Disclaimer : Miraculous Ladybug ne m'appartient pas, pas plus que le concept de maladie de Hanahaki. Je ne cherche aucun profit financier en écrivant cette histoire.
Note : pour les personnes qui ne sont pas familières avec ce concept, dans les fanfictions japonaises, il y a une maladie qui revient parfois, la maladie de Hanahaki. Quand une personne est amoureuse d'une autre et que ce n'est pas réciproque, ses poumons s'emplissent de pétales de fleurs jusqu'à la suffoquer et la tuer. Il n'existe généralement que deux façons de guérir de cette maladie : constater que ses sentiments sont réciproques ou faire retirer les fleurs par chirurgie. Voici mon histoire :
Hanahaki
Luka Couffaine fut le premier à remarquer que quelque chose n'allait pas chez sa sœur. Juleka avait toujours été plutôt discrète, elle parlait peu et se tenait généralement en retrait. Cependant, elle n'avait presque pas parlé depuis deux jours et ça, c'était inhabituel.
- Ça ne va pas ? lui demanda-t-il alors qu'elle rentrait tout juste de l'école.
Elle eut un geste d'impuissance et alla s'enfermer dans sa chambre, balança son sac sur le lit et sortit son téléphone portable. Le fonds d'écran était un selfie de groupe pris lors d'une soirée entre filles. Marinette, Alya, Alix, Mylène, Rose et elle, serrées sur le canapé et faisant des grimaces à la caméra. Juleka s'attarda sur le visage de Rose, sur ses joues rondes et ses yeux immenses et pleins de joie. Elle l'aimait tellement !
Une notification apparut à l'écran : Rose venait de lui envoyer un texto. Juleka l'ouvrit et son cœur se mit à saigner :
Rose : J'ai réussi ! Je vais rencontrer le prince Ali. C'est le plus beau jour de ma vie !
C'était trop triste. Rose ne voudrait jamais d'elle car elle n'aimait que les garçons. Juleka pensa qu'en tant que meilleure amie, elle devrait tenir la chandelle et se réjouir pour elle. Après tout, le prince était un garçon très bien, presque digne d'une fille aussi merveilleuse. Mais soudain, Juleka fut prise d'une quinte de toux totalement incontrôlable.
- Ju ! cria la voix de Luka depuis l'autre côté de la porte. Est-ce que ça va ?
Juleka ne répondit pas tout de suite. Effarée, elle contemplait les petites choses rosâtres qu'elle venait de cracher. Des pétales de rose. Cela ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose.
Elle avait la maladie de Hanahaki.
Juleka réussit à garder son secret pendant plusieurs semaines. Elle ne dit rien ni à Rose, ni à personne. Pourquoi inquiéter ses amies, après tout ? Quand la gêne devenait incontrôlable, elle s'éclipsait dans les toilettes et était prise de quintes de toux. Ensuite, elle contemplait les pétales souillés de sang, roses et tendres, de plus en plus nombreux. Enfin, elle tirait la chasse et rejoignait le groupe comme si de rien n'était. Personne ne se doutait de rien.
Cependant, un soir, Luka l'entraîna dans un coin et lui annonça qu'il fallait qu'elle lui parle.
- J'ai trouvé les pétales dans la douche, lui annonça-t-il sans ambages.
- Oh…
- Ecoute, je sais que c'est cette maladie et je m'inquiète. C'est Nino, c'est ça ? Il ne veut pas de toi ?
Juleka secoua la tête. Non, ce n'était pas lui.
- C'est qui, alors ? Ivan ? Kim ? Nathaniel ?
- Ne pose pas de questions, s'il te plait.
- D'accord. Je ne pose pas de questions. Mais tu ne peux pas rester comme ça ! Maman n'a que nous puisque notre père n'a jamais daigné s'intéresser à nous. Il faut que tu ailles lui parler.
Juleka soupira et lui tourna le dos. Lui parler ? Elle n'était pas du genre à parler de ses sentiments, surtout à sa mère. C'était trop intense pour que ça passe. Comment faire ?
- Je ne peux pas, murmura-t-elle.
- Alors on va voir un médecin. Il y a sûrement un traitement.
Juleka acquiesça. C'était peut-être la meilleure chose à faire.
Il n'y avait heureusement pas trop d'attente aux urgences. La femme médecin qui examina Juleka et lui fit passer une radio se montra amicale et compréhensive. D'après l'imagerie, ses poumons n'étaient encore pleins qu'au tiers.
- Vous avez pas mal de chance, expliqua-t-elle. On a deux ou trois cas par an et en général, on nous les amène quand ils sont en phase terminale ou pas loin. Vous, vous avez bien un ou deux mois devant vous.
- Deux mois ! s'écria Luka.
- Si on ne fait rien. Je vais vous prescrire des comprimés qui vont ralentir la formation de fleurs, et qui vous aussi vous faire un peu somnoler, je vous préviens. Après, les médicaments ne peuvent pas vous guérir. Il n'existe que deux traitements définitifs. Un, si les sentiments que vous avez pour cette personne sont réciproques, la maladie s'arrête d'elle-même.
Juleka médita ces mots. Pour que cela soit possible, il faudrait que Rose aime les filles, ce qui était peu probable. Et pour le savoir, il faudrait qu'elle lui avoue ses sentiments… Comment avouer quelque chose d'aussi intense quand on a déjà du mal à demander l'heure dans la rue ?
- Et l'autre traitement ? s'enquit-elle.
- La chirurgie, sous anesthésie générale. On vous retire l'intégralité des fleurs.
- Je veux faire ça ! s'écria-t-elle.
- Attention, la chirurgie entraîne une disparition totale de vos sentiments pour cette personne. En général, on n'opère jamais sans avoir d'abord essayé l'autre méthode.
Juleka resta pensive. Plus de sentiments du tout ? Elle ne voulait pas finir comme ça ! Mais en voyant le regard triste de Luka, elle comprit que cela pouvait être pire. Si elle mourait de cette maladie, sa mère et son frère auraient le cœur brisé. Et puis, même si cela lui semblait bizarre maintenant, elle pourrait toujours tomber amoureuse d'une autre personne plus tard. D'ailleurs, même sa pote Alix, qui était aromantique, vivait sa meilleure vie sans jamais avoir ce genre de relations. Alors de quoi se plaignait-elle ?
- C'est Rose ? demanda Luka à l'oreille de sa sœur une fois qu'ils furent sortis.
- Heu…
- Ce sont des pétales de rose et je sais que vous êtes tout le temps ensemble. C'est elle ?
Juleka acquiesça. C'était un grand soulagement que d'en parler enfin à quelqu'un. Mais comment son frère allait-il réagir ?
- Tu as bon goût, Rose est une fille super. Tu veux que j'aille lui parler ?
- Non, répondit-elle, soulagée. Merci, ça va aller.
Les jumeaux se serrèrent longuement dans les bras, puis partirent chacun de leur côté. Il se trouva occupé par son job de livreur, elle fit un baby-sitting. C'est en rentrant sur le bateau que Juleka trouva sa mère qui l'attendait, apparemment irritée.
A suivre…
