Les pupilles de sang
Petit mot : Réécriture 2024. J'ai relu mes anciennes fanfics, celle-ci m'a plu mais il fallait changer beaucoup de choses et surtout je ne sais plus dans quelle direction je voulais aller.
Niveau temporalité, on va dire que la fanfic est une alternative qui se passe après Greed Island, avec quelques éléments que j'ai pioché dans la suite, mais en réalité pas grand-chose. Je sais que quand j'avais commencé la fanfic, j'étais arrivée à la fin de l'anime en temporalité mais j'avais lu les scans.
Chapitre 1 : Le manoir enchanté
Sous un soleil étouffant, un verre de cocktail glacé fondait littéralement sous la chaleur. Des cris d'enfants agités se faisaient entendre au loin couvrant le bruit des vagues s'écrasant sur les rochers et le sable doré. C'était le plus beau moment de l'été et les mouettes, qui virevoltaient au-dessus de la plage, semblaient se moquer des touristes qui cuisaient littéralement sous les rayons de soleil.
Une personne aux cheveux bruns, allongée sur un transat, sentait son front ruisseler et son corps se liquéfier. Il prit son verre qui était posé sur la table à côté de lui et goba le contenu en un trait. Cela eu juste l'effet de lui donner une brève sensation de rafraichissement. Il savait qu'ensuite cela lui donnerait plus chaud et lui ferait tourner la tête rapidement. Mais au fond peu lui importait, c'était même un peu l'effet recherché.
Il se rappela qu'autre chose qui lui faisait tourner la tête : c'étaient les jeunes filles qui passaient en bikini se baigner.
Il commanda à nouveau un autre cocktail.
Léolio, jeune étudiant en médecine voulant profiter de sa jeunesse, espérait sans doute qu'avec un peu d'alcool dans le sang, il aurait un peu plus le courage d'aborder les jeunes filles, ou au moins de se sentir moins bête lorsqu'elles l'enverraient balader. Il réajusta ses lunettes de soleil et sourit. Il espérait ne pas rentrer seul à la fin de sa journée. Le jeune homme se leva et bomba son torse, puis repéra une jeune fille face au vent, aux cheveux dorés. Exactement ce qu'il lui fallait ! Les cheveux blonds étaient ses préférés depuis quelques années.
D'un pas qu'il se voulait assuré, il partit en direction de la jeune fille, tout en évitant sur son chemin deux boules argentées qu'avaient lancé deux papis hilares, un groupe d'enfants bien agités et un chien tentant de rattraper un frisbee. Arrivé à son but, il murmura au cou de la jeune blonde qui était de dos :
- Salut, est-ce que nous nous sommes déjà rencontrés ?
Avant que la jeune fille ne se retourne, un torrent de sable lui brouilla la vue et soudain il sentit quelque chose de glacé le recouvrir des pieds à la tête. Quand il put enfin parvenir à distinguer à nouveau quelque chose, il se rendit compte qu'il était trempé des pieds à la tête, avec en prime du sable mouillé partout. Il se sentit totalement ridicule en entendant les rires bruyants aux alentours. Il se tourna vers les rires les plus proches et se rendit compte que deux gamins étaient hilares, les larmes aux yeux.
- Gon ! Kirua ! J'aurais dû me douter ! Il n'y a que vous qui pouvez faire ce genre de blagues ! s'exclama le jeune homme énervé.
Il chercha des yeux la fille bonde, mais elle était déjà partie.
- On t'a bien eu sur ce coup là, Léolio ! s'esclaffa Kirua. Tu rentreras tout seul ce soir !
- Ça c'est ce qu'on verra ! J'ai pas dit mon dernier mot ! répliqua celui-ci agacé.
L'hôtel où séjournait Léolio était non loin de la plage, quelques rues plus loin. Son statut de Hunter lui avait permis d'accéder à un vrai palace. Des maîtres d'hôtel attentifs, une clientèle aisée et des chefs d'entreprise traversaient les couloirs, les uns pressés, les autres relaxés par l'air marin. Léolio avait eu droit à une suite qui donnait vue sur la mer turquoise. Gon et Kirua prirent le temps de s'installer à leur aise pendant que Léolio commandait quelques boissons.
- Hé Léolio ! On ne boit toujours pas d'alcool ! avertit Kirua tout en rassemblant des cartes à jouer.
Le soupir de ce dernier indiqua qu'il aurait souhaité partager son ivresse.
- Commande trois Hunternade ! Deux pour moi et une pour Gon !
Léolio s'installa ensuite aux côtés de ses amis. Il était ravi ce que ces derniers lui rendent visite, bien qu'il gardait une petite amertume quant à la blague de la plage.
- Alors, vous avez enfin pu vous libérer pour m'accompagner fêter la fin d'année à l'école de médecine qui a été réussie avec succès ! s'exclama Léolio ravi.
- Oui ! On est venu te soutenir pour que tu continues dans la même voie l'année prochaine ! acquiesça Gon avec un sourire.
- Par contre, je ne comprends pas pourquoi tu ne fais pas la fête avec tes camarades de classes ? demanda Kirua intrigué.
- Ah ! C'est pas vraiment ça, on avait prévu de faire la fête, mais les premiers jours... je voulais, enfin vous voir quoi ! répondit l'interrogé mal à l'aise.
- Toi, t'as eu des soucis avec une nana dans ta classe... lança Kirua avec perspicacité.
Léolio sentit ses joues s'embraser et de la sueur couler sur sa tempe.
- En plein dans le mille ! fit Gon qui se sentait compatissant avec son ami, il s'était surement encore fait lamentablement jeter.
- De toutes façons, je ne veux pas de copine maintenant… je suis trop jeune pour m'enfermer dans une relation ! Et puis je voulais vous voir ! Ça fait combien de temps qu'on ne s'est pas vus depuis la dernière aventure ? demanda Léolio pour changer de sujet.
- Tu as eu des nouvelles de Kurapika ? demanda Gon en guise de réponse.
À ce nom, Léolio se mordit les lèvres, furieux. Il y avait décidément une raison pour laquelle Léolio était en colère avec son ami, mais les deux plus jeunes l'ignoraient.
- Il ne répond jamais quand je l'appelle ! répondit Léolio avec hargne après un moment de silence.
- Bah, il doit être occupé, fit simplement Kirua, mais il avait l'air inquiet.
- Il a peut-être une mission très difficile en ce moment, ajouta Gon prudemment.
Lui non plus ne savait pas pourquoi son ami ne donnait pas de signe de vie, mais il avait confiance en lui.
- Ouais... fit Léolio d'une voix faible en se levant.
Il se mit dos aux deux enfants, face à la fenêtre.
- Il n'y a pas un jour où je ne pense pas à lui...
Léolio se tut. Kirua releva la tête surpris par cette révélation. Gon pencha sa tête sur le côté.
- ...je pense à lui casser la gueule ! reprit plus fort Léolio en tapant du poing la vitre qui se brisa en mille morceaux.
Kirua tomba à la renverse sous la surprise et Gon, qui ne sut pas quoi dire, regarda son ami faire les cents pas.
- Gon c'est toi qui devrait être le plus en colère après lui ! signala Léolio.
- Euh... pourquoi ? demanda Gon ne sachant plus trop où son ami voulait en venir.
- C'est lui qui t'a laissé tomber au moment où t'en avais le plus besoin ! s'écria Léolio furieux. Il s'en fiche complètement de nous !
- Calme-toi Léolio, lança Kirua. On lui fait confiance, s'il n'était pas là c'est qu'il doit avoir une bonne raison, non ?
Léolio s'assit, pas très convaincu.
Ils furent soudain interrompus par quelqu'un qui frappait à la porte. C'était une femme de ménage qui avait l'air vraiment très furieuse.
Le repas du soir fut vraiment très copieux. Les mets étaient à volonté et ils étaient succulents. Salade explosive du cuistot Kali, tarte aux œufs colorés, et fruits de toutes sortes et couleurs. Léolio était hilare et racontait maintenant tous les commérages qu'il y avait dans sa classe de médecine. Kirua parut intéressé par les histoires, tandis que Gon contemplait le ciel d'un air distrait.
- Qu'est-ce que t'as Gon ? demanda Kirua inquiet.
- Je pensais à Gin, dit Gon pensif. Je me demandais ce qu'il était en train de chercher en ce moment. Un nouveau trésor ?
- Bah les Hunters ont pleins d'objectifs non ? Tu lui demanderas quand ton chemin croisera le sien ! répondit Kirua d'un air détaché.
- Et toi tu vas faire quoi cette fin d'été ? demanda Gon à Léolio pour penser à autre chose.
- Ah ! Ouais, fini la fête les amis ! Faut que je travaille ! J'ai justement trouvé un travail qui va me fournir pas mal d'argent les gars... ajouta-t-il à voix basse.
- Quoi donc ? demanda Gon intrigué par la nouvelle.
- Garde du corps !
- HEIN ?!
Gon et Kirua le regardèrent interrogatifs, c'était le travail de leur ami Kurapika et ils doutaient que Léolio serait très apte à assumer un travail pareil.
- C'est quoi le rapport avec tes études ? lança Kirua abasourdi.
- Aucun mais je peux gagner de l'argent facilement ! lança Léolio avec naïveté.
- Mais Léolio, c'est dangereux ! fit Gon étonné.
- Si Kurapika peut le faire, je peux y arriver ! lança Léolio énervé.
- T'arrives même pas à la cheville de Kurapika ! rétorqua Kirua en croisant les bras derrière sa tête.
- T'es en train d'insinuer que je suis nul, c'est ça ?
- C'est toi qui l'a dit en premier… fit Kirua d'un air moqueur.
- Mais enfin Léolio, je comprend pas pourquoi tu te lances dans un projet pareil ! insista Gon.
- Attends voir ! Tu ne sais pas qui je dois protéger ! La plus belle femme que j'ai jamais vue de ma vie ! annonça Léolio ravi.
Gon et Kirua échangèrent un autre regard. Ils étaient sûr que le penchant de Léolio pour les femmes risquait de le perdre.
- C'est pour un type taré qui collectionne toutes sortes de femmes de pleins de pays, ajouta Léolio l'air pensif. Il faut que j'escorte cette fille jusqu'au manoir du type...
La pièce était sombre, quelques vieux journaux traînaient parterre datant sûrement de quelques années. Sur l'un il y avait écrit en gros "Vol massif d'objet de valeurs lors de la grande vente aux enchères de York Shin City", en plus petit il était écrit "sous le nez de la mafia". Sur un autre bout de papier figurait "Monstres à l'origine d'hécatombes" et à côté on pouvait lire "Goturo Est, la source du mal". Un autre journal tenu par une personne à la peau ridé avait comme titre "Greed Island a une fin ! La chronologie du jeu mythique".
Une femme aux cheveux violets ébouriffés entra dans la salle et balança un journal sur la table.
- Celui-là il est récent, lança-t-elle d'une voix criarde. Il vous apportera de quoi patienter !
La personne à qui avait parlé la femme prit le journal, ne la remercia pas et ne rajouta pas un mot. Cette dernière partit en claquant la porte. Dans le journal il y avait plusieurs inscriptions dont "Panique à la Confédération des Hunters" et un peu plus loin "Un geste déplacé porte un nouveau leader : chroniques des Hunters". La personne qui tenait le journal étouffa un rire. Décidément il y avait quelque chose de drôle là-dedans, certaines personnes ne changeraient jamais. Elle continua à lire le journal avant de le déposer sur la table d'un geste violent. Elle en avait marre d'attendre.
Elle prit le temps d'observer les autres personnes autour d'elle. Certaines assises sur les chaises, d'autres par terre. La plupart des personnes étaient absorbées par leur téléphone.
La femme aux cheveux violets revint et appela :
- Atukura !
La personne se sentit soulagée et suivit l'autre dans un couloir tout aussi sombre que la salle. Quand finalement ils arrivèrent jusqu'au bout, ils rentrèrent dans une vaste pièce avec une cheminée un bureau et un grand fauteuil pourpre où au milieu une petite fille aux yeux fermés était assise. Quand ils s'approchèrent, il fut cependant évident que ce n'était pas une petite fille, mais plutôt une femme sans âge, comme une poupée de cire. Elle avait un air mystique et quelque chose qui inspirait la sagesse.
- Vous savez pourquoi je suis venu, ô grande chamane, fit Atukura.
- Atukura... c'est ça ? demanda la chamane.
Elle avait une voix rauque.
- Oui ?
- Tu mens ! lança la chamane.
Elle fit signe à la femme aux cheveux violets de partir.
- Ton vrai prénom est Kurapika... dit la chamane après que la personne fut partie. Tu es le dernier survivant du clan Kuruta. Ton cœur est aussi noir que les ténèbres, mais tu as l'esprit vif et un bon fond.
Kurapika parut un peu agacé par ces énumérations mais n'osa pas interrompre la chamane.
- Tu es venu pour connaître ton chemin. Est-ce que sera celui qui te mèneras vers la lumière ou celui qui te mèneras vers les plus profondes abysses ?
Kurapika septique attendit. Rien ne se passa, la chamane s'était tue.
- Vous attendez une réponse de ma part ? demanda Kurapika qui commençait à s'impatienter.
- Non mon enfant, deux chemins s'ouvrent à toi, à toi de choisir ton chemin, répondit la chamane plus calmement.
- Attendez, vous savez pourquoi je suis venu, et à la place, vous me proposez deux chemins énigmatiques ? demanda Kurapika agacé.
Depuis qu'il avait affronté la Brigade Fantôme, il arrivait que parfois il rencontre des difficultés à contrôler ses émotions.
- Tu souhaites avoir la réponse pour un chemin rapide, mais tu es à la croisée des chemins. Aujourd'hui, tu choisiras ta destinée et tu ne pourras plus reculer.
Kurapika se demanda de quels chemins, elle devait parler. Si seulement deux chemins s'offraient à lui… quels seraient-ils ? La recherche des pupilles écarlates, la recherche de l'araignée pour se venger et… il en voyait un troisième mais qu'il avait abandonné d'office. Celui de tout abandonner pour mener une vie plus classique.
- Tout ce que je veux, c'est savoir où je peux me procurer les prochaines… commença Kurapika mais sa voix mourut car il ne voulait pas en dire trop.
- Les pupilles écarlates. Oui, je le sais... répondit la chamane. C'est un chemin qui demande beaucoup de sacrifices.
- J'ai déjà tout sacrifié, répondit Kurapika.
Son temps, sa dignité et son honneur, pensa-t-il.
- Oui, ton amitié... fit sagement la chamane.
Kurapika la regarda, étonné. Lisait-elle dans ses pensées ou estimait-elle qu'il sacrifiait son amitié ?
- Et pourtant, c'est l'amour des autres qui te sauveras...
Kurapika se mordit la lèvre, sa vie était faite de stratégies et de rapports de force. Que voulait-elle dire ?
- Je ne penses pas… finit-il par dire.
- Tout n'est pas en ton pouvoir Kurapika du clan Kuruta, tu peux décider pour ta vie, mais pas pour celle des autres...
Kurapika ignora superbement cette réflexion.
- Vous allez me dire où je peux trouver les prochaines pupilles écarlates ? demanda Kurapika irrité.
- Tu as déjà choisi ta voie... dit simplement la chamane. Il te faudra accéder à l'endroit qu'on appelle le manoir enchanté. Il te suffira de te faire passer pour ce que tu ne veux pas, mais dévoiler ton identité que tu caches habituellement. Tu rencontreras le maitre des lieux. Attention ne le tue pas, il te sera précieux, car c'est lui qui te mènera aux autres pupilles.
- Où est ce manoir ? demanda Kurapika plus calme.
- Dans un pays où règnent contes de fées et histoires d'horreurs ! Ton site de Hunters devrait le répertorier !
Ce dernier fronça les sourcils.
- Attends jeune Kuruta, dit la chamane. J'en vois beaucoup comme toi qui réclament vengeance. Écoute ton cœur et pas toujours ta haine, car elle te consumera jusqu'à la fin et ne te laissera plus rien... le futur n'est pas écrit, il résulte d'une multitude de choix. Je t'ai montré une des voie…
