Warning : Mention de torture
25. Fenêtres (2p!SuFin)
Les yeux de Thurston étaient comme des fenêtres. Normal, après tout, tout le monde disait que les yeux étaient les fenêtres de l'âme. Pour Bernard, les yeux de son amant, c'était un peu ça. Et Bernard les aimaient, ces fenêtres sur l'âme de Thurston. Il pouvait y voir tout ce qu'il aimait. C'était aussi pour cela qu'il était tombé amoureux de lui. Il n'a eu qu'à regarder ses iris rougeoyants pour tomber dans ses filets.
Après tout, en voyant la colère brûlante irradier de ses pupilles, comment aurait-il pu faire autrement ? Lorsque Bernard avait pour la première fois plongé dans ses yeux du démon, il y a de cela plusieurs siècles, il savait qu'il en serait prisonnier pour toujours. La colère ardente, jamais vraiment assouvie, tout juste à peu apaisée certains temps, était envoûtante, belle et grandiose. Elle faisait rougeoyer encore plus ses rubis incandescents et ils brillaient dans l'obscurité. Et Bernard était fou de désir lorsqu'il les voyait ainsi – c'était parfois synonyme d'une excellente soirée de défoulement à venir.
Dans ses yeux se jouaient les scènes de tortures que Thurston avait fait subir à ses victimes. Oui, quand il était énervé, le Finlandais avait besoin de passer ses nerfs sur quelque chose. Depuis tout jeune, il enlevé des gens choisis au hasard – le premier badaud sur qui il tombait et qui était assez insouciant pour devenir une cible facile en kidnapper. Femmes, hommes, enfants – exceptions faute aux animaux à qui il ne pouvait faire de mal – peu importait pour Thurston, tant qu'il pouvait les faire hurler. Il y en avait eu tellement. Et Bernard adorait les voir se rejouer dans ses abysses.
Parfois, il y avait d'autres choses dans ces yeux, mais c'était si infime, si rare… et si précieux. Parfois, il n'y avait pas que de la colère, de la frustration ou de la haine qui dansaient dans ses iris. Quand ils tombaient sur leurs fils ; Arvid, le fils de Bernard et Paul, leur fils adoptif. Il y avait autre chose dans ses yeux, quelque chose ressemblant à de l'amour. De la fierté aussi. Thurston ne le dirait jamais, bien sûr, son ego oblige. Mais Bernard savait aussi que parfois – et là encore, il ne l'avouerait jamais – quand il pensait que le Suédois avait le dos tourné et ne pouvait le voir, un sentiment un peu similaire naissait dans ses rubis.
Parce que Thurston avait beau être un être sanguinaire, sa famille : son mari et ses deux fils, comptait énormément pour lui. Et ses yeux étaient des fenêtres sur son âme par lesquelles Bernard aimait bien regarder parfois.
