musique: Forest - Twenty-one pilots
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Chapitre 2
Cri-Cri
Au début j'étais confiant, marchant en notant des informations sur certaines plantes qui jonchaient le chemin. Mais alors que je prenais une intersection, mon cœur fit un bond dans ma poitrine : de nouveau cette sensation d'oppression qui me prit les tripes. Le regard balayant les bosquets j'avançais, me demandant si je ne ferais pas mieux de faire demi-tour… L'endroit semblait comme imprégné d'une forte énergie négative, qui emplissait l'air de plus en plus pesant.
Finissant par continuer ma marche, la route me mena dans une clairière surmontée d'un pin, je décidais d'y faire une halte, la peur m'ayant creusé l'appétit. J'allai m'asseoir au pied, l'arbre éclairant mon sac, sortant les biscuits au fromage que j'aime tant. Mais à peine je croquai dedans, qu'un bruit sourd me fit sursauter répandant la barquette sur le sol. Dans la panique, je saisis ma lampe torche éclairant devant moi avant de pousser le cri le plus viril que j'aie jamais entendu… Bien sûr que non ! J'ai hurlé comme une fillette en voyant une forme triangulaire me fixer la main tendue… Très vite je distinguai que ce n'était qu'une statue de Bill… ATTENDS, QUOI ? Mais qui serait assez cinglé pour sculpter une statue à l'image de ce monstre ?
Je m'assis à côté, la dévisageant sous tous ses angles. Non seulement elle était ultra réaliste, mais en plus très détaillée, ça faisait froid dans le dos… Intrigué, je posai la main dessus sentant comme un léger coup d'électricité qui me fit reculer immédiatement.
- Aou….
Je finis par la prendre en photo avant de me relever, il était peut-être temps de rentrer. Reprenant mes affaires, je commençai à refaire le chemin à l'envers, mais même après avoir passé l'intersection je continuais à me sentir oppressé, épié et suivi. Cela ne me rassurait nullement…
Une fois de retour au Mystery Shack, je décidai d'aller dormir une bonne fois pour toutes. Mais là encore, même blotti dans mes draps, j'avais ce sentiment d'une présence derrière moi. Relevant le regard, je suspectai tout de suite Mabel ! Fixant l'armoire, je tentai de me rassurer, avant de reprendre :
- Mabel ! Sors de là, je sais que tu es dedans !
Mais aucune réaction… Je levai les yeux au ciel en soupirant d'agacement, je voyais bien qu'elle me regardait.
- Ce n'est pas drôle, sors de là !
Je sortis de mon lit, prêt à aller dénicher ma sœur, voyant très clairement un œil qui me fixait. De plus, je l'entendais rire, m'impatientant, j'ouvris le placard d'un coup avant de voir Mabel sortir de sous mon lit me regardant amusée :
- Perdu frangin !
Je me tournai tour à tour vers l'armoire et ma sœur, un frisson me parcourant l'échine… Me baissant pour fouiller mes affaires, un peu surpris devant le regard perplexe de ma jumelle.
- Quoi Dipper ?
Je me stoppai dévisageant Mabel avant de faire disparaître mon expression d'angoisse assez visible.
- Je… Non rien, j'ai cru que tu étais dans l'armoire…
Ma sœur ria encore de sa blague :
- Quand j'ai vu que tu étais sorti je me suis glissée en douce sous ton lit, l'armoire c'était trop grillé !
Cette idée me fit lâcher un sourire peu rassuré, refermant les portes :
- Oui… Tu as raison…
Ma jumelle n'était pas dupe mais elle laissa passer en me tapant dans le dos :
- Allez je vais me coucher, dors bien frangin !
Je lui souris, la regardant fermer la porte avant de remonter sur mon lit à toute vitesse m'armant de ma lampe torche. Si seulement j'avais les livres d'oncle Ford…
- Qui est là !
Demandais-je le ton apeuré… Je le savais, je n'étais pas seul… Un gnome ? Ou peut-être un fantôme… Et si Mabel s'était photocopiée pour se moquer de moi ? Ou alors si c'était une créature inconnue ? Ou pire ?
Je tressaillis sur place, aucune réponse… Finissant par m'enfoncer dans mes couettes avec ma lampe torche j'illuminais chaque recoin de la chambre.
Après avoir veillé un long moment, la fatigue l'emporta sur moi. M'assoupissant peut-être une ou deux heures avant d'être réveillé par la couverture qui s'envola toute seule, j'eus juste le temps de la voir atterrir avant d'entendre un léger rire fantômatique !
- Ok là c'est sûr ! Il y a un fantôme !
Assis dans mon lit le reste de la nuit, je distinguais les meubles dans le faisceau de ma lampe, mais il n'y eut rien de plus.
Le lendemain, Mabel arriva dans ma chambre pour me réveiller. Quand elle me vit somnolent avec des cernes énormes sous les yeux, elle me demanda décontenancée:
- Ç…ça va Dipper ?
Je tourna la tête vers elle éteignant ma lampe :
- Je n'ai pas réussi à dormir.
Est-ce que je devais lui dire ? Après tout s'il y a bien une personne qui peut me comprendre c'est Mabel … reprenant mon courage je me lançai :
- Je n'étais pas seul hier soir, j'ai vu un œil dans l'armoire je pensais que tu me faisais une blague, mais quand je t'ai vue sortir de sous mon lit j'ai pris peur. Je suis donc resté éveillé, et quand enfin j'ai réussi à fermer les yeux, ma couverture a appris à voler…
Surprise, ma sœur me dévisagea l'air de réfléchir :
- Des fantômes ?
Je hocha la tête
- C'est ce que je pense, mais sans les journaux difficile d'être fixé !
Ma sœur baissa la tête avant de se lever les bras dans le dos :
- Quelque chose me dit que tu as besoin de… Bonbooooons !
Elle sortit ses mains de ses poches avant qu'une pluie de bonbons me tombe dessus, je souris un peu gêné… même si elle faisait ça pour me remonter le moral, ça n'allait pas m'aider… Je me laissais quand même tenter par quelques sucreries pour faire plaisir à ma jumelle. Mais je sentais encore cette oppression au-dessus de moi…
Au bout d'un long moment, je me décidai à sortir de mon lit, suivant Mabel qui passa l'entrée. Cependant, à peine j'allais passer que soudainement la porte se referma sur moi me faisant tomber au sol, mon nez versant quelques gouttes de sang. Immédiatement ma jumelle m'ouvrit avant que je ne déverse ma rage sur elle :
- Mabel ! Mais tu es complètement folle ! Tu m'as explosé le nez !
Pourtant au visage de ma sœur je compris bien vite qu'elle n'y était pour rien, je me relevai avant de descendre dans la salle de bain pour stopper les saignements.
Ma sœur me désigna inquiète :
- Tu crois que c'est ton fantôme ?
Je haussai les épaules tout en continuant de boucher ma narine. Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça dès le premier jour des vacances ? Je baissai la tête légèrement avant que Mabel lâche un rire incontrôlé ce qui me fit regarder cette dernière, surpris :
- Il y a quoi de drôle ?
Elle se stoppa tentant de se contenir avant de reprendre :
- C'est juste que tu as un post-it dans le dos.
Je passa ma main saisissant le mot.
Dessus il y avait une caricature de moi mal faite… Je froissai le papier avant de le jeter rageusement dans la poubelle. A quoi il joue ce stupide fantôme !?
Mabel reprit son calme avant de s'asseoir sur la baignoire :
- Qu'est-ce que tu es allé faire hier soir ?
Je réfléchissais :
- J'ai marché, prit des notes et…
Je relevai la tête, fixant le miroir, mon regard devint livide, mon corps n'osait plus bouger. Mabel accompagna mes yeux ne semblant pas voir cette vision d'horreur… Pourtant il était là… au-dessus de mon épaule ricanant… Je le désignai à ma sœur en chuchotant :
- Tu le vois ?
Ma jumelle secoua la tête :
- Le fantôme ?
Je me retourna doucement afin de le surprendre mais il avait disparu. Mabel restait interloquée :
- Dipper ? C'est le fantôme ?
Je secouai la tête complètement perdu.
- Frangin ?
Je finis par la regarder gravement :
- Je viens de voir Bill Cipher…
Ma sœur sursauta violemment à ce nom avant d'éclater de rire :
- Je crois que la fatigue te monte à la tête. Tu ferais bien d'aller dormir.
Je détournai le regard ne pouvant plus le détacher du miroir, pourtant j'en étais sûr, ce n'était pas mon imagination il ricanait au-dessus de mon épaule, il n'y a même pas 2 minutes.
Sous le choc je décidai d'aller me coucher, c'est vrai que je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit… Quittant la salle de bain tout en ayant encore la sensation qu'on me fixait, je me retournai plusieurs fois mais derrière moi tout restait vide, ça me montait à la tête. J'allais arriver aux escaliers quand mes pieds se dérobèrent du sol, je faillis heurter la marche. Entendant le même ricanement qu'avec ma couette, je pris mon courage à deux mains, me relevant comme si de rien n'était. Si c'était vraiment Bill qui me faisait subir tout ça : l'ignorer restait le meilleur moyen pour le moment… Je n'ai pas envie d'accorder de l'attention à ce démon ça lui ferait beaucoup trop plaisir.
Je finis par monter en quatrième vitesse, me couchant sur mon lit, fermant les yeux.
