One-shot créé grâce à un rêve. Cela faisait longtemps que j'avais pas écrit sur eux et parce que j'ai rêvé d'eux que cela a donné ces quasi 7000 mots !

Peut avoir potentiellement une suite-fin, donc n'hésitez pas à me faire des retours si cela vous plairait !

Pour info, je n'ai pas regardé l'anime, lu les scans et les mangas depuis quelques années, donc veuillez excuser certaines incohérences potentielles.


Un instant figé dans le temps

Que c'était-il passé ? Comment en étaient-ils venus là ?

Ce qui se déroulait sous les yeux de Kurapika lui paraissait irréel. Son cerveau s'était comme figé devant la surprise. Il s'était préparé à affronter ses pires ennemis et à garder son sang-froid, mais pourquoi était-il incapable de comprendre ce qui venait de se passer à l'instant ?

Léolio fut celui qui réagit finalement et recula en se couvrant la tête pour ne pas se prendre des coups. Ce qui était quand même comique, car il ne rivalisait pas avec la puissance de Kurapika.

- Pitié, ne m'étripes pas ! Je ne sais pas ce qui m'a pris ! hurla Léolio terrorisé. Je suis désolé !

Kurapika porta doucement sa main sur ses lèvres. Pourtant, il aurait pu l'éviter, l'esquiver, le plaquer au sol pour riposter, mais il n'avait rien fait de cela. Pourquoi ?

Sans dire un mot, il récupéra l'usage de ses jambes, et sortit de la pièce, le cerveau encore brumeux.

Léolio ne le suivit pas.

Ses pas le portèrent au toit de l'immeuble délabré.

Kurapika sentit l'air frais d'un soir d'été et s'assit sous la voûte céleste repassant dans son cerveau les images de l'événement.

Pourtant rien ne laissait à croire que cela se passerait ainsi.

Gon et Kirua avaient à faire dans la ville où Léolio faisait ses études, et une piste pour récupérer les yeux de son clan l'avaient mené également dans la ville lui-même.

Chacun avait ses propres objectifs mais Léolio avait insisté pour l'accompagner.

La piste ne menait finalement à rien.

Léolio tenta de lui remonter le moral.

Alors comment s'était-il retrouvé à ce que ce dernier pose ses lèvres sur les siennes ?!

Kurapika soupira.

La confusion, c'était tout ce qu'il retenait de cet événement.

Pourquoi Léolio l'avait embrassé ? Pourquoi lui-même n'avait-il pas réagi en le repoussant ? Pourquoi son cerveau ne comprenait rien ?

Où étaient donc passé ses réflexes, son corps avait-il décidé tout seul de tolérer cet étranger ?

Et enfin, quel étranger ? C'était Léolio son ami…

Kurapika ne se comprenait pas. Il n'en voulait pas à Léolio, mais il n'avait pas imaginé que cela puisse être un jour possible d'avoir ce genre d'interaction. Lui qui vivait d'habitude de stratégies et de vengeance.

Le geste n'était pas anodin, il le savait, mais enfin c'était tellement insensé, à quel moment dans le choix des possibilité cela avait été possible ?

Fatigué par tout cela, Kurapika jugea finalement opportun de se reposer.

Léolio n'avait pas bougé et accueilli le retour de son ami avec appréhension.

- Rentrons, lâcha Kurapika sans ménagement.

- Tu ne veux pas en parler ? demanda Léolio. Après tout, si tu dois m'engueuler autant le faire tout de suite…

- Non ça ira, trancha Kurapika d'un ton sec.

- Attends, je veux juste te dire que je n'aurais jamais dû faire ça sans ton consentement et que je suis profondément désolée, lança précipitamment Léolio comme s'il avait révisé ses excuses pendants ces longues minutes d'absence.

- Ça ira, fit Kurapika sans animosité.

Ils rentrèrent en silence dans l'appartement de Léolio.

Gon et Kirua étaient revenus de leur expédition et étaient en train de jouer au dernier jeu vidéo de Léolio.

Les deux jours suivants se passèrent tranquillement, Kurapika s'étant engagé à aider Gon et Kirua avant son départ, les quatre amis eurent beaucoup de choses à faire. Léolio s'accordait parfois du temps pour réviser.

L'état du cerveau de Kurapika ne semblait pas s'arranger. Il ne cessait de repenser avec incompréhension à ce baiser. Les images tournaient en boucle dans sa tête. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Si les raisons qui avaient poussé à agir Léolio lui étaient incompréhensibles, son manque de réactivité le perturbait encore plus.

Pire, la présence de Léolio lui était devenue vraiment étrange. Il se surprenait à l'observer pour essayer de le comprendre, puis à certains moment Kurapika perdait ses moyens et avait été capable de briser une tasse. C'était quand même étrange tout cela ? Pourquoi son cœur battait-il plus vite ? Était-il malade ?

Cette différence ne parut pas inaperçue à tout le monde, car Kirua vint le voir à un moment pour lui faire une remarque :

- Tu agis un peu bizarrement en ce moment, t'as perdu tes réflexes et tu as l'air perdu dans tes pensées !

Cette remarque alarma Kurapika, qui y voyait une sorte de marque de faiblesse.

- Bizarrement ça arrive souvent quand Léolio est dans les parages !

Avait-il compris quelque chose qui lui échappait à lui-même ?

- Je crois que tu es vraiment surmené ! lâcha Kirua. Tu devrais faire gaffe à ta santé !

Le surmenage, vraiment ? Kirua n'avait jamais assisté à ses propres journées interminables au service du clan Nostrad ! Et le surmenage, était-ce vraiment la seule conclusion que c'était imaginé le plus jeune ?

Le problème c'était autre chose, mais quoi ?

- Plutôt une sorte de maladie… concéda Kurapika en pleine réflexion.

- Ah bon ?! T'es malade ? Ne le dis pas à Gon ! Il va être vraiment préoccupé ! s'exclama Kirua alarmé.

Kurapika rit doucement. En réalité, Kirua était un fin observateur mais un piètre enquêteur.

- Je pense que j'y survivrais, admis Kurapika ne sachant pas vraiment si ce qui le touchait était une sorte de maladie.

Léolio de son côté paraissait tellement soulagé que Kurapika ne l'ai pas brutalisé après ce qui s'était passé, qu'il feignait qu'il ne s'était rien passé.

Pour mieux réfléchir, Kurapika aimait se poser sur les toits. Etablir des stratégies pour arriver à ses fins, c'était le meilleur. Pourquoi n'arrivait-il pas à comprendre ce qui se jouait ces derniers jours ? Comment avec son intelligence, n'avait-il pas anticipé le mouvement de Léolio ? Comment se dernier était-il passé dans ses défenses ? Vraiment cela l'obsédait ! La frustration de ne pas comprendre logiquement ce qui se passait le rongeait. Et en plus, pour couronner le tout, il sentait une montée d'angoisse dès qu'ils étaient à proximité. Pourtant, il ne détestait pas Léolio, loin de là, le parcours de ce dernier était respectable, et certains excès habituels étaient mis sur le dos sur le fait qu'il était un bon vivant.

Bien sûr, Kurapika, n'était pas stupide à ce point. Il connaissait la signification logique d'un baiser. Pourtant Léolio avait eu l'air de regretter terriblement son geste. Pourquoi ce dernier avait-il alors agis ainsi envers lui ? Ce n'était pas lui qui se vantait de ses nombreuses conquêtes ?

- Avant votre départ, on pourrait aller au restaurant et fêter ça ensemble non ? proposa Léolio une fois que Kurapika fut redescendu de son perchoir.

- Bonne idée, ce sera l'occasion de passer un chouette moment ensemble ! fit Gon enthousiaste.

- Mouais, mais alors je veux une fontaine au chocolat pour le dessert ! ajouta Kirua.

- Et toi ? fit Léolio à l'adresse du dernier arrivant.

Le cœur de Kurapika s'accéléra quand il croisa le regard de son ami.

- Je… Hum, oui, avant notre départ c'est une bonne idée… fit Kurapika en reprenant de la contenance.

Il essaya d'aller dans le sens de ses amis. Ce petit interlude reposant serait de courte durée et de sombres histoires l'attendaient. Il savait qu'il valait mieux ensuite couper les ponts avec eux pendant un moment.

Le lendemain soir, ils allèrent au restaurant ensemble et quelle ne fut pas leur surprise de recroiser une amie de Léolio qui les avait aidés pour quelques bricoles.

- Masami nous accompagne bien sûr, je ne dirais pas qu'elle s'est incrustée, mais bon… hahaha ! lança Léolio joyeux.

Kurapika se demanda distraitement s'il y avait plus que de l'amitié entre eux, puis balaya cette idée d'un revers de main. Après tout en quoi cela le regardait.

Le restaurant choisi était assez onéreux et tous en tant que Hunter avaient les moyens de le payer. Sauf Masami qui paraissait assez surprise des mets proposés.

- Non mais des vrais gros riches ces Hunters ! s'exclama-t-elle.

- L'argent t'ouvre tout Masami, je te l'ai déjà dit mille fois ! lança Léolio en brandissant son verre de saké.

Masami prit la bouteille de saké pour servir Kurapika.

- Non merci, je ne bois pas d'alcool, fit Kurapika en plaçant sa main devant lui comme pour empêcher le geste.

-Mais enfin Kurapika, tu n'es plus si jeune ! Léolio, il faut lui apprendre comment c'est d'être un jeune insouciant dans ce monde ! s'écria-t-elle surprise et un peu alcoolisée.

-C'est vrai que je n'ai jamais vu Kurapika boire une goutte d'alcool, fit Léolio en riant. Je me demande s'il est capable de tenir !

Kurapika les regarda avec incrédulité. Voir des personnes perdre leurs moyens avec l'alcool ne l'enchantait pas vraiment. Dans son clan ce n'était pas interdit, mais la consommation n'était pas excessive.

- Ecoutez les vieux, fit Kirua sans ménagement. Moi je suis capable de m'enquiller une bouteille de saké et cela ne me fait absolument rien !

- Mais toi tu es trop jeune Kirua, nous ne pouvons pas nous permettre de te faire b…. commença Masami.

Kirua ne se fit pas attendre qu'il saisît une bouteille pleine de saké et commença à la boire cul sec sous les yeux ébahi de ses camarades.

- L'alcool c'est du poison, je suis entrainé à résister au poison depuis mon enfance, fit Kirua après avoir fini la bouteille. Par contre votre truc c'est déguelasse, je préfère les sodas !

Gon applaudit Kirua qui saluait son public. Masami n'en revenait pas.

- Bon alors Kurapika, tu ne peux pas refuser alors, fit-elle avec un sourire en coin.

Kurapika regarda son bourreau interdit. Qu'avait-elle en tête ?

- Kurapika, tu es jeune, tu as beaucoup de responsabilités et d'accablement dans ta vie, de ce que Léolio m'a raconté…

Kurapika jeta un regard noir à ce dernier. Que lui avait-il raconté ?

- Tu as besoin le temps d'une soirée, de savoir ce que font les jeunes de ton âge qui vivent dans une vie normale ! Si ça se trouve tes supers pouvoirs te permettent de résister à l'alcool, on ne sait pas !

- Nen, Masami, Nen… pas super pouvoirs.

- Vu comment Léolio, il y résiste, cela ne me parait pas… commença Kurapika.

- Imagine cela comme une expérience sociale ! proposa Masami.

Une expérience sociale ?

- Cela ne se produira plus jamais ! Tu ne veux pas goûter ?

C'est vrai que sa vie avait été détruite le jour où son clan fut décimé. Avoir l'impression de vivre comme une personne normale ? C'est ça que Léolio vivait tous les jours ?

Ce dernier le regardait avec intensité, curieux de la réaction.

Le combo nœud dans l'estomac et cœur qui s'accélèrent eurent raison de lui.

- Ok, je vais goûter votre boisson… céda Kurapika qui était persuadé que tout comme Kirua, les effets n'allaient pas l'atteindre.

Masami applaudit, Léolio fut vraiment surpris.

- Après tout, ne disais-t-on pas que l'alcool fait oublier les soucis ?

- J'en reviens pas, t'aurais du être avocate, fit Léolio à l'adresse de Masami avec une pointe d'admiration.

Kurapika ne savait pas pourquoi, mais Masami commençait à l'agacer et il avait bien envie de lui prouver qu'il était autre chose qu'un petit orphelin frappé par le malheur.

Dès la première gorgée, ce fut piquant et le goût un peu étrange. Il ne comprenait pas pourquoi les personnes valorisaient tant ce breuvage alors qu'il ne semblait apporter rien de plus par rapport à un thé glacé.

- Vraiment aucun intérêt, fit Kurapika en faisant la grimace.

- Il faut boire pour l'apprécier, répondit Léolio hilare devant la réaction de son ami.

Le reste de la soirée se passa avec les anecdotes de Gon et Kirua, mais aussi celles de Masami et Léolio. Kurapika écouta sans trop participer, après toutes les situations un peu banales, comme aller manger avec ses amis au restaurant, ce n'était pas trop son habitude. Il sirota le saké en s'habituant au goût doucement, cela lui parut moins agressif mais toujours autant dénué d'intérêt.

La complicité de ces duos était palpable et Kurapika se dit amèrement que sa vie aurait été autrement si son clan n'avait pas été décimé. Ces moments insouciants et de complicité auraient continué à faire partis de sa vie. Il avait choisi la vengeance, et les moments comme celui-ci étaient rares. Il devait profiter de ce court instant figé dans le temps, précieux comme toute chose éphémère.

- Et toi Kurapika, tu n'as pas des histoires à raconter de ton travail particulier ? Je ne sais plus ce que Léolio a dit que tu faisais ? demanda Masami avec curiosité.

Léolio faisait des grands signes de dénégation pour contourner le sujet, mais Masami ne l'observa pas.

- Je n'ai rien à raconter sur mon travail, trancha Kurapika plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.

Sans attendre de réponse, il se leva pour aller aux toilettes et constata avec horreur que le monde lui semblait moins précis.

Alors il n'était pas immunisé au poison comme Kirua ?

Lorsqu'il se lava les mains, il se rendit compte que ses gestes étaient approximatifs. Curieux. C'était donc ça qu'expérimentait Léolio souvent ? Aimait-il cette sensation ou alors le goût des breuvages ?

L'image d'un Léolio s'approchant de lui et qui posait ses lèvres sur les siennes, lui revint à l'esprit et acheva de l'affoler.

- Non vraiment, rien ne tourne rond ici… murmura Kurapika pour lui-même.

Pourtant, il semblait paradoxalement plus serein. Les soucis commençaient à s'atténuer au fur et à mesure que Masami ou Léolio reversaient du saké. Le verre de Kurapika n'était jamais vide, avaient-ils comploté contre lui ? La politesse lui exigeait de finir ce qui était devant lui.

- Et là Léolio avait mis deux chaussettes différentes à son examen d'oral ! Tous nos amis se sont moqués de lui ! raconta Masami hilare.

Les autres rirent de bon cœur.

Kirua bailla à s'en décrocher la mâchoire.

- Va falloir vous laisser, moi je suis fatigué, fit Kirua en s'étirant.

- Tu veux finir le niveau de Mega Hunter V, ouais ! lança Léolio avec un sourire.

- Comment t'as deviné ? lança Kirua surpris.

- C'est parce que tu me laisses jamais jouer, rétorqua Gon amusé.

- Ouais mais tu comprends pas comment marche la manette aussi ! lança Kirua. On n'arrivera jamais à finir le jeu avant notre départ !

Kurapika se dit que c'était sans doute une bonne opportunité pour rentrer car Léolio et Masami avaient l'air de s'amuser. Il se leva pour suivre Gon et Kirua…

- Tu pars déjà ? lança Léolio étonné.

Kurapika le regarda dans les yeux sans sourciller grâce à l'alcool.

- Je ne vais pas rester tenir la chandelle, lança-t-il se maudissant immédiatement.

L'alcool semblait le rendre imprudent et lui permettre de balancer ses arrières pensés sans aucun filtre.

Mais à sa grande surprise Léolio et Masami éclatèrent de rire. Ce qui le courrouça au plus haut point.

- Non mais jamais de la vie Léolio et moi ! lança Masami hilare.

- Ah oui, non pas question ! fit Léolio dans le même état.

Kurapika se sentit la chaleur sur ses joies provoquée par le sentiment de honte.

- C'est ça moquez-vous… lâcha Kurapika avec amertume. Vous avez l'air quand même assez proche.

Il était obligé de se justifier maintenant qu'il avait parlé.

- Non mais en plus Léolio me raconte toujours ses histoires avec les filles… ! lança Masami hilare.

- T'es pas en reste toi non plus ! rétorqua Léolio.

Kurapika fit un geste vers sa veste visiblement agacé.

- Vraiment reste Kurapika, j'ai d'autres anecdotes sur Léolio croustillantes ! lança Masami avec un grand sourire.

- Tu plaisantes ? lança Léolio à Masami soucieux.

La colère de Kurapika redescendit rapidement. Après tout, n'était-il pas en train de tester une expérience sociale ?

Après le départ de Gon et Kirua, Masami sembla très curieuse de la vie de Kurapika mais Léolio tentait de la freiner lorsque sa curiosité se faisait trop envahissante.

- Tu es vraiment mystérieux quand même ! lâcha Masami après un moment. Je comprends pourquoi Léolio t'apprécie tant !

Kurapika n'en croyait pas ses oreilles. Léolio quant à lui sembla protester. Qu'avait-il encore raconté à Masami ?

- Oulà, je vous laisse, faut que je … j'ailles aux toilettes !

Masami se leva précipitamment laissant les deux autres seuls. Léolio sembla la regarder partir en s'amusant.

- Ah bah oui, à un moment donné, trop c'est trop… commenta-t-il comme si c'était une habitude.

- Vous… qu'est-ce qui vous amuse tant dans tout ça ? demanda Kurapika soucieux d'avoir des retours sur l'expérience sociale qu'il vivait.

- De quoi ? De sortir et de boire des coups ? demanda Léolio surpris.

- Oui…

Il observa Kurapika avec curiosité. Son attitude lui paraissait-elle anormale ?

- Je sais pas, on s'amuse, on raconte des choses futiles, ça fait oublier la pression des études… répondit Léolio simplement.

- Oublier… oui c'est vrai qu'on a tendance à oublier des choses, murmura Kurapika en se levant et en sentant l'univers tanguer sous lui.

Léolio se leva et le tient par le bras.

Cette proximité soudaine ne fit pas paniquer Kurapika curieusement.

Les effets de l'alcool combattaient la peur aussi ?

- Je crois que tu as pas mal bu en réalité… commenta Léolio, mais tu n'es pas plus extraverti que ça finalement.

Extraverti ?

- Pas comme Masami et toi… répondit Kurapika avec presque un sourire.

- J'arrive quand même à t'arracher certaines réponses, lança Léolio avec un sourire franc.

- Et tu crois que Masami va s'en sortir ? demanda Kurapika soudain inquiet.

- Oh oui, elle a l'habitude…

Le ton de la voix de Léolio était différente de celle de tout le repas où il braillait. Cette fois-ci, elle était plus calme et douce, Kurapika avait du mal à faire de l'ordre da ns ses pensées.

Le retour de Masami le sortit de ses pensées. Elle revenait en titubant.

- Ok c'est reparti pour une tournée ! fit-elle en s'écriant.

- Ah, non, non, non ! lança vivement Léolio. Toi, c'est fini, et on va tous rentrer ! On te raccompagne chez toi !

Léolio entreprit d'aider Masami et ils commandèrent un taxi.

Kurapika observa comment Léolio prenait soin de ses proches. Et il sourit à cette idée. Ses idées étant limitées par l'alcool, mais il continuait d'observer son expérience sociale. Ainsi, c'était ça de sortir avec des amis ?

Ils déposèrent Masami dans son appart jusque dans son lit. Une fois que Léolio s'assura qu'elle avait une bassine pas loin. Ils repartirent avec le sentiment du devoir accompli.

- Tu prends vraiment soin de tes amis… commenta Kurapika alors qu'ils marchaient dans les rues de la ville.

Ces mots étaient sortis encore avant qu'il ait pu les traiter avec sa conscience. Décidément, il allait peut-être regretter certains mots le lendemain ?

Léolio le regarda avec curiosité avant d'éclater de rire.

- Ok, donc le Kurapika bourré c'est celui qui dit des compliments ! Je m'y attendais pas à celle-là !

- Très bien, je ne dirais plus rien… répliqua Kurapika vexé.

Après plusieurs tentatives de relancer la conversation, Kurapika ne broncha pas.

- Ok, j'ai compris, je plaide coupable pour t'avoir fait boire… mais… cela nous donne une occasion unique ! dit Léolio au bout d'un moment.

Kurapika regarda Léolio avec suspicion.

Sans lui laisser plus de temps, Léolio saisit la main de Kurapika pour l'entrainer à travers un chemin qui serpentait à travers quelques arbres et qui montait légèrement dans la pénombre. Quelques lumières éclairaient le passage au milieu de nombreux végétaux. Ils montaient ce qui semblait une colline. Kurapika surpris par le geste suivit docilement, piqué par la curiosité.

Quelques marches plus tard, ils se trouvèrent dans un lieu qui surplombait la ville. Les éclats lumineux des réverbères semblables à des étoiles parsemant le ciel.

Kurapika sensible à la beauté des paysages ne put s'empêcher d'admirer la vue.

- D'accord, je concède que l'idée était bonne, lâcha Kurapika avec un mince sourire.

- Toujours aussi sympa toi ! lança Léolio un peu déçu du retour.

La remarque fit rire Kurapika. Léolio le regarda avec incompréhension, mais ensuite son visage s'adoucit avec un sourire triste.

- C'est vraiment la plus belle vue de la ville ! fit Léolio regardant le paysage.

- C'est vrai… approuva Kurapika.

Leurs regards se croisèrent.

- Je suis content d'être ici avec toi, fit Léolio sincère.

- Moi aussi, avoua Kurapika.

La sensation de légèreté donné grâce à l'état d'ébriété et le vent qui caressait son visage, rendit Kurapika confiant.

Léolio s'avança vers lui et Kurapika su quoi faire cette fois-ci.

Leurs lèvres se touchèrent doucement. Ces images qui tourmentaient autrefois Kurapika s'évanouirent pour donner la place au réel. Cette fois-ci le corps de Kurapika réagit avec la ferme intention de profiter du moment. Caressant le visage de Léolio, son cou et ce dernier l'enlaçant pour ne plus le perdre à nouveau. Les lèvres de Léolio se perdirent dans la nuque de Kurapika jusqu'à revenir à nouveau sur son visage.

Le soulagement qu'éprouva Kurapika allait de pair avec l'absence de pensée le tourmentant. Rien ne comptait plus que ces nouvelles sensations inconnues.

Sauf que… soudain Kurapika rompit l'instant car le monde sembla dangereusement tourner.

- Qu'est-ce que… ? commença Léolio.

Ce fut le moment où Kurapika rendit tout le saké lui avaient fait boire Masami et Léolio.

Le lendemain fut rude pour tout le monde. Dans une pièce dans la pénombre laissant passer quelques maigres rayons de soleil, Kurapika se réveilla avec une douleur assourdissante sur ses tempes. Sa bouche était asséchée et la sensation de chaleur lui parut insupportable. Ouvrant les yeux et détaillants les objets dans la pièce, il découvrit avec surprise qu'il n'était pas sur le matelas sur le sol mais sur le lit de Léolio.

Avec un mouvement plus brusque qu'il ne l'aurait voulu, il regarda avec frayeur à ses côtés, mais son camarade semblait dormir docilement dans son coin.

A quel moment avait-il perdu le contrôle de la soirée ?

Ah oui, lorsque Masami l'avait convaincu de tenter cette fameuse expérience sociale. Ils l'avaient bien roulé dans la farine les deux. Après les doux effets de l'insouciance, la douleur. Il y avait donc un prix à payer ?

Remontant le cours de la soirée, il se rappela que tout devint de plus en plus flou au fur et à mesure que la soirée avançait. Le vomi de Masami, le fait de l'avoir ramenée, le fait de marcher avec Léolio dans la rue sous la fraicheur de l'été et la vue surplombant la ville.

A la pensée des baisers qu'il avait échangés avec Léolio, il sentit la chaleur gagner ses joues. Tantôt le sentiment était agréable, tantôt il ressentait de l'anxiété. Il regarda à côté de lui et l'observa dormir. Vraiment tout ceci s'était-il déroulé dans le plus grand des calmes ?

Une vive douleur lui rappela que ce n'était pas le souci le plus urgent à résoudre. De l'eau… Faisant des gestes pour se lever, Léolio se réveilla doucement et observa Kurapika avec un sourire.

- Première gueule de bois ? fit-il moqueur.

- J'ai besoin d'eau… répondit Kurapika esquivant la question dont Léolio connaissait déjà la réponse.

- Je vais te chercher ça… marmonna Léolio en faisant la grimace. Tu devrais rester couché.

Lui aussi semblait ne pas être épargné par ce mal.

- Non, je vais… commença Kurapika en tenant de se lever, mais tout tourna et il s'allongea aussitôt.

- Tu vois… fit Léolio d'une voix rauque associée à la soirée et au réveil.

Léolio seulement en boxer se leva pour aller chercher de l'eau et Kurapika l'observa un peu trop à son propre goût.

- On n'est pas tous pudique… marmonna Kurapika pour lui-même.

Il repensa aux baisers échangés avec Léolio, du peu qu'il s'en souvenait, non sans éprouver un peu de plaisir. Mais mélangés à un peu de honte.

Léolio revint avec un breuvage et un médicament.

- Le docteur te recommande de prendre ça pour ta santé, fit ce dernier avec un demi sourire.

Kurapika n'était pas vraiment de bonne humeur, mais la voix apaisante de Léolio l'enivrait un peu, ce qui calma son agacement.

- Heureusement que je t'ai dit de boire et de te brosser les dents hier, une règle d'or ! commenta Léolio. Tu te souviens que tu as vomi hier ?

Ainsi il avait pris aussi soin de lui, même après lui avoir vomi presque dessus ? Pourtant cela en rebuterait plus d'un.

- Après en réalité y'a pas de secret dans la gueule de bois, il faut attendre que le temps passe ! Pas de remède miracle même si tes douleurs peuvent diminuer avec le médicament… continua Léolio.

Kurapika s'allongea et se roula en boule tenant sa tête avec ses mains.

- Gon et Kirua… tenta de dire Kurapika.

- Ils sont sortis pour quelques trucs avant leur départ demain, fit Léolio curieusement en forme.

Le mal de crane continuait et s'atténuait de temps en temps.

- Sinon je connais un autre remède infaillible… fit Léolio au bout d'un moment après s'être allongé à côté.

- Lequel ? fit Kurapika en ouvrant les yeux et en le regardant, prêt à tout pour ne plus avoir mal.

Léolio se redressa sur un coude, surplombant Kurapika resté allongé. Il le regarda avec intensité en se penchant légèrement.

- Je peux ? demanda-t-il.

Kurapika le regarda en retour et ne sut pas comment, si c'était la magie du reste d'alcool qui le rendait plus détendu, mais compris tout de suite.

- Oui… répondit Kurapika le cœur battant.

Léolio se pencha et embrassa Kurapika doucement. Il posa une main doucement sur sa joue et la caressa. L'effet ne fut pas immédiat mais cela lui permettait de se concentrer sur autre chose au moins. Savoir que Léolio était à moitié déshabillé lui produit une étrange satisfaction lorsqu'il caressa son torse.

Léolio recula légèrement pour regarder Kurapika.

- Cette perspective de journée me semble intéressante… fit-il avec un sourire.

En réponse, Kurapika l'agrippa pour l'attirer vers lui. Son médecin et médicament en même temps, il ne le laisserai pas filer.

Sous la douche, Kurapika repensa à tous ces moments proches de Léolio. Il avait l'impression d'être dans le brouillard à cause de l'alcool de la veille mais aussi dans un nuage de bonheur. Léolio savait de quoi il parlait quand il lui avait susurré à l'oreille qu'il s'occuperait correctement de lui. Les joues cuisantes, Kurapika se dit qu'à aucun moment il n'aurait espéré ressentir autant de plaisir à ses côtés. Son cerveau était complément attaqué, jugea-t-il. Il allait falloir un peu de temps pour atterrir. Pourtant lui qui était si terre à terre, n'avait aucune envie d'atterrir.

- Que signifiaient donc ces différentes péripéties qui s'étaient déroulées ces derniers jours ? A quoi avaient-elles servie ? L'expérience était vraiment intéressante mais que fallait-il conclure ?

Gon et Kirua rentrés, Kurapika resta la plupart du temps allongé sur le lit de Léolio. Il se leva pour manger avec les autres. Et dormi la plupart du temps.

- C'était donc ça ! Tu étais bien malade ! lança Kirua lorsqu'il vint voir Kurapika le soir avant de se coucher.

Kurapika mis du temps pour se rappeler la conversation avec Kirua, ses observations et ses piètres conclusions.

- Non pas vraiment, enfin, à cause de l'alcool oui… répliqua Kurapika ne sachant plus s'exprimer avec l'aisance habituelle.

- Ben alors tout le reste, c'était quoi ? s'étonna Kirua.

C'est vrai ça ? Qu'est-ce que c'était ?

- Je sais pas… répondit Kurapika épuisé.

Le lendemain matin, tout le monde pris son petit déjeuner. Léolio se montra particulièrement délicat avec Kurapika, tandis que ce dernier tentait une attitude la plus normale possible essayant de se rappeler de la dite normalité. Lorsqu'il se croisaient dans la cuisine étroite il y avait quelques gestes différents. Cela n'échappa pas à Gon cette fois-ci.

- Bon, avant qu'on parte ! Vous allez nous dire depuis combien de temps vous êtes ensemble ?! lança Gon devant son bol de céréales.

Kurapika recracha son thé et Léolio manqua de s'étouffer.

- Comment ? fit Léolio incrédule.

- De quoi tu parles, Gon ? demanda Kirua ne comprenant pas la question.

- Ben, je vous vois Kurapika et Léolio, vous avez des petites attentions et des petits regards typiques des personnes qui sont amoureux ! répondit Gon le plus naturellement du monde.

- DE QUOI ?! hurla Kirua tombant presque de sa chaise.

Il regarda les deux interpellés par la question avec un air tellement ahuri que cela en était comique. Il semblait attendre un démentit qui prouvait que Gon racontait vraiment n'importe quoi. Mais rien ne vint.

- Je euh… commença Léolio mal à l'aise.

Kurapika resta muet. Ne sachant encore une fois pas comment réagir à ce flagrant délit. Pourtant il avait essayé de rester discret.

- En fait, Kurapika et moi, on n'est pas ensemble, déjà, réussi à répondre Léolio tripotant sa chemise. Mais euh… de là à dire qu'il ne se passe rien entre nous ce serait vous mentir…

Kurapika aurait vraiment donné cher pour ne jamais avoir droit à cette discussion et disparaitre loin de cet appartement.

- NON, MAIS C'EST UNE BLAGUE ?! C'est pour ça qu'il dort sur ton lit ? Je pensais que c'était toi qui dormais sur le matelas parce qu'il était malade ! s'écria Kirua abasourdi par ce qu'il venait d'entendre.

La chaleur sur les joues de Kurapika se fit plus vive à l'évocation du « lit ».

- Mais Kirua, tu ne t'en étais pas rendu compte ? fit Gon comme si c'était une évidence.

C'était fou comme parfois Gon pouvait surprendre.

- Je… commença Kirua agacé. Mais… TOI !

Il pointa du doigt Kurapika, qui en dans d'autres circonstances n'aurait pas permis cela.

- TOI, tu m'as dit que tu étais malade ! Et en fait non ? C'était ça ta maladie ? L'amour, là ? lança Kirua avec suspicion.

Cela frappa Kurapika comme une claque dans la figure. Comment n'était-il pas arrivé tout seul à cette conclusion si évidente ? Eprouvait-il des sentiments amoureux envers Léolio ?

La surprise de Kurapika parut se voir, car Léolio intervint.

- Ecoutez, on n'a pas encore eu le temps de discuter avec Kurapika de tout ça et de toutes façons la situation est bien plus compliquée que ce qu'elle n'y parait. Maintenant si on pouvait juste éviter de devoir vous fournir des explications auxquelles on n'a pas de réponse, ce serait pas mal !

Kirua se tut et croisa ses bras, il donnait l'impression d'avoir été trahi.

- Je voulais juste m'assurer que vous nous en parliez au lieu de garder ça secret, fit Gon calmement. Moi, si mes amis sont heureux, je le suis aussi…

Après le départ de Gon et Kirua, Kurapika se retrouva un peu seul sur le toit. Son départ était prévu au lendemain. La situation avait tellement changé en quelques jours, qu'il ne savait toujours pas ce qu'il devait en penser. L'alcool lui avait fait faire visiblement des choses imprévues et les intentions de Léolio n'y étaient pas pour rien. La question de Gon avait ouvert la brèche de la réalité, maintenant il ne pouvait plus s'y soustraire. Si passer du temps avec ses amis avait été une vraie contrainte dans ses plans au début, aujourd'hui il n'avait presque plus envie de repartir, mais il savait que son devoir passait avant tout. Cela, il devrait l'affronter aussi. Alors cette situation devrait lui paraitre facilement surmontable, mais il ne s'était jamais préparé à cette éventualité, ce rapprochement entre Léolio et lui.

Avant cette semaine, jamais de la vie il n'aurait voulu mettre l'obstacle des sentiments amoureux sur le chemin de sa vengeance et du repos de ses frères et sœurs. Il avait fait une croix sur ce genre de possibilités, tout comme il avait été surpris de l'amitié qu'il avait noué avec ses amis. Il savait que c'étaient des obstacles dans ses projets, mais… pouvait-il se résoudre à éliminer ces possibilités de sa vie si cela venait à lui ?

Maintenant, il ne lui restait plus que choisir ce qu'il devait faire de tout ça.

Lorsque Kurapika revint dans l'appartement de Léolio ce dernier se tenait devant son bureau pour réviser. Il jeta un coup d'œil à Kurapika avant se remettre à travailler.

- Léolio…

- Ecoute Kurapika, je suis désolé, j'ai répondu ce que j'ai pu à Gon… coupa Léolio.

- Non, c'est moi qui te remercie de lui avoir répondu avec des mots si justes, fit à son tour Kurapika. Je ne savais pas quoi faire et quoi dire… je suis bon pour me battre, me défendre, établir des stratégies mais en ce qui concerne la gestion des relations sociales tu as toujours été meilleur que moi !

Léolio parut surpris du compliment.

- Je nage vraiment dans un vague rêve, fit Léolio avec pourtant un sourire triste. Je voulais te dire quelque chose avant que tu ne prennes la fuite…

- Pourquoi je prendrais la fuite ? rétorqua Kurapika avec surprise.

Leolio se leva et s'avança vers Kurapika.

- Quoi que tu en penses, je ne regrette pas du tout ce qui est arrivé ces derniers jours et plus encore je… je voudrais que ces instants puissent durer… même si c'est impossible, lança Kurapika mût par une résolution qui lui était inconnue.

Une sensation d'apaisement gagna Kurapika lorsque Léolio le pris dans ses bras.

- Tu es la meilleure chose qui a pu arriver dans ma vie, lâcha Léolio ému.

Kurapika le regarda avec incrédulité.

- Pourquoi ? demanda-t-il ce dernier sincèrement surpris.

Vraiment. Kurapika ne comprenait pas en quoi il était si extraordinaire aux yeux de Léolio alors qu'ils ne se voyaient jamais, qu'ils s'étaient beaucoup disputés, et que la seule chose qui lui importait dans sa vie c'était sa vengeance.

- Je sais pas, t'arrives, tu illumines tout et tu repars… et aujourd'hui je peux te tenir dans mes bras, mon cœur pourrait exploser de joie si c'était possible, fit Léolio en resserrant son étreinte.

Kurapika n'en revenait pas, son argumentation n'était absolument pas claire mais la chaleur au niveau de son cœur, il la comprit aussitôt.

- Cela n'a pas de sens logique… murmura Kurapika appuyant sa tête contre le torse de Léolio.

- Non, mais je t'aime… lâcha Léolio doucement.

Kurapika ferma les yeux sentant la douceur de la peau de Léolio, son parfum, sa respiration, les battements de son cœur. Il aurait souhaité que cela dure pour toujours. Son cœur à lui aussi pouvait-il exploser ?

La nuit fut aussi courte qu'intense. Rien ne leur importait le plus que passer les dernières heures ensembles vu que cela avait une fin.

- Depuis tout ce temps, sans famille, finalement, ma famille c'est un peu vous et toi… lâcha Kurapika à un moment.

- Peu importe ce que tu dois faire, tu seras toujours le bienvenu ici, si tu as besoin de faire une pause dans tes missions, si tu as enfin accompli ta vengeance et récupères les yeux de ton clan, tu pourras toujours revenir ici, proposa Léolio caressant les cheveux dorés de Kurapika.

- C'est compris mais promets-moi une chose Léolio… fit Kurapika fixant le plafond.

- Laquelle ?

- Ne m'attends pas.

Léolio resta silencieux.

- Je me suis engagé dans une pente qui n'est pas compatible avec le chemin que tu suis, je risque ma vie dans mes engagements et je ne sais pas quand j'aurais fini, continua Kurapika avec fermeté. Je ne veux pas que tu m'attendes pendant des années, je veux que tu puisses vivre ta vie et heureux.

- Mais je ne pourrais jamais aimer quelqu'un autant que toi, retorqua Léolio se redressant. Je ne veux pas rendre une personne malheureuse parce que je t'aimerai toujours au-delà.

- Il faut que tu puisses vivre ta vie correctement, avoir une maison, une famille et des proches heureux, je m'en voudrais si tu ne peux pas accéder au bonheur… dit simplement Kurapika.

Léolio se mordit la lèvre sachant pertinemment que Kurapika avait raison sur le point suivant, il ne savait pas quand est-ce qu'il le reverrait à nouveau. S'il le reverrait vivant.

- Soit, fit Léolio. Mais tu ne m'empêcheras jamais d'espérer.

Kurapika sourit.

Le lendemain, l'estomac noué, Kurapika alla au terminus tout en essayant de dissuader Léolio de l'accompagner.

- Je déteste les aurevoirs larmoyants, avait rétorqué Kurapika en vain.

Kurapika n'accepta qu'à la condition qu'ils tiennent leurs distances en public.

- Prend soin de toi et réalise tes rêves, fit Kurapika avec un sourire triste avant de se diriger vers les portiques.

- Je… commença Léolio la gorge nouée.

Mais contre toute attente il s'avança et déposer un dernier baiser sur les lèvres de Kurapika.

- Désolé, je ne peux pas faire semblant, ne prends pas de risques inconsidérés, lâcha Léolio.

Kurapika acquiesça et tourna les talons.

C'était fou à quel point on pouvait ressentir un tel bonheur et la seconde suivante une telle douleur. S'il devait catégoriser les choses les plus douloureuses, après la mort de son clan et la récupération de leurs yeux, cette dernière douleur se situait en troisième position des plus difficile.

Regardant à travers le hublot de son avion, il se dit qu'il avait énormément appris de la vie et que sans doute il n'aurait plus l'occasion de vivre ces émotions si particulières. Il était heureux de les avoir vécus alors qu'actuellement son cœur était littéralement brisé.

Lorsqu'il rejoint son équipe dans le clan Nostrad, Senritsu du accuser le coup pour ne pas perdre la face à ce qu'elle ressentait de la musique de Kurapika. Elle ne se serait jamais attendue à un tel désastre.

Kurapika égal à lui-même ne laissait absolument rien transparaitre, si impassible mais si détruit à l'intérieur. Encore une fois.

Lorsqu'elle eut l'occasion, elle n'hésita pas à lui en toucher un mot.

- Merci Senritsu, je suis touché par ta sollicitude mais je gère très bien, répondit Kurapika sans laisser rien entendre.

- Tu ne me trompes pas, mais je propose juste une oreille pour… parfois lorsqu'on parle on peut partager ses peines, dit-elle avec sa douce voix qui contrastait avec son physique maudit.

- C'est bien vrai mais je n'ai aucune envie de m'attarder dessus, répondit simplement Kurapika qui se rendait compte que le travail lui permettait d'oublier sa peine.

- Lorsque tu seras prêt, tu pourras me dire qui est le responsable de cet état, fit Senritsu. Je sais ce que c'est de perdre comme toi un être cher, mais encore plus quelqu'un qui était sensé être l'amour de sa vie.

La douleur à la gorge et la poitrine revinrent vraiment violement.

- Tu préfères que je joue de la musique ? demanda précipitamment Senritsu.

- Non, je ne préfère pas, c'est après tout ça aussi d'être en vie, cela ne se reproduira pas de sitôt, répondit Kurapika avec une tentative de sourire.

- Bien sûr…

- J'espère que ce n'est pas trop douloureux pour toi… marmonna Kurapika avec un air un peu coupable.

- J'ai connu pire, lança-t-elle en faisant mention à la fois où il avait croisé la Brigade Fantôme.

Kurapika se demanda comment allait Léolio et s'il ressentait lui aussi la même douleur.

- Léolio… murmura Kurapika.

- Pardon ? fit Senritsu étonnée.

- Tu m'as demandé qui était le responsable, fit Kurapika simplement.

Senritsu fit un sourire en pensant au futur médecin.

- La musique de Léolio est réconfortante comme une maison au chaud, et la tienne est celle d'une personne sans point d'attache, il est donc logique que tu aies pu trouver du réconfort auprès de lui, conclu Senritsu.

Cela expliquait bien des choses pour Kurapika.

Dans un pub, autour de deux bières, deux amis discutaient vivement.

- Tu as une mine déplorable, lança Masami implacable.

- Tu veux quoi, je dois réviser, j'ai pas le choix… marmonna Léolio bougon.

- Non c'est pas de ça que je parles, fit Masami en prenant une gorgée.

- Je pleure, je révise et je pleure, ça te va comme résumé ? lança Léolio agacé.

- Ben je sais pas, tu peux pas faire comme d'habitude ? Tu vas en soirée, tu rencontres une fille et hop tu oublies la dernière ? demanda Masami désespérée.

- C'est pas une fille, fit Léolio avec un regard noir.

- Peu importe, mais tu peux essayer de compenser ça …

- En faisant n'importe quoi avec n'importe qui ? s'indigna Léolio.

- Ok c'est définitivement une mauvaise idée… avoua Masami se rendant compte de sa bêtise.

- Je dois à priori arrêter de déprimer dans mon coin et sortir pour déprimer avec les autres… marmonna Léolio agacé.

- Non, mais il faut aller de l'avant et peut-être penser à quelqu'un d'autre…

- N'importe quoi, j'aime vraiment Kurapika, c'est pas une personne inconnue, c'est un ami à la base, je peux pas balayer ça d'un revers de main, tu racontes n'importe quoi ! s'écria Léolio maintenant furieux.

- Cela fait un mois…

- Et alors, je finirais mes études c'est tout ce qui compte… lança Léolio les bras croisés.

- Ok très bien, je sais que Kurapika est extraordinaire, tu m'en as assez parlé, je sais, j'essaie juste de t'aider et viens plus souvent à nos soirées… vraiment l'amitié résous les peines de cœur !

- Cela sert à quoi de venir si je ne veux pas être là ? demanda Léolio.

- Tu vas progressivement t'habituer, tu reprendras gout à la vie, aux choses qui te plaisaient avant mais pour cela laisse nous te tenir compagnie, fit Masami avec sagesse.

- Ok, je dis que j'essaierais…

- Tant mieux ! C'est bon début !

Il allait continuer à vivre sa vie comme Kurapika le lui avait demandé de toutes façons mais il ne cesserait d'espérer. Cela il n'allait pas l'oublier, cet instant avec Kurapika figé dans le temps !

FIN.


Il est possible que j'écrive une suite/fin, n'hésitez pas à me le dire si vous voulez voir tout ça !