Warning : Langage un peu grossier
19. Disparition (2p!USUK)
Il s'était promis. Promis de ne pas s'inquiéter, et pourtant, c'était la seule chose qu'il pouvait faire à l'instant. Il le savait pourtant, il savait qu'il était le genre à s'évaporer pour revenir bien plus tard, qu'il pouvait disparaître des jours entiers sans éprouver le moindre problème de conscience par rapport à lui. Pourtant, il continuait de s'inquiéter, comme un pauvre idiot qu'il était. Il ne pouvait qu'espérer que ce manège cesse, mais c'était un rêve hors de portée.
Alors il attendait simplement, comme un con, le moindre signe de vie de ce connard qui ne daignait revenir.
La nuit était tombée depuis longtemps et les minutes avançant ne l'aidaient en rien à se calmer. Sa poitrine se serrait douloureusement, et une boule désagréable avait élu domicile au creux de son estomac. C'était comme si à chaque moment qui passait, il aurait pu vomir la bile qui restait coincée dans sa gorge. Évidemment, il n'aurait rien pu cracher d'autre, ce n'était pas comme s'il avait mangé quoi que ce soit ces quelques dernières heures. Il avait arrêté de compter le temps qu'il avait passé sans manger. Mais même si son corps affaibli lui réclamait de la nourriture, chaque bouchée, chaque goulée, étaient recrachées l'instant d'après.
C'est étrange comme il avait l'impression de souffrir d'une maladie virale attrapée aux temps de grands froids ! Les frissons qui traversaient son corps, la fine couche de sueur qui maculait sa peau d'albâtre constellée de taches de rousseur, la fièvre affolante qui lui faisait tourner la tête, la nausée qui lui donnait des haut-le-cœur comme sur un bateau…
Pourtant, il savait que tout cela n'était que le résultat de son angoisse. Une angoisse permanente qui jamais ne le lâchait et s'amplifiait en lui dès la porte fermée derrière Allan.
Il devrait pourtant le savoir avec le temps. Il ne savait même plus pourquoi il restait encore avec cet homme. Trompé, inquiété, ruiné, blessé… Voilà tout ce qu'il récoltait à sortir avec ce salaud qui jamais ne se retournait vers lui une fois le dos tourné à son amant. Qui savait ce qu'il faisait, durant ces heures – parfois ces jours – d'absence ? Disparu de la circulation, pas de nouvelle une fois le pied posé à l'extérieur, rentré à de rares occasions qui n'étaient pour Oliver qu'une minuscule pause dans sa souffrance de tout instant. C'était comme si le monde basculait… Et son monde basculait bel et bien… vers la déchéance.
