lèvres à quelques centimètres de celles de Severus – Je peux faire de ta vie un enfer. »

« Montre-moi. » répondit Severus, et sa voix, qui avait encore baissée d'un ton, roulait dans sa gorge, presque provocatrice, tandis que ses doigts continuaient leur exploration lente.

Harry se pencha plus près encore et le potionniste, le souffle coupé, cru un instant qu'il allait l'embrasser. Le garçon sentait le caramel chaud et il avait une furieuse envie de goûter sa peau. Ses mèches noires effleurèrent ses joues et le gamin passa une main derrière sa nuque. Ses doigts jouèrent un instant dans ses cheveux, mais au dernier moment, il s'éloigna un sourire mauvais aux lèvres et chercha à quitter le confort des jambes de Severus.

Néanmoins ce dernier ne l'entendit pas de cette oreille : il attrapa de ses longs doigts les poignets d'Harry et le tira de nouveau vers lui. « Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour me faire pardonner. »

Harry lui jeta un regard froid : « Tu profites encore de moi. Mes muscles sont trop engourdis pour que je puisse te coller mon poing dans la figure. »

Bien. Puisqu'on était en train de dire les choses, autant les dire jusqu'au bout... « Comment peux-tu être aussi bouillant et glacial en même temps ? Ça va me rendre fou. »

Harry renifla avec mépris : « Mais j'espère bien que je vais te rendre fou. Et j'espère que tu crieras mon nom de désespoir. » Puis il approcha sa bouche de l'oreille de Severus et murmura : « Professeur. »

Snape contracta ses mains sur le dos de Potter. Évidemment. Quelle petite crevure. Il avait sans aucun doute déjà remarqué l'effet que ce simple mot produisait sur lui. Harry se délectait clairement de chaque seconde et il prenait un malin plaisir à jouer avec lui.

Mais après tout, peut-être l'avait-il mérité.

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Le résumé des feignasses. - 10

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HP : Tu m'as manipulé !

SS : *habillé en tenue complète de Serpentard/mangemort* Meh…

Fin.

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