Titre : Un secret bien gardé

Genre : Romance

Rating : M

Résumé : Dans un monde post-guerre, Sirius et Hermione, officiellement colocataires aux yeux de leurs amis, voient leur amitié évoluer vers quelque chose de plus profond. Mais lorsque leur secret commence à se fissurer, comment les autres réagiront-ils ?

Couple : Hermione/Sirius

Disclamer : Harry Potter ne m'appartient pas.

Spoiler : Les sept livres

Note : Bonsoir à toutes et à tous ! Bon le titre dit tout. Ce chapitre là sera la très redoutée « présentation » aux parents d'Hermione. Je n'en dis pas plus et vous laisse à votre lecture ! On se retrouve en bas !


Chapitre 4 : Les Granger


Comme plus tôt dans la journée, Sirius fut raisonnable lors du retour en moto. Hermione pouvait dire qu'il veillait à ne pas aller trop vite. Il voulait qu'elle accepte de remonter avec lui et cela la toucha.

La route ne fut pas longue et il posa la moto rendue invisible par des sorts devant la maison. Hermione sauta au sol avec un soupir et retira son casque.

« Ah… quelle journée ! »

Il sourit, son casque à la main, et la retint par la taille, appuyé sur la moto. Elle se retrouva entre ses jambes et se mordit les lèvres sous le regard noir de désir qu'il lui adressait.

« C'est long une journée », souffla-t-il contre ses lèvres.

Elle sourit.

« Une demi-journée tu veux dire ?

- Dans un contexte aussi détendu, j'aurai bien aimé pouvoir t'embrasser et te serrer dans mes bras.

- Tu veux qu'on leur dise », murmura-t-elle sans plus tenir, effleurant ses lèvres des siennes.

Elle sentit ses mains caresser son dos.

« Chaque chose en son temps. Tes parents d'abord non ? »

Elle opina et il reprit ses lèvres entre les siennes.

Ils passèrent une soirée tranquille, tous les deux, mangeant devant une comédie.

La semaine suivante, Hermione avait eu le temps de s'organiser avec ses parents et elle revint mercredi soir avec une date.

« Vendredi ? s'étonna Sirius. Ils sont pressés dis donc.

- Tu es la première personne que je veux leur faire rencontrer donc oui, j'imagine…

- Ils n'avaient pas rencontré Ron ? »

Elle nia.

« Pas comme mon petit-ami. Ils l'ont vu quelques fois à la gare surtout.

- Oh… et qu'est-ce que tu leur as dit pour moi ? »

Elle se glissa sur ses genoux, caressant le col de sa chemise.

« Ils connaissent ton histoire.

- Dur de l'oublier… nota-t-il.

- Mais je ne leur ai pas encore dit que c'était toi mon petit ami. Je vais y aller demain soir je pense pour… les préparer. »

Il grimaça.

« Honnêtement, je pense que c'est surtout notre différence d'âge qui va les inquiéter.

- Pas le fait que je sois un prisonnier évadé d'Azkaban ? taquina à moitié Sirius.

- Non, dit-elle, rougissante. Je me souviens avoir défendu assez… ardemment ton cas lorsque j'étais adolescente. Ils ont compris l'injustice dont tu as été victime et ils ont suivi ton retour parmi nous. J'en avais parlé aussi… enfin ils te connaissent en quelque sorte.

- Mais ils ne savent pas que tu dors dans mes bras tous les soirs…

- Quand on dort, tu veux dire ? » taquina-t-elle.

Il sourit et l'embrassa.

« Ok, est-ce que je peux te soutenir d'une manière ou une autre ?

- J'ai dit à Maman qu'on rapporterait le dessert. Ce serait super si tu pouvais acheter quelque chose ou cuisiner vendredi. »

Il opina.

« Ça me semble être une tâche à ma portée. »

Elle pouffa et glissa ses doigts dans ses cheveux.

« Ils t'accepteront, sourit-elle. Ils n'ont pas le choix », ajouta-t-elle avant de l'embrasser.

Il souriait contre ses lèvres.

Leur semaine fut tranquille dans l'ensemble. Hermione revint cependant bien fatiguée de son repas chez ses parents le jeudi soir.

Sirius l'attendait dans le salon et lui prépara une tasse de thé.

« Tu veux en parler ? » fit-il en la déposant devant elle.

Elle haussa les épaules.

« Ils n'ont pas dit grand chose. Ils étaient surtout surpris et un peu choqués. Je pense qu'ils vont en discuter ensemble. Ils ont en tout cas compris que c'était sérieux. »

Sirius opina, nouant ses doigts aux siens.

« Ça ira, rassura-t-il. Je ne suis pas… le gendre parfait mais…

- Ce n'est pas ce que je veux », répliqua doucement la brune.

Elle porta sa main à ses lèvres, déposant un baiser dessus.

« Tu es tout ce que je veux Sirius. Ça prendra peut-être du temps mais ils accepteront notre relation. »

Sirius lui rendit son sourire confiant et ils discutèrent encore un peu.

Il était prévu qu'il vienne la récupérer après son travail au ministère et qu'ils aillent directement chez les parents d'Hermione.

Ce vendredi soir, elle ne fut qu'à moitié surprise de voir qu'il était venu en moto.

« Toi, tu joues avec le feu », dit-elle en métamorphosant ses vêtements.

Il rit et elle se glissa derrière lui. Ils ne pouvaient pas s'embrasser en public, pas encore tout du moins. Sirius démarra et la route fut rapide, au plus grand regret d'Hermione qui commençait à stresser malgré tout ce qu'elle pouvait se dire pour se rassurer. Elle aurait presque fait un tour de plus à moto.

Elle descendit et retira son casque. Ils étaient toujours dans le rayon d'invisibilité de la moto et elle en profita pour transformer ses vêtements. Si ses parents pouvaient ne pas voir la moto, ce serait mieux. Sirius ricana mais fit de même et elle constata qu'il avait mis un pantalon noir élégant et une chemise blanche. Elle reboutonnna le bouton qu'il laissait toujours ouvert, dissimulant un peu plus ses tatouages. C'était vain. Elle connaissait ses habitudes et savaient qu'ils remonteraient les manches de sa chemise, laissant voir ses bras tatoués bien sûr. Et puis il y avait ses doigts presque tous noircies de tatouages. Elle grommela et il rit en la voyant inspecter ses mains.

« Allez, encouragea-t-il, caressant sa joue. Ce n'est qu'une première rencontre. Ça ne sera pas parfait mais je promets de bien me comporter. »

Elle pouffa et nia.

« Non, sois toi-même surtout. »

Il se pencha vers elle mais se recula alors qu'ils entendaient la porte s'ouvrir. Ils ne pouvaient pas les voir et s'assurèrent que les environs étaient libres avant de sortir du périmètre de la moto.

« Hermione ! s'exclama une femme qui ressemblait beaucoup à Hermione, en plus âgée cependant.

- Maman », salua la jeune femme.

Elles se serrèrent dans leurs bras et Hermione se tourna vers Sirius.

« Maman, je te présente Sirius. Sirius voici ma mère, Jean. »

Il lui tendit une main avec un sourire avenant et elle la serra maladroitement, se disant qu'il ne faisait pas aussi vieux que ce qu'elle avait imaginé.

« Bonjour Madame Granger. Merci pour l'invitation. »

Elle nia aussitôt, esquissant un sourire poli.

« Avec plaisir et pas de Madame Granger, appelez moi plutôt Jean », dit-elle d'un ton diplomatique, comme si ils allaient bien devoir passer par là.

Il opina et le père d'Hermione arriva au même moment. Il fronça les sourcils devant l'homme à la chevelure à moitié attachée, une veste en cuir noir sur les épaules, des bottes de bikers noires au pied, les tatouages qu'il ne manqua pas d'apercevoir sur ses mains.

« Papa, souffla Hermione, le rappelant sur Terre.

- Oui, bonjour Monsieur Black, se reprit-il lui tendant une main.

- Sirius, corrigea le Maraudeur. Merci de m'inviter ce soir. »

Ils se serrèrent la main et Jean les fit entrer.

Ils se retrouvèrent tous les quatre assis dans le salon autour de la table basse, dans une ambiance plutôt tendue. C'était un exercice que Sirius n'avait jamais eu à faire et sentait bien qu'il y avait quelques facteurs en plus qui compliquaient un peu les choses.

« Hermione m'a dit que vous étiez dentistes », commença-t-il, parce que quelqu'un devait bien se lancer.

Hermione se tourna vers lui, un peu surprise. Imaginer Sirius tenir une conversation ordinaire à ses parents. Ce même Sirius qui ne suivait pas les règles ou en tout cas que les siennes. Sirius si peu conventionnel, se prêter à une discussion sur la pluie et le beau temps… avec ses parents ? Cela sembla incroyable pour la jeune femme. Il n'était vraiment sérieux que dans son rôle de chef de la famille Black. Elle avait déjà assisté à des séances avec lui et il devenait presque un autre homme.

Ce soir-là, elle sentit qu'il allait faire des efforts, parce que c'était important pour elle.

Elle esquissa un sourire tendre et il croisa son regard, lui rendant son sourire. Il n'avait aucune idée de ce qu'il avait pu faire pour mériter un tel sourire mais cela lui convenait.

« Les dentistes n'existent pas dans le monde de la magie, informa Hermione pour ses parents. C'est un médicomage qui s'occupe de ça. »

Elle avait déjà dû leur dire auparavant et ils opinèrent.

« Oui, nous tenons un cabinet dentaire tous les deux. Il est juste à côté de la maison », reprit Jean.

Effectivement, Sirius se souvint avoir vu une avancée sur le côté et un petit chemin menant à une autre porte.

« Un cabinet dentaire, hein ? Ça doit être intéressant. Des journées bien remplies, je suppose, émit Sirius. J'ai cru comprendre que c'était une expérience redoutée par certains patients ? »

Il lança un clin d'œil à Hermione et elle eut l'air surprise. C'est qu'il l'avait écoutée ? Elle lui en avait parlé vaguement des mois auparavant, par un hasard de la discussion et elle-même l'avait oublié avant qu'il n'y fasse référence.

Il retint un rire face à son étonnement évident.

Jean esquissa un sourire, semblant apprécier la tentative de détente de Sirius.

« Oh, il y en a toujours quelques-uns, mais rien que nous ne puissions gérer. On fait de notre mieux pour rendre l'expérience la plus agréable possible. »

William à ses côtés ne bronchait pas, un peu sur la défensive.

« Vous voulez boire quelque chose avant qu'on passe à table ? » questionna Jean, adressant un regard à son mari.

Il réagît et proposa aussitôt différents vins ou alcools, même boissons simples et Sirius haussa les épaules avec un sourire.

« Que buvez-vous habituellement ?

- On peut ouvrir une bouteille de vin blanc, proposa Hermione. Ça ira bien avec le repas. »

Son père opina et se leva pour aller en chercher une.

« Désolée, fit Jean une fois qu'il fut hors de la pièce. C'est un peu compliqué pour lui… mais ça passera avec le temps, ajouta-t-elle avec un mince sourire.

- On ne s'inquiète pas, assura Sirius. Je pense que je réagirais un peu de la même manière si j'étais dans une situation similaire », avoua-t-il ensuite.

Hermione tendit une main vers lui et il entrelaça leurs doigts naturellement.

« Et vous, que faites-vous dans la vie ? » interrogea Jean alors que son mari revenait avec la bouteille.

Il sortit des verres et commença à les servir tandis que Sirius répondait.

« Je n'ai pas un travail très conventionnel on va dire. Je gère les affaires de la famille Black dont je suis chef de famille. Ça prend beaucoup de temps et à côté de ça, je supervise la gestion de quelques entreprises qui appartiennent aux Black. »

Jean opina, un peu confuse sur ce que cela impliquait derrière.

« Ça veut dire qu'il a une place au Magenmagot, le tribunal sorcier, en tant que chef d'une famille fondatrice », reprit Hermione.

William immobilisa son mouvement.

« Vous êtes avocat ou quelque chose comme ça ? » s'enquit-il en lui tendant un verre.

Sirius le remercia et nia.

« Je n'ai pas de formation d'avocat mais je suis habilité à porter un jugement sur différents procès. Le monde sorcier est assez particulier, j'imagine. Certains représentants de famille ont une voix, la majorité disons et ils ne sont pas invités sur beaucoup de procès. Les représentants des familles fondatrices en ont deux et siègent lors de nombreux procès. Ce sont ces familles qui ont fondé le monde sorcier tel qu'il est aujourd'hui et elles estiment avoir un droit de regard dessus, en quelque sorte », simplifia-t-il.

Jean et William sentirent bien le jugement dans ses propos.

« Je n'ai pas repris les affaires de la famille Black parce que ça m'intéressait, poursuivit Sirius, mais parce que le Magenmagot a besoin d'un peu de renouveau, enfin beaucoup. Voldemort a beau avoir disparu, les façons de faire restent bien ancrées. Hermione peut en témoigner. »

Hermione l'observait avec un sourire. Ils avaient déjà eu cette discussion.

« Comment ça ? questionna William.

- Au sein du Magenmagot, malgré mon poste, je suis moins prise au sérieux qu'un sorcier de sang pur, répondit Hermione d'un ton plus dur. C'est ce qu'on essaye de faire changer, à notre manière mais… »

Elle haussa les épaules d'un air un peu las.

« C'est pour ça que je te propose la protection des Black », ajouta Sirius.

Elle opina. C'était une conversation qu'ils avaient eu plusieurs fois et qui impliquait beaucoup de choses.

« On doit encore en discuter », répondit Hermione.

Il acquiesça et William rebondit.

« La protection des Black ?

- C'est un protectorat accordé par les familles fondatrices à d'autres membres de la communauté sorcière, expliqua Hermione. Sirius me propose de devenir une protégée des Black.

- C'est un système archaïque mais qui peut se révéler bien pratique, compléta le brun. En tant que protégée des Black quiconque remettra en question la parole d'Hermione, remettra en question la famille Black toute entière. C'est un engagement qui n'est que peu pris et qui a pu protéger des mangemorts notamment dans l'entre deux guerres. Sous la protection d'une famille fondatrice, ils étaient beaucoup moins inquiétés.

- Et vous voudriez qu'Hermione soit sous votre protection ? répéta Jean, confuse.

- Ce serait un scandale au sein du Magenmagot, déclara sa fille. La grande et noble famille des Black qui protège une fille née-moldue.

- Mais l'intérêt est double. Ça remettrait en question ou au moins interrogerait ce système de protectorat, tout en questionnant aussi la place des familles fondatrices. Et par la même occasion, cela placerait Hermione hors d'atteinte. »

Les parents d'Hermione les observaient, surpris.

« Vraiment ? demanda Jean.

- Oui. Mes propos en quelque sorte seront sous la responsabilité de la maison Black. La maison Black s'en porte garante et quiconque me critique, critique la maison des Black. C'est vraiment archaïque… soupira Hermione.

- Je sais, chérie, tranquillisa Sirius, se penchant vers elle. Mais avec cet appui, tu pourras bien plus facilement faire bouger les choses. Tu n'auras pas à te battre constamment pour te faire entendre, enfin moins souvent disons. »

Elle opina, alors que ses parents restaient bloqués sur le surnom. Ils ne savaient pas bien sûr, que même avant qu'ils ne sortent ensemble, Sirius l'appelait ainsi.

Hermione n'aimait pas l'idée d'être sous la protection de qui que ce soit, encore moins un homme, mais elle comprenait ses arguments, et elle savait aussi, pour l'avoir vu, que cela le mettait hors de lui lorsque les représentants des familles se permettaient de la contredire devant le Magenmagot.

« Mais, balbutia Jean. Tu es quand même une héroïne de guerre… ça ne veut rien dire pour ces gens-là ?

- Ces gens-là, ceux qui ne me respectent pas, considèrent certainement avoir perdu la guerre, maman, expliqua Hermione. Ils pensent certainement que je suis une sous-espèce ou… »

Elle se tut en sentant la main de Sirius se tendre dans la sienne, et inspira.

« Enfin, bref… c'est une décision qu'on ne prendra pas ce soir de toute façon. »

Il opina, sagement, se demandant comment ils avaient fait pour discuter de cela.

« Et à part ça, reprit Jean qui devait penser la même chose, qu'est-ce que vous aimez faire dans la vie ? »

C'était une mince tentative de changer de sujet, sentant la tension dans la pièce.

« Oh… »

Il coula un regard vers Hermione, et elle se surprit à prier pour qu'il reste sobre dans sa réponse.

« Eh bien, comme Hermione, je suis un grand lecteur…

- Surtout concernant l'histoire, taquina Hermione qui le retrouvait souvent plongé dans des livres de ce genre. »

Il esquissa un sourire.

« C'est vrai, je suis amateur d'histoire, d'arts aussi, et j'ai un faible pour la moto mais ça se voit je crois. »

Il lança un regard taquin vers Hermione.

« J'aime beaucoup voyager, quand je suis ne pas en fuite », ajouta-t-il avec un sourire malicieux, sans pouvoir résister.

Il ne voulait pas que ce soit un sujet tabou avec ses parents et voulait leur faire comprendre qu'il répondrait à leurs questions s'ils en avaient.

Hermione leva les yeux au ciel mais ne dit rien. Ses parents ne semblèrent pas rebondir dessus cependant.

« Et vous vivez dans cet endroit, le Square…

- Oui, c'est la maison Londonienne des Black.

- Londonienne ? répéta William. Vous en avez d'autres ? »

Sirius opina. Il n'aimait pas trop faire étalage des possessions des Black.

« On a une maison dans le Dorset et quelques propriétés hors Angleterre, dit-il simplement.

- Tu veux dire un manoir dans le Dorset et une dizaine d'autres dans le monde entier ? »taquina Hermione qui ne pouvait pas le laisser s'en tirer comme ça.

Il pouffa, amusé, et acquiesça simplement.

« Oh, vous êtes riche alors ? fit Jean simplement.

- Ma famille est riche, rectifia Sirius.

- Mais vous êtes la dernière personne portant le nom des Black aujourd'hui ? » reprit William.

Sirius opina. C'était vrai, pour le moment, se dit-il ensuite.

« Et vous êtes le parrain d'Harry, ajouta Jean, voulant rediriger la conversation vers des sujets plus neutres.

- Oui, sourit plus largement Sirius. J'étais ami avec les parents d'Harry et je me souviendrais toujours du moment où ils m'ont demandé d'être son parrain. »

Il était visible que cela avait procuré une grande joie chez Sirius et son sourire communicatif gagna le visage de Jean.

« Justement, fit William, sombre. Harry n'a pas le même âge qu'Hermione ?

- William ! » protesta Jean, se tournant vers son mari face au sous-entendu.

Il haussa les épaules.

« Je me demande juste comment est-ce qu'un homme de 20 ans l'ainé de ma fille en vient à sortir avec ? » lâcha-t-il, presque accusateur.

Jean soupira mais Hermione et Sirius s'y attendaient. Ils se lancèrent un regard et Sirius réfléchit.

« Je me suis posé la même question… avoua-t-il. C'était soudain, inattendu… mais je crois qu'avant je me voilais juste la face. Hermione est en effet la meilleure amie d'Harry qui aurait pu être mon fils. C'était juste inenvisageable d'imaginer même sortir avec Hermione. »

Elle lui souriait, l'encourageant, sa main dans la sienne.

« Mais… je crois qu'Hermione vous en a parlé, lorsque je suis revenu du voile après cinq ans d'absence, j'ai eu besoin de temps pour… remonter la pente et Hermione était là. Beaucoup de monde vivait au Square à ce moment-là mais c'était elle qui prenait soin de moi surtout. On a étrangement beaucoup de choses en commun et… »

Il inspira, faisant une pause.

« On s'est rapprochés, souffla Hermione. Sans même qu'on ne le remarque. Puis, Harry et Ginny ont acheté une maison, les Lupins rénovaient la leur, Ron est sorti avec Luna, George avec Angelina. »

Il sourit et poursuivit.

« Sans qu'on ne s'en rende compte, nous étions les deux seuls habitants du Square et notre quotidien a changé. On a passé encore plus de temps ensemble.

- Et un jour Sirius m'a invitée au restaurant. Je crois que c'est ce jour-là que tout a changé. »

Sirius approuva, son regard dans le sien.

« Mais j'aimais déjà votre fille avant cela, dit-il en se tournant vers eux. En même temps, je ne sais pas comment on peut ne pas aimer Hermione », taquina-t-il avec un regard malicieux pour la jeune femme.

Elle leva les yeux au ciel mais ne put retenir son sourire.

Un silence s'installa brièvement dans la pièce alors que les parents d'Hermione digéraient leurs propos. William semblait toujours réticent, mais le sourire sincère de Sirius, la manière dont il parlait d'Hermione et leur évidente complicité semblaient adoucir légèrement son expression.

« Je suppose que les choses ne se passent pas toujours comme on les planifie », intervint Jean, cherchant à apaiser la situation.

Hermione lui lança un sourire reconnaissant et William eut un soupir.

« Oui, oui, c'est sûr, pas comme on les panifie, répéta-t-il, un peu maugréant.

- L'important, reprit Jean, c'est que vous soyez heureux tous les deux. »

Ils lui sourirent plus largement.

A partir de là, la conversation sembla plus aisée et l'atmosphère se fit moins lourde. William participa un peu plus à la discussion même s'ils le voyaient toujours digérer leur relation. Ils passèrent à table et mangèrent tranquillement, conversant sur le monde magique et moldu. Hermione avait appris à ne pas trop s'étaler sur le monde magique avec ses parents, des restes de la guerre, et ils profitèrent de cette occasion pour poser toutes sortes de questions à Sirius, qui eut l'impression d'avoir affaire à un Arthur Weasley face au monde moldu.

« On devrait les mettre plus en contact avec Arthur », plaisanta-t-il, après avoir répondu à une énième question.

Hermione opina, plus sérieuse que lui. Elle se promit intérieurement de passer plus de temps avec ses parents. Leur inquiétude transparaissait derrière leurs questions et si Sirius s'efforçait d'être le plus rassurant possible, quelque chose d'extraordinaire pour lui, ils restaient tout de même des parents inquiets pour leur fille.

« Mais si ces sorciers pensent toujours d'une manière aussi radicale, tout pourrait recommencer à nouveau, fit William, lancé sur le sujet.

- Non, répondit Hermione, le regard brûlant. On ne laissera jamais ça arriver une nouvelle fois. C'est pour ça qu'on se bat, tous à notre manière.

- Et, souffla Sirius d'un ton soudainement las, je crois qu'on a eu notre lot de douleur, de pertes, de trahison… Je ne peux pas vivre en ayant peur du passé. Maintenant je veux vivre en regardant vers l'avenir », sourit-il, son regard ancré dans celui d'Hermione.

Elle sentit ses joues rougir et se mordit les lèvres.

« Depuis quand tu es aussi sage ? taquina-t-elle à moitié.

- Je passe trop de temps avec toi je crois », répondit-il sur le même ton.

En dessert, Sirius avait cuisiné un crumble et ils furent surpris de le trouver aussi bon.

« J'aime cuisiner aussi, ajouta Sirius, amusé. C'est un passe temps que je développe de plus en plus.

- Je vais devoir me méfier, soupira faussement Hermione. Entre ça et les lasagnes de la dernière fois… »

Il leva les yeux au ciel mais retint la remarque qui lui venait. Selon lui, ils se dépensaient assez ensemble pour compenser mais ce ne serait pas avisé de dire cela devant ses parents. Elle dut lire dans ses pensées car elle lui lança un regard d'avertissement. Il prit son air le plus angélique et lui sourit.

« Qui fait du piano ici ? questionna-t-il, changeant de sujet et désignant le piano dans un coin de la pièce.

- Moi, fit Hermione. J'en faisais avant de rentrer à Poudlard. »

Il eut l'air étonné.

« Tu ne te sers jamais du piano dans le salon près de la bibliothèque », nota-t-il.

Elle eut un air gêné.

« J'ai beaucoup perdu et… je n'aime pas trop cette pièce. »

C'était une pièce à laquelle ils n'avaient pas touché encore comme quelques autres. Ils avaient surtout rénové les pièces principales et les chambres.

« Eh bien on peut la refaire, fit Sirius. On peut même en changer l'utilité si tu veux et déplacer le piano ailleurs.

- C'est vrai qu'on n'a pas besoin d'un salon au deuxième étage, taquina-t-elle.

- Effectivement, répondit-il, amusé. Tu voulais un bureau non ? »

Elle ouvrit de grands yeux.

« Mais si tu n'aimes pas cet endroit, je me disais aussi qu'on pouvait peut-être installer un deuxième bureau dans le mien. Tu aimes travailler dans cette pièce non ? »

Cette fois-ci, Hermione sentit une douce chaleur se répandre dans son corps. Elle aimait son bureau oui, parce que c'était le sien, la pièce ressemblait à Sirius, et parce qu'il y passait du temps, donc elle aussi. Elle travaillait sur une table ronde près de la fenêtre et cela avait semblé leur convenir mais qu'il lui propose d'installer un bureau près du sien, cela la touchait beaucoup.

Il le vit sans mal. Ses yeux pétillaient et elle rayonnait. Elle se pencha vers lui et il ne fut pas surpris de sentir ses lèvres effleurer les siennes.

« Merci », sourit-elle, ravie.

Il lui rendit son sourire et ils se souvinrent brusquement qu'ils étaient toujours avec les parents d'Hermione. Celle-ci se rassit sur sa chaise, un peu gênée soudainement, alors que Sirius retenait un sourire amusé de sa réaction. Jean et William paraissaient s'en remettre.

« Vous jouez du piano ? questionna le père d'Hermione.

- Oui, j'ai beaucoup joué plus jeune mais ça fait des années que je n'ai pas pratiqué. Personne ne se sert plus du piano dans le petit salon. »

Il se leva en disant cela et s'avança vers l'instrument. Il souleva le couvercle.

« Il a été accordé il n'y a pas longtemps », fit Jean.

Hermione le rejoignit et lui sortit son ancien cahier de partitions. Il reconnut l'écriture fine d'Hermione sur les pages et sourit.

« J'avais tendance à improviser surtout les dernières années. Mes parents aimaient beaucoup trop m'entendre jouer des classiques j'imagine », dit-il pour elle.

Elle rit et il s'assit sur le tabouret. Ses doigts jouèrent quelques notes alors que derrière eux, Jean et William débarrassaient.

« Je vais les aider, souffla Hermione.

- Tu veux que je…

- Surtout pas. Ça me permettra de… voir où ils en sont », ajouta-t-elle avec un clin d'œil.

Il opina et elle s'éloigna.

Elle rassembla ce qu'il restait sur la table et rejoignit ses parents dans la cuisine.

Ils discutaient à voix basse et se turent lorsqu'elle arriva.

« Tout va bien ? questionna-t-elle, posant ce qu'elle portait sur le plan de travail.

- Oui, oui, sourit Jean. Je disais que vous étiez vraiment mignons tous les deux mais ton père n'est pas encore à ce stade. »

Elles entendirent William soupirer et échangèrent un sourire.

« Non, disons que ça se voit qu'il tient à toi, dit-il, rangeant distraitement.

- Moi aussi, déclara Hermione. Je tiens beaucoup à lui, sinon on ne serait pas là ce soir. »

Jean l'attira dans ses bras et embrassa son front.

« Ma chérie, ça nous fait plaisir que tu nous fasses confiance. Ça ne doit pas être facile pour toi.

- Les autres sont au courant, Harry et Ron ? questionna William.

- Pas encore, souffla sa fille. Ce sont les prochains. Remus et Tonks savent mais c'est tout pour l'instant. On voulait vous le dire d'abord. »

Ils opinèrent et Jean caressa son dos doucement.

« Ça se passera bien.

- J'espère », sourit Hermione qui se voulait confiante.

Ils se remirent au rangement et nettoyage, entendant quelques notes de piano venir du salon et peu à peu elles se transformèrent en véritable mélodie. C'était très mélancolique, un morceau qu'aucun d'eux ne connaissait.

Hermione retourna au salon la première pour voir Sirius absorbé dans ce qu'elle devinait être son improvisation. Elle le rejoignit, touchée par la mélodie qu'elle entendait et posa une main sur son épaule. Il releva la tête vers elle, sans s'arrêter de jouer. Elle l'écouta ainsi un moment, observant ses doigts agiles courir sur le piano.

« C'est magnifique », souffla-t-elle.

Il sourit et la remercia.

« J'avais pour habitude de jouer des morceaux plus joyeux que ça mais… »

Il haussa les épaules et elle noua ses bras autour de lui, s'appuyant dans son dos.

« J'aime beaucoup, dit-elle, contre lui.

- Tu vas devoir me montrer ce que tu sais faire », taquina-t-il.

Elle pouffa.

« Ne met pas la barre trop haute.

- Je m'attends à tout », sourit-il, tournant la tête vers elle.

Il laissa la mélodie mourir alors qu'elle se penchait pour l'embrasser.

« Tu veux qu'on y aille ? murmura Hermione contre ses lèvres.

- Comme tu veux. Tes parents t'aiment et je t'aime, ça nous fait beaucoup de sujets de conversation en commun », taquina-t-il.

Elle pouffa et l'embrassa une nouvelle fois.

Ses parents étaient ressortis du salon, leur laissant un peu d'intimité lorsqu'ils avaient vu Hermione s'appuyer contre lui, et ils revinrent avec le service à thé.

« Parfait », décréta Sirius.

Ils rejoignirent William, assis sur un des canapés, et se retrouvèrent bientôt avec une tasse de thé à la main. Sirius fut complimenté pour ses dons au piano et parla, à demi mots, de son enfance. Ils comprirent que ça n'avait pas été tout rose pour lui mais n'insistèrent pas.

Alors que la soirée touchait à sa fin et qu'ils se préparaient à partir, Jean se rapprocha d'eux.

« Sirius, merci pour toutes vos explications. Nous sommes ravis de voir qu'Hermione a trouvé quelqu'un qui prend soin d'elle et… »

Elle lança un regard à son mari.

« Vous revenez quand vous voulez », sourit-elle.

William se contenta d'opiner, ce qui ressemblait à une victoire, et le sourire de Sirius se fit plus grand.

« C'est moi qui vous remercie pour votre confiance. »

Il se tourna vers Hermione.

« Si on m'avait dit ça il y a un an… je pense que votre fille révolutionne toute ma vie.

- Hey, protesta-t-elle, faussement. Ça sonne presque négatif. »

Il rit et l'attira doucement contre lui.

« C'est tout sauf négatif, amour », souffla-t-il, caressant sa joue.

Elle eut un sourire conquise et se libéra pour serrer ses parents dans ses bras.

« Bon courage pour… la révélation, taquina sa maman.

- Merci, sourit Hermione. On va peut-être en avoir besoin.

- Et vous pourriez venir la prochaine fois, fit Sirius. Vous n'êtes encore jamais venus au Square je crois. »

Les parents d'Hermione furent surpris mais ravis de l'invitation et ils opinèrent. Puis, ils les observèrent métamorphoser leurs vêtements avec étonnement et Jean attrapa discrètement le poignet de son mari, le retenant de dire quoi que ce soit. Ils leur lancèrent un dernier regard avant de brusquement disparaître de leur champ de vision.

« Une moto, hein… » grommela William alors que sa femme refermait la porte.

Elle pouffa. Décidément, cette rencontre était quelque chose.

Dehors, Hermione se glissa derrière Sirius, le serrant plus que de nécessaire et il caressa ses mains. Il démarra tranquillement et les reconduisit au Square. Bien vite, ils arrivèrent devant le Square et descendirent de moto.

« Qu'en penses-tu ? » demanda Sirius alors qu'il refermait la porte.

Elle leva son regard vers lui et fut surprise de voir que c'était une vraie interrogation.

Elle rit et passa ses bras autour de son cou.

« Laisse leur encore quelques dîners et tu seras totalement adopté », assura-t-elle avant de venir l'embrasser fougueusement.

Son baiser donnait le ton. Il sourit contre ses lèvres et la saisit par la taille pour la soulever contre lui.

« C'est un soulagement », souffla-t-il, l'appuyant contre le mur de l'entrée.

Elle opina, un peu déconnectée à présent que ses mains se baladaient sur son corps. Elle sentit ses lèvres dans son cou et resserra ses jambes autour de sa taille.

La soirée s'envola bien vite de leur esprit et lorsqu'ils revinrent un peu à la réalité, Hermione était blottie contre Sirius dans le canapé, tous les deux nus.

« Que fait-on pour Harry et Ron ? marmonna-t-elle.

- Peut-être pas un diner… je crois qu'il faut juste leur parler. Ça te fait peur ? »

Il la sentit nier contre lui.

« Je… Harry est important pour toi, je ne veux pas que cela change votre relation.

- Notre relation évolue forcément, amour. Il lui faudra peut-être du temps mais il va comprendre. »

Ils n'avaient aucune idée de comment Harry et Ron allaient le prendre en vérité.

« Il faudrait aussi le dire à Ginny, en même temps au moins.

- Ou avant ? interrogea Sirius. J'ai dans l'idée que cela la gênera moins. »

Hermione réfléchit à la question et finit par opiner.

« Oui, tu as peut-être raison.

- Peut-être ? » taquina-t-il.

Elle pouffa et releva la tête vers lui.

« Certainement », corrigea la jeune femme.

Elle connaissait sa meilleure amie et elle savait que ce ne serait pas un problème. Elle savait même qu'elle serait heureuse pour eux.

« Bon, allons-nous coucher. »

Elle eut un petit cri alors qu'il la soulevait dans ses bras.

« Sirius ! »

Il captura ses lèvres dans les siennes par taquinerie et elle rit.


Est-ce que c'est ce à quoi vous vous attendiez ? Ou alors la réaction des parents d'Hermione était trop light pour vous ? Ou trop dure ? Je suis curieuse de savoir ce que vous en pensez et ce que vous aviez imaginé ;) En attendant, le chapitre prochain sera un peu différent, pas de révélation au programme mais autre chose… je vous laisse à vos spéculations ;) N'hésitez pas à me laisser une review si ce chapitre vous a plu ! Bon week-end !