Chapter 19: Choix et décisions
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Poursuivant leur chemin à travers le sous-marin, Law et Emi se dirigèrent vers l'infirmerie. Tandis qu'ils entraient, Law se transforma immédiatement de capitaine en médecin. Il s'approcha de l'armoire à médicaments, sortant ce dont il avait besoin sans hésitation. Pendant ce temps, Emi s'installa sur l'un des lits d'examen, observant Law devenir un professionnel de la santé totalement différent du pirate qu'elle connaissait.
Il commença par examiner attentivement la côte blessée d'Emi, palpant délicatement pour évaluer l'étendue des dégâts tout en la maintenant stable pour minimiser sa douleur. Après avoir confirmé que la fracture était bien soignée, il appliqua une bande de soutien spécialisée autour de son torse, ajustant la tension pour offrir à la fois support et confort sans trop serrer. Pendant ce temps, Emi, bien que clairement en douleur, essayait de rester stoïque.
Ensuite, Law s'occupa de l'entorse d'Emi. Il manipula doucement sa cheville, testant l'amplitude du mouvement et l'intégrité des ligaments. Une fois l'évaluation terminée, il appliqua une attelle légère mais robuste qui immobiliserait la cheville tout en permettant une certaine mobilité. Pendant qu'il réalisait ces soins, Emi éternua brusquement. Cependant, Law, absorbé par la nécessité de soigner correctement ses blessures, ne sembla pas y prêter attention.
Malgré la tension évidente de leur situation, l'atmosphère dans l'infirmerie était calme et professionnelle. Emi ne pouvait s'empêcher d'être impressionnée par le calme stoïque de Law. La tension d'avant, l'incertitude, la frustration—tout semblait se dissiper alors qu'il se concentrait sur sa tâche. Il y avait une certaine douceur dans la manière dont il soignait ses blessures, un aspect de lui qu'elle voyait rarement.
Alors qu'elle l'observait, une question commença à se former dans son esprit. Pourquoi est-il si... doux? Elle avait toujours connu Law comme quelqu'un qui montrait rarement ses émotions, encore moins de la gentillesse. Était-ce là son vrai visage? Ou était-ce simplement le médecin en lui, la partie de lui formée pour guérir et protéger?
Elle n'arrivait pas à comprendre. Elle se demandait si cette douceur était quelque chose qu'il réservait uniquement pour des moments comme celui-ci, ou si c'était une facette plus profonde de sa personnalité. Et si c'était le cas, pourquoi la gardait-il si bien cachée?
Emi, essayant de détourner son esprit de ses pensées, observait les mains du chirurgien. Les tatouages qui ornaient ses doigts avec les lettres noires formant le mot "DEATH" était une décoration à la fois macabre et fascinante pour elle.
Elle remonta ses yeux vers son visage, et nota également deux anneaux en or qui perçaient chaque oreille, ajoutant à son allure déjà mystérieuse et intimidante.
Alors qu'il se penchait pour ajuster la l'attelle sur sa cheville, un mouvement de sa chemise légèrement ouverte laissa entrevoir un autre tatouage tribal le long de son torse. La curiosité d'Emi fut piquée encore davantage, mais elle savait que chaque question sur ses marques personnelles pouvait être trop intrusive.
Elle ne put s'empêcher de remarquer sa carrure. Malgré sa silhouette fine, ses mouvements révélaient une musculature bien définie, particulièrement au niveau du torse où des abdominaux sculptés se dessinaient sous sa chemise.
Emi sentit une chaleur monter en elle, une sensation étrange qui semblait irradier de ses joues. Perplexe, elle se demanda ce qui pouvait bien provoquer ce sentiment. Ce ne pouvait pas être Law, n'est-ce pas ? Elle tenta de rejeter cette pensée, mais la proximité du chirurgien, couplée à l'aperçu de son torse musclé et le sérieux de ses soins, créait un mélange inhabituel de sensations en elle.
Law termina son travail et leva les yeux vers Emi. Le silence se prolongeant, elle dut faire un effort conscient pour détourner les yeux du torse de Law et rencontrer son regard. Les yeux gris de Law fixaient ceux d'Emi, intensifiant ce moment d'hésitation. Le temps sembla suspendu; le regard pénétrant de Law captait toute son attention, et elle se sentit inexplicablement vulnérable sous son examen silencieux
Emi, troublée par ce moment d'intimité non verbalisée, cherchait les mots pour briser le silence, mais rien ne semblait approprié. Law, toujours maître de lui-même, observait sa réaction, peut-être conscient de l'effet de sa présence sur elle.
Il rompit enfin le silence d'une voix grave, "Si tu voulais vraiment voir mes tatouages, il suffisait de demander."
Emi rougit, embarrassée d'avoir été prise sur le fait.
"Je ne... je ne regardais pas !" balbutia-t-elle, tentant de reprendre contenance.
"Tu semblais pourtant très intéressée par mon torse à l'instant," dit-il en arquant un sourcil.
"Je...Il se trouve que ton torse était juste dans mon champ de vision," répliqua-t-elle en essayant de cacher son embarras.
Law fixa Emi à nouveau, affichant un sourire narquois. Il trouvait Emi facile à taquiner, et sa naïveté contrastait toujours avec son attitude déterminée et impulsive. Il se surprit à apprécier ce contraste, mais il fronça soudain les sourcils en se souvenant de son problème d'impulsivité.
Il rompit à nouveau le silence avec une note de frustration dans sa voix, revenant sur un sujet qui pesait visiblement sur son esprit.
"Pourquoi as-tu entrepris cette investigation sur le bateau sans évaluer les risques, et sans même me consulter ?"
Emi, soudainement ramenée à la réalité par sa question directe, sentit une étincelle de défiance monter en elle. Ses découvertes n'avaient rien à voir avec les affaires de César, et elle ne se sentait pas obligée de partager ses actions ou ses informations avec lui.
"Je suis journaliste, ne l'oublie pas. J'ai également des tâches à faire qui ne te concernent pas." répondit-elle d'un ton sec.
Cependant, Law, avec un calme imperturbable, répliqua, accentuant la gravité de la situation.
"C'est mon problème dès l'instant où ça nous met tous les deux en danger inutilement. Nous sommes dans le même bateau, littéralement et métaphoriquement, et tes actions auraient pu affecter tout l'équipage."
Le ton de Law était ferme, soulignant le fait qu'elle ne pouvait pas agir de manière indépendante sans prendre en compte les conséquences potentielles sur l'ensemble de l'équipage. Emi ressentit un mélange de frustration et de reconnaissance face à cette réalité; elle comprenait son point de vue, mais étant déjà agacée par la douleur, elle se sentit encore plus irritée par ses reproches et pas prête à accepter ses fautes.
"Ce n'est pas parce qu'on collabore ensemble sur certaines choses que tu as un mot à dire sur chacun de mes mouvements," répliqua-t-elle d'un ton sec.
Law, avec sa préférence pour la planification méticuleuse, s'était sentit frustré par l'impulsivité d'Emi. Elle avait tendance à agir sous le coup de l'émotion, une méthode qui pouvait mettre en péril des opérations soigneusement orchestrées.
Pour lui, le focus absolu était nécessaire. Il avait un plan contre Doflamingo, et toute déviation ou distraction pouvait être fatale. Emi, avec ses multiples engagements et son zèle journalistique, s'éparpillait, se concentrant moins sur sa mission concernant César. Cette dispersion des priorités d'Emi l'irritait profondément, car il avait vu en elle un élément clé dans ses plans contre Doflamingo, et chaque distraction était un risque potentiel.
"Tu dois rester concentrée sur César," insista Law, son ton marquant une pointe d'irritation. "J'ai bien remarqué que tu gérais d'autres affaires en parallèle, et cela te distrait de notre objectif principal".
Outrée par ce qu'elle percevait comme de l'égoïsme, Emi rétorqua violemment, "D'abord, tu n'es pas mon client ou mon boss, Law, donc tu n'as aucun droit de me dire quoi faire. De plus, c'est toi qui m'as forcée à venir ici, et maintenant, tu as l'audace de me donner des ordres. Pourquoi devrais-je mettre de côté mes autres missions et mon journalisme juste pour toi et un projet sur lequel tu n'es même pas transparent avec moi ?"
"Je ne te dois rien, et n'oublie pas que tu es sur mon navire. Je n'ai pas besoin de transparence avec toi, mais toi, tu as besoin de discipline"
Cette déclaration, bien que froide, était empreinte d'une logique implacable que Law appliquait non seulement à sa stratégie mais à toutes ses interactions. C'était une mise au point claire, soulignant les limites de leur alliance.
Habituellement imperturbable et distant avec ses alliés, il avait commencé à ressentir une gêne interne face à l'attitude relativement douce qu'il avait adoptée avec Emi. C'était atypique pour lui, qui préférait garder une froideur calculée pour maintenir la discipline et le focus nécessaire à la réussite de ses plans. Reconnaissant cette anomalie dans son comportement, il s'était efforcé à réinstaurer la distance habituelle.
Emi ressentait une indignation croissante. Elle n'était pas un pion dans les plans de Law; elle avait sa propre carrière et ses propres missions à valoriser. L'idée qu'il puisse la commander aussi librement la heurtait, surtout compte tenu de la manière dont il l'avait amenée dans cette aventure—sous contrainte et sans la transparence qu'elle aurait espérée.
Emi serra les poings, son regard se durcissant. "Discipline ? Depuis quand ai-je besoin de tes leçons de discipline, Law ? J'ai survécu à des situations bien plus dangereuses que celle-ci grâce à mon instinct et mon jugement. Si je t'écoute, c'est parce que j'ai choisi de le faire, pas parce que tu m'imposes tes règles."
Law se redressa, surplombant maintenant Emi toujours assise sur la table d'opération, son regard sévère ne quittant pas ses yeux.
"Écoute-moi bien, journaliste-ya. Je t'ai amené ici pour une raison, et tu dois te concentrer sur cette raison. Point final."
Emi sentit sa colère monter, mais elle savait qu'elle devait rester calme pour obtenir ce qu'elle voulait. "Tu veux que je fasse ma part, très bien. Mais tu dois être plus honnête concernant tes plans contre Doflamingo si tu veux que je coopère pleinement."
Law croisa les bras, son regard perçant fixé sur elle. "Je t'ai déjà dit ce que tu devais savoir. Tu n'as pas besoin de plus"
Emi haussa un sourcil, "Peut-être que tu pourrais commencer par me parler de Joker ?"
Law fronça les sourcils lorsqu'elle mentionna Joker. Comment a-t-elle pu savoir ? Cette révélation soudaine était un rappel des actions furtives d'Emi et de sa capacité à dénicher des informations sournoisement, même les plus cachées.
Emi, voyant l'effet de ses mots, ajouta, sa voix chargée de détermination : "Je sais que tu as affaire à Doflamingo, mais si tu attends de moi une coopération totale, j'ai besoin de comprendre ce à quoi nous nous attaquons. Sans ça, comment pourrais-je m'aligner pleinement sur tes objectifs ?"
Law prit un moment pour réfléchir à sa réponse. Il savait que maintenir Emi avec le minimum d'information n'était plus une option viable, surtout maintenant qu'elle avait prouvé qu'elle pouvait obtenir des informations par ses propres moyens et visiblement les garder pour elle sans les partager avec le reste de l'équipage.
Il soupira , se résignant à ne lui révéler que la partie informative et non personnelle.
"Joker est le nom de code utilisé par Doflamingo dans ses opérations clandestines. C'est un acteur majeur dans le monde de la Pègre et il est impliqué dans des affaires qui dépassent le simple traffic d'armes." dit-il d'une voix grave et mesurée. "Je veux m'assurer que César Clown soit impliqué dans ses affaires ou non".
Cette transparence nouvelle de la part de Law modifiait l'approche d'Emi dans leur collaboration. Elle avait initialement accepté cette alliance forcée avec Trafalgar Law en grande partie parce qu'elle voyait en lui un sujet intéressant pour un article crucial qu'elle devait rédiger pour conserver son emploi. Cependant, au fil de leur collaboration et à mesure que les couches de mystère entourant Law se dévoilaient, elle commençait à percevoir des opportunités journalistiques encore plus grandes.
La complexité et l'ampleur des opérations de Doflamingo sous le nom de Joker, le traffic d'armes, César Clown, tout cela se révélaient être une mine d'or pour des récits potentiellement explosifs et impactants. Et si elle pouvait naviguer habilement dans les eaux troubles de ses missions tout en conservant la confiance de Law, elle pourrait non seulement assurer sa sécurité mais également recueillir des informations suffisantes pour écrire des articles profonds et révélateurs, qui intéresseraient et impressionneraient sûrement ses éditeurs.
"Je suis prête à mettre de côté ma curiosité journalistique concernant certaines de tes activités," dit-elle d'une voix plus douce, mais ferme dans sa résolution. "Mais, j'attends de toi que tu me tiennes informée également sur tes découvertes."
Bien qu'il resterait vigilant quant aux informations qu'il partagerait, il reconnaissait la valeur potentielle qu'elle apportait à son objectif. "Tant que tes écrits ne mettent pas en danger nos opérations, je vois un avantage mutuel à ce que tu approfondisses ces sujets."
Emi était consciente que chaque information que Law choisissait de partager était calculée. Sa propre curiosité journalistique brûlait de savoir plus, de mieux comprendre. Pourquoi un pirate de la stature de Law serait-il impliqué avec quelqu'un comme Doflamingo? Quels étaient ses véritables objectifs? L'association avec un tel individu pouvait apporter de puissants alliés mais aussi de dangereux ennemis. Emi se demandait jusqu'où s'étendaient leurs connexions et ce que Law planifiait réellement. Cela ne cadrait pas avec l'image d'un pirate cherchant simplement à augmenter sa propre puissance ou son territoire… Il devait y avoir plus derrière… Mais elle savait aussi qu'elle devait naviguer prudemment. Elle décida de laisser ses questions plus profondes pour plus tard, appréciant déjà que Law ait partagé avec elle un aperçu de ses plans.
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La nuit était tombée, et Emi se tenait à la proue du sous-marin, regardant les vagues s'écraser contre la coque. L'air marin était frais et revigorant, mais son esprit était ailleurs, perdu dans les pensées des esclaves qu'elle avait vus sur l'île. Leur détresse et leur désespoir l'avaient profondément marquée, et elle ne pouvait pas simplement continuer sa vie sans agir.
Elle sortit un escargophone de sa sacoche et composa un numéro qu'elle avait juré de n'utiliser qu'en cas de nécessité absolue. Au bout de quelques tonalités, une voix familière répondit, empreinte d'une légère surprise.
"Emi ? Ça fait longtemps. Comment vas-tu ?"
Emi prit une profonde inspiration avant de répondre, essayant de mettre de côté ses pensées sombres pour l'instant. "Je vais bien," répondit-elle d'une voix posée, "Et vous, comment ça se passe de votre côté ?"
Il y eut une brève pause, suivie d'une réponse mesurée. "Les choses avancent, comme toujours. Quelques complications ici et là, mais rien de majeur. On fait de notre mieux pour garder le cap."
Emi hocha la tête, bien qu'il ne puisse pas la voir. C'était typique de lui de rester vague, mais elle savait qu'il n'était pas du genre à s'attarder sur ses propres problèmes. Il était temps de passer aux choses sérieuses.
"J'ai des informations sur une opération d'esclavage et de trafic d'armes impliquant un noble," commença t-elle d'une voix basse, mais ferme, "Et je crois que c'est quelque chose que vous voudrez voir par vous-mêmes."
Avant qu'Emi ne puisse continuer son exposé détaillé, une voix familière interrompit l'échange depuis l'arrière-plan. "C'est Emi ?! Passe-la moi !" Elle reconnut immédiatement le timbre enthousiaste de la voix, ce qui esquissa un sourire nostalgique sur son visage malgré la tension.
Quelques secondes plus tard, la personne prit le relais, sa voix chaleureuse emplissant le récepteur. "Hey Emi, c'est moi, Sabo, ça fait un bail ! Comment vas-tu ?"
Emi, un peu décontenancée par l'interruption soudaine de Sabo, décida de cacher sa mélancolie et de jouer le jeu pour un instant avant de plonger dans les détails plus sombres de sa découverte. "Yo, Sabo, je vais bien, et toi ? Toujours en train de voler au secours du monde ?"
Sabo rit de bon cœur. "Tu me connais! Mais dis-moi, à quel honneur dois-je cette surprise ? As-tu enfin décidé de rejoindre notre cause ?"
Emi sourit à la remarque de Sabo, mais elle savait qu'elle devait revenir rapidement au sujet sérieux qui l'amenait à les contacter. Elle prit une courte inspiration, cherchant les mots justes avant de répondre.
"Sabo, c'est toujours tentant de se joindre à vous," répondit-elle avec un léger sourire dans la voix. "Mais il y a quelque chose d'urgent dont je dois vous parler. Il s'agit d'une opération d'esclavage et de trafic d'armes liée à un noble et une famille royale."
Sabo, redevenu sérieux à l'instant, acquiesça, bien que Emi ne puisse le voir. "Je t'écoute, Emi. Raconte-moi tout."
Elle expliqua alors en détail ce qu'elle avait observé et découvert, le château d'un noble en construction, les conditions des esclaves, et la possible implication de la famille Amadeo, ce qui piqua immédiatement l'intérêt de Sabo. L'Armée Révolutionnaire était toujours prête à agir contre les abus des nobles, surtout si cela pouvait aider à déstabiliser le Gouvernement Mondial.
La conversation se termina sur une note de gratitude mutuelle, Sabo remerciant Emi pour ses informations et elle, le remerciant pour son écoute. Après avoir raccroché, Emi sentit un mélange de soulagement et d'anticipation. Elle avait fait ce qu'elle pouvait, maintenant, c'était à l'Armée Révolutionnaire de prendre la relève. Peut-être que, grâce à son intervention, les chaînes de quelques âmes malheureuses pourraient être brisée, et espérant que le lendemain apporterait un début de justice pour ceux qu'elle avait laissés derrière.
Emi resta un moment immobile, la main toujours serrée autour du Den Den. La voix de Sabo, pleine d'entrain et de familiarité, avait ravivé un flot de souvenirs, rendant son cœur à la fois lourd et chaleureux. Elle pensa à la période de sa vie juste après avoir quitté le Times, une période marquée par des incertitudes et une profonde remise en question de sa carrière et de ses convictions.
C'était à ce moment-là qu'elle avait rencontré Sabo. Elle venait de se lancer dans le journalisme indépendant, motivée par un désir de révéler la vérité sans les chaînes de la censure ou de la corruption éditoriale. Sabo, avec son engagement indéfectible envers la justice et son mépris pour le gouvernement, était devenu un allié inattendu. Il avait vu en elle une flamme similaire à celle qui animait l'Armée Révolutionnaire – un désir ardent de dénoncer les injustices et de promouvoir un changement significatif.
Durant les trois mois qu'ils avaient passées ensemble, Sabo l'avait soutenue sans réserve, lui fournissant des contacts, des ressources, et surtout, un nouveau cadre éthique dans lequel ancrer son travail. Ils avaient partagé des longues discussions sur la nature de la justice, la responsabilité des médias dans la société, et la manière dont un journaliste pouvait influencer l'échiquier mondial pour le meilleur.
Cependant, malgré leur collaboration fructueuse, Sabo, avec ses propres missions et responsabilités au sein de l'Armée Révolutionnaire, avait des combats à mener qui dépassaient le cadre d'Emi. Son père, une figure respectée du Times, travaillait en étroite collaboration avec des entités gouvernementales, ce qui le liait, que cela lui plaise ou non, aux structures contre lesquelles l'Armée Révolutionnaire luttait. Emi savait que rejoindre ouvertement Sabo et ses camarades aurait potentiellement porté préjudice à son père, compromettant sa position et sa sécurité.
La loyauté envers son père et le respect pour ses réalisations l'avaient toujours tenue en équilibre précaire. Elle n'était pas prête à le décevoir, ni à le mettre dans une situation où il aurait à répondre des actions de sa fille. C'était une ligne qu'elle ne pouvait se permettre de franchir, malgré l'appel puissant des idéaux partagés avec Sabo.
Cette tension entre ses convictions personnelles et ses obligations familiales avait été une source constante de conflit intérieur pour Emi. Elle avait choisi de devenir une journaliste indépendante, se concentrant sur des enquêtes qui pourraient éclairer les mêmes injustices que Sabo combattait, sans pour autant s'engager dans une lutte ouverte qui aurait forcé son père à prendre position contre elle.
Maintenant, en se remémorant ces moments, Emi ressentait une mélancolie douce-amère. Elle était reconnaissante pour l'impact que Sabo avait eu sur sa vie et sur sa carrière, mais elle ressentait également la solitude de son choix de continuer seule. Cela lui rappelait la complexité des relations humaines, surtout lorsqu'elles étaient tissées autour de causes communes aussi ardentes.
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Merci d'avoir lu ce chapitre !
