Bonjour chers lecteurs,

Non, non, vous ne rêvez pas, nous postons bel et bien encore aujourd'hui, un nouveau chapitre ! Comme vous devez le sentir arriver, l'Armée de Dumbledore est sur le point de voir le jour ! En espérant que cette suite vous satisfasse, nous vous souhaitons une bonne lecture.

Bien à vous, vos autrices favorites


Chapitre 6 : Le supplice du rossignol
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Cela faisait maintenant une semaine que la course à la Salle sur Demande avait été lancée et malgré leurs connaissances, le Club des Cinq n'avait pas encore de résultat concluant. Il fallait dire que se retrouver à cinq était devenu assez compliqué. Ombrage donnait l'impression d'avoir des yeux partout et surgissait toujours au moment le moins opportun, rappelant avec un sourire satisfait que les réunions de plus de trois élèves n'étaient plus autorisées.

Et puis, la vie à Poudlard continuait. Il fallait jongler entre les entraînements de Quidditch de Julia, les obligations de préfète d'Estelle et le planning de révision pour les B.U.S.E. que Jessica était en train de mettre en place. Elles avaient tout de même réussi à se retrouver au septième étage deux soirs dans la semaine, sans pour autant avoir de résultat concluant dans leur recherche.

C'est pourquoi en ce samedi après-midi, elles espéraient bien réussir à trouver quelque chose. Elles avaient décidé d'être méthodiques et s'étaient séparées en deux groupes. C'est ainsi que Maureen Julia et Estelle avaient pris l'aile est du septième étage alors qu'Ophélie et Jessica s'occupaient de la partie ouest.

Une heure après, Julia commençait à désespérer. Elle se demandait si de leur côté Ophélie et Jessica avaient trouvé quelque chose, mais elle savait qu'elles seraient déjà venues les retrouver si c'était le cas. Peut-être que dans ce Poudlard-ci la Salle sur Demande n'existait pas, ou tout simplement pas au septième étage. Après tout rien n'était impossible et de ce qu'elles en savaient la salle à la fontaine de chocolat, où elles avaient atterri il y a plus d'un an, pouvait aussi bien être la Salle sur Demande. Quelque peu lasse, la petite brune prit la parole.

- Vous ne pensez pas qu'on devrait laisser tom…

Elle fut interrompue par des bruits de pas dans le couloir suivi d'un léger toussotement : Ombrage. Techniquement, les trois jeunes filles ne faisaient rien d'interdit, mais ce n'était pas la première fois que le professeur les trouverait à cet étage et elle ne voulait pas faire naître de nouveaux soupçons chez leur enseignante. Estelle prit rapidement les devants.

- Venez, chuchota-t-elle, il faut aller prévenir les filles, ça devient trop dangereux de continuer.

Les trois adolescentes entamèrent alors une course silencieuse pour échapper à Ombrage et réussir à la semer après quelques zigzags effrénés dans les couloirs. C'est le souffle court et les cheveux plus en bataille qu'à l'accoutumée qu'elles retrouvèrent Ophélie et Jessica, en train de faire des allers-retours devant le tableau d'un vieux sorcier à la barbe en fleur. C'est la rousse qui se retourna en premier vers ses amies pour demander, pleine d'espoir.

- Vous l'avez trouvé ?

- Si seulement, maugréa Maureen qui était sûre de s'être fait des ampoules au pied en courant dans la moitié du château.

- Rien, déplora Julia. A croire qu'elle n'existe pas.

- Par contre on a failli tomber sur Ombrage, fit la Poufsouffle.

- Encore ? s'exclama Ophélie. Elle est pire qu'un chien de chasse.

- D'ailleurs on devrait partir assez rapidement, enchaîna Estelle. Elle a sûrement dû nous entendre et elle risque de venir par ici.

- Et pour la salle ? demanda Ophélie.

Des bruits de pas dans le couloir répondirent à la Serpentard. Presque comme un seul homme - ou plutôt une seule femme - les adolescentes prirent la direction opposée ne voulant pas se retrouver en face-à-face avec le vieux crapaud. Cependant la course à cinq était beaucoup moins aisée qu'à trois, d'autant plus que Jessica ne manquait pas de se prendre les pieds dans la moindre dalle qui dépassait du sol. Elles venaient à peine de tourner à l'angle d'un nouveau couloir que la rousse se prit de nouveau les pieds dans quelque chose. Cette fois-ci l'objet était mouvant et assez doux. Et surtout, ça hissait de mécontentement.

- Miss Teigne ! s'exclama la rousse. Sors de là !

- Miss Teigne ? demanda Julia en se retournant.

Lorsque les yeux de la Serpentard se posèrent sur la chatte, elle blêmit. Si l'animal était là, son maître ne devait pas être bien loin. De nouveaux bruits de pas se firent entendre, confirmant les doutes de l'adolescente. Les bruits venaient de la direction opposée à celle d'Ombrage. Les françaises étaient cernées de toutes parts. Elles auraient du mal à trouver une explication plausible à leur présence ici, et surtout en groupe. Cinq élèves, de maisons différentes, réunies un samedi après-midi dans un couloir vide, cela allait à l'encontre des nouvelles règles de la Grande Inquisitrice, surtout que ce n'était pas la première fois qu'elles se faisaient rappeler à l'ordre. C'était sûr, elles étaient toutes bonnes pour une retenue.

Les pas se rapprochaient des deux côtés et les jeunes filles attendaient paralysées comme des lapins devant les phares d'une voiture. Dans un élan désespéré, Estelle, qui jusqu'alors tournait en rond, souleva la tapisserie à sa droite espérant pouvoir se dissimuler dessous. Elle y fit une découverte plus qu'intéressante. Derrière la tapisserie se trouvait la petite porte d'un placard à balais. Sans avoir besoin de dire quoique ce soit, les françaises s'engouffrèrent dans le placard au moment où une ombre rose apparaissait au coin du couloir.

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Maureen commençait à étouffer. Ce placard à balais n'était pas fait pour accueillir autant de personnes. Si les jeunes filles avaient pu toutes tenir debout à l'intérieur, on ne pouvait pas faire rentrer une baguette de plus dans cet espace restreint. Cela faisait quelques minutes déjà que les pas de Rusard et Ombrage étaient partis, les deux s'étant lancés dans une discussion passionnante à propos de la réhabilitation des chaînes comme moyen de punition. Cependant la Poufsouffle et ses amies avaient préféré attendre un peu avant de sortir de leur cachette. C'est Ophélie qui craqua la première.

- Je crois qu'on peut arrêter de tester l'efficacité de notre déo et sortir d'ici non ?

- À l'heure qu'il est ils doivent déjà être en train de comparer leur instrument de torture respectifs, continua Julia.

Sans attendre une réponse la petite brune ouvrit la porte, libérant ainsi les adolescentes heureuses de retrouver la lumière du jour.

- Heureusement que ce placard à balais était là sinon on était bonne pour entamer une collection d'essence de Murlap à nous cinq, fit Estelle.

- Oui, il est apparu pile au bon endroit au bon moment, surenchérit Jessica.

À cette phrase un déclic se fit dans la tête de Julia.

- C'est vrai ça. Il est apparu pile au bon moment, pensa la Serpentard à voix haute.

- Et ? interrogea Maureen.

- Vous ne trouvez pas ça étrange quand même, un placard à balais derrière une tapisserie ?

- Oh ! fit Jessica qui voyait où voulait en venir la brune, tu crois que ça pourrait être... ?

- Il n'y a qu'à essayer pour voir, l'interrompit Estelle qui elle aussi avait fait le lien entre ce placard à balais et l'objet de leur recherche.

La Serdaigle se lança alors dans trois allers-retours devant la tapisserie tout en répétant « Nous avons besoin d'un endroit pour apprendre à nous défendre ».

À peine eut-elle terminé son troisième aller-retour qu'elle souleva le pan de tissu pour y découvrir une nouvelle porte en bois couverte de runes gravées.

Un grand sourire s'installa sur les lèvres des cinq françaises : elles avaient réussi. Enfin, elles avaient trouvé la Salle sur Demande.

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De leur côté, les Maraudeurs avaient aussi travaillé d'arrache-pied pour trouver la fameuse salle répondant à leurs exigences. Ils avaient l'avantage d'avoir deux outils leur facilitant grandement leur exploration du château. En outre, ils s'étaient rapprochés de Neville, lui faisant part de leur intention de rechercher le lieu, et ce dernier leur avait confié sa cape d'invisibilité sans opposition. La carte du Maraudeur était également d'un grand éclairage, puisqu'elle leur permettait de surveiller les allers et venues des enseignants et surtout de la Grande Inquisitrice. Ainsi, ils avaient arpenté tous les soirs les couloirs, passages secrets, et moindres recoins de Poudlard, en vain.

Ils avaient bien remarqué les manigances des françaises, mais n'avaient rien trouvé de plus qu'elles au septième étage. En désespoir de cause, ils s'étaient tournés vers Hermione pour savoir si elle n'avait pas lu à propos d'une telle merveille dans l'Histoire de Poudlard. Après avoir outrageusement levé les yeux au ciel, cette dernière leur avait rétorqué que c'était la première chose qu'elle avait fait, et que bien sûr que non, il n'y avait rien de ce genre dans la multitude d'ouvrages sur la mythique école de sorcellerie.

Abattu, Remus s'était réfugié dans les cuisines afin d'avoir un bon chocolat, où un elfe de maison coiffé d'un chapeau de théière lui avait demandé ce qui l'accablait de la sorte. C'est là que Dobby lui parla d'une salle toujours équipée pour les besoins de celui qui la cherche : la Salle sur Demande. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, le jeune homme avait rassemblé ses deux acolytes, et pris la direction du septième étage. Mais il pila à quelques dizaines de mètres de sa destination.

Sur la carte du Maraudeur, il avait repéré les françaises dans leur fuite. Mais elles étaient piégées, d'un côté par Ombrage, de l'autre par Rusard, qui se rapprochait dangereusement d'elles. Elles allaient se faire prendre. Mais avant que les Maraudeurs ne puissent prier pour leur sort, les cinq noms de leurs amies disparurent d'un coup de la carte. Bientôt, Rusard et Ombrage passèrent devant l'endroit où elles se trouvaient l'instant d'avant, puis s'en allèrent. Au bout de quelques minutes, les noms des françaises réapparurent brièvement, avant de disparaître à nouveau.

Remus regarda James et Sirius : cela n'était encore jamais arrivé. Était-ce un bug ? Ils se tassèrent sous la cape d'invisibilité et attendirent qu'Ombrage et Rusard s'éloignent, priant pour que leurs pieds ne pointent pas sous la cape, eux qui commençaient à se faire grands. Lorsqu'ils furent complètement hors de danger, ils prirent la direction du point de disparition des réunionnaises.

Remus retira la cape et observa la grande tapisserie représentant Barnabas le Follet apprenant la danse classique à un troll. Elle était telle que l'avait décrit Dobby : poussiéreuse et un peu folle dans sa représentation. Il regarda autour de lui, il n'y avait rien. Pas de trace de leurs amies. Aucun mur ne semblait avoir changé. A moins que…

Le jeune homme glissa sa main sur le bord gauche de la tapisserie et l'écarta. Par Merlin ! Il avait déjà fait ce geste auparavant, mais il n'y avait rien eu alors. Là, une grande porte en bois, ornée de symboles runiques, se dressait à l'ombre du pan de tissu. Et il était prêt à parier que le Club des Cinq s'y cachait.

James le devança en posant sa main sur la poignée de la porte secrète, mais il avait beau l'actionner, rien n'y fit. La porte restait close. Le brun à lunettes dégaina sa baguette et s'essaya à plusieurs sortilèges afin de la forcer. Elle ne céda pas. Sirius, toujours prêt pour telle résistance, dégaina son couteau suisse magique, qui pouvait ouvrir toute serrure, même close par le plus puissant des sortilèges. Mais il n'y avait pas de serrure, juste la poignée de bronze qui les lorgnait, comme se vantant de ne pouvoir les laisser entrer. Le jeune Black glissa la lame à l'interstice entre la porte et son cadre, afin de forcer le verrou. Là encore, la porte leur résista.

A bout d'idées, et persuadé que les françaises se trouvaient derrière cette foutue porte, Remus tenta la plus simple des solutions, et frappa trois fois du poing sur le battant de bois, sous l'oeil éberlué de ses deux camarades.

- C'est moi, Remus, annonça-t-il avant d'ajouter, la voie est libre.

Quelques secondes, qui lui parurent interminable, s'écoulèrent avant que la porte ne s'ouvre enfin, sans un bruit. Derrière celle-ci, Ophélie, souriant à pleines dents, leur lança :

- Preum's !

Elle céda sa place afin de laisser les Maraudeurs pénétrer la salle qui jusque là leur était inaccessible.

Les réactions des trois garçons ne se firent pas attendre. C'est à grand renfort de cris et d'exclamation que James et Sirius montrèrent leur enthousiasme pour ce tout nouvel endroit. Remus lui restait beaucoup plus silencieux, observant chaque petit détail avec une minutie qui lui était propre. Décidément, Poudlard n'aurait jamais fini de le surprendre.

Devant lui se trouvait une salle immense pouvant facilement accueillir quarante sorciers. Ils avaient à leur disposition tout ce dont ils auraient besoin pour leurs futurs cours. Des cibles à forme humanoïdes étaient placées de part et d'autre de la salle. Un grand pan de mur était occupé par une bibliothèque remplie de traités sur la pratique de la DCFM. À côté, quelques canapés étaient installés, invitant les élèves à s'asseoir pour se plonger dans ce puits de savoir.

Les miroirs accrochés aux murs leur permettraient de corriger eux même leurs mouvements et les tapis au sol d'amortir les chutes qui ne manqueraient d'y avoir pendant leurs entraînements. Un tableau noir digne des plus belles salles de classe était également présent ainsi que de nombreux objets originaux tels qu'un Scrutoscope, une glace à l'ennemi, des leurres explosifs ou des capteurs de dissimulation.

Mais le véritable clou du spectacle se trouvait au fond de la salle. Près de l'immense cheminée allumée, se dressait un podium pour organiser des duels sorciers. Si le podium en lui-même était assez majestueux, Remus ne put s'empêcher de tiquer sur le mur auquel il était accolé. En effet, à cet endroit-là on ne voyait plus les roches habituelles de Poudlard, mais un mur fait de métal cuivré recouvert d'alvéoles, un peu comme une ruche d'abeille.

- Tu te demandes à quoi sert ce mur non ? Je crois que c'est juste moi, qui suis un peu trop fan de Doctor Who. J'ai dû penser inconsciemment au TARDIS en faisant apparaître la salle.

Remus se tourna vers Estelle qui venait de lui adresser la parole. Il avait l'impression que la jeune fille avait parlé une autre langue. Voyant que le jeune homme ne lui répondait pas, la Serdaigle reprit avec un sourire

- Si tu aimes le Seigneur des Anneaux, tu vas kiffer Doctor Who.

- Quoi ? interrompit de loin Julia, vous parlez bien du Docteur ?!

Mais Remus l'entendit à peine.

- Tu penses qu'on pourra trouver le livre dans une librairie moldue ? sourit Remus enjoué.

- Mieux encore, c'est une histoire qui se regarde à la télévision, répondit Estelle avec un clin d'œil.

Elle commença alors à expliquer le concept de la série loufoque sur cet étrange Docteur et sa boîte bleue. Remus n'était pas sûr de tout comprendre à ce que disait la brune, mais il appréciait ce genre de discussions avec Estelle, quand elle lui parlait de ces univers moldus qu'elle affectionnait tant. A chaque fois il voyait le regard de son amie s'animer par la passion qu'elle avait pour ces mondes imaginaires.

Les deux préfets se firent malheureusement sortir de leur conversation par le bruit sourd de mannequins tombant au sol. En effet, James et Sirius s'étaient lancés à l'assaut des différentes cibles, chacun essayant d'en faire tomber plus que l'autre. Une chose était sûre, ces deux-là étaient prêts pour le début des cours pratiques. Plus loin, Jessica et Julia avaient rejoint le podium sorcier et Maureen et Ophélie fouillaient dans un coffre explorant les milles et une merveille qu'il pouvait contenir.

Voyant qu'aucun de leurs amis n'avait l'intention de partir tout de suite, le lycanthrope et Estelle se dirigèrent vers la grande bibliothèque qu'ils rêvaient tous deux de parcourir. Remus opta pour Le petit traité des sortilèges de défense pour sorciers expérimentés tandis qu'Estelle prit Le guide ultime de magie défensive et ils s'installèrent sur les canapés.

Bien vite, leurs échanges reprirent, mais cette fois-ci sur les conseils et astuces qu'ils découvraient au fil des pages. Ils étaient tellement engagés dans leur conversation, que c'est à peine qu'ils remarquèrent Jessica qui était venue récupérer sa baguette qui avait volé à leurs pieds. Cette dernière repartit vers le podium avec un petit sourire en coin, constatant que son intervention n'avait même pas réussi à percer la bulle qui entourait ses deux amis. Décidément, se dit la rousse, une fois ensemble, ces deux-là étaient imperturbables.

C'est finalement Maureen qui finit par rappeler à l'ordre les deux préfets en leur indiquant une heure plus tard que le couvre feu était bien plus que dépassé. C'est presque à contrecoeur que Estelle, Remus, et leurs amis durent ranger leurs baguettes et prendre le chemin de la sortie, afin de rejoindre leurs dortoirs respectifs.

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Ron poussa un énième soupir de désespoir. Cela faisait bien quarante minutes qu'ils étaient tous deux accoudés, Ophélie et lui, au rebord de pierre délimitant la petite cour intérieure de Poudlard. La Serpentard lui avait donné rendez-vous, en ce mardi après-midi, après le déjeuner pour une « leçon comportementale ». Ils s'étaient retrouvés au grand escalier en pierre en sortant de la Grande Salle et la jeune fille l'avait guidé jusque-là, prétextant d'une image valait mille mots. Observer des spécimens en plein action lui permettrait de mieux appliquer par la suite les techniques qu'elle allait lui apprendre.

Ni une ni deux, ils s'étaient retrouvés à analyser les différentes manières de se tenir, de marcher, de s'habiller ou même de s'exprimer des jeunes hommes composant la fine flore masculine de l'élite de Poudlard, d'après Ophélie Grint.

- Tu vois Weasley ? Regarde comme il remet nonchalamment son sac sur son épaule, regarde… Tout un art.

Ron ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Ophélie, elle, avait un regard appréciateur rivé sur Blaise Zabini, qui venait de jeter sa sacoche à son épaule et reprenait le chemin vers l'intérieur du château. Un fin sourire vint étirer les lèvres d'Ophélie alors que Ron, ne pouvant s'empêcher de râler, répondait.

- Bon c'est fini pour aujourd'hui… J'en ai un peu marre de mater des mecs. Et je comprends toujours pas en quoi faire le clown comme ces zigotos va me permettre de montrer à Hermione que je m'intéresse à elle.

- Ca peut te paraître stupide, mais ce que je veux te faire comprendre, c'est que c'est l'assurance qui se dégage de ses gestes tout à fait anodins qui plait aux filles.

Sur ces mots la jeune fille s'éloigna du rebord de pierre contre lequel elle était appuyée, et s'étira longuement, presque comme un chat, avant de reprendre.

- La leçon est terminée pour aujourd'hui Weasley. Allez viens, il nous reste un bon quart d'heure pour rejoindre le cours du professeur Burbage.

Les deux adolescents se retrouvèrent alors à déambuler dans les couloirs de Poudlard. Depuis le premier cours d'histoire de la magie, durant lequel Ophélie avait eu l'idée saugrenue de proposer son aide au roux dans ses tergiversations sentimentales, ils s'étaient revus plusieurs fois, comme aujourd'hui afin que la Serpentard puisse prodiguer ses précieux conseils en matière de fille au jeune Gryffondor.

Ophélie avait tout d'abord cherché à rafraîchir la garde-robe du jeune homme. Elle lui avait dorénavant interdit de sortir sa chemise de son pantalon, et il prenait tous les matins le temps de nouer correctement sa cravate rouge et or autour de son cou. Ces quelques petits changements dans son style vestimentaire lui avaient valu un compliment appréciatif de la part d'Hermione.

Ophélie lui avait aussi conseillé de faire preuve d'un peu plus d'attention envers son amie. Il s'était alors mis à lui proposer son aide pour porter une partie de ses nombreux livres de cours. Il s'était mis à lui tenir la porte plus souvent, et il avait pris l'habitude de lui garder un dessert si elle était en retard aux banquets les soirs où ses obligations de préfète empiétaient sur ses heures de repas. Et encore une fois ses efforts avaient porté leurs fruits.

Hermione, avait semblé agréablement surprise lorsqu'un matin Ron était venu lui proposer de partager ses livres pendant leurs cours en commun, comme ça elle n'aurait à se soucier que de ceux de ses matières optionnelles. Faisant d'une pierre deux coups, la Gryffondor avait apprécié l'investissement du garçon, et il avait maintenant l'excuse parfaite pour passer tous ses cours à côté de la jeune fille. Ophélie avait été grandement impressionnée par cette prise d'initiative.

Ron ne pouvait que constater les avantages que les conseils d'Ophélie lui prodiguaient. Se faisant, le jeune homme s'était mis à moins rechigner durant leurs entrevues, et de plus en plus souvent c'était lui qui venait vers elle lorsqu'une question sur le comportement féminin lui taraudait l'esprit.

Les deux Poudlariens marchaient donc silencieusement dans les couloirs du château lorsque Ron reprit la parole.

- Je suppose que chez les Serpentard le recrutement de nouveaux membres pour nos futurs cours n'a pas dû être très florissant.

- Tu supposes bien… souffla Ophélie.

En effet, Julia et elle avaient été catégoriques. Sachant que la moitié des élèves de leur maison allaient finir dans la brigade inquisitoriale durant cette année, elles n'avaient pas jugé utile de faire du recrutement au sein des verts et argents pour la conception de l'AD.

- Mais ça ne nous empêche pas de faire notre propagande auprès d'élèves dans d'autres maison, reprit Ophélie. Jeudi dernier, Julia et Maureen en ont parlé avec quelques élèves de Poufsouffle, et c'est quasiment sûr que Justin Flint-Fletcher et Susan Bones seront de la partie.

- C'est vraiment incroyable qu'autant de monde veuille participer à ces cours clandestins quand même. Je pensais pas que cette idée aurait autant de succès, avoua Ron.

- Je trouve ça normal, au contraire, répondit Ophélie, baissant un peu le ton. Voldemort est de retour. Et les personnes avec un minimum de jugeote se rendent compte que le ministère fait tout pour se voiler la face, en nous imposant un professeur comme Ombrage.

- T- tu… ne devrais pas… prononcer son nom comme ça…, balbutia Ron, le teint livide.

- Pourquoi ? ce n'est qu'un nom. « La peur d'un nom ne fait qu'accroître la peur de la chose elle-même », dit Ophélie citant mot pour mots les propos que Hermione Granger avait utilisé pour s'adresser à Lucius Malfoy dans Harry Potter et la Chambre des Secrets.

- Tu parles comme Hermione..., répondit Ron.

- Une fille intelligente cette Hermione, reprit la jeune fille, un sourire énigmatique aux lèvres.

Ophélie ne l'avait jamais avoué à personne, mais Hermione Granger avait été son personnage préféré dès sa lecture du premier tome de la saga sorcière. Elle l'avait prise en modèle, admirant son intelligence, ses valeurs et la force de conviction dont elle pouvait faire preuve lorsqu'elle avait un projet à coeur.

Ron n'eut pas le temps de répondre, la cloche sonna. Une marée d'élève se déversa alors dans les couloirs de l'école. Notre duo atypique se frayait du mieux qu'il pouvait un chemin vers leur future salle de cours. Arrivant enfin au bout du couloir il ne leur restait qu'une coursive à remonter pour arriver à destination. Alors qu'Ophélie s'y engageait, elle sentit une résistance au niveau de son bras. Curieuse elle tourna alors les yeux en direction de l'entrave et son regard rencontra celui océan d'un troisième année de Gryffondor.

- Denis Crivey ? s'étonna Ophélie.

Le jeune homme avait les pommettes rosies et le souffle court, surement dût à la petite course qu'il avait faite pour arriver à leur hauteur.

- Ex- Excusez-moi de vous… Vous déranger, commença à bégayer le garçon. Avec mon frère Colin, on a entendu parler des cours de magie interdits que vous allez faire…

Il n'eut pas le temps de poursuivre, Ron guida le petit trio dans un alcôve un peu à l'écart.

- Doucement Denis, si par malheur, Ombrage vient à en entendre parler on va avoir des ennuis, dit Ron à voix basse. En plus c'est risqué si on est vu à trois ensemble, depuis ce stupide décret…

- Ronald, laisse-le parler, le coupa Ophélie.

Le roux maugréa dans sa barbe inexistante, mais invita tout de même d'un brusque geste du menton le garçon à poursuivre.

- Voilà, on a eu vent de ce que vous cherchiez à mettre en place, des cours de DCFM que Neville et d'autre cinquième année donneraient aux élèves qui voulait apprendre à se défendre… Et on aimerait beaucoup pouvoir y participer.

- Bien entendu, lui répondit Ophélie. Toute personne motivée est plus que bienvenue pour venir grossir notre classe.

- La réunion d'accueil aura probablement lieu ce week-end, lui répondit Ron. Samedi ou dimanche après-midi. Dès qu'on en sait plus sur l'heure et le lieu, on vous tiendra au courant. Mais surtout souvenez-vous. Restez discret à ce sujet.

Le regard bleuté de Denis s'écarquilla de joie à l'entente des mots de Ron.

- Oui, c'est promis, répondit le petit griffon, on va se faire discret sur tout ça. Alors à ce week-end !

Et sur ces mots il partit au pas de course rejoindre sa future classe.

- C'est officiel alors ? demanda Ophélie, alors qu'ils reprenaient eux aussi le chemin vers leur salle de cours. Vous avez trouvé un endroit pour la première réunion ?

- Non pas encore, mais comme les Maraudeurs ont réussi à trouver une salle qui…

- Excuse-moi ? le coupa la Serpentard. Comment ça "les Maraudeurs ont réussi à trouver une salle" c'est nous qui avons découvert la Salle sur Demande ! Ces gargouilles, comment osent-ils s'attribuer notre mérite ?

- Oui bon, qu'importe qui l'a trouvée, le plus important c'est qu'on a un endroit pour nos cours, répliqua Ron. Mais Hermione pense qu'il serait préférable de faire la réunion d'inscription dans un lieu différent. Histoire que si certains se désistent, ils ne sachent pas où auront lieu nos rendez-vous.

- Et vous pensez faire ça où du coup ?

- On pensait à une salle de classe inutilisée, si c'est juste pour une réunion d'information ça sera amplement suffisant. Il faut juste que ça soit quelque part que personne ne fréquente.

- A part la forêt interdite, et les toilettes de Mimi Geignarde, y'a pas cinquante mille endroit où personne n'ira fouiner, rit Ophélie.

Sur ces paroles ils passèrent le pas de la porte de classe et rejoignirent leurs places respectives en attendant le début du cours.

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- Page deux cent cinquante-huit, se trouve un approfondissement théorique du chapitre huit. Ceux qui en auront fini l'étude en premier pourront commencer à recopier l'annexe.

Jessica soupira presque trop bruyamment. Cela faisait maintenant une demi-heure que son cours de DCFM du jeudi avait commencé et elle ne supportait plus l'air satisfait d'Ombrage lorsqu'elle les regardait copier des lignes. Depuis qu'elle et ses amis œuvraient à la mise en place de l'AD, elle se découvrait des envies de rébellion qu'elle ne se connaissait pas. Elle ne pouvait cependant rien faire d'utile dans cette salle de classe et c'est machinalement qu'elle tourna la page de son livre de cours. Les lignes écrites n'arrivèrent pourtant pas à la captiver et la jeune fille laissa son attention dériver sur les autres élèves de la classe.

À la table juste devant elle, Maureen et Estelle avaient arrêté de copier leur manuel. De ce qu'elle pouvait apercevoir, elles s'étaient lancées dans une partie de morpion géante. La rousse soupira de nouveau, ce n'est pas avec sa voisine, une autre Serdaigle du nom de Lisa Turpin, qu'elle pourrait se lancer dans ce genre d'activités.

Quelques tables plus loin à sa droite, Padma Patil avait osé sortir sa baguette sous son bureau, faisant quelques ronds avec, s'entrainant silencieusement à lancer un sortilège. Jessica se dit qu'elle ne ferait jamais une chose pareille. Avec la maladresse qui la caractérisait, elle serait capable de faire tomber l'artefact magique et de le faire rouler jusqu'au bureau du professeur.

C'est pourquoi elle crut rêver lorsqu'elle vit la baguette de Padma lui tomber des mains et commencer à rouler tout droit en direction d'Ombrage. La jeune fille poussa un gémissement de désespoir en voyant sa baguette se rapprocher dangereusement des pieds du professeur.

Les regards des deux Serdaigle se croisèrent et sans vraiment y réfléchir Jessica se leva de sa chaise bruyamment pour couvrir le bruit que faisait sa camarade de classe. Voyant que celle-ci cherchait un moyen de récupérer sa baguette le plus discrètement possible, la rousse essaya de faire diversion.

- Professeur ?

Toute la classe se retourna vers l'adolescente. Il était plus que rare que quelqu'un se manifeste durant les cours et son intervention avait réveillé une bonne partie de la classe. Estelle et Maureen la regardèrent avec des yeux ronds se demandant quelle mouche l'avait piquée.

- Oui miss Roots ? Une question sur le Protego ? Il me semble pourtant que tout est expliqué clairement dans votre livre.

Jessica jeta un coup d'œil à Padma qui avait profité de la diversion et avait presque réussi à récupérer sa baguette.

- Je… Je me demandais si vous pourriez nous faire une démonstration. Rien n'est écrit sur la manière de lancer ce sortilège, improvisa la rousse.

- Une démonstration ?

Ombrage regarda la jeune fille étrangement.

- Oui, après tout nous devrons bien le pratiquer… pour les B.U.S.E.

- Je pensais avoir été claire au début de cette année. Une étude approfondie et théorique vous permettra de réussir vos examens sans au-cun problème.

- Mais…

- Je ne vous permets pas de remettre en cause mes méthodes éducatives ! La pratique de la défense contre les forces du Mal est dangereuse pour des élèves de votre niveau et je ne veux pas vous voir jouer inutilement avec vos baguettes. Après tout, on ne laisse pas les enfants jouer avec ce qui est dangereux.

L'adolescente ne contre-argumenta pas. Elle savait que c'était peine perdue et surtout, Padma avait enfin regagné sa place en lui lançant un merci silencieux. Elle ne put par contre pas s'empêcher de baragouiner un « vieux crapaud rabougri » alors qu'elle se rasseyait.

- Miss Roots, vous dites ?

- Je… non rien ! tenta la rousse effarée à l'idée qu'elle l'ait entendue.

- Et bien, une heure de retenue demain vous apprendra peut-être à parler plus clairement.

Jessica blêmit à la phrase du professeur mais n'osa pas dire un mot de plus, ses velléités de rébellion bien refroidies après cet incident. C'est la mort dans l'âme, à la fin du cours, qu'elle se dirigea vers le bureau du professeur afin qu'elle lui précise l'heure et le lieu de la retenue. Elle avait l'impression de déjà sentir quelques fourmis sur le dos de sa main lorsqu'elle récupéra le petit papier que lui tendait Ombrage.

Contrairement à ce qu'espérait l'adolescente, ce n'était pas Estelle et Maureen qui l'attendaient à la sortie de la salle de classe mais Padma Patil suivie de près par Michael Corner.

- Merci pour tout à l'heure, fit Padma. Sans toi j'étais bonne pour au moins une semaine de retenue.

Les trois Serdaigle s'éloignèrent de la salle de cours d'Ombrage et se dirigèrent vers la Grande Salle.

- Y'a pas de quoi. Toi au moins tu as eu l'audace de sortir ta baguette pour t'entrainer à t'en servir.

- Non vraiment, tout le monde ne l'aurait pas fait. Je suis désolée que tu aies pris une retenue à cause de moi. Tu sais… - Padma baissa d'un ton et regarda autour d'elle pour voir si aucune oreille indésirable ne traînait - ma soeur m'a dit que quelques Gryffondor, dont Neville Londubat, mettaient en place des cours de DCFM clandestins pour compenser la merde théorique d'Ombrage.

- Elle était en train de m'en parler, intervint Michael. Mais au vu ce que tu as dit en cours, on s'est dit que ça pourrait peut-être t'intéresser.

Jessica n'en crut pas ses oreilles. Elle était en train de se faire recruter dans l'AD. C'était son rôle à elle normalement, d'aller aborder les gens. Elle était quand même heureuse de voir que les membres de sa maison lui faisaient assez confiance pour lui parler d'une organisation secrète. Réprimant un rire face à cette situation plus que cocasse, la rousse repris la parole.

- Je suis déjà au courant, j'étais là quand Hermione a décidé de créer ça. Je voulais vous en parler justement.

- Les grands esprits se rencontrent, sourit Padma.

- Pas besoin qu'on te l'explique davantage alors, remarqua Michael.

- On se tiendra au courant, si l'un d'entre nous en sait plus sur l'heure ou le lieu de rendez-vous, conclut Padma alors que le trio s'approchait des portes de la Grande Salle.

Malgré son heure de retenue Jessica était reboostée de voir à quelle point le bouche-à-oreille avait bien fonctionné et c'est le sourire aux lèvres qu'elle se dirigea vers la table des Serdaigle où elle retrouva le reste de ses amies les assiettes déjà pleines.

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Le lendemain soir, Estelle sortit avec précipitation de la bibliothèque. Elle avait profité d'une heure de libre après son dernier cours du vendredi pour étudier. Plongée dans un ouvrage sur les potions guérisseuses, elle en avait perdu la notion du temps et en avait presque oublié son repas, que Mme Pince avait eu la bienveillance de lui rappeler. Les bras chargés de livres, la Serdaigle courut presque jusqu'à la Grande Salle. Entrainée dans sa course, elle parvint de justesse à s'arrêter pour ne pas renverser la brune qui lui barrait le passage.

- Oh, pardon, s'excusa Estelle essoufflée.

- Ne t'en fais pas, lui répondit Hermione. Le dîner est toujours là, le dessert n'est même pas servi.

Elle lui adressait un sourire chaleureux, ce qui était peu coutumier.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda la Gryffondor en se servant dans la pile de livres qu'elle tenait. Onctions et potions pour fractures et mutilations. Intéressant.

- Il est plus complet que ce que je pensais, répondit la brune.

Hermione ouvrit l'ouvrage comme pour le feuilleter avant de le lui rendre.

- Il y a presque une quarantaine de potions qui pourraient servir à guérir les fractures, c'est incroyable ! s'exclama soudain la Gryffondor.

Estelle la regarda avec de grands yeux. Outre le fait que cette réplique était sortie de nulle part, cela était complètement faux : il y en avait plus d'une centaine. Elle n'eut cependant pas le temps de répliquer que la jeune fille était déjà partie, saluant poliment Ombrage qui entrait elle aussi dans la Grande Salle.

La Serdaigle décida d'aller rejoindre la table des Poufsouffle où ses amies se trouvaient déjà. En posant sa pile de livres sur la table, elle remarqua un petit bout de parchemin dépassant d'un ouvrage, au moment-même où Ophélie disait.

- Complètement folle Hermione aujourd'hui. D'abord les piafs de la volière, ensuite elle oublie son verre de jus de citrouille.

- Les piafs de la volière ? demanda Estelle en retirant le papier du livre.

Sur le minuscule morceau de parchemin, une écriture encore plus minuscule : celle d'Hermione.

- Elle est venue nous demander si on avait un courrier à envoyer, parce qu'il y avait moins de quarante hiboux dans la volière, répondit Maureen à la question de la Serdaigle.

- Quarante ? sourit Estelle qui avait enfin compris. Moi, elle vient de me dire qu'il y avait environ quarante potions pour soigner les fractures.

Mais ses amies la regardèrent sans comprendre. Elle sourit davantage et souleva le verre de jus de citrouille à moitié plein que Hermione semblait avoir oublié. Dessous, le même morceau de parchemin qu'elle avait trouvé dans son livre. Elle le fit glisser vers Julia, Ophélie et Jessica afin qu'elles le lisent, tandis qu'elle montrait le sien à Maureen.

- Dimanche à quinze heures dans les toilettes de l'aile ouest du deuxième étage ? s'étrangla presque cette dernière. Mais c'est les toilettes de Mi…

- Chut ! lui asséna Julia. Tu vois bien que Hermione s'est cassé la tête à essayer d'être discrète.

Elle jeta un regard vers la table des professeurs où fort heureusement, Ombrage ne semblait pas les avoir entendues, comme absorbée par la quantité de sucre qu'elle ajoutait à son porridge. Elle se pencha à nouveau vers Estelle pour lui demander en chuchotant.

- Ok pour le mot, mais c'est quoi son problème avec les piafs et les potions ?

- Quarante, lui répondit presque en soupirant la brune. Elle doit certainement vouloir nous dire qu'il y aura environ quarante personnes.

- Tout ça ? s'étonna Maureen.

- Elle est pas franchement douée en messages codés la Granger, railla Julia.

Jessica, qui ne s'était jusqu'alors pas exprimée, car dépitée par son entrevue à venir avec Ombrage, dit enfin.

- On a enfin un vrai rendez-vous, c'est génial !

- Tu vas pouvoir penser à autre chose pendant ta retenue Jessica.

- Je vais ricaner en mon fort intérieur, fit la rousse qui semblait avoir soudain regagné son énergie.

Les cinq françaises éclatèrent de rire de bon coeur. Sur cette note positive, elles finirent leur dîner, et l'ambiance était si détendue que Jessica en oublia presque l'heure.

- Niouk ! s'exclama-t-elle en remarquant l'horloge.

Elle était en retard à sa retenue avec Ombrage ! Elle ramassa avec précipitation ses affaires et se rua dans les couloirs de Poudlard, manquant de se rétamer dans les escaliers du premier étage. Elle arriva heureusement en un seul morceau au deuxième étage et trouva sans difficulté le bureau du professeur de défense contre les forces du Mal. Elle frappa deux petits coups peu assurés.

- Vous êtes en retard, miss Roots ! fit Ombrage en ouvrant la porte.

La professeure pointait sa montre en argent qui affichait ses cinq minutes de retard. Elle s'écarta pour laisser l'adolescente pénétrer ses locaux. Celle-ci eut l'impression d'étouffer. A la différence du film Harry Potter et l'Ordre du Phénix, les murs n'étaient pas peints en rose. Cela dit, la pierre grise de Poudlard était recouverte de mille ornements. Des assiettes décoratives représentant des chatons aux couleurs criardes couvraient les trois quarts des murs, le reste portait des étoffes ornées de dentelles. Des vases de fleurs séchées étaient exposés sur des petits napperons flottants, et des nappes à fleurs roses et violettes couvraient deux petits bureaux posés de part et d'autre de celui en acajou lustré d'Ombrage.

A l'un d'entre eux, était attablé un grand garçon aux cheveux en dreadlocks, vêtu des couleurs de Gryffondor : Lee Jordan, devina Jessica. Le coin de ses lèvres se souleva en un petit sourire avant qu'il ne se penche à nouveau sur sa copie, où quelques lignes étaient déjà écrites. En allant prendre place sur le deuxième bureau, les yeux de la rousse tombèrent sur sa main mate, où se dessinaient déjà des traits rouges : « Je ne dois pas me moquer des décrets d'éducation ».

- Hum hum, dit Ombrage en sollicitant son attention. Vous recopierez « Je ne dois pas être insolente, ni être en retard ». Jusqu'à ce que cela pénètre bien.

Jessica avisa la plume à torture du professeur, elle savait très bien ce qui l'attendait. Elle ne rouspéta pas, cela n'apportant rien de bon, et saisit l'objet. Elle caressa un instant l'idée d'écrire "Londubat on te croit", mais Ombrage était restée debout face à elle. Elle prit une grande inspiration, et commença à écrire sur le parchemin.

Dès les trois premiers mots, sa main gauche commença à la piquer. La rousse serra les dents, et pris le parti de ne pas la regarder. Elle était déjà terrorisée par les aiguilles et les piqûres dans le monde moldu, elle était convaincue qu'elle s'évanouirait au cours de cette épreuve. Elle garda sa main bien inclinée en continuant d'écrire, et se fit force pour ne pas lorgner sur les lettres qui commençaient à se dessiner sur sa peau. Mais la douleur était réelle, et à la troisième ligne, elle laissa échapper un gémissement.

Ombrage prit cela pour un signe, et fit un « hum » satisfait en allant prendre place à son propre bureau, où elle se versa un thé, dans lequel elle ajouta quatre bonnes cuillères de sucre raffiné. En tournant sa cuillère dans sa tasse, le tintement retentit dans les tempes de Jessica qui se sentit davantage oppressée.

Elle s'efforça de respirer pour s'éclaircir les idées, et poursuit son écriture, en se forçant à penser à autre chose que la douleur qui irradiait sur le dos de sa main. James émergea aussitôt dans son esprit, et elle l'en chassa illico, sentant son coeur s'emballer. Ses pensées dérivèrent donc vers la nouvelle qui était arrivée plus tôt au cours du repas : la réunion de création de l'Armée de Dumbledore qui aurait lieu dimanche. Un léger sourire vint remplacer sur ses lèvres la grimace de douleur qu'elle avait.

Elle avait hâte que les cours de l'AD commencent, bravant tous les interdits d'Ombrage. Elle regarda du coin de l'oeil Lee Jordan, qui en ferait probablement partie, et leurs regards se croisèrent. Ils se sourirent mutuellement, devant certainement penser à la même chose, et revinrent à leur copie.

C'est en gardant ses pensées sur l'AD que Jessica parvint à ignorer savamment sa main et à survivre à la torture qu'elle traversait. Si bien qu'elle fut presque surprise lorsque Ombrage leur signala qu'ils pouvaient rejoindre leurs quartiers respectifs, maintenant que la leçon était bien imprimée.

En s'arrêtant d'écrire, elle commença à sentir la douleur émerger davantage. Elle se retrouva bientôt dans le couloir avec Lee et ils se mirent à marcher ensemble.

- On en a enfin fini avec ce crapaud tordu, chuchota le garçon lorsqu'ils furent suffisamment loin.

- J'espère ne plus jamais mettre les pieds dans ce bureau maudit, soupira la rousse.

- Je te raccompagne ? proposa Lee Jordan.

Jessica considéra cette option, mais elle devait retrouver ses amies dans leur salle secrète.

- C'est gentil, mais ça ira, merci, refusa-t-elle poliment.

Le Gryffondor haussa les épaules, et ouvrit la porte d'un placard à balais, passage secret qui menait directement au cinquième étage.

- Bonne nuit alors, Jessica… et à dimanche ! lui lança-t-il avec un clin d'oeil.

Il faisait référence à la réunion de l'AD. Elle n'eut pas le temps de lui répondre la même chose qu'il avait déjà disparu, et le silence retomba dans le couloir.

Maintenant qu'elle était seule, la douleur de sa main sembla soudainement prendre le dessus. Sa peau la brûlait, la déchirait, elle avait l'impression que sa main était dans un broyeur. Son coeur battait à ses tempes, elle ne savait plus ce qu'elle était en train de faire, et elle céda. La tentation était trop forte, elle devait voir. Elle leva sa main gauche et découvrit avec horreur le spectacle affligeant qu'elle représentait. Une longue balafre en forme de mots barrait la longueur de sa main. La plaie était à vif, presque mauve et contrastait avec la pâleur de sa peau laiteuse.

Elle sentit son sang quitter ses joues, tandis qu'une substance acide remontait son oesophage. Elle posa sa main droite sur sa blessure, comme pour cacher la vue de son immondice. La tête lui tournait, elle ne savait plus où elle était, où elle devait aller. Elle sentait qu'elle allait s'évanouir d'un moment à l'autre, lorsqu'une voix la tira du cauchemar.

- Jessica ?

La jeune fille releva doucement les yeux et son regard tomba sur un James inquiet qui trottinait dans sa direction.

- James…, souffla la jeune fille toujours hagarde. Qu- qu'est-ce-que tu fais là ?

Sa vision se faisait un peu trouble, mais elle put tout de même apercevoir la légère inquiétude qui transparaissait sur le visage de son ami.

- Je suis venue te chercher. On est tous réunis au QG. Avec les garçons on a appris après le dîner que tu avais eu une retenue avec Ombrage… Comment va ta main ?

A ces mots Jessica resserra légèrement sa prise autour de sa main blessée.

- Ca va… Ca me lance un peu et je saigne, mais...

- Fais-moi voir ça, la coupa gentiment James en lui prenant délicatement la main.

Jessica le laissa faire, pinçant les lèvres pour ne pas laisser échapper un quelconque son signifiant qu'elle souffrait.

- Allez, suis-moi, on va s'occuper de ta main.

Les deux adolescents prirent la direction du petit couloir qui menait au portrait des chiens qui gardait secrète l'entrée de leur cachette.

Lorsque Jessica passa le trou pour entrer dans le QG ses joues avaient repris quelques couleurs, sûrement dû au fait que James avait† gardé sa main dans la sienne pendant tout leur trajet. La douleur était toujours bien présente bien sûr, mais voir James aussi inquiet et consciencieux vis à vis d'elle, faisait battre son pauvre petit coeur bien trop rapidement.

Tout leur petit groupe était présent. Ophélie et Maureen somnolaient légèrement dans les fauteuils près de la cheminée. Remus et Estelle, installés à la grande table au centre de la pièce, étaient tous les deux partis dans une conversation passionnée sur l'organisation de leurs futurs cours de DCFM clandestins.

Julia était dans ce qu'elle appelait son « petit labo ». En effet dans le renfoncement arrière de la pièce tout le mur était recouvert d'étagères que la petite Serpentard avait aménagé en petite officine où s'accumulait les potions, onguents, et baumes qu'elle avait chapardé et confectionné tout au long de leur première année à Poudlard. Elle avait aussi placé une petite table d'appoint sur laquelle trônait son chaudron au-dessus duquel elle était penchée en ce moment même, remuant doucement une mixture jaunâtre. Sirius était vautré sur une chaise non loin d'elle, lui faisant la conversation à moitié.

- Jessica ! s'exclama Estelle s'apercevant enfin de sa présence, alors que James aidait la rouquine à s'installer sur le canapé près de Maureen et Ophélie.

La brune vint s'assoir à côté de son amie, tandis que James, toujours sans la lâcher s'asseyait de son autre côté.

- Tu n'as pas trop mal ? s'enquit Estelle posant un regard inquiet sur la main meurtrie de son amie.

Oui, sa main la faisait souffrir, elle ne pouvait le nier. Mais retrouver tous ses amis dans leur havre de paix, se sentir entourée par eux, et la douce pression du pouce de James caressant le haut de sa main, faisait qu'elle supportait beaucoup mieux la douleur physique.

- Ca fait mal, mais c'est supportable, finit par répondre Jessica, se concentrant sur la caresse que James lui prodiguait.

Elle sentait sa tête s'enfonçait lentement dans le moelleux des coussins, et son corps se détendit peu à peu. Cette sensation de confort contrastait drastiquement avec l'oppression qu'elle avait subi durant son heure de retenue, ainsi qu'avec les haut-le-coeur qu'elle avait ressenti lorsqu'elle avait constaté l'ampleur des dégâts sur sa main. Bientôt une douce odeur sucrée vient lui titiller les narines, relevant le regard elle tomba nez à nez avec les yeux dorés de Remus.

-Tiens, mange ça, ça va te faire du bien.

Le jeune homme lui tendait un énorme morceau de chocolat en lui adressant un sourire rassurant. De sa main valide, la Serdaigle s'en empara et en croqua une bonne partie qu'elle laissa fondre sous sa langue.

- J'ai fini ! s'exclama alors la voix de Julia.

La petite Serpentard préleva quelques louches de sa décoction qu'elle versa dans bol pour l'apporter à Jessica.

- Pour ta main : c'est de l'essence de Murlap, pour soulager la douleur. Et pour aider à la cicatrisation j'y ai rajouté du Calendula.

Une seconde vague de chaleur envahit le coeur de Jessica. Elle était si heureuse d'avoir des amis aussi prévenants.

- Donne-moi le bol, c'est moi qui m'occupe d'elle, intervint James.

Jessica ne tenta même pas de rouspéter bien trop heureuse d'être le centre d'attention du Gryffondor. Elle le sentit plonger délicatement sa main souffrante dans la mixture et aussitôt la douleur s'atténua. Elle ne ressentait qu'un vague fourmillement à peine dérangeant. Elle se sentait bien, là, avec le pouce de James qui caressait doucement son avant-bras pour l'apaiser davantage.

- Bon, lâcha James en évitant de la regarder. Donc on a rendez-vous dimanche pour la réunion secrète.

- Ouais, dans les toilettes de Mimi, railla Ophélie.

- C'est que provisoire, défendit Sirius. On fera nos vrais cours dans la super salle que vous avez trouvé, la, la...

- La Salle sur Demande, rattrapa Maureen.

- Ouais j'ai trop hâte !

- On va enfin apprendre à se défendre.

- Et s'entraîner pour les BUSES, compléta Jessica, à moitié comateuse.

- Et puis je n'en reviens pas qu'autant de monde veuille participer à nos cours, dit Remus. D'après Hermione, on sera au moins quarante ! C'est dingue.

- J'ai trop hâte

- Oui moi aussi !

- J'en ai plus que marre de la dictature de ce maudit crapaud !

Sur ces réjouissances, ils restèrent encore là à échanger sur leur future activité clandestine. Ils étaient heureux de pouvoir encore se retrouver tous ensemble, pour passer du bon temps, comme lorsqu'ils étaient chez eux, sans la foule de Poudlard. Et c'est dans cette bonne humeur, après une discussion passionnée qui leur prit une bonne partie de la soirée, qu'ils se séparèrent pour profiter d'une bonne nuit de rêves de rébellion.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Nous espérons que ce chapitre vous a autant plus que les précédents, nous en avons encore quelques en stock que nous partagerons avec vous dans les jours à venir.

Encore une fois n'hésitez pas à nous laisser votre avis en commentaires, ça nous fait toujours plaisir de vous lire…

Bon on voit que ça fait longtemps qu'on a pas publié, plus personne ne nous parle… Mais nous espérons que de nouveaux lecteurs viendront vite découvrir le récit de nos aventures.

Il est vrai que nous n'avons pas été un modèle de régularité dans la publication des chapitres… Mais promis cette histoire aura une fin… Pour les plus téméraire d'entre vous, ne perdez pas espoir, la suite viendra toujours :)