Bonjour à toustes !

Pour aujourd'hui, on retrouve Harry !
J'en profite pour vous dire que je publie en parallèle sur AO3 et que les alertes fonctionnent sur cette plateforme là, si vous voulez basculer... (J'y ai aussi des textes non encore publiés sur ffnet ^^ )

Bonne lecture.

...

Jour 18 :
- Prompt : Premier crush
- Contraintes : Période Golden Trio ; Charlie ; Anaphore ; Utiliser un fanart comme inspiration (impossible de mettre le lien ici, vous pouvez le trouver dans ma publication AO3)


Moiteur

Il faisait beau et chaud. Les grillons stridulaient dans le jardin du Terrier pendant que ses habitants profitaient de l'extérieur. Allongé sur son lit, Harry transpirait dans la moiteur des combles. Près de lui, Pattenrond ronronnait alors qu'il lui grattait distraitement le ventre. Le chat grognon était souvent collé à lui ces derniers temps et Harry ne s'en plaignait pas. Il aimait la douceur de sa fourrure, le chatouillis de ses moustaches sur son bras et le grondement doux de son ronronnement.

Harry avait du mal à trouver sa place au milieu de sa famille d'adoption. Molly avait refusé qu'il habite au Square Grimmaurd, trop lugubre. De toute façon, Harry n'en avait pas très envie non plus, trop de souvenirs, bons comme mauvais. Cependant, l'ambiance du Terrier était si mélancolique qu'il trouvait cela pesant. Tout le monde essayait de faire bonne figure et la vie avait repris son cours après l'enterrement de Fred, mais plus rien ne serait comme avant. Il y aurait un avant et un après.

Avec un soupir, il s'épongea le front avec le bord de son t-shirt. Il entendait les cris de la fratrie dehors : Ginny s'époumonait après l'un de ses frères qui semblait avoir triché. Évidemment qu'il avait triché, Harry n'avait même pas besoin d'y être pour le savoir. Il avait hésité à aller voler avec eux, mais il avait renoncé. Parce qu'il était encore là. Parce qu'il allait sûrement ôter son t-shirt à cause du soleil brûlant. Parce que son regard aussi bleu que l'océan lui faisait des choses dans le ventre.

Deux brefs coups à la porte le tirèrent de sa contemplation du plafond. Il croassa :

— Entrez.

Une tête aux cheveux emmêlés passa dans l'entrebâillement. Harry agita une main molle pour la faire entrer. Son bras retomba avec lourdeur sur le lit alors que Hermione entrait dans la pièce en refermant la porte.

— Je peux m'allonger ?

Harry hocha simplement la tête, même parler était épuisant avec cette chaleur. Et il n'avait pas très envie de discuter de toute façon. Hermione s'allongea à côté de lui, son corps trop chaud et moite presque collé au sien. Mais Harry ne se décala pas. Il aimait bien la présence de son amie, qui, comme son animal, passait du temps à ses côtés depuis le début de l'été. Sans parler. C'était inhabituel pour Hermione, qui avait toujours quelque chose à dire. Mais leur relation s'était renforcée pendant la période où Ron avait quitté la chasse aux Horcruxes. Ils se comprenaient mieux qu'avant et n'avaient pas besoin de mots. Ron s'était montré jaloux quand il s'en était aperçu, il l'était resté même quelques temps après qu'il se soit mis avec la jeune femme. Finalement, Harry avait confié à ses meilleurs amis qu'il était gay pour qu'il cesse de se comporter comme un idiot et Ron s'était excusé de son comportement.

La moiteur était à peine soulagée par la brise tiède qui provenait de la minuscule fenêtre et la lourdeur engourdissait Harry. À ses côtés, Hermione était dans le même état et seul l'appel de Molly depuis le bas des escaliers pour le goûter les tirèrent de leur somnolence. Harry se frotta les yeux pendant que Hermione s'asseyait au bord du lit. Elle passa une main tendre dans ses cheveux.

— Pourquoi t'as pas été voler, Harry ?

— J'avais pas envie…

— Je sais que c'est faux. Qu'est-ce qu'il y a ?

Les joues de Harry s'embrasèrent. Il se redressa en tailleur et glissa une main dans les poils de Pattenrond pour s'empêcher de se mordre les peaux du pouce.

— Hm, si je te le dis, tu tiendras ta langue ?

— Bien sûr !

— C'est à cause de Charlie, avoua-t-il tout bas de peur qu'on l'entende à travers la porte.

— Charlie ? Mais enfin, pourquoi ? Il est super sympa avec toi !

— Justement…

Hermione l'observa pendant quelques instants avec un air perplexe avant que son visage s'éclaire.

— Oh. Je vois. Il est trop gentil, alors ? Et peut-être un peu trop beau aussi, non ?

— Te fous pas de ma gueule !

— Jamais de la vie, Harry, taquina-t-elle avec une pichenette sur son front. Pourquoi tu tentes pas ta chance ?

— Merlin, mais t'es folle !

— Je suis très sérieuse. Charlie est beau gosse, gentil et intelligent. Il va pas tarder à repartir, si tu veux qu'il se passe un truc, faut que tu te bouges.

Un gémissement pitoyable s'échappa de la gorge de Harry. Comment allait-il pouvoir avouer à Ron qu'il avait un crush sur son frère ?

— Personne ne comprendra et je suis pas out de toute façon.

— T'as pas besoin que les autres le sachent. Ce soir, t'as qu'à te faufiler dans sa chambre, je m'occupe de Ron, il en saura rien.

Harry fixa son sourire malicieux et ses yeux pétillants d'intelligence. Merlin, il ne méritait pas une amie comme elle.