Après s'être retrouvée toute seule et à moitié nue au milieu du bureau du maire, Emma s'était rhabillée et était partie à la recherche d'Ariel qui devait être déboussolée après ce qui lui était arrivé. La blonde était montée dans sa voiture en direction du port, car c'était là où vivait la sirène. Frappant contre la porte de son appartement, elle attendait que quelqu'un lui ouvre.
« Allez-vous-en ! » entendît-elle à travers la porte, la voix était faible et sanglotante ce qui fendit le cœur du shérif.
« Ariel c'est Emma. »
Mais elle n'eu pas de réponse. Elle allait amorcer une nouvelle phrase, mais la porte s'ouvrît sur la rousse, les yeux rouge et gonflé, signe qu'elle n'avait pas cessé de pleurer depuis son départ de la mairie. Elle s'était enveloppée dans un plaid, le portant comme si c'était une armure que personne ne pourrait briser.
« Puis-je entrer ? » demanda doucement Emma pour ne pas la brusquer. La jeune femme ne répondit toujours pas, mais s'écarta pour la laisser entrer dans son appartement.
« Je suis venue te voir pour savoir si tu avais besoin de soins médicaux. »
La jeune femme secoua négativement la tête en se mouchant pour essayer d'avoir meilleure allure, mais son visage était rougi par les larmes et déformé par le traumatisme.
« Tu es sure ? Elle ne t'a pas blessé ? »
« Non elle… elle a… je n'ai pas résisté alors elle n'a pas été violente. »
« Est-ce que tu veux porter plainte ? »
« Non je… je ne préfère pas. » Baissa-t-elle la tête, honteuse de sa réponse.
« Tu ne dois pas avoir peur des représailles, je serai là pour te protéger. »
« Je n'ai pas peur des représailles, c'est juste que, je connais Regina depuis des années. Depuis que Henry et vous êtes entrés dans sa vie, elle est douce et aimable et la femme de tout à l'heure ce n'était pas elle. »
« Il est vrai que son comportement a changé, j'ai l'impression qu'elle redevient la méchante qu'elle était auparavant, mais ça n'excuse en rien le fait qu'elle t'est agressée. »
« Je ne veux pas porter tort à une femme qui en a bavé et qui se bat chaque jour pour être meilleure. »
« Tu ne veux donc pas qu'elle soit punie pour ce qu'elle t'a fait ? » demanda Emma étonnée.
« Tu sais, une fois qu'elle sera de nouveau dans son état normal, elle se punira toute seule d'avoir fait ça. »
« En tout cas si tu as besoin de quoi que ce soit ou que tu changes d'avis, tu peux me téléphoner. »
Le shérif sortit une carte de visite de la poche intérieure de sa veste et laissa la rousse tranquille.
« Emma. » Interpella Ariel alors que la concernée était sur le point de refermer la porte de l'appartement. « Merci. »
La blonde lui fit un sourire, comprenant que ces remerciements étaient autant pour l'avoir tiré des griffes de l'Evil Queen que pour être venu voir si elle avait besoin de quelque chose.
« Je ne fais que mon devoir, servir et protéger. »
Puis elle s'en alla pour de bon. Regagnant sa petite voiture jaune, elle se dit qu'il fallait énormément de courage pour pardonner un tel acte.
…
La nuit était tombée quand elle rentra finalement chez elle. Le reste de sa journée, elle l'avait passé à essayer de localiser Regina, mais celle-ci ne voulait pas qu'on la retrouve donc Emma s'était penchée sur une solution pour la sauver. Après tout à quoi cela servait de l'avoir sous la main s'ils n'avaient pas trouvé de remède à son mal. Le problème c'était qu'elle ne trouvait absolument rien. Elle avait suffisamment de fois regardé Harry Potter pour savoir qu'elle devait trouver quelque chose d'assez puissant pour détruire le collier de Regina. Mais quoi ? Elle n'avait ni basilic ni épée magique sous la main et elle ne savait pas comment invoquer un feudeymon. Les seules personnes qui pouvaient répondre à ses questions étaient contre elle. Elle était dans une impasse. Mais elle devait faire son maximum pour sauver Regina, Henry serait anéanti s'il devait être amené à perdre sa mère et même si elle ne voulait pas se l'avouer, la blonde serait elle aussi attristée. Elle plongea alors dans ses livres, les relues pages après pages pour essayer de voir si elle n'était pas passée à côté de quelque chose d'important.
C'est à une heure avancée de la nuit que Snow se leva pour boire un verre d'eau. Elle trouva sa fille dans la cuisine, seulement éclairée par la petite lampe au-dessus de l'évier. La blonde s'était endormie sur la table à manger, avachie sur les livres. Elle avait lutté contre la fatigue durant des heures, avant de sombrer dans les bras de Morphée.
Snow s'inquiétait pour sa fille, à force de s'acharner sur ses recherches pour sauver la Reine, elle allait y laisser sa santé. Elle s'approcha lentement d'elle et d'un geste maternel, elle réveilla Emma en l'appelant doucement. Sa main caressait le dos de l'autre femme et progressivement, celle-ci sorti de son sommeil. Elle se redressa et Snow prit un air attendri en voyant une feuille de papier collé sur son visage.
« Tu devrais aller dans ton lit, tu y seras mieux que sur la table de la cuisine. » Fit la petite brune d'une voix douce.
Il fallut un moment avant que Emma réalise où elle se trouvait et pour se remémorer ce qu'elle faisait avant de s'endormir. Elle se frotta les yeux et observa les livres autour d'elle puis elle regarda sa mère en hochant positivement la tête. Elle se leva de sa chaise et commença à rassembler tout le désordre qu'elle avait installé sur la table.
« Laisse, on s'en occupera demain. Va te coucher. »
La blonde ne lutta pas, marchant jusqu'à sa chambre encore à moitié endormie. Le lendemain elle ne se souviendrait même pas avoir fait ce trajet.
…
Cela faisait quelques jours maintenant que Cora avait refait surface, Regina l'avait installé dans le caveau familial. Voulant rester discrètes, les deux femmes en avaient conclu que c'était le mieux à faire. La vieille femme ne pouvait pas s'installer chez la brune, car Robin y vivait avec son fils et il était hors de question qu'elle aille à l'auberge de Granny.
C'était un endroit familier pour Cora, le seul endroit de cette ville où elle se sentait comme chez elle. Elle y avait certaines de ses affaires, quelques potions et surtout la tombe de son défunt mari. Elle l'avait aimé quand elle était jeune. Mais l'amour est une faiblesse, alors elle s'était arraché le cœur pour ne plus ressentir ce sentiment qui lui barrait le chemin jusqu'au pouvoir.
Repensant à son Henry, la vieille femme sortit de sa tanière pour lui rendre une petite visite, elle ne voulait pas se l'avouer, mais l'homme lui manquait.
« Notre chère fille m'a ramené d'entre les morts mon bien-aimé. Elle est si forte, je le sens, son pouvoir est grand. Je suis si fière d'elle, mais elle a dû faire tant de sacrifice pour en arriver là. » Une larme roula sur sa joue. « Tuer son propre père, ça ne doit pas être évident à vivre.»
En caressant le marbre blanc de la stèle du bout des doigts, elle eut du chagrin et des remords. Ses choix avaient entraîné la mort de l'homme qu'elle avait aimé. Elle fut submergée par tout l'amour et la peine qu'elle avait évincée de son être, car en revenant dans ce monde, son cœur avait retrouvé sa place, elle le sentait battre dans sa poitrine.
« Je t'aime Henry… » murmura-t-elle.
Les larmes pleins les yeux, elle plongea sa main dans sa cage thoracique et réitéra le geste qu'elle avait eu des années auparavant et s'arracha le cœur une seconde fois.
« Mais l'amour est une faiblesse. Et je me dois de n'en avoir aucune. » Dit-elle en regardant son cœur battant entre ses doigts.
D'un mouvement du poignet, elle fit apparaitre un petit coffre en bois qu'elle ouvrit pour y placer l'organe palpitant, le velours rouge qui capitonnait l'intérieur allait le protéger. Une fois la boîte refermée, la douleur s'évapora instantanément, elle essuya ses larmes et retourna se terrer au font du caveau.
…
Plus tard dans la même journée, Henry rentra chez lui pour y retrouver sa mère adoptive.
« Bonjour maman. » Fit-il en entrant dans la cuisine pour la rejoindre.
« Bonjour, mon chéri, tu as passé une bonne journée ? »
« Oui ça va et toi ? »
« Très bonne oui. »
La brune ne dit rien de plus, mais elle était contente que son fils soit chez elle. Cela faisait une petite semaine que le jeune garçon allez directement chez sa mère blonde quand il sortait de l'école et elle avait eu peu d'occasions de le voir.
« Ta semaine s'est bien passée aussi ? » demanda-t-elle innocemment.
« Oui oui, comme d'habitude et la tienne ? »
« Quelques petits imprévus, mais dans l'ensemble ce fût une bonne semaine. »
Henry aperçut quelque chose de mauvais sur le visage de sa mère. Un sourire en coin et des yeux sombres, elle devait avoir fait quelque chose de mal et en était fière.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » décida-t-il de creuser.
« Rien de bien intéressant, tu sais le travail, les papiers. » Répondit-elle calmement.
« Et c'était quoi les imprévus ? » insista le jeune homme.
La brune posa violemment le couteau qu'elle était en train d'utiliser pour couper ses légumes sur le plan de travail, gardant la paume de sa main sur celui-ci. Les questions de son fils commençaient à doucement l'agacer.
« Henry, si tu allais faire tes devoirs avant le dîner. » Dit-elle en essayant de rester calme.
« Je n'en ai pas beaucoup à faire, je les ferai après. Je préfère rester avec toi et discuter de ce que tu as fait pendant ta semaine. »
« Il n'y a rien à savoir, maintenant tu montes dans ta chambre et tu y restes jusqu'à ce que ce soit l'heure de manger. »
« Tu me punis parce que je m'intéresse à toi ? C'est n'importe quoi. Et puis si ce que tu as fait était si peu intéressant pourquoi tu réagis comme ça ? Pourquoi tu- »
Le jeune brun fut coupé par la claque qu'il reçut en plein sur la joue gauche. Sa peau le brûlait tellement le coup avait été violent. Se tenant la joue, il était sous le choc, jamais sa mère n'avait levé la main sur lui.
« De quel droit oses-tu me parler de la sorte ! Je suis ta mère et tu me dois respect et obéissance. Je t'ai dit d'aller dans ta chambre ! » le ton était monté et Regina commencée à perdre patience.
« Non ! » répondit Henry fermement. « Si tu crois que je vais rester une minute de plus ici après ça tu te trompes. »
Récupérant ses affaires, il partit en direction de la porte d'entrée. Mais il fut vite rattrapé par l'Evil Queen qui lui attrapa le bras pour ne pas qu'il aille plus loin.
« Je t'interdis de sortir de cette maison ! »
Henry se dégagea de l'emprise de sa mère et continua son chemin jusqu'à la porte.
« Alors, empêche-moi de partir. » Défia-t-il en ouvrant la porte pour sortir.
Mais celle-ci se referma violemment avant qu'il ait pu mettre un pied sur le perron. Et se retrouva plaquer contre le mur à peine quelques secondes plus tard. Ses pieds ne touchaient plus le sol et il sentit quelque chose lui serrer la gorge. La peur prit possession de lui quand il vit sa mère s'approcher, le regard noir de colère.
« Repose-moi. » Implora-t-il. Mais en vain, la pression autour de son cou s'accentua.
« Depuis quand es-tu désobéissant Henry ? Tu passes trop de temps avec Emma et tu prends de sales habitudes. »
« Elle au moins n'utilise pas la magie pour me faire du mal. »
À ces mots, Regina se rendit compte de ce qu'elle était en train de faire, toute la colère qui était en elle disparue pour faire place à la honte et aux remords. Elle brisa finalement la magie qui retenait son fils à quelques centimètres du sol. Il s'écroula sur le carrelage, de tenant la gorge tant il avait mal.
« Henry… » se précipita-t-elle pour l'aider à se relever. « Je suis désolée, je ne sais pas ce qu'il m'a pris. »
« Ne me touche pas ! »
Il se releva doucement et sortit du manoir en claquant la porte, des larmes de colère et de déception coulant sur ses joues.
Cette fois-ci, Regina ne le rattrapa pas. Elle était allée beaucoup trop loin et s'en voulait d'avoir été violente envers son petit garçon. Son cœur se serra et une vive douleur lui comprima la poitrine, celle de l'abandon. Elle tomba à genoux dans l'entrée de sa grande maison en poussant un hurlement de désespoir. Les bibelots qui se trouvaient à proximité éclatèrent en mille morceaux ainsi que la plaque en verre du guéridon de la pièce. Quelques éclats arrivèrent jusqu'à elle et la peau de ses mains et de son visage fut entaillée par endroit. Elle resta là de longues minutes, laissant couler ses larmes sans se soucier de la brûlure qu'elle ressentait quand certaines atteignaient ses coupures. Cette douleur n'était que superficielle et ne lui faisait pas vraiment mal. Par contre celle au fond de son cœur la faisait souffrir plus que de raison.
Ce n'est que plus tard que la porte claqua de nouveau. Une tornade blonde venait de faire irruption dans la maison. Elle avança d'un pas décidé à la recherche de la brune, mais quand elle sentit quelque chose craquer sous ses talons elle se stoppa. Des morceaux de verre et de céramique jonchaient le sol. Sa colère se fit plus intense, Henry lui avait seulement dit que Regina avait usé de la magie pour l'empêcher de partir et en voyant se champ de bataille, elle s'imagina le pire.
« Je suis dans le salon. » Entendit-elle au loin.
Ni une ni deux, Emma couru en direction de ladite pièce et y trouva la Reine assise sur le sol, le dos contre le canapé. Elle tenait dans une de ses mains un verre de whisky qu'elle sirotait sans porter la moindre attention à l'intrus qui venait de faire irruption dans la pièce. Son regard fixait les flammes dans l'âtre de la cheminée, flammes qu'elle avait allumées elle-même d'un coup de poignet.
Malgré la faible luminosité de la pièce, la blonde vit clairement les traces de larmes sur le visage de Regina. Ce tableau lui fit presque oublier la raison de sa venue.
« Comment va Henry ? » finit par demander Regina après de longues secondes de silence sans pour autant quitter du regard le feu qui dansait.
« Lève-toi ! » ordonna Emma dont la colère refaisait brusquement surface.
La brune obtempéra, elle se savait coupable et n'opposerait pas de résistance à la rage de son amante.
« Qu'est-ce qu'il t'a pris de t'en prendre à lui ? »
Mais la brune ne répondit pas, elles-mêmes ne connaissent pas la réponse.
« Réponds-moi ! » hurla Emma qui commençait à s'impatienter.
« Je ne sais pas… » souffla la Reine, la voix tremblante et la tête baissée. « Je m'en veux Emma si tu savais… »
« Tu as vu l'état de ta maison ? J'ai dû marcher sur des bris de verre pour arriver jusqu'à toi, Henry a de la chance de s'en être sorti qu'avec quelques bleus. »
Regina releva enfin la tête vers l'autre femme, exposant ses coupures à sa vision. Emma pensait donc que le verre avait éclaté alors que Henry était toujours là.
« Ceci s'est produit après qu'il soit parti. »
« Et tu penses que je vais te croire ? Mon fils rentre à la maison en pleur en me disant que tu l'avais agressé et je trouve ta maison comme ça, là tu vois j'ai des doutes quant à la chronologie des faits. »
« Alors pourquoi n'a-t-il aucune blessure et moi des dizaines ? »
Le shérif du l'admettre que cet argument tenait la route. Sa colère faiblissante peu à peu, elle s'approcha de son amante et l'insista à s'assoir avec elle sur le sofa. Elle prit ses mains dans les siennes et c'est à ce moment-là qu'elle remarqua le sang qui coulait de son poing gauche. Elle tenta de l'ouvrir, mais sans succès, la brune serrait bien trop fort.
« Regina s'il te plaît montre-moi ta main. »
Cette dernière ne lutta pas plus longtemps et ouvrit ses doigts pour dévoiler un tesson de verre planté dans sa paume. Elle avait eu le besoin de ressentir une autre douleur que celle qui brûlait son cœur.
« La douleur n'est pas assez forte. »
« Ne bouge pas je vais chercher ce qu'il faut pour te soigner. »
Elle se précipita dans les escaliers, montant les marches deux à deux pour arriver le plus vite possible à la salle de bain. Elle fouilla dans les placards à la recherche d'un kit de secours ou d'une trousse à pharmacie et trouva finalement son bonheur dans le tiroir sous le lavabo. Elle redescendit à la même vitesse qu'elle était montée et retrouva la Reine dans la même position qu'elle l'avait laissé.
« Donne-moi ta main. » Fit doucement Emma alors qu'elle reprenait place aux côtés de la brune.
Se laissant faire, Regina fit une grimace quand son infirmière improvisée retira le morceau de verre de sa peau. Emma s'appliquait à désinfecter la plaie, mais le sang continuait de coulait.
« La plaie est profonde, il va te falloir des points. »
Fouillant dans la trousse de secours, elle en sortit une petite éponge et un bandage. Elle pressa l'éponge sur la blessure pour arrêter le saignement et enroula le bandage autour de sa main.
« Ça devrait arrêter de saigner avec ça, mais promet moi que tu iras voir Whale pour te faire recoudre. »
« La magie me guérira, elle soigne toujours les blessures visibles. »
Ses larmes recommencèrent à couler ce qui fendit le cœur de la blonde. Mais elle ne dit rien, à la place, elle se colla à son amie et la prit dans ses bras.
« S'il te plaît Regina ne pleure pas. » Sa voix était douce et se voulait rassurante, mais cela n'empêcha pas la brune de se dégager de cette étreinte. « Tu as fait une erreur et à voir dans quel état tu es, je sais que ça ne se reproduira plus. »
« Et si jamais je recommence parce que je n'arrive pas à contrôler ma colère et que cette fois ce soit plus grave ? »
« Je vais t'aider à ce que ça ne se reproduise plus. À gérer ta colère. Tu as besoin d'aide Regina et je suis là pour te la fournir. »
« Arrête ! C'est ta colère que je mérite, pas ta compassion et encore moins ton aide. »
Emma attrapa le menton de la Reine et tourna son visage vers le sien.
« Je ne te laisserai pas tomber, tu m'entends ! Il est hors de question que je t'abandonne. »
« D'accord… »
Le pouce du shérif alla essuyer les larmes de la Reine, puis ses doigts replacèrent une mèche de cheveux derrière son oreille. Les deux femmes se regardaient fixement, Emma ne résista pas a poser chastement ses lèvres sur celles qu'elle désirait tant. Le baiser ne dura pas, mais le temps semblait s'être arrêté. Leurs lèvres se séparèrent, mais elles collèrent leurs fronts l'un contre l'autre et restèrent ainsi.
« Ça fait des semaines que je cherche l'origine de ton comportement. Et je suis sure que ton collier d'améthyste en ai la cause. »
« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? »
« J'ai fouillé dans tous les livres que j'ai pu trouver et j'ai découvert une très ancienne et sombre magie qui consiste à séparer son âme pour continuer de vivre. J'ai l'intime conviction quand tuant Daniel, ta mère a enfermé une partie de son âme dans ce collier. Il faut le détruire, mais le problème c'est que je ne sais pas encore comment. »
Regina resta silencieuse, et se leva pour s'approcher de la cheminée. Elle avait récupéré son verre sur la table et continuait de boire le liquide alcoolisé qui s'y trouvait. Une fois de plus la colère monta en elle et elle balança son verre dans le feu. Il se brisa instantanément en avivant les flammes.
« Regina calme toi s'il te plaît. » Fit doucement Emma en se plaçant dans son dos et en l'entourant de ses bras pour la calmer.
« Tu n'as plus rien à craindre de ce collier. »
« Comment ça ? »
« L'âme de ma mère n'est plus as l'intérieur, je l'ai libéré. » Dit-elle honteuse en se retournant pour faire face à son amie.
Emma resta sans voix, Cora était de retour à storybrooke et cela n'augurait rien de bon.
« Ne t'en fais pas, nous allons arranger ça comme à chaque fois. Rumple s'est servi de toi et je ne vais pas le laisser impuni cette fois. »
En guise de remerciement, Regina scella une nouvelle fois leurs lèvres, mais dans un baiser plus appuyé. Leurs langues ne perdirent pas de temps avant de se retrouver et de se caresser l'une l'autre. La brune fit reculer son amante jusqu'au canapé, la faisant basculer pour s'allonger au-dessus d'elle. Le baiser repris de plus belle et la main de la Reine commençait à se balader sur le corps d'Emma, caressant ses abdominaux bandés par l'excitation.
Éloignant quelque peu son visage, Regina observa son amante en lui caressant les cheveux puis elle fondit dans son cou embrassant sa peau douce pour la faire gémir. Ses doigts quittèrent sa crinière blonde pour aller directement se loger dans le pantalon préalablement déboutonné, mais Emma la stoppa en attrapant son poignet.
« Arrête tu n'es pas en état de- »
« Je suis tout à fait en capacité de te faire jouir. S'il te plaît, ne me repousse pas. »
Elle avait formulé sa demande avec une voix emplie de désespoir et les larmes dans les yeux marron finirent de convaincre Emma à lâcher sa prise. Elle ne retint pas le gémissement qui sortit de sa bouche au moment où les doigts de Regina entrèrent en contact avec son sexe.
« Et tu voulais me priver de ça ? » murmura la brune à son oreille en jouant avec le clitoris de sa belle. « Tu es trempée. » Ajouta-t-elle en glissant une phalange en elle.
« Je le suis toujours quand je suis avec toi. » Répliqua Emma en peinant a respirer tant ce qu'elle éprouvait était grandiose.
« C'est ce que je constate en effet. »
Puis elle enfonça l'entièreté de son doigt faisant pousser un râle de plaisir à l'autre femme et repartit à l'assaut de ses lèvres pour aspirer ses gémissements qui se répercutèrent directement entre ses cuisses.
Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas touché Emma et la chaleur de son corps lui manquait. Ces moments charnels lui faisaient oublier tout autour d'elle, les erreurs qu'elle avait pu commettre et surtout la douleur au fond de son cœur.
Continuant de la pénétrer d'un doigt, elle mordit son cou. Elle devait l'admettre, les cris que provoquaient ses dents l'excitaient terriblement. Elle décida de retirer sa main du pantalon de la blonde et de se redresser, la laissant dans l'incompréhension la plus totale.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Emma en regardant la brune se lever du canapé.
Celle-ci ne répondit pas, à la place elle lui tendit la main, lui demandant implicitement de la suivre. Emma saisit cette main et en quelques secondes, les deux femmes se volatilisèrent. Emma ne comprit pas tout de suite où l'autre femme les avait téléportés. Elle regarda autour d'elle et comprit qu'il s'agissait de la chambre de la Reine. La pièce était décorée avec goût, très classe et royale, digne de Regina.
« Ta chambre est très belle majesté. »
« Ce n'est pas la première fois que tu y es conviée. »
« Mais c'est la première fois que je prends le temps de l'observer. »
« C'est que je n'ai pas été efficace. »
L'instant d'après Regina se mit à genoux devant le shérif et fit glisser son pantalon le long de ses jambes, caressant la peau de ses cuisses au passage. Emma la regarda faire avec envie, passant ses doigts dans la chevelure brune. La Reine releva la tête et ses yeux croisèrent ceux de la blonde, doucement et sans la quitter du regard, elle posa ses lèvres sur son entrejambe, embrassant doucement son mont de Vénus. Emma bascula la tête en arrière, cette vision si érotique la fit perdre pied. Elle se demanda comment elle pouvait être aussi excitée alors que l'autre femme l'avait à peine touchée. Puis elle sentit son sous-vêtement être légèrement écarté et presque immédiatement après, la langue de Regina se posa sur son clitoris. Le gémissement qu'elle poussa fit trembler la brune qui continua de lécher la petite boule de nerf, mais dans cette position, elle n'avait pas d'accès total au sexe de son amante et en était un peu frustrée. C'est alors qu'elle décida de la pousser fermement pour que celle-ci s'écroule sur le lit.
Instinctivement, Emma releva les jambes et plaça ses talons sur le bord du lit. La position parfaite pensa Regina qui s'approcha pour reprendre sa tâche. Cette fois-ci, tout le sexe de la blonde lui était offert et elle put introduire sa langue à l'intérieur d'elle, lui arrachant de plus en plus de gémissements. Regina était de plus en plus excitée par toutes les réactions d'Emma, que ce soit ses cris ou son excitation dégoulinante, elle-même n'en pouvait plus alors qu'elle glissa sa main sur son propre sexe pour essayer de se soulager. Mais Emma compris assez vite ce qu'elle était en train de faire et, rassemblant toutes ses forces, elle fit s'arrêter la brune et l'embrassa à pleine bouche, l'invitant à venir s'allonger près d'elle sur le matelas.
« Tu pensais que je n'allais pas remarquer que tu te caresser ? » demanda la blonde en surplombant l'autre femme.
« J'espérais que tu serais trop occupée à prendre ton pied pour t'en apercevoir. »
« C'est à moi de te toucher et te faire mouiller. »
« Crois-moi tu fais sa très bien. »
Emma regarda la main droite de Regina, deux de ses doigts luisaient. Elle agrippa le poignet de son amante et tout en la regardant fixement, elle se mit a sucer les phalanges détrempées récoltant la moindre petite goûte de nectar.
« Hummm ce goût, je ne m'en lasserai jamais. » Fit Emma en fermant les yeux.
« Je suis ravie de l'entendre. »
S'allongeant sur la brune pour l'embrasser, Emma lui écarta légèrement les jambes pour s'y faire une place, remontant sa robe au-dessus de ses hanches. Elles s'embrassèrent passionnément de longues minutes, faisant peu à peu grandir le feu au creux de leurs reins. Leurs bassins se mouvaient au même rythme, faisant frotter leur sexe l'un contre l'autre. Mais Regina voulait plus, la blonde prenait trop son temps et la Reine commençait à s'impatienter. Sentant le pubis d'Emma frotter de siens de plus en plus, elle eu une idée et d'un coup de poignet elle la concrétisa.
C'est un sourire carnassier qu'elle reçut quand Emma comprit ce qu'elle venait de faire.
« Sa majesté aime ce genre de chose alors ? Mes doigts ne la contentent-elle plus ? »
« J'aime beaucoup tes doigts, mais je dois avouer que là j'ai envie de ça. »
Et pour accompagner ses mots, elle fit glisser sa main être leurs deux corps et se mis à caresser l'entrejambe de son amante.
« Tes prouesses de la dernière fois m'ont donné envie de recommencer. Tu es tout aussi habile de tes doigts que de ta queue. »
« Celle-ci me semble plus grosse que la dernière fois. »
« Oups je plaide coupable. » Répondit-elle simplement avant de commencer à branler le membre dur de la blonde.
Mais Emma l'empêcha de continuer sa besogne en saisissant ses poignets pour les placer au-dessus de sa tête. Elle reprit ses mouvements de bassin et ainsi frotter son gland contre le clitoris de sa partenaire. Elle aimait cette sensation nouvelle. Le bout de son pénis visitait toute la surface du sexe détrempé de Regina, passant de sa boule de nerf à ses plis humides sans jamais entrer en elle.
« Tu essayes de me rendre dingue ? » réussir à articuler la Reine entre deux gémissements.
« Je prends mon temps pour savourer ce moment. »
« Cesse cela immédiatement. » Ordonna Regina, se voulant autoritaire, mais sa voix pleine de plaisir et de gémissements n'eurent pas l'effet escompté, Emma continuer de la faire languir. Alors elle approcha ses lèvres de l'oreille de l'autre femme et sensuellement, elle lui murmura : « Dépêche-toi de me remplir, j'ai besoin de te sentir en moi, que tu me prennes, que je t'appartienne… »
Transpercée par le plaisir que ses mots avaient provoqué, Emma pénétra lentement son amante. Elle poussa l'intégralité de son membre à l'intérieur de sa vulve, lui arrachant un cri des plus érotiques.
« C'est ça que tu voulais ? »
« Oui… » couina Regina, le souffle coupé par la taille de l'engin d'Emma.
« Bien. »
La blonde commença des vas et viens plutôt lents, craignant de faire mal à sa partenaire, mais en sentant avec quelle facilité elle se mouvait en elle, elle comprit qu'elle pouvait accélérer. Ce qu'elle fit sans hésiter.
« Sa majesté encaisse très bien. » Taquina Emma.
« Tais-toi et baise-moi. » Reçut-elle pour seule réponse.
S'arrêtant un instant, Emma retourna la Reine pour ainsi la mettre à plat ventre les fesses en l'air. Sa main s'abattit sur la chair musclée du postérieur de l'autre femme. Elle s'agrippa a ses hanches en sans perdre une minute de plus, elle la pénétra de nouveau avec force.
Le coup de reins puissant fit pratiquement s'écrouler la brune sur le matelas. Mais elle réussit à tenir la position, et ce malgré l'acharnement d'Emma. En effet celle-ci la baisait comme si sa vie en dépendait, accélérant toujours de plus en plus. La Reine lui avait demandé de la baiser alors c'est ce qu'elle faisait.
Plus le temps passait et moins la brune arrivait à tenir, elle finit par s'écrouler à plat ventre, ses bras ne la tenaient plus et ses jambes tremblaient tant elle éprouvait du plaisir.
Désarçonner, Emma eut un moment d'incompréhension, mais elle se ressaisit très vite, s'allongeant contre le dos de son amante, elle lui murmura :
« Bah alors, sa majesté serait-elle déjà à bout de souffle ? »
« C'est que je ne t'imaginais pas si endurante. »
Sa queue reprit place dans le sexe de la Reine toujours aussi trempée. Elle glissait avec facilité tellement la brune était excitée.
« Et moi je ne te pensais pas aussi gourmande. »
À ses mots, elle sortit entièrement pour replonger avec force, et ce à plusieurs reprises faisait hurler son amante puis elle accéléra de nouveau, faisant de petits mouvements, mais rapides jusqu'à se retrouver enserrée et avoir du mal à bouger. C'est à ce moment-là qu'elle comprit que l'orgasme était sur le point d'arriver et que ce n'était pas maintenant qu'il fallait relâcher ses efforts. Elle continua malgré la difficulté à se mouvoir jusqu'à ce que finalement Regina pousse un ultime râle de plaisir. Ses phalanges avaient blanchi tellement elle avait serré les draps au moment de l'extase.
C'est complètement épuisé qu'Emma s'écroula à côté de son amante, caressant ses cheveux et embrassant son visage. Regina n'avait pas l'habitude de ce genre d'attentions, elle avait toujours renvoyé Emma chez elle à la minute même où elle avait joui. Mais ce soir-là, elle se surprit à apprécier sa présence et ses caresses. Alors elle se colla contre elle, profitant de la chaleur et de la protection de ses bras pour s'endormir paisiblement.
Emma fut surprise par ce comportement, mais ne bougea pas, laissant la Reine dormir dans ses bras. Puis elle s'endormit à son tour épuisée par l'effort qu'elle venait de fournir.
