Salut les campeurs !
Merci pour les commentaires, cela me fait toujours tellement plaisir !
Je vous souhaite une bonne lecture : un peu de houle sur celui-ci entre nos deux tourtereaux…
6
Le matin suivant, Jack s'éveilla, Sam allongée le long de son corps, dans une étreinte possessive.
Il n'aurait jamais imaginé une telle issue. Il se croyait foutu, bon pour le rebus et voilà que Sam était étroitement lovée dans ses bras et qu'elle lui avait offert la plus incroyable des nuits.
Il réalisa qu'après son aveu sur l'oreiller, il n'était plus question de faire marche-arrière. Il prendrait tout ce que Sam voudrait bien lui donner.
Il savait aussi qu'il devrait parler au Général Hammond. Son kiné avait été très clair : il remarcherait peut-être avec une canne mais il ne fallait pas espérer beaucoup mieux. Et encore, cela pourrait prendre des années. Le terrain n'était définitivement plus une option et il devait avouer qu'une retraite tranquille, à regarder des matchs et à pêcher aurait tout son charme s'il savait que Sam Carter rentrait à la maison le soir.
Jack déposa un baiser léger dans les cheveux de la jeune femme et elle soupira agréablement en réponse. Sa main fine caressa son torse, dessinant de doux motifs imaginaires sur sa peau. Amusé, Jack fit de même sur la cuisse nue à portée de sa main et récolta un léger gloussement.
– Est-ce que ça va ? demanda-t-il.
– J'ai faim. Je crois que je vais aller nous préparer quelque chose à grignoter, répondit-elle d'une voix encore ensommeillée.
– Et si on allait prendre le petit déjeuner en ville pour changer ? proposa-t-il.
Elle se redressa un peu pour le regarder dans les yeux.
– Tu veux sortir ?
– Ouais, pourquoi pas ?
Elle sembla réfléchir à la question puis se contenta apparemment d'apprécier l'idée.
– Je file à la douche d'abord.
– Est-ce que je peux te tenir compagnie ?
Jack semblait d'humeur à partager ce matin et Sam n'allait pas s'en plaindre.
Elle avait eu peur que les avancées de la nuit précédente ne disparaissent dans la clarté trop vive du jour mais, Jack paraissait être dans de bonnes dispositions. Elle l'aida donc à s'installer dans son fauteuil et le déplaça habilement jusqu'à la salle de bain. Le temps qu'elle se déshabille, il s'était déplacé sur le siège qu'elle lui avait installé dans la douche et il réglait l'eau chaude.
Sam entra à son tour dans la douche italienne et attrapa les flacons de gel douche et de shampooing. Jack s'inonda volontiers sous le jet d'eau chaude. Sam rit lorsqu'il l'éclaboussa et versa du shampooing dans sa paume. Elle glissa ses doigts dans les cheveux courts de Jack et commença à faire mousser.
Jack enroula ses mains sur les hanches de Sam pour se maintenir stable, en profitant pour la caresser tendrement pendant qu'elle lui lavait les cheveux. Le geste était intime et affectueux et c'était la première fois qu'il partageait ainsi une douche.
Lorsqu'il réalisa qu'elle fredonnait, probablement au souvenir de la nuit dernière, il fut incroyablement satisfait et pencha la tête en avant, plaquant ses cheveux trempés et couverts de savon contre ses seins nus. Sam poussa un petit cri de surprise et lui bouscula tendrement l'épaule pour le réprimander. Mais, l'eau qui ruisselait était déjà en train d'effacer les dégâts la mousse coulait le long de son corps musclé et s'échappait entre ses cuisses.
– Penche la tête en arrière.
Jack obéit volontiers pour qu'elle le rince mais, dès qu'il fut libéré, il s'inclina dans l'autre sens et saisit un sein dans sa bouche avec gourmandise pendant qu'elle se lavait les cheveux. La sensation de ses lèvres chaudes et taquines arracha à Sam un gémissement et elle posa ses deux mains sur les épaules de Jack pour se stabiliser entre ses cuisses. Jack suça et mordilla joyeusement un téton avant de passer à l'autre, sa main s'égarant entre les cuisses serrées de la jeune femme.
– Jack…
La protestation n'était pas bien méchante si on prenait en compte le léger halètement qui suivit.
Jack lui adressa un sourire narquois sans cesser ses jeux. Quelques caresses plus tard, Sam s'abandonna à l'orgasme qui la traversait, criant sans vergogne tandis que Jack gémissait de satisfaction et cherchait ses lèvres pour un baiser doux et sensuel.
Sam rouvrit les yeux, lui sourit et demanda :
– C'était pour quoi, tout ça ?
– Juste parce que je peux.
Il l'attira jusqu'à ce qu'elle soit assise sur ses genoux et l'enveloppa dans son étreinte. Il nicha sa tête contre l'épaule de Sam et déposa un baiser au creux de son cou, comme il l'avait fait autrefois, lorsque tout rapprochement était interdit et qu'il cédait à un instant de tendresse dans un moment difficile.
Puis, il recula, saisit le flacon de gel douche et commença à la laver en gestes tendres et caressants.
Leur douche achevée, Sam et Jack s'habillèrent et prirent la direction du café le plus proche. Il ne fallait que dix minutes à pied pour y parvenir.
La salle était remplie sans être bondée.
Jack s'installa à une table tandis que Sam allait commander. Ils burent leur café et mangèrent de bon appétit l'assortiment de pâtisseries que Sam avait sélectionné tout en regardant les gens passer sur le trottoir à l'extérieur du café.
Ils restèrent plus longtemps que prévu puis décidèrent d'aller se promener un moment pour profiter du beau temps avant de trouver un resto sympa pour déjeuner.
Alors qu'ils étaient assis dans un parc, Sam surprit Jack qui contemplait depuis quelques minutes des enfants en train de jouer à la balançoire et au tobogan. Il avait un air mélancolique et semblait perdu dans ses souvenirs.
Sans doute revoyait-il Charlie se balancer de la sorte alors qu'il le poussait…
Les mots franchirent ses lèvres avant même qu'elle y pense :
– Est-ce que tu voudrais d'autres enfants un jour ?
Jack sursauta, arraché à sa rêverie et lui jeta un regard surpris, un peu méfiant, comme s'il cherchait le piège derrière la question.
Mais Sam le fixait simplement de ses grands yeux bleus, francs et honnêtes.
– Eh bien… J'ai un peu tout foiré la première fois tu sais… Alors…
Sam glissa sa main dans la sienne et entrelaça leurs doigts.
– Tu sais bien que c'est faux. Je suis certaine que tu étais un père génial. Il n'y a qu'à te voir avec Cassie. C'était un dramatique accident, Jack…
Il secoua la tête, comme s'il ne la croyait pas vraiment mais, il finit par ajouter :
– Je suppose que oui… J'aimais être père.
Sam réalisa qu'il répondait à sa première question plus qu'à son objection et son cœur accéléra agréablement dans sa poitrine.
– Et toi ?
Elle fut surprise de l'entendre lui poser la question en retour.
– J'ai toujours voulu devenir mère, je crois. J'aurais aimé pouvoir garder Cassandra alors, oui…
Jack hocha simplement la tête, les yeux toujours perdus sur les enfants dont les rires leur parvenaient.
Sam posa sa tête sur l'épaule de Jack, ses doigts toujours emmêlés à ceux de l'homme, l'esprit soudain rempli de possibilités.
oOo
Le lendemain
– Quand dois-tu aller voir Janet pour ton contrôle ?
Jack leva le nez du match de hockey qu'il suivait et posa son regard sur Sam, assise à ses côtés dans le canapé, en train de faire des mots croisés.
– Jeudi matin.
– Est-ce que ça te dérange si je t'accompagne ? Je dois voir le Général Hammond.
– Pas du tout. Au contraire. Cela m'évitera de demander à Daniel de venir me prendre.
Il la scruta un instant avant de murmurer, le match oublié :
– Alors ? Les vacances sont finies ?
Elle referma son magazine et Jack coupa le son de la télévision.
– Eh bien, oui, si on compte les trois semaines que m'a données le Général. Mais, il m'avait aussi proposé de travailler au laboratoire avec des horaires aménagés et du temps de télétravail. Je voudrais savoir si c'est toujours d'actualité…
– Tu n'es pas obligée de faire ça, Sam. Je vais beaucoup mieux. Je peux me débrouiller pendant que tu bosses.
– Il n'est pas question que je reprenne les rotations hors monde pour le moment, Jack. Je veux être là pour toi… enfin, sauf si tu en as vraiment marre de moi ?
Le ton ironique cachait une vraie fêlure dans la voix de Sam.
Jack soupira et attrapa sa main dans la sienne.
– Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée, Sam. Sans toi, sans ton obstination, j'aurais probablement avalé une balle depuis longtemps… J'étais assez proche de toucher le fond le soir où tu m'as trouvé évanoui par terre, avoua-t-il.
– Ouais… C'est ce que j'ai pensé à ce moment-là. C'est pour ça que je t'ai forcé la main en m'installant ici. Maintenant, si tu avais besoin d'un peu de temps pour toi, je comprendrais… Je peux rentrer chez moi durant la nuit…
Ce n'était pas ce qu'elle voulait, mais elle savait que cela devait venir de lui.
– Tu plaisantes ! La nuit, c'est le meilleur moment de ma journée ! taquina-t-il en amenant le dos de sa main contre ses lèvres avant d'y déposer un baiser. Mais, si c'est ce que toi tu veux, ça ne me dérange pas de rester seul.
Sam secoua la tête et se blottit contre lui.
– En fait non, j'adooore ta maison !
Jack rit doucement à la blague.
Elle avait toujours aimé sa maison il le savait. Il l'avait su lors de la première soirée d'équipe, après leur mésaventure chez les Shavadaï, lorsqu'il l'avait surprise en train d'explorer son univers avec des yeux brillants et fascinés. Elle semblait étonnamment à l'aise parmi ses meubles et ses souvenirs de famille. Comme si sa place avait toujours été là. Il se souvint s'être demandé pendant un bref instant ce que ça ferait de l'avoir ici de manière plus permanente.
Et voilà qu'il y était. Il savait. Et pour rien au monde, il ne laisserait filer cette chance.
– Je pense à demander ma mise à la retraite.
Les mots furent lâchés d'un ton soigneusement neutre mais Jack guetta, l'air de rien, la réaction de Sam. Il ne fut pas déçu. Elle sursauta et lui fit face, un regard incrédule et inquiet sur le visage.
Il caressa sa joue d'un geste doux pour l'apaiser.
– C'est dans l'ordre des choses, tu sais… Pour les vieux chevaux de guerre, il y a toujours un temps où il faut accepter d'aller au pâturage, plaisanta-t-il.
Elle soupira.
– Je n'irai plus jamais sur le terrain, Sam. Même si je remarche, je ne passerai pas les tests obligatoires.
Elle le savait mais, elle avait refusé d'y penser jusqu'ici. Comme si les ignorer pouvait éloigner les mauvaises choses…
– Tu pourrais toujours travailler pour le Programme… proposa-t-elle.
– Dans un bureau ?
Il grimaça mais, il sembla ensuite y réfléchir sérieusement avant de répondre :
– C'est vrai que ça pourrait être sympa de garder un lien avec le SGC… De cette façon, tu n'aurais pas besoin de me mentir chaque fois que je te demande ce que tu as fait de ta journée…
Il la testait, afin de voir si elle envisageait de poursuivre avec lui après avoir repris son service.
– Et tu aurais accès au mess et aux gâteaux à volonté, le taquina-t-elle.
– Oui, ça aussi.
Il l'embrassa et ajouta :
– Je verrai ce qu'Hammond en pense, d'accord ?
oOo
Jeudi, 09h30
Sam poussa le fauteuil de Jack pour l'aider à rentrer dans l'ascenseur. Jusqu'ici, elle l'avait laissé se débrouiller, lui laissant la dignité de passer seul les contrôles de sécurité. Elle appuya sur le bouton de l'étage de l'infirmerie.
– Tu n'es pas obligée de m'accompagner, tu sais, protesta-t-il faiblement.
– Je sais. Je vais voir Janet.
Ce n'était qu'un prétexte mais, il ne trouva rien à dire.
Pendant que Jack était conduit au scanner par une infirmière, Janet reçut Sam dans son bureau privé.
– Comment ça se passe ? demanda la Doc.
– Eh bien, je dirais qu'il va bien compte tenu des circonstances. Certains jours sont meilleurs que d'autres… Il a des douleurs parasites assez importantes. Elles le réveillent parfois la nuit.
– Je vais regarder ça. Tu arrives bientôt au bout de ton congé, je crois. Qu'est-ce que tu comptes faire après ?
– Je dois voir le Général pour faire le point.
– Tu as conscience que le Colonel O'Neill ne repassera jamais la Porte des Etoiles, n'est-ce pas ? lui dit doucement Janet.
– Oui. Nous en avons discuté ensemble.
Sam croisa le regard de Janet. La Doc l'étudiait soigneusement, se demandant jusqu'où elle pouvait poser des questions. Sam soupira et finit par déclarer :
– Nous sommes ensemble, Janet. Jack et moi, nous sommes en couple.
– Oh !
Janet semblait un peu surprise, plus par la facilité avec laquelle Sam venait de se confier que par le contenu de l'aveu.
– Et comment ça se passe ? Je veux dire, ce ne doit pas être évident de démarrer une relation dans ces circonstances…
Sam grimaça, consciente qu'elle devrait cacher une partie de la vérité à son amie pour éviter la cour martiale.
– En fait, nous progressons. Nous avons pu… enfin, tu vois…
– Oh !
Cette fois, Janet était clairement stupéfaite mais le médecin reprit rapidement le pas sur l'amie et elle ajouta :
– C'est une excellente nouvelle ! Cela signifie que la colonne vertébrale est moins touchée que ce que nous pensions au départ ! Et pour ses jambes ?
– Il essaie d'appuyer un peu dessus mais, elles ne le portent pas encore. Le kiné est très efficace. Il envisage de commencer des exercices aux barres la semaine prochaine pour renforcer la musculature.
– C'est une bonne idée mais, cela risque d'être pénible pour le Colonel.
– Pénible à quel point ?
– Douloureux et parfois, désespérant. Le connaissant, il va vouloir en faire plus qu'il n'est capable…
– Je fais confiance à Jim pour le ralentir. Et je le forcerais à se reposer s'il le faut.
– Il a de la chance de t'avoir, Sam, déclara Janet avec un doux sourire.
– Je ne sais pas s'il est d'accord avec toi tous les jours…
– Tu sais bien que oui. Cet homme t'adore.
Les yeux de Sam s'écarquillèrent de surprise mais Janet lui prit la main dans un geste rassurant :
– Sam… Il faudrait être aveugle pour ne pas voir ce qui vous liait tous les deux, bien avant tout ça.
Ouais… C'était probablement pour cette raison que Georges Hammond n'avait pas plus protesté devant ses demandes…
– Je dois y aller, je vais voir le Général.
– Entendu, je vais m'occuper du Colonel.
SJSJSJSJ
Deux semaines plus tard…
Sam et Jack s'étaient installés dans une routine familière.
Sam travaillait trois jours par semaine au laboratoire avec des horaires réguliers et pouvait disposer de deux jours en télétravail pour finaliser ses rapports d'observation.
Lorsqu'elle était que la base et que ses amis n'étaient pas en mission hors monde, Daniel et Teal'c passaient régulièrement la voir et elle pouvait déjeuner avec eux le midi.
Ils avaient convenu de faire une soirée d'équipe par mois, pour garder les bonnes habitudes, même si SG1 n'était plus vraiment SG1 sans Sam et Jack.
Reynolds avait pris le commandement de SG1 et un nouvel officier scientifique avait été provisoirement affecté à l'équipe pour permettre une reprise des explorations. D'après Daniel, ça se passait plutôt bien.
Hammond avait assuré à Sam que lorsqu'elle se sentirait prête, elle pourrait reprendre le commandement de l'équipe. Il lui avait affirmé que Jack avait insisté sur ce point. Elle était prête. Elle le méritait.
Sam ne protesta pas. Avoir cette perspective avait quelque chose de rassurant.
Le Président avait refusé la demande de mise à la retraite de Jack. Le Commandant en Chef estimait que les liens privilégiés qu'O'Neill entretenait avec les Asgards et d'autres peuples amis étaient irremplaçables. Le Président était cependant prêt à accorder à Jack un service sur-mesure et tous les passe-droits qu'il voulait, pourvu qu'il reste dans l'armée encore quelques temps.
Janet avait donc renouvelé son arrêt de travail pour six mois de plus, estimant qu'il était inutile de lui mettre la pression pour reprendre sans qu'il soit prêt.
Si Thor se manifestait d'ici-là, Jack avait assuré au Général qu'il se ferait un plaisir de répondre présent.
Mais, les petits êtres gris étaient étrangement absents ces derniers temps. Carter se languissait presque leur retour, espérant que leur technologue avancée pourrait aider Jack à se rétablir complètement.
oOo
Ce jour-là avait été une mauvaise journée.
Sam était assise à la table du salon, l'écran de son ordinateur ouvert devant elle depuis de trop longues heures. Elle sentait ses yeux piquer et ses paupières devenir lourdes de fatigue mais, elle s'entêtait à vouloir terminer ce rapport.
Il n'y avait aucun caractère d'urgence. L'artéfact devait partir le lundi suivant pour la zone 51 et le Général n'attendait pas son rapport définitif sur son bureau avant le lendemain soir. Mais, Sam s'obstinait.
Tout était bon pour éviter d'aller se coucher et d'affronter Jack.
Ils avaient eu une violence dispute plus tôt dans la journée. La pire de toute leur brève histoire. Et elle n'était pas prête à en parler.
Jim, le kiné, avait commencé à recevoir Jack à son cabinet un jour sur deux pour démarrer des exercices aux barres. Il avait recommandé à Jack de faire un peu de musculation pour entretenir ses bras et son dos entre deux séances. Jack avait donc commandé un banc de musculation en ligne et l'appareil avait été livré trois jours plus tôt. Ils l'avaient installé dans la chambre d'amis, devenue par la force des choses, une salle de rééducation.
Jim avait été très clair : pas plus d'une heure d'exercices par jour et jamais sans surveillance. Il était trop dangereux de manipuler les poids tout seul.
Sam avait levé le nez de son écran vers 15 h 00 et avait décidé qu'elle avait mérité une pause. Elle avait préparé du thé glacé et était partie à la recherche de Jack.
Mais, il n'était ni sur la terrasse, ni à l'ombre des arbres, dans le jardin. Elle avait tenté leur chambre et vérifié le salon, en vain. Finalement, soudain gagnée par l'inquiétude, elle avait ouvert la porte de la chambre d'amis et l'avait trouvé, allongé sur le banc de musculation, en train de soulever de la fonte. À voir les chiffres indiqués sur les cercles métalliques, il soulevait bien plus que ce que son kiné avait autorisé.
Jack portait un short et un débardeur trempé de sueur. Ses cheveux étaient collés à ses tempes et son visage était dégoulinant. Visiblement, cela faisait un bon moment qu'il était là.
– Jack ! Pour l'amour du Ciel ! Est-ce que tu veux te tuer ?
Les mots avaient jailli avant qu'elle puisse seulement y penser, sa colère éclatant subitement, comme un orage survient en plein été après une belle après-midi.
Jack avait cillé en réalisant qu'elle l'avait découvert et, sous le coup de la surprise, ses bras avaient cédé sous le poids. Sam avait fait trois pas en avant en courant presque et s'était précipitée pour saisir la tige entre ses mains, peinant à remettre la barre sur son support.
Jack avait laissé échapper un soupir.
– Je vais bien… avait-il commencé à lui dire.
Mais il avait été sèchement interrompu par un juron bien senti. Jack trouvait toujours cela étrange dans la bouche de Sam. Il était tellement habitué au petit soldat obéissant que lorsqu'elle explosait comme à cet instant, cela le désarçonnait toujours un peu.
Il avait croisé brièvement le regard de la jeune femme. Elle était furieuse.
– Sainte Hannah ! Carter ! Je suis majeur ! Je fais ce que je veux ! s'agaça-t-il, à son tour en colère.
Sam avait serré les lèvres, se retenant manifestement de répliquer de manière sanglante. Puis, elle avait tourné les talons et claqué la porte, le laissant planté là, à bout de souffle, allongé sur le banc.
Ouais… Ce n'était pas la meilleure idée qu'il avait eue…
Descendre du fauteuil roulant était devenu un sport assez aisé désormais mais, y remonter restait une épreuve. Et manifestement, il ne devrait compter que sur lui-même sur ce coup-là… En même temps, il faisait bien ce qu'il voulait, bon sang ! Il n'avait plus l'âge de demander constamment la permission ! Pour qui se prenait-elle ?
Après un quart d'heure d'efforts, Jack était remonté dans son fauteuil et avait regagné la chambre pour prendre une douche et se reposer.
Il avait ruminé longtemps, sans parvenir à s'endormir. Lorsque vers 19h00, Sam ne l'avait pas appelé pour le repas, il avait grogné, avait hésité à sortir de sa tanière pour aller à la cuisine se chercher quelque chose à manger mais, il y avait finalement renoncé, par fierté. Il ne voulait pas la voir ni lui parler tant qu'elle ne se serait pas excusée.
De son côté, Sam avait grignoté deux crackers et but un verre de vin avant de retourner à son travail en voyant que Jack ne daignait pas se montrer.
Sa colère n'était pas retombée. Elle était furieuse contre lui.
Il n'en faisait qu'à sa tête. Il forçait trop et compromettait sa rééducation. En fait, elle réalisa qu'elle était morte de peur.
Et s'il s'était blessé plus gravement ? Et si la barre lui avait échappé et qu'elle l'avait retrouvé la poitrine écrasée ? Y pensait-il seulement ? Bien sûr sur non, voyons !
Un instant, Sam se demanda à quel moment Jack avait pris une telle place dans son cœur. Au point que ces agissements et cette stupide dispute lui donnent l'impression d'avoir la poitrine prise dans un étau et de pouvoir à peine respirer.
oOo
L'écran se brouilla devant ses yeux et Sam dut s'avouer vaincue. Jetant un coup d'œil à la pendule, elle vit qu'il était deux heures du matin.
Sam referma le couvercle de son ordinateur et regarda vers le couloir. Tout était sombre et silencieux. La porte de la chambre était fermée. Pas un trait de lumière ne filtrait. Apparemment, Jack devait dormir.
Avec un soupir las et blessé, Sam se dirigea d'un pas lent vers le canapé où elle s'allongea en chien de fusil. Elle tira l'afghan et s'y enroula. Le tissu sentait l'odeur de Jack. Il aimait s'y enrouler pour regarder la télévision. Sam étouffa le sanglot qui montait et ferma les yeux, espérant trouver un peu de repos.
oOo
Quelque chose lui saisit le pied avec douceur, arrachant Sam à la brume comateuse dans laquelle elle se débattait depuis qu'elle s'était couchée. Surprise, elle tourna la tête pour essayer de voir dans la pénombre ce qui se cachait au pied du sofa.
Elle aperçut le scintillement du métal du fauteuil de Jack. Elle ne l'avait pas entendu venir jusqu'à elle. Un instant, l'inquiétude effaça la rancœur et elle murmura :
– Est-ce que ça va ?
Jack serra un peu plus son pied à travers le plaid.
L'espace entre le canapé et la table était trop étroit pour qu'il puisse se faufiler sans risquer de tout renverser.
– Sam… appela-t-il doucement.
Elle attendit sans bouger qu'il lui dise ce qui n'allait pas pour qu'elle analyse si elle devait vraiment se lever ou si elle pouvait continuer à lui en vouloir en silence.
– Écoute… Sam… Je suis un imbécile de première… Tu le sais, n'est-ce pas ?
Sam renifla.
Elle devina l'ombre d'un sourire étirer les lèvres de l'homme qui s'efforçait avec ses mots de faire amende honorable.
– Pardonne-moi d'être un tel crétin… Je vais faire des efforts…. Je te le promets… Viens te coucher… S'il te plaît…
Sam avait envie de céder mais elle décida qu'il méritait de mijoter encore un peu. Elle avait eu trop peur.
La main qui serrait son pied remonta un peu et caressa sa cheville et Jack finit par murmurer :
– Je ne peux pas dormir sans toi, Sam… Reviens…
Le cœur traître de Sam fit un salto dans sa poitrine.
Son soupir signala à Jack qu'elle jetait l'éponge.
Écartant l'afghan, Sam se leva lentement et prit la main de Jack pour le suivre jusqu'à la chambre. Elle était à peu près certaine qu'il jubilait comme un enfant mais il eut la sagesse de ne rien laisser paraître.
Elle l'aida à se recoucher, se déshabilla et se glissa dans le lit. Son côté était froid, comme s'il n'avait pas osé franchir la frontière invisible. Pourtant, à peine était-elle allongée que Jack roula dans sa direction et l'attira dans ses bras. Ses lèvres trouvèrent les siennes dans le noir pour un baiser chaste. Un baiser de pardon.
Puis, Jack nicha sa tête dans le cou de Sam, l'enlaça tendrement et s'endormit en quelques minutes.
Sam caressa tendrement ses cheveux et finit par céder elle aussi à la fatigue.
A suivre…
